This is a digital copy of a book that was preserved for générations on library shelves before it was carefully scanned by Google as part of a project
to make the world's books discoverable online.
It has survived long enough for the copyright to expire and the book to enter the public domain. A public domain book is one that was never subject
to copyright or whose légal copyright term has expired. Whether a book is in the public domain may vary country to country. Public domain books
are our gateways to the past, representing a wealth of history, culture and knowledge that 's often difficult to discover.
Marks, notations and other marginalia présent in the original volume will appear in this file - a reminder of this book' s long journey from the
publisher to a library and finally to y ou.
Usage guidelines
Google is proud to partner with libraries to digitize public domain materials and make them widely accessible. Public domain books belong to the
public and we are merely their custodians. Nevertheless, this work is expensive, so in order to keep providing this resource, we hâve taken steps to
prevent abuse by commercial parties, including placing technical restrictions on automated querying.
We also ask that y ou:
+ Make non-commercial use of the files We designed Google Book Search for use by individuals, and we request that you use thèse files for
Personal, non-commercial purposes.
+ Refrain from automated querying Do not send automated queries of any sort to Google's System: If you are conducting research on machine
translation, optical character récognition or other areas where access to a large amount of text is helpful, please contact us. We encourage the
use of public domain materials for thèse purposes and may be able to help.
+ Maintain attribution The Google "watermark" you see on each file is essential for informing people about this project and helping them find
additional materials through Google Book Search. Please do not remove it.
+ Keep it légal Whatever your use, remember that you are responsible for ensuring that what you are doing is légal. Do not assume that just
because we believe a book is in the public domain for users in the United States, that the work is also in the public domain for users in other
countries. Whether a book is still in copyright varies from country to country, and we can't offer guidance on whether any spécifie use of
any spécifie book is allowed. Please do not assume that a book's appearance in Google Book Search means it can be used in any manner
any where in the world. Copyright infringement liability can be quite severe.
About Google Book Search
Google's mission is to organize the world's information and to make it universally accessible and useful. Google Book Search helps readers
discover the world's books while helping authors and publishers reach new audiences. You can search through the full text of this book on the web
at |http : //books . google . corn/
A propos de ce livre
Ceci est une copie numérique d'un ouvrage conservé depuis des générations dans les rayonnages d'une bibliothèque avant d'être numérisé avec
précaution par Google dans le cadre d'un projet visant à permettre aux internautes de découvrir l'ensemble du patrimoine littéraire mondial en
ligne.
Ce livre étant relativement ancien, il n'est plus protégé par la loi sur les droits d'auteur et appartient à présent au domaine public. L'expression
"appartenir au domaine public" signifie que le livre en question n'a jamais été soumis aux droits d'auteur ou que ses droits légaux sont arrivés à
expiration. Les conditions requises pour qu'un livre tombe dans le domaine public peuvent varier d'un pays à l'autre. Les livres libres de droit sont
autant de liens avec le passé. Ils sont les témoins de la richesse de notre histoire, de notre patrimoine culturel et de la connaissance humaine et sont
trop souvent difficilement accessibles au public.
Les notes de bas de page et autres annotations en marge du texte présentes dans le volume original sont reprises dans ce fichier, comme un souvenir
du long chemin parcouru par l'ouvrage depuis la maison d'édition en passant par la bibliothèque pour finalement se retrouver entre vos mains.
Consignes d'utilisation
Google est fier de travailler en partenariat avec des bibliothèques à la numérisation des ouvrages appartenant au domaine public et de les rendre
ainsi accessibles à tous. Ces livres sont en effet la propriété de tous et de toutes et nous sommes tout simplement les gardiens de ce patrimoine.
Il s'agit toutefois d'un projet coûteux. Par conséquent et en vue de poursuivre la diffusion de ces ressources inépuisables, nous avons pris les
dispositions nécessaires afin de prévenir les éventuels abus auxquels pourraient se livrer des sites marchands tiers, notamment en instaurant des
contraintes techniques relatives aux requêtes automatisées.
Nous vous demandons également de:
+ Ne pas utiliser les fichiers à des fins commerciales Nous avons conçu le programme Google Recherche de Livres à l'usage des particuliers.
Nous vous demandons donc d'utiliser uniquement ces fichiers à des fins personnelles. Ils ne sauraient en effet être employés dans un
quelconque but commercial.
+ Ne pas procéder à des requêtes automatisées N'envoyez aucune requête automatisée quelle qu'elle soit au système Google. Si vous effectuez
des recherches concernant les logiciels de traduction, la reconnaissance optique de caractères ou tout autre domaine nécessitant de disposer
d'importantes quantités de texte, n'hésitez pas à nous contacter. Nous encourageons pour la réalisation de ce type de travaux l'utilisation des
ouvrages et documents appartenant au domaine public et serions heureux de vous être utile.
+ Ne pas supprimer r attribution Le filigrane Google contenu dans chaque fichier est indispensable pour informer les internautes de notre projet
et leur permettre d'accéder à davantage de documents par l'intermédiaire du Programme Google Recherche de Livres. Ne le supprimez en
aucun cas.
+ Rester dans la légalité Quelle que soit l'utilisation que vous comptez faire des fichiers, n'oubliez pas qu'il est de votre responsabilité de
veiller à respecter la loi. Si un ouvrage appartient au domaine public américain, n'en déduisez pas pour autant qu'il en va de même dans
les autres pays. La durée légale des droits d'auteur d'un livre varie d'un pays à l'autre. Nous ne sommes donc pas en mesure de répertorier
les ouvrages dont l'utilisation est autorisée et ceux dont elle ne l'est pas. Ne croyez pas que le simple fait d'afficher un livre sur Google
Recherche de Livres signifie que celui-ci peut être utilisé de quelque façon que ce soit dans le monde entier. La condamnation à laquelle vous
vous exposeriez en cas de violation des droits d'auteur peut être sévère.
À propos du service Google Recherche de Livres
En favorisant la recherche et l'accès à un nombre croissant de livres disponibles dans de nombreuses langues, dont le français, Google souhaite
contribuer à promouvoir la diversité culturelle grâce à Google Recherche de Livres. En effet, le Programme Google Recherche de Livres permet
aux internautes de découvrir le patrimoine littéraire mondial, tout en aidant les auteurs et les éditeurs à élargir leur public. Vous pouvez effectuer
des recherches en ligne dans le texte intégral de cet ouvrage à l'adresse ] ht tp : //books .google . corn
h >y<
:'*.7^l^
^^^,-
>^ t^ -■:*^-^.'
^
¥
¥
^
¥
^
Harvard Collège
Library
L'AMI DE LA RELIGION
ET DU ROI 9 /
JOURNAL ECCLÉSIASTIQUfe,
FOUTIQra XT UTTiBAXBJI.
Videtê ne qttiê vo$ dêdpiatperpMIoêpphiam
etinanemfàUaciam. CoL08SéII,8,
Prenex garde q[u'on ne tous séduise p«r les £iux
rtisonneaieiis d'une raine plulosophie.
À3I1U11S CJLTHOUqVJIS*
TOME SOIXANTE-TROISIÈME.
CftofUê «otem* *t fratte$ et 8 framtê fnm rf» f»H.
PARIS.
LIBKAmiB ECCLÉSIASTIQUE D*ÀDRI£N LE CLERE ET Cu,
IMIMaiUM »1 m. S. p. U lAPB IT 9B ■«» L'AlCEITtQirB,
Quai des Angistins, n"35.
1830.
^^^^^ mmtVBXd Ooïioee Librwy
TABLE
OP'SOIXAKTE-TROISIËME VOLUME.
FftgM.
Jugement sar le Bréviaire parisien, i
Notices sur les prélats Firrao, Grimaldi, Carlettî,
Clerm.-Tonnerre , Golllneridge , Ramond-Lalande ,
O'Reillyy Magauran, Kelly, JSertazoUi , Somaglia,
Jngemens pour des objets religiei
5, 22, 28, 84, 264, 277, 297, 3io, 328
;ieux, o, 8, 40, 55, 61, gi ,
107, 1 35, 202, 33o
Réclamations, 7, 192, 200, 238, 278, 375, 3a6
Cérémonies diverses , 9, 8j, icp, 259, 281, 327, 32q, 34^ 9
345, 358, 36o, 363
Jugemens pour des îoumaux ou des écrits, 12, 27, 44? 7^9
93, 109, 110,1249 l4l 9 157, 191, 221,222,230,252,
285, 3oi, 3i6, 034, 35i, 366, 38i , 393
Conseils contre les Jésuites , etc. , i4
- - - • 17,38
Sur la Ba«Moa de refuge a. 20, 4^
MiMions^ prédications, jubilé, 21, 188, 201; 2449 345
Notices sur MM. de Negraud , Taillefer, de Machault,
deLally*Tolendal, de Lalonde, Gôuvion Saint-Gyr,
Barthélémy, de Lanneaù, Lehodey, Pilastre et
Prudhomme, 21, 43, 109, 175, 220, 229 et 287, 25i,
254 et 335, 284,380
SrnoeUcon Belgicon, 33
Notices sur les abbés Gley, Paradis, Labissacbère ,
Horeau , Bpuzonyille , Joliy , Ledal et Henry , Brival ,
Bossu, Thibault, 39, 118, i349 i52, 2149 225, 233,
246, 262, 287 et 3i2
Bibliothèque, des amis de la religion, ^6
Almanach du clergé, i\^jiiL6
Mandement de M. l'archév* de Paris pour le carême , 49
Assemblées de charité, â»2, 73, 83, 849 1069 118, i33V
134,166,213,217,278,274
(5)
Sur la Gazette des cultes, 53 ^ ai4
Sur la béatification de Marie Alacocque , 53
Sur le nombre des catholiques en Angleterre , SS , 129
Sur raffaire de M. l'abbé Zinzerling 1 6a ,
Mémorial de la chaire,
Mandemens pour le carême, 65, B6, 89, 90, 07, 1 iq, i35
i5o, 107, 2o3, 247
iy 72^ io3
Conférences de St-£tienne-du-Mont,
Sur quelques déclamations de journaux libéraux, ' 73
Fiction sur un refus d'enterrement, 78
Bréviaire romainy Théologie, etc,, 79
Traité de fimour de Dieu, par M. de Stolberg, 01
Elections, 9^9 20S
Discours du Roi àTotffert^ffederdiambl^es 9 oS
Abjurations , baptêmes , 1 06 , 1 38 , i49 ». ^^^ 9 ^4?
Essai sur le système hréroglyphique, ni
Obsèques du card. Clermont-Tonnerre , 121, 167, i85, 2i5
Lettre en réponse au Mémorial de V Yonne, 127
Adresse de la chambre des pairs, i4o
Sur une réclamation contre des impôts, 143, 269, 331
Chants religieux, i44
jn,olation ai la Charte par Tordre légal, ibid^
Tableau de notre constitution selon la Charte, i^S
Affaires des catholiques en Turquie, i54 , 201
Vols sacrilèges, 167, 202, 270, 367
De la nécessité d'^^m^ dùitmiMs^, ^mx M- Gouu^ ^59
Marie au pied de"^ croix, ' - j i^
Du Recours au conseil é^Etat, par M. Jauffrèt, 161 , '294
Nominations d'éviques , i63 , 2o3 , 282 , 329
Mandemens pour la translation du corps de .saint
Yinceni de Paul, 164,199,292
$ur des écrits d'anglicans , .168
Adresse de la chambre des députés, ibid.
Noms des rédacteurs des journaux libéraux , 1 76
Sur l'église catholique d'Ecosse, 177
Collectio selecta Patrum, 193 , 27a
Histoire des assemblées délibérantes, " 208
Sur une nouvelle Lettre relative à la croix de Migné, 209
Oonsistoires , 211, 23* , 244
Consécrations d'églises à Paris, 202-, 374
Sur kl mariage des^piféte^r , 21 ^
( 4 )
Pagei.
Lt Bon Génie, 224
Beautés des harmonies de la nature, aSg
Les Leçons de la nature, par Cousin Dcspréaux , 24^
Du retour des libéraut à ht théophilaniuropie , 255
Discours pour les victimes de la cause royale , 257
Sur la translation du corps de saint Vincent de Paul ,
260, 3ii, 341, 344, 353, 358, S-j», 38q
Refus de se'pulture à Cabors , -^ 263
Sur les églises des Etats-Unis , - "^^
Mères chrétiennes, par M. Mérault ,
Sur la secte Saint-Simon ,
Médailles envoyées par S. S. à l'auteur du journal,
Souf^enirs des leçons de Venfancej
Conférences et sermons de M, Ribier,
Circulaire de M. Tévêque de Troyes ,
Sur l^église d'Irlande , 297,
Réponse du Moniteur aux débats des journaux ,
Sur un fratricide , 3o3 , 335
A Jésus crucifié; Abrégé de la me des saints, 3o4
Mémoire sur la Bibliothèque choisie des Pères, 3i5
Consécration de l'église de Montréal, 3i3
Pèlerinage à la Sainte-Baume, carte de la Palestine , 320
Déclaration publiée à Francfort sur les catholiques , 32i
Conférences d'Angers^ ^ 335
Sur une mission donnée par M, Vévêgue de TObio, 3i7
Refus d'un curé à Sourzac , 34^
tFkase russe contre les brefs de Rome , r 347
Sur l'agrandissement de l'église de Passy,' 349, ^^
Le Guide de ceux qui annoncent la parole de Dieu, 35 1
Rétractation d'un prêtre constitutionnel , 352
Arbre saint; Saint f^^ncent de Paul et Madame Legrasj 368
L'Anti'Réi>olutionnaire, par M. Taillandier, 369
Réfutation de libelles à Charleston, 3'77
Sur le procès de M. de Potter et autres , à Bruxelles , 385
Fin de la TaMe du soixante^troisième volume.
Samedi i3 r&yaiEn iB3o*, (N* 1619.)
.... I
L'AMI DE LA RELIGION
ET DC ROI. . ,
JugémerU dans l'(^airé.du Bréf^iaire de ^^^^^"^LJ/ t^ tj^
Les principes cbtisàfctés jiàr ràntienhé léglàlàtilôh ,
reconnus plus d'une fois même dans la tiouvellë, ^ur là prb^
priéié des livres d'e'gliàe et sur les dtoits des e'véqaes- à cet
ëgard, viennent d'être de nouveau prbcl&més pat Ife tribii'^
nal dé V* instance d^ Paris, dans Fàffaire du Brii^Mrei Cette
affaire avoit occupe depuis deux miois plusieurs séances du
tribUnÀl. Nous avons fait connoîtré) dâitiis notre prëtiédent
volume j les plaidoieries de M. Hennequin, qui à développé
d'une manière brillante et soli(ie le$ raisoas et Jes>iP^utorU^
qui militent «il iliv^eiit dd droit de^. évèiques. {F^oyez Icp
*i«« t6ox et 1608.) Lé jeudi îi8 janvier, le mi nistëfe public
parla dans ceUf^e^aixé. W.» Ov^îMav^ç.^Q èç^uiiiont, substitut,
reconnut que l'ancienne législation étoit incontestable, et
qu'elle fut re'tablie après le concordat; mais il prétendit
oue la Charte a^ani proclamé la liberté de la Pi^sse, le
oroit des évéq^es sur les livres seroit une espèce de censure
Sréventive qui ne pouvoit se concilier avec les dispositions
e la Charte. Il soutint donc qu'il ne pouvoit y avoir de
privilège pom* les éyêques; que M. l'arcnevêauë étôit, a là
vérité y l'auteur du Bréviaire, qu'il y avoit fait aes additions ;
mais que « l'&yant publié dans l'exercice de ses fonctions i
il n'avoit ^\s eu tirer avantage pour la caisse aiocésâine , et
exiger, des libraires des Usages^ un prix au profit de cette
caisse. On fut assez étonna, il faut rayouer, de Voir lé mi^
Atstère pablic conclure à ce que les auteurs d<^,la coatreffl^*
çon fussent repvoy es de la plainte. , j
Titmé LxilL VAmi de la Religion et dû Rqi. ' K '
..N
(4)
dlt>ii$ (d'auieur pArce qu*il a im traitement. Ce Mémoire
lumineux et précis étabiissoit donc d'une manière péremp*
toire la nécessité de la surveillance épiscopale sur les livrer
de prières. On a lieu, de croire quM a frappe l'esprit de»,
juge9 du tribuual. Ils ay oient i dans raudience du 28 jan-
vier, renvoyé le jugement ^quinzaine. Le jugement a, (BU
eifet j été prononcé le jeudi 1 1 février : il est conçu en ces
termes: ....
« Vu le décret du 7 germinal an XIII ainsi Gonçii ;
« Art. 1*'. I«a livres d* églises » les heures et prières ne pdurront ^tte ith-
V primés ou réirapritnés que d'après )» permission dôttné^ fit îes'évêqùei.
a» diocésains , laquelle permisàiou sera textueltement rappànée et imprimée
9 en tétè de chaque exemplaire.
. V Art. 2. Les imprimeurs-librairéS qui feroient imprimer ou léioapriikièr
jf des livres d'émise , des heures ou prières , sans avcûr obtenu cette perrals-
}» sion , seront poursuivis conformément à la loi du iq juillet 1793. jd
3> Attendu que, de l'ensemble de ces dispositions , il résulte quelèi éiêr
ques sont propriétaires des livres d'éelise, heures et priètes de l^urs didcè^
^ Que ce décret, en modifiant la disposition delà loi du ifg iuîllét 179^,
relativement à lai durée de la propriété dts auteurs ; hi rend , cie temporaire
qu'elle est dilns cette loi, perpétuelle en faveur des an:hevé<]ues, évêques
et de leurs successeurs , ou pfatôt de leur siège., pqur les livret d'ëgtise,
heures et prières, ^puisque ces livres ne peuvent jamàié être iinprimés ou
réimpriméa sans la permission des évéquei dîojeésains, et que ceux, qui lés
font imj^rîmer ou réimprimer sans cette permission sont exposai i éti^ pu-
nis des peines que là loi du 19 juillet 1795 pronorncé contre ceux qui atten-
tent à la propriété littéraire des auteurs ; -
» Que cette dernière disposition dii décret résulte dé l'obligàtiou dans
laquelle sont les archevêques et évé(|ues de maintenir dafns toute leur pu-
reté les livres qui sont la base de là religion catholique , afin d'em^écher
les prêtres et les âdèîesde leur d'rocèse d3 tomber dans des erreurs qui niii-
Toient à la foi , et de ce que d'ailleurs les évéques diocésains étant responsa-
bles des ouvrages dont ils ont autorisé la publication doivent jouir des
droits d'auteur dont ils ont les charges ;
» Que ce décret n'a été abroeé oat aucune loiî^u'iln'est pa^noW'pltis
possible de voir dans l'article 8 de la Charte cohstitutitoiinèlle , qur ne'pfàrlé
<{uédu di'ôit dnè chacun a de manifester libréméntâcsooitiiomd , dé les faire
imprimer et dîistrlbuer, ni dahs aucun de ses autres articles , une abrogation
dudrt décret; '
» Attendu eu fait qu'il résulte de l'instruption et des débats là [Preuve '
que les plaignais ont. obtenu successivemeut de deux archevêques de Pi^is
la permission d'kn^rimeF et de^ (Sibérie SpavUtn^ jiafÙtéÀMiqué cet
OHvragie fait essentiellement padie de ceux^oi so^t. désignés dans lexfécivi
du 7 germinal an XIII;
•( 5 )
» Que U lo.aoùt defiil«r, Il a M aaitt (kàs les tÈiafifilku de Looîg Lu-
croix ; hbçmci à Paris, liuit ezemplaitee d'an ouvrage iniitulé Srêviarium
parisitnse, en A vol. ibrisi 3 que cet ouvra^ y élqit espoM en vente , qi^
\e^}i ouvrage a été imprimé cnez Jean-Baptiste et Léandi-e Gauthier, frères,
imprîmeurs à Besançon, qu'il est entièrement conforme et textuellement
copié sur ie Breviarùtm parisienso/xw^vxmè par les pfaignads avec la pêr*
■invpiun «le VarcheTèque de Paris ^ maintenant occapant ie siège, et avec
.cdlc d^ son prédécesseiH: y ' ^ '
» Ôue les trères Gauthier et Lacroi^i n'ont point obtenu cette perpiÎ38ioi|,
'sans ladu'elle la publication dudît ouvrage leur est interdite )
9 Qu ainsi les frères Gauthier, en imprimant le Breviarium parUiense^
et LsKroix en le vendant et le disttibuant , se sont rendus coupables ^u dé-
lit pi^évu et réprimé par les aHicles 4^5 , 4^6 et 4^7 <«u Code pénal ,•
3> Condamne JôaYi - Baptiste Gauthier et JLiéandre Gauthier chacun ep
109 fr. d'amende, et Louis Lacroix eu 76 fr. d'amende ; déclare bonne et
Valable là saine des hqit exemplaires trouvés chez Lacroix , et eu ordonne
la confiscation, ordonne également , conformément à Tarticlc 129 du Code
P¥écHé, qwe leeexeinplaices saisis seront renis aux plaignans ^ statuant sur
les conclusions des parties civiles , et y faisant droit, condamne les- ^èi^s
Gauthier et Lacroix solidairement et par corps à payer auxdites parties une
somise de }5oo fr. , à. titre des dommages-intérêts ^ lies condamne , en ou~
'tre , aux dépens. » • •
Nous n'ayons pas besoin de faire remarquer combien les
motifs de 'ce jagement confirment tout ce que nous avons
dit du droit des évcques. C'est une nouvelle autorité à
ajouter à la cbatne de celles qui mtKtent en favetir d'uu
droit nécessaire pour la pureté de la liturgie. Cette impor-
tante décision tranquillisera les évêques, qui commençoient
à s'alarmer tle quelques entreprisea du genre de celle dés
5 prières *
grave* dans son enseignements.
mim^^
HOUVELLES ECCiésUSTIQCES.
BuaME. Joseph Fivraô, cardinal du titre de salât |Susèbe,
et le premier de l'ordre des Prêtres , tat mort â Naples ie
:^ janvier. Il étoit ué jians la même ville le 30 juillet 1 7^6,
et étoit, par conséquent , dan5 sa quatre-^vingt^quatorzième
(r6)
année. Il fut promu au cardinalat par Pie Vil , cUms^ le
consistoire du 23 février 1801, et, malgré son grand âge,
' il ayoit assisté au dernier conclave. Son corps a été déposé
dans le Caveau de la cathédrale de Naples qui est destiâé à
la sépulture des ai^hevêques.
— Le 19 décembre il a été tenu, au Vatican, u«e
congrégation des Rits, où, entr'autre^ causes, on a agité
celle du culte rendu de temps immémoria^l au B. Benm-
casa, de l'ordre des Scrvites. L^avis de la congrégation à
été favorable. Le i?. janvier, on a discuté dans une autre
séance l'héroïsme dés vertus du Père Philippe de Vellctri,
des Mineurs de l'observance.
— Dom Emmanuel Godoy, aujourd'hui prince de.Bas-
sano, étant sur le point de partir pour la France , où il va
passer quelque temps, a pris congé de S. S. le 12 janvier,
et lui a fait agréer son respect et sa reconnoissance pour
les bienfaits qu'il en a reçus.
— Le dimanche après la fête des ftois , les élèves de la
Propagande ont eu , suivant l'usage , un exercice académi-
que en l'honneur des mages. Un élève persan , George de
Natale , lut un discours latin , pour montrer l$i vérité dp
l'apparition de l'étoile aux mages. Un autre élève, Eugène
Mac'eacbcrn, lut une composition en langue sauvage du
Canada, et un enfant Abyssin, Antoine Rivara, un remer-
ciement dans l,a langue de son pays. Cette diversité d'idio-
mes parut intéresser les cardinaux et^ prélats qui étoient
présens.
— Thomas Spinelli , marquis de Fuscaldo , ministre de
NaplesàRome, est, mort le 21 janvier dans sa 87® année,
après avoir reçu tous les secours de la religion. Il remplis-
soit cette place à la satisfaction naturelle des deux cours.
Paris. Le 10 février, la chambre des requêtes de la
cour de cassation a , sur la plaidoirie de M. Rochelle , ad-
mis le pourvoi formé par M. l'évêque de Poitiers contre
un arrêt de la cour de cette ville , qui déclare nul , par dé-
faut d'autorisation , le don manuel fait au séminaire Saint-
Mâixent par l'abbé Fraigneau. Nous avons fait connoître,
.n® 1457, t. LVI, tous les détails de cette affaire, d'après
:un Mémoire qui nous avoit été adressé. Nous rendrons
.compte également de la discussion qui aura lieu à la chambre
civile delà cour de cassation., '
(7)
" -^ Nous avons narlë , i^ 1^67, de la magnifique fondation
faite pat M, d'Aligre, à Chartres, Il a voulu procurer à
cette Ville , berceau de sa famille , un hospice destine â re-^'
céroir 3ob vieillards ou orphelins. Il donne ^our cela une
ancienne abbaye, celle de Josaphat, qu'il à fait disposer
pour sa destination nouvelle. Elle offre une résidence spa-
cieuse , avec des jardins et des promenades. On a évalué la
dépense totale pour chacjue année à 110,000 fr. ; le capital
à,e la dotation a été fourni en biens-fondsi^t en' rentes. On
fournira', aux habitans de la maison, du vin , du cidre-, de
la viande, des légumes, du tabac, un habillement nour
l'hiver et un pour Tété. Il v a dans l'acte de fondation deux
articles remarqxiables : par rUn, indépendamment des fonds
assignés pour la dépense annuelle, il a été* formé une ré-
serve d*un dixième, qui est placée chaque année de manière
â fournir un fond capable ue subvenir à l'kugii^ntation de
dépense que pauiToit occasionner le renchérissement pix)-
gressif des denrées ; par le second article, une ferme d'un
revenu de plus de 3,ooo fr. est consacrée à former une.se-^
cohde réserve , à laquelle on ne doit pas toucher, et qui
doît être accumulée pendant 100 ans. Le montant de cette
réserve' sera tous les deux ans replacé enbiens-fohd?. On a
calciilé que le revenu , ainsi accumulé, seroit pour là maison
une ressource sûre et immense. Cette fondation coûte en
tout, à M. d'Aligre, environ 3 millions. Un don. si magiii-
fi^ue lui fera sans doute pardonner une opulence dont il
fait un tel usage.
— M. Gallery, suppléant du juge-de-paix à Laval , avoit
adressé au procureur-général près la cour royale d'Angers
une dénonciation contre la maison des Repenties , de LavaU
Cette dénonciation a été insérée en entier dans le Courrier
yrattpms du a5 Janvier. M.Gallery prétend que les filles rçm
çues dans cette maison sont traitées avec inhumanité, qu^'ôn
les empêcha de sortir et qu'on les prive dé tout rapport
avec les personnes du^ dehors ; il ajoute que ^autorité feint
d'igpaôrer ce qui se passe et méconnott les obligations que
lui impose l'article 616 du code d'Instruction criminelle.
M. Bnolet, procureur du Roi à Laval, a écrit le 3o janvier
au .Courrier français. Le magistrat déclare qu'il n'a connu
le par la lettre de M. Gallery les actes reprochés aux
^urs de la Miséricorde, qui dirigent la maison des filles
(§)
1 plus grand idétpjl la ipaison de, la Miseriçovclé, n^slstp de
tie9 sa)39t^uû et; à uii inëdecin. Il interrogea les j^vso'nneé
4e la liaison aur ce qui se p^ssè t et il leur offrit memedeleif
f^\xe reçpndj^irç sans trais où elles youdroieut f^lér^. Toute*
ris exception répondirent a^'eir^s sq trouyoiefjt mefi4aa^
maison et qu elleft ne /ïouha^toient pas 4'}^^ sortir. Qv^X*
queift-unesétoieçt ireVei^uesdans la inaispn après en,^tre
sor^e ^pe prismière fois. {1 est donc faux que les Speuxs d«
)a Miséricorde maltraiteut les filles rjeûré^ ^ans leur i?}ai-
son 9 qu^les les y retiepn^pt jcaptives et que leurs ps^ren^
n'aient pas la p^rrifiission de les voir. Il est yxai qu on né
leur p^r^iel pas de v6\v indistinctement toute ^orte 4e per-
sonnes; il en est qui s'càorçeroient de troubler leur.repo^
^t de rpyeiUer en elles le fçu ^es passions^ M. Gi^Q^ry s est
présenté plu^ipuirs fois ppui; vo^r la fille qui depuis est 9Prtie
qe la maison et est entrée à son aei*vice ; on 1'^ toujours re-r
fi^séet'ii p^rpit au'on a bien f ait. Cette )ettre dii prôci^reur
4u Bpi» de Laval y montre asse? quelle çoj^èJBtfïç^ i^eçite le
f|/çur X^^Uery, qti^ le inàgistrat regrette de VQJr.reyêtu dn
titrç de suppléant de juge-de7paix^
«*- Vs^Sme du ménétrier dû Çbàtelet a eficorç d'autre^
suites que celles dont nous avons ren44 ^<^^pie 9,<pt.le maire
du lieu, non content de protéger le ménj^'tuer» a Plïcore
poursuivi le euré pour outrages envers un fpnctionpnaire
public. Depuis long^temps M* lé curé du Cbâtelct se plair?
jpoit de ce que Ton perniettoit au ménétrier du village de
tenir son- bal sur une pjajce publique voisine de Téglise; ce
Î|[ui troubioit nécessairement la prière, qif'il çst d'usage ^e
aire dans l'église après vêpres. Ilâvôit r/éclame l'ipjefren-
tion du maire pour faire cesser cet abus , et |i*aypitp)f.Vob«
tenir. 0n dit que le maire et. Je cure étoient m^al ensemble ,
et que l'un n'étoit pas fâché de mqrtifîei: raûtr^. Le 7 ^ep^
tembrç 18289 à six heures du ,soir, le mépiétrier commence
que la prier . ^. - •
tenu , l'efuse. Le curé demanda ou est tt: mifire^ W^^^*' *l
£
M^l^n , qui ^onifoit jgiu çi^ire l orarq ue faire» cç^«0i\1û buL
ffîtte U^il^ , q^ a été prp^nUe aiuLjd^^ti . p« part^i^ jm
préqfément up i^fdre.auifiaire, m^if ,^ie (ÀnvitoÂt ^ cdii-
cilier les plaisirs des habitans ^vec )(e9.éga^'4^.,d4^ aux exer-
cices religieux. £n ce momeot, le curé apprend que le maire
a positiyement autorisé Touyerture du bal pendant la prière;
révolté de ce procédé, on prétend qu'il lui échappa de dire
ue, si le maire avoit donné un tel ordre, c*étoît un polisson,
ie propos fut bien y^t^ ^rapport^ ^Ojpi^guçef qui trouva Toc-
casion favorable pour molester le curé. Il rendit plainte
contre celui -ci; comme ayant outracé publiquement ua
fonctiptmâire' dans l^xerdce' rie ses . fonctions. Le cùî*é'«j
donc été cité lé 4; féVi-ier dernier, au tribunal de policé cor-
reçtioiinçlle de J^telùn, pei^^ téqfioins ai^tQst^ren^ .l^.prppP9
^i-rde^us, lirais le brigadier àe la gendatmesie,. qui accbm-r
pagnoit le curé, niii <oue U propos eût été ténu. Le procu^
rcur dii Roi ie^atda le fait comme constant, et requît que
W curé. fut condamné à l'àmepde. ])f. Clément, avoue,
défendit le çur^. Le tribanftl déclara IfS p^^^lieur. coupable
du délit d'outrage, et yu lef ' oirconstunces atténuantes , né
le condamna qu'à 5,fr: d'anriende et aux dépètis.
-i- Le 3 février, a eu lieu, dan5 la cathédrale dé Sain t-
3ayon. à.Qafid, Ipuyerture dq. séf^inaire du diocèse. Oa
avoii aiHiné plus (l^éclat à ciéttA cérémome , à raison des
justes craintes mtqn àroït depuis cinq ans sur laperpétnitë
du sacerdoce. M; IVyêque de Gand â officié pontificalément
cX a pronoficé aprë^ lév^^ngile un' discour3la1.^a 3ur Tîm-
poitance des i^^mi^^M'c^^ et sur Iç.zi^l^ que; 4piveut aToiv les
jeuiies élèrçs p^itr se former àia vertii et à la science; Bon
discours simple ^ mais, plejn de clarté , de sagesse et d'pnc-
tion,à paru faire impression t^ni subies nouyefLux.el^
que sur ce qui r^sf^oi^ ei^çore des a^icieu^, l^\ieU sont
presque tousiidéiàpiiètped. Oa regceUoit s^uleineiit qiiie la
rigueur du frord eut empêché beaucoup de fidèles d'assis-
ter' à une cérénjonlc si intéressante pour deux gvaridês pro-
vinces. Cette ce rernopif^ àyoît lélé précédée, de î;^3^àiT:jen des,
9i^jets pour la philosophie et la théologie; .cet: e&am^o a
occupe pendant huit jours, et on dit qu'environ 60 jaunes
gens ^'ont pu êtix admis. Les professeurs s«>n( ^ pour la
phil<)sophie, MM. Vcnkiy» et Delebequc, et pour la théo^^
( 10)
loçkCj MM. Héliasd'Haâdeghem^), Rycheiraert, Yan der
Gnote, Bracq; J.-J. de Smet et Van Gaillie. Les cours aai
appartiennent à la première section du séminaire , celle des
humanités, ont également commencé dans le même temps
à Saini-«Nicolas et à Roulers.
Fe
VOTJVSLLBS P0LITtQt7E»«
. Paus. Rîen ne paroi tplua difficile. qaf de oompoter un mliH^èr^aiiigràcieé
libéraux : uon-aeulement il faut en passer par leura priqcipes , maÎA cncjoi^
i)ar leurs hommes. Proposei-leur les meilleures choses du monde , ils veu-
ent savoir avant tout de quelle part elles viemient; car j sî elles ne sortent
pas des sources pures de la rtivolution , si elles n^arrivent pas par les bona
canaux, îU aiment mievx j renoncer que d'en jouir. Ils sont lÀ-dessua
d'une délicatesse inflexible ; ainsi , ne '.leur parlez pas du bien qu'ils aa-^
roîent à recevoir de la main de M. de Polignac ou de celle de M. de Bour^
mont ; le mal qui leur vlendrolt de la part de M. de La Fayette ou.de M. B.
Constant leur fcroît cent fois plus de plaisir. Sans vouloir flatter les Voya^
listes , nous ne craignoDSjpas de dire qu'ils sont beaucoup plus aecommo-»
dans et moins FÎdicoles. S^ils étoieni sûrs que M. Dupin iiût guéri de «s|
peur des monogjcammes et des reposoirs, et M* Isambert de sa fiè^Te d'in-
tolérance contre les missionnaires , ils sont tout prêts à les accepter pour
ministres. De même , s'il étoit donné à MM. Patailleet Cunin-Gridaine
de remédier aux maux de l'Etat et de l'Eglise , et que leurs bonnes inten-
tions lèhdessus ne fussent pas doateuses ; bien vite un portefeuillei M. Cu-
nin-Gridaine , bien vite un portefeuille à M. PataiDe. En un mot, que la
véritable liberté pour la religion et la répression des maux qui rafiligent
nous viennent d'où elles pourront ; que le mat s'en aille et ((ue la paix ar-
rive par Fextréme droite ou par Textréme gauche , nous promettons de n'y
pas regarder, et de ne faire attention aux noms propres que pour bénir
ceux qui le mériteront.
— voici quelque chose qiû noua p^cott de bien bon augure pour la li-
berté de l'enseignement. Un M. Cardme vient d'obtenir , du ministre de
l'instruction publique, la permission d'ouvrir un cours de chimie gastro-
nomique dans la capitale de la Picardie. Ainsi voilà , dieu merci , la ville
d'Amiena dédommagée de la perte de Saint-Acheul. Un bon professeur de
cuisine et dç pâtisserie va remplir, d'une manière avantageuse., le vide
2u'y avoient laisSié les douze cents élèves des révérends Pères. Aux ^eux
es familles chrétiennes, la nouvelle école qu'on vient d'ouvrir à Amiens,
ne vaudra peut-être pas celle qu'on y a fermée. Mais n'importe -, c'est un
^ (*) Nous apprenons en ce moment la mort de cet ecclésiastique, qui vient
de auccomber à une longue <et douloareoae maladie ^ il n'étoit àçi^e dt:
36 ans.
( " )
petit comnencaneBi de liberté qoi noat arriTe en fait d'inttnietîoii pnbli-
•que, et qui esttoujooTs bon à prendre. La riyalité une fois établie , pour la
caisine , entre les-savans de Ljon ,' de Strasbourg , de Chartres et d'Amîenay
il faut esp^er que les choses n'en resteront pas li , et que les autres bran-
ches de rens^gnemect obtiendront aussi la permission de rivaliser entre
elles j sans en excepter l'instruction rclieiease ; car il seroit vraiment étrange
que le 'monde restât partagé entre FéccMe^de M. Guizot et celle de M. GaH-
Kme. • ''■'
-^ Le Roi a fait remettre une somme de 5oo fr. à la disposition' do bu-
reau de bienfaisance de Romorantin-, pour être distribuée aux indigens»
M.» le duc d'Orléans a envoyé 3ob fr. pour le même objet.
— Sur la demande des député» de lat^reuse , le Roi a accordé une somme
de 1,000 fr.'pour le soulagement des pauvres du département.
— Sur la demande de M. W maire de Creuilly (Calvados), M. leDau*^
phin a envoyé à ce fonctionnaise i5o fr. pour les pauvre» de sa com-
mune.
: — Sur les demandes de secours, pour les indigens faites par les autorités
municipales de Gannat (Allier), M. le Dauphin a donné 5oo fr. , M™* la
Daophme ^ 5oo fr.'; MASikHK , duchesse deBerri, 200 ff. ; M. le duc et Ma-
demoiselle d'Orléans , 3oo f. Grâces à ces .bienfaits et aux quêtes faites dans
la ville par les soins de M, le curé et de ses vicaires , le bureau de bienfai-
sance a pu distribuer chaque- jour aux malheureux, depuis le 1*' janvier,
5oo rations de soupes et «les portions de bois« '
• '• — Madakb, duchesse de Berri j ayant? appfis qu'un incendie avoit dé-^
voté une ferme, au village de Cosquàres (Morbihan) , a envoyé un secours
à M. le sous-préfet de Lorient pour les victimes de cet accident.
— M. le duc de Bordeaux , accompagné de M. le baron de Damos, son
gouverneur, -et Mabshoiselie , accompagnée de M™* la duchesse de Oon-
taut, sont allés, mercredi dernier, à Charenton , voir la Marne gVacée. En
leur présence , plusieurs coups de canon ont été tirés , car les canonlers de
-Yincennes , sur une éti^ime montagne de glfiicequi s'étoit formée auprès du
coflâuent de la Seine, et qu'il a fallu briser pour éviter les plus grands
désastres.
— MM. Yienes, juges-à Pamiers, Pougaet et Lovenchet , procureur du
Roi à Wissembourg et à Dijon, sont nommés présidens aux mêmes sièges;
>ce dernier est remplacé par M. Pitiot, son substitut.' M. Beaudet, procu-
reur du Roi à Chambon , passe à Bellac (Haute- Vienne).
— M. le ministre de l'intérieur a décerne une médaille d'argent au nommé
•Moussy, cabaretier à Vaise, faubourg de Lyon , pour le récompenser du dé-
vouement avec lequel il avoit sauvé, le 8 juillet dernier, une femme qui
alloit périr dans un incendie.
- — M. Gosselin , membre de l'académie des inscriptions et belles-lettres ,
conservateur des médailles à la Bibliothèque du Roi et savant -géographe,
▼lent de mourir à l'âge de 79 ans.
j — Les chefs et employés de 1» préfecture de police ont donné une jour-
née de leur .solde pour les indigens de la capitale ; ce qui a produit une
somme assez notable.
— Le bureau de bienfaisance de la ville de St-Denis , orès Paris ^ ayant
phis de trois ccnis familles à soutenir, l'autorité locale re»t empressée de
faire un appel à la charité des habitans, qui a produit 3,ooo fr., avec lesh
C M y.
ipwll, fl« flMliTihMt) fhAqMA.i4wi mm :pkmnm ttôtk6Mbifipa{itté»i»iftiie
f]UA|ii^. ))«tix ioÏA Ummi'^9',^A'amUm*xf)f9le tak-dfatrilMier é^ tonpçi
^t^i'aptrfss .9e(}Quift..Fi9:.q^iltoi)t U viUc, df^mièrcment, lé oolond et lés
siifk^j^iliipif régiment; A^iagskrde) ont f«îA romcttBaj6o fn. i M« k cù^é
^;^Uupli Àl^i'let;m9ilr<9 pefirieur» pauvfM. Le 6 4et»inois^teiioniûé
ÇqiKf^W» gl«li%ci«r! «^ if' .r:Qgi»^t dai» |;«nJe , mtin|M«itisB ga^niaon
jd^s petj^ )i)U« , dfsw<i«4a. & cdPDDHl» TtngjHÀpq f«nufekeB dbi plnsnu^
heuveuses, et il leur distiibua vingt-cinq pains de quatre livres, cenbooà-
X^tXfi :?t ïf Mlqiicjt ipitoi iltt nîDsteoie , m aODonf luxfc qtifir était biei ^u-
— Le sieur Fonljii» , «x-^ràdiict«ur;dQ VÂIhum-MayaUm, qui s'était «éfu«-
gi^.ena$%»^<M, yiert d*é(4re arfété àPam pair Ua^ftint de M. lé péfel de
police. Il va subie l^a'ciaq anfiées4'ei»priaoiiiif»entBiixqa«sàiqsiia^étécQab-
4aoip4 en d^mi^ fea$ort, ItouT^Outraget eovei^sle Roi.
-. rmL» sieur Cbatel»to,.;géj»oi.diii CoioTMr^/wipisia, a été coudaiiuié^
iQcrcredi dernier, à auinze jours de prison et 5oo fr. d'amende , pour ia^-
jui^ ewvef» M' le.prétet 4^ noiiee , dans «in article sur la conduite qu'a cru
/;ftevoir tenir ce magialrat à 1 égard de la BiaiaoD de refugefoadée^M. Do-
biellej^ne jet «Mires phiUothmpesv M». L^avassenria sûqtenu la prévo^ion,
^t FavQcat MerUbou a défebdn le journal.
•r- La «econde débâcle de la Seine a eu lieu dans la journée du i o de ce
moia. G râpes à toutes le$ meeurea.qu'ayoit prescrites 1ll.i lé fiiréf et de polico,
elle n'a occasionné que peu de dégâts. Le pont de»^ Ajrts i^ reiçu une coromar
tion qui a fait enfuie m spectateurs raslembtéa de ce coté. Im circulation
de^.ponU destin?» aux piétons av^it été d'ailleurs interdite. Okn aUend en*
oore la dél/àcle de la MaAifi!. ' \ .'/ '
^ —M. le cardinal arcbeyéquâ de Rouen vient d'ordonner qu'une troisième
di^tribiUioD fut foite aux indigiens de son diocèse» 11 a envoyé , conune pour
iei deux première! distributions, 3, qoofr. pourBouen, i,ooofr. poux Jo
^vre«t 1,000 fr. pourDieppe> Fax ce. moyens 70 milliers idB cotftfiawts aur
ront été fournis aux piiuvres* Outre cela , des don» /considérables en nature
et en argent ont été envoyés de sa part .à MM» 1^ eurés et idesservans sur
tous les points du diocèse, pour le soulagement des malheureux.
*-* M. i'arcbeveque d'Avignon , qui ^voit d'abord remi» 1,000 Ir. à M. le
niaire pourles i^^digiens, voyant que la saison redoi:d)loit à^ rigueur ,'a donné
ji.n même magtsti:at iS^ooo fr. pour le sopUgement des naalbeureliK., Ceci
est indépendant i^eè aQtjBs de fi^srUé qn»! ce v&érable prélat ne Ce#$ede Êiine
|)eiw>nneUement.
-r M. dePlaineaelve^ colonel du 3^ régiment dâ la garde, a envoyé &
M. le maire de Roaen, au nom du corp^ qu'il commande , une somme de
883 fr. pour les pauvres de cette ville.
, T- Le gérant et l'un des rédacteurs 4n MimoriaJ de la StStarp^, ont com-
psMfu , la s^main< dernière » devant le juge d'inâtruction de Douei. Ils sont
prévenus d'attaque«à la morale publique et religieuse, à raison d'Pn ar-liiîliB
pMxi dans ce. journal sur la cérémonie «2^ piatoire du a 1 janvier»
rr- L0 ti:ibunâl coiTectionnel de Caen a condamné à quinte jours de pri-
son et 5oo f. d'amende , pour injures et diffamation envers S. â^c* M»GueBr
non de RanviUe^ le sieur Lepelletier, gérant res{iônsable à^Pik^dn^ Cal^
90^99, où l'avocat Séminal niettoit dios articlei qui lui avoîent Valu (fahot^d
mne suspension par le conseil de discipline de son ordre.
( «5:)
Dituafiché deroîer, la cobamission pour la touscripiioii de Cha^iborfl H
éVé présentée nu Boî et à la fainille ruyale. M. VarcheTéque de P^fUi. pré-
sident de la commission , a prononcé le discours suivant : • ' .
. . ,f Sîre , lorsqu'au milieu des pilus craeUc» douteuro « uhicn^&Ht 4ti cnnso^
kiionittt donné à k Fr^ince^ un ccl^déjoie^ d'admiration et d'actkiife de
grâces /épQodit de toutes parts à ccbienfaity digne mîraculeuK de la ditim?
protection, et présage assuré de bonheur et de ^oire. Toiii ie»ccrars>stf
Sressèrent autour du royal berceau où reposoicnt tant d*espérances àc^té
e tant dé merveilles; et Votre M'ajesté se rappclie , sans dpute, encuv^ le
concert unanime c^e vœux , de bénédictions et d hommages dont yos ^Méle»
sujets saluèrent la Tenue de notre'DOuveau Henri. . .. - . >
» L'effusion de ces sentimens , Sire , ne devoit pas s'arrêter au jour heu-
reux qui les fit nattrç;. elle demandolt qu'un mo^iument pu^Uc [Serpéttàt
le souvenir de la publique allégresse. L'esprit ^ançais en .ayoÂ't iracé 1^
plaii, il ne pouvoit manquer d'être bientôt exécuté. Le cél^vft.dotnaintf
dé Ghambord, ancien héritage des comtes Je Btois, réuni à lac^unonno
sous Louis Xll, père du peuple, son château construit sous François l'^',
père des beaux-arts aussi bien que des belles-lettres , visité par Louis XIV
dans la splendeur et la magnincence de sa cour, habité par le malheur et
les vertus de Stanislas , orné par Louis XV des lauriers de Fonte^oy çjt. d^
Rocoux, tel est, Siré, le monument qu'une ihgeàieuse pensée voulut dé-
dier au fils de la restauration en mémoire du bonheuir de s# naissance.
» Hélas ! malgré tant de dçux et de glorieux souvenirs , ce château , l'on
«lésr cheS^'oeiivre du 16" siècle, dévasté d'aboîrd et frappé par lé randa-
lisrae, alloit tomber sous le marteau d^truùttmr, lorsqu'une vdij^ nohtti
et respectueuse proposa de 'le m>nBtrafre,''par on commun etfott, aux ri-
gueurs que lui réserroit une froide et Idseosible spéculation, d'en répa-^
rec les ruines,^ de le eoâsacrer au duc de Bordeaux, et d'éHger ainsi- vir-
récosablétèmbin de l'ivresse et dâs transports que fit éclater pfarnii'notii
son joyeux et mémorable atènemcttt'.' ,..>...
» Comprise aussitôt j cette pensée fut soddain accU(AITié d'uii hbùi à
l'autre, du royaume; les département et le&' tômmunès , les vtllcs. et léi
canB|Kigiies y l'administration j la magiétràtûrcj l'armée, le riclicf; l'artisaTt ,
tous applaudirent à cette Inspiration inoïïàrc^iqùe , tous voulurent parti-
ciper et concourir à TaQi^mpliàMmeiit d'une œuvré qui désormais est de-
venue celle de la France entière. . ' ' .' '
et nvineîble aihour, supplie V. M. de sourire un instant à eetté inspira-
tion nationale , d'avoir pour agréable ce foible hommage qu'elle vous oïtrU
on la personne de voire oogu^è pétit-filsl , et dé le réceroir conin^é un gage
de ce qae feoU'dévoiienient €6t capable de lyi faire entreprendre toutes lèir
fois fu'il s'agira de rii«Rnè»il<le vofté'cburôiiïtje, tie la gloire d^ vôtre fègniir
etdekptoépévitédttnH*r^tH^aléfaM?ife.ïi( . r ■.-.,[..:
( i4 ) ..
Le Boi a répondu :
« M. rarchcyéque , Messieurs, au moment où le Roi, mon frère , appit
l'intention <iu*avoit l'a France d'offrir au jeune enfant qui venoit de naître
le domaine de Chambotd , son premier mouvenienl fut la crainte de char-
ger ses peuples d'une di^nse nouvelle. Mais l'impulsion étoit donnée, et
quelque chose que noiis ayons pu faire dans le principe pour contenir cet
élan, tien n'a pu l'arrêter; la France a fait votr qu'aacun Sacrifiée ne hil
étok impossible, quand il s'agissbit de donner à seji rois une preuve piii»
constante encore de cet attachement pour eux qui u'a jamais cessé d*ezister
dans le cœur des Français.
»I
fctit
entière
et les FrançaFs à leur Ro'u »
.. I* ' • . " ■ • '' •
Le Roi a reçu ensuite, des mains de M. l'archevêque de Paris, le contrat
d'acquisition du domaine de Chambord , et l'a remis immédiatement à
M. le baron de La Bouillerie, ministre-d'état , ititendant-général de la mai-
son du Roi.
Cam&ib et Jnskrttctions pour les libéraiiJPj contre Us Jésuites, les congré-
' ' galions p les missionnaires, elc,
MM. les libéraux se cessent de «e plaindre de ce qu'ils ne peuvent venir •
entièrement à bout des Jésuites, des congrégations , niide leurs autres en-
nemis de robe longue et de robe courte ; mais la faute en est principales^
ment à eux, et cela vient de ce qu'ils s'y prennent îbal. Ce qu'ils «font et
ce qu'ils ne font pas contribuent autant l'un que l'autre à paralvser leurs.
efforts et leui^s bonnes intentions : tâchons donc de coitcoùrir à l'heureux-
succès de leur entreprise par de sages .coos^ils et d'utiles instructions.
Tous voulez réussir ccmtre les Jésuites et les congrégations, oontreJes
missionnaires^^ et en général contre ce àéyesXabX^ parti-prêtre qui dépare lé
siècle des lumières et empêche le genre humain de marcher : or,, il y auroit
certainement un bon moyen à employer pour cela^ et qui mettroit vos ett*-.
nemis dans le dernier embarras ; ce seroit de faire voir que , sans eux , vous
savez être de fort honnêtes gens, et que plus vous avek travaillé à leadé^'
truire , plus le monde a changé à son avantage. Mais prenez garde ; si en
cherchant à les extirper comme ivraie, vous extirpez également tout le bon
grain ; si en les poursuivant comme un mal, vous faites également la.guerre|
a tout ce qui est bien , vous allez fournir contre vous un terrible argument
à vos adversaires. ^^\^
aYoyez-vous ces gens-là, diront-^ils, et ne.devinezrvouspas pourquoi
ils en veulent tant à notre vie? Sans doute ils nous haïssent .de «toute Wv.
ame et de toute leur force; mais ils haïssent du mémie Coeur la>religio^ e»^i
tholique et les gouVernemens légitimes. Us oot pour nous unp antipâihit'
%
qpi va jujifia'^, IçQr. déranger la raison et à les rendre fimeiiz ^ mais, s'il
vous plait, ayfec quelle classe d^Qnnetes gens', a^ec auelle espèce d'ordre
Tuoral les voyez-vous sympàithiser? Ils disent que nos doctrines leur déplai-
sent} mais connols«^-vous des dpctrines ^ineç dp,nt ils s'accomm.odent soit
en, politique, soit en refigion ou en morale? Nous lei^r causons des repu-',
gnances motieïie$i mais igporez-voui que les iBourbons leur en causent de
pareilles? ■ • ^,
» Enfin., nous avons le ;malh«tNr de ne leur convenir sur aucun point |
mais la rojaùté , inab'les émigréB et lesVendéais be leur conviennent pas
non plus ; iwib le chef de l'Eglise , mais Tiiatorité spiritiieUe dtf évéques ,
mais l'enseignement religieux, mais la piété des fiMes-et toute» les prati**
ques de la sainteté évangélique ne leur con.vi^iient pas davantage. Ainsi ^
nous sonpmes haïs et persécutés de compagnie avec Télite des bons citoyens,
avec tous les hommes sincèrepiént dévoues à Dieu et auPrJ^ce. Lahaiiu^
[ipi i^ous poursuit enveloppe également tout oe qu'il y a, de b.ien dans l'oi:-^
re moral et politique^ et couinie qui veut trop proyver ne prouve rien, nos
<:oneniis uous épargnent le soin de nous défendre pour not^e compte parti-
culier. Avec eux nous sommes à l'aise, et il nous supt de dire pour toute
ré|)oiise Vyoyez à quelle sorte de geps nous avons affaire ! » ' '
Ainsi raisonneront, n'en doutée pas y non-seulement les Jésuites un peu
«visés , mais tous les hommes dùqés'de c|uelque j«igem^nt* Par là ,. ils afioi^
Ididcont OA de peut davantage l'autorife de la "parole des libéraux. £n fai-
sant Tcmaïquer que ocms^qî eoTeulest à tout ceWily AdfthieD et de
bon ; que leur zèle , pour certaines réformes dans l'Eglise , Tay««aij'à VêAo^
Htion de* cruyances reUyieùsea, et pour certaines réformes dans FElat , ju»«
qu'a l'abolition de la royauté j en rendant tout cela sensible . dison^nous ,
pour quiconque a des yeux, et des oreilles , îl est clair qu^ls joueront I^
plus inauvais tour à leurs adversaires. Ils rendront leurs qesseins suspects :
ils éveilleront contre eux une foulp d'inquiétudes qui ne demanaoient qu'2|
dormir ; Us amèoevoat au combat une mi^ii tu.de. <le parties intéressées qui
n'y soiisGoiént pas, en un mot, ils feront valoir contre lésIibéraujL je ne
sais coim>ien d'observations et de menus cas qui prouveront, qu'en fait de
.persécution et d'intentions mauvaises , tout leur est congrégation et Jésuites!
Concluons de là qu'lils s'^ prennent mal pour arrivera leur but, et qu'ails
sont Ipiri d'être aussi habiles gens qu'on le croyoît. Il me semble qu'à
leur place je saurois me conduire avec moins de maladresse; et s'ils vren7
,nent lamîàis me demander conseil , ils verront que j'entends .mieux l'affùire!
• Messieurs, leur dirair^, yous V4>uli39^. renverser l'Eglise. roi^^ine? £h
bien , croyiezTmoi y cupiinencez par être d'une église quelconque* Gela vous
idopnerale droit de la recommander, de plaider pour elle , et.de lui faire
obtenir la préférence, si voqs pouvez. Voua ne voulez point entendre parler
de TaMtorité du pape^ vpua aile», pour vos raisons, que c'est uii» «'(r0Mj>^«
'£h bien, à la bouoe heure j mais uomroenoez par reconnoàtre l'autoâté de
vos propres évéqiies et de votre clergé catholique. Ce 8er.a toujours ua
point de départ et une position prise pour votre guerre contre le saint
Siège. Sans cela on ne pourra jamais deviner ce qui vous éloigne d'une
religion plpt^t que d'une autre; car pour assigner un motif de préférence
dans ce genre /'il faut* coAimencer * par n'être pas également éloigné de
toutes.
( iê )
Vous dites que les misMonnâires Tdus déplaisent, psifcé mié c« èont des
prédicateurs nomades. Eh bien, soit; n'allez pas à leuta sermons ; mais
ayez som qu'on tous voie assister assidûment aux séniions des autres
prêtres. Soyez sûrs que ce système d'hostilité est excellent, et qu'à force
devons rencontrer dahs les égllseàoû il n'y aura pas de missionnaires , on
finii'à par cttliré que votre rancune èotttre eù:t est fondée sur quelque bdù
motif. Je ne connois pas de meilleure manière de leur nuire , et , si vdii^
suivez le conseil qùo je tous: donne , voos les tuerez infaittiblemeiit. Mais
si votre aversion poiir leurs .sermons et kurs ezerciciBs de piété est c(nn«^
muae à tous hi8«A6rciceS)de piété et à tous lés sermons, elle a'affl»Û>lini
nécessotrem^Bten se partageant trop j et quelles conséquences voalez-vbos
qu'on en tife coritre les ans plntût que contre tes antres ?
Vous ne Vduli^ p^ de l'ciiséignemen.t religieux qui distingué eh parti-
chller l'école. des Jësiiiiès : eh bien , savez-vous quel est le bon moyen pour
le décrier et le faire tomber? c'est d'envoyer vos enfans à des écoles qui Yèé
fendent plus religieux et plus amis de f ordre. S;uià contredit, c'est le pltii
maiWais tout que vous puissiez jamais jouer aux Jésuites i du moment où
vos ftls ^ront éleVés plus chrétiennement ailleurs que chez eux, et ou l'es
autres maîtres que voué leur choisii'èz en feront de meilleurs citoyens , dék
siYJets plus aonbis à l'autorité divine et hUmdiine^, n'en doutez pas^ les ré-
vëreuds Pères sont perdaQj'Vonsaui^faii voir qu'oit peut tras** bien se
passer d'eux f ei ni leUr >S^int*àcbeiil y ni leur Friboorg, ni kar Snnt-
bébastien ne résisteiont jamais À %in argument de fait ooinme lïeloî-là.
"AaU gardéz-Vous bibif) de Vohh>ii* tuer les Jésuites par le^' jirocédés dé
PciDseîgntment niuttjt'l , bu p.ii les^mains'deMM. Cousin, Guizbt et Ville-
l6irth j VDtrc pntrtpfUc ne teuissirôit point. Attachez-vous à cherche^ des
ëèolés d'où vos petits Uticraus ne reviennent" pas la tètè farcie d'îhdépeni-
dàncc, d'imllgiou «t d'oiiîirdiiej faîtes mieux enfin que les révéren({B
Pertes; prouYCi que J'çducàlîûa ^u'on reçoit chez eux ne vaut pas celfe
qu'on reçoit chez tous ^ et que la jeunesse* est plus ennemie de la religiOh
et dé la ïciyautè^ plus fjctieusc et plus corrompue en sortant de leurs mains
qu'en sortant des vu trtîs.
Une fols que iM> point sera Lien établi, et que vous aurez fait Vos autres
ment Voiis avez des raisons particulières pour ne point aimer telle ou telle
portion du sacerdoce, telle on telle corporation religieuse. Mais n'oubliez
pas ce qu'on tieyit de: votis dire : allez a là, messe, au sermon ^ à confiasse ,
soyez pieiix et bbfls chrétiens* il n'y a pas de m^Uèur moyen de donner
ilu ctéuit àvotri3ini^k>h contre les diverses classes de prêtres. ahiquoUes
voiur en voulcfz en pâtticulter,* arrangez- vous pour les lUrpasser en zelè re-
Itgiemt, en bons sentimens, en amour du bien, et ^yez couvaiifctié qiie
jamais ils n'auront été mieux attrapés* B.
MbRCKBDI 17 FÉVRIER 18ÎO. ( N* 1^620»
Sur la décision de la conférence des oi^ocats.
La décision de MM. les avocats, sur la grave qui
qui leur avoit été soumise ^ a été rendue publique,
décision a été prise , dit-on , à une grande majorité , et p
cédée d'une discussion longue et raisonnée , et où tout s est
passé , suivant la Gazette des tribunaux^ avec calme , modé-
ration et dignité. Est- il possible de se figurer un tribunal
plus imposant , une délibération plus grave , une décisFom
plus mûrement pesée? La question posée étoit celle-ci :
Lorsque le curé rejuse ses prières et le service religieux à un dé*
funt, le maire a-^t-il le droit défaire out^rir les portes de l'église
pour y introduire et présenter te éorps ? Cette question a été*
agitée dans trois séances consécutives de la conférence des
avocats, les 26 janvier, 2 et 3 février. La conférence étoit
présidée par M. Dupin, aîné, bâtonnier des avocats, et i),
paroit même que c'est lui qui avoit fourni ce thème à ses
jeunes confrères, qui, à sa voix, se sont jetés avecardeur
dans la lice ; trente - deux d'entr'eux s'étoient fait inscrire.
Malheureusement tous n'ont pu être entendus , une dou-
zaine seulement ont pris part a la discussion. Ceux qui ont
parlé pour la liberté de l'Eglise sont MM. Hennequin,
Couturier, Bioche, Belleval^ Sebire et Bethmont; la thèse
contraire a été soutenue par MM. Martin, Saint- Ange,
Labaume, Lévesque, Fleuiy, Wervoort , Massol et Dupin,
jeune. Chacun , dit-on , a présenté ses argumens avec une
entière liberté et avec autant d'impartialité et de mesure
que de talent.
, Les uns ont fait valoir les droits et la pratique constante
de l'Eglise. Son autorité doit être au moins respectée dans
ce qui tient aux fonctions spirituelles. On allègue l'ait. 19
du décret du 25 prairial an AlII, qui, en cas de refus dû
prêtre, donne au maire le droit de faire porter, présenter, dé^
poser et inhumer le corps. Ce décret auroit-il pu priver l'Eglise
de ses droits naturels? Suppose-t-il même l'intention de
donner au maire le droit de faire ouvrir les portes de l'é-
Tome LXIIL UAmi de ta Religion et du Roi. B
( i8)
glise? Quand il a dit déposer, c'est dans la dei*nière demeure,
jj 'église, dit -on, est un bâtiment appartenant k la com-
mune; mais c'est un édifice consacré par la religion, c'est
uii lieu de prières. Si le chrétien a droit d'y être admis, au'y
peut prétendre celui qui a renoncé aux secours de l'Eglise ,
^ui les a dédaignés, qui les a refusés? Sa présence dans le
liea saint seroit une profanation et un outrage. La Charte
a prônais protection à tous les cultes ; y auroit-il protection
si on ouvre les portes avec violence, pour y faire entrer,
malgré l'autorité ecclésiastique | le corps d^un homme qui
auroit insulté à la religion?
Il faut écouter les argumens de l'opinion contraire. Sans
doute , ont dit ses défenseurs , il faut respecter les droits de
la religion , mais il est bon de retenir les prêtres dans de
sages limites ; ils ne sont que trop disposés k empiéter,
comme si on n'éloit pas aussi fort disposé à empiéter sur
eux. Les églises , ajoute-t-on , appartiennent-elles au prêtre
ou à la société chrétienne? L'un pourra-t-il en priver l'autre?
A cela, je répondrai que, s'il y a un lieu où les lois de
l'Eglise doivent être respectées, c'est apparemment dans
l'église. Si le prêtre commet quelque acte arbitraire , il peut
être reprimé et puni ; mais faudra-t-il donner à chacun le
droit de l'astreindre à des actes qui répugnent à sa con-
science? On invoque les sentimens de paix, d'humanité et
de charité que la religion inspire. Cet homme, dit-on,
aura pu rentrer en grâce avec Dieu au moment de la mort;
pourquoi le damnez-vous? Les prêtres répondront qu'ils lie
le damaent points mais qu'ils le traitent comme il a. voulu
l'être; que, s'il s'est réconcilié avec Dieu à son dernier ino-
ipfient, us s'en réjouiront, mais que l'Eglise ne peut. Juger
que sur les apparences. On prêche la tolérance aux prêtres ,
mais on pourroit aussi la prêcher pour ei>x. Ferez -vous
violence aux uns pour honorer la mémoire des autres ? Les
défenseurs de l'opinion que nous combattons ont beaucoup
insisté sur le décret de 1 an XIII et ont un peu oublié l'ar-
ticle de la Charte, qui reconnoit la religion catholique re-
ligion de l'Etat. Cet article est pourtant un peu plus solen-
;iel que le décret. On a rappelé l'enterrement de M"* Rau-
court, dont nous avons parlé dans le temps, et on a pré-
tendu que Louis XYIIl avoit ordonné qu'elle fût reçue
dan$ l'église Saint-Roch; ce qui est faux.
( '9 )
M. Dupin, aîné) a résumé les arguiuens et a fini par $e
mettre en scène d'une manière fort touchante. « Si j*é-
tois consulté, a^t^il dit, je dirois an curé : Ayez tolérance,
pxrîei^ pour vos eanenûs, comme J.-€. prioit pour ses bour-
reaux. Je dirois au maire : Consultez les circonstances,
voyez le pasteur, dites-lui que c'est le peuple chrétien qui
demande l'ouverture de l'église. » Mais le curé pourroit , à
son tour, prêcher M. Dupîn. Je prie pour mes ennemis , lui
diroit-il ; mais je dois aussi respecter les règles que i*£gli$e
m'impose. Je n en veux point à celui qui l a dédaignée ou
insultée , mais je ne lui dois point ce dont il se soucioit fort
peu et ce qu.e l'Eglise réserve pour ses enfans. L'allocution
de M. Dupm au maire ne me paroi t pas plus concluante;-
ce peuple chrétien, qui veut entrer de force, est- il mu par
des vues bien chrétiennes? Ceux qui le dirigent n'ont -^ ils
que des pensées de paix, de tolérance et de charité? Ce
procédé seul de forcer les portes de l'église est-il bien res*
pectueux?
A la dernière conférence il y avoit, dit- on, 35o à 4oo
avocats au moins. Le bâtonnier, suivant un journal, hésita
d'abord à mettre la question aux voix ; mais la conférence
en ayant manifesté le désir, elle fut en premier lieu con-
sultée pour l'affirmative ; on vit aussitôt des bras s'élever
de tous les côtés. La négative fut ensuite proposée , et 20 à
25 membres votèreiit pour. Une seconde épreuve eut le
même résultat. Ainsi , MM. les avocats ont décidé à une im-
mense majoritié, que' le maire étoît en droit d« faire ouvrir
les portes de l'église pour y introduire le cprps. Eh bien !
quand cela sera fait , qu'en résultera-t-il ? Le maire forcera-
t-il aussi le prêtre à dire la messe , à chanter un de profundis^
à entonner un libéra? A quoi servira d'avoir introduit le
cDi]ps dans l'église, si on n'v fait pas de prières? Seroit-ce
uniquement pour molester les prêtres <$t pour insulter à la
religion?
uji journal , qui a rendu com^ de cette discussion , dit
qu'il y a une règle principale qm domine toutes les auti*es,
c'est la fle'paration du spirituet et du temporel. C'est préci-
sément cette règle que nous invoquons. D après cette règle,
le curé n'a point d'ordres à donner dans la mairie , mais le
maire n'en a point non ptcis à dotiner à l'église. C'est vous
qui eonfitndfiz fNir vos prétemions tM» les pouvoii^ , «t ,
B2
(30)
comme le disoit Féuelon dans son beau Discours pour le
sacre de l'électeur de Coloene, le prince ne doit jamais, en-
treprendre la fonction de l'évéque ; il se tient le glaive en main .
à la porte du sanctuaire, mais il prend garde de n'y entrer peu.
Me diroit-on pas que Fénelon'avoit prévu la question posée
par les avocats , et Tautorité comme la sagesse d'un si grand
homme ne suffiroient-elles pas pour faire justice de ta dé-
cision de quelques jeunes gens, qui ne connoissent ni les
règles de TEgUse , ni les bornes de leurs attributions.
Yoyez ce que noua avons dit sur la même m^atière dans
ce journal , n** 88 , à l'occasion de l'enterrement de M^^* Rau-
court; n® 5 12, à l'occasion de la mort d'un homme tué en
duel; n^ 629, à l'occasion de l'avis du ministre Portalis^
sur les refus de sépulture ; n®* 697 et 698 , à l'occasion de
l'enterrement d'un agent de change tué en duel; n*»* 1064
et I o65 , à l'occasion de la mort de l'acteur Philippe. Nous -
avons ciré plusieurs fois, dans ces articles, l'avis au minis-
tre Turgot; il n'étoit pas non plus de l'opinion de MM. les
avocats.
VOUVELLES ECCLÉSIASTIQUES.
Paris. Dernièrement un président des assises ayant Te-
comm.andé aux jurés une maison de charité , quelques jurés
libéraux allèrent virsiter cette maison et rapportèrent qu'elle
étoit dirigée par M. Tabbé. Lœvenbruck. Or, il est notoire
que M. Lcevenbruck a quitté Paris depuis plusieurs années,
et que, par conséquent, il ne dirige aucun établissement
dans cette ville. Fiez-vous après cela aux informations que
prennent quelques libéraux. iJn avocat libéral poursuit au-
jourd'hui la même maison de refuge, et il y. a six ans, le
conseil des avocats près la cour de cassation vota 1200 fr.
pour cet établissement. Le dernier jury vient de voter
1 16 fr. pour cette maison, mais il y a joint une clause qui
fait singulièrement honneur au bon esprit du juré qui Va
provoquée. Le jury a demandé que son don fût exclusiye-
meiit affecté aux jeunes prisonniers, et non nux pritres et
(ai )
aux Frères ignorantins. Yoilà commeAt Tesprit de parti
souille les offrandes même les plus louables^ Pauvres gens !
ces prêtres et ces bons Frères que vous insultez par cette
clause brutale sont précisément ceux qui maintiennent
l'ordre dans la maison de refuge , qui ramènent les jeunes
prisonniers à la vertu, et qui leur inspirent ces sentimens de
religion sans lesquels on ne pourroit pas compter sur un
amendement sincère et durable de leur part.
— Les paroisses de Broyés et de Plainville, diocèse de
Beauvais, ont joui cet hiver de l'avantage d'une petite mis-
sion, qui a commencé le premier dimanche de Tavent, et
qui a été terminée la dernière fête de Noël. Deux respecta-
bles prêtres, du nombre de ceux que les eùnemis de la re-
ligion se plaisent à décrier avec tant de persévérance , et qui
se vengent en remplissant avec zèle les fonctions du minis-
tère et en travaillant à soulager les pasteurs dans le soin de
leurs troupeaux; deux de ces hommes estimables, dis- je,
ont été autorisés par M. l'évêque à aider le curé qui dessert
ces deux paroisses. Pendant quatre semaines , les instruc-
tions ont été constamment suivies, malgré le froid. Environ
les trçis quarts des fidèles des deux paroisses et un bon
nombre de ceux des paroisses voisines ont eu le bonheur
d'approcher des sacremens; cinquante - six enfans ont fait
leur première communion. La paroisse de Broyés se dispose
à élever un calvaire pour conserver le souvenir du jubilé.
— La <^azette de Lyon annonce; la mort d'un homme de
bien> M. Antoine de Neyrand, mort le 8 février à Saint-
Ghamond (Loire), à l'âge de çjS ans. C'étoit un homme
aussi aimable que religieux , toujours disposé à obliger et
-recherchant toutes les occasions de faire du bien. Quand il
se rendoit à l'église , c'étoit à travers une haie de pauvres ,
accoutumés à bénir une main si secourable. Son nom étoit
attaché à tous les établissemenfde Saint-Chamond. Il étoit
administrateur du collège, de l'hospice des Malades, de
celui des Yieillards et des Orplielins, de l'hospice de la
Charité , et il a été le bienfaiteur de ces deux derniers.
Véritable chrétien , il a supporté avec résignation les souf-
frances d'une maladie longue et cruelle : Oman ame, disoit-
il souvent , sors de ce monde et pars pour ton éternité. Ses vœux
ont été e^xaucés , mais sa famille , ses amis et les pauvres
ressentiront long-temps cette perte* Sa luort a été un sujet
de deuil pour toute la ville de Saint-Chamond*
— M. Triest, chanoine de Gand, si connu dans cette
ville par son zèle admirable pour toutes les bonnes œuvres,
vient enfin d'obtenir du roi des Pays-Bas ce qu'il sollicite it
inutilement depuis plusieurs années. On sait que , dans ce
pays j le nombre des religieuses hospitalières est limité dan9
chaque hôpital, et limité de manière qu'elles ne peuvent
suffire au sçin des malades. Mais on aime mieux laisser lan-
guir ceux-ci faute de secours , que de favoriser des vocatiotûi
si dangereuses. Toutefois , le gouvernement a permis qu'à
Gand le nombre des Sœurs fût porté dans les établissemens
de charité de 16 à 60. Quelle concession généreuse , dit un
journal de la Belgique; N'y a-t-il pas de quoi s'alarmer
pour la paix publique? Cette concession , si c'en est une^
est faite non pas à la religion , mais à l'humanité soufiPrante.
Elle donnera à M. Triest les moyens d'agrandir le cercle de
ses bonnes œuvres , de recevoir plus d'incurables et plus de
sourds - muets , de s'occuper euun des aveugles , qui n'ont
pas encore d'asile spécial en Belgique. Toilà les seules con-
cessions que l'on ne eraint pa» de faire à l'insatiable ani«-
bition du clergé!
— M. Joseph-Marie Grimaldi, archevêque de Verceil,
en Piémont, est mort à Turin le i** janvier. Le prélat
étoit né à Moncalier le 3 janvier 1753. Il fut sacré évêqùe
de Pignerol> le 6 août 1787, et donna sa démission en 180S
sur la demande du Pape, lorsqu'on fit-une nouvelle deV
marcation des diocè3es du Piémont. Le prélat fut peu apvèis
transféré à Ivrée, et il occupa ce siège jusqu'en 1817. Il
assista au concile de 1811 , y (ut de la commission chargée
de répondre au message et y vota avec la majorité ; toute-
fois, il n'éprouva point de disgrâce. Lorscfu'on rétablit les
églises du Piémont en 181 7', M. Grimaldi fut transféré au
siège de Yerceil qui fut éngé en archevêché; il fut préco^
jpisé le 1" octobre 181 7. Un autre prélat voisin, M. Aùgus*-
tin Zen-Rufiinen, évêque de Sion, en Yalais, est mort le
21 décembre dernier; il étCHt né dans ce diocèse en 1767,
avoit été chanoine de Sion, élu évêque en 1817 et institué
à Rome dans le consistoire du 28 juillet de cette annee^
On lui doit la fondation du séminaire de Yallère.
(fl5)
HOVTELLES POLITIQUES.
Pabib. Oiï a prétindu que Boonaparte, sur k fia de son temps, avoit eu
l'idéo dèRinplacer ses vieux généraux par de jeunes <^kiers ; persuadé qm
les ^ens et guerre dont la fortune est à faire Talent mieux aue ceux dont
cBb oilr faute* Uparotl que le comité -directeur raisonne de la même ma-
nière par ra))port à ses journaux , et que, dans ce moment , il compte moine
sur ceux qui ont fait toutes ses vidtUes campagne contre la royauté que
•ar ceux qu'il Tient de créer chevaliers et qui ont leurs éperons à jpgner.
£n effst , parmr ces derniers, on en remarque deux surtout qui lui feront
le plus grand honneur, si Dieu leur prête vie; Tun est te lYatienal, tiré
lout^ouTellement d'une des côtes du Constitutionnel; Tautre le Globe, qui
a |Miru hier, pour la première fois , sous le grand costume des journaux quo^
tidieiis. Son débat est remarquable, et depuis le lO aoM 179!!, certaine-
meut rien de panil rie s'étoit vu. 11 va droit au fait; la légitimité des
IBourbons ne 1 embarrasse point, et la question d'un changement de dyna»-
lie se présente froidement à lui, comme une thèse sur laquelle il ne reste
I>lu8 qu'à peser le pour et le contre. Or, selon lui , les grie& de la nation sont
si nombreux , si anciens , si invétérés ; les rechutes de la famille royale sont
si continues et si fréquentes, que décidément il n'y a plus moyen de s'en-
tendre avec elle , et que la patieuce du peuple souverain est à bout. Si celui-
ci a cru devoir temporiser un peu , et reprendre les Bourbons à Tessai , c'est
qu'une certaine facilité de caractère les recommandoit auprès de lui , ci
qii'»l<>euWît bien consentir à voir ce que cela deviendroit. A présent qu'il
a vu , et que cette facUitijU caraoière n'a point répondu à son attente, tê
GUibe en prend occasion de dresser contre la dynastie régnante un réquisi-
toire Inoui 9 auquel il ne manque presque riçn pour être aussi effroyableqjue
Pacte d'accusation de Louis XA^I* Quant ax( Jyational, c'est lui avoit ouvert
la tranchée quelques jours auparavant. Mais du moins il y m^t un jieu d^
conscience , et il veut que les changemens de dynastie soient combinés de
manière à ce qu'on n'y fasse pas d'attention. Or, <î'cst ce qui arrive, dit-il ,
quand les rois qu'on détrône ont des parens collatéraux -, on met ceux-ci a
leur place, pour que le bien ne sorte pas de la famille , et il n'y paroi t plus^
— Les amis du Constitutionnel s'alarment pour lui de rapparition du
National j qui est , comme vous savez peut-être , un rejeton nouvellement
sorti de sa glorieuse tige. Ils craignent que ce ne soit un fils né pour le
malhenr de son père. La raison qu'ils en donnent c'est que , tout en lui
ressemblant à faire peur sous le rapport des inclinations et des principes,
il a sâr lui Ifavantage d'être écrit en français. Ils ont tort de s'inquiéter de
si. peu ddcluiee*, si le Constitutiopmel avoit d^i pérûr par son. mauvais style,
il y Q'iong-teaips qu'il seioit mon» Mai& il connott st#n moufte, et l'expe-r
riencc de ses devanciers est là pour le tranquilliser. Les jouruaux qui ont
eu le plus de vogue depuis le commencement de la révolution , sont, ceux
qui ont le mieux parlé le langage des halles et des échoppes^ témoin FAmS
(M)
du peuple, de Marat; témoin la célèbve feuille du Par» Duehéne; témoin
le Journal de Perlei qui eut. jujiqu'à trente mille abonnés; témoin enfin It
CotutUuHonnel lui-même qui aurait toute leur succession , si d'antres jour-
naux ne s'étoient présentés pour la partager. Non , Messieurs , tous ne con-
noissez point votre siècle et Tétat de vos lumières. Apprenez que la partie
révolutionnaire de notre nation a toujours le même goût, et que rien an
monde ne lui conyient mieux que la grosse pâtée du ConsHtuiionneL
— Voici un nouveau sujet d'alarmes pour nos libéiauK : On leur écrit
3ue les Jésuites qui ont quitté la France, Vété dernier, n'ont point encore
épassé Gènes, et que le partirprétre fait des efiBorts incroyables pour dé-
terminer les réyérends Pères, au nombre de vin^t-deux , à fixer leur séjouf
dans cette ville. Jugez si le voisinage d'une pareille colonie nous convient»
et s'il n'y a pas de quel trembler! Encore, s'ils étoient en France, nous
aurions la ressource de pouvoir dire que ce sont eux qui ont fait geler nos
rivières et nos vignes. Maia à Gènes, on verroit les pienes se fendre elle
thermomètre à trente degrés aonlessoua de zéro , que l'idée ne viendront à
personne de s'en prendre à eux. Ces Italiens sont si bornés , et le siècle
marche si lentement de ce c6té là! Cependant, comment ne voient-ils paa
à quoi ils s'exposent en gardant des h6tes aussi dangereux , et combien la
France a gagné de repos depuis qu'elle a eu l'heureuse idée de s'en débar-
rasser !
— M. le Dauphin a envoyé une somme de 5oo fr. à M. )e sous-préfbt
de Lorient pour les victimes d'un incendie qui a eu lieu , au mois de dé-
cembre dernier , dans la commune de Laveroeur.
— M. le duc d'Oriéans a envoyé, au bureau de charité de CFiâteauneuf-
sur-Loire , une somme de 3oo fr. , pour les familles les plus nécessiteuses de
cette ville.
— M. Dudon , ancien député , est nommé président du collège départe»
mental de la Loiro-Inférieure , qui est convoqué pour le 27 de ce mois.
— M. Gaudion , substitut àVésoal, est nommé procureur du Boi à Pon-
tarlier, en remplacement de M. Perrev, qui patis e Lure ( Haute-Saône) •
MI^l. Galtier, avocat , etThuillier de Pleville, j|oge de paix à Mécon , sont
nommés juges à Uhodez et Thionville.
— Le gouvernement de don Miguel n'ayant pas encore été reconnu par
la France , la cour ne prendra le deuil de la reine-mère de Portugal que
quand il fiura été notifié par l'empereur du Brésil.
— La Gazette officielle des Patfs-Bas assure que le roi de Prusse a conféré
Tordre de l'Aigle rouge de 3' classe à M. Debelleyme, ancien préfet de po-
lice, et à M. Patry, ancien chef de division de la police, aii ministère de
rintérieur.
— Le comte Lavallette , ancien directeur-général des postes , a qui le Bol
avoit bien voulu permettre de rentrer en France , est mort lundi dernier.
— M. Henault de Toumeville, doyen d'âge des avocats à la cour royale
de Paris, et l'un des membres du conseil de discipline, vient de mourir à
l'âge de 87 ans.
— Don Emmanuel Godoy vient d'arriver à Parie .. où il paroit résolu de
fixer sa résidence pour quelque temps.
t
( a5 ) .
— La première distribution faite aax indigens de Paris , sur les 60,000 iV,
ui leur ont été si généreusement donnés par le Roi, s'est montée à la somme
!e 32,455 fr. Ily a à Paris 3o,36i ménages indigens secourus ou 62,706 in-
dividus. On a distribué 33,522 pains de 4 livres , 3 ifoies de bois à la corde,
26,54a cotterets , et 2,000 paires de sabots. Cette première distribution s'est
faite du 20 au 24 janvier -, d'autres secours ont été répartis depuis.
—Une dame oui a voulu oarder l'anonyme a fait remettre , au bureau de
charité du deuxième arrondissement, un billet de banque de 1,000 francf,
pour être employé en distributions de bois aux indigens.
— De 1806 à 1828 le nombre des enfans abandonnés dans la ville de
Paris s'est élevé annuellement de 4*258 à 5,947. Ce nombre a augmenté
progressivement surtout dans les années de disette.
— II va y avoir à Paris un nouveau marché qui ne sera affecté qu à la
vente des chevaux férés ou de luxe, français et étrangers. Il tiendra le
premier lundi de chaque mois, et commencera le premier lundi de Mars.
— lia débâcle de la Marne a eu lieu dimanche dernier, dans la journée.
Elle n'a causé aucun accident grave.
— M. de Crnssol est parti la semaine dernière , pour porter des. dépêches
à M. le duc de Mortemart , son oncle , ambassadeur à Saint-Pétersboui^.
— Le sieur Brissot-Warville, fils du conventionnel, vient de porter
plainte contre un journal littéraire qui a imprimé que les Mémoires de
jJrissot, publiés par le libraire Ladvocat , éioient apocryphes. Brissot fils a
déposé avec sa plainte les manuscrits autographes de son père.
— Le tribunal correctionnel s'est occupé , vendredi dernier, de l'affaire
des Mémoires du conventionnel Levasseur, Les sieurs Boche, éditeur, Gau-
Ibier-Laguionie , imprimeur, et Rapilly , libraire , étoient cités comme pré-
venus, par cette publication , d'outrages à la morale publique et à la reli-
gion de l'Etat j et d'attaque XToirtre les droits que leBoi tient de sa naissance
et «on autorité constitutionnelle. M. l'avocat du Boi Levavasseur étoit
chargé de .sootetiir la pfév«fttk>ii. Après avoir parlé pendant trois heures
avec autant d'énergie que d'éloquence, ce magistrat, <jui est à peine rétabli,
s'«st senti trop fatigué , et la cause a été remise à huitaine.
— M. Félix Durand , imprimeur, à Chartres, a été condamné , le 28 dé-
cembre dernier, par le tribunal de Chartres, à imprimer le Glaneur d'Eure-
et-Loir, et ce tribunal a même ordonné que la sentence scroit exécutoire,
nonobstant appel, attendu furffofice, M. Durand ayaflt interjeté appel,
M. Hennequin s'est présenté pour lui samedi dernier devant la cour royale,
il a représenté qu'il y avoit plutôt urgence pour l'imprimeur à être dé^
charge d'une obligation qui le compromet jouruellement. M. Séguier a re-
mis Fafiàire à un mois,
— Le çieur Châtelain, gérant du Courrier français, est cité de nouveau
devant le tribunal correctionnel, pour injures envers les membres de ce tri-
bunal dans un article sur la dernière condamnation qu'il a encourue»
— Les officiers des gardes-du-Krorps do la compagnie de Grammont, en
garnison à Saiut-G^rmainr-en-Laie, viennent de reniettre à M. le curé da
cette ville 600 fr. pour le soulagement des pauvres.
( 26)
— Il M prépare , diytron , des pétitions coDtie le calnnct acHiel. On seroit
fort embarrassé, en niant l'existence du comité -directeur, d'expliquer
comment des mémoires, conçus dans les mêmes termes, se rédigent en
même temps à Lyon , à Caeo , à Nantes , à Lille , à Douai , à Boulogne, etc.
Non-seulement on demande le renvoi du ministèie royaliste , mais on «dIIî-
cite unanimement FaboUtion du double Tote et de la septennaiité, des lois
communales électives, Tintervention du juri dans les dâits de la presse , le
rétablissement par «me loi des gardes nationales, etc.
— On a fait à Bomorantin une eoUecte pour les malheureux qui a pror
dttit 3,yoo fr.
— Les o)(&ciers du 8* régiment dlnfanterie légère en garnison àWissem* .
bourg et Lauteibourg, ont fait Tabandon d'une journée de leur solde en fa-
veur des pauvres de ces deux villes, ce qui a produit 220 fr. Les sous-offi-
ciel et soldats , sans J avoir été engagés j 'ont fkit de leur côté une collecte
de 1 60 fr . pour le même objet.
— Le 17* régiment de ligne, en garnison à Talenciennes , a abandonné
une journée de sa solde pour les pauvres. La portion du réâment qui se
trouve à Condé a fait le même don aux indigeus de cette dernière ville.
— La ville deTroyes vient de recevoir le buâte du Roi , qui lui a été en-
voyé par M. le ministre de l'intiârfear.
-^Une copie du [Sbrtrait de Charles X, cPaprès M. Gérard , va être en-
voyée par le ministre de l'intérieur à la ville de Yalenciennes.
—^ M. Brunet, procureur du Boi , à Niort, a inteiyeté appel du jugement
qui a déclaré illégale la dernière saisie de la Sentinelle des Veus-Sévres,
— Le tribunal correctionnel deBouen a condamné à deux mois de prie-
son et 100 fr. d'amende les iUles Neuville et Leprieur, qui tenpient des W
teries clandestines.
— Un événement , arrivé le 21 janvier à-Têulen , prouve Ica progrès «pis
fait rcsprit d'insubordination depuis la révolution , et surtou* depois-qoe
la licence de la presse travailla à inspirer ceteAprit dans TacMiées Le sergent
Baterling, qui n'ovoit pu obtenir de son colonel la remise d'une peintidc
discipline qu'il avoit eneoume, eaisU: le monent ou» Si. d'Aultaiie, ce
colonel , pasçoit la revue du régiment , pour se venger horriblement sur cet
officier supérieur. Il s'avança vers lui , et lui tira un coup de fusil à bout
portant. M. d'Aultane tom£a mort à l'instant. Il était fort aimé de ses sol-
dats et étoit honoré de la protection toute pai-ticulièrc de M. le Dauphin.
—Le général Barradas, qui a commandé si roal»iconti%usement l'expé-
dition espagnole du Meoiique, vient d^arriver à Paris.
— Le Bhin a pris entièrement le 1*' février auprès de Brisach , ce qui ne
s'étoit pas vu depuis le rigoureux hiver de 1788 à 1789.
— Selon le Moming-Post, il y a en Angleterre plusieurs nobles qui sont
plus riches que le Boi j en effet , le revenu disponible de ce prince , dit le
journal , n'excède pas 400,000 liv. st. , Sur lesquelles il y a d'énormes dé-
penses à faire , tandis que le marquis do Stattrord , qui a un revenu d'-au
moins 35o,ooo liv. st. , le comte de Grosvenor, qui a 260,000 liv. sterl. de
rentes, peuvent vivre comme ils le veulent. . '
(37 )
^ La couir d^ bane du Boî a'avott pfe« encore aMliqué la peine pMr Miiu
de la condamnatkm des propriétaîtes et éditeurs au monnng'^Jinmml, pté-
venus de diffamation envers le lord ehaneelier, le duc de Wellington et
M. Péel. Le lédacteor en chef» Ailexander, a été condanné à un an de pri-
son et 76,000 fr. d'aiaende; Stejphen-Zsaacson , ecclésiastique andican , a
2,5oo fr d'amende , et à rester jusqu'au paiement sous la garde an maré-
chal de la cité ; et Georges Majden à fournir, pendant trois ans, 5,ooo fr.
ix>ur caution dé bonne conduite. C'est en haine de la loi pour rémandlpaf
tion des catholiques que cette feuille s'est répandue constamment en injures
cobtre les ministres.
^x On assure que le roi de Naples, après avoir fait quelque séjour en
France, se rendra en Autriche; on fait a^à à Vienne des preparatifii pour
recevoir ce souverain.
-—M. le grand-duc de.Toscane a fait une chute grave, le 17 janvier. Sa
voiture ayant vené , ce prince a en la clavicule casMe.
•— Le gouvernement des Etats-Unis ayant reconnu la souveraineté de don
Iklieuftl, M. Brent, ministre de cetteiépublique à Lisbonne, a été reçu ev
andienee solennelle par ce prince.
— Le roi d'Espagne , ayant adopté le système des budgets, a réglé ainsi
les dépenses pour l^uée i83o : maison royale , 53,429)Soo réaux ; caisse
d'amortissem., 173,978, 82Ô; minbtèredas affaires étransëres, 1 1 ,344)5oo ;
ministère de la justice, i4,5io,743; de la guerre, 253, 084*810; de la ma*
rîne, 4i>20o,ooo; des finances, 46, 307,710. Total, 591,766,089 réaux
valès.
— Le docteur Schulz , professeur à l'université de Giessen , qui voyageoit
depuis plusieurs années dans l'Orient , aux frais et par les ordres du gouver-
nement français, et qui avoit fait de précieuses découvertes pour les sciences
dans l'Arménie et les contrées voisines, a été massacré, au mois de décembre
damier, dans le Kourdistan. Les consuls anglais et russe à Tauris, et le
colonel Madonald , se sont empressés de faire toutes sortes de démarches
ponr recueillir les papiers eT les effets de- ce ssfrant voyageur et faire punir
W coupables.
-^ La corvette des Etats-Unis Is Sunmt a été ensloutie dans un des oo*.
ragans les plus terribles qui aient jamais agité le golfe du Mexique; pas un
seul homme de son équipage n'a pu être sauvé.
— Jj» Memieuràxx 9 a donné quelques détails sur l'expédition que le gour
vemement a envoyée contre les msulaires de Madagascar. Les divers points
que h France possède depuis pins de deux cents ans sur la côte orientale de
cette He ayant été envahis par la tribu des Ovas, qui tenoit sous la plus
violente oppression des peuples de la c6te depuis long- temps nos alliés ,
M. le capitaine Gourbe^p-e reçut l'ordre d'aller les soumettre , et partit k cet
effet de Bourbon en juin dernier, sur la frégate la Therpsycore , suivie de
c(uelaues autres bàtimen^. Les négociations auprès de la reine avant été
inutiles , les Français i^prirent d'abord l'Ile deTemtingne et y élevèrent un
fort, ou le pavillon manc fut arboré le 18 septemore. Le 10 octobre,
M. Gourbeyre s'empara de vive force deTamatave, et mit ensuite en dér
route les Ovas à Ivondrou , où ils s'étoient réfugiés. Les nouvelles s'arrér
tent là; mais il y a Keu de croire que nos succès auront coutinuc.
(38)
- «^ MM. Deimarais , président de la cour royak de la Guaddoupe , de La
Charrière et Hurel , conseillers , qui avoient cru devoir donner leur démis-
■i(m Tannée dernière, ont repris leurs fonctions, par suite d'une ordon-
nance royale du lo octobre dernier. L'installation a eu lieu le a janvier.
La colonie a vu avec plaisir la rentrée de ces magistrats , et la ville de La
Basse-Terre a été spontanément illuminée le soir.
' — tiC 3o décembre , le sénat des Etats-Unis a ratifié deux traités faits »
r«té dernier, à la Prairic-du-Chicn , avec les tribus indiennes du Haut*
Mississipî, les Patawatomies, Wennebagoes , etc. , par le général Macneil , le
colonel Monard et M. Calebl - Atwater, coramissai^ nommés par le gouvei^
neoient. Par ce traité , les tribus ont cédé aux Etats-Unis une contrée éten-
due où se trouvent le^ mines de plomb les plus riches.
— Le président de la Grèce a élevé au grade de lieutenant-général le
colonel Gérard, envoyé par le gouvernement français -auprès du prési-
dent, pour l'organisation des troupes régulières de la* Grèce.
—Le 7 décembre, un accident est arrivé à l'empereur du Brésil. Ce
prince revenoit de sa maison de campagne de Botafugo , et conduisoit lui-
même sa voiture ; en tournant une rue , le timon cassa , les chevaux s'em-
portèrent, et la voiture ayant versé ^ don Pedro se cassa deux eûtes. Sa nou-
velle épouse , sa fille et le prince de I^euchtcmberg, qui étoient avec lui, ont
été blessés moins grièvement.
Notice sur Mk Carletti, ét^éque de Montcpulciano»
Quand nous n'aurions pas des raisons toutes particulières
de reconnoitre les bonte's de ce prélat , qui daignoit prendre
intérêt à nos travaux et qui nous' a fait passer plusieurs
fois des documens utiles , nous ne pourrions nous dispenser
de donner une place dans ce journal à un évêque si distin-
gué par ses lumières, sa piété et son zèle. Sa vie touche
d'ailleurs par plusieurs points avec l'histoire de la dernière
persécution. Mous abrégerons beaucoup une excellente no-
tice que nous trouvons dans les Mémoires de M. l'abbé Ba-
raidi , à Mode ne.
Pellerin- Marie Carletti naquit le 21 novembre 1757 à
Montepulciano, en Toscane, d'une famille noble et pieuse^
qui lui donna une éducation chrétienne et soignée. Il fit ses
études au collège des Jésuites à Prato , et montra les plus
heureuses dispositions pour les lettres, en même temps
qu'un caractère aimable et des inclinations vertueuses. Sa
vocation le portoit à l'état ecclésiastique ; il suivit lé cours
des études théologiques au collège Èandinelli, à Rome,
entra dans la congrégation de l'Oratoire de Saint-^Philippe
Néri , mais la quitta au bout de cinq ans en 1 781 » et ayant
e'té ordonné prêtre à Ferrare en i'282, se re'unit à une so-
ciété de missionnaires. L'£tat de Venise, la Lombardie et
la Ro magne ie virent pendant quelques années appliqué
aux travaux de la chaiie^ donnant tantôt des stations, tan-
tôt des retraites, et prenant part à toute sorte de bonnes
œuvres. G'étoit le temps où on cherchoit à accréditer en
Italie les nouveautés d'un parti remuant; Garletti se garan-
tit constamment delà séduction et resta fermement attaché
au tronc de l'Eglise. On le nomma recteur du séminaire de
Borgo san Seputcro , puis chanoine de Florence.
En 1 798 mourut M. Franzesi , évêque de Montepulciano ,
qui gouvernoit cette église depuis 44 ans, et qui, dans des
temps critiques, s'étoit toujours montré aussi courageux
que ôdèle (*). Le jeune roi d'Ëtrurie, qui prit possession
de cet Etat en 1801, nomma M. Garletti à l évêché de
Montepulciano, en même temps qu'Albergotti à l'évêché
d'Arezzo. Ils furent sacrés ensemble le 21 septembre 1802.
{*) Pierre Franzesi fat un de ceux qui s'opposèrent le plus fortement aux
innuyations tentées en Toscane, par Hicci et. ses adhérens. Dans rassemblée.
des évêques, tenue à Florence en 1787 , il opina toujours avec les évéques-
les plus sages et les plus zélés. Les jansénistes avoient proposé quelques
uoints de réfornie; Franzesi y fit une réponse motivée où il démasquoit
leurs intrigues , indiquoit leurs fouteurs et dévoUoit les innovations intro-.
duites déjà dans quelques diocèses. II dénonçoit èntr'autres les Annales eC'
clésiastigues qui s'imprûnoiçnt h Florence. Cette réponse aux cinquante^
sept points est insérée dans le recueil joint aux actes et imprimé à Florence
en 1787. La lettre et la réponse portent la date du i5 juillet 1786.
Peu après, parut une lettre imprimée en réponse aux cinquante-^ept
points et sous le nom de Franzesi ; mais le prélat protesta qu elle n'étoit
pas de lui , et qu'il n'avoit écrit que la précédente qui étoit adressée au
grand-duc Léopold. Cette lettre fut critiquée dans un Examen critique,
publié à Florence eu 1787, et ie grand-vicaire de M. Franzesi, qui fut
soupçonné d'en être Tauteur, fut rappelé à Florence et exilé de Monte-^
pulciano.
On a encore de M. Franzesi quelques mémoires remarquables que Ton,
trouve dans les actes de rassemblée, un mémoire sur la pluralité des au-
tels, un autre sur ces mots : Sub missâ voce, dont le concile de Trente se
sert relativement à la célébration de la messe , des réflexions sur les obser~
vations des évéques de Chiusi , Pistoie et Celle , au sujet du mémoire pré-,
cèdent , et un avis sur la Pastorale de l'évéque de Chiusi et sur lea brefe à
lui adressés. Enfin , le prélat s'unit aux quatorze évéques de Toscane qui
dressèrent une censure contre le recueil d'opuscules sur la religion qui
s'imprimoient à Pistoie. '
(5o)
Garletti ie rendit de suite dans son diocèse , et se proposa
pour règle les avis donnés aux pasteurs par saint Grégoire^
le-Grand. Homme d'oraison et de prières, il se levoit à
cin^ heures du matin en hiver et à quatre en ëte', consa-
croit les premières heures à la méditation et céiébroit tous
les jours la messe avec ferveur, sans que ni les affaires ni les
voyages le portassent à s'en dispenser. Il jeûnoit les mer-
credi , vendredi et samedi , pratiauoit d'autres austérités et
vaquoit souvent à la prière dans le courant du jour. Parmi
ses Donnes œuvres, nous devons citer les pauvres secourus
dans les temps de disette , les malades soulagés pendant
une épidémie , de jeunes filles dotées , des jeunes gens en-
voyés à Rome pour leurs études, des familles soutenues
dans leur détresse , des églises comblées de biens , sa ca-
thédrale dotée de 2,000 écus, des religieuses introduites
dans la ville et pourvues d'une maison achetée aux frais du
prélat. Il prêchoit souvent et exhortoit les pasteurs à en
faire autant. Les At^erUssemens pastoraux qu'il publia en
1807, Sienne, in-4^, sont une preuve illustre de sa piété et
de son zèle.
Cependant riiorizon de l'Eglise devenoit de jour en jour
plus orageux. L'ambition d un soldat emporté troubloit
toute l'Europe. Pie TII fut enlevé de son siège en 1809 et
transporté en France. On mendia en Italie des adresses
complaisantes «n l*honneur de Facteur de ces violences j
adresses dont plusieurs furent altérées par l'abbé Fcrloni ,
et qui furent depuis létractées, cOtnme on lé voit par le
recueil des Déclaraiions et rétractations yjaxAAxé à Rome en
1816, chez Laczarini, en 2 vol. in-8<*. Garletti sut résister
à la séduction comme à la crainte. Un passage d'une homé-
lie , qu'il prêcha le jour de la fête de saint Pierre , fut dé-
noncé à Paris, sans cependant que l'on prit aucune mesure
contre lui. Il présenta à la grande duchesse d€ Toscane ,
Elisa, sœur de Napoléon, une adresse en faveur des droits
du saint Siège; l'évêque s^y retranchoit derrière le noni de
Bossuet , dont il citoit différens passages. Nous n'avons pas
besoin de dire que son adresse ne piut point, et qu^elle ne
.se trouv« pas dans te recueil imprimé par ordr« de Bnona-
parte. M. Baraldi donne cette adresse à la suite à^e sa
notice.
A l'ordre d'envoyer des adresses àuccéda celui de se ren-
(5i )
drç au concile Convoqué le nS avril 1811. Oarlctti ne crut
point devoir refuser d'obclr; il voyoit bien dans quelles
vues cette convocation étoit faite , mais c'étoit une occasion
de montrer du courage. Il partit après avoir fait ses adieux
à ses diocésains. Il a décrit les opérations du concile dans
dix-huit lettres fort curieuses , et qui jettent beaucoup de
jonr sur cet événement ; erlles ne sont point imprimées , mais
M. l'abbé Baraldi en a eu une copie et en présente des ex-
traits assez étendus dans sa notice. Nous réservons pour un
autre article un abrégé de ces lettres , qui ne sera pas sans
intérêt pour nos lecteurs , et qui servira de supplément à la
relation du concile insérée dans nos Mémoires et dans ce
journal. M. Tabbé Baraldi cite plusieurs fois notre relation
et la compare avec le récit du vénérable évêque. On peut se
rappeler que M. Carletti nous fit l'honneur de nous écrire il
y a oientot deux ans , sur un endroit de notre relation ; sa
lettre ,. pleine de témoignages de bienveillance, est insérée
dans notre n* i25o, tome XLVIÏI. Le prélat, dans une de
ses dix- huit lettres, raconte aussi des entretiens qu'il eut
avec le ministre des cultes, Bigot de Préameneu; nous en
parlerons ailleurs.
L'évêque de Montepulciano se hâta de retourner à son
diocèse, dès que les évêques eurent été congédiés au com-
mencement d octobre. Il se livra de nouveau au soin de son
troupeau, autant que le .permcltoit la difficulté des circon-
stances. Il refusa de céder les biens de son séminaire , dont
.on vouloit s'emparer pour un établissement d'instruction
publique. La restauration, en 1814^9 le combla de joie; il
célébra dans un discours touchant la délivrance du Pape ,
mais il ^auva quelques officiers français que , dans le pre-
mier moment, le peuple de Montepulciano insultoit et mc-
naçoit. Le prélat parcourut plusieurs fois les rues pour
calmer les esprits et y réussit.
L'archiduc d'Autriche étant rentré en possession de la
Toscane, M. Carletti, qui en étoit estimé, et qui eut occa-
sion de l'entretenir plusieurs fois, rédigea pour lui un mé-
moire , où il exposoit les droits de l'Eglise, non d*après'les
idées des canonistes modernes , mais d'après les principes
et les décrets du concile de Trente. Ce mémoire n'a point
été publié» On cite parmi ses autres écrits une Instruction
sur l'usure et le prh, imprimée en 181 4 et conforme à la
C 5a )
docuine commune , une Lettre pastorale sur la dévotion au
Sacré-Cœur, en 1814» et une Dissertation sur l'institution
des é^éques, Bologne, 181 5, in -8®. Ce dernier écrit parut
sans nom d'auteur, par les soins du ciianoine Ambrogi , de
Bologne , auquel le prélat Tavoit confié , et qui Ta nommé
depuis sa mort. M. l'abbé Baraldi fait un grand éloge de
cette dissertation , tant pour l'exactitude des principes que
pour la méthode et la clarté.
Nous avons particulièrement à nous féliciter d'un travail
que M. l'évêque de Montepulciano avoit bien voulu faire
5our nous. Le prélat nous envoya , il y a quelques années ,
es notes et observations sur les Mémoires pour sentir à l'his"
toire ecclésiastique pendant le 18* siècle. Ces notes rouloient
sur quelques faits jprincipaux, entr 'autres sur la destruction
des Jésuites sous Clément XIV. Nous en avons cité quelque
chose, n«» 64 et 435, tomes III et XVII du journal. Nous
en ferons usage, s'il y a lieu, dans une nouvelle édition
des Mémoires. L'estime de M. Carletti pour les Jésuites ne
se borna même pas à nous fournir des renseignemens sur
les causes de leur disgrâce ; le prélat sollicita du Pape la
permission de quitter son siège pour entrer dans la com-
pagnie , mais Pie VII lui ordonna de continuer à veiller
sur son troupeau.
Attaqué d une maladie imprévue et mortelle , M. Carletti
en bénit le Seigneur ; il ne soupiroit qu'après les tabema**
clés éternels et ne parloit que de sujets de piété. Il mourut
le 4 janvier 182'^, à l'âge de 69 ans. Cette perte fut un grand
sujet d'afiliction pour le diocèse. On célébra pour lui , dans
sa cathédrale , trois services successifs ; son éioge y fut pro-
noncé tour à tour par trois ecclésiastiques , JMM. Cinotti ,
Colombi et Picchioni. M. Baraldi s'est servi pour sa notice
de ces trois discours , ainsi que d'un éloge Listorique par
M. Joseph de Poveda. La mémoire d'un si digne évêque
meritoitces tributs d'hommages; la vivacité de sa foi, son
attachement à l'Ëglise, son zèle, sa charité, sa droiture,
sa vie néuitente , son caractère aimable , tout lui donne
droit à l'estime de ceux même qui ne l'ont pas connu.
J^t^ Qiw^iti 2l&rien te €itve.
Samedi 20 février i83o. (N" '^ig^' Ji^4^
Synodicon Belgicum swe acta omnium ecclesiarum Bel^u à
conciUo Tridentino (i). ^b^\_
Un savant ecclésiastique belge , le docteur Van de Velde,
ancien professeur de l'université de Louvain , s'étoit occupé
pendant 3o ans d'un recueil des conciles de la Belgique ; il -
avoit fait beaucoup de recherches à cet égard, et il publia ,
en 1819, le Prospectus d^une collection des monumens
concernant Féglise de Malines. En 182 1 , il fît paroître à
Gand un abrégé ou analyse de ces monumens , sous le titre
de Synopsis monumentonim; nous en avons donné une idée
dans notre n? 900 , tome XXXV. L*âge avancé de l'auteur
ne lui permit pas d'exécuter son plan; il mourut le 9 jan-
vier 1823 y à Beveren , sa patrie, étant dans sa 80® année.
*On trouvera dans notre n® io23 une petite notice sur ce
laborieux écrivain. Il avoit recueilli non-seulement tout ce
qui étoit relatif aux synodes de la Belgique, mais encoi^
une foule de pièces sur l'histoire de cette église. Les unes
lui avoient été fournies par le cardinal de Frankemberg ,
archevêque de Malines ; les autres lui venoient d'une col-
lection laite par M. Gaytan dans les archives des dio-
cèses de Bruges, d'Anvers et de Gand. De plus, il s'étoit
procuré des manuscrits, réunis par les soins de M. de
Azevedo , prévôt à Malines ; de M. Goyers , chanoine d'An-
derlecht, et de M|. Enoch, professeur à Louvain. Enfin
M. Van Helmont, chanoine de Malines, mort le 4 janvier
1829, lui avoit confié le fruit de ses propres recherches.
Il auroit été fâcheux que tant de matériaux fussent per-
dus; un jeune ecclésiastique, qui a le goût de l'érudition,
s'est chargé de les employer, de les éclaircir et d'y ajouter
même. M. l'abbé de Kam , prêtre et archiviste du diocèse
de Malines , met à exécution le projet du docteur Van de
(1) a vol. in-4**> P'ix, 3o fr. A Malines, chez Haiiiçq, et à Paris, chez
Adr. Le Glere et compagnie, au bureau de ce journal. '
Tome LXIIL L'Ami de la Religion et du Roi. G
(5',)
Velde. Il vient de faire paroitre les deux premiers volunies
do Sjrnodic^n Belgicum; ces volumes ont pour titr€ : jVoi^a
et abspluta collectio synodorum archiepiscopatus Mechliniensis,
liQV matière» y sont divisées ca cina sections : la première
renferme les fx>nciks provinciaux , la 2' les congrégations
d'e'vêques , la 3* les synodes diocésains , la 4* les congréga*
lions d'archiprêtres ou doyeas ruraux, et enfin la 5« les
instruction^ pastorales, iimndemens, éalts et antres pièces
relative^ à Thistoli^é de PEgUse. Il n'est eïitore question .
dans ees deut volumes, que de Té^li^e de Malines; te qut
f ëg^arde les antre» diocèses sera l'objet des volumes stlivàus.
l'éditeur déclaré qu'il 4. été puissamment aidé dâtis sttii
travail par M. d^Huddeghem , profesèeui- d'Ecriturfe Slafînte
&u séminaire dé Gand , qui a fait en soMe que led papiet-s
du docteur Van de Veldé ne ftissent ^as perdue, èk qui les
^ à obtenus de la libéralité de ses héritiers.
DftBS une prë6t€e méthodique et raisonuée, AI^ Tatibé
Ueram niontre l'utilité dés conciles et l'ancieuBeté de U
distribution par diocèses et par provinces. Il expose Y^iai^
innc de l'aiH^bevécbé de Malines, qui fut créé ^1 lâfik) par
Paul IV; on( lui donna pour suffragans AnVers, Grand 9
Bm^s^ Ypres, £ois«*le*Due et Rurcmonde. Le Sym^icùn
Meigkum oSritm. sueoesisivement ce qui regâi^le les4ioc^se$
depuis le concile de Trente jusqu'au c6heordat de 1801. U
comprendra mêiiie les àutt^es métropoles qui s'éteiidoieût
dbns ce pays , savoir : Gambiiai avec ses suffragabs ^ Arras ,
Tournay, Saint-Omcr et Nartiur, et UtrécUt avec sfes euf-
Crtestns^ Haarléni, De venter^ Le\vardie , Greningue lét Mid-
deUbotirg. On y joindra l'église de Lièjge pour fco^hpréiidrie
tout ce qui a rap^rt aux Pays--BÀs. tfe sera l'objet d'tuàe
nouvelle souscription; la première paroît avoir été promp-
tôment reknplie. Le premier Volume porte une liste nom-
bf eusé de souscripteurs , qui prouve lé xèle du clergé de la
Belgique pour tout ce c(ui est relatif à l'histoife et là disci-
pline ecclésiastique ; c^est une réponse péremptoii-e à ceux
qui , dans tes derniers temps , ont ieproclré à cette respec-
table portion du clergé catholique de n'avoir pas assez le
gp«4t d^ i'instruptipn. Là , cpmnie ailleurs, les ecclésiasti-
ques ne repoussent que les fausses lumières d'un stèoLe or*-
gueilleux et frivole, mais ils aiment et recherchent l'in-
($5)
siiitttldn 9o!id6, C[ui peut le6 mettre à même de mieuiL
v^m^ït ievtt^ siMMttfs, lentv honorables ^ letins ntilefl fotic-
tioDSi
bans le premier des volumes que nous annonçons , on
trouve tout ce quî regarde les conciles provinciaux de Ma-
Unes, en iSno, 1674 et 1607, ^^ détail des sessions, les de'-
eràtfl et règtemenB, les professions de foi, les lettres et
mëmoires > etC4 Après les conciles provinciaux viennent les
réunions d'érêquias, qui, éans avoir la forme de conciles,
statttoîent cependant sur divers points de discipline. Il y a
eu dans la métropole de Malines quinze réunions ou con-
grégations d'étêques dans le 17^ siècle, savoir, en 161 7, en
i6a3, «B i6%4v ^n i6s5, en ^6:26, en 16127 et 1628, deux en
i6dfo-y en i63i, eh t645, en i683, en tooi^ en 1692 et en
i6g7. Dans ces eonfiérences, et surtout dans la dernière,
on s'«ocupDit de tout te qui étoit relatif sknx circonstances,
aux abus à réformer, aux erreurs à réprimer; à peu près
comme dans les assemblées générales du clergé de France,
qui, ^'Uôlqûe convoquées pour des intérêts temporels, étoiént
en possession de statuer sur les besoins spirituels des églises.
J)ans le detucîème vi^ome éetroKViedfabord une appeu^
dtce aux réunions d'évéqueS , t)ù l'on rapporte . ce que les
ëvèques ont fait de cotioert dans le- lô*" siècle, sans ètt*e
rassemblés j savoir, en 17 18 par rapport à la Imlle Uaige-
nitus, en 17.73 sur les ordres religieux, en 1781; et 1782 sur
kts dispenses de mariage et les mariages mixtes, en t. 789 et
1790 sur l'^oseighcment de Louvain. Cette demièœ partie
surtout est curieuse en ce qu'elle a rapport k un événement
plus récent y ot ence qu'elle présente toutes les pièces re-
latives à une affaire qui a eu le plus grand éclat ep Bel^
La troisième section se compose des synodes diocésains
de Malines en 1674 et en 1609, et la quatrième section de
trente-lmit congrégations d'arcliiprêtres du méiné diocèse,
tenues depuis 1669 jusqu'en 1790. L'éditeur donne les actes
et les résolutions de ces synodes et de ces congrégations
qui ne regardent que le diocèse de Malines.
Endn le deuxième vx^lume se termine -par un choix de
mandemens, de rescrits, de lettres et de mémoires des ar-
C2
( 56 ^
çbevêqaesde Maliiies sur les affaires de leurs temps. La pre-
uiière de ces pièces est du cardinal de Granvellc, en 1571,
et la dernière est du cardinal de Frankemberg, pour la
publication d'une lettre et d'une ordonnance du cardinal
Caprara. On y trouve entr'autres les représentations de
rarclievèque contre les e'dits de Joseph IL
.Le soigneux éditeur a joint à ces. différentes pièces des
notices pour en indiquer le sujet y et des. notes pour les ex-
pbquer et les éclaircir. Tout cela nous a paru rédieé avec
exactitude et avec goût. M. Tabbé de Ram n'a point cherché
à grossir le volume; il ne dit que ce qu'il faut, et ne se
laisse point aller k des digressions. oiseuses. 11 parott avoir
fait une étude particulière de l'histoire ecclésiastique des
derniers temps, et ci te. assez fréquemment les ouvrages pu-
bliés en France sur cette matière, notamment les Mémoires
pour servir à l'histoire ecclésiastique pendant le 18* siècle, en
4 vol. in-8®.
L'ouvrage est dédié à M. le prince de Méan , archevêque
de Malines , et son portrait orne le premier volume. Xe
prélat s'intéresse vivement à l'entreprise, et a enga£|é
M. de Ram à s'en charger. Le deuxième volume offre le
portrait du docteur Vari de Velde, qui est en quelque sorte
Fauteur de cette collection, et. dont l'éditeur se fait gloire
de suivre les traces. Le soin apporté à l'édition répond à
l'importance d'un ouvrage qui doit rester comme un mo-
nument précieux pour l'église belgique; le caractère, le
papier, la correction du texte , tout cela fait Iwnneu^ aux
presses de M. Hanicq. Le fond de l'ouvrase est en l^in ,
mais l'éditeur s'est tait\ine loi de reproduire les pièces
dans la langue où elles ont été rédigées , en flamand et en
français. Ses notices en latin sont d un bon style. Nous ne
pouvons que féliciter le clergé de la Belgique de l'exécu-
tion d'une telle entreprise, qui se placera naturelleuient à
côté des grandes collections que la France et l'Italie ont
produites en ce genre , et qui sont si précieuses pour l'his-
toire ecclésiastique. On annonce que le tome III paroîtra
bientôt; il renfermera ce qui concerne le cîiocèse d Anvers.
En attendant, l'estimable et laborieux éditeur engagé les
ecclésiastiques e^les savans à lui communiquer, tout ce qui
pourroit enrichir sa collection.
(37 )
■rf— — irr-nsr^rS'sriT-T
WpiiVELLES ECCLÉSIASTIQUES.
Paris. Quelques journaux ottt annonce' que le Pape ve-
noit de revêtir de la pourpre deux prélats , M., de Simone,
son maître de la cbambre , et M, Wcld , évèque anglais ,
qui se trouve à Rome. Il n'y a point eu nouvellement de
promotion de cardinaux, et le saint Père n'a même pas
tenu d« consistoire, mais il est vrai que le bruit s'est rti-
pandu que les deux -prélats nommes dévoient être promus
au cardinalat. M. de Simone occupe auprès du saint Père une
place appelée cardinalice^ quant à M. Weld , les journaux
ont mêlé aux justes éloges qu'ils lui ont donnés des choses
tout-à-fait inexactes. M. Tliomas Weld, éveque d.*Amycles,
est d'une famille anglaise où la piété et le zèle pour la
religion sont héréditaires. Ce fut son père qui accueillit les
Trappistes dans sa. terre de Lulworui. Le fils, qui a été
marié , est entré dans l'état ecclésiastique après la mort de.
sa femme et l'établissement de sa fille, mariée à Jord
Clifford. Il a résidé quelques années à Paris, auprès du
vénérable abbé Carron , son ami ^ et c'est là qu'il a reçu les
ordres. Il y a deux ans , il a été fait éveque d'Amycles et
coadjuteur de M. Mac'Donell , éveque du Haut -Canada.
Mais quelques-uns supposoient que le prélat ne quitte-
roit pas l'Angleterre , où il étoit retenu par de nombreux
liens, et qu'on le réservoit pour gouverner un des dis-
tricts catholiques. Quoi qu'il en soit, M. Weld n'est point
encore allé dans le Canada, et c'est à tort qu'on a dit qu'il
y avoit vécu long-temps , et qu'on l'a représejité comme un
missionnaire de ce pays. M. Févêque d'Amycles, qui a édi-
fié l'Angleterre par ses vertus, soit avant, soit depuis sou
épiscopat , a bien assez de droits à l'estime des catholiques ,
sans qu'on lui donne des titres que sa modestie est loin de
réclamer. La considération dont il jouit tient beaucoup
moins à sa fortune et à son rang dans le monde, qu'à sa
piété , à son zèle , à sa sagesse et aux services qu'il a rendus
à la cause catholique. Si le bruit qui s'est répandu se con-
firme, nous en féliciterions beaucoup moins le prélat lui-
(38)
même que les catholiques anglais, dont il seroit le pro-
tecteur naturel , et auprès desquels il remplaceroit les car'-
dinaux dTork et Erskme , morts depuis le commencement
du siècle.
— La Gazette des cultes a rendu compte , dans deux arti-
cles , de la discussion agitée dans la conTëren(;e dçs avocats.
Bans )e premier de ces articles , on con^bi^t la décision de
la conférence , el on donne pour cela des raisons qui nous
ont paru assez concluantes; nous citerons quelques frag-
mens de cet article :
a L'Église étant destinée au rull« catholique, le caré en a seul la poKc«
intérieur^ pour tout ce qui concerne l'exercice dn culte. Le maire n'a d|
pouToir que pour ce qui regarde la ti^nquUUté publique, et pour aasureff
cette tranquillité, il ne lui est paB permis d'interrompre lés o&ces «Uvins*
x) Comme le maire doit s'assurer si une personne çst réellement morte ,
avant de la faire enterrer au cimetière , le curé a de même le droit de s'as-
surer si la personne dout on veut présenter le corps à ('église appartenoit à
la religion dont il est le ministre; si cette< personne, pendant sa vie, a piro^
fessé les dogmes de cette religion j si elle est morte dans le acindeVEgulei
^ et si les canons ne a^opposept pis. à ce qu'on lui rende les honneurs funè-.
bres que l'oi^ est dans l usage de rendre aux catholiques. S'il en étoit autre-
ment, toutes les communions auraient le (Iroit de présenter le corps de
leurs aclhcsens dans les égllsea appartenant ao cuke catholique , et ces égli-
ses scroientassujéties 9uif. capri^^eade qyiçonque voudroit s.^n. f mparer.
» iilais, disent les per9o«uies qvii veuleot que le maîrf a^t le x\fOi% d^
faire ouvrîr 1^ portes de régUse fjour y présenter un corps et prier pieu en
sa présence, ('église , comme bâtimeni, appajlient à la commune, et con-
«équemmeni tous les habitons ont le droit de fr'en servir, toutes les fois
qu il^ n'exi^eri^ ppint queie curé j smlL présent et y eserce les fonctions da
son ministère. Il me semble que c'est là une grande erreur. Les commi^ne^
sont chargées de la construction, de la réparation et de l'entretien des
é&lises. Mais à quel but?* Evidemment pour l'execçicedu cuke catholique.
Il ne doit donc s'y foire rien de contraire ^ ht religion catholique; autre-
ment ce ne semaient plua des églises , mais, ^es édifices destinés a tontes 1m
réunions , à touies le^ pri^tiques. et à tous les cujia^*
y> De ce que l'autorité civile est chargée de faire porter, présenter, duiOr.
ser et iphunjer le corps, il ne s'ensuit pas qu'elle ait le droit de le&ire
en4rer dans Téglise , de réciter des prières. S'il en étoit ainsi , le maire s'éta-
l>liroit le chef et le. irhiistre d'une religion qui né seroit pas la rdigion c^
t)ioliq^e. Il ve peu4}y ayoif de cérémonie de la religion catholique, hors.de
1^ présence d'ua prêtre qui eu est le. ministre uéce^aicçv • .*.
i) Si le maire pouvoit faire ouvrir les portes et présenter un corps d.in&
Féglise, il le 'pourrait à l'heure qu'il le voudroit ; il le pourroit au moment
9Ù la curé^ célèbre l'office divin, et par là occasionner les plus grancfsdés-
oidrc^. Dam c^ca^, il seroit passible des. peines portées dana l'art. 261 du
Code pénal. »
(39)
AïtÊBÏ Mariait *^on dam la Gmeêiû dês ejuket le i3 fémer ;
mmLs ce ungage éioit trop raisoDBable ponv qu'on y persi»*^
tâc k>ng-teinps^ et dans soi» Buméro sumnty la G^aetts
émet xuk atis tout oontmire* Elle se félicite dB poupoir irwo^*
qamr, à Vuppui de ses doctrines, l'impertanêe déçisia/t 4fui vient
(finten^enir. Elle adopte donc pleinenient le aeatiniml
Ju'élltf a^oît comba^ttu trois jours auparavant, et tans se.
onxiev la peine dç répondre à la plupart des objections
qu'elle aVoit exposées dans son nuaMro précédent , et même
sans se soucier de pallier un peu cétt» pFÙsque cbntradic«*
lion.
-^ Uq ecclésiastique instruit et connu par un assez erand
nombre d'ouvrages, vient de mourir à Paris , c'est ]M. 1 abbé
61ey, aun^ônier de I'h6tel des Invalides. Gérard Glev, néà.
Gërardmer, près Sarînt^Dié, en 1761, se consacra de bonne
heure à l'enseignement, quitta- la France en 1701 , et voy»^
^a en Hollande et en Al|emi^e. En 1795 4 il obtint une
chaire à l'université de Bambefg. En 1^806, il lut attaciié
au 3^ cot^s d'armée française^ so|is les ordres du inaréclial
Baroust , ^t eut ane mission en Prusse et en Pologne , où il
fut chargé de l'inspection de» écoles primaires daQ3 la prin«
eipautéde Lowitz. Il rentra en France en 181 3, fut sucées-*
stvemcnt principal des collèges de Saiut-Dié , d'Âlençon et
de Tours, se retira aux Missions -Etnangères, p«is devint
un des ausnôniers des Invalides. C'est là qu'il est mort le
jeudi 1 1 février, des suites d'un violent dérangement d'es»
tomae. L'abbé Gley a publie une Grammaire et Dictior^Aiaire
aliôffiand et/hançai4, Bamberg, 2 vol. in-6**; Langue et litié-*
rature des anciens Franes^, 181 4» 3 vol. ia^^, dont nous avons'
parlé, n^ 61 de ce journal, tome lil; Foyage en AUemagne et'
en Pologne, i8i5 et' 1816, 2 vol. in*-8P} Essai sur les étémens
de hpmlesophie, latin et français, 1817, in*-8*, (voyez. notre
n^ ^og); Histoire de notre Sauveur, 181 9, in-> la , que nous
avons fait connoitre, n® 536; Historia Frandœ, 1819, in* 13,
dont nous avons rendu eompte, n^ Sn^», il y en a eu une>
a^ édîtiotn en 3 petits voL in- 12 (i) ; Pnilosophiœ Tufonensis
institutiones, 1823, 3 vol, in- 12 (2), le 1*" volume renferme
' ' ' Il' I ■ I I I» J «Il t | l> ■ I . III » " 8>»>*
(1^ Prix, 2 fr. ot 3 fr, 25 cent, franc Je port.
(2) 3 ydk, In-12 , orné de planches , prix , 7 ftv et lo fr. franc (Je port.
Ce^ 4eux ouvrages se trouvent à Paris, à la librairie ccclésiastic^e J'AJ.
Le Clere et compagnie , au bureau de ce journal.
(4o )
une Histoire de la philosophie, qui avoit déjà paru ranhée
précédente , voyez le n<* ioi3 du journal. L'abbé Gley avoil
annoncé,' en 1818, une édition de l'Histoire ecclésiastique
de Fleury, revue et disposée d'après un nouvel ordre ; mais
il n'a publié cjue le Prospectus de cette entreprise , dont
nous avons fait mention n^ ^36. On a encoi^e de lui une F'ie
de Tarnowski; il a travaillé à la Biognwhie universelle, et il
annonçoit une grande Histoire de Pologne, dont il a paru
des fragmens dans quelc^ues journaux. Ln£^ il avoit conçu
le plan d'une Biographie ecclésiastique, dont nous avona
vu les premiers cahiers , et il s'étoit occupé aussi d'un
Abrégé d'histoire ecclésiastique ; nous ne croyons pas que
ces ouvragcSv soient terminés. L'abbé Gley étoit laborieux et
fécond, mais il écrivoit un peu vite et n'avoit peut* être
pas toute la critique désirable. G'étoit d'ailleurs, un homme
estimable , instruit, obligeant et charitable^
-— Nous avons reçu des détails plus précis sur l'affaire du
couvreur Simon, traduit au tribunal correctionnel de Semur^
pour avoir outragé un objet consacré au culte divin. Noua
insérerons ici ces détails ,. tant pour rectifier ce qu'il poar«
roit y avoir d'inexact dans notre article , que pour relever
les choses fausses ou malveillantes avancées par d'autres
journaux. Le 9 novembre dernier, les couvreurs , maçons et
tailleurs de pierre de Rouvray , faisoient célébrer une messe^
Trois d'entr'eux , Simon , Cfarré et Labbé avoient , dès le
24 octobre, fait le pari que Simon ^ en présentant le pain
bénit, refuserolt de baiser la patène, qu il est d'usage que
le curé présente après la bénédiction du pain. Le 7 novem-
bre, Simon vint prier le curé , M. Lévêque , d'annoncer la
messe pour le lundi , mais il se garda bien de parler de son
pari et ne demanda point qu'on lui présentât le crucifix ou
l'étole. M. le curé n'apprit que le lundi même , peu avant
l'heure de la messe , et le pari et les circonstances. Il crut
devoir faire tout ce qui étoit en lui pour prévenir le scan-
dale. Avant l'offertoire et au moment de bénir le pain , il
avertit publiquement qu'il étoit instruit du pari, et pria de
la manière la plus pressante, celui qui l'a voit fait, de r«-.
noncer à son projet. L'avertissement fut méconnu par
Simon , qui , se présentant l'instant diaprés pour faire bé-
nir le pain, se retira deux fois avec un air méprisant et un
geste significatif, lorsqu'on lui offrit la patène à baiser^
(40
Retir02*vou8 avec votre pain , lui dit le curé ; nous n'insé-
rons pas ici la réponse) cfe Simon , qui cependant porta le
pain à la sacristie , où le marauillier le suivit. La distribu-
tion se fit au milieu du trouble occasionné par l'incartade
de Simon ; trouble qui fut tel , que l'office divin resta sus-
pendu pendant lo minutes. Tous les bons fidèles furent in-
dignés de ce scandale et en réclamoient la punition. Une
plainte fut portée au procureur du Roi de Semur, qui diri-
gea des poursukes contre les trois individus ci -dessus
nommés. Ils pamrent le 2a décembre devant le tribunal
correctionnel de Semur. On entendit des témoins, gtns
honnêtes et impartiaux , qui n'appartiennent à aucune con-
grégation , comme l'a dit un journal , et qui certifièrent les
faits. Le tribunal ayant reconnu l'outrage fait à la religion
et au desservant , condamna %m.on à 20 jours de prison y
6 fr. d'amende et aux dépens. On a dit dans un journal de
la Côte-d'Or, que le curé avoit promis à Simon de lui pré-
senter le crucifix ou l'étole , ce qui est faux ; le curé n au-
roit pu sans honte favoriser l'insolence de Simon. Un autr»
journal a dit que ce même pasteur avoit précédemment re-
fusé la sépulture ecclésiastique à un individu de sa paroisse ;
mais M. le curé a fait son devoir dans cette' circonstance ,
et n'a point agi d'ailleurs sans l'ordre de ses supérieurs.
Lorsqu après avoir dédaigné les pratiques de la religion
pendant sa vie , on les refuse encore à l'article de la mort ,
on est mal fondé à réclamer les prières de l'Eglise. Tel est
le récit des faits dans l'affaire de Rouvray. Si cette affaire
a fait du bruit , à qui l'imputer, si ce n'est à l'insolence de
Simon et à la malice de ceux qui ont voulu le défendre?.
NOUVELLES POLITIQUES.
PÀBtô.^Le Constitutionnel a retrouvé dans les archives de la chambre des
pairs , un petit fragment de discours qui fera sans doute grand plaisir à
M. Labbey de Pompières, quand le moment sera venu de requérir la mise
en accusation de M. de Polignac. Ce ministre 4isoit en 1820 : ce La société
nouvelle s'isole , brise tous les liens ; et pour établir son indépendance ab-
solue sur !a ruine de tout pouvoir, elle appelle à ton secours Tathéisme,
l'anarchie, et le poignard desSand et des Louvel. » Ces téméraires parolos
( 40
pài«9t «D«ore> an famii é^ di» aot, sur k fooiv <hi <}|pMliMiMm«i| ill»
tiDuve énonntt et crimipelks au j>li» hatit dsHfé} «t ^eiu^t iqu# fc»
aboiinés â témoin» , 'û les prie Je lui dire si df UU discours sppt propres à
concilier les majorités i M. de Poîigoec. Ainsi , pour conquérir les maio^
fitéi de oe# tneésieur», Tout soteî maintenant comnietit il ftmt tom r
prendra ) c'aet da leur parler ua langa^ tout opttasé à #eki» qi» §û^'Uti&
matière du procès* De. sortt que vous n'avea qif i retouower k nhiasetdtt
|\l, i|e Pplimac , et l'arranger comme il &.uit : (x, Ia société nc^uveUa ne, aV
sole pas j eUe ne eherche point à briser tous les liens ; et la preuve qu'elle,
fie songe iiirilement à établir son indépendance absolue sur la ruine dcf
tout pouToî», c'est qu'elle n'appelle à sou secours ni Y^Ûtéâsam si l'anaTr:
4b\e» U) 1« IKi^gnafA 4fs Sead aides Louvel* » Vo'dÀ Ihoi évideBameat se
qu'Û faudlroU dirc^ pour être eu r^^ Tis-à-via des ma^ritéa 4u Ç9^^H4¥r
tionnel. £h bien , cependant ^ vous pouvez être sûrs qu'il seroit le preinier
à jçter les hauts cris si M. de PoUgnac s'arvisoit de parler de la sorte. Pre7
nant do nouveau tous ses abonnés à témoins , il leur dematideroit s'il est
rmis à un premier ministre de sa moquer aânsi du monda; U tiouveroit
Voudra- dans ses réquisitoirea.
— Le Bol , qui ne cesse de combler de bienfaits la ville de Fontainebleau,
vient encore d^eovoyer ft,ooo fr* pour les pauvres de cette ville.
-^ le Roi a donné looo fr. pour les habitans maHieureui de la commune
de Villeneuve«lo*Roi (Yonne) , que le défaut d^oocupation et la rig^ueui'ée
l'hiver avaient réduits À l'extrémité,
~* Le Rai et sou auguste fib vic nmmt d'aocmder un eeeouws de i ,ftoo ît.
^r être employés à l'a^qi^sitiou i\vçk pre^bjtérei daiMi la çomiiuiiie! do
bainte-CQk>|ubeH«ur*£gi:|ette (Aude).
— Pendant les grands froide que nous avons éprouvés^ S. H. et MABA^f,
duchesse de Berri , ont , sur la demande de M. le sous-préfet de Fontenay-
Ic-Cîomte f Vendée)", envoyé 600 fr. aux Dames de la Miséricorde de cette
ville , pour contribuer au soulagement des pauvres de Fontebay,
r^ M. le Dauphin a envoyé 200 fr. & M. le curé de Pionnat ( Creuse ) ,
pour des habitans de cette commune chez lesquels un incendie avoit en
|ieu.
— M. le duc de Bourbon a fait remettre, pour les pauvres, 200 fr. à
M. le irinire de Choisy-au-Bac (OLse) ; 100 fr. a M. le maire de Gou vieux
{Oise) ; 100 fr. à M. le maire de Chivry-Cossigny (Seine-et-Marne) ; 100 fr.
a M. le curé de Villeneuve-Ie-Comte (Seine-€t- Marne) ; et 5r.o fr. à M. le
curé de la paroisse Sainte-Valère , à Paris.
*- A la suite d'un rapport que vient de faire M. de Guemon-^s^yll^,
uiie ordonnance royale a été rendue , le 14 de oe mois, en faveur de Vin-*
strucllon piims^iire« D'après cette ordonnance, il sera pris immédiaitenieut
ded mesures pour que loiitça les communes de France soient pourvues d'in-
structions prm^ai^-çs. Les écoles conuuunaies seront divisées en trois classes,
suivant l'article 1,; de runloipp;u;ice du 29 février iÇiQ. J^e^ ççinseil* tnuui-^
çipau^i des commMUç&^élibéreronr , d^ias leur praçUaiuc «espion cfc m^ii, sur <
(45)
lea m^yei» 4^ fonrvoir à rétabUasement et à FenlreliMi dfs écoici pri--
mAtres. lia avtéteroni les émokinneiM i donaer à rinstitateur, hi liste des
^niam qui seropi advûs fpratiûiemeiit à récc4e , el le taux de la létribHtioD
ntensuell». pour les autses enfans: Lovaqu'une commuse ne pourra pas ta-*
tretenir un iostitoteut , elle s*éht«ndni avac une ou plusileusiB comimines
Toisines pour en. avoir un çi) commuQ. JX y pu^^ duâsi des écoles ipçdèles
préparatoires pour former des instituteurs. Chacune année il sera porté au
DUf^et de FEtat une somme su^isante pour aider et encourager Frastroc-r
tîon primaire. Il sera pris des moyens pour assurer une retraite aux. instl*
loteurs.
— I,e collège dépaTteipental c|e Malue^et -Loire est conyqqué 9 Angeni
pour le 22 mars prochain , a Fefiet d'élire un député en roppl^ewe^t M
M. le comte de La Bourdonnaje , nommé pair de France.
— A)[, le vicomte Pambra;^ a ét,é nommé chancelier d(ss ordres du Roi , ff
q prêté senneqt entre les mains de S.. ^. jeu4K dfrniei. t'QRoi lij[i,a vmûf^
le cord.on bleq.
— M. Freycinet , capitaine de TÛsseau^ est «omnié membre d» buroMi
des longitudes..
— M. Aizieu , juçe à Milhau, est nommé préndeot dn tribunal ds pte*
mière instance de B&K^ess.
— Sur la demande de M. Colomb, député des Hautesr Alpes, M. le nû-
nistre.de FinterieiK 9, accordé une ^omme de i,SoQ fr. , pour être i^pe^rtis
entre les burçauii^ 4^ charité de Qap , Embrun , Briançoii et Serres^
— Une moxt: fort prompte vient de frapper, àFàoede 62 ans, M. la duc
de Lévi§, p^ir de France, ministre (FEtiat, chevaUer des ordres du Roi,
chevalier alionneur de Mada.vi^, duch.çsse de Berrî. M. le duc de Léyisv
étoit meinl?rc dç VÀçadémlc iran^aisi; et autçyr dft. quelques Qu;vragcs. S%
pairie passera à son fils ,^ M. le. duc 4e Ventadouy, i^ide-ae-camp dç W» 40
Pauphin.
-f- M. Pierrc-JeaxHFrançoisr Arnaud de Taillefer de Mauriac, ancien oo~
lonel de eayalfsrie et ebevalierde Saînt-Louis, a teimisé, le 17 déeenobro
dernier , sa longue et honorable carrière à Castillon , département de k|
Gironde. Il étoit né ^u château, de Foulbiaol et issu d'une famille distin-
guée du, Périgord. Eptré fort jeuiie dans les gardes du Roi, il se mpatr^^
sui^tou,t dans les jours de da.tigcr au commencement de la révolutipa, et,
servit le Roi avec un zèle qui faillit lui coùrer la vie, Il sortit ensuite^ de
France, suivit les princes dans leur exil, et se trouvoit à Mittau lors di^
mariage de M. le dnç cPAngoulémè. Il apposa son nom à cet acte4 Le cahne
le ramena dans sa patrîé. On le vit toujours do'uir, siticèrc , offidcî:k& , ché-i
ritable, mais surtout très-relijsîenx , Vieilli dans la pratique de la vertu.
It. est raoEt à Fàge de 85 ana , îussaut une m^cBoire h«uevee.
— M. le baron de Sair t-Clait, cplonelde cavalerie et ancien émigré, est;
auteur d'un Mémoire qui (bit grand bruit depuis quelque temps. Il résulte^
roit en effet de cet oifvrage , que les ducs Dectize , de Mailld, et d'autres per^
so'inages, seroient les complices de l'assassinat duduc deBorri. M. deSamt-
Chw ji'étoit d'abo»! adMssé à M. Gratîot, imprimeur, et lui. aveit rerai»
une somme de loo fr. par avance ; mais celuir^i ayant réilttchi qu'il pour-
( 44)
roit être compromis par b publication cl'une brochure aussi hardie , refusa
a|;equ
a condamné' toutefois M. Gratiot a rr^ituer les lôo fr.
— Le duc de Cumberland est arrivé à Paris le 1 6 de ce mois.
— Une fête de la plus grande magnificence , donnée au profit des pauvres
de la capitale ces jours derniers, a produit iiS^ySofr. , ce qui vaudra à
chaque indigent deux pains et deux cotterets. C'est le Roi qui a voulu faire
tous les frais. Les rousicieRS du 5" régiment de la garde royale et les com-
pagnies de cette garde, les pompiers et la gendarmerie, ont refusé toute
espèce de gratification.
— Coiiformément aux conclusions de M. Favocat - général béranl-
Desglageux , la cour royale a , dans son audience de jeudi dernier, confirmé
le jugement du tribunal correctionnel , qui a condamné les géraus du
Constitutionnel et du Journal du commerce à 5oo fr. d'amende , pour diffa-
mation envers M. Aguado, banquier espagnol.
— Le rédacteur de la Gazette des écoles est cite à comparottre , le 5 mars,
devant le conseil académique de Paris.
— Les libéraux et leurs journaux portent M. dé Vatisménil pour candi-
dat aux élections prochaines de Nantes.
— Outre les secours aue M. Tévôque de Saint-Claude a fait distribuer
dans sa ville épiscopale , le prélat a envoyé une somme de i,5oo fr. dans les
principales villes de son diocèse, pour le soulagement des malheureux.
— A Nantes , au milieu de la misère générale , on a admiré la générosité
du lieutenant-général, M. le comte Despmois, qui donnoit tout aux pau-
vres , et qui est allé jusqu'à ouvrir un emprunt pour continuer ses nohi-
breuses et journalières aumônes. On l'a vu, retenu au lit malade, or-
donner que l'on f)t entrer dans sa chambre tous les malheureux qui se
présenteroient pour réclamer ses secours. De tels traits consolent un peu
de la dureté de tant de riches égoïstes qui n'ont point d'entrailles pour le
pauvre.
— M. le marquis de Mac - Mahoii , qui de tout temps a donné des mar-
3 nés d'intérêt aux habilans de Voudenay, diocèse de Dijon , vient encore
'envoyer au curé de la paroisse la somme de loo fr. pour être distribuée
aux indigens du lieu.
— Un appel fait par M. le maire de Meaux. en faveur des.indigens de cette
ville a produit pluç de 5,oou fr. Les officiers du premier régiment de cui-
rassiers de la garde, qui y tiennent garnison , ont donné 45o tr.
— M. le proviseur du collège de Reims a remis entre les mains de M. la
maire de cette ville une somme assez considérable, provenant d'une col-
lecte faite parmi les fonctionnaires et élèves de l'arrondissement, pour les
pauvresde la ville.
— Une riche mine de cuivre a été découverte récemment près du village
de Canavielles ( Pyrénées ~ Orientales). Une ordonnance royale vient d'en
concéder l'exploitation à une compagnie industrielle.
(45)
;' ^-'Lc tribunal maritiinc de Toulon a termine, le 12, raffaire des six
matelots prévenus d'avoir mis le feu au vaisseau le Sceptre, II a condamné
les nommés Lastrce et Rieussel à trois ans de galère, à la restitution d'une
somme de 226,000 fr. envers l'Etat , à^ô,ooo fr. d'indemnités et aux dé-
pens; pour avoir fait du feu ou allumé la chandelle à bord du bâtiment,
en contravention aux réglemens. Les autres prévenus ont été acquitté^.
— Le procès correctionnel du sieur Chivoré , accusé d'avoir affiché un
placard séditieux dans la petite ville de La Bassée, a été soumis le 12 à la
cour royale de Douai. Cette cour a réformé le jugement et a renvoyé le
prévenu de la plainte.
: — Tel est le progrès des lumières, nous écrit -on du département de
rOrue, que dans un seul hameau qui appartient à la commune de Cou-
dehard et qui ne compte pas cinquante âmes, il s'est commis, en moins
de quatre ans, trois assassinats par des habitans du lieu et &ut des babitans
du heu. Le premier crime eut lieu en 1826 ; l'auteur a été exécuté en 1829.
L'auteur dn second assassinat a également subi sa peine. Le dernier assa»*
sinat a eu lieu le 20 janvier dernier; l'homme qui en est soupçonné a été
arrêté.
- — Le 1*' février au soir, le Rhin se trouva pris, dès le lendemain on le
passoit à pied. Les jours suivans, des milliers de personnes alloient de l'une
à l'autre rive. Les communications entre Neuf-Brisach et le Vieux-Brisach
étoient fort actives. M. le préfet Locard a pris des mesures pour prérenir
les effets de la débâcle.
' ^ — D'après tin tableau statistiaue récemment publié à Rome , la popula-
tion de cette capitale s'élevoit , à la fin de Tannée dernière , à i/^^ybèo nabi-
tansj le clergé, tant séculier que régulier, y figure pour 3,207 individus;
savoir, 1,490 prêtres et 1,807 religieux. Depuis quinze ans, la population
de Rome s'est accrue de près de 3o,ooo âmes. Les paroisses, jadis au nombre
de 80 , ont été réduites à 54 par le dernier Pape. '
— On a arrêté à Bruxelles M. Adolphe Barthels , l'un des rédacteurs du
Catholique des Poms-Bus, On le dit impliqué dans la poursuite dirigée à b
charge de M. de rotter.
— lia France compte actuellement 72 bateaux à vapeur. L'Angleterre
eu compte 3i2. A New-Yorck, 43 bateaux à vapeur partent de cette ville
pour diverses destinations. A Cincinnati , il y en a 3o en activité et t\ sur
les chantiers. Sur la plupart des fleuves de l'Atnérique septentrionale , on
v<Mt voguer des bateaux à vapeur décorés avec magnificence.
Réclamation pour la maison de refuse, rue St-Etienne-des-Grês,
a Les attaques réitérées auxquelles est en bntte depuis plusieurs jours la
maison de reiuge pour les jeunes condamnés, imposent au conseil d'admi-
nistration le devoir de rétablir la vérité-, .si étrangement dénaturée, sur î'o-
rîgine, le but, les bienfaits et la direction de cet établissement confié à ses
soins et à sa surveillance.
D Uepilis treize «dé, la intuoD de lefiige de éa me dés Qfi§ rend è la
•ociélé d'înipertaiM services» des servkts réds, poshib^ en silence et sans
ostentation.
» Depnîs treize ans, deux centTÎnqnanie «sfans sent sortis de cet «mie
ouvert 4 leur rapcntir. IDsns les grandes prisons » abandonnés à leurs bdbî>
tudtfs yicieuses, oonfiondus avec les autres confSaUcs^ le crime se seroit à
I par la récompense promise î
conduite.
9 0>Mcëdée pair lu ville de Paris eu VèrtU d*utie ordontiance dti Boi , Tou-
verture en a été faite cd présence de Mk le gatde^des sceaux (M. PàsqUier} ,
de MM. les préfets et de MM. les brétfdens et phKorkurs-gébéraus de la
cour de cassation et de Ih 6ôur royale.
» Toutes les adminisl^ions qui se sont suc<^édées, quelle au'ait été la
nvancé d<e lent* ôpintoh f>olitTquc , btit apprécié son Ut in té et I otit encou-
ragée. Dès sdn origine, la magistrature, le barreau, l'ont prise sous leur
protection ; à chaque session MM. les jurés se sont empressés de lui domi-
ner des marques du pkis Vif intérêt : il étoH ëien natnrei , «près avoir ac-
compli les piénibles cMvoirs de la sévérité « de clierehcr à adoucir la rigaeat
de s^ arrêts. Aussi « juaqu'ôn 1828 « les collectes du jury hii furent»- elles
«kdusifvement destinées. A celte époque , d*a«tres êtablissemcns concou-
rurent au partage , et la portion de la maison de réfugie décrut k mesuré que
se propageoient les perades insinuations de la calomnie. Cette ressource
étoi't ie pius important de ses revenus^ pour ne pas la laisser tarir, le con-
seil d'administration manifesta le désir que rétablissement fut visité par
MM. les jurés. Plusieurs ont répondu à cette invitation, et la collecte de
janvier prouve leur satisfitction dans cette visite. ^ .
» Cependant de graves imputations ont été hasardées ^ il importe de les
démentir. i. •
« Il est feUt ^6 l^abbé Lœvehlyrack Soit Tàdiliitiisti^teUr général , car
il n'y a jamais eu d'adtaiiulstrâteur général ; car, depuis plus de quatre an&,
l'abbé Lœvenbruck s'e«t éloigné de Paris, et il est reété tout-Â-fâit étranger
à l'éttfUîssémentk
» Il est faux que MM. ^acqninot Pdmpeliàie e£ Deiàvau soient li»'dea!K
directeurs eti cbef de la maison^ car^ au grand Vegrei de leurs cdlègues ^ le
» II est faux que l'entretien de fa chapelle enlève les fonds de l'établis-
sement, car, excepté les honoraires de l'aumônier qui ne fait pas partie du
conseil , toutes les dépenses de cette chapelle si utile aux hnbitans du quar-
tier, sont eouTcrtes par le produit des troncs, la location des chaises et les
r quarante (
de plus ; que \ii^ fonds arrivent , et bientôt ifs y seront*
>) Il est faux qu'aucun frère autres que les (juatre jugés indispensables
Àu service, suit en aucune façon à la charge de rétablissement. Ils reçoi-
vent le même traitement que ceux des bureaux de charité, et comme ceux-
'(4i7 *
ci , au moyen de ce traitement , ils pourvoient à leur nourriture et à leurs
autres besoins.
» Sons le rapport des vivres , du coucher, do l'habillement , des soins de
«bà« f^ent^/les jeunes «conâaiiiBés sent ttiiet» qu« dans âlicune prison. Les
MMîi^s »ont bien aérés, et tlnn» Vl^\w «convetiableiBeAt chakifTés.
» £«• 4Vé«paientc6 visites , 1* mtobtioisMjiieeidâs en^nk, long-ténipis ê^rèê
Icilrsoni», disratflstoz t^'is y fîiipciit mAlh«uf«uii on maltraités.
n àâsm^ totut eeqdVM'fli'esl frer^is de ditt oa d'écrire iconife^ eett« mai-
Mil CM cniièreinent oefntiaire à la térilé.
^ Mais il «bt-vrai^cie le vertueux dEybè Ai nous fut te fondateur de l'é-^
tabVissement ; il est vrai que le ramctabie M. Bellart Ifut l'^n de ses plus
avd^ns pffè«0ciéur8^,4l«st vrai que leurs bUMes sont là pour exciter leurs
ci»)lè|iiès à marciiér sur leurs tracdê.
2> ^oAnt à ia rivalité Kfa'^n ttiét ftite iMikré tMVè )eè éfiax ttiiisons de
ff0fo9»,<fii'ottt->>«iie6<le4*èiiMnii«i? Rien q»e letiotBi L«s «dministrAteun
de la maison rue des Grès ont été les premiers à souscrire bU projet de la
ivitiscA] ôe Mv IHîbeHeymej M. Debelteyrae eét Ttui des prlueipaux bien-
faiteurs «te ta maiâ^ mè «le» Grrès; qaatid il éloil préftt àé police, il sai-
sissoit toutes kft OGtadàns de ftibuti^r Qéinbîéii il {i|pptëcioit ie bièfn qui ^'y
fait ; Tun des derniers actes de son administration lut l'envoi d'une somme
de 1,000 fr., qu'un anonyme ayoit misa sa libre disposition. Comment
pourroit-elle exister cette rivalité avec un but si différent? L'une, établie
sur une vaste écliel)e> ten^ à laivedisparoltre, du coii^ social la plaie de la
mendicité^ elle est destinée à recueiUir les ouvriers, les vieillards surtout,
dépouryus de tout moyen d'eii^istence^ l'autre, avec les r&ssources précaires
«t Jtat^erfairifes de la cliàrifô, tétti-é déé ))Ksonfe quelques maiheutfeux enfauf
britiiititH avant Vàge, lèS énlèVé htli. tnàiiVâis tronséîU, A^k pètmicieux
fetfefnpleà iîé6 prèaùx , pour IVût ptociirer. Ic^ bienfaits <fuhe îhstruction
ëléMéhtaiVé *l téK^-ùsè, léte» Iwspirér lé ftoùtsdi« ttUvall . et lés rendre à
la société dont ils eussent été le fléau et l'effroi, animés de bbns sentiment,
habiles dnns un état de leur choix, qui les fait subsister, les sauve du crime
•t du déshonneur, et leur permet souvent d'aider leurs parens.
» £41 if^vbïiciBt CietU pé(^t»aerle«f incaibr^sitiiieonseil s'est. pu éviter de
|>9rler d» hlen qiii s'eH fait daas leur étabèisseiaeikt $ ik «braptent plus qm
i^«Mi94iv U bi^nveUlanle jprate»tk)n 4eft magistrats ^ de ilo/L lea jurés et
d# t^u^.l^ /ftQkis iel'Qrfk^* Qu'ils ^iensept à toutje hiÊtirâ visiter la matfosi •
iU jr v/e«»rMiàt f^i^ 4e>qMiirant6 «ntans bien |)ortâB6, jeyeux, travs^lant
#fiQ8 «iQlâiche« j9^^nt) par leur docilité et kur bonm eôbduite, une faute
comwiM saAB discdriMment) et que ta «hâfité a m Caire tburber k leur
profit.
» En assemblée, lé i5 février i83o, et ont signé les membres du con-
seil : Delaporte-Delalanne, conseiller d'Etat; Âgasse, notaire; Pellîeux,
^vocatj ^e docteur Pignier» IMoi^au, Pt)fel ée Bretizel, <oM9iU^s à la
cour de cassation; Willart, de Ponton d'Armécourfc, Silvftiq Cawbtft,
trésorier; de Quincerot, président à la cour royale, secrétaire.
» Pour copie conforme,
Le secrétaire du conseil ,
» SE QVIRGEROT. »
(48)
Nous arons aniKHscc, ti® 1600, une collection 90U« le titre de BibUoihè-
que des amis de lu religion, collection qui doit comprendre un assez grand
nombre d'ouvra&es latins et françab. Il a paru jusqu*ici 6 volumes de cette
collection , savoir, 3 volumes de Bourdaloue et A des LeUres édifitmies. Les
2. volumes de Bourdaloue renferment l'Avent ; ils ont pani.en trois tomes ,
mais qui n'en doivent former que deux , dont chacun contiendra un des
Avcnts prêches devant Louis XIV par ce céUl>re Jésuite. A la fin des yo-
lûmes se trouvent les analyses des aiscours.
Pour les LeUres édifiante* on a suivi Tédition du Père Quecfoeuf qui ,
comme on sait, a mis un nouvel ordre dans les lettres et a réuni celles qui
concernent chaque mission.. Les 4 volumes qui ont paru de la nouvelle
édition ne donnent donc que les mémoires du. Levant qui ne sont même
pasi encore terminés.
Il paroit 3 volumes par mois. On sait que le format est in- 18 et que
chaque volume est de 12 sous. La collection est imprimée chez M. Ëé-
thune ; on souscrit place Saint-Sulpice, n® 8 , et ches Gaume frères.
Almanack du ehrgé de Frmtee, pour i83o (1).
Nous rendrons compte (ilus tard de ce volume , qui présente, comme à
Pordinaire, Pétat du clergé au commencement de cette année , le tableau
des dioc^es, le der^é de la cour, Pétat des missions , Pétat comparatif du
personnel dans les diocèses , le budget du dérgé et les actes de la législation
quileooncemait.
On vient d'exécuter une l^ographie représentant PEdise revêtue de
ses attributs expliqués par divers symboles. Elle est sous la forme d'un?
jeune femme ; sa tête est ornée d'une triple couronne , par laquelle on a
voulu représenter la Trinité; elle porte un lis , symlwle de pureté et d'in-
nocence; un anneau représente son alliance avec son divin époux ; une
étoile raoj^Ue celle des mages, et annonce la réunion des nations dans le
sein de ilSgUse. Cette Lythographie , dédiée aux âmes pieuses, se trouve
chez Vesy, libraire, rue du Petit-Bourbon-Saint-Sulpice, n** 18.
(1) Un vol. in-13, prix , 5 fr. et 6 fr. 5o cent, franc de port. A Paris, au
bureau de ce journal.
J^ (jMu^\ 2l2rrun it €Utt.
MbUCABDI a4 FÉVRIER lt)3o. (N* I&12.)
Mandement de M. tatchefé'que de Paris, pour te carêÊU, .<» «•
M. rarchevéou^ a publié, le i6 février, son Manilemeiii
pour le carêiae^ le prélat se félicite d'abord de la cbarité
qu'ont montrée les fidèles pehdaai la saison rîgdiifaaie
4|i|i vîcm de s'écouler : ^7
« Apiis «B kÂT«r Ai crotii «^vès les lonflpus ri ga w Mi d'ww niion dpat
l'éiweU& ne scnible.pas éiicom t9at«»<&it aonitie, noat n'ouTftroiM pM iâ
ÉMinté quarantaîUe^ M. T. G. F* » sans vous parler de la joie <|ue noue a
ilû/L êpioayeff i'abendaiM^ dsy mnbnt^ a«i., de tonlis parts, oat été lé**»
pÊÊÊÙMm dans le nia dca na«Tret» et de la «enfianâe qiie Bieae iiii|iive oS
Iw l i dee et ijéoékal empraMèmalit qliî a'ert manil^té à proportioaner ka sa*
faan à la déti^ae et au aellMur. Ceat un besoin aMai Inen qa'va devoir
fMiur AOQs» de pid>lier acdennclleaMnt coque ToépaiteQi»«t voa ^pi^
QDl lépélé daaa ktf fréquentée comSMtticatioDa qofe MMS aimona à 4
ftMlir Hvee. eus. lia noua ont dit que « . lemblablea mm ègUMê» à/t im .
9^héfaunmm.oàérimiiiéiUiaé^pÊmr dépoter êntn lêmn wtaùu kâ
90amin wuké «karUi êùteèn et cAnmmia; que si^ du haut du tr6ne«
ka denadèla libérS^té ont coulé comme un fleure ; que si leê ridieaoas
été pifedi||Mt de leur isupekfln; que si la vanité elte-méme a détoutoé de
bbfme a*"o^t *a profit de Ciiidigénce et de k ndaèR, quelques-unes dei
. aouroes destinées a ses frivoles plaisirs ) ib ont vu ausn les moins ùivorisée
4k k Ibrtune s'imposer de nombreuses privations, donner atUant qu'Us ie
^9ouvoientj e4 même au-delà de ce qu'ils pouvaient, afin de sobyenir aux
«Dsuates néœesités du inometit $ #/ œm prompte vëhnié a rendu les plus
pf Utes obktioos grandes, ei agem^les m neire Dieu, qui refait en odeur de
suavité te pltis lé^r sacrj&cé , lorsqu'il est offert ucee urne droite ei joyeuse
imieniion,
3» Dieu soit loué tfe son ineffiMn don4 Héni sqit le Seijj^neur pour la grâce
ekeelkntequ^il a mise^it vous, N. T. 0. F. ! Bénissea^, neùfês et glacer;
ééiUsses-lej frkmU tt froidure; vos rigueurs mat venues nOns révéler toutm
les reNOurees , nous o^ona le dire , iàuVeè les eertiUides de salut que la di-
vine i^roi'ideiice àtùùÈfftvéeê au sein de notre patrie. Oui , la foi nous res-
iet« y puisque k dkarité noua demeuré. Ls lot, ce foiulemeiït de tous les
«dotur, cette base solide éé la f^kUé »cia1e, oe mtiède eiBeace contre toutes
. ka pkks des nations , ce principe réigéuérateur des institutions qui se dis-»
BOlteiit, k gliiràrê de celles qui prospèrent, riadiranklilc appui des Etats,
is l^é àéM garantie des itis et des péiq>le8: cette foi qui a civilisé le
Mc«Mk, ^knt le rè^è mt letliftne de Glovi» déçoit affermir et perpétuer
Tomt LXilt. VAmi de ta Religion et du Roi. B
V
( 5p ). ... .,.•.
les proftpéritcs cl la puissance de ses successeurs', ainsi que l'avoit annoncé,
coippie par un esprij piiopliétiaue , U vénérable et saint af^tre dos Francs ^
«^ttofoi-, enfin, qui a consolincsi foricmcnt la monarchie françaîse, qui
Ta si glorieusement défendue tant de fois, et qui la soutiendra' plus que
toutes les conqtictos oi les victoires , plus que tous les systèmes de \a po-
litique, au milieu de tant de vicissitudes que ponVroit encore éprouver le
noble et magnifique empire des lisj la toi nous restera, et avec elle,
riionncur, la gloire et le repos. , t •
TO Nous ne voulons plus en douter, N. T. C F. , à la vue du ravissant
spectacle dont nous arvons été les témoins j nous ne pouvons nous persua^
4er que la foi soit près de mourir, là où la charité se montre si vivante , et
que la lumière de i^vanjgile s'éteigne dans dee coeurs où le loyer du divin
amour est encore si actifTSi raffoiblissement de la foi doit étrej aux der-
niers jours de la défectioti » la cause et la mesure rlu refroidissement de la
charité, yu(miMnalmndavitmiquit(i8 refrigescêlcmritoê mu^torum;. quelle
tranquille espérance ne devcos-nous^asconcevoir sur. le trésor <dé votre
foi , après la nouvelle épreuve qu'elle vient de suhir,- et dont votre/charité
Va fait sortir si touchante et si Tictociéuse ! Quelque impétueux* que «oit je
torrent des fausses doctrines et de» théories mensongères ,- qui , du sommet
de l'orgueil, se précipite de nos jours dfns le champ- du -père de< famille ^
nous pouvons bien être contristés, mais nous ne sommes point.ébtaolét;
nous ne craignons pas qu'il entraîne Après 'lui. le germe de ceit» préeieuse
semence répandue par les travaux de tant de saints apôtres , lécoudée.per
le sang de tant de martyre, cultivée par ki soin» de tant de pr^res -fidèiesi
Cêlni qni eroU au Seignovr, aûnâJa miaéiicorde , dit l'Esprit ^int; maie
il nous assure aueai que celui ^ui fait, miséricorde trouvera laj*stice,"'LtA
glaces de Fincrédulité ne subsisteront pas devant iM fktmmei dé la sacràe
dileciion. Si les aumônes du centenier Corneille .lui ont mérité Je don de
la foi« quelle vertu n'aurent pas les vôtres ^ N. T. C. F», vous en qui la
foi a déjà jeté de n profondes radheé! »
M. rarchevêqr.e donne ensuite des avis plus particulière-
ment applicables au temps de carême, et termine par des
exhortations dignes de sa sagesse et de sa piété :
ce Ayez donc soiu^ pendant ces jours favorable3, de vous. exercer à la
piété avec une application et une ardeur d'autant plus grandes, que vous
aurez des raisons plus légitimes de vous dispenser des observances imposées
par l'Eglise aux ndèlesy non comn\e fin, mais comme moyefis de^savctiûr
cation et de salut. Déchirez vos cœurs j et non vos vêlement j.ejciiQn y QXr%
ame au repentir de ses fautes, lors même que voiis ne pourrez refoser à vc|ti:e
corps quelques adoucissemcns; réprimez les mauvais désirs, alors /qijMi.vcHil
v(»us permettrez des satisfactions devenues innocentes; ahstenejn-vfmfir .dm
mal et de ses apparences ^ tout en usant des nourritures coramune^ à tous Id
teiiips; retranchez les appétits déréglés, en accordant à un %^mpét9m^i^
tléïsik* raliment dont il ne pourroit souffrir la privation. Donnez à la lec-
tntô jik's saints livres , à la méditation des vérités étfxnelleç, à la parole de
( 5» )
Dieu , à Li prière , »i'augu$te sacrifice de nos autels , à la fréqtientation des
sacreniens une partie de ce temps que Toisivetc, Tainour du monde et de
vous-mêmes dissipent d'une manière si vaine et quelquefois si criminelle ;
devenez l'exemple et le modèle de ceux qui vous sont soumis ou qui vous
entourent, par une conduite plus régulière, par des entretiens plus so-
lides, par une charité plus délicate, par une foi plus courageuse , par une
modestie, par une charité plus parfaites; en un mot, ne négligez aucune
des grâces qui vous seront données -, travaillez sans cesse à votre avance-
ment dans la vertu ; veillez même à y faire avancer les autres, autant que
le devoir et I9 discrétion l'exigent. Voilà les exercices dans lesquels vous
devez surtout persévérer et demeurer fermes ; c'est par eux que vous vous
préparerez. à la joie de la résurrection ; par eux, vous parviendrez à rétablir
la paix dans voire conscience; par eux, vous assurerez le bonheur de votre
vie; par eux enfin, vous arriverez à l'heureux terme du salut, et vous
aurez la consolation d'en ouvrir la route à ceux qui seront les témoins de
votre piété, ou les ob^ts de votre zèle. Exerce teipsttm ad pieiatem*,,;
attende tihi.,., insia iniUis : hœ enim faciens, et toipsum sahum faciès ,
et eus qui te audiunt, »
Dans le dispositif, MM. les curés sont autorisés à avoir
égard , pour les dispenses, a la dureté du temps et à la ra-
reté des alimens. maigres. Les fidèles sont invités à assister
aux inàtr.uctions et à joindre l'aumône à la prière , en faisant
attention aux besoins du séminaire et des prêtres iiifirmes,
au grand nombre de pauvres et aux diverses œuvres de
cliarité. . .'
L'exercice de dévotion en l'honneur de la Passion aata'
heu. ibiiâ les vendredis , à Notre-Dame , comme les aimées*
piécedentes. M. larclievêque fera une instruction sur le
mystère de la passion. Les reliques seit>nt exposées. On sait
qu'il y à une indulgence plénière pour cet exercice chaque
vendredi^. On peut consulter, à cet égard , le Mandement
de M. l'ai-chevêque (i), l'exercice de dévotion imprimé
par son ordre (2) , et la Notice sur la Couronne d'épines (3),
dont nous avons encore parlé dernièrement.
(1) Prix , 5o cent, et 60 cent, franc de port. '
(2) Un vol. in-12, prix, 1 fr. et 1 fr. 5o cent, franc de. port.
f3) Un vol. in -8°, sur papier superfin satiné , orné de cinq grâyures en
tàille-douee, prix, 3 fr. et 3 fr. 76 c. franc de porU
A Paris, chez Adr. Le Clere et compagnie, au bureau de ccjcrarnal. . •
D2
( 5a I
MOUVELLES ECCLÉSIASTIQUES.
Paris. M** la Dauphine a nommé anx places Yscantes dans
sa chapelle par la mort de M. le cardinal de La Fare et de
M. Tabbc de Bellaud. M. Borderies, évéque de Yersailles,
est nommé i*' aumdnier, à la place du cardinal. M. Tabbé
Dopanloup est nommé aumônier de semestre , à la place de
M. de Bellaud ; l'autre aumônier est M. Tabbé de Meligny,
qui avoit remplacé en i8a8 M. d'Uautpoul, aujourdiuiî
evêquc de Gahors. On ne peut qu'applaudir aux choix de
l*aufpiste princesse; M. l'évéque de Versailles est un de
nos prélats les plus distingués. On dit qu'outre les autres
motifs qui ont déterminé sa nomination t^M"^ la Dauphine
avoit quelque répugnance à mettre à la tête de sa chapelle
un évèqne d'un diocèse éloigné , à qui son service n'eut
ent le devoir de la
TersaiUes pourra
svoir avec ses fonc-
tions de premier aumônier, soit oue la princesse hadnte
Paris, soit qu'elle réside à Sain t-^loud , qui est du diocèse
de Versailles. Quant à M. l'abbé Duipanloup , c'est un jeune
ecclésiastiaue d'autant de iltérite que àé piété, et que^sa
nouvelle place n'empêchera pas de se livrer, soit à la prédi-
cation, soit aux autres bopnes œuvres pour lesquelles il a
montré un ulent très-remarquable.
— Le jeudi 25 février, à deux heures précises, il y aura
dans l'église de Saint-Thomas d'Aouîn , une véilnion pour
les aliénés pauvres. M. l'abbé du uuerry, aumônier de la
garde royale» prêchera sur l'ceuvre. M"** la Dauphine «c
MADAME se proposent d'y assister. Les quêteuses sefont
M"^* de Bougé et de Yilleneuve-Bargemont. On peut adres-
ser les dons à M. l'abbé Mathieu ,* chanoine et grand-
vicaire, ou au supérieur des hospices de Sainte Jean de
Dieu.
— M. l*abbé Yalayer, qui a donné récemment sa démis-
ston de la cure de St-Thomas d'Aquin , a été nommé , par
M. l'archevêque , un de ses grands- vicaires et membre de
son Conseil.
(55)
•^ M* l'abbé de Rolkau, chanoine d'Autun , prêchera à
St-Roch les dimaDclies , mardi» et jeudis , pendant le ca-
rême. Tous les jortr», excepté le samedi, il y aura dans la
inéine église, à s^ heures du soir, conférence ou instruc-
tion mr M. l'abbé Yriodts.
'-o il ne faut pas croire que la duette des cultes se borne
k intenter on. à exagérer des abus^ à poursuivre des prêtres,
àcritkpiÉr les mandemens ou la conduite des évéques, à
se moquer des pratiques de piété. Non , elle donne encore
des articles de doctrine, elle nous apprend ce qu'il faut
penser des jugemens les plus solennels de l'Eglise, elle se
vange contre elle da c6té des novateurs. Dans son numéro
<fci i3 février, elle décide que le jansénisme n'est qu'un /art^
n^wu* Ainsi l'Eglise a poursuivi pendant iSo ans un fan-
t^œe; les papes , les ëveqnes, les théologiens ont combattu
pendant i5o ans un fantôme. Bossuet lui-mênie est tombé
dans ce ridicale; car ce srand évêque, qui a dressé la cen-
taure de l'assemblée du clergé de 1700, y a fait condamner
précisément la même proposition que renouvelle la Gazette
(les euUesi Nous félicitons les jansénistes d'avoir pour dé-
lenseur an journal m. sage, si impartial, si' éclairé. Avec
un tel appoi, ils peuvent braver les condamnations des
^lapes et des évéques. Ils ont, en outre, le plaisir de voii-
qae la Omette outrage de la manière la plus grossière un
Aorps qui leur est odieux par son zèle. Les mvftnteurs tic
ixlte kMsié,, dït^me 9 furent des hommes atroces^ LeielUer et
Daubentan, et Us instrumens dont ils se servirent four or ga-^
niser la persécution étoient encore des hommes cotipefts de cri"
mes, là honte du sacerdoce et ie fléau de ('espèce humaine. Nous
demandons quelle kiëe Ton doit avoir du jugement de gens
«{tti descendant ià ce langage airoc^ et A ces insultés brutales.
La passion et l'emportement peuvent seuls inspiret , ces
épitnètes violentes. Quand Letellier et Daubehton auroient
eu les torts que leur ont faussement imputés leurs ennemis ,
ce ne seroit pas une raison pour les représenter comme des
gens airoces et eotu^erts de crimes. Il faut croire que l'excès
cie l'oBtriige en sera le remède , et que ces qualifications
insensées ne nuiront, dans l'esprit des lecteurs sages ^ qu'à
ceux auxquels la haine les a inspirées.
"^ Les âmes pieuses n'apprendront pas sans intérêt
c[iiVfn s*occupe en ce moment de la procédure relative k 1a
(54)
béatification de la Sœur Marguerite*Marie, religieuse de la
Visitation à Paray-le-Monial, morte le 17 octobre 1690,
après avoir travaillé avec beaucoup de zèle à répaudi^e la
dévotion au Sacré-Cœur Déjà celte cause avoit été intro-
duite à la congrégation des Rits, à Rome; le» informations
vont être reprises. M. l'év^^que d'Autun a été délègue' , au
mois de juillet dernier, pour Tenquête, sur les vertus in
specle de la pieuse iille et sur les miracles opérés par ton
intercession. Le prélat n'avoit pu jusqu'ici s'occuper de cet
objet; les premiers soins de sou administration ayant dû
réclamer tous ses momens. De retour d^une visite qu'il
vient de faire dans son diocèse , il a commencé les travaux
de la procédure le lundi 8 février, jour où on çélèbre.la fête
du cœur de Marie. Une salle de t'évêché avoit .été disposée
pour la tenue des séances préliminaires. Ui) tableau '.repré-
sentant le cœur du Sauveur éloit placé au-dessus d'un
autel et en face du siège du prélat^ qui.étoit assisté .de
M. l'abbé Maury, vicaire-général. M. Tévêque , après avoir
reçu du postulateur de la cause les lettres qui. lui. éloicnt
adressées de la congrégation des Rits, remit au lendemain
leur ouverture et la nomination de huit ecclésiastiques,
qui doivent faire les informations sur les vertus et les mi-
racles de la vénérable Sœur. Le mardi 9 février, M. l'évê-
que procéda à l'élection de quatre chanoines de la cathé-
raie et de q:uatre autres prêt^^s. Un secrétaire Jut en leur
présence les lettres expédiées de Rpnie. Les vertus de la
Sœur formoient 164 articles proposés à l'e^^amen. Après
quoi M. Tévêq^ue prêta son serment debout, puds M. l'abbé
Maury; les huit commissaires prêtèrent leur serment à. ge-
noux et la main sur les évangiles, d'observer les règles
prescrites pour de semblables procédures. L'^assemblée étoit
composée de près de vingt ecclésiastiques , tous en babits
de chœur. On nomma deux promoteurs!, charges du soin-
de faire valoir les raisons à opposer aux faits. allégués. eu*
faveur de la béatification et de veiller à l'observation des
fornjalités requises; on leur donna connoissance des in-
structions qui leur étoient adressées de Rome par le pro-
moteur de la foi. Ils prêtèrent leur serment, ainsi qu'un
notaire créé pour la rédaction des actes de la procédure.. Il
fut arrêté que quatre des commissaires se.transporteroient
i\ Paray et procédero^ent aux informations dans la chapelle
a
(55):
même où sont déposes les restes de la Sœur. Le a6 février,
jour ou l'Eglise célébrera la fête des Cinq-Plaies, futassi- '
gné pour la première séance. Les pieux fidèles réuniront
les yœux pour obtenir l'heureuse conclusion d'une affaire
qui ne peut qu'accroître la dévotion au Sacré--Gœur.
— Ce h^est pas dans la seule paroisse du Ghâtelet, nous
écrit- on du diocèse de Reims, que les ménétriers se per-
mettent de troubler les offices de l'Eglise, et ïV'j a aussi'
ailleuts des Saulnier, qui mériteroient bien d'être condam-
nés à l'amendé, pour avoir joué du violon près de l'église et
au momèilt des prières publiques. La même chose arriva
le i5 sc^ptembre dernier à Fénin, département des Ardennes.
Fendant qiïe le curé célâ)i*oit la messe, une troupe de jeu-"
nés gens passa le long des murs de l'église, au son des vio-
lons, du tambour et d^uhe grôisse caisse. L'office en fut tèl-
len'ïent ti'oublé j que beaucoup d'assistans sortirent, et que
le saint sacnfice fut presque anandoniié. On edt été en droit
àe poursuivre les auteurs du désordre; mais (faut-il le dire
à la liohte de hotre temps ) on craignit le§ déclamations des
jooTDaux et lé persifflage des avocats. Trop d'exemples
prouvent que les poursuites les plus légitinies donnent lieu
a de nouvelles insultes ; dés sophistes^ s'épuisent en subti-
lités pour pallier les torts les plus évidens, ils tournent en
dérision les pratiques les plus respectables , et ajoutent ainsi
un nouveau scandale à celui qu'il étoit question de réprimer.
Voilà ce qui a empêché de rendre plainte contre le désordre
du 1 5 septembre. D'ailleurs, à Fépin comme au Ghâtelet,
il y a mésintelligence entre le maire et le curé. On dit que
cerui-ci est un homme difficultuéux , qui pousse la suscep-
tibilité jusqu'à trouver mauvais que le maire lui traèe le
sojet de ses serinons , l'interrompe dans ses prédications à
l'église et lui indique les cas de conscience dont il faut don-
ner l'absolution. Tout cela cependant est bien évidemment
àiiùÉ les attributions d'un maire qui se croit en droit de
présenter à l'évêque les sujets pour la confirmation.
• — Un journal estimable, le Correspondant, adonné un article-
suria statistique catholique de TAngletei-BC, article qui a été
réfété par la Quotidienne et 'pat là Gazette de Lyon. Cet article-
a , *#it-oii , été envoyé d'Angleterre même ati Correspondant^
et s^ra suivi lie plusieurs autres, il contient, sur le nombre
des éâthôliqoes à Loridi es et dans toute la Grande Bretagne ,
(56)
dfn r^ilf^Mineincfift qui seroient bien consobus» «^ili etoienft
traU; n^albeureuieiiient doua les croyona fort ex^^ré^.
Nous «Tont pçul^être «sscs naovaite grâce à contenter de»
f^^Htioss qu'on dit être prises sur les lieux a&eipies» vmm
nous cîte^'oiis nos autorités , et elles prouveront vêe seinhie^
^'ilfaut redi;iirc de beauconp les calculs prodigieusement
enfles qu,'on a transmis au Çom^nttant^ JOi^wès .«es-caU
qals « le nouibre des catholiques seroit, à Londres se«l, d«
iQoiOQOf et 4e près de deux ifiilUons. pour TAn^leierre et
l'j^cofse; il y aiyroit 8o«ooo,catholiquef à Gla3g9W, 6o»qoo
4 JHeilcbester^ 5o,oqo.à Liverpool, elc Lea cattmliqpes;
augjMseptenty div*on, dans une proportion énoiriiie; par
exemples il ^J a^oit à )Leicester que j5 catholiiiMfsil y m
dix |ins ,. aujourd^ui ii y en. a 6oo. On peut ep dire tintant,
ajoute-* ti**PPt de presque toutes lef villef d'Angletevre. Il
lent beaucoup r^mt^re de ces évaluations. Bi. Plowdent
ayocat anglais » et mort il y a peu de temps à Paris, éra-.
luQ^i à ^ooy^'oo le nombre des catholiques apglais s voyea.
sfi^ficcts publié en iHi^ Ci on révolue, en doute le Uh,
ipoiguage de M. Plow^cn» qui avoit <{mtte son pays dfpuise
quelques années, on s'en rapportera peutrêtreà celui do.
m. Poynteri vicaii^ apostolique de. Londres, prélat autsi
judicieux qu'éclairé- rfpus primes la liberté 4e Vinterroger.
sur ce j^oi^t dans un de ses voyages en France depuis la*
restauiîatiou. Hnous rcpog^dit^^yec 4a modestie el/Sia r)^?i
serve accoutumées, qu'il n'ayoit pas assez de.dpunées pQur .
apprécier au j.uste le notubre des caU^oliques dans toute*
l.^glev:rret m«^s qu'il estimoi^ ce nombre à j^euprèsà.
3oo,ooo. Qu^utH son district, ajouta"^ t-ril, il étQit plus en.
é^t de connoitre le nombre des catholiques qui s!y iroit-.
voit, et il l'évaluoit à 8o,ooo. Or, di^s cette évaluation,. le
{irélat comprenoit non-seulement la yillede Londres, maisi
e|i dix comtés qui forment le distria du Sud. Quelle di£-
fére|M:e de cette estini^tion à celle du Ot>rrM/9efi<£vif/,DiriH.
t-on que le nombre des catholiques a pu augBienter de!
telle sorte en dix ans,, qu'il se trouve euioujrd'bui , à LQiQlilres
seulement, un nomlure de catholiques double de celui qui
exiatoit il y a dix ans dau^ tout le district? Une telle auy*
nienta^ion e^t ^çrs 4«| tf^ute y^ais^mblance. U y a.4«s çon-^
versions en Angleterre, eUes.y sont m^e asaessQombrw-n
^e^^ et le même M^ Poynl,er pous disoi^ qu'U^y eu aycnl'»
( 5? )■'
presque toujours à Londres cinq ott six en traîo ^ maïs il
en faudroit bien plus pottr-arrrrer à Tauginen talion sup-
posée. Je me rappelle à ce sujet , avoir lu dans un journal,
en 1821 , que depuis 25 ans le nombre des conversions ëtoit
monté à plus de 200^000 en Angleterre , et à plus de 60,000
à Londres seulement. Je 6s part de cette asserttote à on
ecdésiastiqiM qui av^t passé toute Ir révélation en AiigleT
terre; nous nous estimerions fort heurèut ; dît- 11, d'avoir
tamenë le dixième de ce$ 20^,000, mais les coù versions de
protestama nVrri]roientpaa tous les kiurs, ilV^n Cauc J'étt»
aussi oictfasietn » en t8i4 y et demander ira docteur Gameroti ^*
vicaire apostolique à Sdîmbourg^, quel étoit le tiômbre des**
catholiques é^ Ecosse; il iliè répondit qu'il' y eu avoit;
60,000» répartià à peu près par mauié entr^ lés deux dia«-t
tricts, etvoîU que* d*«n irait de plume» an en ïnet 80^0001
à€i4afl|[D«r Seulement , tiindis quev dans la géographie dè|
6i¥tfarte, la population tolmle de la ville n'est estimée qu'à
Sosooo. Quai;id même ou supposerait que I^ population. a
augmenté, ce ({m e^t po^ible, on oVriveroit pcut^êùre*
pas encore ^ pour le nombre total des iiàbitatis, au nombf^'
assigné pour les cathodiques par Kami du ^rrejfondant Qu*6n ^
conclure^ sinon que cet ami mspiré peude cûnnance par l'exa-
S ^ration de ses calculs? Il a eu de bonnes intention»^ sans
oute i mâiail manque de discernement et de critique. Cest
mal s^^rvtr la religion que de'foarliik' un sujet de risée à
ceux qui connoisseiie le véritable elat des choses. li n'y a
personne en Angleterre , qui ne sache que le nombre aea
catholiques» dans la Gra,<ide-^ Bretagne, e^t bien ioim da
deux millions» L'aaii se trompe dans presque tous les dé^
tails qu'il donne; il dit qu'il y a trois collèges catholiques
en Ecosse ^ tandis' qu'il n\ en a qu'un. Il hti plaît dé cbmp-
t«r plus de- catholiques à Londres qu'là Rome , et il y par-
vient par deux petits movetis bien umples; i"" de diminuer'
le nombre des habitana de Rome, %"* d'enfler celui des ca«>
thoUques de Londres. En ce genre ^ les'mitllersne Ini coû-
tait pas. Nous espérons que les rédacteurs du Cotrespondaftt
neaotts sauront point mauvais éré de ces observations , qui
ne nous sont inspirées q«e par 1 amour delà vérité et par le
dés«r de les mettra eu garde contre des renseignemens ^i
amiaaceiit de la part de celui cpii leadonnepeii de conii^is^
saftciedtf Iréitt véritable des choses.
(58)
KOVVSLLES POLITIQUES.
•Pabu. Les ageot ptovocateort ont reporo. Fort hearensenifDt le oomtté-
directeur s'en est aperçu tout à coup , et t'est hâté de^nouê les sî^ialer. Or^
apprenez que ce sont eux qui font rage auprès, du Ghlte, du National, de la
France nouvelle eX autres jourfiau^L révolutionnaires , pour les pousser à
mal. Vous ne savies qui souffloU le feu et nnsurtectîon et de la révolte
dans les buceam de rédactioii de icee feuilles? £h Uea , noas alloDs vous le
dire...,. C'étoieht les ag^ns provocaleura. Vois chevelûez œ <|iii pouroit
produire un redoutlemcnt d'anarchie et d'effi^ryescencé > qui n'allait à^riea
moins qu'à'remettre la famille royale en jugement devant te i^uple souve-.
rain et ft la menacer ouvertement du sort des Stqarts?...Céloienl les agens
piovocatesTS. Voim demandiez si les Fahre d'Eglantiti^ , les SiAnt-Hurage
et jies Camillfr-Desmofirm* étoleof sortis de Pempireinfemal pour remonter
sur leurs tréteaux du Palais-Egalité, et ce oui, pou voit ainsi rdmouer jubi^
tement au milieu de nous les prédicateurs Je rebellion.et 4e déchéance?...»
Céloient les agens provocateurs. Vous aviez peine à vous expliquer les
rudes assauts rtonnés en même temps au tr6lie par les sapeurs de Ta nou-
velle armée révolutionnaire, et à l'Eglise par la jeunesse pensante du bar-
reau de Paris ?... C'étoient les a^ens provocateurs. Oui , c'étoient les agons
{>rovocateurs , les perfides émissaires de la rovauté, qui travailloient à spu-r
ever contre elle le camp de ses ennemis. Cejix-ci n'y songeoient pas le
moins du monde; au contraire, ils bc faisoient que des rêves charmans sur
son bonheur et le nâtre, quand les écrivains monarchiques se sont intro-
duits malicieusement dans la bergerie du comité-directeur, pour réveiller
tous les motf/on6' enragés qui dormoieut. Voilà pourquoi le Globe et ses cpn-.
frères ont cru devoir faire' des sorties si furieuses contre la dynastie des
Stuarts. C'étoit uniquement pour repousser les agens provocateurs qui ve-
noient les ennuyer avec leurs doctrines monarchiques. Telles sont du moins
les explications que ces messieurs s'accordent à nous donner sur l'innocence
de leur conduite. Cela étant, ik ne peuvent manquer de venir à résipis-
cence 5 et nous verrons bien.
^ — Enfin, quelques jjoumaux révolutionnaires se sont décidés à nous
laisser entrevoir le comité-directeur. Encore, bien qu'il soit impalpable,
ili conviennent que ice n'est pas uii être chimérique. Seulement, il res-
semble à ces monstres marins qui ne se montrent que par intervalles et
selon le temps qu'il fait. D'après l'idée qu'ils nous en donnent , le comité-
directeur n'a de yia et d'action que quand le gouvernement se. tient sur;
ses gardes!' Mais aussitôt qu'il cesse de veiller à sa conservation, pour s'a-
bandonner au gré des vents et laisser faire ses ennemis, alors le comité-,
directeur se repose ^e son côté , ménaj»e ses finances et fait des économies
pourries temps durs. :Qu'a-t-il besoin, disent ses joiA-nnUX , -de se tour-'
monter Tespiit et de se mettre en frais îofsquc tout. marche à sa^uiseet-
que la victoire esta lui? Dans uii moment comme celiii-ci, par ex^nple,
lie {audroit-il pas qu'il fut bien bête de s'amuser à tenir la campagne et à
(59)
gaspiller ses forces? M'est-U pas le inattre du terrain? La machine qu'il est
enfin parvenu à monter ne marche-t-eUe pas toute seule? Quelque chose
le contrarie- t-il du côté des élections. et de la liberté de la presse? Vopp'
mon 9iationaie ne lui est-elle pas acquise? Ne récçJtons.nous pas tranquil-
lement ce qu'il a semé à la sueur de son front, et ^ràce à la perséyérance.
des efforts qu'il a faits pour son bien , la France ne yit*elle pas aujourd'hui
comme poiisson dans l'eau ? Mais reviennent les embarras et les rénstances : •
que le gouvernement se remette pour voir, à veiller et à nous contrarier'
C'est alors que vous aurez raison de dire qu'il existe bien réellement un
comité-directeur. C'est alors qu'il saura reprendre ses travaux accoutu-.
mes, et que vous aurez encore une fois de ses nouvelles... Ou croiroit que
tout ceci n'est qu'une plaisanterie, et c'est pourtant le résumé exact des
aveux du IVaiional, du- Journal de Paris et de 'plusieurs autres de leurs
conifères. '
— Sur la demande de M. le comte Chabrol de Volvic, préfet de la Seine,
est dpputé du Puy-de-Dôme , le Roi a accordé un secours de i,5ob'fr. pouK
les communes rurales de ce dernier département, qui ont le plus soufibrt
des rigueurs de l'hiver-.
— Dimanche dernier, le Roi a tenu un chapitre des ordres du Roi. On y
a prockroé 'chevaliers M. le duc de Nemours, qui à atteint sa quinzième
année, et- MM. le prince Âmédée de Broglie, les marquis d'Ecqnevilly, de
Verac, de Conflan5,.les comtes Roj, de Durfort, Reille , de Cossé, Bordes-
souUe. , ^
- — M. le ministre des affaires ecclésiastiques et de Vinstructien publique ' '
a alloué, au département de l'Aveyron, une somme de 10,000 fr. pour
aider les communes dans. les dépenses relatives aux réparations ot acquisi-
tions d'églises et de presbytères. De son cô^é le conseil-général <le l'Avey-
ron a voté, pour le même objet , une semblable somme, à employer cette
année. , : , Ji . -
1 — Le corps royal des ingénieurs-géographes, qui comprcnoir soixante-
quatorze officiers > vient d'être définitivement réuni au corps royal d'état-
major. ...
— La Gaseiie de France avoit dit que c'éloit à la défection qu'étoit due
l'acquittement du Courrier français Défiée par les journaux libéraux dé
prouver ce fait, elle leur répond que dans cette affaire 36 conseillers à la
cour royale étoient applés à juger, la ont voté pour la condamnation,
i3 contre, et que le la" étoit M. Agier.
— Depuis une quinzaine de jours, il parott qu'on a abonlé franchement
I9. question de changement de. dynastie. La Gazette de France a rapporté
que., iJuns une réunion de membres de la chambre élective, on avoit
soulevé cette coupable question , et quoique le fait ait été nié , il parott
cependant qu'il n'est pas entièrement faux. Les quatre. ou cinq journaux
\&f plus révolutionnaires semblent aussi traiter cette matière. Le Globe et^ -
le IVational, qui ont dit nettement qu'il falioit en venir à un changement
de dynastie, viennent d'être saisis, et les gérans cités eh police correction-.
nëlle , pour provocation d'attentat à la personne du Roi , au renversement
de la famille régnante , d'attaque contre les droits que S. M. tient de Sia
naissance, et d'e!kCit'ition à la Laine et au mépris de son gouvernement.
( 6o )
(k «lOM. Ella tfil môlivée siirlet tnOmft ^i^ que ctfjtkim*! nVi pus craint
ci« f«prdrl«ift«
•^VeiKtredî d^rtiieir, M. l'avocat do Bol levaTuMeur a terminé soo ré-
quifltoîre au tribunal corri'ctîonnGl contre le sieur Bodit » éditetir des Jf«*
imins du eonvêniioMnel Lrrasscur, Le prévenu a lu undîacoiirtpour 4e
justifier. Il a dit que le juacment des faits hliloriques n'eit pas du aomainf.
des tribunaux. Il a ftvoue qu'il ctoit républicain » et a soutcuu qu« ladé-
itiocratif ëtoU le meill«nir gouiremement. L'ayocat Benrille a i^iouté quel-
ques autres argiimens. La cause a été remise à huitaine.
^ «^ Le sieur Pillet , gérant responsable du ns ug su M J9urtmi éê Paris, est
cité, pour le 37 do ce mois, au tribunal oorfoctionnely pour outragat envess
M. Leravasseur k l'occasion de ses fondions , en parlant du procès du aîeur
Boch«.
' — Le sieur Fontan * ex.* rédacteur da fAiUm, a formé «apposition à
Tarrét de la cour lojale, qui n'avoit confirmé que par défaut , le juge-
inent qui ra'cond.immé à cinq ans de prison pour outrages envers le Hos
dans un article intitulé le 5IoutOM enragée
— Les libniires Gaulhier frères et Lacroix oot interjeté anpel du juge-
ment qui les a condamnés pour cunUrefiaçon du DrèrUire pariaSen.
*- L'acfiudîcation pour raiinage des mofinoics a eu lieu , le 16 , fn pré-*
sence de M. le minbtre des finances. M. Çollot , directeur de la nioniioie de
Paris , a été déclaré adkidicataire au prix de 6 fr. 5o c. pour lyôooir, de- va-
leur nominale. Attemm rinsiiflisancedM offrei, il n'jr a pas eu d'adjudica-
tion pour les autres ressorts monétaire». On croit qu'une iHKonde atfudicar
lion sera annoncée.
. -^ M. le ministre de l'intérieur «ordonné j'exécuf ion de quatre statues
en marbra représentant Corneille, îbcine, Molière et.La Fontaine,- pour
être placées oans la salle ou ^Institut tient aes séancm annuelles. £llea.ie-
rout exécutées par MM. Laclié, L^maireyDufet et Seurre». ex-i>eDaion-
naires du Boi à nome.
— Lu bureaux de l'administration du commerpe intérteuK, et le cabinet
(lu conseiller d'Etat directetir de cette administration , vont être transferw
riue de Grenelle-$aint-Gern|Min , n** 1 16.
, — Le ^néral Santandcr, ex^rice^résMlciit de la Colombie » est afrM
à Paris ou il compte se fixer. Il n'est âgé que de 36 ans et parle bien
français»
; -^ M. le marquis de Desmontès , parent de M. Dotiatien de Scsmaisons ,
CMÎ étbîl porté par un grand noodïre de rmralisles de Nantes, s'est désisté
m M oaeHiidJture en £if eiir de M. le boMn Dudon.
— Le gÊi^nt de h Oascm cônJUituHonnelle dâ i'àUUr est cité devant lo
Jti^ d'instruction y à mison d'un article Aur Ia prérogative royale.
— Le âFémoriat bùrd^iixis est cité en pulîco curnsctioonellc, .p<^ur om-
truges envers M. te vicomte de Curzjij, wài^t de U Gironde , è vaisoii de
sci fonrtions. La feuille révolu lÎDim^tïC ae Burdeaux conteste à cet buuo-
Tjfbk luagîslrat k uum qu'il purte.
(6» )
— Quatra DMvrkii iêOkanimtMè IraMudsirMil ktrifeoMa^kliQf^
|My |MNir BToîr fafltoMn la< petit* tUIa de Laîgle m dumlMit an co«^
pleit en TbonBCur du fils de Buonaparte. Us ont #é oondiHUiës l\iii à
quinze jours de prison, les trois aatres k dix jouis» à l'amende et aux
ci%>ens.
. —«Le tribunal oorrectioniiel de Rouen , appliquant la loi du a5 man
1823 et l'article 66 du Gode pénal, a condamné i six jouts de priMn tMb
jeunes gens de Maromroe, oui, le 6 décembre dernier, avoîent insulté le
cure du lieu au sortir de réglise. La chambre du conseil en avoitieovoyé
douze autres des poursuites» et u'avoii mis en jugement que les plus mu*
tins. Il paroU que cetiç bande d'eufans aToit açcoippagné le curé de cris et
de chants i^lenj^nt oITens^ns»
— M. Tévéque de Sécz , ayant appris , par un des cuiés de la irille d* Alenw
cou, que, conformément à ses desuv, un bureau central de charité et .de
bienfaisance avcit êlé établi dans cette TlUe , s'est empiiessé ^ souscrive
pour une «opime de 120 fr. Une telle offrande seni appréciée par leshabi-
tans ,, surtout en se ra(>peiant les sacrifices qiie fait le prêtât pour tout son
diocèse, et ils aiii-ont à ccëur'd*îmiter un tel exempîe, et de réimir leurs
eflôrts ptwr at'oucir le sort des pauvres.
'■ — Lé 3 janvier dernier on vendoit , dans le bourg dTzeUre ($a^e*-9t*
Loire) , le mobilier saisi à un père de famille que des revers de commerce
ftToiént ruiné. M. Tàbbé Ckèmvgéon , cnré de cette cemitaune', avant ap*
pris cette circonstance , courut sur le lieu de la vente , acheta tous les meu-
Mea, el les fit reporter ati doauîcileda propriéraive dépossédé, que cet acte
<le Qénenisîté met déso r m aia i^ l'abri de tonte saisie.
«^ Le cokMid et lès officiers dii 9* régiment de dragons , en garnison à
Saint-Mihiel (Meuse), ont fait, pendant la saison rigoureuse , des distri-
trations aux pauTres qui se sont montéesà i,5oo livres dnjpain ,900 lÎTies
dé Tiamfe et beaucoup de bois. Ik oilt i9té:eux-mlmes' porter des aMean
cfams le Vlomiclle des pauvres honteux.
-^Lé» huissiers de Bouen ont dooaé 5oo fr. pour les pauvres de U
Tille.
— Dmm une léunion qui a -eu lieu , le 13, a Toulon , entre l'intendance
flsîlitaiffe et le conseiljde mmlé de la marine , en présence du préfet du Var,
si a été constaté, 1" que la maladie qui règne au bacne de Toulon a changé
decamctève; 9* que non-seulement elle a,di|niiMié d'intensité , mais qu'elle
•>. ^x^.^*„Mi^»^^.«;..^..««.\ j^^.«:a»..i<i^«*4. 3® que lés mesures prisM
i pas lieu à en prendre, de
11 a éf é contagienee que iusqu'aù deuxième degré ; 3® que lés mesures pris^
par la marine sont suffisantes, et qu'il n'y a p '
nouvelles.
. — On fait avec activité les plus graM^^s préparai i(s. pour la prochaine ex*
pédition d'Alger. Des levé^ i|e marins s'opèrent don» tous nus porta^ .
-^ M. Tielmans, réCërendaire au intnisière dos affaires ut rtingèhn des
Vaya^Baa, a été anété à La Haye et ameiié Mus escorté à Briiitelles. Oli
tiii que des découvertes faites dans la eôrrespondance <le M. de PMtet,
ont dont» lieu a cette avNstation.
— Le Ibudcfït de T Angleterre contient, dll-bn, la proposition d*une
économie de 800,000 li\. sterl. {ùo millions de francs) , applicable prin-
cipaieittent è l'armée.
(6i)
. ««•Un'iaceAdiev'que Vôd àltîibaé ftu pkt , » céti^iAé lé 16 de ce mois ,
iwndanl la tioit^la Mlle dé ropêra àngin», à Londres ; les maisotis Volsioes
oiU «té égaWincnt brûlées. , r . . .
• — Lé'igde ce luois, il y n eu , ai» chambre des lords d'Angleterre, sur
la motion du vicomte Melbourne, une longue et intéressante séance,' à la-
quelle le duc deWellin^on et le comte Aberdcen ont pris part. 11 en ré-
sulte que le gouvertieinent anglais n'est pas aossî éloigne qa on Ta supposé
de reconnoitre don Miguel.
— Une statue colosAile du Christ, e&écntée en marbre par le célèbre
sculpteur Dancker, à Stuttgard , et qu'on regarde comme un des plus beaux
ouvrages de sculpture moderne, vient d'être envoyée à Czarkozelo ( Russie),
où elle a été placée dans un pavillon construit exprès pour la recevoir dans
les jardins de Tempereur .
' — Ou mande de Stuttgard , qu'un bûcheron , coupant du bois dans une
forêt , eut le bras pris dans la fente d'un tronc d'arbre ; privé de secours ,
ne pouvant se déeager, et exposé à un froid de 12 degrés , il prit l'épouvan-
table résolution ae se couper le bras avec sa hache , et sauva ainsi sa yie.
-^ La diète de Suède s'occupe d'un nouveau projet de loi sur la presse.
11 s'nçit principalement de retirer au jury la connoissance de ces sortes
d'affaires.
-r- M. de Ribeaupierre, ambassadeur, russe, est arrivé à Constafitinople
le i3 février. , ,
— Le roi de Naples.nC' partira de Madrid que le 8 mars, pour venir à
Paris. On ne sait pas combien de temps S. M. y restera. Elle se rendra '
ensuite par Strasbourg et Munich , à 'Vienne « et ne sera de retour dans ses
Etats qu'au inois de mai. .
— Voici la cpmpositîon an nouVcnu ministère brésilien : Aux. affaires
étràngère^r», M.^Tîîiliiîbn'; 'i Y.i j'iictre'Jlb comte de Rio-Piudo; à la marine,^
le marquis de Pari^nagra ; aux Goanccs, le marquis de Dnrhaceiiaj àl'inté-'
rieur, le marquis de Cnravclhs ; à la justice, le vicomte d'Alcantara'.
Une affaire, dont l'esprit de parti s'étoit empare, a été jugé dernièrement
au tribunal correctionnel de Bruxelles ; c'est celle de M. l'abbé de Zinzer-
ling , tégcnt de là maison des orphelins à Gànd. Albcrt-Théodbre-Désiré- ,
Marie Ghislain , baron de Ziuzerling , prêtre , âgé de trente-deux ans, étoit
accusé de mauvais traitemens. envers les enfans.'Un instituteur dç la mai-
son et deux domestiques et oient égaiement accusés. Ils ont été emprisonnés, '■
puis amenés à Bruxelles , et leur affaire a comm/sncé le 8 février. Il y avoit
3 uatre- vingt-dix témoins, dont cinquante-deux à charge et trente-huit à*
écbarge ; dans ce nombre étoient environ quarante élèves de la maison des
orphelins, les autres étoient des parens , des notables de Li ville et même*
des fonctionnaires publics. Les avocats ont demandé- qu'on rejetât le rap-
port des échevins de Gand comme contenant des exagà'ations , des contra-
dictions et des faussetés ; le tribunal a déclaré que le rapport aeroit lu , sauf
i 63' ):
ày avoir tel égfird ^i&e de dnmt. L^'ïbbé'lle'2illherlHl{^\lé(71af^ ((^ depuis
1828,. qu'il a eié nomiué régent, il n*a janiai» dotmé- l'ordre' de hdttre od
d'emprisonner les élèves.
Il résulte, de la déposition de plusieurs témoins ^ qiiQ le régime de la
maison a été plutôt adouci que rendu plus sévère par M. de Zinzerlîng ;
plusieurs des faits dénoncés sont antérieurs 4 sa gestion. Quelques témoins
déclarent même qu'il a voit interdit les voies de fait. Le bourgnemestre de
Gand, M. Van Crombrugglie , de» ecclésiastiques, entr'autres M. le cha-
noine Tries t, raen^bre de râdroinistration des hospices, des magistrats, des
médecins , déposent en faveur de M. de Ziijzcrling. 11 parut que les pour-
suites dirigées contre lui étoient reflet de qt'ielquc intrigue. lie i5com-
meiicèrent les plaidoiries; le ministère public soutint raccusation , et re-
quit contré les prévenus le maximitm delà peine , entr'autres contre Tabbé
ZtDzcrling', qui étoit, disoit-on; en récidive, oarce au'il fut condamné, il
y a quelques années, pour un article' sur le collège pnilosophique.
r L/âvociitVan de Veyer prit la parole; il lut un article du journal de
Gând contre M. de Zinzeriing, article où on le traifoit comme un bour~
r«au , comme on monstre, dans le temps même où il étoit sous la mainfle
In justice; article qui' fut accueilli avec em^réssédient pair nos iournaux
'firan^is; et réofetéfensuitedans presque toutes les feuiUes en Kuropé.'ll
•sembloit que rinqoisition étoit ressncitée à Gand par les'soins d'un ahhe,
-d'mnhtirên', d^pn homme comme il faut; car telles étoient les làclies plai-
santeries et les exagérations ménsoiiigères du journal de Ûànd envers uri
4iomBie,'il faut le rét>éter, alors poursuivi devant tés tribunaux' et eil
prison. • • • ' ' ' ■'"',**
. L'avocat discute le rappo^ des échevins, et y trouve une partialîtd'ci
une exagération révoltantes.^ Ces échevins ont accneillî les dispositions les
plus suspectes et les bruits les pl6s absnrties. Il sont deux ; ils se font nn
riipfiori' à eux-mêmes , et* les mêmes prononcent. On se cache du bourgue-
mestre , M. Yaii Crombrug^e, dont on craignott l'équité. L'avocat signale
dans toute l'affaire iinefoule de procédas insôlft^s, de menées, d'acles ar-'
lïitraiies, qui sembleift dietés par la haine ou par des vues politiques qii'il
ue veut [)oint chercher à pénétrer.
Vehant à la discusnori des faits , il remarque qne les principes de Tédu-
cation domestique ne peuvent guère s'àpnliqner a des enfans sortis des plus
basses claases ; et ayant souvent contracte des habitudes grossières et mémo
dés vices opiniâtres. Comment maintenir l'ordre parmi eux sans qiVclquc
fiévéïité? Au surplus les débats ont tout expliqué; les dépositions des té-
moina ont fait évatiouir le fantôme de l'accusation. Aucun' tétnoin n'a dé-
posé que l'abbé Zinzerting ait. ordonné des peines corporelles ;* tous /au
contraire, ont déclaré qu'd avoit adouci la rigueur de la maison,' et la
femnieWyuants elle-même y qu'on avoit mise en avant, a avoué qu'il avoit
défendu les voies de fait.
On a entendu encore M. Spinnael pour l'abbé et M.. Mascart pour on
autre accusé. Enfin, par jugement du tribunal, l'abbé Zinzerling a été
acquitté , ainsi que le dome^ique Yermeesch ; Broenkhorst , autre domes-
tique, a été ^condamné à six mois de prison et 5o florins d'amende, et
Duclerk, instituteur, à un mois de prison et 8 florins d'amende. Le mi-
. nistère public a* appelé'de ce jugement . M. de Zinzerling n'a pas été mis eu
. liberté.
(64)
Mont «fOM AMoé ki MâOêànm ptocêtpcNir
qai peut flétrir
leaiB réfleiiom.
«MM AMoéMi diCÉlkdeM piocit pottr dWjMBr M tannide*
daMBMJonnuNiXy tDifiiort fort cipiMrii à lacncilBr tôt et
êtrir un pvétM. On peot m rappeler qu'îli tépélèrHit à Vmn U
mnmidê Gùmd, rt goaigoe g q ni fBoÈmt l' u ggr a f è imt eneoie par
Le Mémêriml dt U ekmùe, 9u MÊmmm$( éuhunêpfééKoaifmt,
pwM.Sîr«t(i)«
Vous n^aroDt dit qu'un mot de cet ouvrage n* i483{ il peut être «tUa
de le faire mieux connoitre. « Je deatUie cet ouvraMi dU Tauteor» mut
jetinea êlèvea placés dana les aéminaârea. Cca éUveai dastinéi au laiiit m^
pîftére et i^ la prédication des yéritéa de la religion , dotTent composer dei
aToicnt de pénible et de rebutant. J'ai donc'im la réMMution de incut
qudguea plapa^et d'oftir quelques ikiodelea» qui ne peuvent «n'aider dans
la compoMfibn , faciliter le travail y aans ^ter» à ceint qui ê'j wrff le mé^
rite djv^trle» des ornemena et de la rédactio n . »
. M. l'abbé Siret offie «lonc »ea plans de ppteaa el de diacmif» poov ton»
les dimanches de l'année. Ces plans, qui jMVoiasant rédigés avec soin , peé^
tentent des pensées i développer, des datiiioM, des sons«*diTisiona et bi
manière d^cnvîsager le sujM , et d'en tirer des réflûiona ou des amdicatioos
morales. Cet canevas peuvent donc abréger beaucoup le travail; on n'a
plus qn'i les remplir et à j ajouter quelques aeceisoirca «t à les revêtir du
stjle convenable. Il t a en Imii plus de quaire-vingla pbms. L'auteur en
donne quelquefois plusieurs pour un seul dimancbei il y en a treîm
pour le seul jour de Pâques, qui offre» en eflct, tant de coniidéaafinnt
propres k exciter à la piété.
M. l'abbé Siret, qui s'est lon((.tempa livré i la prédicaiMm, étoit plat
propre que penoiiae.à tracer^ des mouèles k la jeuneeie ecclésiastique. Il
etoit autrefou de la congréption des chanoines réguliers et prieur île Tab»
bajre du Val-des-Ecolîers j û exerce depuis nombre d'ann^ le ministère à
l^aris, et occupe aajjourd^bui la cure de Saint-Sévetin. Tout fait espérer
que son travail, qui a eu l'approbation de M. rardbevéque, ne sera pas
sans utilité pour ceux qui se (leatinenl à une carrière hooorablo , mais pé^
nible.
(i) Uii vol. in-ia, prix » a fr. et 2 fr. 5o cent, franc de port. A Paris, au
hmreau do œ joinmel.
j^ (^x^^, abricn Cr €lm-
Samedi 27 février f83o.
(N« 1623.)
<c Chacun raisonne , décide , Të^e les Etats , les empires , et i>ori
llmpudenceJk élever sa césure jusqu'à l'Etemel. Il blâme robs
Mandeinens pour le carême.
Nous recueillerons cette année , comme les prccédi
t^e qui nous paroitra plus remarquable dans les Mandemè'
obligé de nous restreindre , à raison de rabondance croîs^
santé des matières, au moment surtout de Touyerture pro-
chaîne des chambres, nous extrairons du moins des Man-
<lemens ce qu'il y a de plus applicable aux circonstances
10Ù se trouve la religion,
M. l'archevêque d'Avignon gémit sur les travers et les
inconséquences de notre siècle :
orle souvent
^obscurité des
mystères , la rigueur des comroandemeiis , le culte que lui tend son église ;
U doute par fois de son existence et se forge une relijgion commode qn'il
appelle naturelle, c'est-à-dire qui, laissant tous set cuoits à la nature, le
rend esclave de ses passions , et rejette comme tyrannie tout ce qui tend h
en réprimer les excès. Avec de pareilles idées , on ne connoit ni autorité
divine^ ni puissance buraaine, et voilà le spectacle c^u^ présente cette
France, jadis sî renommée par son auachement à la foi de «es pères et ison
Mspect pour la Majesté souveraine
D En vain )c morde se présente avec tous ses charmes à ce sexe qu'on
appelle foible , parce que toute sa force est dans son ame, il renoncera aut
aerémens de la nature, aux avantages de la fortune, aux charmes d'utie
vie indépendante, pour embrasser un élat pénible qui l'obligera- aux rc-
iioncemens, aux {>rivations, à la pauvreté, à toutes les mortifications que
la chair redoute; il mettra son bonheur à vivre de Dieu et avec Dieu. Eti
Vain ce monde taxera d'hypocrisie ces mères de familles qui , renonçant à
«es plaisirs , ne s'occuperont que des vérités éternelles et du soin de leur
ménage, elles se consoleront des calomnies du monde et du mépris de leur
conduite par l'approbation de la cour céleste et l'estime de ceux qui n'ont
pas fléchi le genou devant les idoles de Baal. En vain il arrachera au res-
pect, à la tendresse^ à la reconnoissance de leurs élèves, ces minntres de
l'Evangile qui formèrent leur cœur en cultivant leur esprit, ils se donne-
ront à peine le moment de sécher leurs larmes , et ilâ travailleront à ouvrir
les portes du ciel à ceux qui leur disputent le séjour 6t la terre ; ih répon^
dront aux malédidions par des bénédictions , ils sèment dans la tristesse
pour recueillir dans la joie. »
Tome LXîtî. L'Ami de la Religion et du Roi.
(66)
Le prélat engage les fidèles à recourir à la protection de '
la sni Lue Vierge pour ce royaume :
n r ■ elle, c*e«t à sa protection que nous devons d'élre sortis du
'^ctitJT- 1 I II lequel nous avoit plongé le délire de la raison , qa*eUe nous
ÙMt: trlciMpher de ces esprits inquiets que la vue du bien offusque, qui ne
» rravj4]fh m: i|u'à saper les fondemens de tout ce qui est , pour y substituer
il '5 s:J)i iJLL 1 v-é de leur imagination ; qui ne cherchent qu*à exciter le désordre
\^ t*.î sin\ i n s ^nt si partisans, qu'ils cneichent querelle à ceux qui veulent les
irouvr-r 4 «Hiséquens.
t! PariiiL les nombreux exemples que nous en potirrions cker, signalons
en un qui, quoique fréquent, n'est pas moins ndjcule. Suppotoos qu'un
de ces coryphées de l'impiété , un des prôuenrs de l'irréligion et de l'anar-
chie termine ses jours, sa famille met tout en œuvre pour lui faire donner
la sépulture ecclésiastique ; si le ministre de la religion se refuse à recevoir
auprès du sanctuaire celui qui, pendant sa rie, se fit gloire de n'en pas
approcher, de tourner en ridicule ses rits et ses cérémonies , tous les échos
de la secte font retentir les cris de fanatisme, d'intolérance; le prêtre est
tratnédevant les tribunaux, on l'accuse de couvrir ([l'infamie un citoyen
respectable, dont les lumières ont éclairé le siècle ^ et qui ne fut que l'en-
nemi de la superstition. C'est donc une infamie de mourir dans les senti-
mens qu'on a professés constamment? Et depuis quand donc fiut-il étra
inconséquent avec soi-même, et rougir à la fin de ce dont on se fait un mé-
rite tant qu'on végète sur la terre : tel un enfant dénaturé qui , après avoir
outragé sa mère tant qu'il en a eu la force, veut encore expirer sur son
sein. »
Le Mandement de M. l'archevêque de Bourges , du 2 fé-
vrier, traite du délai de la conversion. Le prélat rappelle ,
à ce sujet , les grandes vérités que l'Ëcnture nous met sous
les yeux et les exemples frappans que nous pflFre une expé-
rience quotidienne :
(c Dieu , abandonné par le pécheur, Tabandonne à son tour ; et pour lui
infliger le châtiment le plus terrible , il n'est, pas nécessaire que Dieu dé-
charge sur la tête du pécheur tous les fléaux de sa colère ; il n'a besoin que
de le livrer à lui-même et à ses mauvais penchans. Eh ! que deviendra le
pécheur abandonné de son Dieu, tourmenté par des penchans qu'il ne
peut satisfaire , livré à une guerre intestine qui ne lui laisse pas un mo-
ment de repos; eu proie aux chagrins, aux inquiétudes qui sont les fruits
amers d'une vie criminelle et déréglée! Son ame fatiguée, désolée, pous-
sera peut-être vers le ciel un cri de détresse que lui arrachera le sentiment
pénible de ses maux : mais vains soupirs , inutile prière ! le cœur du pé-
cheur n'est pas changé, il ne s'humilie pas devant le Seigneur. Il se plaint
d'être malheureux ; il ne confesse pas qu'il est coupable et qu'il mérite les
plus grandes peines. Ainsi Autiocnus frappé d'une plaie incurable, juste
châtiment de ses crimes, levolt ses mains vers le ciel et imploroit le bien-
fait de sa guérison. Ce grand coupable, disent lus livres saints, ne fut pas
exaucé à cause des mauvaises dispositions de son cœur. La bonté de Dieu
( 67 )
si loog-ricmps oatïdgéc par le péclieur fait enfin place k sa- justice. Le pé-
cheur livré k/ce Dieu ju$te, dont le saint homme Job ne pou voit soutenir
le regard pénétrant, quelle affreuse situation! Dans ses devniers'momsns ,
lorsque la figure de ce monde s'évanouit devant lui , et que ses sens s'é-
teignent successivement; au milieu de ses douleurs, de ses regrets d'une
vie qui lui échappe, il pousse vers le ciel le cri plaintif d'une ame déchirée
par les. angoisses; il demande grâce et miséricorde : mais sa prière est re-
jetée; et en mourant il vérifie dans sa peisonne cet oracle terrible de Notre-
Seigneur : Vous me chercherez et vous ne me trouverez pas, et vous mour-
rez dans votre péché. »
M. l'évêque d'Evreux montre, dans son Instruction pas-
torale, la nature et retendue du précepte de la pénitence,
et combat les prétextes dont on se sert pour l'éluder :
a Ce (ju'il y a de plus étrange c'est que Ton voudrolt rendi*e l'Eglise
complice des erreurs qu'elle ne cesse de combattre. Comme elle s'est vue
forcée de faire des chaugemens dans sa discipline , et s'est beaucoup relu-
chée de la rigueur des anciens cnnous , on en tire l'induction que la loi
elle-même a changé, qu'elle n'est plus aussi sévère et qu'on peut se sauver
à moins de frais que dans les premiers siècles du christianisme. Hélàs!
N. T. C. F., c'est précisément le contraire; la sévérité des règles que l'E-
glise des premiers temps avoit établie, étoit un moyen heureux qu'elle
employoit avec succès pour plier ses eufans sous le joug des préceptes
évangéliques , et imposer à leurs passions une contramte salutaire. Leur
docilité, leur ferveur, leur détachement du monde, lui permettoient alors
de les envelopjper en quelque sorte dans les liens de la discipline, pour les
empêcher de s écarter de la voie étroite qui conduit à la vie. La corruption
des âges sulvans lui a fait une nécessité (le modifier ses lois saintes , de peur
que la multitude des prévaricateurs, l'énormlté de leurs excès, ne conver-
tissent, en scandale, les moyens même qu'elles appliquent à leur salut.
Oui, N. T. C. F., ce sont îles moyens de salut auxquels la peiTersité de
ses en fans l'ont forcé de renoncer; mais la loi , dès-lors plus aifficile à ob-
serTcr, reste la même dans la substance ; l'Eglise n'a pas Je pouvoir d'y rien
changer. Un nouveau genre de christianisme s'est introduit dans ces dcr-.
niera siècles de relâchement et de corruption univciselle ; mais un nouvel
Evangile n'est pas descendu du ciel pour flatter nos' penchans. Il faut fou-
jours porter sa croix , mourir au monde et à soi-même , pleurer ses péchés
et liîs expier; ces lois sont pour tous les âges de l'Eglise, et il n'existe de
différence que dans le nombre des prévaricateurs. »
M. révoque de Blois voit, avec une profonde douleur,
l'oubli des préceptes de la religion et la révolte contre sesf
divers enseignemens. Il rappelle la sagesse de ses maximes ,
qui ordonnent l'obéissance aux sujets et pourvoient ainsi
à la tranquillité des Etats :
«Et pourtant, N. T. C. F., c'est cette religion sainte, qu'une dés-
astreuse incrédulîté.youdroit arracher de vos cœurs. Autrefois , et il ne faut
Ea
{ 68 ^
pM remonter pins haut qu'à nés tfiicu;i, et, Ipvsqoe la'société^toitfeligicasç,
que lo christianisiiie faîsoit le fond A^s moeurs publiques , qu'il y a^oît de
lu foi dans tous les rangs, et de la docilité dans tous les esprits pour l'en-
seieneaient catUolîque, ces bonnes doetrtnes étoient respectées, on les ai-
moit , on y Icnoil du fond de ses cnlrailles, comme à la vie ^ el si , de loin
en loin, quelques désordres afflieeoUnt la société,. du moins ces désordres
ne détruisoient pas le principe du bien j et la foi restoit dans les cœurs ,
pour ramener un jour les coupables dans le chemin de la vertu ; c^étoit un
germe de résurrection pour un temps plus heureux.
» Mais aujourd'hui elles pâlissent, ces belles lumières qui cnidoient nos
ancêtres. Si elles brillent encore pour le plus grand nombre des Français ,
ello sont éteintes , ou elles menacent de s'éteindre pour un nombre, helas !
encore trop ^raod. L'incrédulité du siècle pouase la révolta de l'ot^neil
jusqu'à la haine de l'autorité, la vanité des peuples jusqu'à vouloir luur-^
per les droits du souverain , et leur ambition jusqu'à la soif de ce qu'il y a
de plus élevé. Elle ne voit dans les magistrats que des ennemis de la liberté,
parce qu'ils ne se font pas les fauteurs de la licence ; dans l'autorité pater-
nelle, qu'un titre à une sorte d'amitié familière ; dans les vieillards, qu'un
objet de pitié insultante; dans l'union coniu|;alû, qu'un contrat tout tei^
rcstre; dans la religion, qu'un objet de dédain ; dans Dieu même, qu'un
mystère qull faut reléguer loin de la chose publique : et i) ne tient pas à
son funeste génie, qu'elle ne remplisse le monde entier de ses effroyable!
erreurs.
» O France! c'est ainsi qu'on veut te déshériter de ta gloire, et te jeter
dans un abtme où s'cngloutiroient ta foi, tes lois, tes mœurs, le sceptre
tutélairc de tes rois, et le culte si consolant de ton Bien ! Oui, N. T. C< F.,
et en vous l'annonçant notre voix empruntera la force éclatante et l'impo*
tiante autorité de celle du |K>ntife suprême , du vicaire de Jésus -CUrist qui^
voyant, de plus haut les maux de la religion , en connoit mieux que nous
la grandeur et l'étendue j oui , c'est à ce terme fatal que veulent nous coa-
duire cte hommes qui font à la religion une guerre &\ acharnée j cçs so-
phistes qui, plaçant toutes les croyances sur la même ligne, confondent
dans les mêmes 'dédains la vérité et l'erreur 3 ces prétendus amis de l'hu-
manité, qui, sous le spécieux prétexte d'instruire l'ignorance, ouvrent un
chemin plus large à toutes les erreurs , en répandant chez tous les peuples
les livres saints, traduits dans tous les idiomes, sous l'inspiration de 1 es-
prit particulier ; enfin ces artisans si habiles de révolutions , qui , dans lea
ténèbres comme au grand jour, travaillent sans relâche à bouleverser et à
détruire de nouveau toute la société.
» A la vue de tant de périls qui nous menacent, nous vous le dirons,
N. T. G. F., et nous vous le dirons pressé par le zèle dont nous sommes
animé, à l'exemple du vicaire de Jésus-Christ., pour la sjîlut de vos âmes :
Veillez et éloignez de vos maisons ces- livres Impies ou licencieux, triste
fruit d'une dépi^vation qui n'étendit jamais aussi loin sus ravages j et ne
négligez aucune précaution pour vous mettre à l'abri de cette peste, la
plus aangereuse de toutes. Fuyez avec le même soin cas apôtres d'indé*
pendance et d'incrédulité , dont les discours , a'insinwmt comme la gan-
grène, renffersetvient infailliblemefU votre foi, »
M. revcque d'Orléans présente la religion comme un
(Gq)
grand fait qui embrasse tous les temps e4 intéresse tous les
peuplés. Il l'exatfline dans ses princl|iales circonstances , et
rient ensuite aux temps pre'sens :
«Considérez maitifetoant ce mouvement général qui, partant de nos
tilléd , agite les esprits de craintes , d'espérance , d'une ambition inquiète et
jalûmô; la multitude des évèncmens publics, la curiosité qui les reclierchc,
ce désir presque universel d'atteindre à la fortune , faussent toutes les idées
et forment ces ondulations qui s'étendent à une vaste circonférence : les
sages mêmes se laissent aller à ces balancemens. Quelquefois même la di-«
versiié des pensées excite des agitations plus fortes » et les opinions , comme
des flots atjités , se roulent , se heurtent et se renversent. Je ne m'en étonne
pas, fa reiigion ne nous modère pas. Jadis l'innocence liabitoit les campa-
gnes; il n'éroit pas rare de trouver et l'honneur et la bonne foi sous des
toits Couverts de chaume : savcz-vous pourquoi , N. T. C. F. ? C'est que lo
laboureur, témoin des miracles de la Providence, invoquoit le Dieu qui
protège les moissons. Mais , quand la contagion a pénétré dans les chau-r
mières , quand la philosophie a souvent parlé de la nature cl jamais du Dieu
qui Ta créée, la foi s'est éteinte, et avec elle les bonnes mœurs. Hiches
propriétaires des campagnes , vous pouvez nous dire ce que vous avez à at-
tendre d'un peuple qui n'a pas de conscience; et maintenant on enlciici
répéter dans les villages les axiomes des incrédules qui, il y a cinquante
ans, ont perverti les salons de la capitale
)) Vous serez sans doute assez sages, N. T. C. F. , pour ne pas vous scan-
daliser des téméraires qualifications par lesquelles les hommes irréligieux
voudroient tenter d'atténuer le respect du à notre ministère. Ces inventions
sont vaines et anciennes : notre sacerdoce est uni à celui de Jésus-Christ;
nos fonctions sont nabl«», elles sont saintes ; sans doute elles peuvent être
au-dessus de nos forces, mais non au-dessus de notre zèle; Dieu soutient}
ses prêtres , quand ils sont humbles. I9ous cherchons à oagner les aroo^
pour les donner à Jésus-Christ : voilà /lotre conspiration ! lu^us sommes du
parti de saint VincenC de Paul , de saint François de Safes, de Bossuet/dé
Fénelon , «n pltftôt^ nous l'avouons avec gloire, nous sommes do parti d<j
JésDft-Cbrîst : Sgç awtem Christi. sr
M. l'évêque de Limoges défend la loi du jeûne contre les
objections de l'ignorance ou de la sensualité :
puis que l'impiété hideus'e a ouvert la'barrière a toutes les passions
toutes les erreurs, le nombre des prévaricateurs de la loi sainte s'est pro«
digieusement accru. Aussi, au lieu des transports et des ravissemens qu'é*»
prouvoient autrefois les pasteurs de l'Eglise en annonçant aux fidèles l'ap-
proche des saints jours consacrés au repentir et à la'réconciliation , nous
aurions suiet ()e déplorer d'avance les scandales, les profanations, les mé-
pris sacrilèges, les excès de tout genre qu'une triste expérience ne nous «
que trop appris à redouter. Oh, N. T. C. F., que l'influence du mauvais
exemple ne vous entraîne pas î Que peut le nombre contre Dieu ? Qua
( 70 )
▼OU» servira la rooltitnde en présence décelai qui doit juger chacun selon
ses œuvres? Qui sont-ils donc ces hommes contempteurs des lois les plu»
saintes, |)Our en faire vos guides et vos modèles r Ont-ils l'autorité des
apôtres , le zèle des martyrs , la pureté des vierjjes ? sont-ils mieux in-
slruits que les docteurs dans la science du salutr Je ne vois dcms leurs
rangs que des voluptueux , des superbes , des indifférons. Il en est dont on
vante les connoissances et les talen> : nous ne leur disputons point un fu-
tile savoir ; mais ne sunt-ils pas de ceux dont il est écrit que leur science
les rend insensés, que leurs ouvrages sont vains et dignes de pitié.
m Que sert à Thoinme , en effet , d'épier les secrets de la nature , d'en
étudier soigneusement les lois, s'il ne sait point rendre un digne hommage
a l'auteur de toutes choses? Que lai sert Je se perdie dans le vague de ses
pensées, dans l'obscurité de ses raisonnemens , de s'épuiser en systèmes et
en inventions, s'il ferme les yeux à la lumière, ne tient aucun compte des
vérités éternelles? Pourra-t-il donc, à force de bien dire, s'exempter de
bien faire? A quoi bon exceller dans les arts, faire ndmirer son industrie,
si , à force d'arrêter ses regards sur la matière, d'y fixer son es])rit, on en
vient à ne vivre plus que pour elle, à oublier ses sublimes deslinécs? Qu'ils
cessent de reprocher au vrai fidèle la petitesse de ses vues , la frivolité de
SCS pratiques, ceux dont l^teil ne voit que la terre, dont le cœur ne
désire que la vanité, qui se séparent, autant qu'ils le peuvent , du Dieu
qui leur donna Tétre, le niouvémeut et la vie. Il ne tient pas à eux qu'ils
ne retombent' dans le néant d'où ils ont été tires. Habiles a multiplier les
besoins, à irriter les passions, à faire naitre le doute et l'incertitude, ils ne
peuvent rien pour le bonheui* de l'homme, ils ne s-^vent que l'écarter de
ses devoirs, lui soustraire ses consolations et ses espérances. »
M. révéquc de Carcassonne, en félicitant ses diocésains
de leur empressement à secourir les pauvres dans la saison
rigoureuse qui vient de s'e'couler, leur retrace les disposi-
tions qui doivent animer les œuvres de charité; il craint
qu'ils n'aient été mus quelquefois par des motifs d'une
bienfaisance toute naturelle, et leur donne, à ce sujet, des
avis pleins de sagesse , qu'il termine ainsi :
« Purifions nos consciences criminelles par l'humble confession de nos
fautes au tribunal sacré, et par un vif et sincère repentir,, disposons-nous
à manger saintement le pain de vie à la table eucharistique. Déclarons-
nous sujets fidèles et dévoués de notre auguste monarque, que la divine
Providence semble avoir suscité pour assurer enfin la paix et le bonheur
de notre chère patrie. Formons des vœux ardens pour cette belle France,
qui , durant tant de siècles , fil l'ornement et l'adniîralion de l'Europe , et
ne cessa d'être-l'objet des complaisances du Très-Haut. Attirons les néné-
dictionsdu ciel sur nous, sur nos parens, sur nos amis et nos ennemis.
Embrassons dans notre charité tous les peuples de la terre j demandons
qu'éclairés des vives lumières de la foi, ils marchent tous dans les votes de
salut que -notre divin Sauveur nous a tracées , qu'ils vivent dans la paix et
Ift tïanquillîté la plus profonde sous les chefs que la divine Providence leur
(70
a donnas», afin que , n'ayant tous qu'un pire qui est dans le ciel , notis
nous montrions tous sur la terre ses dignes enfans, et que, marchant tous
sous rétendard de la croix , nous puissions tous arriyer un jour au séjour '
de Téternelle paix. »
M. TéTêaue de Strasbourg s'afQîçe des déclamations des
Journaux y des alarmes qu'ils répandent y de leurs invectives
contre le ministère ; il fait réloge des ministres actuels et
s'efforce de rassurer ceux qui s'effraient de notre position : •
a Que de motifs se réunissent pour relever tos espérances, N. T. C. F.!
Eloignez donc de votre esprit les craintes que les mecontens ne feignent de
ressentir que pour vous les communiquer. Bannissez loin de vous les ter-
reurs , par lesquelles ils essayent de vous mener à la jiaine du gouverne-
ment ; lis peuvent produire du bruit , de Ta^tation , de l'inquiétude , mais
un soulèvement, non. Reprenez le cidme; livrez -vous à vos occupations,
à vos travaux ; il ne seront point troublés. Vos propriétés vous resteront ,
vos emplois ne vous seront pas ôtés ; vous continuerez d'en jouir paisible-
ment sous la protection divine. Elle vous a fait naître sur un sol aussi
fertile que magnifique. Remcrciez-la du pp.rtige, dont elle vous a doués.
Est-il un peuple que vous puissiez envier? 11 a été de notre destinée d'en
voir plusieurs , et de vivre long-temps chez celui qui passoit por.r le plus
heureux.. Eh bien! nous l'avons vu chargé d'impôts qui vous sont incon-
nus ^ de redevances dont vous êtes affranchis. Nous avons vu que sa toH>
rance civile, tant pr6née par ses écrivains, étoit presaue nulle pour des
millions de sujets j et nous savons que, même aujourd'nui, elle leur op-
pose encore des restrictions , qui n'exbtent en France pour aucune classe
de nos compatriotes ; nous avons vu que sa liberté, si vantée par lui-même,
^oit encore loin de la vôtre. Certes, vous possédez toutes celles qui peut
s.ë concilier avec le bonheur des particuliers , la sûreté de l'Etat. Vous n'en
avez plus à redouter que l'excès. Car la licence a toujours amené h ruine
des familles et le renversement des empires, x)
M. Févêque de Bayeux expose sommairement les motifs
solides qui doivent nous porter à soumettre notre raison à
la foi , puis il continue ainsi s
foi et sa piété sont infiniment plus sages et plus raisonnables dans leurs
motifs qae la prétendue philosophie qui les repousse.
» Et que répondroient les ennemis ne la foi , si nous leur demandions , à
notre tour, quelle est leur croyance , et sur quelles preuves iU Tappuient ?
Toujours prêts à attaquer, ils ne le sont jamais à se défendre. En est-il un
seul quLait une croyance fixe et bien arrêtée? En est -il seulement c^eux
qui s accordent sur ce point? Qu'on réunisse tout ce que les philosopher
anciens et modernes ont écrit et enseigné sur Dieu et sur \% 6Ulte qu'il
( 7>)
fwthn rfliidrB* fw Vhompie^ sur tudeffq^f «luriP .n9t«r», «oanHiiA»»
•a fin, aei espérances, et l'on Pe trouvera mm Vains syptèm^fti bo»tfill»
éciirts 4'iiiM imagination en délire, étemelle» ceniFadktioos, înoont^
quences révoltantes, qui font roagir la raison même. x>
Il est à reofiarquer que presque tous ces prélats 9e fétt^i-
tent dea efforts qu'a faits ta charité des fidèles pour aoula^
ger les pauTres pendant la rigueur de l'hiver. Nous parler
rons une autre lois de quelques IVIandeoiens qu9 nous nV-
Tons jpu faire entrer ici.
aOf!TBLI.VS «€CLÉ8USTII^VBa«
Pàeis. Le sacré Collège et le clergé de Fmnce viennent
de faire une nouvelle perte. M» le cardinal d? Clermont-i
Tonnerre y archevêque de Toulouse» est mort dans cette
ville le dimanche 21 , à deux heures du niatin. L'illustre
prélat étôit âgé de 81 ans, c'est le dernier des évéques fran^
çais institués avant la révolution, qui occupât encore un
siège. Il avoit été d'abord évêque de Châloas-sur-Marne^
donna sa démission en iSoi, fut fait archevêque de Touf
louse en 1820 et cardinal en 189s. Sa maladie a été courte
et sa fin très -édifiante. Nous reviendrons sur, cette perte
qui sera surtout sentie dans, un diocèse où le prélat avoil.
conquis le respect et l'affection de son clergé par son zèle^
par $es vertus aimables et, par son attachement aux prin*
cipes« . ,
— Les conférences de St-Etienne^u-Mont » (|iti avoiëat
été quelque temps interrompues à cause de la rigueur du
froidr, ont repria et auront lieu tous les dimanches de ca-
rême. Les deux dernières ont route sur la spiritualité de
Tame et sur l'immorulité de l'ame. Dans l'une, M. l'abbé
Jammes a établi la spiritualité de l'ame par des preuves
morales et par des preuves métaphysiques : dans le premier
point, par les passions et par la parole; .dans le second
point, par la faculté que nous avons de penser, de nou9
mouvoir et de nous déterminer librement. Ici l'orateur a
i;éfu.té le docteur firoussais par Tautoritë de Âoiijss«aU| et
(75)
a montré qu^ la matière ne peut se monvair A%lljç^jnènie^
Dans Tautre conférence , M. le curé de St-Etiepnca traite
de l'iminortalité de l*ame et l'a prouvée par les attributs^
divins de S9gc8se, de bonté et de justice, par le sentiment
unanime de tous les peuples et par le désir que nous avons
d*tin bonheur sans fin. M. le curé étant fort t)ccupé pen-.
dant le carêuie j c'est M. Fabbé Jammes qui fera la confé««
rence tous les dimanches. Dans celle, du premier dimanche
de carême , il traitera de la religion considérée comme le
fondemefit nécessaire de la morale.
«-» Le jeudi 4 mars, à deu^ heures, il y aura une assem-
blée de ciHirité dans l'église Saint-Thomas-d'Aqniny en fa-
veur des catholiques de Lausanne et pour aider à la con-*
struction de leur église. M""* la duthesse de Berri se propose
d'y assister. M. l'abbé Jammes , aumônier de l'école poly*
technique, fera le d\sc^urs qui roulera suf l'ceuvre méii^e..
Après le discours , M. l'évêque d'Hermopplis donnera le sa-
lut. Les quêteuses sont M"''' la baronne de la Bouilleriç e(.
My la barpnné de Chambrun. Les personnes qui ne pour-
roient assister à la réunion» peuvent adresser leur Qi{rande
à ISV^^* les quêteuses, ou à M. le curé des Missions. Noua
ne reviendrons pad sur les motifs qui doivent intéresser le»,
fidèles à cette oeuvre pieuse j nous les avons dféjjà expose^.
dans ce journal et nous ne doutons pas que le prédiçs^-*
leur ne les fasse valoir encore bien mieux.
«-^ Un journal plein de ÉienVeillance pour le clergé , e^
qui recueille soigneusement tous les faits à c^rge coiHre
les prêtres } $e plai^uoit derniëremeut qu'il y tLVoit une,
facUon qui ne pouvoit souffrir qu'un prêtre fût mis en ac-*
cusation, et qui mettoit tout en ceuvre pour faire évader ou'
acquitter tout prêtre traduit devant un tribunal. Si la chose
est vraie , nous en dîruns la cause à la Gazette des trihunéè^ar^^
c'est qull y ^-^msi une faction qui parolt- prendre plaisir à^
accuser les prêtre»^ qui s'en va ramassant contre eux les^
bruits les plus absurdLes» qui exagère, qui (envenime tout
ce qui les concerne. Si l'excès de rinjusiice qui les j^our**
suit, si 1a haine qui s'attache 4 les flétrir excitent un inté«
rêt plus vif parmi les personnes attachées 4 la religion , c'est
un sentiment tr^i-naturel , très-louable , et qui n'a certai-
nement rien àe factieux. Au reste, la faction qui poursuit
les prêtes devient chaque jour plus violente daciys l'e^pre^
.( 74 )
sîon de sa haine. La même Gazette ci toit, il y a quelques
iqu ]
supporter, et il a iiominë pour exemple la loterie, les mis~
sionnaires et les Jésuites, fléaux qui soxt tolérés, plaies qu'on
ne peut cicatriser. Ne faut -il pas avoir perdu toute pudeur
pour justifier la tolérance des filles publiques par là tolé-
rance des missionnaires et des Jésuites? N'y a-t-il pas
dans ce rapprochement l'excès d'une passion aveugle et qui
se décrédite par ses propres fureurs? Et ce n'est pas un seul
journal qui montre cette haine pour la religion et pour ses
ministres j le Temps, nouveau journal fondé-, à ce qu'on dit,
Ër les députés de la gauche , le Temps disoit le. 19 février :
jeunesse du siècle , forte d'études consciencieuses, doute à
cette heure que, dans le système du catholicisnie, puisse se com^
plaire et se reposer l'esprit humain de nos jours; jamais religion
ne fut plus gauchement servie et plus mal préchée, Parcçurez
toute la hiérarchie : parmi les hauts et les puissans , finesse et
ruse pQur la politique mondaine; parmi les subalternes, humilité
qui dégrade, ou tartuferie qu'on méprise i Ainsi l'esprit de fac-
tion a^f elle à la fois le mépris et sur le corps entier de la
religion et sur toute la hiérarchie , où on affecte de ne voir
que des vices dée^radans. Effectivement, des hommes qui se
dévouent à catéchiser l'enfance , à ramener à Dieu des âmes
égarées, à soulager les pauvres, à consoler les mourans,
doivent paraître des êtres inutiles ou méprisables, quand
on les compare à des écrivains qui passent leur temps à
exciter les passions, à calomnier les uns, à irriter et aigrir
les autres, à jeter partout des semences de troubles et de
discorde. Enfin un journal, le Figaro, a passé toute me-
sure dans un article de la semaine dernière. Si les pauf^res
ont froid, disoit-il à la fin de son Jfrticle, qu'ils mennent se
réchauffer en écoutant la parole de Dieu; les sermons ne leur
manqueront pas. S'ils ont faim ^ qu'ils s^ approchent de sa sainte
table poUry recei^oir sa communion, sousdes apparences du pain
et du a}in; ils n'auront pas d'indigestion. Lecteurs chrétiens ,
nous pardonnerez-v»us d'avoir mis sous vos yeux' ces im-
piétés grossières? Voilà donc jusqu'à quel point de délire
descendent nos ennemis! Et de pareils outrages restent im-
punis ! L'autorité reculeroit-elle d^Hjc devant le nombre et
{ jS )
la hardiesse des coupables? Que deviendra la sociéie livrée
à un tel esprit de vertige? Puisse ce premier.cliâti nient ne
pas nous en préparer d'autres !
KOTJVELLES POLITIQUES.
Paius. a mesure que les députés arrivent à Paris , le Constitutionnel dit
qu'ils se cherchent pour se communiquer leur «olère. Il est ou ne peut
plus content de leurs dispositions j elles lui font augurer que l'adresse de la
chambre sera yerte. Cependant il avoue qu'il se rencontre par-ci, par- là
des esprits timorés , qui ne paroissent pas d'avis de faire les insolens , et qui
voudroient qu'on employât des formes respectueuses vis-à-vis de la cou-
ronne : tels sont. , dit-il, les agrégés de Mont-Rovgo; on n'en peut rien tirer
de bon , et si on vouloit les écouler, l'adresse au Roi ne coutiendroit pas la
plus petite impertinence. ÂJnsi , vous voyez que cette maudite école de
Mont-Rouge continue de porter ses fruits , et qu'elle a gâté nos affaires pour
un temps inûni. Vous lavez détruite; mais c'est comme si vous i^'aviez
rien fait, ses agrégés ont gardé leurs mauvaises habitudes d'obéissance et
de respect envers l'autorité royale ; ils ne peuvent pas sortir de là , c'est
plus fort qu'eux; on a beau leur remontrer <}ue les majorités sont évidem-
ment factieuses, et que sans eux il n'y auroit qu'une voix en France pour
la révolte et l'anarchie; rien n'y fait, ils veulent absolument rester dana
la vieille ornière de soumission el de fidélité où la criminelle école des Jé-
suites les a embourbés. Mais n'importe , le Constitutionnel en prend son
parti , et il nous fait espérer que les affîiires de la révolution se feront bien
sans les agrégés de Mont-Rouge.
— Le Roi a envoyé 4oo fr. à M. le maire de Boulogne , près Paris ' po«t
les pauvres de cette commune.
— Sur la demande de M. le vicoipte de Perpîgna , le Roi a accordé uno
somme de 1,000 fr. pour les pauvres de la ville de rau.
— Le Roi , informé par M. le sous-préfet de Tonnerre de l'état déplorable
où la rigueur de la saison a réduit la classe indigente de son arrondissement,
a envoyé à ce magistrat une somme de 600 fr. pour leur soulagement.
— Sur la demande de M. Colomb, député des Hautes- Alpes , le Roi a
donné un secours de 5oo fr. pour les pauvres de ce département.
— Le Roi a accordé un secours de 3oo fr. pour les indigens de la com-
mune de Saint-Projée (Charente).
— ^ime )3 Dauphiiie a fait remettre un secours supplémentaire de 200 ir.
aux dames de la Miséricorde de Niort.
— M. le duc d'Orléans a envoyé 600 fr. au maire de Solers (Seine-et-
Marne) , pour les pwvres de cette ville;
•^ M. le prince dePolignac est rétabli d'une indisposition q ue les jo.ur-
naux du parti avoient fortexagérée. Le conseil des ministres s est assemblé
chez S. £xc. mardi dernier.
( y6)
«—M. U comte du Pire de Loc-Marin , lieutenaiit<^coletield*infatiterie,
C9t nommé soai-Hiirccteur du pertonncl au raînistèie de U gnenre*
— M. DutiUeul , inspecteur-génénd des finances, est nommé conseiller-
niattre en la cour des comptes, en remplacement de M. Gillet de la Jaque-
minière, admis à la retraite.
— M. de Montbel , ministre de Tintéi leur, a fait remettre , sur ses fonds
personnels, i la disposition de M. le maire de Toulouse, une somme de
2,000 fr. pour soulager les pauvres de sa ville natale.
— Les officiers du régiment de hussards de Chartres et du 3* bataillon
du 38* régiment de ligne, en garnison à Neubrisach, ont fait, avecles ha-
bilans de la ville, une collecte pour les pauvres, (|ui s>8t élevée à ';^oo fr.
— Un journal libéral donne le nom des candidats de Topposition à la
présidence de la chambre élective. Ce sont MM. Bojer-Cothnl , Gircxl de
fAiD , Sébastian! , Casimir Perrier «t Dupin atoé.
— ' On désigne pour candidats royalistes aux prochaiDe» élections d'An-
gers MM. de Ouemon-Ban ville ef Ferdinand de Bertier.
•^ On assure que l'expédition d'Alger se composera de 4o,ot}o hommes,
et que chacun des régimcns d'infanterie sera appelé à fomrrnr un contingent
cfu'accompagnera le lieutenant-colonel; de sorte que la gloire qui râuU
fera de cette campagne appartiendroit & Tarmée entière. Le commandant
en chef n'est point encore nommé.
-*-M. le colonel baron de Saint -Clair, auteur de li brochure intitulée
Mémoire au Hoi et avs chambres sur f assassinat du duc dû Berri, a été ar-
i^é mercredi dernier. On a saisi en même temps , chez lui , les estemplaires
de cet ourrace. MM. les ducs Deca2es, do Maillé, d^scars, et le vicomte
Paoltu de la Motte, ayoient porté plainte en calomnie contre lui.
— La cause do Globe et du National, qui ont provoqué au chan^^ment
de djmastie, a été appelée , mercredi dernier, :iu tribunal correctionnel;
mais elle a été renvoyée à qnihzaine , attendu l'indisposition de M. l'avocat
du Roi Levavasseur, chargé de soutenir la prévratton , et sur la deigiandc
dea^âeara Maaguin, avocat *Ui National, et Benonard , avocat du Glahe,
— Le sieur Châtelain , f^érant du Caurrier français', a encore comparu,
jébdi clemier, devant le tribunal correctionnel , pour outrages et diffama-
tion envers les membres de ce tribunal , eu rendant compte de la condam-
nation Qu'il lui ayoït aoplîquée pour offenses envers M. Je préfet de police.
Malgré la défense de Pavocat Mérilhou, ce jourmliste a été Cottdamné,
fioar ce nouveau fait , à quinze jours de prison et 3oo fr. d'amende , con-
ibrmément aux conclusions de M. Gustave de Beaumont , substitut du pro-
cureur du Boi.
*- Dans son audience de jeudi dernier, la cour royale a con6rmé îe juge-
ment du tribunal correctionnel cçm^i condamné le sieur Bohûin, gérant du
Figaro y à six mois de prison et i,ooofr. d'amende, pour outrages envers la
personne du fioi dans le numéro de ce journal du août dernier. La préven-
tion a été soutenue par M. i'avocat-géuéral Bérard-Dcsglageux ; le prévenu
a été défendu par l'avocal Dupin jeune.
— La duchesse de Goyaz , fille naturelle de l'empereur du Brésil et de la
marquise de Santos, est arrivée le 22 à Paris.
^- M. de CourtivTon , attendu son graud àçe , a donné sa démission des
ftmetions de maire de Dijon , mi'il rempfissoit depuis huit ans. Il est relu*
placé, sur sa demande, par M. Philippe de Courtirron, son neveu.
( 77 )
— La chambre des mises en accusation de la cour royale de Douai ayant
déclaré non-reccvable l'appel inteijeté par le gérant de VEcho du yord de
l'ordonnance de la chambre du conseil au tribunal de Lille , qui le renyoie
devant la police correctionnelle, le sieur Leleux. s*est pourvu eu cassation.
— L'armée vient de perdre un de ses plus anciens officiers dans la per»
flonne de M. de Sallayne , ancien officier de cavalerie , chevalier de Saint-
LiOois , mort au Mans à Fâge de cent deux ans. Ce doyen des militaires fran*
cais avoit assisté à la prise de Berg-op-Zoora, et avoit été blessé au sièg« de
]6taë9tricht en 174?/
— M"* de Corbière , mère de Tancien ministre de Tintérieur, vient de
inomrir à Bennes à l'âge de 98 ans.
•» La fonderie deToulouse a reçu l'ordre de couler des obuaiers de hait
pouces de diamètre, pour le 3o avril au plus tard.
— Le comte de Merode -Westerloo, père, grand d'Espagne de première
classe, ej( -maire de BrmeUes, ancien sénateur de France, est mort à
l^ruxeîles le 18 de ce mois.
T- La grande«-duchesae de SstjLe - Weymar - Eisenach , née Landgrave de
liesse Darmstadt, est morte le i4« è "Wisymar, âgée de plus de 73 ans*
— Il paroit certain que k prince Léopold de Sax&-Coboarg a accepté, \t
31 février j la souveraineté de la Grèce.
— ' Les journaux de Buenos- Ayres annoncent -que la paix s'est rétablit
clans la république. Le sénat a été dissous et le congrès devoit se réunir le
i" décembre* Le noQC^>re des représentans de la provinco de Buenos-Ayret
est de 4^* lie président est le docteur Philippe Arana. Les vice-présioeiis
9onV Jo&e Viamone et Juan del Pino»
— Dans la séance de la chambre des communes d'Angleteire, du 2$ de
ce mois, M. Grant a présenté une motion tendant à rm?ver Ice Juifs dos
incapacités qni pi^nt sur eux.
— On vient d'exposer à Borne un grand t'^bleau représentant le Pape
Pie YIIl porté processionncllement dan^ l'église de siûnt Pierre. Ce tableau
doit être eovoyé à Paris. /
— Le marquis de Cbavèa a donné da^ telles preuves de démence, qa*il
a été arrêté.
— Le Sund ayant complètement gelé pendant les derniers froids que l'on
a éprouvés avec la pleine rigueur dans toute l'Europe , lea habitans d'£Jse-i
neur ont profité de l'occasion pour mesurer la largeur de ce détroit , laquelle
a été trouvée, dans la partie fa plus resserrée, de 6,665 aunes de Suède ou
n,;»^^ toiles de France.
— De nouveaux troubles ont éclaté au Mexique en décembre dernier. Le
vice-président Bustamente a réuni une armée à Jalapa et s'est emparé de
Piiebla. Sou but étoit de renverser le président Guerrero. Celui-ci , se voyant
menacé , a quitté Mexico povir attaquer son adversaire ; maïs , après son dé-
part , un soulèvement eut lieu dans cette capitale en faveur de Bustamente ;
presque tout le Mexi<(ue se déclare en faveur de ce dernier; cependant Santa*
Anna a pris le parti de Guerrero. Au surplus, le congrès de la république
doit s'assembler cette année pour réélire uQ; président et reviser la con-r
stitution.
-r- La province de Venezuela s'est déclarée indépendante de la Colombie.
Le géncrul Puez est pr^t, a^œc io>,ooo hommes, a tenir tête à Bolivar pour
cette province.
(60 )
^prciiTes , et on ii*a rien omU fmar faire disparottre les incorrections <fe
quplque imnortance. L'œil du caractère e&t agréable et commode à la vue »
il est interligné , et le papier est bon et bien collé. Cette édition est ap-
prouvée par M. l'archevêque de Malines , le lo août dernier ; le prélat avoit
nommé un réviseur pour examiner l'ouvrage. Les quatre volumes , d'uti
format portatif, sont du prix de 18 fr. Le libraire esp^^re que cette édition
sera appr^iée par le clergé de France , comme die l'a été par celui des
Pajs^nas.
A cette occasion , nous dirons un mot de Tédition de la Théologie morale
de Liguori, qu'a donnée le même libraire , et que nous avons annoncée. On
s'est aperçu que les éditions faites en France et dans les Pays-Bas sur l'édi-
tion de Bassano étoient pleines , non-seulement de fautes typographiques,
mais d'erreurs et d'omissions. Cette découverte , que l'on a faite quand les
premiers volumes étoient déjà imprimés , a servi du moins pour les suivans.
A force de recherches et après un examen attentif, on est parvenu à recti-
fier une multitude d'erreurs. Ces rectifications sont réunies dans un êrrain
assez considérable ajouté an dernier volume. On a eu soin aussi d'éviter la
liberté que se sont donnée quelqnes éditeurs de changer des passages qu'ib
ne comprenoient pas et de taire dire à l'auteur ce qui étoit loin de son in-
tention; on en trouvera des exemples, entr^autres, liv. III, n<** 196, 421 et
426 , en comparant la présente édition avec les éditions antérieures. La
table aussi étoit fort défectueuse dans celles-ci , et on l'a rendue plus exacte
et par conséquent plus utile.
Depuis plusieurs années, M. Hanicq a donné un bon nombre d'éditions
des livres qui conviennent surtout au clergé ; la Théologie de Dens , en
7 vol. în-8* -, le Commtmtaire de Jansénius sur les Srtmgilês, 2 vol. in-8* ;
le Bullairê de Benott XIV , i3 vol. in-12 ; le Synode diocésain, du même,
4 Tol. in-12 ; les ouvrages du Père Veith , savoir, l'Ecriture sainie défendue
tontre tes incrédules, 5 vol. in- 11; de la Primatie du Pape, rèfutœUon de
Ricker et dissertation sur la doMe délectation, '3 vol. in- 12. Nous avons
successivement rendu compte de ces ouvrages , qui sont tous en latin.
On trouve chez M. Hanicq la Théoiogie dogmatique de M. Liebermanen ,
grand -vicaire de Strasbourg, en 5 vol. in -8", Mayence, 1827. Nous en
avons annoncé les premiers volumes dans ce journal. Léon XII , à qui
l'auteur avoit fait hommage de sa Théologie, lui adressa le i3 août 1828 un
bref honorable , 011 il le félicitoit de ses travaux et de ie& sentimens à l'é-
gard du saint Siège.
Enfin M. Hanicq annonce une nouvelle édition de la Pratique pour la ^
célébration de la messe, par Romsée , professeur au séminaire de Liège. '
Cet ourrage , en latin et en 5 vol. in-12 , doit paroUre à Malines, au mois
d'avril prochain.
Le Bréviaire romain et les autres ouvrages que nous avons nommés se
trouvent aussi à Paris chez M. Méquignon- Junior, et chez Adr. Le Clere
et compagnie , au bv reau de ce journal.
l
J^ Qi.*i»A, Tittïm U €utt.
Mercredi 3 mars i83o. (
Traité de V amour de Dieu, par le comte de Stolberg, LiacIuU
de l'allemand , avec des notes , par MM. Waille et D.
Le comte de Stolberg fat un des écrivains les plus dis-
tingués de VAllemague dans ces derniers temps, et il y a
laissé une grande réputation. Le. rang qu'il teooit dans le
toonde, la variété de ses coilnoissances, le nombre et le mé-
rite de ses ouvi-ages , l'éclat de sa <!on version et la persévé-
rance avec laquelle il soutint cette démarche , le lèle qu'il
montra pour la religion , tout a contribué à lllustrer.son
nom y tout recommande sa lAémuire aux yeux des hommes
sages et éclairés. Nous avons donné autrefois dans ce journal
une notice sur sa vie et sur ses ouvrages. On pouvoit re-
gretter que ces écrits , rédigés dans une langue étrangère ,
lussent peu tconnus parmi nous. Il paroit que deux jeunes
littérateurs se proposent de les traduire successivement. Ils
ont commencé par le Traité de V amour de Dieu, qui fut une
des dernières productions du comte, qu'ils appellent le
"Chant du cygne , et qui mérite ^ disent-ils , d'être placé sur
la même ligne que le célèbre ouvrage de saint François de
Sales. Nous n'essaierons pas de contester cet éloge, qui
pourtant nous étonne un peu; nous avons peine à croire
^u« le livre d'un laïc et d'un homme du monde , quelqu'es-
timable qu'il fût, puisse être placé sur la même lisne que
celui d'un saint évêque, nourri dans la pratique des plus
hautes vertus et reconnu comme un des plus nabiles maî-
tres dans les voies spirituelles. Nous avons parcouru l'ou-
vrage de M. de Stolberg et nous y avons trouvé d'excel-
lentes choses, des réflexions solides , un grand nombre de
citations bien appropriées au su jet. et un riche fond de piété.
On voit que Fauteur avoit étudié la religion et s'étoit ac-
coutumé à méditer sur son esprit et ses pratiques. Mais son
Traité nous a paru ne pas avoir tout l'ordre qu'on pourroit
y désirer ; M. de Stolberg s'y livre à des digressions , et on
cherche vainement le plan qu'il a suivi et l'enchaînement
de ses idées.
Tome LXIIL L'Ami de la Religion et du Roi. F
.r ( 82 )
Pour nous faire une idée de ce plan , nous avions voulu
consulter le sommaire des chapitres ; mais il n'y en a pas.
Les éditeurs se sont dispensés de ce soin. De plus , les cha-
pitres n*ont point de titre, de sorte que le lecteur ne sait
point quel en ?era le sujet y ni où il retrouvera ce qu'il dë-
sireroit revoir. Nous avons cherché à j suppléer pour nous-
même et nous avons dressé un sommaire des chapitres, qui
put faire connuître au lecteur la suite et la liaison des ma^
tières. Ce travail , quelau'imparfait qu'il puisse être , sera
toujours préférable au défaut absolu de semblables indica-
tions que présente le volume dont nous nous occupons!
Voici donc ce qui nous paroi t faire l'objet des diffiérens
chapitres. Le premier traite des preuves de la foi en géné-
ral ; le second, de Dieu et de ce«qu'il est ; le 3' d»i précepte
de l'amour; ie 4% de la chute du premier homme et de la
miséricorde de Dieu à son égard; le 5', des bienfaits de
Dieu envers nous et des souâ'rances et des exemples de
Jésus-Christ; le 6", qu'il n'est point d'amour sans ramour
de Dieu ; le 7", de l'esprit du monde ; le 8', du partage-entre
Dieu et le moûde; le 9% de l'humilité, fondement de Ta-
mour; le 10*, de l'amour et de la crainte; le 11% des illu-
sions dans l'amour de Dieu; le 12^, du motif d'intérêt pe ré-
sonne! dans la vertu; le i3', de la prière et de Tamour du
prochain ; le i4S de la manière de prier ; le i5*^ du soin de
marcher dans les voies de Dieu et du désir de lui plaire; le
16* enfin, des effets de Tamtour de Dieu.
Nous avons remarqué avec étonnement, dans le cours de
l'ouvrage , quelques, propositions qui ae nous ont pas sem-
blé conformes à Texactitude théologique. On Ut, page 18 :
Zju ùharité est donc notre bien unique, parce que c'est ^' elle que
vient tout ce qu'il y a de bon, et que, sans elle, tout n'est que
vanité; il y a bien de l'affinité entre cette phrase et plusieurs
des propositions condamnées pai* la bulle Unigenitus, L'au-
teur dit, pa^e 14» : Times nos actions doivent oi^oir pour nuh-
bile l'amour de Dieu; c'est encore là une exagération trop
familière à un parti auquel M. de Stolberg nVtoit pas sans
dx)ut^ affilié, mais dont il a reproduit le langage sans, y
jpefk&er.JP$i^fi.7o%: jippujrée sur la foi et l'amour, U espérance,
par cette réunion, devient une vertu chrétienne. Nous ne savoAS
si ces proposuions sont bien littéralement traduites de l'o-
riginal , mais elles paroissent empruntées à la même école.
(.85 )
A k fM^ 92 f rautoai' se fait cette qoestioD : Dieu n'a^ù*ii
pas seul Fexisten^e *wéritaibl9, puisau'U a en bù^méme l'exisiemee?
£t il répond : Non, il n^afku t existence, car alors V existence
seroit hors de lui. Cette réponse n'est-elle pas une pure sab-
tîCté ? De telles pensées sont-elles bien propres à nourrir la
piété? ^ ' ^
Le volume est accompagné du portrait du comte de Stol--
berg et d'une notice sur cet écrivain. De plus, les traduc-
teurs ont ajouté quelques mots dans le texte ou quelques
notes* Ces additions étoîent pour la plupart assez peu utiles,
et ^ttiel^iies-unes ont l'air de n^avoir d autre objet que de
rappelé** le nom ou lès idées d'un auteur qu'on vouloit en-
censer.
* ' NOUVELLES fiCGLÉSIÀSTIQVES.
- Pàhis. La messe du SanK-^Esprit pour l'ouverture de la
sessioti >d<M( /chambies a été cél^^brée lundi à Notre-Dame,
lie Roi' y est aft'ive -à midi , ayant dans sa voiture son au--
f^Bte fife et les deasc princesses. M. l'archevêque a reçu le
loi à la porte de l'é^Use et lui a présenté l'eau bénite et
l^encens. S. M. ^tant rendue k sa place, Tolfice divin a
cmnmencé. M. i'arefa^vêque a célébré la messe, pendant
laquelle on a exécuté des morceaux de musique. Le Roi a
ém ensuite i^conduit avec le m^me cérémonial. Un assez
gvand nombre de pain» et de députés ont assisté à la céré*
nïonie; il y avoit beaucoup plus de députés que les deux
années précédentes.
~ M. l'arehevéquë commencera vendredi prochain ses
instfuctions pour le carême. Le pt<e1at prêchera en faveur
des prisonniers pour dettes , pour lesquels il y a ordinaire-
ment «ne assemblée de charité au commeiicemeiit du ca-
rême. M. l'archevêq^ue est président de la société poar le
soulagement et la délivrance des prisoniiiers , et atoit dëjà
bien voulu, Tannée dernière, faire le discours pour cette
ceuvre. La qoétè sera faite, après le discours, par M*^ la
Fi
(84.)
vicomtesse de TLélusson etpar M'"* Desgiaîeux, ne'e d'Or-
inesson. Les dons peuvent être envoyés chez M"'* la vicom*
tesse Danibray, tresorière de l'œuvre.
•—Le mercredi 3 mars , il y aura une assemblée de charité
dans l'église Saint-Sulpice , pour la maison de refuge des
jeunes condamnés, rue Samt-Etienne-des-Grès. A deux
heures préeices , le sermon par M. l'abbé Defarge. La quête
sera faite par M** la duchesse de Guiche et M*** Alexandre
Cauchy. On peut adresser les dons aux administrateurs que
nous avons nommés dernièrement , en citant la lettre qu ils
ont publiée pour répondre aux calomnies répandues contre
la maison, pfous recommandons d'autant plus volontiers
cette œuvre , qu'on s'efforce davantage en ce moment de la
déprécier. Depuis 1817, la maison du refuge a reciidilli près
de 25o enfans, elle l«s a arrachés à la perversité, leur a
procuré un état , et elle veille encore sur eux après qu'ils
sont sortis de l'établissement. Il y a habituellement au re-
fuge 4o enfans , 6 ateliers y sont en activité. Il est vrai que
la maison a été fondée par un vertueux prêtre , et que 1 é-
ducation des enfans est confiée aux Frères des écoles chré-
tiennes ; mais si c'est là , comme il y a toute apparence , ce
qui a suffi pour indisposer les geas du parti contre une
œuvre à laquelle la religion préside , cette même raison in<-
spirera aux âmes pieuses et charitables plus d'iutérèt pour
une institution conçue dans les vues les plus puxês, et doiit
les résultats sont constatés par l'expérience. A^itrefpis les
jurés faisoient presque toujours quelque aumône à la. mai-
son , on cherche aujourd'hui à les . détourner de ce louable
usage ; c'est une raison de plus po^r les bonç espriu de con-
tribuer à une œuvre vraiment chrétienne et émineminent
sociale. ;
— ^ Le doyen des évêques français, M. le cardinal de
Gleruiont-Tonnerre est mort à Toulouse le 21 février, apjiès
une courte maladie , comme nous l'avons déjà annoncé.
Anne -Antoine -Jules de Glermont- Tonnerre étoit.né.à
Paris le 1" janvier 1749; il embrassa l'état ecclésiastique,
fut de la maison et société de Sorbonne, et fut reçu docteur
le 24 juin 1782. Au sortir de sa licence, il devint grande-
vicaire de Besançon , et fut pourvu de l'abbaye de Monsder
en Der, diocèse de Châlons. Le ftoi le nomma à Tévêché de
(85)
Codions, en remblaicement de M. de Jùigné, quipassoitau
siège de Paris. M. de Glermont- Tonnerre fat sacré le
i4 avril 1782. Député aux états -généraux, il y vota avec
tous ses collègues , et signa toutes les protestations du côté
droit et V£xpositwh des principes des évéques. Il parut sous
son nom , sur les matières alors controversées , une Lettre
pastorale du i4 janvier 1791 et une Instruction pastorale
et Ordonnance du 28 mai suivant; celle-ci est un des écrits
les plus remarquables qui furent alors publiés. Nous avons
dit ailleurs au il y avqit lieu de croire que M. l'abbé de
Boulogne, alors grand -vicaire de Ghâlons, n'éteit point
étranger à la rédaction de ces pièces ; elles portent le carac-
tère de son style , et M. Févêque de.Gbâlons, quoiqu'il eût
lui -> même beaucoup d'esprit et qu'il fût très - capable
d'écrire^ se trouvant distrait par d'autres affaires, avoit
probablement chargé son grand-vicaire de tenir .la plume
dans cette circonstance. Le prélat isortit de France après la
session dé l'assemblée constituante, et paroit s'être retiré
en Allemagne. Il signa , en 1 798 , l'Instruction des évêques
' émigrés sur les atteintes portées à la religion. Il donna sa
démission en 1801, et vécut dans la retraite. £n i8i4> le
Roi le nomma pair, pour le dédommager de la pairie qu'il
avoit comme évêque de Ghâlone.. En 1817, le prélat fut
nommé encore à ce siège, mais cette nomination n'eut
point d'effet, et le siège ne fut pas rétabli* £n 1820, le
prélat fut nommé à l'archevêché de Toulouse , dont il prit
possession le 16 octobre. Il manqua rarement l'occasion de
se prononcer, soit dans ses discours, soit dans ses Mande-»
mens, sur la, situation des affaires de la religion et sur les
besoins de l'Eglise. Le 2 décembre 1822 , il fut déclaré car-
dinal , sur la présentation du Roi. Etant allé l'année sui-
vante à Rome pour le conclave, il y publia une Lettre
pastorale qui fit beaucoup de bruit. Il y exprimoit ses
vœux pour la religion et pour l'Eglise ; les libéraux jetèrent
les hauts cris, comme si le salut de TEtat étoit compromis
par cette Pastorale. Elle fut déférée au conseil d'Etat , et on
arracha au ministère une ordonnance qui déclaroit la Lettre
abusive et la supprimoit. Voyez ce que nous avons dit de
cette affaire, 11°' 983 et suivàns, tome XXXVIII. M> le car-
dinal ne réclama point contre l'ordonnance et encore moins
contre les déclamation» des journaux; mais deux bons
(86)
écrits prirent sa défetisê; l'un intitulé : Des A^els comme
(tabus, pjur M. l'abbé Clausel de Montais^ «ujourd'hut
évéque de Chartres ; l'autre : Examem impartial de l'ams du
conseil d'Etat, par M. l'abbé Fayet. On se rappelle qti^elle
fut la couduite de M. de Glermont^Tonnerre lûrs des or-*
donnances du mois de juin. Il Toulut encoiïe^ malfpré son
grand âge ^ allftr à Rome l'année dernière ^ pour le eonclaye ;
c'est dans ce Toyage qu'il se démit ie col du fémur, acci->
dent dont il ne se rétablit jamais narfaitesnent. Il retimraa
cependant dans son diocèse , et s y iiyra, comme aupara-
vant, aux soins de l'administration. Son zèle, son acttrité
d'esprit , sa gaîté même ne Tabandonnèrent jamais. Il étoit
cher à tout sou clergé , avec lequel il entretenoit les relar-
tions W plus paternelles. Il parloit quelquefois dans des
cérémonies , et nous avons entendu de lui ^ dans une réu-
nion pieuse, un petit discouiY fort bien fait. Une courte
maladie l'a enlevé le dimanche *ii févnor. Feu de jours
auparavant , il avoit publié son Mandement pour le carême,
où il avoit annom^é l'établissemeut à Toulouse d'une mai^
son de missionnaires. Il avoit appelé à cet effet M. l'abbé
Raiizan et ses coopérateors. Yoici en quels termes il parloit
de cet établissement et du bien qu'il en attendoit :
« lî est bien consolant pour nous , ^: T. C. F. , d*«voir à Vous f annon-
cer,, au moinont où nous ayioBs le pltts à cràînchw dé voir dUpitrottre dé
cette ville le pietu étAblissemênt qu'y oYoit &)t\vé un Kitnt et ténéimblc
prêtre^ dontja perte noua a été si sensible , a affligé toutes les belles aines
et jeté la consternation dans tons les cœurs. La maîsoi? de Saint-Sauveur
fie sera point perdue pour la religion grâces aux sentimens rcliaieox et
au désintéressement de ses nobles héritiers, elle est conservée telle que Ta-
voit étaWie , â ies propréi finais, son illustre fandateuf; Toutes «es grandes
et Ijelles pensées auront leur plQine et entière exécution i tontes ses inten-
tions et volontés seront d'çuiant mieux remplies qu'elles sont confiées à la
conj^regation des missionuaires de France, dont le chef, M. ï^abbé de Kau-
^T^^^fP^lî^'i^'^^^tV^ confiance et notre tendre vénération. Lrt mémoire
dp M, 1 abbé de Chieze , ce digne apôtre de Jésus-Chrîst , victime de son
me pour Je sglut des amct , que nous avons à regretter, sera célébrée^ten-
peJlement chaque année, et sa haute piété, ses éminentes vertu» ao perpé-
tueront ainsi d âge en âge sous Tégide de l'autorité épiacopale.
r.nxJu'J TT "^^ P}"'^ \7' ^' ^* » i' satisfaction db vous offrir un es-
iî^L à JLr^!.*!"® \^ retabhssemenf de la maison de Saiiit-Saûveur, des-
««Bdinfw r"""'*^ "" ï*"' "^T 'I^'^J-* ^'-'^ ^i'étendtc le3 mission* jus-
que Uans les campagnes de notre diocèse. « •'
(87 )
» Qqd bien n'y feront point ces hommes qai Mmblent étie enYbyé« da
Ciel! Places pour ainsi dire, par leur eénre de vie et la nature de leurs
fonctions , dans une région supérieure , ils commandent sans peine aux es-
Ï^rits y touchent les cceors, enflammoin les âmes et forcent le respect pour
es sublimes frites qu'ils annooœnt. Xa sainte liberté de ;kar \wf^y^, U
noble indépendinee de leur minisièie $ voilà ce qui donne tant de force i
kurs paroles , ce qui assure le succès de leur zèle et multiplie leurs con-
quêtes. Et quels succès n'obticnnenl-ils pas dans ce moment, N. T. C. F. ,
dans les missions de Montreje.iu et Montesquieu -Volvestrel Çudie édifi-
cation ne produiroient pas eu vous les détails que nous pourrions vous en
donner! Le temps vous les fera copnoltre avecceuiL <|ue nous attendons
des missiona de Fronton et de Grenade qui vont les suivre. »
Dans ce même Mandement» le yénéiable prélat, après
des avis sur la nécessité de la pénitence et sur les besoins
des pauvres, finissoit ainsi :
ft Grâces à. la piété» au zèle et anx vertus de nos respectables pasteurs,
nous voyons avec bonheur h religion fleuiir de plus en plus dans toutes les
parties de notre diocèse; un concours nombreux et remarquable de fidèle^
rempfit nos églises , les sacremens sont plus fréquentés ; ce qui comble notre
cwat de joie, c'est que, dans nos maisons ecclésiastiques, nos jeunes Icvitei
donnent les plus belles espérances par leur pjété et leur amour pour Tétude,
résaltat henreux et ai consolant des soins des supérieurs qui dirigent nos
séminaires avec autant de zèle que de bonté et de chanté, et nous prépa-
rent par ià de dignes ministres du Seigneur^ qui feront un jour la^oire et
rédiëcftion de l'Eglise. •
1» Mtiis pourquoi font -il éloigner un moment des idées si douces et si
consolantes, pour vous demander, N. T. C. F. , de redoubler de ferveur et
de prières» à rapproche de la session qui va s'ouvrir?
» Vous connoissez ios audacieux «t téméraires projets des perturbateurs
du repos public, desenneoûs de l'autel et du trûne ; vous voyez avec quelle
impudence ib osent vouloir dicter des lois ù l'auguste souverain qui nous
gouverne, anéantir ses prérogatives royales les )Hus essentielles, insulter
les dépositaires de son autorité , prétendre renverser les hommes de son
èhoix, auxquels il a donné sa coa&anoe, et faire courir chaque jour des
écrite pleins de fiel et de rage» remplis de mensonges et de calomnies*
» Mais avec qnel dédain ces dignes coneeiUerç du Boi ne laissent-ils pas
se répandre ces infâmes productions ! Le calme de leur attitude , leur noble
silence, doivent nous assurer qu'ayant tous le sentiment de leurs devoirs.
Ils sentent assez leurs forces pour réprimer, quand il en sera temps , des
actes de rébellion si coupables et si criminels contre le gouvernement du
meilleur des rois. %
Il est bien clfair que ce > passage a rapport aux déclama-
.lions des journaux, à leurs invectives contré le ministère,
aux conseils insolens qu'ils osent donner au Roi. Toutefois
(88)
il a plu au ConsHtuiionneh de faire entendre c[ue , dans ce
passage , le prélat dësignoit tes chambres , et que son Man-
dement n'avoit pas de sens , si on ne Texpliquoit ainsi. En
vain Son £m. s'expliquoit de la manière la plus positive.
Vous vcjrez, disoit«»elle , at^ec quelle impudence ils osent dicter
des lois. Or» cela ne peut s'appUouer aux chambres, qui
n'ëtoîent pas encore rassemblées. Le Mandement a été pu-^
blié à Toulouse le dimanche s^i , dix jours avant l'ouverture
de la session , et lorsque les députés n'avoient pas encore
parlé. L'article du Constitutionnel'e»t donc aussi calomnieux
que perfide ;«c*est une suite des attaques dont ce journal a
constamment honoré M. do Glermont-Tonnerre , que Fon
savoit très -bien ne pas aimer les libéraux. La conduite
de l'illustre prélat et les regrets de son diocèse le vengent
assez de ces insultes* M. de Clermont - Tonnerre étoit
cardinal du titre de la Trinité au mont Pincius y duc et p»>r,
commandeur de Tordre du Saint-Esprit et ministre d'Èut.
Les premiers symptômes de sa maladie se déclarèrent dana
la nuit du 1 7 au 10 février» mais on ne commença à conce*.
voir des alarmes que le 19. Le 20, on avoit perdu toute es-
pérance. Le malade demanda son confesseur. M. Tabbé
Laroque, grand-vicaire, l'engage à hâter Theure où on lui
apportei*oit les sacremens. Le vénérable vieillard comprend^
alors son état, fait son sacrifice, et se prépare à la cérémo-
nie qui de voit avoir lieu. A quatre heures, M. l'abbé Or-n
trie , grand-vicaire> hli apporte le viatique. M. le cardinal
ctokt revêtu des marques de sa dignité, et voulut rester la
iêté découverte. Il suivit les prièré)i et repondit aux ques-*
tions avec beaucoup de présence d'esprit. Il déclara ensuite
qu'il pardonnoit du fond du cœur à ses ennemis , et qu'il
demandoit aussi du fond de l'ame pardon du scandale qu'il
avoit pu donner. S. £m. remercia les autorités qui s'étoiont
rendues auprès d^elle , adressa à son chapitre des mots pleins
de bonté et de piété , et bénit son clergé et son diocèse.
Dans la soirée , le malade élevoit continuellement ses pen-
sées vers Dieu. Il perdit connoissance vers dix heures et
demie, et expira le 21 , à deux heures après minuit, après
que M. l'abbé Ortric lui eut appU([ué les indulgences in
articulo moHis. Sa maladie étoit un catharre pulmonaire,
r|ue sou âge et la rigueur de la s£^isou avoient rendu plus
grave.
( 89)
' — M. révéqac de Grenoble , dans «on Mandenienc pour
le carême , se félicite des fruits du jubilé dans sok diocèse ;
et du zèle qu'ont montré les pasteurs pour réteiîlcr la foi
des peuples.
oç Oh! si les iniastes détractears du ministère sacerdotal aroient été les
témoins de tant de fonctions laborieuses, de tant de prodiges de zèle, ils
eussent été forcés de conTenir qn'honneor et gloire, attacneœent et re-
connoissance sont dus à ces piètres dévoucsquî emploient leur temps,
usent leurs forces , consacrent leur TÎé à annoncer les oracles do Tre»-
Haut, à dissipa les téuèbrcs de righorance, à soutenir 1m pas de la vertu
chancelante, à cicatriser les plaies des pécheurs; à détruire les haines, à
réconcil&MT la créature arec le créateur, et à renouer le pacte dd ciel avec
la anrre. Les ennemis dé la relijgiou , de cette religion qui porte sur son
liront tant de caractères de diyimté , ne reoonnottront -ils pas enfin que ses
antiques racines ont pénétré jusqu'aux .plus profondes entrailles de noire
sol , et que toutes leurs calomnies , tous lenis outrages , toutes leurs persé-
cutions ne sauroient Ten arracher? Béni soii d&ne le Dùm et le Pore de
noire Seigneur Jéems- Ckrist qui nous a cemUés, en son fila, de toutes
êoHes de bénédieiione epiriiueile» I. Benedietus Dem / »
Le prélat rappelle ensuite l'esprit et les préceptes de la
religion sur la guerre qu'il faut déclarer à ses passions et
sur la fuite des sociétés dangereuses; puis il continue
ainsi t
« Co que la religion tous ordonne surtout , c'est que vous tous intefdî-
siezla lecture de ces livres funestes et de tant décrit» séditieux c[ui, sous
une apparence trompeuse, renferment un breuvage de mort. Qut pourtoit
peindre Tcffroyable chaos où ils ont jeté les esprits ! Qui pourrolt <Kfé dans
combien de cœurs ils ont éteint des sentlmens nobles et généreux? Et pour-
Suoi faut-il que , semblable à un torrent fougueux qui a rompu toutes ses
igues , ils iuondcnt nos villes et nos campagnes , ils portent leur limon
impur non-seulement dauë la demeure du riche, mais jusque dans la chau-
mière du pauvre ?
« Quand nous gémissions av.ec tous-, l'année dernière, sur les funestet
ravages qu'exerçoit Vhomnte ennemi dans le champ du Père de famille ;
auand nous vous annoncions les maux effroyables que vomiroit au milieu
e nous la licence de la presse, quelques-uns d'entre von» nous ont cru
abusé par des craintes vames et iraagmaires. Cependant ne les avez-vous
le trône et sa constitution , ne sont-ils io2l& tous les jours attaqués par une
ligue cruelle, la plus acbamée et la plus vaste que Ton ait jamais vue?
I4c sout-ils pas sans cesse renouvelés ces coupables efforts dont le but est
de rendre populaire Todieuse incrédulité et de renverser Tautorité tuté^
(92.)
5 ni ut répond point à ce qia*on yoiu deaiftode. Le C^wr^r frmmeaig, le
owmal Je Pùru et le GMê, diront aiuti. tant qu'on voudra, qn ils aont
dea rogralietei ooMtitutîonDels et de» amie de la liberté. Or, tous saves bien
que cela ne les empêche pat d'être jacobin». Quant à la question de savoir
•I vous étee athées, vous n'en dites rien du tout, vous aviez pourtant là
une belle occasion de faire votre prufeasion de toi , vous l'avez manqoëe.
Vous seroit-il indifférent d'avoir la réputation d'athées, et un pareil re-
proche vous parolt-41 une baf^telle?
— Vous saviez que la civilisation alloit on ne peut miens depuis quel-
que temps, parée qne c'est une chose cpii crève les yeux. Mais vous ne
vous doutiez pas de ce qui la faiscit si bien maraher? Un petit journal des
sciences et arts vient de nous l'apprendre, et nous allons vous le dire à
notre tour : C'est qu'il s'est forme à Paris une Société de la civUisaiiom
qui fait des mei veilles  ce qu'il parott. Cela ne vous étonnera pas quand
vous saurez que c'est l'honorable député M. Alexandre de La Borde qui en
est le pré^dent honoraire y M. B. Constant le secrétaire perpétuel, et M. de
La Fayette le fondateur. Ajoutons que ses statuts ont été jetés au moule
par ce dernier, que c'est lui qui les a rédigés et qu'il n'y a point épari^é
les articles. Si avec cela , ma foi, la civilisation n'alloit pas bien, pour le
coup il faudroit y renoncer.
— Sur la demande de M. le comte deVesins, sous-préfet de Milhau(Avey*-
ron) , le Boi a accordé nue somme de 5oo fr. pour les pauvres de cette
ville.
•—Vendredi dernier,. M. le Dauphin a fait manœuvrer la garde montante
au château des Tuileries. Le prince étoit accompagné de M. le duc de Boi^
deauz , qui a pris part au commandement avec beaucoup de grâce. •
— M. le duc , M*"" la duchesse d'Orléans et }lï. le dnc de Bourbon ont ^
sur la demande de M. le curé de Villeneuve-le-Comte (Seine-et-lAarne) ,
donné chacun i oo fr. pour les pauvres de sa paroisse.
'--* Au premier tour de scrutin , M. le baron Dudon, conseillcr-d'éUit,
a été élu député aux cria de vive le Roi, par le collège départemental de
Nantes, qu^l présidoit. M. de QnehiUac, que quelques royalistes por-
toient , s'etatit désisté de la candidature, M. Uudon a obtenu i33 suffrages
contre loo qu'a réunis le candidat dés libéraux , M. de Vatisménil , ex-
ministre de l'instruction publique. Le bureau provisoire avoit été main-
tenu>à une grande majorité. M. Dudon a prononcé un discours fort bien
approprié aux circonstances actuelles.
— Samedi dernier, les députés, déjà arrivés à Paris, se sont réunis à la
chambre au nombre d'environ deux cents, sous la présidence de M. Lab-
hej de Pompières, doyen d'âge. Celui-ci a tiré au sort la grande députa-
tion qui est allée avec lui, hier, au-devant de S. M.
— Par ordonnance royale du 28 février, M. Auguste Barrât est nommé
député suppléant »ie la Guyane française à Paris.
^ — M. Denois , commissaire, principal chef maritime du port du Havre ,
vient d*étre élevé au grade de commissaire de marine.
— M. le comte Bozon de Pérîgord, gouverneur du château de Saint-
Germaiu*>en-Layé et frère du prince de Talleyrand, est mort dimanche
dernier.
- (93)
*— M. le maire d'Anionne, çccompagiié de MM. 'de Berbis et Sauninr»
député de la C6te-d'0r , a remis yendrrai dernier entre les n^aihs du Hoi
^tine supplique relative au projet de suppresjion de l'école d*ârtlllerie
d'ÂtixoDue. ■
— M. le ministre de la mprine est allé la semaine dernière a Ne vers,
pour visiter la- fonderie royale de la mariim.
-^ M. le marquis de La Monssaye , ministre de France , près la coiir des
Pays-Bas, a quitté sa résidence pour se rendre u Paris , a&u d'assister aux
séances de la chambre des ^léputés dont il est membre.
•^La cour de cassation a rejeté, le 25 février, le pourvoi du sieur Guise;
gérant du Constitutionnel , contre l'arrêt de la cour royale de Toulouse, de*-
▼ant qui avoit été renvoyc, pour des questions incidentes, le procès en dif-
famation intenté à ce journal par les gendarmes de ^odez» Ainsi, la cour
suprême a reconnu de même que toute personne léséo par un journal peut,
par citation directe , saisir de 1 affaire le tribunal de son propre domicile , et
que des hommes publics , attaqués collectivement sans désignation indivi-
duelle , n'ont pas besoin d'une délibération spéciale du corps pour pour-
suivre en diffamation. ^
— M. Péri^non , ancien avocat, ex-président et membre dtt conscil-gé-
)iéral de la Seine et ancien dépnté , est mort le 35 février.
— Le sieur Léon Pillet, gérant du Nouveau jbumal de Pafùt, dit la
France nouvelle, a comparu samedi dernier devant le tribunal correction-*
nel, pour outrages envers M. Levavasscur, substitut du procureur du Roi ,
en rendant compte du réquisitoire de ce magistrat dans le procès du sieur
BOche, éditeur des Mémoires de Levasseur. M. l'aVocat du Roi, Gustave
de Beaumont, â soutenu la prévention. Le journaliste, après avoir présenté
lui-même quelques observations , a été défendu par l'avocat Berville. Le
tribunal , consitlérant que les deux articles incriminés conslituoieut évi*^
clerament la diffamation prévUe par la loi de 182a , a condamné le sieur
Pllkt à qulBEe jours d'èmpriioasement , 200 fr. d''aipendeet'aux frais du
procès.
— L'afiairé relative au)L Mémoires du conventionnel Levasseiir de la Sar^
tke a été reprise vendredi dernier au tribunal correctionnel. L'audience a
été employée par les plaidoiries des avocats BerviUe, Pinet, Lemarquière
et Lepec ; le premier plaidoit pour le sieur Roche, éditeur et principal pré-
Tcnu. La cause a été remise à nuitaine pour le prononcé du jugement.
— M. le préfet <le police a réduit le nombre des afficheurs de Parb de 44
à 3o. Un des 14 qui sont supprimés pour motifs d'insubordination aux in-r
structions de l'administration, a voulu continuer d'afficher. Déjà condamné
une lois à 24 heures de prison et une seconde fois à 3 jours de cette inêîpe
peine , il a été repris pour la même infraction aux règlcmens et condamné à
8 jours d'emprisonnement.
— Un vol a été commis, il y a quelques jours, dans la chapelle de l'é--
glise Saint-Ambroise , au quartier Popmcourt.
— Le bureau du commerce et des colonies est transféré de la rue d'Artois
rue Nenve-des-Capacines , n** i3.
— A partir du i'*^ de ce mois, le prix du pain de qoatft livres a été
réduit à Paris à i5 sous. Il u'avoit été à ce prix depuis plus de dix-huit
mois.
(94)
^ Im contîMint «iuumI 4« département de IjLSeîne pour le recrutement
préaemte une diipiiiutioii comparative de 47B indiykliu ai&r les années pcé-
céJenteS' UadministnaUon actuelle s'est empressée de faire dfoîjt à de justes
réclamations , fondées sur la portion considérable des habitans de Paris qoi
sont étrangers ou seulement régnicoles.
^ — Le faazard a fait découvrir , il 7 a quelque temps , dann une maison
située à Paris, quai des Bernardins, des bas- reliefs et autres sculptures
d'une rare perfection. Il résulte des renseîgnemens qui ont été recueitlîs^
que cette maison , bâlie en i55^ par le président Desnoyers , et décorée aton
avec tout le luxe des arts , a du ses plus beaux ornemens an ciseau de Jean
Goujon. On dit cpit le gouvernement acbetem foor le musée cet sesilplu-
rtt eteariattdes.
— Le Courrier françaiâ àyoit annoncé qp*une insurrection avoit eu lieu
JO""!^* l
démentir ces derniers faits, et expliquer que le'désordrc avoit été beaucoup
incins grave qu'on ne Fa voit supposé..
» Un nommé Chevrier, marchand forain, étoitcilév le 30 féyriiEr, devant
le tribunal correctionnel <ie Niort, pour avoir vouiu des talialières qui poi^
toient cette l^gB^de : Napoléon, Idarifi-touùe ^ler^d» Morne ; M. Brunet,
procureur du Boi, à cette occasion , ^'est élevé avec énergie contre les tent»-
tives de toutes e$>pèces que ne cessent de faire clu(]ue lour les révoliitiqn*
haire^i i il a été amené à parler de cette circulaire du prétendu duc de
Normandie, qu'on a répandue partout. Des murmures ont plusieurs fois
interrompu ce respect^d^k magistrat. Le tribunal, qui n'accueille pas tou-
jours $e» conclusions, a reconim aji prévenu de la bonne foi^ et Ta
acquitté.
•^ M. le vicomte do Chappedelaine, marécbal-de-camp, est nott , âgé de
a^ixanto- quatre ans, à Grazay, près de Meyeape, après nvoif rqeu les se-
cours de la religion. 11 avoit fait partie de Texpédition de Quineion , st
avoit été coLoneA du régiment des chevaliers catholiques en finetagne.
• -^ M. le préfet du Loir-et-Cher a fait un appel en faveur des pauvres à
' toutes les communes de son département. Les habitons de Montriehard ont
à e^x spuls donné en peu dejoôrs i,474 ^*
— M. Murpby père, agent dû gouvernement mexicain en France, qu»
Avoit négocié, il y a quelques années, un ti[aité de commerce arec le Mexi'
que, est mort dernièrement.
-r-Le navire américain l'ffercule vient de partir du Havre, pour trans-
porter au Guazacu<iIco (Mexique), la seconde expédition d'individus qui se
rendent à la colonie de M. Laîsné de Villevéque. Puissent ces pauvres gens
être plus heureux que tant d'autres, qui out tenté de semblables entreprises
et qui ont été dupes de leur imprudente confiance.
>^ I«e bridk l'M^, comop^ndé f^r le capitaine Farousse , a recueilli , à la
hauteur des Canaries, le 29 novembre dernier, douïe hommes, deux
l'emmes «t p» en£int mourAnit d'inanition , qui s'étpient jelés dans une frêle
^wharcalioii par suite d'une tempête.
. ( 95 )
•* L« m de Bavî4re a autorisé )e fétablkiaiiiciit 6m Capiicnis liot|H Ulien
à Tnfckeiia. Cette coiDiDimauté se compose de <;iuq Pères et d'un Frèra
kïc.
— Ob a protesté à Londres, fauie d'aeccptation , pour 4 millions de
lettre^ de change , tirées sur le marquis de Palroella par le comt« de VUlaT
flor , commandant de l'île Tercère , pour frais de guerre.
— lie roi et la reine de Naplcs sont partis, le 17 févner, de Madrid
poîir Tolède, oà Us vont visiter les monumens cuûenx de cette aDcieoae
▼ille.
-—La commission scienti(iqiie 9D.M0jêe en Egypte parle grand«>docde
Toscane est de retour à Florence depu\s le commencement de janvier. £Ut
rapporte une récolte de {^uf de 1 >3oo jJessins, plusieiira momies remarqua-
Ues, une quantité de vases, d'orneroens, d'ustensiles, de talismans, df
Btotues, et des parties de mois peintes quinze sièdes avant l'ère chvét
tienne* •
-.•L'ambasaBdeor estraotdinaire do U Porte, Halil-Pacha, est. arrivé^
avec sa suite et ses préseae, à Saint-Pétersbourg au commencement de ce
mois. On sait auesa principale mission est de demander des modificatioBi
au traité d'Anarioople»
-P'La tranquiUite étant rétablie à Buenos-Ayres , Jd, de Mondeville^
consul -^nérat francaia, est revenu dans cette capitale. Le général Via«
mon, «n des gouverneurs, l'a fort .bien accueîHi.
. ..^Le docteur Fr. deSicbold, au moment de quitter Im Japon par ordre
des magistrats, qui n'ont pas voulu lui laisser emporter de& cartes'de Teror
pire que lui avoit données l'astroi^me de Jcddo , a été arrêlé à Ifangasaki.
On a examiné ses papers ; mais du reste il' ne lui a été fait aucun maU '
' Discotên du B&i dans Ja téùMCfi royaU du 9 man^pour fomwttrtUf'o de la )
Session dos chambres,
c Mensieufs^ c'est tof^yours ^vec confiance que je réunis autour (fie mon
jtrôce l08 flairs du royaume et ks députés des départcmens.
» pi^ws voire dernière se^ion, d^'mportoMS évèoemeos ont consolidé
la paix de VFuiope et Taccoid établi entra mes alliés et moi pour iç hoxxr
hsux de mes ^eujg^^
j> La guerre est éteinte en Orient ; la modération du vainqueur et Tinr
terveutiuin amicale des |>iiis3ance8 , en préservant Teuipire ottoman de»
jnalheurs qui le menaçoient, cnt maintenu l'équilibre et affermi les aa-
.^iennefi relations des Etats.
» Sous la protection des puissances si{;nataires du traité du 6 juillet, la
Grèce indépendante renaitr^ de ses ruines i le f^ioix. du prûpicc appelé 4
régner sur elle fait assez connoltre les vues désintéressées et pacifiques dt^s
souverains.
3> Je poursuis en ce moment, de concert avec mes alliés, des négocb-
tiolis éùot le bat est d'amener entre les princes de la maison de Bragancc
une réconciliation nécessaire au repos de la Péninsule.
(96)
9 Au mîlîeo des grsTM érènemeDn dont l'Europe était. occupée» j'ai dû
suipeuclre Teffet de mon juste reMentîment contre une puiasanœ tkarbftres»-
que; mais je ne pu» laisser plus long-temps impunie 1 insulte faite à mon
Kvillon. La réparation éclatante que je .yeux obtenir, en satia ftéfii t à
tonneur delà France , tcumera , avec raide du TouUPuissant, au profit
de la chrétienté.
» Les comptes des recettes et des dépenses seront mis suus vos yeux , en
même temj[>s que Tétat des besoins et des ressources pour Texeicice dpe 1 83i .
J'ai la satisfaction de voir que, malgré la diminution qu'on t éprouvée les
revenus de 1829, comparativement à ceux de l'exercice précédent, île ont
rarpassé les évaluations du budeet. •
» Une opération récente a suffisamment indiqué l'intérêt auquel des em-
prunts sont devenus négociables; elle a démontré la poasibîiité d'alléger
Uê charge de l'Etat. Une loi relatire à Famortisseraent tous sera présentée ;
elle se liera à un plan do remboursement ou d'échange , qui , nous l'espé»
rons, conciliera ce que les contribuables attendent de notre sollicitude,
avec la justice et la .bienveillance dues i ceux de nos sujets qui ont placé
leiUB capitaux dans les fonds publics; les mesures sur lesquelles vous
aurez à délibérer ont pour but de satisfaire à tous ces intérêts ; elles pour»,
ront donner les moyens de subvenir, sans de nouveaux sacrifices , et en
peu d'années, aux dépenses qu'exigent impérieusement, pour la défense
du royaume, pour la prospérité de l'agriculture et du commerce, les tn*
vaux des places fortes, les ouvrages à terminer dans les ports, les répara-
tions des routes et l'achèvement aes canaux.
s» Vous aurez aussi à vous occuper de plusieurs lois relatives à l'ordre
judiciaire , de divers projets d'administration publique et de quelques me-
sures destinées À améliorer le sort des militaires en retraite.
» J'ai gémi des souffrances qu'un hiver long et rigoureux a fait peser
sur mon peuple; mais la bienfaisance a multipFiC les secours , et c'est avec
une' vive satisfaction que j'ai vu les soins généreux prodigués à l'indigence
sur tous les points de mon royaume, et particulièrement dans ma bonne
ville de Paris.
» Messieurs , mon premier besoin est de voir la France heureuse et res-
pectée, développer toutes les richesses de son sol et de ^n industrie, et
Jouir en paix des institutions dont j'ai la ferme volonté de h>n«ôlidef le
bienfait. La Cliarte a placé les libertés publiques sous la sauvegarde des
droits de ma couronne : ces droits sont sacrés ; mon devoir envers mon
peuple est de les transmettre intacts à lues successeurs.
» Pairs de France, députés des départemens, je ne doute pas de votre
concours pour opérer le bien que -je veux faire; vous repousserez les per-
fides insinuations que la malveillance cherche à propager. Si de coupables
manœuvres suscitoient à mon gouvernement des obstacles que je ne veux
pas prévoir, je trouverois la force de les surmonter dans ma résolution de
maintenir la paix publique, dans la juste confiance des Français et l'amour
qu'ils ont toujours montré pour leure rois. »
J^ gétMfr, adrictt £e (ttUrr.
Samedi 6 mars i83o. (N* i6:r5.)
Suite de* Manclemens pour le cmréme^
Nous avons encore à rendre compte de quel(|ues Mande*
mens que nous avons reçus plus tard, ou qui se recom-
mandent , tantôt par des exhortations touchantes , tantôt
par des réflexions fortes sur les maux de l'£glise.
M. de Richery, archevêque d'Aix , parle d'abord des ri-
gueurs de l'hiver et àts efforts de la charité :
vc De nouVellca calamités ont fondu sur nous et sur toute la France; une
io^tempérie ^i n'avoit presque jamais eu d'exemple, des froids excessifs >
Î[uî cmt continué long'-temps avec violence , ont réj>andu les souffrances t\,
a misère dans an« classe nombreuse du peuple, privée en même, temps et
de subsistance et de travail. Mais, 14. T. G. F., au milieu de Tafflictioa
firofonde que nous à fait éprouver la vue de tant de peines , de douleurs et
de priyatiobs, notre cœur a ressenti une consolation bien douce , en voyant
dans notre bonne ville d*Âix, et, nous n'en doutons pas, dans tout notre
tiiocèse, ce concours unanime, cet empressement géuéral à venir, dans
cptte malheureuse circonstance, au secours des pauvres et des malades.
Kon-seuletnent les respectables chefs de la magistrature, les différentes au-
torité! de l'arrondissement et de la ville, ont déploré une activité bien
louable de bienfaisance et de charité , et répandu d'abondantes aumônes (
mais encore , toutes Icis classes de la sodété ont rivalisé de zèle et d'empres^
sèment pour soulager et adoucir, autant qu'il dépendait d'eux > la misère
«les fiauvres. Notre vénérable chapitre, notrer pieux clergé et nos fidèles
-coopéreteûn dans les travaux de notre saint ministère , ont bien prouvé
«lans cette occasion qu'ils étoient plus particulièrement les pètes, les sou«
tiens , les consolateurs des affligés et des indigens.
» Nous avons trouvé également la même coopération et les mêmes secours
dans les établissemens de charité et les différentes œuvres de bienfaisance
dont s'honore notre ville, et particulièrement dans celle de la Miséri-
corde, si digne de l'estime , de la confiance et de la reconnoissance publi-
que et de la nôtre , par son zèle et son dévouement admirables pour le sou-
lagement des malheureux , que leur pieuse sollicitude porte à aller chercher
et visiter jusque dans les lieux les plus écartés et les plus obscurs de leurs
cbétives demeures , pour y répandre des consolations et les dous sans cesse
renaissans de la chanté chrétienne. Ah ! nous ne saurions trop exhorter lés
âmes sensibles et généreuses à continuer de vei*ser une partie de leur su-
perflu , dans les mains de ces pieux administrateurs. Ne les voyez-vous pas ,
dès les premières heures du jour, s'arracher au repos, braver toutes les ri-
gueurs de la saison, cl se répandre, les dimanches et les iêtes, dans nos
'fume LXJII, LAtni de la Religion ei du R(t€, G
(98)
éelisM , pour j recueillir les aumônes des fidèles. Votre cœur, N. T. G. F. ,
n est-il pas Tivenicnt ému , guand vous entendez ces voix compatissantes
TOUS adresser ces simples mats si touchantes paroles : Pour les pauvres ma-
lades. Ah ! en même temps qu'une larme de pitié coulera de vos yeux. at~
j\ tcndris, laissez découler de votre main dans celle de ces intercesseurs des
pauvres, cette offrande qui, quelque légère qu'elle soit, ne sera pas sans
mérite auprès de Dieu et vous sera reudue au centuple. »
Le respectable prélat s'afflige de la profanation du diman-
che et de 'l'oubli des pratiques de la religion, et exhorte
ses ouailles à profiter des jours de salut :
« Pères et mères, 6 vous à qui la Providence a accordé des enfans poar
servir Dieu sur là terre et le bénir ensuite éterbellement dans le ciel , veil-
lez avec soin sur ces jeunes plantes confiées à votre amour et à votre tendre
Bollicitnde , semez de bonne heure dans le cœur de ces enfans ds précieuses
semences de vertu c t de piété ; instruisez - les plus encore par vos exemples
Sue par vos avis de ce qu'ils doivent faire e( de ce qu'ils doivent éviter pour
evenir de bons cl^rétiens , des sujets fidèles au Roi et des membres utiles à
l'Etat; inspirez-leur un grand éloignement pour ces jeunes gens téméraires
et insensés qui , dans un à^e peu avancé encore , donnent de si tristes
exemples de corruption et de vice. Ah ! qu'ils évitent avec horreur . ces
hommes pervers qui tiennent école d'impiété et de licence, et qui , dans le
royaume très -chrétien et sous le plus religieux des princes, osent, dans
leurs écrits et dans leurs discours, livrer la religion et ses ministres, la
royauté et son gouvernement , aux traits les plus acérés de la haine et de
l'outrage. Honneur à nos respectables magistrats, qui vengent la société de
pareils crimes et préviennent de nouve<iux écarts, en punissant avec sévé-
rité ceux qui s'en renilent coupables. Ce ne sera point à ces cœurs endur-
cis , à ces malheureux artisans de trouble et de discorde , i ces ennemis obs-
tinés de la paix publique, (jue nous demanderons , dans ces temps de cala—
mité et de misère, de venir au secours de leurs frères et de racneler leurs
péchés par l'aumône. Sourds à la voix du Père commun des fidèles, coin^
ment seroient-ils sensibles aux soufirancee de ses enfans? »
M. Tévêque de Chartres traite dans son Mandement des
avantages de la mortification chrétienne :
« Que ce langage, N. T. C. F. , est différent de celui qu'on tient habi*
tuellement autour de vous ! On ne vante , on ne recherche que ce qui flatte
le corps. Tout se rapporte à cetle fin. Les plaisirs des sens, voilà le [^rand
mobile qui donne le mouvement aux ^rts, qui anime les industries, qui
occupe toutes les têtes, les plus fortes et les plus capables de méditations
profondes, comme les plus vulgaires et les plus foibles. On ne travaille crue
|H>ur faire naili-e et multiplier ces plaisirs, et Ton ne connott prévue plus
jien de sérieux que ce qui prépare à la corruption des jeux , des spectacles
Irivoles qui l'amusent et des rafnneraens qui la réveillent. La matière a tout
envahi, et les pratiques qui fortifient rame^ la tournent vers sa fin itn—
(99)
mofrteHa , la font courir dans les yoies sablimes de la yertii , sont négligéeé
et ensevelies. Il semble que cet entraînement gênerai vers les plaisirs ter-
restres ne devroit causer qu'on dérangement médiocre dans les choses de ce
monde et altérer à peine le bonheur public. Il n^en est pas ainsi , N.T. CF.,
leboulevecsemeutodieuxquiassujétitrameàlamatièreattiresur les hommes,
et des cette vie même, les plus formidables vcnceances. Jlya trois choses^
dit l'Esprit saint, qui éhratilent la terre (il ne ait pas, remarquez le bien,
régir. Hélas ! l'état icexpli
vérité? Dieu, les intérêts de l'ame, les promesses de l'avenir complètement
oubliés, pour ne laisser dans les esprits que des idées rampantes et qui s'at-
tachent uniquement aux joies ou aux biens de la terre, ne mettent-ils pas
au sein de la société humaine un cerme inouï d'ébranlement et de dissolu-
tion ? Quelle fermentation effroyable ! Quel indicible malaise ! C'est le prix
d'un asservissement sans bornes, d'un ^ssujétissement réfléchi et méthodi-
que aux sens, aux plaisirs matériels; Dieu pouvoit-il nous en punir d'une
manière plus désolante et plus propre à venger le mépris de 1 ordre et du
saint Evangile?»
Et après avoir montré les heureux fruits de la mortîQca-
lion pour élever l'ame , pour triompher des passions , pour
remédier aux désordres de la société , le sage prélat conclut
en ces termes :
« Vous êtes vivement touchés, N. T. C. F., de l'éclat de ces preuves; la
vérité a pénétré vos cœurs; embrassez donc avec zèle une vertu qui est le
caractère propre du chrétien, le titre de sa supériorité et de sa gloire, le
ferme appui de sa confiance. Bénissez l'Eglise de Jésus-Christ de ce que
craignaift vos illusions ou votre foiblesse, elle vous fait unç nécessité d'ob-
server une pratique que vous ne pourriez omettre sans perdre votre nnie.
Ses ordres rigoureux sont l'effet tie sa tendresse; les menaces terribles qui
sont dans sa boiiche sont dictées par l'amOur immense qu'elle a dans Je
cœur pour vous, et qui la porte a vous sauver en q'ielque sorte malgré
Tous-mémes. Pïe résistez point à ses instances et à son autorité ; soumettez-
vous avec joie aux privations qu'elle vous impose pour vous faire joirir an
jour de l'abondance des biens célestes. Jetez un coup d'oeil sur votre patrie,
voyez quelles passions violentes l'agitent, quelles dissensions la déchirent,
quels malheurs la menacent. Que cette vue redouble votre ardeur pour la
l>rati(]|[^ue des saintes abstinences : e-'cst par là que vous pouvez tout sauver.
Pourriez-vous en douter après avoir vu si souvent dans les livres sacrés la
justice divine tremblante, pour ainsi dire, devant rhumilité de la péni-
tence, et désarmée par l'efficacité du jeûne? Que nous apprennent les his-
toires de Moïse, de Josué , d'Esther, de Judith , d'Ezéchias, des Niniviles ,
si ce n'est qu'on trouve dans le sae et dans la cendre plus de force contre
les fléaux et contre les ennemis les p)us formidables , qu'on ne pourvoit en
attendre du monde entier armé pour les combattre; que les saintes rigueurs
( lOO >
irJomplient cU la terre comme eUes raviMcnt )e ciel} et que le solôl loi^
inline, pour éclairei- la victoire des justes i s'arrête, comme ou le vit autre-
fois , au milieu de sa course à la vue des privations et du jeûne? v
M. levêque de Yersailles , qui déjà, rannée dernière ,
avoit choisi pour sujet de son Mandement de carême Taf—
foiblissement de la foi , l'oubli des bienfaits de la religion »
riudiffërencc pour ses divers enseignemens et pour ses plu»
touchantes pratiques, ne peut s'empêcher de gémir encore
sur les malheurs de la religion :
(c Les malheurs de la religion ! Quel est parmi les enfans de la fol le
cœur si froid dont ils ne raniment la ferveur, le cœur si lâché dont ils né
réveillent le courage, le coeur si dur dont ils ne fassent couler les Urines?
ou plul6t, quel est le cœur qui ne fixe aujourd'hui sur la religion un re-
gara plus tendre , et n'éprouve pour elle , à la vue de ses augustes inforta-
nes , non une compassion passagère , mais un profond et durable attache-
ment ? car c'est uu secret ignoré des âmes vulgaires , mais connu des coeoss
hobles et magnanimes, que l'adversité n'est [^as toujours si cruelle, qu'elle
a quelquefois de douces compensations , et que souvent elle relève ceux
qu elle frappe de ses plus rudes coups, par une dignité si haute, que leur
autorité en devient plus vénérable et leur amitié plus chère. Mais, c'est
surtout à la religion que l'adversité confère ces gUprieux privilèges. La velij
gion s'aggrandit aux yeux de ses véritables enfans par ses humiliation»
mêmes; ses droits s^aflfermlssent par la révolte même aes sujets furieux qui
IVmt ragent; en sorte que ses abaissemens, ses pertes et ses désastres d&-
Tiennent pour elle des titres à un respect plus profond , et lui attachent par
des liens plus forts les âmes élevées et sensibles , eu leur inspirant une plus
tendre commisération pour ses douleurs , une plus exacte obéissaoïce a ses
lois, un zèle plus ardent pour sa gloire. »
Mais au milieu de ces sujets de douleur, l'e'loquent prélat
montre le pouvoir de la religion :
ce Toutefois, 1^. T. C. F., en dépit de ses abaissemens et de ses revers^
la religion ne laisse pas ses vrais enfans sans consolation , ni son autorité
sans témoignage. Ses malheurs , qui font la joie et le triomphe de ses enne-
mis , ne servent qu'à ranimer l'araenr de son zèle , et sa gloire tire un nou-
vel éclat des outrages mêmes de l'adversité. C'est au milieu de ses malheurs
que, traversant les mers, et, dans un pays ivre de sa liberté, rassemblant
autour d'elle d'innombrables disciples, elle les courbe sous son sceptre
divin , sans qu'ils songent à concevoir pour leur indépendance ni déûaiiceé
ni soupçons. C'est au milieu de ses malncurs que , dans cette île renommée ,
où les vertus de nos prêtres fugitifs lui méritèrent de si glorieux hommages ,
elle soulève , en faveur de ses enfans opprimés , l'indignation des âmes gé-
néreuses , et brise snns retour pour eux le joug d'une cruelle tyrannie. C'est
au milieu de ses malheurs, qu'on la voit, chez des. penples sépaM-és depuis
long-temps de l'unité par des préventions injustes, arracher à l'erreur.
( lOI )
tantôt des génies renommés, tan.l6t des docteurs habiles, tantôt des koin-
mes entourés d'éclat et de puissunce , et , par le seiirl spectacle de sa majesté ,
de son innocence et de Sfs infortuiics, remuer et faire revirre au fond de
toutes les aroes ces antiques sentimens de respect et d'amour (|ue n'ont pu
0iracer trois siècles de calomnies, de persécutions et d'outrages.
» Mais, si l'adversité n'arrête pas la religion dans l'effusion de sa lumière
0t de ses bienfa^s » elle n'éachaine pas aussi son indignation et ses ven-
geaiKl^ ; car, pour être souvent secrètes , elles n'en sont pas moins pleines
ue ri^eur les vengeances que la religion exerce sur les méchants qui 1»
poursuivent de leur haine ou de leur mépiis. Que de honte, que de re-
mords, que de déchiremeus, que de combats à soutenir, que de terreurs ù
braver avant d'avoir effacé de son cœur les saintes impressions de !a foi , et
obtenu le fatal privilège de l'endurcissement ! Voyez comment la religion
se venge d'avoir été délaissée, sur ce père de famUle , qui trouve le prix de
fies leçons impies et de ses indignes exemples dans les rebuts, l'insolence et
peptrétrcla révolte de ses enfans ; sur ce jeune homme qu'assiège une vicil-^
'lease précoce, et qui, dans les ennuis et le dégoût delà vie, expie le crime
d'aVoir, sur la parole de l'incréduKté , compté son ame pour rieo et borné
à la terre toutes ses espérances et toutes ses amours ; sur cette femme qui ,
seule et abandonnée , gémit tion tard d'avoir effacé, sous les traits hideux
de l'impiété , les charmes durables dont la religion seule pouvoit l'embellir.
I^ religion se venge d'avoir été délaissée , sur ces ridies dont rincrédulité
CCS hommes qui , devenus la terreur et le fléau de leuis semblables > et près
de subir la peine de leurs forfaits, font encore gloire, à cette dernière
heure, d'avoir été fontiés au crime par l' incrédulité, s'en proclament arro-
^^mmentles disciples, la traînant ainsi ù l'échafaud comme un complire,
et lui faisant partager leur châtiment et leur ignominie* »
Nous n avoQ$ pas besoin de faire admirer la vcrile comme
la vigoeiar de ce dernier trait, qui ne trouve que trop son
application dans l'histoire de quelques ç;rands coupables
dont les journaux nous ont raconte dernièrement la fin lin
neste et l'endurcissement opiniâtre. Noua ue pouvons nous
refuser au plaisir de citer encore le tableau stiivant, qui
n'est malheureusement que trop fidèle :
« Quel spectacle, N. T. C. F. , off\c un pays où la i*eligiou s'affoiblit
chaque jour, et semble prête à s'éteindre I Quel dédain pour les lois de la
reli^i.on, quel mépris pubUc pour ses ordres les plus sacrés, et qnel con<>-
trasle enfin , entre les. «intiaues usages et les mœurs nouvelles qu'amène
chaque jour à sa suite une désolante incrédulité! Si l'on parcourt en effet
nos grandes cités, dans ces jours que le Seigneur nous ordonne de cons.icrer
à la prière et de sanctifier par un pieux repos, partout on rencontre unt
désobéissance effrontée et l'insupportable audace d'innombrables prévari-
cateurs. Ici, des malheureux courbes sous des travaux pénibles, et prcfé-
f 102 ;
Miit le joug cruel qac Tamour du gain leur Impose au délamement salulair^
dont une religion compatissante leur falsoît une loi ; là , des hommes gros—
siers , élevant h force ae fatigues et de sueurs, des palais pour Topulence ,
ft, dans leur activité brutale, uégligeant de s'assurer pour eux-mêmes la
demeure qui n'est pa» faite «Je la main de hommes et ne conuoiira point les
outrages du temps. Plus loin , il faut entendre les manoeuvres bruyantes et
les coups redoublés d'un travail opiniâtre, publiant et provoquant au loio
la désoDéissance à la religion et le mépris de ses lois les plus saintes. Eofia ,-
on voit la cupidité étalant de toutes parts le scandale d'une avidité hon»
teuse, offrant, commet* ' * ' * ' "* *"'
mens , pour la vanité de
et mendiant , sans pudeu
et la conscience.
» Mais , si l'on force les barrières que les lois humaines ne peuvent fran—
chir, et que l'on pénètre jusque dans ces familles qui ne conservebt de 1^
religion qu'un grossier souvenir, à quels scandales faut-il s'attendre? On t
verra les pauvres, prolongeant bien avant dans les saints jours un travail
obstine , ne Tinterrompre enfin que pour aller dans de criminels rendez-
vous , consumer en d'indignes excès les fruits de leur gain sacrilège. Les
riches, ne se souvenant qu"il faut travailler qu'aux jours où Dieu le défend ,
et alors seulement trouvant insuppportable le poids d'une oi.siveté qui ac—
cable toute leur vie. Les pauvres , qui , condamnés à une continuelle abs~
tiiience , l'interrompent précisément aux jours où elle seroit pour eux un
mérite , comme elle est pour tous une loi , et par mépiis ou par inclifle—
rence, joignent des alinieus défendus au pain erossier qui, presque toujours,
hélas! fîst le seul soutien de leur vie. Les riches, quf, nourris au sein du
luxe et de l'abondance , jugent encore que l'art avec tous ses apprcls ne sait
jamais assez bien déguiser les alimens de In pénitence au gré de leur délica-
tesse et de leurs superbes dégoûts. l!/e$ pauvres , abandonnant la maison «le
prière , par ignorance et par corruption ; les riches , s'en éloignant par im-»
piété et par dédain. Les pauvres, venant peut- être à nos jours solennels y
passer quelques instans rapides, sans recueillement et sans ferveur; les ri-
ches, choisissant pour s'y montrer l'heure qui doit ameeer en foule les
spectateurs de leur ennui , de leur indifférence affectée et peut-être de leur
révoltante dissipation. Presque tous, ignorant la douceur de se réunir au
troupeau , sous les yeux du pasteur , et surtout étrantj,ers au sacrifice du soir
et aux cantiques qui, «ur la fin du saint jour, retentissent encore sous nos
voûtes sacrées. »
Enfin M. Bordcries finit par montrer que les nialhears
de la religion doivent nous rendre son honneur plus cher
et nous inspirer un zèle plus vif pour sa gloire, mais nous
n'osons prolonger les citations de ce beau Mandement.
M. Tévêque de Rodez se proposoit de traiter, dans son.
Mandement , de IVveuglement des hommes sur leurs desti-
nées éternelles et de rappeler les grands bienfaits de la :
ligion :
et Vous auriez conclu avec nous qre les idées nouvelles dont le siècle
( io5)
glorifie ne iont qu« de fauftsds lumières , ou plntûtw^ue de yéritablea téni-,
Eres, puisqu'elles contredisent la doctrine de celui qui est la lumière du
monde; qu elles ne sont Autre chose que le monstrueux enfantement de
cette prétendue philosophie ^ assemblage d'erreurs et de mensonges, contre
laquelle Tapôtre des nations a pris soin de nous prémunir; ^ue notre foi
immuable, puisqu'elle est la révélation de la souveraine sagesse, n'admet
ni changemens , ni modifications , et qu'ainsi , d'après Toracle de l'Esprit
saint, tous ces hommes, si fiers de leurs étranges conceptions et que ne
dirige pas la science de Dieu, sont abandonnés à leur sens réprouvé, doi-
vent être réuutés vains avec toutes leurs pensées , et pleins d'orgueil , sans
savoir rien autile.
j> Vous auriez conclu encore que tous les besoins nouveaux dont notre
siècle est travaillé ne sont que les besoins de l'orgueil et de la cupidité ;^ que
l'amour efiréné de l'indépendance et des biens périssables , allant toujours
croissant et ne connoissant plus de bornes, les réveille sans cesse, et que,
s'il n'est rien de comparable à la sacrilège audace de l'homme qui , sorti il
y a quelques jours du néant , et courant avec rapidité au tombeau ou' son
ame n'entrera pas , prétend briser les liens de dépendance qui l'attachent à
son créateur, méconnokre son autorité, s'afl^ranchir de ses lois et se croire
dispensé de tout devoir envers lui ; il n'est rien aussi qui le dégrade davan-
tage que de plonger son cceur dans l'amour des objets terrestres , d'y placer
son bonheur et sa fin , et de croire qu'il n'y a rien de meilleur et de plus
désirable pour l'être intelligent que ce qui contribue à flatter la nature et
lès sens. Vous conckieriez enfin que faire consister la généreuse indépen-
dance qui ennoblit l'homme en l'élevant au-dessus de toute considération
pour trésor seul digne de ses veeux l'éternelle possession de tous les véri*
tables biens, que d'y substituer les riches^ de ce monde, dont la jouis^
sahce est si incertaine, la perte si assurée, et qui, fussent-elles aussi du-^
rables que solides , ne pourroient jamais rendre heureuse une aine que Dieu
seul peut satisfaire et rassasiei*. »
Mais ce prélat , frappé de l'idée d'une séparation pro-
chaine avec son troupeau, ne peut qu'en exprimer sa
douleur. Il fait ses adieux à son clergé et aux fidèles^ il sol-
licite les prières de ious et particulièrement des commu-
nautés religieuses :
a C'est de vous que nous attendons les plus puissans secours; c'est de
vous en particulier dignes filles de siinte Thérèse et de saint Jean de la
Croix , que Dieu nous a donné d'étabtir dans notre ville épiscopale. Ah !
si ! comme vous le pensez par humilité , mab comme le monde le dit par
dédain, vous n'étiez que des religieuses inutiles, nous n'aurions jamais
formé le projet de vous attirer dans ce diocèse dont le bien nous tenoit tant
à cœur. Eh cpjtoW N. T. C. F., les sacrifices généreux qu'elles ont fait et
qu'elles soutiennent avec une si courageuse persévérance , ne seroient-ik
rien à vos yeux? Leurs efforts pour atteindre a la sublime perfection cbn-
( to4 )
«Muée dins V%ymfffl9, Tpu^ pfirottiroienMlii •ans |;ra9(I«iM e| muf n^^
blesse? Et peut-on ne pas croire , à moins de nicconnoUre la religion et de
nier la Providence, que des prières assidues et pleines de ferreg?, adressées
i celui qui gouverne le inonde et qui les écoute si favorablement, sont ce
qu'il y a de plus propre à faire dépendre sur la tnrc les bienfaits même
temporels ou a en éloigner les fléaux? Vengez-vous, nos chères fiUea.,
comme le faisoit votre incomparable mère, en obtenant, pour ceux qui n^
savent pas voua apprécier, des biens sans lesquels tout le reste leur seroif^
inuUÏe. »
M. l'ëvëque de Saint-Claude a entrepris de venger la loi
de grâce des injustes reproches de ses ennemis. Il montre
que c'est une loi éminemment sociale , une loi de sainteté
et une source de sainteté :
« Mais ce n'est pss seulement la liberté de Thomme moral que vous ve-
cbeicbex, nous direz-vous ici peut être, c'est la liberté sociale que Toua
appelés de tous vos vœux. Et n'est-Hse pas la rcli5ion chrétienne, l'Eglise
oe Jésuft*Christ dont l'influence, adoucissant peu à peu les mœurs fésoœa
des peuples, a fini par substituer les aimables liens de la charité aux dures
chaînes de la servitude, et qui, après avoir favorisé de tous ses moyens
l'afiranchissemeut de ceux qui étoient nés esclaves , a fbit regarder l'escl»*
vage, non-seulement comme un trafic indigne du monde cnrétien, mais
encore comme Topprobre du monde civilisé? N'est-ce pas la religion qui ,
en montrant à l'univers son aupuste chef, humble et soumis devant le
pouvoir légitime, a divinisé l'obéissance , en même temps (jii'dle ordonnoît
ans princes de n'user de leur autorité que pour faire le bien et protéger la
société contre les mécbans? Une philosoptûe absurde et brutale ne sait
trouver la raison du pouvoir de commander ot du devoir d'obéir que dan»
la loi du plus fort; la religion, au coBitraîre, consetrrant au dernier- des
sujets tonte la dignité de 1 être libre et raisonnable , lui ouvre le sein de
Dieu et lui fiiit entendre de la bouche de son Père même qui esithnÊ les
êiêHs, ces paroles consoluites : CTost par moi g^ régi^fint k$ rni, comme
pour lui faire comprendre que le pouvoir royal est tout à la fois paterne
et divin* »
M. de Gbamon insiste surtout sur cette vérité de fait, qae
ta religion seule forme des saints :
oc Çue les hérétiques, les philosophes modernes essaient de nous montrer
|»anni eux un homme, un seul homme d'une vertu et d'une sainteté ausdi
emioente; qu'ils nous offrent, dans leurs langs, un juste, un saint, tou-
jours ferme, toujours inébranlable dans ses inclînaticns vertueuses, dans
Véloiçnement de toute faute délibérée , quoique légère 5 humble jusqu'au
niépris de lui-même, détaché de tout, constamment et invariablement
dévoué au service de Dieu et de ses frères , un mortel toujours fort au mi-
lieu des infirnûtés humaines, toujours victorieux dans les combats que nq
cesse de nous livrer l'ennemi du salut, et nous croirons a L'instaqt que Toi^
peut se sanctifier en professant les docti^ines de rbévc§iç et de l'incré-
dulité, »
( io5 )
M. révoqué dé'Dij«rii rappelle que le jêûiie a toujours élé
préscHî dans rapcienne comme dans la nouvelle alliance :
a. Nous le disons avec douleur, N. T. G. F., les lois du jeûne et du ca-
rême semblent être rangées de nos jours parmi ces loi« yieilfies et surannées
qae le temps et la négligence ont fait tomber en désuétude. La pénitence
a-t-elle donc cessé d*étr<e nécessaire? u'a-t-.on plus besoin de ipiséricorde et
de pardon ? serions-nous meilleurs que tant de générations chrétiennes qui
ont vécu avant nous? C'est aux mœurs publiques de répondre. Jetez leai
y«ux autour de vous : qn*est devenu ce zèle pour la religion qui distingua
DOS pères, et dont les premières années des vieillards de notre temps ont
encore vu de si vives traces? Où est cette affluence de peuple qui, à nos
moitidres solennîrés, remplissoit les églises? Où est cette foule qui, aux
grandes époques marquées par les mystères de la religion, assiégeoit la table
sainte? Mais comment la foule s'y porteroit-elle encore, lorsqu'on semble
avoir oublié qu'il y a des sacremens ? Voyez ces tribunaux de reconciliation
élevés auprès dtjnos aateis : ils Testent muets. et solitaires. Le prêtre, dey
camjpagnes surtout, y attend en vain le repentir des pécheurs. On le laiçse
isole et presque seul dans son église, comme si lui seul avoit encore un Qieu
à servir. » ,
; Le pre'lat, après aroir parlé de l'accroissemeiit djes ri-
chesses et des progrès de 1 industrie , ajoute :
a Prenons-y garde, W. T. C. F., comme Dieu éprouve les hommes par
1^9 revers , il les éprouve aussi quelquefois par la prospérité. Sa miséricorde
est au-dessus de la magnificence de ses œuvres j mais elle n'enchatne poiqt
sa justice. Il veille poui* récompenser ou pour punir; et quand sa vengeance
est tardive , elle n'en est que pICM accablante pour la nation coupable qui ,
enrichie de tous côtés des bénédictions célestes, en a mséconnu la sonrce,
au les a reçues avec indifférence et insensibilité. Malheur donc^tdx peuples
. qui , éblouis d'une prospérité fragile* et se canfiant dans Teiir propre sa-
gesse, laissent Dieu à Fécart, comme s'ils vouloient Teiîler de ce monde
qui est son ouvrage !......
x> Après ces grandes convulsions politiques, qui jettejit tout hors ^e son
centre , et arrachent violemment lés hommes du cercle où \à Providence
sembloit les avoir destinés à vivre et à mourir, il en est du peuplé qui les
éprouve, comme des mers qui ont été battues de la tempête, et dont le
balancement et les agitations durent encore long-temps après que les vents
ont cessé. La longue liabitude de voir tout changer autour de soi , et de
changer sans cesse soi-même de situation , laisse dans les esprits on ne sait
Î[uel désir vague et immodéré d'être autrement que Ton est , qui tourmente
es masses et les individus. De là cette impatience du repos , cette ardeur
prodigieuse que Ton remarque encore dans un si grand nombre d'hommes,
et qui les pousse, selon la nature des caractères, les uns à la poursuite de»
richesses, les autres à la poursuite du pouvoir et des honneurs. £n vatn le
bonheur est près d'eux daus une vie calme et douce ; ils le dédaignent pour
se jeter au hasard dans des routes nouvelles et inconnues ,' semées d'écu^ils,
et semblent compter la vie pour rien , s'ils n'atteignent le fantôme qiâ les a
(,o6)
aédaïU. Qui pourroit dire oombien de malheun particnlien a cauMs cetu
fatale ÎTresse. et compter les familles qu'elle a précipitées de Taîsance et
Î[uelquefois de Topulence et de la splendeur dans nndigence et Thumi-
lation ?»
Dans la suite du Mandement, le prélat exhorte ses coo-
«përateurs à redoubler de zèle et de prudence dans l'exercice
du ministère. Il rappelle aux fidèles l'obligation de la péni-
tence , et adresse les paroles les plus affectueuses au clergé
et à ses diocésains pour l'accueil qu'il en a reçu.
NOUVELIiES £CCIiÉSIASTIQU£S.
/
Rome. Le mercredi lo février, anniversaire de la mort
du pape Léon XII , il y a eu chapelle papale au Yatican.
M. le cardinal Franzoni célébra une messe solennelle des
morts, k laquelle assistèrent les cardinaux , les prélats et les
chefs d'ordres. Le lendemain , un service eut lieu pareille-
ment dans l'église du Yatican, les cardinaux y assistèrent;
la messe fut célébrée par M. Canali, archevêque de Larysse,
un des chanoines de. la basilique. Le chapitre de Ste-Marie
in Cosmedin a arrêté de céléibrer tous les ans un service.
pour le même pontife, en mémoire des bienfaits, qu'il en
avoit reçus.
Paris. La sQciété charitable, fondatrice des écoles chré-
tiennes et gratuites du lo* arrondissement, fera célébrer
le mercredi lo mars, dans l'église Saint-Thomas-d'Aquin ,
une messe solennelle en l'honneur de saint Yincent de
Paul , patron de 'ces écoles. La messe commencera a midi
et demi. Après la messe, il y aura sermon par M. l'abbé
Deguerry. La quête pour le soutien des écoles sera faite
par M"** d'Espeuilles et d'Armaillé. On pourra leur re-
mettre les dons, ou chez M. Moysant, notaire, rue Jacob.
— Le 28 janvier dernier, l'église des dames de Saint-
Michel , rue Saint-Jacques , a été témoin d'une cérémonie
édifiante. M. l'abbé Desjardins, grand-vicaire et supérieur
de la maison, reçut l'abjuration de M"* Marie - Louise-
( ï07 )
Claire Vicat, agee de 17 ans, ne'e Je parens nrotestans. La
mère de la jeune personne , qui est née à Baltimore et qui
Srofesse la religion anglicane , avoit consenti à la démarcne
e sa fille et elle a assiste' à la cérémonie avec deux autres
de ses filles. M"' Yic^t a fait son abjuration du ton le plus
ferme et a édifié tous les assistans. On lui a administré le
baptême sous condition, et elle a eu pour parrain et mar-
raine , à cette occasion, M. l'abbé Sudre, un des aumôniers
de la maison , et Mj^ Mangin , femme de M. le préfet de
Eolice. Elle a fait aussi sa première communion. M. Tabbë
icsjardins lui a adressé une courte et pieuse exhortation ,
où il a montré que la jeune fille ne faisoit que revenir à
la religion de ses ancêtres, et où il Ta engagée à devenir
l'apôtre de sa propre famille qui paroît avoir déjà fait un
pas vers le catholicisme. Un assez grand nombre de fidèles
étoient présens à cette cérémonie, et les dames de Saint-
Michel, à qui cette conversion paroît due, ont joui du fruit
de leurs soins. Cette communauté qui est fort nombreuse
continue à rendre d'importans services à la religion , à la
société et aux ftimilles. Nous avons donné à cet égard des
détails étendus, n°* 89 et 44? tome II de ce journal. Une
conversion assez semblable à celle de la jeune Vicat a eu
lieu le 18 février dernier à Calais; deux jeunes Anglaises
protestantes ont fait abjcfration entre les mains de M. Ho-
guet, curé doyen de Calais. Elles avoient été mises, il y a
onze ans , dans le pensionnat des religieuses bénédictines
et y ont été abandonnées par leurs parens.
— Dernièrement a comparu au tribunal correctionnel de
Tours un nommé Laurent Debrou, qui se prétendoit prêtre
de la petite église et qui se faisoit passer pour sorcier. Il
traitoit les Inalades et avoit déjà été condamné à deux ans
de prison pour escroquerie. Depuis sa mise en liberté, il a
recommencé à s'occuper de la médecine et à prétendre in-
diquer des trésors , double moyen d'extorquer de l'argent.
Il a présenté au tribunal de fausses lettres de prêtrise con-
çues dans un latin ridicule et signées de M. de Joackim,
é^^que in part, inf. L'accusé montre son ignorance par son
impuissance à traduire ces lettres, il ne sait même pas le
français. Il a dit qu'il avoit été ordonné par cet évêque.
chimérique qui venoit tous les ans de Londres pour faire
une tournée en France'^et qu'il avoit sept cents confrères.
( «08)
L^ président a montré le ridicule dç ces allégations, et Itss
dépositions des témoins ont luis au grand jour te manège et
les visipus de Debrou. L'avocat du Koi a conclu ^ dï\ ans
de prison et S^ooo fr. d'amende. Debrou , qui p'aToit pas
de défenseur, a prononcé un long plaidoyer plein de jac-*
tance et dans un «tyle digne d'un boinine sans éducation.
Le tribunal, vu la récidive, l'a condamné à cinq ans de
prison, 3,ooo fr. d'amende et cinq ans de surveillance
après sa détention. Il est bon, dans l'intérêt même de la
religion, de faire connoître un misérable qui abusoit indi-
goement de la crédulité des peuples en usurpant un titre
respectable. . .
NOUVEI^IiBS POLITIQUE».
Paeu. L'honorable M. Dapin devient iuaHijeureux de plus en ptos dan^
ses consultations relatives à la reli|*ion. Son affaire du icposoir de 1a cham-
bre des députés ne Tavoit du moins couvert* de rldicale qu*anx yçux des
gens habitués à rire de sesturlupinadssj mais voilà que em meilleurs amis
afen mêlent, car décidément sa méthode d'inhumations prend ma]. D'abord
M. de Cormenin, son collègue, s'est mis à le réfuter, et à deuxivprises
différentes ,, devant les abonnés dii Journq((ie.s fiébaU; est survenu ensuite
M. Tabbé de Pradt, dont une sorte de réminiscence des droits du lacerdocc
à tout à coup illuminé Tesjprit. Il a dé<'laré la méthode de M. Dupitt enta^
chée de scandale et de pro£mation. De ce que les é{;lises appartiennent aux
communes, ii lui a paru absurde de conclure, comme l'illustre avocat,
que les maires ont le oroit dV célébrer des saturnales. La chaire appartient
aussi à votre commune , dit-il aux ofilciers de Tétat-civil ; eh bien , y raonr
terez-vous pour prêcher? Le calice «st également à vous, puisque c'est un
meuble de l'église ; eh bien , oserez^voua en fairft usage r Ainsi raisonna
M. l'abbé de Pradt. Mais ce n'est pas tout; un journal de département a
déterré une consultation de M. Dupiu le père, qui est diamétralement op-
posée à celle de M. Dqpin te (ils. On y remarque un de ces argumens nom-
més ad hominem, qui parlent tout seuls à la raison. Supposons, dit M. Du-
pin le père , un mauvais fils qui , de son vivant , avoit en horreur Ja maison
paternelle et ceux qui l'habitoiont; jusqu'à sa dernière heure il les a mau-
diU. L'culeur de ses jours a fait d'inutiles efforts pour l'amener à de meil-
leurs seutimens, pour obtenir de lui \\\\ signe de repentir et de réconcilia-
tion : la porte et les entrailles île son fils lui ont été fermées jusqu'au der-
nier moment. Et, auand ce mauvais sujet sera mort, vous le transporterez
chez son père pour lui faire des scène*»; vous caserez ses poites pour l'in-
troduire dans sa maison ; vous le foirerez de suivre sou cercueil et d« lai
donner une bénédiction mille fois offerte auparavant et mille fois refusée 1
Mog )
— Ne Vo(i8 esf-îi jamais arilvé de v(nt quelqu'un dé cm filous qui font
lé9 ntaîs après dVdir vidé tos poches", et qui réfK)ndent d'un air étonné ,
quand on les înlerrogCi qu'ils ne savent pas seulement ce qu'on veut leur
ftire? Eh biert, depuis la séance royale au- 7. mars, tous ces messieurs du
comité -directeur ressemblent exactement à l'espèce de filous dont nous
parlons. A l'àir de candeur cl d'innocence dont ils expriment la surprise
ginande que le discoui-s du trôné leur a Causée , vous jureriez que c'est dt
l'hébreu pour ces pauvres gens, a A qui efi voulez *vou3 donc , s écricnt-iî» ,
avec vos mauvais soupçons? Il est question , dites-vous , de coupables ma-
Comprenons rien absolument. A l'onverlure de la session précédente <
savuit quels compKmens nous faire. Et voilà que tout à coup voua vous
mettez à cliaoger de langage , comme si nou$ avions mesuré de la liberté
de la presse ; comme si vous aviez ai nous reprocher des histoires de mou-
tons enragés, deS associations bretonnes et de coupables manœuvres pour le
refus dé l'impôt ; comme si nous avions songé à vous traiter pins mal que
la famille des Stuarts; comme si enfin notre intention avoit jamais été de
i-enverser la monarchie autrement que dans les formes voulues par l'ordre
légal, et avec les armes qu'on nou.s a fournies contre elle, tu Ce que Vous
Venez de llte est l''anal7se de soixante articles immenses qui ont paru de-
puis mardi dans tous les journaux révolutionnaires.
— M. le Dauphin , ayant appris qu'un officier admis à la rctfalte après
quarante ans de service , n'avoit pu obtenir, d'après la loi , le fttasimum dp
k pension ,- a fait remettre 200 fr. à cet ofHcier, qui a l'eipoir de le voir con<^
tinuei' Ce secours.
— ^ M. le comte de Mâch&uH d^ArnôuVillë est mort là ^maille dernière k
Paris, dans un âge avaficé. Il étoit lieutenant-général, pair de France et
commandeur de Tordre de Saint-Louis. Il s'étoit trouvé à la bataille de
Fotiienoyj et y commandoitun régiment. C'est dans soh château d|Arnou-
vilte, pi'ês Gonessfe, que leBoi-éfl lés Princes passèrent quelques jours en
juillet i8i5, avant de retitrer à Paris. M. de Macbault étoil frôrédc révéquè
de ce nom qui gouverna l'^Hse d'Amiens après M. de La Motte, qai donna
sa démission , et qui mournt à Arnouville le 12 juillet 1820 , à l'âge de
quatre-vingt-trois ans. (Voyez notre u° 622, tomeXXÏV.) M. le comte
de Machault étoit plu3 qu'octogénaire,. et n'étoit pas moins distingué par
•on attachement à la religion et par sa fidélité à en suivre les pratiqués, que
pav son dévouement au Koiet par la loyauté <ie sa conduite.
— M. Jules Maréclial , premier inspecteur de la division générale des
beaux-arts, est nommé chef de division, directeur des bureaux de cette
, administration , en remplacement de M. le comte Legardeur de Tillys , ad-
mis à la retraite.
— La cour de cassation a procédé, mardi derniçr, à la réception de M. Ri-
ves , nommé conseiller en remplacement de M. Gary.
^ — Dans sou audience de jeudi dernier, la cour royale a , sur les conclu-
sions de M. Tavocat-générai Berard-Desglageux ^ et makré les efiorts de
l'avocat Berville, confirmé son arrêt par défaut qui a condamné à cinq ans
de prison et iô,ooo fr. d'amende le sieur Fontan , ex- rédacteur de Cdâum--
Bîagallon, potir outrages envers la persohne du Foi ditns un article intitulé
le Mouton enragé, '
(,I0)
•—M. MartaîiiTÎUe, réJacteur du Drapeau hiano, a fait citer en difiatinr-
lion , au tribunal correctionnel, 1& gérant du Corsaire, pour un article dans
lequel celui-ci lui reprocboit d'avoir livré aux alliés le pont du Pec en 18 15.
M. Henrion a plaiaé pour M. Martainville. Le tribunal a condamné le
aieur Viennet , gérnntau Corsaire, à 30ofr. d'amende.
«—La Gazette de France n'ayant pas voulu insérer, à raison de termes in-
couvcnans, une. lettre de M.'Wilbcrt, avocat, en réponse à l'article que
cette feuille avoit fait sur sa brocbiire intitulée Qu'est-ce que le côté divil?
celui-ci a cité M. de Genoude au tribunal correctionnel |30ur le contraindre
à cette insertion. Le tribunal , reconnoissant que la Galette avoit usé de
son droit en manifestant son opinion sur cet ouvrage, et que la réponse étoit
trop désobligeante, a» sur les conclusions de M. Hennequin, son avocat,
renvoyé M. de Genoude de .la plainte, et condamné le sieur Wilbert aux
dépens.
— Pendant les grands froids, on s'est occupé à Mellc ^Deux>Sèvres),
avec beaucoup de zèle du sort des malheureux. Une souscription a été ou-
verte, des quêtes ont été faites par des dames, et. on a- recueilli en peu de
jours plus de 4iOoo fr. , avec lesquels les pauvres ont reçu ensuite toutes
sortes de soulagement. On cite particulièrement la charité de M™*' la com-
tesse de Solère, épouse du sous- préfet.
— Une nouvelle tentativd d'incendie a été découverte, la semaine der-
nière, à Toulon , à bord du vaisseau-caserne I^Ulnt, On est à la lecherche
des coupables.
— lie roi de Naples a nommé ministre des affaires étrangères, par intérim,
le prinoedeCassaro,en remplacement du chevalier de Médicis. Les systè-
mes financiers introduits par ce dernier continueront d'être observés. La
Ç résidence du conseil des, ryinistres est conférée, partntonm^ au marquis
'ommasi.
— Dans la chambre des pairs d'Angleterre , lord Stanhope a demandé , le
26 février, que la chambre se formât eu comité général pour examiner l'état
intérieur de la nation. Celt« motion a été combattue par lord Wellington,
{ui en a montré l'inutilité. La chambre a été aux voix , et il y en a eu pour
fa motioD sS et contre 1 18. Majorité en faveur des ministres, gS.
— L'envoyé extraordinaire Hali- Pacha a eu son audience solennelle de
l'empereur de Bussîe le 10 février. Il lui a remis deux lettres du grand-
seigneur, et lui a fait agréer, ainsi qu'à l'impératrice, de ridics prcsens.
t
Séance royale.
Le mardi 2 mars , le Boi a fait l'ouverture de la session aies chambres au
Louvre. La salle étoit décorée avec la magnificence ordinaire.
S. M. est entrée dans la salle de la séance au milieu des plus vives accla-
mations, et a pris place sur son trône. A la droite du Hoi s'est placé M. le
Dauphin , et plus loin M. le duc de Chartres et à sa gauche M. le duc d'Or-
léans. Au bas de l'estrade étoient les ministres , les maréchaux , les grand»-
officiers des ordres rovaux, six conseillers d'état et six. maîtres des re-
auétes, et enfin , sur les banquettes, les pairs d'un côté et les députés de
rautre.
( III )
Les princesses et Its enfans dé France assistoient à la cérémonie dans une
tribune.
L'assemblée étant debout et découTerte, leHoi a dit : 3JM. les pairs,
asseyes-vous. M. le chancelier a fait connoitre à MM. les députés que S. M.
leur pcrraettoit de s'asseoir.
Après avoir découvert son front auguste et salué l'assemblée, leBoi a
prononcé le discours que nous avons rapporté. Les paroles royales ont pro-
duit beaucoup de sensation. Par trois ibis des cris presque unanimes de
vive le Roi! ont interrompu S. M.
Après le discours de S. M. , M. le chancelier a fait prêter serment aux
nouveaux pairs , en commençant par M. le duc de Nemours^ qui a atteint
sa quinzième année. MM. de ta. Bourdonnaye et Bavez étoicnt absens. Les
députés élus depuis la dernière session ont également prêté serment.
M. le chancelier ayant pris de nouveau les ordres du Boi, a déclaré que
Ja session des chambres étoit ouverte, et que chacune d'elles étoit invitée à
se réunir dés le lendemain.
Le Boi s'est ensuite retiré au milieu de nouvelles acclamations, et a été
reconduit avec le même cérémonial qu'à son arrivée.
CHAMBRE DES PAIRS.
Le 3 , les secrétaires provisoires appelés^ au bureau par leur âge sont
MM. le duc de Feltre, les comtes Lanjuinàîs, Cholet et le marquis de Pé>
ri gnon. '
Les secrétaires définitifs nommes au scrutin , à l'ouverture de la séance,
sont MM. le comte de Bouille, ^es marquis Delaplace, Maison et le vi-
comte Dambray. '^ ' ^
La commission de ladresie désignée par M. le chancelier, président ,
suivant le vœu de la. chambre, se trouve composée de MM. le duc de Dou-
deauville, le vicomte Laine, les marquis de Latour-Maubourg, deMar-
bois, de Talaru , les comtes de la Finisse et Siméon.
La séance se termine par le tirage au sort et l'organisation des bureaux.
La chambre se réunira lorsque la commission de l'adresse sera prête à faire
son rapport.
Organisation des hureaux.
Présidons : MM. les ducs de Blacas, d'Havre, le comte Chaptal, le
marquis de Marbois, l'archevêque de Paris, le duc de Doudeauville, le
comte Boy.
Secrétaires : MM. le comte de Peyronuet, le prince d'Aremberg, le
comte de Chabrillane, le marquis de Dampierre, le comte de Moutalivet,
le marquis de Mirepoix , le comte de Yauclreull.
Comité des pétitions : MM. les comtes d'Argout , de Castelbajac, le mar-
2uis de Morlemart , le duc Decazes , les comtes Portalis ^ de Kergariou , de
lourtarvel.
( »I» )
CIÏAMBRK BE« DÉPUTÉS.
Le 3 y M. Labboy de Pompi^res occupe le fauteuil comme doyen d'âge.
Les quatre députés les plus jeunes, MM. Benryer fils, Iiariboissière, Cor-
meiiin et Legendrc reroplissoient les fonctions de secrétaires.
M. le président tire au sort la formation des neuf bureaux. MM. les dé-
putés s'etant rendus dans leurs bureaux procèdent à la vérification des
Pouvoirs de quelques membres. Sur le rapport de MM. Lariboissière, Aug.
errier, Dupont de l'Eure, Debelleyme, Bourdeau, Duy. deHauranne,
de Sclionen et Dupin aine, la chambre admet sans discussion MM. Her-
noux, de Cbartrouze, Lesendre, Bosc, Planelli de la Vallettc, Joseph
litertrand, Berryer et de Gélis.
A la suite d'une légjèrc discussion , MM. de Pignerolles et Guiiot sont
également admis sur les conclusions de MM. de Cambou et de Cordoue.
Voici le résultat de la formation des bureaux :
Pt'ésidêtu : MM. Aug. Perrier, de Bizemont, la Fayette, père, de Mar—
tignac, Boyer-Collaid , Cassaignolcs, Louis, Saint-Cricq.
Secrétaires : MM. de Preissac, de Panât, Kératry, Gréa, Debelleyme,
Bourdeau , Guizot , Reinach ,*Boissy d*Ang1as.
Le nombre des députés qui ont marqué leur place est, dit-on , de 33q ,
divisés ainsi qu*il suit : extrême droite , 36; droite, 47 î centre droit, 78;
extrême saucnc , 47 i gauche, Sj ; centre gauche, ^4*
Le 4 I M. Berryer, secrétaire piovisoire, donne lecture du proccs-verbal.
M. le président d'Âge, après avoir donné lecture d'une lettre de M. Brun
deVilleret, qui s'excuse de ne pouvoir encore se rendre à la chambre,
ouvre uù scrutin pottr l'élection des cinq candidats à la présidence. Il y a
36 1 votans, la majorité absolue est donc de 18a $ les suffrages se trouvent
ainsi répartis :
MM. Royer-Collard , aaô; Casimir Perrier, 190; Sébastîarii, 177; de
Berbis, i3i ; Delalot , 129 $ Agicr, 118; de Chantelauze, 116, de Lastours,
Ii6t Humann, 11a; Gautier, i/îjé
MM. Boyer-Collard, Casimir Perrier sont proclamés candidats à la pré^
sidence.
On procédé à un second scrutin , qui donne le résultat suivant ':
Nombre de votans : 373; majorité absolue, 187. MM. Delalot, 189;
Sëbastiani, 184 ; Agler, 175; de Berbis, lai; de Chantelauze, ii6jae
Lastours , 116 ; Pardessus, 76 ; Gautier, 38.
M. Delalot est proclamé troisième candidat à In présidence.
La chambre s'aiourne au Icndeniain pour l'élection des trois autres can-
didats; il y aura ballotage entre MM. Sébasliaui, Agier, de Berbis et de
Lastours; ce dernier étant plus âgé que M. de Chantelauze, qui t obtenu
le mitùé nombre de voix.
Giwutb
, 3dricn €( Clrrr.
Mercredi io mars iB3o. - (N*» i6a6. )
Bssm sur le système hiéroglyphiqne de M, ChampolUon le
jeune, et sur les ayantages qu'il ^ffre à la critique sacréfSiy
par M. l'abbé Greppo (i).
La découverte des hiéroglyphes égyptiens par M, Cham-
polUon a excité un yif intérêt parmi les savans et parmi
ceux mêmes qui ne le sont pas. Cette écriture , retrouvée et
expliquée après tanttle siècles, offre un phénomène piquant
pour la curiosité , et surtout un événement qui peut avoir
tme grande influence pour les progrès de la science de l'an-.
tiquité. Uhistoire, la littérature, les arts peuvent s'en
dclairer à la fois, et la religion ne sauroit être étrangère à
une telle découverte, qui lui fournira peut-être dejtiou-
veaux documens pour 1 interprétation de nos livres saints
et de nouvelles preuves pour en constater les récits. C'est
cette pensée qui a donné lieu au présent ouvrage ; M. l'abbé
Greppo, grand -vicaire de Belley, en suivant avec atten-
tion les travaux de M. ChampoUion, conçut l'idée de les
considérer dans leurs rapports avec l'histoire sainte. Déjà
un protestant, M. L.-A.-C. Coquerel, avoit traité ce sujet
dans une Lettre à M> €h. Coquerel, publiée à Amsterdam
en 1825 , iû-8*» de 48 pages. Mais le plan de M. Vabbé Greppo
est plus vaste, et depuis 1825, i] a pu profiter de faits et
de découvertes non encore publiées alors.
L*e titre seul de l'ouvrage de M. l'abbé Greppo indique
que l'auteur a un double objet , celui de faire connoître le
système hiéroglyphique de M. ChampoiUion, et celui de
cnercher quels avantages ce système peut offrir à la crit»\que
sacrée. Cet Essai se divise donc en deux parties , qui de-
inandent de nous l'une et l'autre une courte analyse.
N'ayant point encore eu occasion de parler des découvertes
de M. Ghampollion, nous saisirons cette occasion d'en
donner une idée ; nous ne pouvions suivre, à cet égard , de
meilleur guide que M. Tabbé Greppo.
(1) Un vol. in-8°, prix, 5 fr. 5o cent, et 7 fr. franc de port. A Parb,
chez Dondej-Dupré, et au bureau de ce journal.
Totne LXIII. VAmi de la Religion et du Roi, H
( n4)
On a cru long -temps que récrîittre hiéroglyphique
e'toit une science mystérieuse réservée aux seuTs prêtres
égyptiens; mais cette opinion est reconnue aujourd'hui
pour une erreur, et en effet, il n'est pas probable que tant
a*inscrîptions oui couvroient les monumens ne fussent
point intelligibles pour la majorité de la nation. Plus tard ,
i'£fj|ypte devenue chrétienne, abandonna peu à peu ses
anciennes méthodes graphiques et adopta l'alphabet des
Grecs, en retenant quelques caractères indispensables. De
là se forma le copte, langue morte auJQurd hui et totale-
ment inconnue aans le pays où elle fut parlée, langue
qui ne possède qu'un petit nombre d'ouvrages , mais qui
est uu reste précieux de l'ancienne langue égyptienne.
M. Etienne Quatremère a démontré l'identité des deux
langues , déjà reconnue par plusieurs savans.
Les Grecs et les Romains ne paroissent pas avoir connu
les hiéroglyphes, du moins ils ne nous ont rien transmis à
cet é^ard. A la renaissance des lettres , on s'occupa de re-
chercnes sur les hiéroglyphe» , mais elles n'avoicnt eu atk-
cun résultat jusqu'à ces derniers temps. Pendant l'expédi-
tion d'Egypte , des ouvriers français travaillant à un fort , à
Rosette , trouvèrent un gros bloc de basalte noir, mutilé et
couvert des restes de trois inscriptions en caractères diffé-
rens. C'est ce bloc , étudié par M. GhampoUion le jeune (*),
> ' I I II -^ I I I ■ I . il. ■ I I 1 1 1 I ■ ■ ■■■■■
(*) MM. Champollion sont deux frères nés à Figeac dans le Quercy. Le
jeune , Fauteur des découvertes, avoit commencé autrefois un grand travail
sur rÉgypte ; les deux premiers volumes en ont paru sous le titre de VB^
gyptè sous les Pharaons. L'introduction de cet ouvrage «ivoit paru en 1811.
Un autre ouvrage important de lui sont ses lettres a M, h duc de Blâcas
sur Je Musée royal égyptien de Turin, 1824 *t 1826, in-8^. On sait que ce
musée a été formé par racquisitiuii d'une cx)llection intéressante qui ap-
partenoit à M. Drovetti, consul à Alexanclrie. Il y a encore de M. CHam-
pollion un Ajufrçu des résultats historiques de fa découverte de l'alphabet
niéfotjhfphique égyptien, 1827. Enfin, il a commencé un Panthéon égyp-
tiefi qui doit offrir toute la mytholo;i;ie égyptienne. M. Champollion , le
jeune, est en ce. moment en Egypte où il visite tous les monumens, et où
on espère qu'il étendra encore et confirmera ses -découvertes.
M. Champollion ainéj qu'on appelle-M. ChampoUion-Figeac, est au-
teur de plusieurs écrits sur les antiquités de Grenoble. Il s'est aussi occupé
de recherches sur l'Egypte, et publia en i8o5 une Lettre sur l'inscription
de Dendcra. Il s'est chargé de recueillir et de mettre en ordre les maté-
riaux chronologiques découverts par son frère. C'est le sujet de deux no-
tices chronologiques qui sont à la suite des Lettres sur le musée de Turin ;
il doit y en avoir une troisième.
( ïi5 )
qui Ta fnis sur la voie de sa découverte. £n comparant
rinscription grecque avec rinscription hi.Aoglyphique, il
a reconnu daiis une sorte de groupe nomme' cartel ou car^
touche, une re'union de signes qu'il a cru offrir le nom de
Ptoiémée. Un obélisque trouvé dans l'île de Philae, et trans-
porté aussi à Londres, a présenté de même le nom de
€léopatre. M. Ghampollionpoâsédoil donc déjà dix. signes,
et l'examen d'autres cartouches lui fournit successivement
presque tout l'alphabet phonétique. Il rendit compte de sa
découverte dans sa. Lettre à M, Ùacicr, en 1822. Bientôt de
nouvelles recherches sur les inscriptions des temples , des
cercueils de momies, des papyrus et d'autres monumens
ont confirmé la première découverte et ont fait connoître
de nouveaux signes. M. Ghampolliou réunit ses observa*
lions dans son Précis du système hiéroglyphique, 1824, 2 vol.
in-80.
Il est assez singulier que, daiks toute l'antiquité, le seul
saint Clément d'Alexandrie nous ait laissé quelque chose
de précis sur les différentes espèces d'écriture usitées chez
les anciens * Egyptiens. Il distingue , dans ses Stromates.
l'écriture épistoîo graphique, que d autre appellent enchoriale
.et démotique, l'écriture hiératique et l'écriture hiéroglyphique.
Cette dernière se soudivise encore en deux méthodes diver-
ses. M. l'abbé Greppo cite le |>assage du saint docteur et
l'explique d'après M. ChampoHion et M. Letronne, qui
en ont fait l'objet d'une discussion approfondie. Il entre
ensuite dans des détails curieux sur les signes hiérogly-
phiques, sur leurs formes et leur nombre, sur les caractè-
res figuratifs, sur les caractères symboliques, sur les ca-
ractères phonétiques ou exprimant les sons. Ces notions ,
' nettes et précises , sont puisées dans les écrits de M. CLam-
pollion et peuvent donner une idée de tout ce qu'embrasse
son système.
. En poursuivant ses recherches, M. ChampoHion a re-
connu sur les monumens les noms de presque tous les
princes qui ont gouverné l'Egypte depuis Concharis jusqu'à
Commode; dans l'époque romaine, il a lu les noms des
Césars depuis Tibère. Dans la période grecque , il a vu les
noms des Ptolémées et de leiirs femmes.. Les monumens lui
ont restitué des princes dont les règnes et même les noms
étoient incertains ou inconnus. La dynastie conquérante
Ha
(les Perses n^a point échappé à ses recherches; il a re^
trouvé les noms de Cambyse , de Darius , d'Artaxerce , de
Xercès. En remontant la suite des souverains de race
égyptienne, il a reconnu les noms des Pharaons Acorisy
Nepheréùs et des deux Nectanèbe, la plupart des Pha^
raons de la 2,6* dynastie, la 26" et la aS* entières, la 19*,
la iS"*, etc. Ces résultats sont confirmés par deux monumens,
Sar la table d'Abydos , suite de 4o prénoms royaux sculptés
ans un temple; ce monument, détruit en pai*tie par la
dégradation du mur auquel il tient, détermine 1 ordj-e
chronologique des princes. L^autre monument est un ma-
nuscrit trouvé parmi les fragmens de papyrus du m.usée de
Turin , et qui donne une liste de plus de cent rois ; mal-
heureusement il est mutilé. On peut attendre des décou-
vertes de M. Ghampollion d'autres résultats pour la conr-
noissance de la mythologie égyptienne, des coutumes et
des institutions de ce pays et de l'état où y étoient les
arts.
Ici finit la première partie de VEssai de M. Fabbé
Greppo; elle offre une exposition claire, précise et métho-
dique du système de M. Ghampollion. On voit que l'auteur
Fa Deaucoup étudié , et il n'en parle qu'avec l'accent d'une
profonde admiration. Non-seulement il ne se permet i^
doute , ni critique , il n'essaie même pas d'élever quelqu^
discussion. Personne cependant n'étoit plus capable que luîi
d'examiner le fond du système , d'en apprécier les preuves,
d'en vérifier les résultats. Ce travail n a point été fait en-
core, dit- on, et le défaut d'un tel examen jette quelque
incertitude sur plusieurs parties d'une découverte d'ailleurs
si importante. Aussi un journal littéraire, rédigé par des
hommes habiles, rendant compte du même ouvrage qui
nous occupe, faisoit une objection qu'on nous permettra
de reproduire ici :
<c A la page 102 *\i\ Précis, M. ChamçolHon pose pour règle générale,
que : a «Les signes reconnus poar phonétiques dans les noms propres con-
» servent cette valeur phonétiaue dans iovs les textes hiérogljphiqnes où
» ils se rencontrent. » D'après cette proposition fondamentale, coroni£
M. Chnmpolliou Tappclle, ces signes une ibis reconnus comme phonëtir -
tiques ne peuvent donc être ni idéographiques, ni symboliques» M. Cham-
Sollion a également posé en principe que , dans' les monumens de FEgypte,
eux cartouches éloîent affectés ù chaque roi de ce.payaj le premier ae ces
cartouches , précédé des mots roi du peuple obéissant, contenoit son titre ou
( "7 )
prêhomen carâctèreit idéographiqaes ou ffymbôliqaes, et Taûtre, précédé
des mots fiU du soleil, son nom propre , écrit orcnnaircmcnt en caraclèrcs
phonétiques. A présent nous demandons si plu» des deux tiers des signes
employés dans les cartouches prénoms ne sont pas du nombre de ceuiL que
M. Champollion a indiqués comme phonétiques? Dans son Précis et danc
ses deux lettres à M. le duc do Blacas, il a publié plus de soixante-dix lé-
gendes de prénoiAs ; dans ce nombre , il y en a plus de la moitié qui ne sont
cfnnposés que de signes phonétiques, signes que M. Champollion , peu
d'accord avec lui-mémei déclare adleurs être symboliques et idèegrmphiquêSy
et que , par conséquent , il se dispense de lire.
» Cela semble une contradiction manifeste, et un antiquaire aussi judi-
cieux que M. Greppo auroit pu la i-emaï-qucr. Un homme aussi conscien-
crecEX éviteara toaioors de fortiner, par son témoignage y des coujecturse plus
ou moins incertaines , et qui , dans quelques cas , peuvent induire le public
ou erreur. L'extrême aridité de la matière est sans doute ce qui a epipéché
jusau'îci les savans d'entrer à fond dans Texamcn des ouvrages dîe M. Cham-
pollion. L'alphabet phonétique n'a servi jusqu'à présent qu'à lire des noms
propres et qiielques expressious répétées souvent sut des monumens ; il n'est
^ère permis de croire qu'il conduise jamais à l'intelligence parfaite des
écritures égyptiennes, parce que nous ignorerons toujours la signification
de la plus grande partie des caractères idéographicfues et symboliques , et
que, de plus , nous ne connoissons pas assez l'ancien idiome de TÉgypte ,
déjà Irès-défiguré dans le copte qui en dérive, et qui est mêlé d'un très-
grand nombre de mots grecs et arabes. »
Noiisrparlerons une autre fois de la seconde* partie de
V Essai, qui a un rapport plus direct avec le plan de notre
journal , et où Vau'^eur discute des questions intéressantes
pour la critique sacrée.
NOUVELLES ECCLÉSIASTIQUES.
Pakis. Le bruit dont nous avons parlé relativement à une
prochaine promotion de cardinaux s'est confirmé. On écrit
de Rome que MM. de Simone, Mazio et Weld, ont reçu le
billet d'usage ou l'avis qu'ils seroicnt promus dans le pre-
mier consistoire. M. Dominique de Simone est maître de la
chambre du saint Père , place qui mène au cardinalat.
M. Raphaël Mazio a été long-temps secrétaire des lettres
latines, et jouissoii de la confiance du feu cardinal Con-
îialvi ; il a été employé en des négociations importantes et
a laissé de précieux souvenirs en France. Sa santé, ruinée
( "8)
par ses travaux , étoit un motif de plus pour lui mériter les
nonne urs du chapeau. M. Thomas Weld est le prélat an-
glais dont nous avons parlé. On croit que leur promotion
au cardinalat aura lieu avant Pâaucs.
— Le vendredi 5 mars, M. l'archevêque a commencé
à Notre-Dame ses instructions du carcme. Mais cette pre-
mière fois le prélat ne s*est point occupé de la passion du
Sauveur.' Gomme il avoit permis qi^e la réunion fût consa-
crée à une œuvre de charité, il a pris pour sujet de son
discours les œuvres de miséricorde. L'anluence des fidèles
étoit très-considérable, et la quête pour les prisonniers a
dû être satisfaisante. On a trouvé dans la bourse une taba-
tière d'argent, qui j a été jetée, dit-on , par une femme
peu riche. N'aj^ant sur elle qu'une petite pièce d'argent,
elle a voulu suppléer à sa modique offrande et s'est privée
de ce qu'elle avoit peut-<-être de plus précieux. C'est bien là
sans doute le denier de la veuve. Ce trait nous a paru mé-
riter d'être connu, pour l'édification des fidèles. Vendredi
Ï prochain , M. l'archevêque commencera les instructions sur
a Passion , et les continuera les vendredis suivans.
— Une mort inopinée vient de ravir à une des paroisses
les plus peuplées de la capitale un pasteur estimable.
M. l'abbé Paradis, curé de Notre-Dame de Bonne -No u-^
velle, a été trouvé mort dans son lit le vendredi 5 au ma-
tin. M. Jean-Baptiste Paradtis étoil né près Moulins^ diocèse
d'Autun; et fut d'abord curé de Dorne,.au diocèse de Ne-»
vers. Depuis le concordat il avoi^ été vicaire à Notre-Dame,
puis curé de Sainte-Valère , d'où il passa, il y a quatre ans,
à la cure de Bonne -Nouvelle, paroisse importante, et qui.
compte vingt-«cinq mille âmes de poj)ulation. M. Paradis
étoit fort asbidu aux fonctions de son ministère. Il faisoit
tous les vendredis, pendant le carême, une distribution
aux pauvres et leur adressoit en même temps une exhorta-
tion. La veille même de sa mort il avoit présidé une pieuse
association et étoit sorti assez tard de son e'glise. En en-
trant chez lui à cinq hem es du matin, on Ta trouvé mort.
Ses obsèques ont eu lieu le lendemain 6, M. l'abbé Jalabert ,
archidiacre , a officié. Plusieurs curés de la capitale et un
grand nombre defidèles de Ja paroisse assistoient à la cé-
rémonie. M. l'abbé Paradis étoit âgé de 69 ans; il étpit
frère de M. I^éonard Paradis, premier vicaire de St-Roch,
(119)
mï cond^iisoît le deuil. Le dimanche suivant, M. Tabbc
Portalès , premier vicaire de Bonne-Nouvelle , fit au prône'
l'éloge du pieux curé; il a rappelé d'une manière fort tou-
chante les vertus du digne pasteur, sa régularité , son ap-
plication à ses devoirs , sa charité pour les pauvres , sa vie
frugale et la simplicité qui régnoit dans sa maison , et qui
tournoit au profit des malheureux.
— Nous avons déjà remarqué, les années précédentes,
que M. Tévêque de Bellay prenoit occasion, de ses Mande-
mens de carême , pour prémunir les fidèles contre les faus-
ses doctrines et les scandales du moment. Le prélat a été
fidèle encore cette année à suivre un usage si digne de son
zèle. Après avoir rappelé que les fléaux que Dieu permet
sont destinés à nous (aire rentrer en nous-même , il signale
les égaremens d'un siècle orgueilleux et ses folles préten-
tions, et ses maximes audacieuses :
« Il a fallu vivre dans ce siècle d'erreurs et deinensongea, pour voir des
hoBiraes qui se disent philosophes, c'est-à-dire amis de fa sagesse, de la
vérité et de la vertu , faire rapoiogîe des doctrines les plus fausses et les plus
subversives, des crimes les plus honteux, des calomnies les plus noires,
des dissolutions les plus humiliantes pour Fespût humain , tandis qu'ils
cherchent à dénaturer, dégrader, avilir les vérités les plus importantes, les
traditions les plus anciennes, les vertus les plus subhmes, les sacrifices les
I|U]s héroïques ; pour lea voir, au grand scandale de toutes les nations po-
icées de VÈurope, proclamer hautement et avec une audace qui n'a point
d'exemple, que des juges on jurés qui qqi fait serment de prononcer, selon
leur conscience et selon les lois, peuvent impunément mentir à leur con-
) <jirà bouleverser tous les principes de ju , ^ ^.
ser toutes 1^ consciences , qu'à établir l'arbitraire le plus opposé ai^ gou-
vernement i^eprésentatif , et à créer un système d'impunité en faveur de
tous ceux qui sont coupables de sacrilèges, de parjures, et d'insurrections
contre l'autorité légitimes : doctrine si évidemment criminelle, qu'elle de-
vroit suffire pour ouvrir les yeux à tous les gens de bien , et leur faire voir
dans quel abîme on veut nous conduire.
» Il a fallu vivre dans ce siècle d'illusions , nous avons presque dit de
vertiges, quand il s'agit d'objets religieux, pour entendre donner de pom-.
peux éloges à des hommes.qui ont été assez aveugles, assez inconséquens ,
assez endurcis dans le crime pour oser affronter de sang froid toutes les
rigueurs de la justice et de la sainteté de Dieu , pour oser se croire innocens
après avoir mené une vie toute coupable, toute crapuleuse, toute sem-
blable, à celle des brutes; après avoir coopéré aux plus criminels excès ,
après les avoir dirigés, consommés, sans donner la moindre marque de
r^pteatÎF, en donnant même des preuves non équivoques, de leur persévén
rancf dans l'impiété > le libertinage «t la révolte.
( Md )
i II faut Vf mi técu dknt ce ëAêie fttiond eu cûiitHkiéikélik, pb» réClr
deilioromes qtà se disent les apdtrai de la liberté dvile et reftgîeuse, ptm-
dfe la défense de tous les cultes et de toutes les associations , proclamer Isf
liberté de tout faire , de tout dire , de tout écrire, et ne mettre de bornes à
cette liberté indéfinie , que lorsau'il s'agit de la religion catholique et des
institutions qui l'intéressent; ils n'ont pas honte de faire rerivre contre
eRe des loi» abrogées , des anéu surannés , des anecdotes ncille fbis réfutées
et démontrées fausses j ils font la guerre à noe pieuses associations , à nos
antiques et vénérables cérémonies, à nos simples opinions et même à nos
costumes religieux, qui trouveroient erâce à leur tribunal , s'ils désignoient
des juifs , des mahométans ou des idolâtres ; on pousse la prétention et l'a-
▼englement jusqu'à reprocher au clergé catholique de ne pas reéonnoltre
«amme siens , comme appartenant à la bergerie du bon paateor des loup»
rwMMPS dont la brutale impiété ne s'est occupée qu'à ravager le trouf^u
de Jésw^ Christ, qu'à égarer les brebis fidèles, qu à déchirer ceux. qui en
sont les gacdiens , qu'à infecter, par leurs exemples , leurs propos et leurs
ouvraces , le champ du père de famille et les eaux salutaires de la doctr!he
évanf^que , et qui ont persévéré jusqu'à la mort'dans ces coupables dlspo»
sitlons.
» Quoi ! vous voulez que nous rendions les honneurs funèbres et reli»
cieux à ces hommes sans foi et souvent sans mceurs, qui ont manifesté
hautement leur opposition à la religion catholique! mais, supposons un
instant, qu'un de ces pécheurs cndptcis dans l^-crime et l'impiété, au Iiei&
d'être déjà traduit au tribunal de Dieu , quand on a mis son corps dans 1»
cèrcaeil, eût été seulement plongé dans un de ces sommeils léthafigiques,
dont les exemples sont rares, miis qui néanmoins se reproduisent quel-
cruefois? que diroit-il au moment de ton réveil, si , etf ouvrant les yeux,
il se voyoît dans une église; s'il entendoit, autour de lui, des cantiques
saints ; s'il étoit environné par ces ministres de la relidon , qu'iU si soi-
gtleuseinent éloignés dé hiiet si cruellement insultés! saisi d'épouvante,'
sans doute, et jetant reffroi parmi lés assistans, il se plaindroit amèrement
(^e la violence dont on use envers lui; il demanderoit en vertu de quelle
loi oh le fait catholique malgré lui, et il trouvetpit bieutAt dans. cette lon-
gue série d'injustices et de calomnies dont il s'est nourri contre le clergé,
ms motifs de l'accuser d'avarice, d'intolérance, de tyrannie, d'absoiu-
tlsme, même envers les morts! ^ combien, peut-être, parmi ceux qui
nous blâment d'user de nos droits, en reponssani dé l'Eglise, après la
mort, ceux qui s'en sont éloignés pendant la vie, qui changeroient tout à
cOnp de langage et applandiroient à ces iniustes reproches.
D Le moment viendra, certainement, N. T. C. F. , où l'on rougira de
toutes ces contradictions et de tous ces excès; le moment viehdi'a oà les
prêtres catholiques pourront suivre les lois canoniques, auxquelles ils sont
^issujctis, s.ins être exposés à entendre les dameura de ceux qui ne les
opposé à aucune loi, dont le pacte fondamenlMl a consacré le principe*, et
dont on revendique si hautement l'cKetcicc pour toutes les autnen inélittt-
tions, même pour celles qui ne sent ^s reronnues légalelncpt; le moineni
(.121 )
ùnîf€tk àh ïê ïiààÉéÉÉBèiia ètiMtietitt, faÏMfnt jcnifoè detoM d'ds^iigérâi
tîtMKy chacun èoninrepdra bile coux qut n'ont aucanie leUmen pendant iq
YÎe, ne peuvent être associas au^ exercices d'aucune religion Après la
mort; que ceux ^ui ont, s'il faut les en croire, une religion toute inté-
rieure, toute inVîsîble, doivent se contenter des vœux intérieurs et iriyi-
aiblès que nous faitons pour dné Dieu leur pardonne (ro'us les crimes dont
ils sont coupables, et accueille les pfét«xt«s qu'ils illègiient pour justifier
Ti^pèce d'apostkisie dans laquelle lU ont vécu, et persévéra jusqu^à la
mort. »
Baiï^ la suite dû Màtideihent , lè't)rèlat expose rà|>ide-
nient ce que la religion à fait pour la socie'té, les institu-
tions qu'elle à fondées. les établissemens qu'elle a ouverts
à tous les genres d'infortune, les vertus qu'elle inspire ,
cette èharité, ce cDurage, ce dévouement héroïque, qui*
tantôt conduisent un missionnaire au-delà des mers , pour
éXrangeliser dès peuples infidèles oii sauvage^, tantôt por-
tent une jeune fuie à renoncer au monde , à sa fortune , à
sa familïe, pour s'ensevelir dans un hôpital et y assister
des malades , y panser des plaies et y rendre les services les
plus pénibles à la nature. La philosophie a- 1- elle quelque
chose à opposer à de tels exemples? M. l'évêque de Belley
finit en recommandant aux curés de former dans les grandes
f paroisses surtout des associations charitables , pour visiter
es pauvres et assister les malades. Le prélat a obtenu du
saint Siège des faveurs spirituelles pour cexiiL qui se dé-
vouent à ce ministère de charité,
. . — .Après la mort de M. le cardinal archevêque de Tou-
louse, le chapitre tndtropolilaîn s'est assemblé, et a nomme
pour ses grands- vicaires ceux qui l'dtoient du prélat. Il
leur a adjoint M. de Gestas, chanoine, et MM. P^^an et
Douarre, curés oe la métrçpole et de St^-Exupère. Depuis
la mort de S. £m. des coups de canon étoient tirés d'heure
en heUre le jour et la nuit, et cela devoit continuer jus-
qu'aux obsèques.^ Lés jeunes ecclésiastiques se relevoient
pour prier continuellement auprès du corps, qui fut trans-
porté le mardi 23 dans la chapelle de.Varciievéché. Le
cardinal étoit revêtu de ses ornemens pontificaux ; le cha-
liitre et les paroisses alloient successivement prier dans la
cliapelle. Les autorités ont coutreinandé des fêtes , qu'elles
avoient coutume de donner à cause des jours gras; la société
du salon des arts est la seule qui ne se soit pas soumise à
cette mesure de bienséance. Des sentinelles placées aux «x-
( ï»a)
trémitës de la rue de rarcheyècké pour empêcher les i
ques d'y passer. Les regrets de tous les gens de bien ont
suivi M. le cardinal dans la tombe. Il a donné à son trou-
peau , dans ses derniers momens , les marques de l'affec-
tion la plus touchante, et le sacrifice qui lui a le plus coûté,
comme il le disoit lui-même, étoit de se séparer de ses
ouailles. Son testament est un monument de fni et de
piété ; il a donné des marques de souvenir à son clergé ,
aux séminaires, aux hôpitaux, à sa famille, à toutes les
personnes qui lui étoient attachées. Sa mort a fait con-
noitre l'étendue de ses. charités; elles se montoient chaque
année à des sommes considérables. Peu de temps avant sa
maladie le prélat avoit envoyé 10,000 fr« pour continuer la
maison des Récollets, qu'il destinoit à un établissement
ecclésiastique. Les obsèques du prélat ont eu lieu avec
beaucoup ae pompe le samedi 28 lévrier; le convoi a par-
couru plusieurs rues de la ville pour se rendre à la cathé-
drale , ou le service a été célébré.
NOUVEIiliES POLITIQUES.
Pàku. Quand les libéraux trouvent quelque chose qui leur convient
dans les discours iJe la couronne , ils le tiennent pour bon , et ils savent le
1.*: «av^maIam a» »ama*v» n* iîam /^'ao* aImaS ^..in^ .A aaiimI^^^^^-^a. ^_r^iA^ ^^^..
i prennent encore au mot relativement au bien tfvCi
faire et aux institutions <^u'elle leur garantit. Dans tous ces cas-là , ils re-
connoissent sans- difficulté que c'est elle qui parle, et qu'elle est liée par
ses promesses; mais si , par hasard, il lui échappe quelque vérité qui leur
déplaise , alors cela ne peut plus venir d*elle ; les discours de la couro
pas sans les charges ; si c'est le Boi qui vous parle , prenez les bons et lo
mauvais complimens; si ce n'est pas lui, ne prenez rien. Il faut rendre jus-
tice là-dessus au Journal des débats; sans contredit c'est lui qui entend le
mieux ce genre de subtilités. Dans un discoun du trône , il vous démêle,
avec une merveilleuse sagacité, les l.uit mots qui viennent du Boi ; car tout
CQropte fait, il n'en trouve que huit;^ ce sont ceux qui ont rapport au bien
que S. M. veut faire et à Fhiver rigoureux que nous avons passé. Selon
lui , Charles X n'a rien dicté de plus a ses s^i^tiires , le reste appartient à
ses criminels ministres. Tout cela est bien 8ubti^pour nous autres bonnes
gens ; et il nous parott noor le moins aussi naturel de croire que la pensée
royale a pu s'exercer à la fois et sur les rigueun de l'hiver et sur les cou-
l^aoles manœuvres do la malveillance.
( 135 )
•F— Votiks-Tous 6ter au yol le vilain caractèro que tous lui connoissef ,
et eu faire ur e simple gentillesse légale dans le ^nre Lacédémonien? Voici
comment tous aurez k voua v prendre :^ Vous choisirez le temps et les église»
où les missionnaires feront leurs exercices. Pendant que les fidèles seront
occupés à les entendre prêcher, vous entrerez dans la sacristie ; tous y trou-
Terez les redingotes et les manteaux que cti prêtres nomades ou même ceux
du lieu auront pu y laisser .Vous les enlèverez , et tous couperez , par forme
d'amusement , des morceaux d'or^emens ou d'habits que vous emporterez
aussi, En tous en allant,, ;vous pillerez les petites boutiques de chapelets,
d*images et de crucifix que tous trouTcrez aux portes des églises. Alors tou»
pouvez compter sur une foule d'honnêtes journalistes pour vous applaudir,
pour crier contre les . gens que tous aurez volés , et pour trouTer vos tours
cnarraans. C'est du moins ce qui vient d'arriver dans le diocèse de Bayeux»
où les choses se sont passées exactement comme on vient de vous le dire , au
§rapd applaudissement des journaux révolutionnaires normands, et de ceux
e lîi capitale, qui se fout un dcToir de répéter ces braves.
— Le Roi et Masahe • duchesse de Be rri , ont fait repiettre par les mnîna
de M. Tévêquc de Luçon , au bureau des t)ames de charité récemment in-
stitué dans cette Tille *soua la présidence de M"^** la marquise de Sureneau ,
une somme de 600 fr. destinée au soulagement des malheureux.
— M. le duc de Bourbon a donné , en deux fois , i,5oo fr. pour les pau-
vres de Chantilly (Oise). Une souscription faite par les habitans les plus
aisés a produit en outre 800 fr. Ayec ces secours les indigens de cette ville
ont reçu journellement, depuis le lô décembre, du bois, du pain et de la
viande*.
— Sur h proposition du ministre de ^intérieur, le Roi a, le 28 février,
ordonné qu'à l'avenir les maires, adjoints et conseillers municipaux de Di«
gne , Mézières , Foix et Guéret seroient à sa nomination.
.— M. le comte Donatien de Sesmaispns , colonel , chef de Vétal-major de
la première division d'infanterie, vien( d'être rayé des contrôles de la garde
royale.
— M. lecomte Al. deGirardin, premier veneur, est nommé conseiller
d'Etat en service extraordinaire, et M. Carrion de Nisas, maître des re-'
quêtes. Ils sont chaînés de soutenir la discussion du budget de la guerre.
— Au milieu de la nombreuse société que réunissoit, vendredi dernier,
la séance de la société des bonnes-lettres, on reniarquoit M. le prince do.
Polignac , le maréchal duc de Raguse et le duc de Doudeauville , président
de la société. M. de Laborie fils a lu un éloge de Louis XIV qui â été cou-
vert d'applandissemens.
— M. le marquis de Lalonde, maire de Versailles et membre du conseil
général de Seine-et-Oise , est mort le 5 de ce mois.
— Un des professeurs de TUniTersité , M. Guillard, qui est en même
temps rédacteur de la Gazette des écotss , a été cité devant le conseil aca**^
démique de Paris , par décision du conseil royal d'instrucliou publique du
a6 janvier, pour un article anonyme inséré, le 17 jauTier, dans la Gazette
des écoles contre le recteur de l'académie de Clermont. M. Guillaixl a refusé
de comparoitre , et a publié, dans la Gazette des tribunaux, une longue
lettre pour décliner la juridiction de l'Université. M. Guillard est un pro-
fesseur destitué sous M. d'Hermopoiis et rétabli sous le dernier ministère.
( 1^4 )
. ^ La c(Mlr royale de Paris tien? de iager, à propos du procës intenté par
té Voient du Voleur pplUiqn», qû*tl vlj a pas contrefaçon dans Faction de
prendre le titre d'un jonmai connu , en y ajoutant une'qudification carac-
t4tlal!ique d'irfi autre ord^e de matières. Les propriétaires du Voleur poli-
tique ont , en rotméquence, été renroyés de la plainte.
— Le tribunal correctionnel a prononcé, Tendredi 5 , son jugement dans
rffffaire des Mémoires du eonvenitonnel Letfasseur. Il a condamné les sieurs
Boche, éditeurs, et Itanilly, libraire, le premier à quatre mois de prison
looo fr. d'amende, et l'autre à 3 mois de pfison et 5oo fr. d'amende , pour
otitrage à la religion et à la morale et attaane contre la dignité royale et
les droits que le Roi tient de sa naissance. L^mprimenr Gauthiér-Laguyo-
nie a été renvoyé de la plainte, attendu qu'il n'étoit pas suffisamment
prouvé qu'il eût agi sciemment.
• — Dès h première séance de la chambre des députés , M. Marschall a dé-
posé sur le bureau seize pétitions éminemment libérales. On n'y réitère pas
seulement ces demandes continuelles de la réorganisation des gardes natio-
nales, de l'abolition du double vote et de la septennalité, du renvoi au jury
des délits de la presse , etc. On y sollicite une décision qui fixe le sens &
Tarlicle i4 de la Charte qui donne tant d'alarmeà aux révolutionnaires; on
y réclame vivement contre les abus de Tadministration spirituelle de M. Té-
véque deXarbes; enfin , d'autres pétitionnaires s'élèvent dans leur aoUici-
tuae contre Tillttgalité du petit séminaire de Chartres.
— M. Bavoux a déposé sur le bureau de la chambre des dépatée deux pé~
titions de l'infatigable Félix Mercier, pour b réorganisaiion de lar garde nt^
tionale et des lois municipales.
— M. F. Guibal, gérant du Drapeau blanc, et M. Henrîon, avocat,
auteur d'un article inséré le 6 mars, sous le titre de Dissohuion de kt
chambre, ont été citéa le 8 devant M. Gaillard ,jujge d'instruction. Us sont
prévenus d'avoir commis, dans cet article, le délit d'attaque contre l'au-
torité constitutionnelle de la chambre des députés.
— M. Méchin a fait citer M. de Gcnoude, propriétaire de la Gasette
de Fi-whce , au tribunal correctionnel, comme prévenu de difiamalîon et
d'outrages envers lui en sa qualité de député.
— L'Académie des sciences a nommé M, Auguste Saint-Hilaire pour
remplacer dans sa section de botanique M. de Lamarck.
^ — M. Chevreul, membre de l'Institut, est nommé professeur de chi-
mie appliquée aux arts, au Muséum d'histoire naturelle.
— La cour royale de Poitiers a confirmé le jugement du tribunal correc-
tionnel de Niort, qui a condamné le sieur Clerc -Lasalle, gérant de la
Tribwie des départemens, à quinze jours de prison et 200 fr. d'amende,
pour difi^amation envers le préfet des Deux-Sèvres et d'autres fonctionnai-
res de ce département.
— Le gérant et l'imprimeur de h France méridionale sont cités devant
le tribunal correctionnel de Toulouse , pour avoir répété l'article du Gkhe
provoquant au changement de dynastie.
— La cour royale de Toulouse a statué sur l'appel interj<eté par le sieur
Henault, imprimeur, contre le jugement du tribunal correctionnel qui t'ft-
voit condamné à 2,000 fr. d'amende pour contravention aux lois et rcgle-
mens de police de la presse, en ce qu'il avoit négligé de faire la déclaration
préalable, et le dépôt de 1;^ circuiuire pour l'association constitutionnelle
(.ia5)
de Moutaiibaiu hm cour a féfyriçié h j|u|;<^eQt C(t «nputé let poursuites
comme irrégulières dana la ^orme. X^e mimstère public s'est pourv.u en cas-
sation contre cet arrêt.
— Un événement déplorable est arriyé pendant la nuit du 27 au a8 £é-
-vrier dans la commune de Lapcy roust) , canton de Saint-Privier (Ain). JLe
presbvtère de la paroisse, construit en. frise, suivant l'usage du pays, s'est
écroulé, et a enseveli sous sqs décombres le desservant, ^I. Tabbé Guycn-
net , qui n'étoit âgé que de 28 ans, et sa soeur qui babitoit avec lui. hQ
dégel est probablement cause de .cet écroulement iiuprévu.
— La chaudière d'une machine à vapeur de la fabricjue de M. Fjromont ,
à Elbeuf , a fait une terrible explosion la semaine dernière. Les ttuvriers ne
s'y trouYoient pas heureusement ; mais trois indi,vidus d'une maison yoisUie
ont été blessés.
— Le sergent Bitterliag , qui a tué à Toulon , de son coup de fusil ,
M. d'Aultane, son colond, a été condamné à mort par un conseil d3
guerre.
— Par ordonnance de la chambre du conseil du tribunal de Bruxelles ,
MM. de Potter, déjà détenu pour délit poHtioue , Tiellemans , référendaire
aux affaires étrangères, Bartels, rédacteur du Catholique, CkKshé-Mom-
jnens, Yanderstraeten etdeNève, imprime urs -éditeurs du Courrier des
Pays-Bas, du Belge, de VAmi du Roi et du Catholique, sont renvoyés devant
la cour d'assises, comme auteurs ou complices d'un complot pour changer
ou détruira le gouvernement.
— LordGk)wer a présenté Je 27 février, à la chapibre des communes d'^4n-
gleterré, au nom du clergé catholique d'Irlande, une pétition relative h 1'^
duca^ion des prêtres irlandais.
^ — Dans la chambre des communes d'Angleterre il y a eu, le 4 mars, uhc
discussion sur les articles publiés par le Mornin^ journal, et poursuivis par
le procuTeur-général James-Scarlet. Cette disccussion a été provoquée par
l'ancien procureur-général Wethcrel ,^iwi a demandé que les documens re-
latifs au procès fussent présentés à la chambre, ce à quoi le ministère ne
s'est pas opposé. Sir Scârlet s'est élevé, à cette o<'casion 1 sur les excès aux-
quels la presse se livre de plus en plus. M. Peel a parlé dans le même s0n^ ,
6t a représenté que c'étoît rendre service aux bons journaux et à la liberté .
dè.la presse que de punir les journalistes licencieux.
— Le budget de la Suède a été voté pour cina ans. La liste civile du roi
est fixée à 840,000 ft, , celle du prince royal à 34<))OOo fr, , et l'entretien <Ie
la cour, des châteaux royaux , en tout à 1 ,497)O0o fr.
— On annonce que la paix vient d'être conclue entre Maroc et l'Au-
triche.
CHAMBRE DES PAIRS. .
Le 8, H. le comte Siméon , rapporteur de la commission de l'adresse, a
lu le projet d'adresse auBoi. Ce projet a été renvoyé à l'examen des bu-
reaux et adopté peu sprès par la chambre, avec quelques légers change-
mens de rédaction.
( ia6)
On Miure qtt*il y atoit aiG inembref , et qu'une seule boule noire a 'été
mÎM contre Tadretae. M. de Chateaubriand l*a , dit-on , seul attaquée ; il se
wroit éleré contre l'expédition d'Alger, et auroit parlé de la destilntion de
M. le comte Donatien de Sesmaisons. On ajoute qu'aussitôt M. le comte
Hunibert de Sesmaisons a protesté , tant en son nom qu'en celui de son pa-
rent, du respect que l'on avoit dana leur famiUe pour les volontés du Roi.
M. l'amiral y erhuel a répliqué avec énergie aux oDservations de M « de Cha-
teaubriand sur l'expédition d'Afrique.
L'adresse est , dit-on , une simpte paraphrase du discours royal , et il pa-
rott que le dernier paragraphe est aussi respectueux que possible.
On a tiVé ensuite au sort la grande députation qui /avec le bureau de la
chambre, doit présenter l'adresse a S. M.
CHAMBRE DES DEPUTES.
Le 5 , le procès-Tcrbal est lu par M. de Cormcnin.
M. Labbey de Pompières ouTre un scrutin de ballotage entre MM. Sé-
bastiani, Agier, de Berbis et de Lastours, pour le choix des quatrième et
cinquième candidats à la présidence.
Il v« 567 Totans. M. Agier obtient 206 voix , M. Sébastiani aoo, M. de
Berbis 170, M. de Lastours i44- L^ ^^^ux premiers sont en conséquence
proclamés candidats.
On procède à un autre scrutin pour l'élection des vice-présidens. H 7 a
362 Yotans; majorité, 182. Les sulfrages se trouvent ainsi répartis : .
MM. Dupio aine , 178 j Dupout(4f TEure), i55 j Girod (de T Ain) » i^j
de Martignac, 100; liourdeau , 9&; de Berbis, 97 j de SaintOrMane , 80 ;
d'Augîer, 76 ; Bastoulh, 74; Coutord, 64; Faure, 63; de Cambon, 5a;
Hyde de Neuville , 87 ; de Lastours ,33.
Personne n'ayant obtenu la majorité , M. le président d'âge piopose de
procéder à un nouveau scrutin ; mais de toutes parts on demande la remise
au lendemain.
Le 6 , un message de la chambre des pairs apporte une lettre de M. le
chancelier annonçant que cette chambre est constituée.
On procède au scrutin pour l'élection des quatre vice-présidens. Cette
opération donne d'abord le résultat suivant :
Nombre des votans , 344 i majorité absolue, lyS. MM. Dupin aîné, 177 ;
Dupont de l'Eure , i5i ; Girod de l'Ain , i53 ; de Martignac , i65 ; de Ber-
bis, 129 ; le marquis de Cambon , 107 ; Bourdeau , 101 ; d'Auger, 80 ; Bas-
toulh ,74; de Sainte-Marie, 76 ; Félix Faur, 34; Coutard, 29 ; de Las-
tours , 26 ; Hyde de Neuville ,26.
M. Dupin atné ayant seul réuni un nombre suffisant de suffrages , est
proclamé vice-président.
D'après le règlement, on ouvre un scrutin de ballotage entre les mem-
bres qui ont obtenu le plus de voix. 11 donne à MM. Bourdeau 190 suf-
frages ; de Cambon , 170 ; de Martigntic , 168 ; Girod de l'Ain , 162 ; de Ber-
bis , i56 ; Dupont de l'Eure, 148.
( 127 )
MM. Bourdeau , le marquis de Cambon et de Martignac sont proclamas
YÎee-présidens.
Le 8, M. Labbey de Pompîères, doyen d'â^e , donne lecture d'une dé-
pêche que vient de lui faire remettre M. le ministre de Tintérieur. C'est
une ordonnance royale du 7 mars , qui nomme M. Royer-Collard président
de la chambre des députés pour la présente session. M. Royer-Ccliard , qui
siège au centre gauche, reçoit les félicitations des membres du centre et de
la gauche , et manifeste le clésir de n'être inàtallé que le lendemain.
On procède au scrutin pour Félection des quatre secrétaires. Il y a
363 Yotans ; la majorité est de 182. Les suffrages se trouvent ainsi ré-
partis :
MM. du Marallachy 282; de Preissac, 216; Jacqueminot, 211 ; d'Har-
court, 173 ; Boscalde Rea]s« 157; Dabourg, 96 ; Bodot, 87 ; de Cormcuin,
5o; Leyclet, 3x; Lariboissière , 27; Marschail, 6.
MM. du Marallachy de Preissac et Jacqueminot sont proclamés se-
crétaires.
Un nouveau scrutin ayant donné 192 voix à M. d'Harcourt et 1 58 à
M. Boscal de Reals, M. d'Harcourt est nommé secrétaire.
AU RÉDACTEUK.
Monsieur, le culte des apôtres de chaque contrée de ceux à qui elle doit
le bienfait de la foi , occupe à juste titre un des premiers rangs parmi nos
«sages religieux. Or, voici venir, parmi les rédacteurs du Mémorial de
VYimmê, ( i3 février i83oJ , un adversaire de nos saints apôtres et martyrs,
-qui a trouvé un moyen fort expédltif 4e détruire leurs cultes et d'en effii-
oer jusqu'aux moindres vestiges : c^estde soutenir que saint Pèlerin /Pe^
iffimu), notre premier évéque, et ses compagnons, n'ont jamais esisté en
chair ei en os.
Sans doute, pour prouver cette étonnante assertion, malgré tous nos
Pèlerin ; maleré enfin la découverte authentique et récente faite au com-
mencement du dernier siècle, de la^ télé du saint évéque, à Booy, lieu
même de son martyre. Sans doute , dis-je , Tautcur de cette assertion aura
reconnu et est prêt à nous démontrer la supposition de ces témoignages,
leurs Qontradictions respectives , ou bien même il aura découvert quelque
monument incontestable, échappé à la sagacité et aux recherches de notre
illustre compatriote, si connu du monde savant, l'abbé I^ebeuf.
Point du tout, Monsieur, notre critique possède, s'il faut l'en croire,
la laneue celtique j c'est avec ce seul secours qu'il se propose d'établir que
saint JPélerln et ses quatre compaenons ( nos légendes en comptent cinq),
a représentent les coins , les angles , les extrémités , les grandes divisions
territoriales du diocèse d'Auxerre que Fon a personnifiées, béatifiées, et
par conséquent révérées. » Singulière idolâtrie, dont ne s étoient jamais
( 128)
douiés des httiipies » enneiiiiA si déclaré» de to<^ culte idoUluriq^e ! SuWeot
les preuves , tirées de Tidentité des ,noms de saint Pèlerin et de ses cojmpa-
g^io^s : Marsc t Corcodome^ Joviniei;i et Alexandre , avec des mots celti-
Î|ues q[ui signiûeut cime tic montagnes, frànticr9a,^ay9 de bois, vignoble*^
ievx aquatiques. Ainsi , nos saints apôtres, nos pères iji^us la foi, ne sont
autre chose que les divers sites ou productions au pays auxenois , collines,
forêts , vignes, etc., que nos ancêtres ont honorés corome des personnages
rccU, comme leurs premiers bienfaiteurs, et les envoyés du ciel auprès
d'eus. Voilà, Monsieur, l'origioe du culte auxerrois, qui peut, comme
vous le voyez , servir de supplément à VOrîaine de tous les cultes. Avec
cette heureuse id^e, tout s'explique, jusqu'à l'intronisation de nus év^
ques , portés jadis dans leur cathédrale par les quatre barons de l'Auzer-
rois , jusqu'aux miracles ^ue des traditions populaires attribuent à sa'iot
Pèlerin et aux lieux témoins de son martyre. D'ailleurs, une série die Mé-
moires, qui nous sont promis, déiui^ntrera jusqu'à l'évidence que rien
n'est plus simple et plus topographique que l'allégorie de Pèlerin et de Mes
cotMjagnons*
Certes , Monsieur, il est bien douteux qu'une telle découverte fasse for-
tune auprès des vrais savans, et même des gens sensés qui ne le sont point.
Pour moi, qui ne connois point l'idiome celtique, je consens volontiers à
admettre les significations que le critique trouve dans les noms de nos
apôtres , et n'en suis pas plus disposé à recevoir ses conclusions. J'ai donc
cru devoir réclamer contre une semtdable assertion , environnée d'un cer^
tain appareil de science j j'ai cru devoir, par l'intermédiaire de votre esti-
mable journal , appeler l'attention du clergé de l'antique Eglise d' Auxerre
bur cotte hardiesse d'un disciple des Dunuis (|t des Volney, et engager les
pasteurs à prémunir les fidèles contre ces inconcevables témérités de l'esprit
d'incrédulité. £n effet , si le christianisme n'a point été prêché dans notre
pays par les envoyés de saint Sixte, pourquoi l'auroit.il été dans les autres
contrées des Gaules par les Savinicu de Sens, les Denis de Paris , lea Gaiien
de Tours, les Martial de Limoges, etc. ? Pourquoi les papes, qui les ont
envoyés, auroient-ils existé plutôt qu'eux ? Pourquoi cette cbaine de
souverains pontifes remontant jusqu'à saint Pierre et à Jésus -Christ lui-
même? Pourquoi le divin fondateur du christianisme ne seioit^l pas aussi
lui-même un personnage allégorique, aipsi que l'ont rêvé de prétendus
uiiidits de ce siècle? Je Itî sais, ce pyrrhonisme parott ex^avagant; et il
est glorieux pour la religion, que ces hommes ne craignent pas d'appeler,
avec un dédain qui provoque l'indignation , ie cuite de Jésus, de vour ses
adversaires descendre à ce point de déraison et de folie. Néanmoins, ces
étranges erreurs se glissent jusque parmi les plus simples et les plus igpo-
rans : tant est contagieux le fléau qui désole notre patrie, la licence eaxé-
née de la presse !
Agréez, Monsieur, la sincère assurance de ma respectueuse considé-
ration,
Vn prêtre de V ancien diocèse d* Auxerre.
J^ g^w^uib, 2lîrvîcn Ce «Utr.
Samedi i3 ^âhs i83o. fN
Paru, le i*'^ uiiifs li
M. le Rédacteur, "^^
oc II étoit superflu de rassarer les rédactears du Correspondant, touchant
▼os bonnes intentions en contestant Tezactitude des détails qu'ils avoicnt
publiés sur Vétat du catholicisme en Angleterre ; ils savent assez qu'on ne
peut soupçonner VAmi de la religion de trouver plaisir à diminuer les
triomphes 'de la cause sacrée qu'il défend comme eux. Aussi sont -ils cou-
vaincus de l'empressement avec lequel vous accueillerez leurs observations
en réponse aux vôtres.
S) Il faut, dites-vous, rabattre beaucoup des évaluations de notre cor-
respondant d'Angleterre; cependant, Monsieur, toutes celles que nous
avons pu vérifier se sont trouvées rigoureuses , et doivent , ce semble , ré-
pondre de l'exactitude des autres.
y> U déclare 5o,ooo catholiques à Liverpool , et c'est un des nombres que
vous semblez indiquer comme contestables. Or, nous lisons dans le Diréc-
ieur catholique d'Angleterre , pour Tannée i83o , page 38 , qu'il y a trop
peu d'établisseroens de charité à Liverpool pour une population catholique
de 5o;ooo individus : The catholic is ostimated to amountio 5o,ooo.
» Il établit à Glasgow, ajoutez -vous, plus de catholiques qu'il n'y a
dliabitans. La Géographie de GtUhrie tolJ accuse , selon vous , que 5o,ooo
amefr. J'ignore queUe édition de celte Géographie vous avez consultée ; mais
ee que je sais , c'est qu'on lit dans le Dictionnaire de Vosgien, article Gltu-
gow, population , 120,000. Ce que je sais encore, c'est que dans la Géogra-
phie Je Guthrie même , édition de 1827, la population de la même ville est
estiinlée à 148,000. Qui ne sait aussi qu'eu peu d'années, plusieurs villes
d'Angleterre ont vu doubler et même tripler leur population , que cet ac-
croissement subît est une des causes de la crise qu'éprouve en ce moment
l'Angleterre , et que Glasgow enfin est au nombre des villes où ce mou-
vement a été le plus rapide? Lisc^ la Quotidienne d'aujourd'hui, vous y
verrez que la population de Manchester qui , en 1708 , étoit de 8,000 âmes ,
compte aujourdliui, s^ banlieue comprise, 186,000 amcs; que Leeds, qui
en avoit 17,000 en 1774 , en avoit 80,000 en 1821 ; que Birmingham , qui ,
80O5 Charles II , renfermoit 5,ooo amcs , dépasse aujourd'hui 1 10,000. Il
ne faut pas sans doute se tratner à la suite de sou siècle; mais encore ne
]>eut-on nier les faits, et ne faut-il pas, par exemple, estimer la popula-
tion de la ville du Havre par les évaluations que firent nos géographes il y a
quarante ans?
•» Il ne vous paroU pas vraisemblable qu'il y ait 180,000 catholiques à
Londres; or, nous lisons dans le Directeur catholique déjà cité, qu il y a
<lan8 la ville et les faubourgs de Londres dix- huit chapelles principales.
Nous y lisons encore que , dans celle des Champs St- Georges, chapeUe de
iaubourg , il y a iô,ooo fidèles; n'est-il pas nécessaire de supposer dès lors,
Tome LXIIl, LAmi de la Religion et du Roi. I
i i5o )
à liOjKlicfl, 180,000 cailioliques nu moins? Cela ne fait que 10,000 par cha-
pelle. Vo<M remaniiierpz , au reste, que notre correspondant n'a articulé
ce cliiiTre que iraprës la statistique donnée par Tcvéque actuel de Londres.
-a Vous ue pouvez croire au grand nombre des conversions. Les proies-
tans sQflt moins difficiles. On lit dans le Standa^, journal peu favorable
aux cal boliqucs comme un sait, et qui a été répété par le London express,
qui s'imprime à Paris, on lit dans son numéro du 16 février : Les prêtres
papistes font tous les jours des prosélijtes nombrous dans toute» les parties
de V Angleterre, surtout dans las diocèses de WinchesUT, ChesUr, lÂcMeld,
f landaffi Boçhester, etc, etc.. (Standart, mardi 16 février i85o). On lit
dans le Morning herald, cité bier môane 27 février par le London. express :
« Lady Paget (épouse de ,sir Cbarles Pacet, amiral miintcoanl à Cork^ et
» frère de lord Aii&lesea, vice-roî d'Irlande) vient ae se convertir, adnsi que
» ses filles,, à l'Eguse catbotique. La cérémonie a eu lieu dans la cbâpelle
» de Cork ;^ une loule considérable remplissoit Téglise. » Après avoir cité.
ce fait, le journal an^Liis ajoute : « UEglise du rUnne s'augmente d'une
» manière remarqtuible. Un des motifs pour émanciper ks papistes fut qu'Us
» se conv6itiroient et deviendroieut prote^tans (en se mêlant avec ceui-ci))
» mais il semble, au contraire , que ce sont les protestans qui deyienaent
i> papistes. » . ^
i> Quinze catholiques ne vous paroisAcnt pas avoir pu se multipirer à
Leiceaer jusqu'au nombre de 600 en dix années^ cepeiidaiit tout le monde
sait que c'est surtout dans cej cantons que les catholiques s'augmentent >
que c'est là que vient d'abjurer le fils de lord Spciiçer. Celui qui nous écrit
^t à X/eicti$ter même. Vous ne révoquez pas en doute l'érection de onze
sièges épiscopaux dans les Etats de rUoion américaine en peu d'années, ni
le nombre des catboliques qui s'élève à plus d'un million en ces contrée»,
au témoignage des protestans eux-mêmes j| or, il n'y en avoit que 18,000 il
V a quarante ans. M. de Chateaubriand , qui parcourait alpïs ç^ p^y^ > nous
l'assure,
9 Notre correspondant diminue, dites-vous , le nombre des liabitans de
Kome: ifdevroit ce|)endant le savoir; car il a habité Bomc pendant deux ans..
Il y accuse i3o,ooo lKd>itaas; il est vrai qu'on lit dani Yosgien 140,000.
La^ différence n'est pas considérable. Du rcfic, nous la pubUona nous-
mêmes avec simplicité, en observant toutefois que la pcpulatiou de cette
ville diminue insensiblement.
» 11 n'y a , dites-vou3, qu'un collège catholique en Ecosse } il y a cef>en-
dant. depuis quelques années trois districts catholiques : or, il est d'usage,
quechaquq district ait son collège. Un Irlandais qui a habité rfoosse,
M. Cattanaach , homme fort reconunandable, nous assure qu'il y en ayoît
deux au moins à sa connoissance, lorsqu'il n'v avoit que deux districts. On
parloit d'une réunion de ces deux collèges , a cause de la disette de piofes-
seuts ecclésiastiques j le manque de prêtres est aussi ce que nous révèle notre
correspondant.
» Il faut dire un mot des autorités qui vous ont induit en erreur. Un
avocat anglais écrivoit, en 181^, qu'il n'y avoit que 3oo,oop catholiques
en Ang^terrej il s'est fait du chemin depuis 1814. Ajoutez qu'on n'avoit
pas de moyeu de constater alors le nombre des catholiques.
» M. Poynter vous a dit aussi , il y a dix où douze ans , qu'il h'avoit point
de données suffisantes pour dire au juste quel étoit alors fe nombre des ca-
• : i5i ^
tUoUf|uc# anglais. Qu'estH^e ((ue eeb prouve? 11 vous a dit , de plu» , qu'il
n'estîuioit p34 ses propret ouailles à plus de 80,000. Toutefois , il n'eu sa^
voir pas au juste le nombre. L'évêc^ue de Londres d'aujourd'hui , qui s'est
livré à un travail que u'avoît pas fait M. Poynter, eu accuse 180,000, $ans
compter les IHandais»
.i|» A propo» d«i8 Irlandais , nous lisons encore dans le Direoteur cathoHqu»,
qu'il est inouï combien d'Irlandais affluent à Glasgow et autres lieux , qu'il
s G^ib}it tott* les jours de nouvelles chapelles, et que, si on avoit des fonds
sui&s^ff 9 il s'en élèverait un bien plus grand nombre encore.
, )> Not|s devons voua assurer, en finissant, que la lettre est venue d'An-
gleterre, qu'elle est a on hommuoage et instruit et qu'elle nous a été re-
mise par. M. Digby, notre ami ,' auteur d'un ouvrage connu sur les temps
die I9 chevalerie^. The In^néftone Qfhomour, et qui est aussi un de ces catho-
liques rentrés dans le aeîn de l'ËgUse. 11 vous en mettra l'original sous les
y«fl^en même temps que cette lettre , qn'il veut bien vous |K)rter lui-mdme
pour rotm «n' cx>ufirmer les détatlé.
» Npnà timions. Monsieur, à rassurer vos lecteurs et les nôtres sur notre
véracité i nou» tenions surtout à ne pas laisser 's'évanouir, sans motif, des
sujets de consolation qui sont chers a toute ame chrétienne.
W Agréa» la respectueuse considération avec laquelle nous avons l'hon-
>i«yr<4âtre| M*, leJBédacteur» vos trèa-bumbles et trés-obéiss!ans serviteurs,
iss réeheieurs du CorrêSpondanL »
Sïons.dovions insârer k réclamation de MM: les rédacteui^ du Correspon-
. d^fUj tooteibis nous avouons an'elle ne nous a pas convaincu. Nous désire-
riojfia comnie eà% que leurs calculs sur le nompre des cathc^iques se trou-
vaient exacts, mais ils ne nous pavoissent pas prouvés.
. P'abord ou ne répond pas t^en au témo'^^agejde M. Poynter. Ce prélat
est «une autorité très^graVe povr tous ceux qnl ont eu rhonnénr de le con-
noMre* Il n9 disolt que ce qu'il savoit, et sa réserve même inspire plus de
confî^nCf que des aasertiooaprésooiptueufies et exagérées. Quoiqu'^il dée^rât
qu'il nf pouToit apprécier idf'une manière rigoureosë le nombre des catho-
liques âinglais» on plutôt parce qu'il s'exprinioit à cet égn-d avec cette cir-
conspection qui étoH dans «on caraetàré, je mesentirois dispose à ajouter
foi à l'estimation d'un si bon observateur, qui, par sa position, étoit plus
propre que personne à connottre le véritable état des choses. Mais , si on
vonWt coiît4ster sOn^éValnation au nombre des câllion(|ues- anglais en gé-
néral» il me paioitroit plus difficile dé se refuser à son témoignage sdr le
i>0ltfl>re des catlioliques de son district. Le prélat n'hésita point quand je
lui adressa) une question à cet égard; pour mon district, nie dit-il, c'est
difierent j j'en dois connoltre la popnlatioii catholique, et je la porte h
8p mille*
On dit que M. Bramston , le vicaire apostolique actqel , a ordonné un
recensement, et que ce recensement fait monter.le nombre des cathoUqiies»
dans Londres' seul, à 180,000. D'abord le fait est-il bien sur? L'auteur de
la lettre citée dans le Correspondant savoît-il cela d^une manière positive ou
pas publié i
la
( »5a )
aolont ? Je remarque encore c|ue T Andais qui a écrit à M* Dîgbjr, en comp-
tant 180,000 catholiques, ajoute Qu'il ue parle nue des communîana, et,
dans la Icllrc ci-dessus, MM. du Correspondant disent, de plus, je ne sais
sur quel fondemeut , que les Irlandois ne sont pas compris dans le recense-
ment. Je ne désespère pas qu*ayec ces additions on ne porte bientôt la po-
pulation catholique de Londres à 260,000. N*est - ce pas là le cas de dire
que qui prouve trop ne prouve rien ? '
Mais, disent MM. du Correspondant, il y a dix-huit chapelles catho-
liques à Londres , et on peut supjposer pour chacune 10,000 catholiques ;
dans celle de Saint -George^s Fields , le lAiity't directory en compte i5,ooo.
C'est be.iucoiip trop. que de mettre 10,000 catholiques par cnapelle. De
petites chapelles ne suifiroient pas pour recevoir une si nombreuse popu-
lation. Aussiie vois que , dans le Directory de i83o , la congrégation de la '
cliapelle deChelsea n'est évaluée qu'à près de 6,000 âmes, celle de Ber-
mondsQr à près de 5,ooo, et celle Je Stratford à 3, 000. Dans le Directory
de 1824 !a congrégation de la chapelle dePoplar n'étoit estimée qu'à 14 ou
i,5ao âmes, celle de Westminster à 2,000 , et , dans le Directory de 1^27,
la congrégation de Saint-George's Fields n'étoit que d'environ 7,000.
Si de Londres nous passons aux autres villes citées dans la lettre du Cor-
restjondatit, nous trouvons aussi des raisons de nous défier des évaluations
qu elle contient. Le Directory de i83o estime, à la vérité, la population
catholique de Liverpool à 5o,ooo} celui de 1829 ne l'a porloit qu'à près
de 40,000. Se seroit-elle accrue de 10,000 en un an?
Pour la population totale de Glasgow, j'avois suivi une édition delà
Géographie de Guihrie en i8i4* J'admets que la population ait beaucoup
augmenté depuis; mais seioit-elle de 148,000 âmes , je ne crois point que
plus de la moitié de cette population soit catholique. Dans le Directory de
1824 , il est dit que Li congrégation catholique de cette ville est de près de
ao,ooo âmes; au roi t- elle quadruplé en six ans? Les rédacteurs du Cor^
respondantdiiwxït, dans leur réclamation , qu'i/ s'établit tous les jours dà
nouvelles chapelles à Glasgow, et , dans le Directory de i83o mémej on ue
marque à Glasgow que deux chapelles (i) et trois missionnaires. Où sont
donc ces chapelles qui s'établissent tovs les jours? Certainement s'il y avoit
80,000 catholiques à Glasgow, le vicaire apostolique auroit soin u'y en-'
voyer un plus grand nombre de missionnaires, au lieu de les laisser dans
des campagne:! où ils ont incomparablement moins de catholiques à dî-
On m'objecte le Standart et le Morning herald, qui se plaignent des
progrès du papisme. Depuis cent cinquante ans les progrès du papisme
sont le refrein ordinaire des protestans. Dans les journaux on crioit sans
cesse contre les progrés du papisme; dans les deux chambres du parlement
rien n'étoit si. commun que de s'en plaindre. C'étoit un texte |X)ur amener
de nouvelleji vexations contre les catholiques. C'est avec cette espèce de cri '
national que Ton produbit les émeutes de 1780 à Londres, à Glasgow et
ailleurs. Si MM. clu Correspondant se donnent la peine de parcourir les
(i) U n'y a même , proprement , qu'une chapelle à Glasgow; r?viitre n'est
qu'une salle d'emprunt, qui aert pour d'autres usages , et où l'on dresse un
autel le dimanche.
( i53 )
joarnauii et necueils périodiaues » publiés en Angleterre pendant tout le
dernier siècle, ainsi que les aébats du parlement, ils y verront figurer les
proyrès du pajrisme, alors même que les catholiques étoient le plus op-
primés et pouToient moins songer à faire des prosâytes.
On m'objecte encore les progrès des catholiques aux Etats-Unis ; mais
il y a entre les deux pays une grande différence, il se fait tous les ans j vers
rAmérique, une nombreuse émigration partie de tous les pays de l'Eu-
rope ; c'est là ce qin explique le nombre croissant des catholique aux Etats-
Unis. Mais cet accroissement n'est rien en comparaison de câui qu'on pré-
tend avoir eu lieu en Angleterre, où il y a certainement beaucoup moins
d'émigrations. Il y a au contraire beaucoup d'Anglais qui quittent leur
pays pour aller se fixer en Amérique.
Il n'est pas exact de dire que la population de Borne diminue insensi-
blement. Elle a, au contraire, constamment augmenté tous les ans 'depuis
1813. Elle étoit alors de 117,000 âmes; d'après le dernier tableau pul;)lié
dans Xd^NaUzie del Giorno, elle passe 144*000 âmes.
11 est vrai qu'il y aveit, il y a quelq\ies années, deux collèges catholi"
ques en Ecosse; mais, depuis la formation d'un nouveau district, il n'y
en a plus qu'un qui sert pour les trois districts. Cest ce que nous avons
appris d'un missionnaire écossais, M. GiUies, qui se trouve en ce moment
à Paris. ...
. Ce même missionnaire, qui est envoyé par son évâque pour les besoins
de sa mission, pourroit donner, sur le nombre des catholiques dans son
pays , des renseignemens moins flatteurs, mais plus sûrs que ceux qu'on a
transmis au Correspondant, Il regarde l'estimation de 80,000 catboliqucs
h Glasgow comme fort enflée, et croit qu'on pourroit la réduire environ à
moitié. Cette population se rompose en grande partie d'Irlandois qui af-
fluent de leur lie, et qui viennent chercher du travail dans les manufac •
Tes de Glasgow. L^ inènie missionnaire porte la population catholique d'E-
dimbourg à 1 5,000 j c'est à Edimbourg qu'il réside. Il estime que la
population catlioliaue, pour toute TEcQsse, pourroit aller à 100,000; mais
il ajoute cju'il est difficile de l'apprécier au juste, tant à cause du nombre
d'Irlandois ^ui viennent journellement aborder en Irlande , qu'à raison des
Ecossais, soit des montagnes, soit de la plaine, qui émigrent fréquemment
pour l'Amérique. Cette double émigration , en sens contraire, rend iiéces- '
sairement la population fort variable. '
Telles sont les observations que nous avions h faire sur la lettre de
MM. du Correspondant; nous les soumettons à eux-mêmes et à leur ln)n
esprit. Nous serions heureux s'ils pouvoient y opposer quelque chose de
concluant.
NOUVEIiLIîS ECCLÉSIASTIQUES,
Pabis. Mardi dernier, l'assemblée de trimestre pour
l'œuvre d/ss petits séminaires s'est tenue à Tar chevêche ; elle
( 'i34 )
étoit présidée par M. l'archevêque. M. TabbéMorel, châ-»
noine de la métropole , a fait un très -bon discours sur le
sacerdoce. Un, grand nombre de personnes, qui prennent
intérêt à rœuyrey assistoient à la réunion > et la collecta du
trimestre ^ quoique moins considérable que l'année précé^
dente, à tatson peut-être de là rigueur de la saison, fait
espérer néanmoins que les établissemens nécessaires à 1$
perpétuité du sacei*doce pourront se soutenir. Lea paroisses
qui se sont le plus distinguées par leur «èle tout St^Sulpioé^
âaint-Thomas d'Aquin, la Madeleine et Saint-Germain-»
TAuxerrois.
— n y a eu lundi dornier, dans Téglise Saint^Germain-
TAuxerrois, une assemblée de charité en faveur des jeunes
orphelines dites les Enfmns de la Prw^uknee^ et placées sous
la protection de Màùsmoisellb; M. Tabbé Matthieu a fait
le discours. Le mercredi lo mars, une autre assemblée de
charité a eu lieu dans Téglise de Saint-Louis , Chaussée*
d'Antia,.eii. faveur d'une csuvre de chanté formée sut 1^
paraisse ; M. Tabbé Du^artloup a prouoncé le discours.
— Un télé mîftsionuaire qui avoit travaillé dans les mis-
sions du Tong-King, M. Pierre-Jacques Le Monnier de La
Bissachèrey est mort le lundi i'<f mars au séminaire des
Missions^Etrangères dont il étoit un des directeurs. Il elolt
né dans le diocèse d^Angen^ vers 1^63, et ayant été ordonna
prêtre , il fut envoyé comme vicaire à Bourgueil. Cest de
là, i^ ce qu'il paroU» que s*étant senti appelé aux missions
d'Orient, il se rehdit k Paris au séminaire des Missions-
Etrangères. Il en partit à la fin de 1789 avet M. Guifrard»
depuis évêque de Castorie, et deux autres prêtres. Ils arri-,
vèrent à IVlacao en octobre 1790. M. Guérard et M. de La
Bissrachère furent destinés pour le Tonp«-King. On trouve
de^ lettres de M. de La Bîssacbère dans le recueil des JVbtt-
i^elles lettres édifiantes publiées il V a Quelques années.
(Voyez pages 2o5 et 209 du tome VII). Il est souvent fait
mention de lui dans les lettres des autres missionnaires et
dans la relation de la persécution excitée en 1798 contre
les chrétiens. M. de La Bissachère fut obligé de se cacher
tantôt sur un rocher escarpé , tantôt dans une fosse creusée
sous terre. Il fut quelque temps à la tête d*un collège formé
dans le pays. Le calme s'étant rétabli lui permit de re-
prendre ses travaux; mais en 1806, sa santé bu d'autres
<i55)
niotife l'engagèrent à quitter U mission. Il revint en Eu-
rope et résida assez long -temps en Angleterre d'où il se
mit à la tète d'ime congrégation. La mission de la Co-
chiftchîne Tayaut nommé son député à Paris , il rentra ea
France en 1817 et se re unit à ses confrères du séminairo
des Missions-Etrangères. Bientôt les infirmités Ty atteigni-
rent « il perdit la vue, puis essuya dés attaques qui le ré-
duiiBireat à ne plus utarcber. Il a passé ses dernières années
dans un état fort pénible y n'ayant que de loin en loin Tu'-
sage de ses facultés. Il a succombé le i** mars après avoir
reçu les sacremens de l'Eglise.'
— : Trois jeunes gens 9 Vicard , Milon et Salomon , etoient
à la chasse le 20 janvier derrière les murs des Batignolles^
près Paris. M. le curé de Clichy vint à passer; jKoilàun
corbeau , dit Y icard à uii de ses camaradies , mnne*'WwiUfu.Hi,
ijuejele mette enjoué. Il prend en méine temps le fusil et
met éffectÎTement le curé en joue. Ce!uî-ei hâte le pas et
s'éloigne; oh lui jette une boule de neige. Il appelle deux
gendarmes qui se troavoient près de là , et les troi« jeunes
geftssont arrêtés. Depuis, M. le coré à sollicité lui-même
leur délivrance , mais l'affaire s'est instruite. Vicard a âUé-
*dé titi état d*ivresse qui ne lui permettoit pas de se l'appe-
,er les faita. Il fut mis en liberté au bout de deux jours,
athét que Miloûw Salomon resta seul en prison. Tous ont
cwhipa^ % fi3 février dievant le tribtt^al de police correc-'
tioniielle', â Paris, comme prévenus d'outrages envers un
ministre de la religioa dans 1 exercice de ses fonctions. M. le
ciîKié de Glichyt assigné comme témoin , n'a pas paru. Tout
s'«st borné à 1 interrogatoire des accusés. Salomon et Miion
ont été Tcnvoyés de la plainte, sor les conclusions du. mi-
nistère public. Yicard seul a été condamné à 6 jom*s de
prison. Il «st probable que le tribunal a cru pouvoir user
d'indulgence envers Salomon, qui étoit resté un mois en-
prison. Il faut espérer que les jeunes gens de €lichy ne
f.
Srouve par l'Ecriture et par la tradition , et répond aux
iffieultés qu'on y oppose :
a Si la confession a été établie par les hommes, il faut donc supppsi-r,
dans tous les chrétiens du monde une obéissance bien aveugle. Quoi! tous
( «56 )
e à une lot â due ! B Dft t'en Cil pas traoté on
•col qui ût rpclarof, qui ait dit aiix instîtoteors de cette oifiease pratique :
- * - <OT^.a«A »'s.,««^mA — •««» ^ * ^mmr^^ «ft.^bA ■" ftTI^ ■ ««'.«Vmfr ^tfVaVkfr «h^^B^A^^ ««m
leCjgpoo telle que nous l'aToiis leçuc des epâtrcs, et Jésus-Christ n'a ja
nuis établi celte confesion, donf'vous pietendez aujourd'hui nous faire
un devuir. Voilà, si la ctmfesaioo éloit d'instiluticm hcmaine, ce qu'on n'eût
pas manqué d'oljectcr à ceux oui auioient tenté de l'introduire; mais, qu'on
parcoure Ions les nonumens it rantiuuité , et Ton ne trouvera dans aucnn
aiècle aucune trace de semUabics réetunaltons, pieore inconteslaUe que
cepiéceptencYienipasdeshommeSy maisdeDieuyàquiseul appartient
le pouYoîr de remettre les péchés, a
M* réyéqne de Marseille considère les rigueurs d'an
long hiver comme un châtiment que Dieu exerce sur nous :
« n fut un temps où L'Eglise n'avoit & gémir une sur les défections pro-
duites par l'irréligion dans certaines classes plus élevées de la société. Pl«icés
au-dessus des autres, et jouissant d'une sorte d'indépendance, soit par leur
rang, soit par leur fortune, les puissans et les heureux du siècle sedouèrent
le joug de la foi , devenu insupportable à leur orgueil depuis que, fascinés
par l'erreur, les fausses doctrines eurent plus de charmes à leurs jeux que
la vérité, et que, dans leur fol enthousiasme pour les docteurs du nien-
sonec, ils préférèrent leurs vaiues théories à rensâgnement iuÊdllible de
l'Elise. lusenscs ! ik ne surent pas découvrir dans ces livres corrupteuKs ,
^ropaçés avec tant de ruse , les funestes principes dont on tira l^ientjAt de
si terribles con8êc|uences. Un demi-siècle suffit pour gançéner la société*
Dieu , dont on ne vouloit plus, fut reloué dansles chiiumières, du moins
osoit-on dits publiquement que la religieii n'étoit ^e podi^ le' peuple.
Blasphème horrible qui rcnfermoit tout ce que ra^^ostasie a de plus insensé
et de plus révoltant tout à la fois. Le scandale étoit donc à son comble : il
ne tanla pas d'être puni. La révolntion , le plus épouvantable fléau qui
eût encore ravagé la terre, semblable aux serpens oe feu qui dévorèrent
dans le désert les infidèles Israélites , fit justice des prévaricateurs. Au jour
marquc par l'enfer, toutes les positions sociales lurent déplacées avec fra-
cas, les (brtunes bouleversées, les familles désolées. La mort plana sur
foutes les têtes. Un nombre prodigieux de victimes furent dévorées par le
monstre, et si une fuite précipitée procura a quelques-uns une sécurité pé-
nible dans l'exil, ils durent l'acheter au prix de tout ce qu'ils possédoient
sur la terre.»
Avons- nous profité Je cette terrible leçon , demandé^le
yéne'rable prélat? L'irréligion ne s^est-elle pas an contraire
répandue dans toutes les classes ?
« Pour vous convaincre, N. T. C. F. , des tristes résultats de ce désor-
dre, Darcourez les carrefours et les places publiques du nos cités, pénétrez
dans les lieux les plus frëqiicutcs par la toiilc, voyez et écoutez; vous ne
( '37 )
ijâicoiitrcrez Bulle part la. moindre trace tlu d^ristianime. Partout, au
contraire , vos rçganJs seront blessés à la vue de la licence eflOrénée et de la
déprayation des mœurs , partout vos oreilles seront fatiguées des impréca-
tions'et des blasphèmes les plus horribles oui retentiront autour de vous,
partout votre cœur sera froissé à Taspect de Tinsouciance de tant d'hommes
doués de raison , qui ne pensent pas à leur salut. Les enfans même , les
plus petits enfans vous donneront le spectacle hideux' d'une impiété pré-
coce et monstrueuse , par le ton audacieux de leurs chansons infâmes qui
vous décèleront le secret de leur famille dont ils ont U'op bien retenu les
leçons.
» Et Ton s'étonnera aue Dieu nous^ châtie, et Ton te demandera, comme
autrefois les Juifs, moins coupables que nous, ce pourquoi le Seigneur a
» résolu de nous aÉtiger de si grands maux, quare tocêtuaest Domtnuê su-
if per fios omne malum grande istud? 9 II nous punit , parce que nous som*
mes coupables , parce que nous avons abandonné sa loi, méprisé son'cuhe,
foulé aux pieds tous ses divins préceptes ; il nous punit , parce que ne vou-
lant plus servir le Dieu qui uous a créés , qui nous a racnetés et qui nous
sanctifie, nous ayons repété co cri de révolte qui marqua d'un sceau de
réprobation ce peuple en démence qui le poussa le premier. JVblumus hune
regnate svper nos, nous ne voulons pas que ce Dieu sauveur règne sur
nous. Hâtez- vous donc, N. T. C. F., de rentrer en vous-mêmes, revenez
à ce Dieii que vous avez si cruellement outragé, implorez sa miséricorde.
Il est peut-être temps encore de détourner de vous sa juste colère: »
Au milieu de ces sujets de tristesse, le prélat se félicite
de Teuipressenfient des riches à venir au secours des mal*
Iieureu)c, et excite les pauyres'à la reconnoissance pour
taùt de bienfaits.
,M* l'évêquç ,de Nançi témoigne sa joie d«» fruits qu'à
produits le jubilé dans son diocèse :
ce Cette abondance de consolations spiritucUe-s, qui est venue adoucir
Faraertume de nos regrets, nous a été d'autant plus précieuse, que c'est
de vous-mêmes que nous l'avons reçue, nos 'bien -ai mes en N-.-S. J.-C. ;
de vous , qui , par la plénitude de votre obéissance filùde à suivre nos avia et
combler nos désirs durant les cinq semaines de notre jubilé ; par vos aumô*
' nés abondantes ou votre résignation à des rigueurs q^iie prolongeoitla divine
Providence} p»r votre empressement à profiter des instructions'que mùlti-
' plioit lu zèle des ouvriers évangéliques ; par votre ardeur à vous approcher
des tribuitaux de la réconciliation et votre avidité toute sainte à recevoir le
pain eucharistique d^s mains de vos pasletirs, êtes devenus pour eux
comme pour nous^ selon l'expression de l'apôtre, noire couronne et nolro
commune jois» »
Le prélat exhorte les fidèles à persévérer dans les bons
seiitimens que le Ciel leur a inspirés et à profiter pour cela
des grâces plus abondantes qoe la Providence leur ménage
dans ce temps de carême.
( i36 )
• M. l'dréqué de Mende a Ireu active ratifiait airtsî de
Ve(iipi*essetneht du plus 0raiid nombre à profiter de« exer-
cices du jubilé : ^
ce Mais pourquoi faut-îl que notre contolallon KÛt mêlée de tant d'amei^
fumes ; que tant de sujets de tristesse vienuent altérer notre joie? Poiu-qaoî
iaul-n aue trop d'entre vous, cédant i la force des penchons et de lliabi-:
tude , à la séduction de l'exemple , à la nerfidie des oonseUs, à l'empire du
respect humain , aient dédaigné le don de Dieu et braVé le terrible anatkème
prononcé contre la terrt gui, âtmoemi mrroêéê dê$ êOMM du cUk x*oi$iiw à ne
prçduirêçuedes ronces et de* ipinet? Pourquoi faut-il que les plus favori-
sés de la Providence, ceux dont le Seigneur ayoit dnMt d*«ttendre plus de
reconnoissànce, soient précisémeni ceux qui aient opposé plus de réiistance
et d'obstacles aux tues de sa miséiicordey ceux en qui, cette fois encore,
elle ait trouvé plus d'insensibilité , d'éloignement et d'in^tîtude?
» Cependant si , suivant lé belle pensée de Bossuet , Dieu remue le ciel et
la terre pour enfanter eesélus, il est bien évident qu'il n'est rien dans le
la gloire du Seigneur, ne nous invite à lui rendre celle (|ue nous lui devons ;
le chef-d'œuvre de la puissance du créateur, l'image vivante de sa divinité,
l'homine seroit-il seul dispensé d'annoncer aux hommes les merveîttes de
Dieu , et d'élever leurs pensées, leurs affections vers lui, vers la meilleure
patrie où Û les appelle r »
Le prëlat uiontre donc l'obligation étroite pour ions de
donner le bon exemple, et il espère que les largesses des
riches pendant les rigueurs de lliiver leur mériteiroht que
Dieu leur ouvre les entrailles de sa miséricorde,
— Les journaux ont parlé d'une conversion éclatante qui
vient d'avoir lieu en Angleterre. George Spencer, second
fils de lord Spencer, a aojuré le protestantisme ; ce jeune
Iioinme ^ ék^é dans la religion anglicane , étoit entré dans
le clef|fé de cette église. Il étoit chapelain de l'évêque de
Londres , et en même temps chargé ^une paroisse Voisine
d'une terre de son père. Ami de la vérité et croyant qu'elle
a'exi^oit aue dans sa communion, il entreprit de per-
suader quelques catholiques. Cette tentative a tourné tout
autrement qu'il ne pensoit. Les réponses qu'on lui a faites
l'ont étonné. Il a réiléclii mûrement, il a étudié rEcriluie
sainte ^ il n'a pu s'empêcher de remarquer l'état actuet du
protestantisme. Sa bonne foi a été frappée de quelques
mots sensés d'un simple domestique et des objections faites
en sa présence par un jeune homme à des ministres liabiles.,
Ce n'est qu'aptes ces préliminaires qu'il a eu des entretiens
( »39 )
avec deB prêtres cacfaoUques. Ayant vu clairem^lut la vërhé .
il n'a point hésité à lui rendre hommage. La carrière qa'il
avQÎt embrassée, les honneurs où son nom lui permettoit
d'aspirer, Tépiscopat auquel il seroit parvenu, rien ne l'ar-
rêta. Les considérations de famille même ne purent le re-
tenir, et Dieu l'en a récompensé^, car lord Spencer, son
père, a fini par trouver bon son changement. lions n'avons
pas besoin de dire que ce jeune, homme a renoncé à sa plac<
<le inînistre^ Il a quitté sa paroisse en eooseillant à son
troupeau de s'adresser au pfetre catholique le plus voisin.
Il a passé bar Paris dans les premiers jours de ce mois, se
rendant à nome, où il se propose d'entrer dans le collège
anglais et de se préparer à l'état ecclésiastique. Une telle
acquisition peut être aussi utile qu'hon^^rable pour la cause
des catholiques en Angleterre.
NOXjyÉLLES POLITIQUES.
FaiU. Diiit là «ésBct de la chambte des paire du 8 mrsy M. de Cha-
teaubriand a pris la parole après laleeture de t'adresse » moins pour parler
de Tëdréise a«e'fM>ur fûeVr H premièie ocoasioti de faire de l'opposition et
poua^ parler de lui , de eôn dévouennent , de sa CQnduiie y de fp» talent. On
a remarqué, enti-'autres » cette pbtase modeste :iiffu murfirtm )iomtfû99»
rois mè vmnéer, parce 'qvê, Je cas échéant^ je neiiretxds pa9 cette farce 4$
moi, mais de la nature des choses $ qu*on mette devant moi u^ usurpation
çuokonfue et^'on mè laisse écrire, je ^ethmondepas mn an nom' ramener
mon Roi ijupour élever mon échafaud, Piiîsque le noble pair a «ne telle
{>i»seance de talent, il anrcHt btéa dû en déployer un peu cdntve i'-usurp»*
tion da parti qui insulte si souvent à Tatitorité voyale, qui l'at^ifue^ qui
la sape , qni prand pisisir à la fiétrir^ Au lieu de cela , û a-gardc ui^ «tlenee
protond ris-'a^TÎt ile-ces ennemis de la rojaitté, si méme^ comme le pré*
tefidcBt de «échaotea lariCÉes^ il ne les a pas aervis de sa tklume et sil n'a
pM ebooe dans un jonmaf qui lui est dévoué des articles d'ciae oppositi<»n
violoite. Si&et disceur»: aToit tOBt*-à-£ait Tair d'un article de joumat , t^ qo^
nous en voyons depuis le 8 août contre le ministère. Aussi , a-l-il été ac«
euéilli à la fois p«r toutes lés feotUés de l'opposkkm/ Iiss Mùats, lé Oensti^
tm^omtei^ le Caiirme#-> le /oumai du commerce , la IVume nowoeÛe , le ^?fo69
méflse«t le NsttlomU, l'ont donné en entier comme une pièce tout^À-fait
dans leur seus^ (^elques'ruus d'eux s'étonnent que le ministèi^e n'ait pas
répondu à ce discours. Et que pouvoit-^on répondre à une déclamation
pleiite de jadance? Ce disoouns a plus affligé les véritables amis de l'ora-
teur q«^^ n'a inquiété le mimslère; l'amour -propre et ie dépit sotA de
mauvais conseillers.
.*- La GmaHtê 49$ époh» vient d« prendre êh flagrant déSit le rcclcur de
racadéinîe de Clermonr. £lle a saUi, je ne sait comment, une circolaire
par laquelle il (ne recotn mander aux régens de sou ressort dti yeUler à ce
que les élèves remplirent leurs devoirs ue chrétiens; à ce qu'ils aiHent à
confesse aux époques déterminées par les règlemens , et à ce qu'il soit fourni
chaque année , dans le courant d'avril , des notes sur féiat moral de la jeu-
nesse confiée à leur surveillance. Vous pensez hien que la Ga»êtiedês écoles
ae récrie avec force sur ce aenfe d'inquisition. Elle prétend que rien de pa-
reil ne se voit dans les établissemens universitaires de Paris , et qu'il faut
être Jésuite comme M. le recteur de l'acadéraicde Clermont pour ae per-
mettre des choses semblables. Cependant, admirez la modération de La vi-
gilante feuille! Elle ne conclut pas à la f oine de mort contre le cou|>ahle
recteur; elle demande seulement que, vu la eravité du cas où il s'est mis
par son zèle jésuitique et inconsidéré , il soit destitue 7U plus vite et rem-
placé par quelqu'un quiconnoisse mieux les besoins d< la jeunesse pen-
sante et les progrès de la mison publique.
— Le Boi a fait i]emeltre à M. le maire de Creuill^ un secours de 4qo fr.
pour les indigens de cette commune. M™" la Dauphuiey a joint i6o fr.
— Le Roi a accordé une somme de'4oo fr. pour les pauvres de la com-
mune de Creteil , près Paris.
— M. h sous'ptéfet de Saint- Aflfrimie ayant exposé à M™* la Dauphine,
en audience particulière, la détresse d\m ^rand nombre de ses administrés,
S. A. R. s'est empressée de lui remettre 1,000 fr. pour leur soulagement.
M. le Dauphin a accordé 5oo fr. aux pauvres du même arrondiasemeot , et
Madame, duche&sc de Berri , leur a douné 200 fr.
— Meréredi dernier, M. le ministre de la guerre a TÎaté dans le plus
grand détail l'Hôtel royal des invalides.
— L'adresse de la -chambre des pairs, en réponse an discours du Roi, a
été présentée à S. M. , mardi soir, par une députatîon ayant k a^ tète M. le
chancelier et les membreé du bureau. Nous donnerons les deux derniers
paragraphes du l'adresse qui sont les plus importons et la réponaeduBoi :
» Le premier besoin du cœur de V. M. est de voir la France, heureuse et
respectée, jouir en paix de ses institutions. Elle en jouira , Sire. Que pour-
r«ient, en effet , des insinuations malveillantes contre ki déclaration si ex-
presse de votre volonté de maintenir et de consolidier ces institutions? La
monarchie en est le fondement; les droits de votre couronne y resteront
inébranlables; ils ne sont pas moins chers à votre peuple que ses libertés.
Placées isous votre sauve-garde , elles forlifient les liens qui attachent les
Français à votre trône et à votre dynastie, et les leur rendent nécessaires.
La France ne veut pas plus de l'anarchie que son Roi ne veut du deqxH
tisme. . . ; . )
a Si des manœuvres coupables susdtoient à votre gpuverneracnt des
obstacles, ils serotent bientôt surmontés, non pas seulement par les pairs,
défenseurs héréditaires du trône et de la Charte , mais aussi par le concours
simultané des deux chambres et par celui de l'immense majorité des Frau-
çais , car il est dans le voeu et l'intérêt de tous que les dioits sacrés de la
couronne demeurent inviolables, et soient transmis , inséparablement des
libertés nationales, aux successeurs de votre Majesté et à nos derniers ne^
veux , héritiers de notre confiance et de notre amour. »
( ^4' ) .
Le Boi SI répondu :
«c Monsieur , les Miitimeiis que Tons m'exprimez au nom des pairs de
France me sont d'autant plus agréables-, qu'ils me prouvent que la cfaam-
bie a parfaitement compris et senli tout 1 ensemble de mon discours.
V Je compte surdons, Messieurs, comme tous devez compter sur mon
inébranlable fermeté, etj*aimc à ne pas douter, comme vous m'en donnez
l'espérance , que les deux chambres s uniront à moi pour assurer et conso-'
lider le bonheur de mes peuples. » - ^
— Oh assure que c'est M. le vicomte Dulxtuchage qui , lors de la discus-.
sîon de Vadvessc a Li chambre des pairs, a réfuté les observations de M. le
vicomte de Chateaubriand contre Texpédition d'Alger. Ce ne scrost donc
Î'^as M. l'amiral Yerhuel, qui, à ce qûll patoU, a appuyé, au contraire,
'opinion de M. de Chateaubriand sur cette question.
— On assure que le nombre des députés présens à Paris est de/^2i. Une
place étant vacante par la promotion de M. de La Bourdonnaie à la pairie, il
ne manque à la chambre que huit de ses meinbrcîi pour qu'c lie soit com-
plète. Il n'y avoit pas d'exemple d'une i^éunion auss% nomorcuse. Il paroit
que plus de 400 votins ont pris part à réleclion des commissaires de l'a-
dresse, pour lesquels tout annonce que les membres de la défection se sont
réunisaux députés de la gauche.
— Le sieur Isambert, avocat, a adressé à la chambre des députés une
pétition pour l'abolition du double vote et une autre pour l'intcrvcntioii
du jury dans les délits de la presse.
— M. le comte de Durât, ancien maréchal-de-camp des armées du Roi ,
vient lie mourir, à l'âge de g5 ans.
— M. Brenier, chef de fa division de la comptabilité au ministre des
afiaircs étrangères, est nommé maître des requêtes en service extraordinaire.
-t^* le mimstt-ede.la marine.^ fait témoiipiar sa satisfaçtipu particu-i
lîère au capitaine Fauquet, commandant le lougre les Deuxr-Ficiors, de
fécamp'^ qui a sauvé et recueilli en mer ciuq marins provenan t du sloop
anglais tUnton, naufragé.
— M: le ministre de la marine a décerné une médaille d'argent au nommé,
Kerspert, mousse, âgé dé 14 ans, qui, le 11 février dernier, a retiré de
dessous la glace, à Rouen , un enfant qui, en glissant sur la Seine , y avoit
été englouti.
— £1 cour royale s'est occupée , jeudi dernier, de l'afiaire de l'association
bretonne; mais les gérans du Courrier français et du Consiitutiofinel ont
fait défaut. Ils avoient été condamnés à un mois de prison et 5oo fr. d'a-
mende pour excitation à la haine et au mépris du gouvernement du Roi.
Vn triple appel avoit été interjeté de ce jngcment, 1° par les deux gérans;
a** par le procureur du Roi à minimd; 3^ par le procureur-général, en ce
nia cour avoit écarté les trois chefs de prévention , de provocation à la
béissance aux lois et d'attaque contre l'autorité censtitntionncUe du
Roi et des chambres. Malgré les conclusions de M. l'avocat-général Berard-
Besglajeux à cet égard , la dOur a confirmé purement et simplement le ju-
gement. '
— Les sieurs Sautelet et -Dubois, gprans du NaHonal et du G(ohe, ont
•ru merovedi 10 devant. le tribunal correctionnel, à raison de leurs
I provoquant au changement de dynastie. Le trihuniii ayant ordonné
' l43 ^
que les deux affahres «eroient jugées séparément , M. Favocat Un Boi Leya-
Tasseur a d*abotd prononcé son réqumtoire à Tégard du National. Sur la
demande de M. Mauguin, avocat ile ce journal, la cause a été remise à
huitaine. Le procès iXviGloie est remis au vendredi de la semaine prochaînc ;
cette feuille sera défendue par M. Benonard. MM. Cousin» Villemain et
Béranger assistoient à Taudieuce,
— La soi-disant dame de Bellefonds, qui se prétend veuve d'iui priuce
de Perse et fille de Cbnrles X, a comparu , Id 9 mars, devant le tribunal
de police correctionnelle. Plusieurs témoins ont déposé contft cile et ont
raconté ses aventures , ses manwuvret pour avoir de l'argent , ses supposi-
tions de noms , ses récits fabuleux. Elle a montré , dans ses interrogatoiree,
une vivacité extraordinaire , et s'est plainte surtout de t infâme Corbière et
de V infâme Franchet, Cependant le tribunal n'a pas trouva dans sa con-
duite le délit d*escroquerie et de vagabondage, et la acquittée.
— Par jugement du 6 de ce mois, le tribunal correctionnel de Moulins
a condamné à 3 mois de prison et fioo fr. d'amende le sieur Adolphe Mi-
chel, propriétaire gérant de la Gazette cofutiiutionnelle de V Allier, pour
son article contre la prérogative royale.
— Les chefs et emplojres des douanes de Strasbourg ont fait , enfr'cux ,
une collecte qui a produit 8io fr. pour les pauvres.
— On dit qu'un ancien officier supérieur d'artillerie française, qui avoit
suivi Buonaparte à l'tle d'Elbe, et qui depuis a été oblige de s^e^patrier pour
avoir Gguré dans des procès, politiques , M. Baoul , commande en chef l'ar-
tillerie du dey d'Alger.
— Deux questions importontes viennent d'être résolues à la chambré des
communes crAngleterre. On a rejeté à la fois le transfert du droit électoral
d^Bst-Bedfort à Birmingham et la substitution du scrutin secret au vote
public.
— Des nouvelles du Mexique, ciui vont jusqu'au 9 ^«nvier^ portent que
la dernier». révolution s'esi terminée en faveur de Bustamente. .Santa-
Anna s'est déclaré pour lui et Guerrero s'est soumis. Les plus importans
Etats de l'Union ont roconnN l'autorité du nouveau président. La cham-
bre des députés a ouvert sa session extraordinaire le i*** janvier.' Les nou-
veaux ministres sont Alamap , Maugino, £»piiiQsa et le général Ter^m.
CHAMBRE DES PAIRS.
te 1 1 , M. le marquis do Sémonville a prononcé l'élii^ funèbre de feu
M* le chancelier d'Anibray<
Il a proposé, en terminant son discours « que la buste de M. d'Ambray
fût placé diana la salle d«s conférences,
M, le comte de MarceUus « propoié « H>n towr qu'un service soleniiel fiât
célébré pour Tarne du feu chancelier.
Ces deux propositions ont été adoptéeif*
M. le garJe-des-sceaux a ensuite oommuuiqué è la chambee deux prajats
de loi relatifs à la répression 4it duel*
{ '45 )
CHAMBRE DES DÉPUTJÏS. •
Le 9, M. Labliey de Poinpières, président d'ikc^ ayant de quitter le
faatenii , prononce un discours dans lequel il félicite la chambre de se voir
présider pour la troisième fois par le citoyen dont le dévouement à la Charfê
a motivé lé vote de ses collègues. Ces deux expressions ont excité d^asscis
vives interruptions à droite.
M. Royer-CoUard , en montant au bureau, sollicite la bienveillance de
ïa chambre, et fait voter des remcrciemeiis au doyen d*àge.
Les députés se retixeiit ensuite dans leurs bureaux pour nommer trois,
commissions.
Commission de ^adresse au Roi : MM. de Piei^sac, Etienne, Kératry»
Dupont (de TEure], Gautier» Sébastiani^ Lcpelletier d*Aulnr,y, de Sade».
Dupin , a!né.
Commission des piHiioM : MM. Baudet, Pavéb de Vandœuvre, Laffitç,.
de Cambon , de Berbis, Al. de Noailles, Béren^er, de Meffray, de Champ-,
▼allins.
La troisièmie est la commission de comptabilité de la chambi^, nommée
pour toute la session.
Le lo, la commission de l'adresse s'est réunie au Palais-Bourbon , spus la
{irésidence de M. Boyer-Collard.
La commission de Tadresse s'est réunie de nouveau » le ii ^ dc-pub midîr
jusqu'à cinq heures du soir.
Les Misociations pour le refus de Tinipôt portent leur fruit. Un sieur
Brun , négociant à Paris , a , le 24 {•'envier dernier, cité devant le tribunal
civil le receveur dn cinquième arrondisssraent pour lui rendre 92 (t. perçus
^légalement, dit-il , sous le nom de taxe personnelle. Sa requête e^t Ion-
^emetit motivée. Il soutient que ceux qui ont voté les 10 centimes addi-
tionnels communaux et départementaux n'y étoient point autorisés | que
l'impôt n'est pas légalement rét)arti , et qu'on a voté des dépenses qui ne
dévoient pas être p^ées sur les dépenses communales et départementales.
Ces dépenses qui déplaisent à M. Brun sont, entr'autres, 10,000 fr. pour'
le Calvaire, 1^,000 fr. pour la construction do séminaire Saint -Sulpice,
5,000 fr. pour les Sœurs de Saint'André, 20,000 fr. à M. l'archevêque,
3 1,600 fr. aux membres du chapitre. Tout cela est illégal pour M. Bnra.
Qu'avons-nous besoin d'un séipinaire et de. Sœun pour faire l'école aux
pauvres filles? Cela n'est pas dana la Chprt^ U^parplt qvVu espère qu« la
requête de M> 3run fera du scandale. Les avocats s'empareront dun si
beau sujet, d'autres requêtes viendront, ou attaquera toutes les dépenses.
Pourquoi bâtir des églises? Cela n'est pas légal. <^ue ceux qui en veulent
en supportent les frais. La démarche de M. Brim est une teutittive qui pro-
bablement aura des imitateurs. Si tous les contribuables de Paris en font
autant, ks tribunaux auront de» procèa pour les occuper. Il est manifeste
que cela va aux fonde mens de Tordre social.
( t44 )
Chants reUgiêux ou nouveaux Airs J^ caniiqvM dédiés à MAVXKOtnLUi ,
par M. Tabbé Fouloo (i).
*' Le but de Tauteor a été de remplacer, pour les églises, ces airs profanes
3ue la piété y entend quelquefois avec peine. Il ne faut pas s\ittendre,
it- il , a trouver ici une composition savante et même bien régulière ; ce
qu'il a voulu réunir surtout , c'est la grâce du chant, la facilite de Thar-
monie, Tonction de la piété. Si, comme il le dit encore, il n'a pu écrire
Î[uatre-vingts airs sous une inspiration toujours également heureuse , il a
teu de croire que son travail sera jugé dans son ensemble ibtéressant et
utile. Plusieurs de ses chants nouveaux sont déjà connus et ont été bien
accueillis. On trouvera à la fin trois airs de M. Moupoki.
Ce recueil est destiné aux. exercices des catéchismes et aux autres réif-
nions pieuses; il peut servir aussi pour les maisons d'éducation et pour les
écoliis de chant. On s'est borné à noter la piemière strophe du cantique. Il
1^8
peut y appliquera
Ces nouveaux airs sont dédiés à S. A. R. Mabieoiselli, et l'auteur a eu
f honneur de les lui présenter le'dimanche 28 février.
Il a paru , isous le titre de' Violation de la Charte par l'ordre légal (2) ,
un petit écrit court , mais très-bien fait , sur la déclaration exigée des mem-
bres de l'Université par Tordonnance de 1828. L'auteur fait toucher au
doigt l'Injustice et riilégalité de cette. mesure humiliante , vexatoire., con-
traire i la liberté proclamée par la Charte. Quaud on accueille des maho-
métans qui viennent recevoir en Franco une édjication libérale, il est
étrange qu'on feigne de s'alarmer d'une éducation dirigée par quelques ec-
clésiastioues. Cette brochure , qui est écrite avec talent , mais surtout avec
ame et chaleur, mérite de fixer l'attention des véritables amis de la droi-
ture, de la justice et de la liberté.
(1) In-8*, prix , 6 fr. et 8 fr. 5o c. papier velin. A Paris, chez l'Auteur,
au monastère du Temple, et au bureau de ce journal.
2) In -8"*, prix, i fr. et 1 fr. 10 cent, franc de port. A Paris, chez
r. Le Clere et compagnie, au bureau de ce journal.
Adi
J^ Qe^oiib, ^hrietf Ce €lfrr.
Mercredi 17 mars i85oi (N* 169.8.)
Tableau de la constitution politique de la monarchie Jrati^m
selon la Charte, ou Résumé du droit public des França*
par M. Mahul, i83o, in-8«.
L'auteur de cet ouvrage parcourt successivement tous les
articles de la Charte, les examine, les explique, en déve-
loppe les motifs et les conséquences, et traite les différentes
questions qui peuvent s'y rapporter. De ces questions, les
unes touchent à la théorie, les autres à la pratique; les
unes sont toutes politiques, les autres intéressent la reli«
gion ; il y en a sur l'administration civile , sur l'ordre judi-
ciaire, sur l'armée, sur l'impôt, etc. Grand nombre de
ces questions sont étrangères au but principal de ce jour-
nal, et leur examen nous entraîneroit beaucoup trop loin.
Nous ne pouvons pas, comme M. Mahul, faire un volume
de plus oie 700 pages ; nous devons donc nous restreindre
à ce qui a des rapports plus directs avec notre plan. Nous
considérerons spécialement le commentaire de M, Mahul
sur les articles 5 , 6 et 7 de la Charte , qui sont relatifs à la
religion et au clergé, et nous dirons un mot sur quelques
autres points.
Nous n'adopteriotis pas toutes les idées de l'auteur sur la
liberté de conscience et la liberté des cultes. Il prétend
qu'il seroit plus conforme à la rigueur d^s principes de
laisser les cultes en dehors de la législation; ce système,
dit-il ) est le plus ^pirituely le plus faporable à la liberté de con-
science et axt progrès de la religion véritable ) c'est celui des
Etats-Unis d'u4mériquey et ce fut, du moins en théorie y le sys--
-tème de la législation sous le directoire. L'auteur fait des vœux
pour que nous nous rapprochions de cet état de choses.
J'avoue que je ne comprends pas trop comment un hon>me
religieux peut regretter que la religion soit liée avec la lé-
gislation et protégée par elle. M. Mahul n'est même pas
conséquent avec lui-même ; car il blâme l'assemblée con-
stituante d'avoir décidé négatif^ement le question de la religion
Tome LXIIh L'Ami de la Religion et du Roi^ K
( '46)
«le l'Etat et d^ayoïv placé une thêbrie, quel qu^en soit le mérite,
au-dessus é^un fait qu'il n'étoit pas en son powoir d'effacer.
Il est assez singulier de voir cité connue un inodèLe, du
moins en théorie, le système de la législation sous le direc—
toire , lorsque M. Manul avoue que ce système étoit dans le
fond oppressif, violent et persécuteur; les prêtres n'étoîent
pas en dehors de la législation lorsc[ue chaque jour des
fois , des arrêtés et des ordres arbitraires vcnoiçnt les tour-
menter et les proscrire.
11 faut être juste cependant, M. Mahul signale comme
. une des plus grandes fautes de la réi^olution, la persécution
odieuse autant qu'illégitime qu'on fit peser sur la religion car-
tholique. 11 reproche même à l'assemblée constituante,
comme une inconséquence, d'avoir voulu régler les formes
extérieures de la religion après ai^oir refusé de la reconnoitre
pour la religion de l'Etat. Il qualifie la constitution civile du
clergé de véritable usurpation de pouf^oir, qui dei^oit compliquer
la division des esprits et accroître l'irritation des cœurs. Il loue
la législation actuelle d'avoir réconnu au clergé catholique
le droit à une dotation et de lui avoir confirmé la capacité
d'acquérir des immeublei». Il fait voir qiie notre nation
n'est pis seulement' religieuse mais catholique, et il pro-
teste à cet égard contre la l^gèrçté et l'indifférence qui
jugent des sentimens^de.fa majorité des Français pai* lo-
pin ion des journaux ou des salons de la capitale.
Maintenant nous n'examinerons pas le système de trans-
action que l'auteur suppose entre la religion et l'Etat,
système d'après lequel la religion abdiqueront une partie de
sa liberté et reconnoîtroit à l'Etat le droit de surveiller sa
discipline et de régler son exercice extérieur. Nous doutons
fort qu'il ait été dans l'intention de la religion et de ses
ministres de se soumettre à ces restrictions et à ces sert^itu-
des, ni qu^ils eussent beaucoup à s'applaudir de la chaîne
honorable et brillante, comme M. Mahul l'appelle , dont on
les auroit entourés. Nous ne voyons pas comment on pour-
roi t concilier ce système avec ces libertés gallicanes d«-nt on
fait sonner si haut les avantages et dont M. Mahul doit
Ï varier plus bas. Mais ce que nous voulons relever ici , c'est
'erreur de l'auteur, qui suppose que, sans son système
de transaction , la France seroit couverte de vicaires apos-
toliques. Les Etats-Unis, dit-il , l'Angleterre et tout ce qu'on
( »47 ) .
appelle pays de mission, ok les goui^ernemens n'ont pas adopté
la religion catholique, sont sous le régime des vicaires apostoli'~
Sues. M. Mabul se trompe; les Etats-Unis et Tlilande oDt
es évêques en titre, et rAngleterre, qui a des vicaires
apostoliques , n'a point à s'en plaindre. Ils ne portent pas
plus d'ombrage au gouvernement que des cvéques en titre,
et ils n'ont pas mis le trouble dans l'Etat, Il est faux
d'ailleurs que , pendant la révolution , Paris et Toulouse
aient été' administres par des vicaires apostoliques; les
prélats qui occupoient ces sièges ont constamment gouverné
leurs diocèses pendant la revoluliou par le moyen de leurs
grands-vicaires. Il n'est point vrai non plus que les komnies
pieux gémissent du régime des vicaires apostoliques, qui a
contribué à soutenir la religion dans des pays où l'épisco-
pat étoit éteint.
L'auteur, suivant le fil de de ses idées, ne réclame pas
seulement la liberté de conscience pour les sectes chrétien-
Bes, mais encore pour les opinions philosophiques qui ne
sont pas chrétiennes. Il ne veut point que les lois se mêlent
de punir l'outrage fait à Dieu, et il blâme la loi du sacri-
lège, qui vouloit atteindre, dit-il, ce qui ne porte aucun
dommage matériel ou moral à la société. Ce système repose sur
te sophisme, que Dieu est trop grand pour que les outrages
des liomuies puissent l'atteindre , sopnisuie qui ,, au fond ,
tient à notre indifférence' pourries intérêts véritables de la
foi , et qui n'est pas moins pernicieux pour la société que
pour la religion.
On voit déjà en partie quel est le geare de l'ouvrage de
M. Mahul; c'est uA mélange extraordinaire d'idées saines
et de préjugés fâcheux. L'auteur y rend hommage à la re-
ligion , et puis il ^st injuste envers elle. Il parle souvent en
chrétien , et puis les intérêts du parti l'entraînent à des
contradictions et des inconséquences. Tantôt il montre des
Préventions et de la défiance pour la cour de Rome, tantôt
célèbre la politique des pontifes romains :'
ce Le grand caractère de plusieurs de ces évéques-rois , l'habileté de leurs
conseillers » la supériorité de science tX de lumières qui /dans ces temps-là ,
s'étoit concentrée autour d'eux., la modération de leur politique, accrut et
consolida cette puissance d'opinion dont le ciel permit sans doute rétablis-
sement spontané , afin d'assigner des limites aux triomphes de la barbarie
et de préparer les vois à la renaissance et au miraculeux déyeIopp«!m(mt de
( i<8)
la civilisation. Gloire «lonc à Rome moderne, bien plus grande et plas illus*
treqoeRome ancienne, pnisqu'elle trioniplia par b puissance spirituelle
et Tersa ses immortels bienfaîts jusqn'en des régions dont les armes de Borne
ancienne n'entrerirent mime pas rexistcoce. »
fions ayons déjà vu l'auteur blâmer la coostitutiou civile
du clergé; immotivé son jugement à cet égard dans le pas-
sage suivant, que nous citons d'autant plus volontiers, aae
nous avions souoçonné M. Mahul d'être assez favoraDle
aux i un ovations ae 1791 :
« Cette lot fut dictée par les avocats canonistes et les jansénistes de l'as-
semblée; elle dépouilloit également le Pape et le Bov, et faisoit nonuner
les évéques et les curés par les électears ; en outre , elle diangeoit la dicon-
scription des diocèses, détruisoit les anciens sièges, en érigeoit de nou~
veaux et limitoit l'autontc épiscopale même en matière canonique. Tout
cela se fit sans le cousenteuient m la participation soit du Pape, soit des
évéques, soit du clergé, soit des catholiques eux-mêmes. On agissoit ainsi
après avoir proclamé la liberté des cidies et «iprès avoir déclaré par voie de
conséquence qu'il n'y avoit pas de rclipon de l'Etat. Les uns prétendoîcnt
revenir à la discipline de la primitive Eglise , les autres mettre an £retn à U
puissance ecclésiastique, q|trik considéroient comme ennemie de la révolu-
tion, ou même ils prétendoient démocratiser l'Eglise comme toutes* les antres
ÎDstitntions. Il j avoit des clioses raisonnables, des r^les sages et savantes
dans la constitution civile du clergé; mais elle n'étoit pas moii», mémo
d*après la déclara|^idA,lle;j droits proclamés par l'assemblée, un attentat à la
liberté du culte catholique. La constitution de cette relision et sec légitimes
pontifes se trouvoient attaqués par cette loi de la façon la plus tyranniqufi
et par une autorité incompétente en cette matière.
V Pent-^lre que les auteurs de cette nouvelle usurpation s^pvjroient
avec quelque apparence de raison sur de? usurpations précédentes , soit de la
couronne, soit de la thiare; mais c'étoit une mauvaise manière de raison-
ner, surtout de la part de ceux qui prctendoient faire tout rentrer sous
Pempire de la justice , que d'invoquer d'anciennes usurpations pour en jus-
tîBer de nouvelles. Enfin c'étoit en politique une faute grave de choquer
rudement, et sans laisser aucune voie à la léconciliation, quelque chose
d^aussi puissant dans Ja nation française que le fut toujours la religion ca-
tholique, avecTimposante coalition de ses pontifes et de ses fidèles. L'ci-
périence ne tarda pas à mettre à nu cette faute, que des hommes très-
l«nlûlAa Af 4»A«-lîKÂwat«« Aa la «M>A>««î«>A nceorniKInA m'a«.ma..» m^^j, ..-^...^ !. J-
amené de s) tristes résultats* »
Nous en resterons là aujourd'hui sur le livre de M. Mahul,
sur lequel nous avons d'autres observations à faire.
( i49 )
NOUVELLES ECCLÉSIASTIQUES.
KoME. Le i6 février, M. le cardinal Zurla, vicaire-
gcnéral de S. S. , baptisa trois infidèles dans i^église d^ la .
Trinité au Mont-Pincios , occupée aujourd'hui par les reli-
fieuses du Sacré'-Geeur de Jésus. Ces infidèles sont deux
uifs et un Maure, Moïse Vit^, né à Lugo, et âgé de.
28 ans; Joseph Pacifici, né à Florence, et âgé de 25 ans,
et Ramanda, âgé de i5 ans et né dans le Darlour, acheté à
Alexandrie par la dame Pacifici , veuve du docteur Gavazzi , .
premier médecin d'Ali-Pacha , et amené à Rome par cette
dame, après la mort de sou mari. Ils ont eu pour parrain
M. le cardinal Odescalchi , représenté par son frère le prince
Jérôme, M. Bernard Anduze et M. le prélat Jacques Bri<-.
gnole. M. le cardinal Zurla leur administra le sacrement de .
confirmation, leur adressa une exhortation pieuse, et cé-
lébra ensuite la messe , où il les admit à la communion.
Pàkis. m. l'archevêque de Paris vient de publier un
Mand^fnent pour la translation des reliques de saint Tinccnt .
de Paul (1). Après. un bel éloge'de ce saint, si cher à la France
etàThumanité, leprélatannoncela translation des reliques,
qui aura lieu le dimanche 25 avril. Les reliques, seront
portées de Notre-Dame à la nouvelle chapelle de MM. de
^aint-Lazare, rue de Sèvres. Cette translation sera faite
avec beaucoup de pompe. M. Varchevêque invite MM. les
curés à faire une quête pour solder le prix de la châsse
d'argent, qui doit recevoir le corps de saint Vincent de
Paul. Nous donnerons, dans un prochain numéro, un ex- .
trait de ce Mandement, qui contient des réflcsions et des .
dispositions également dignes de la piété de M. l'archevê-
que et propres à exciter celle des fidèles. Il s'agit d'honorer
un saint qui a vécu dans nos murs, et qui a laissé dauA
cette capitale des monumens de son zèle et de sa pré-
voyance, et d'une charité admirable dans ses vues et aans
ses résultats.
(1) In^4°, P^'^y 4^ cent, et 5o cent, franc de port. A Paris, au bureau
J«^ ce journal.
( i5o)
— M. Tabbé Paradis , premier vicaire de. Saint-Roch ,
est nommé curé de Bonne- Nouvelle , en remplacement
de M. Paradis, son frère, dont nous ayons annonce' la
mort. Le nouveau curé sera installé jeudi. prochain. Le
jeudi de la semaine prochaine , c[ui sera le jour de la fête
de rAnnonciation, on doit bénir la nouvelle église de
Bonne-Nouvelle. Les fidèUs ètoient resserrés depuis quel-
ques années dans une petite partie de cette église ; on ou-
vrira l'autre partie, dont les travaux sont ennn terminés,
et la paroisse jouira de la totalité du vaisseau, qui malheu-
reusement n'est pas encoie en rapport avec une population
de plus de 9.5,ooo âmes.
— M. de Ramond-Lalande,évêciue de Rodez, et nommé
à rarchevêché de Sens , a quitté Rodez le 2 mars pour se
se rendre à Paris. Les regrets qu'il a manifestés à son dé-^
part et ceux qu'on lui a témoigiiés indiquent assez les sen-
timens réciproques du pasteur et du troupeau. Le prélat
visitoit tous les ans une portion de son diocèse, et il en
avoit parcouru les (Vifiiéréns cantons. Par ses soins, chacune
des principales villes avoit joui des avanlages d'une mis-
sion. Il aimoit à s'entourer des prêtres, et il les appeloit
tous les ans pour une retraite ecclésiastique. C'étoit surtout
dans ces occasions que ses rapports avec son clergé éloient
plus intimes. Il entroit avec ses coopérateurs dans toiules
détails de leur ministère, partageoit leurs peines et les ai-
doit de ses conseils. Il avoit conçu le projet d'établir une
maison de missionnaires dans l'ancien évêché de Vabres et
il a laisséune somme pour cette fondation. On doit aussi à
son zèle plusieurs établissemens de religieuses qu'il soute-
noit par ses libéralités. Non -seulement il donnoit tous les
ans aux bureaux de bienfaisance, mais il répandoit en se-
cret d'abondantes aumônes. Le prélat, en passant à un
autre siège , laissera de précieux souvenirs dans le diocèse
qu'il gouvernoit depuis sept ans.
— Le Mandement de M. l'évêque de Meaux pour le ca-
rême de cette année est une véritable Instruction pastorale
sur la nécessité de la foi. Le prélat rappelle d'abord avec
quel zèle on se préparoit autrefois à la célébration de la
Pâque :
« Far cruelle fuDeste calamité avons ^nona donc abandonné cm pieuses
dispositions de nos pères? Leur religion ne seroit-elle plus la nAtre, ou
( i5i )
piulÀl n'aurions-nouB point cessé de Tenvisager et de la respecter cotnmt
eux ? N''aurions-nou8 point laissé croître au ipilieu de nous quelqu'une dt
ces racines d'amertume dont parle le grand apAtre, et qui empêche la sève
de la foi de porter la grâce et la vie dans nos âmes? Hélas ! il n'est que trop
vrai, N. T. C. F., que c'est ici la source de tous nos maux. C'est la perte
de la foi qui a rendu presque stérile en bonnes œuvres un sol autrefois si
rtcfae et si fécond en vertus. Mais cette foi salutaire , et sans laouelle il est
impossible de plaire à Dieu , qui nous l'a donc rayfe? Cette religion , qui
avoit fait le bonheur de nos aïeux , qui Ta donc exilée d'une terre qui sem-
bloit être son plus cher et son plus naturel asile? Ah ! disons -le en gémis-
sant ; nos malheurs ne viennent que de ces doctrines perverses qu'on a fait
circuler dans une foule d'écrits irréligieux qui inondent l'Europe entière,
et dans lesquels la foi n*est pas plus épargnée que les mœurs. C'est là le
principe de cette contagion qui fait tous les jgurs de si étranges ravages. »
M. de Meaux trace le tableau rapide des egaremeas des
anciens philosophes et des dérègleinens des mœurs avant le
. christianisme , et il y oppose la doctrine de Jésus - Chrlit ,
la pureté de sa morale et les vertus des premiers chrétiens :
9 Que faut^il donc penser, N. T. C. F. , de ceux qui^'efTorccnt d'anéan-
tir la religion parmi nous , sinon qu'ils veulent détruire avec elle toutes
les vertus, el nous replonger dans le cahos d'horreurs dont Jésus -Christ
nous avôit heureusement tirés ?£n effet, ôtez la foi du cœur des peuples,
et'Lientôt vous aurez brisé toutes les chaînes qui tenoieut les passions sou-
inUes; ruinez la croyance d'un Dieu fait homme, vous sapez les fondemens
de la morale ; renversez la morale , et dès lors , il n'y a plus de respect poui:
la Divinité, plus de vénération pour son culte, plus de sanctification pour
ses solennités. Que si l'homme ne remplit pas ses devoirs envers Dieu,
cô'mntént Tes remplira^'t-il envers ses- semblables? Que deviendront alors le
respect et la soumission que Us enfans doivent à leurs parens, la probité
des serviteurs envers leurs maîtres, les en^agemens sacrés des époux? Où
régneront l'équité, la tempérance, la justice, la clémence? La connois^
fiance de Dieu et de sa loi venant à ,di«paroitre sera bientôt remplacée par
les malédictions, les parjures, l'homicide, le larcin, l'adultère et Ik car-
nage ; car tel est , suivant un prophèle, le résultat de l'oubli de Dieu et de
sa religion. »
Le prélat montre Timpie troublé et inquiet dans &on ir-r.
religion et au sein même de l'abondance , et il ppurs.uit ei)
ces termes :
'^ Nous pourrions ajouter, N. T. C. F. , que si la religion peut seulo faire
le bonheur des particulieis , elle sedle aussi peut faire la félicité des Etats
et rendre la société heureuse. Les infortunes du peuple d'Israël aunohçoient
toujours ses infidélités, et la paix étoit toujours la récompense de sa piété
ou de son repentir. £h ! n'avons-nous pas fait la même expérience que les
Israélites? Quand est-ce que notre patrie a joui d'une paix plus profonde?
Quand est-ce qu'elle a exctté h jalounic et l'admiration des atttrts peuples T
( «5»)
II'^Hr^piiidaiMlet^inptpqUrolétoUMspect^elUreUffl^ ,
Mais aussitôt que cette o^se de la félicité dis Etats a été ébranlée ,.toaalea
fléawx sont venus fonure sur nous ; dès lors , nous n'ayons plus été un olje^
d'enyie, mais de piti^ pour les autres nations. Hélas! nos plaies sont es— .
core frakbes et douloureuses! Quand est-ce qwe nous aurons relevé toaa.
les temples que l'impiété a démolis, tous les munumens qu'elle a renver— .
ses? Eglise ^Uicane ! que sont devenus, dans les jours de ta détresse, tea
teuiB ont été massacrés a la vue de leurs troupeaux! Combien de tes juste
mourans ont vainement demandé les derniers secours de la religion ! Noo^
avons vu se renouveler le triste spectacle de la captivité de Babjlone , et si
le# bords de TEuphrate n'ont pas entendu nosgemisseraens , quels rivages
de l'Europe n'ont pas répété les cris douloureux de nos justes proscrits et
de nos confesseurs persécutés? »
Le Mandement se termine par des exhortations yiyes et
pressantes dé" revenir à Dieu et de le servir avec fidélite\
— M. Basile -Horeau, prêtre, principal du collège de
Château- Gontier, de'partement de la Mayenne, chanoine
honoraire de la 'cathédrale du Mans, vient de flaourir h
Yà»ë de 93 ans. Ce véiiérable vieillard, qui ' a consacré sa:
longue carrière à faire tout le bien qui a dépendu de lui»
est resté jusqu'à la fin à la tête de sa maison f ou Ton compte
encore maintenant aoo pensionnaires. Ilétoitné à la Jaoïe^*
lière, paroisse du dioeese d'Angers, en i^S^;, tint au co^-;
lège de Château -Gontier à l'âge de sept ans, y[ fat élevé
gratuitement .par MM, Marais, frères, originaires de îa-
même paroisse , qui succédèrent l'un après l'autre à M Gillea
Marais, leur oncle, premier principal du collège depuis
1703 jusqu'en fjSc^. M. Horeau ayant fini ses'étuaes ecclé^
siasliques au séminaire d'Angers , fut placé en qualité de
régent au collège où il avoit été élevé , devint préfet des
études, et principal le 4 mai 1778. Il gouverna sa maison
avec beaucoup de zèle, de prudence et de fermeté, eut la
confiance de tout le pays' 'et son pensionnat fut toujours
très^-noiiibreux. En 1761 , il refusa le sei^meiît prescrit par
la constitution civile du clergé, anssi bien que les autres
ecclésiastiques ses collaborateurs; sa maison fut dissoute,
ses biens meubles et immeubles lui furent enlevés; lui-
même fut arrêté et traîné de prison jusqu'à Rambouillet.
Il montra, dans ces circonstances, le courage d'un vertueux
prêtre, et se réjouit d'avoir été trouve digne de souffrir des
outrages pour le nom de J.-C, Revenu de sa captivité
avant que Tordre fât i^étàbli/il ftêlivr££> ^autant quUl le'
pat, aux fonctions du saint ministère , et desservit sircceë- *
sivement deux paroisses abandonnées. En-^do3, cëdiant
aux pressantes sollicitations du maire et des principaux
administrateurs de la ville de Château- Gontier, il rentra
an collège, qui étoit en décadence, trouva le moyen de le
monter de nouveaiv» et le ramena promptement à l'état de
prospérité où il l'avoit mis autrefois , et où il l'a laissé len
nkourant. ' Persuadé que rien n'étoit pins nécessaire à la re-
ligion , après les pertes innombrables qu'elle avoit faites ,
ciue de réparer promptement les ruines da sanctuaire; il
s appliqua à choisir et à élever de bons sujets , propres à
ccmsoler l'Ëglise de ses malheurs. Il rendit , à cet égard ,
les plus grands services aux diocèses dn Mans et d'Angers;
mais sa maibon ne pouvant fournir à tous les besoins, et
son zèle étant beaucoup gêné par les rè|5lemeas,< auxquels
il ne pouvoit se soustraire, il conçut le dessein de former
un antre établissement,, qui ne dépendit que de ^autorité
ecclésiastique. H acheta, en^iBiô^ une vieille oommunonté,
tombant eu ruines , dans le bourg de Précigné , près Sablé;
il j fit élever à ses frais les bâtimens, les. distribua, les
ipeubla et donna le tout, par acte entre-vifs, à M. l'évêque
du Mans ^ pour l'un de ses petits séminaires. Il 7 a mam-^
tenant 260 pensionnaires. Il ne pouvoit s'expliquer à lui-
ipême comment il avoit. pu fournir à une dépense- aussi
considéimble » qu^on évalue à cent cinquante mille francs.
Outre ^e» soins pour un grand' nombre d'as pi rans à l'état
ecclésiastique, il a toujours eu gratuiteinent ou presque
gratuitement des enfans de familles honorables, mais peu
riches; il aidoit des filles pauvres qui vouloient être re*-
ligieuseï, préloit sans intérêt, donnoit abondamment et
se montroit le bienfaiteur de tout le pays. Sur le rapport
de M. Morice , recteur de l'académie d'Angers, il fut nommé
officier de l'Université; M- d'Hermopolis lui obtint de Sa
Majesté la croix de la Legion-d'Honneur, et lui écrivit de
sa main pour la lui annoncer. M. de La Myre, évêque du
Mans, le nomma chanoine honoraire de sa cathédrale. Il a
conservé l'usage de ses facultés à peu près jusqu'au dernier
moment, et a uni de la mort des justes, le 29 janvier, au
milieu de sa nombreuse famille éplorée et priant pour lui.
Pour donner plus de pompe à ses obsèques, on remit la se-
( i54)
pulture au lundi i'' février. Il fut exposé en habita sacer-*
dotaux le dimanche , et on se porta en foule pour le yoir
encore une fdit. On entendoît de toutes parts bénir sa më—
moire, et le lendemain, raaleré la rigueur du froid, les
diverses autorités de la ville, la musiaue, la garde natio-
nale , un nombreux clergé et une foule immense raccom-
pagnèrent au tombeau, rendant ainsi un hommage éclatant
a sa vertu.
— Les journaux ont annoncé que la Porte avoit consenti
à ce qu'un patriarche catholique résidât à Gonstantinople ;
ils ajoutent que cette concession a été accordée aux sollici-
tations de la France , et que notre ambassadeur a suivi cette
négociation avec persévérance et habileté. Aussi, disent-
ils, les catholiques, sujets de la Porte, auront maintenant
un éyêque chargé de défendre leurs intérêts sous la protec-
tion de la France. Nous ne savons à quel point cette nou-
velle mérite confiance. Une autre nouvelle antérieure por^
toit que l'ambassadeur de France et l'internonce d'Autriche
ayoient obtenu que les Arméniens catholiques ne dépen-
droient plus du patriarche schismatique de leur nation.
Cette dernière version nous paroit plus vraisemblable; car
il est certain qu'il y. avoit depuis long-temps à Gonstanti-
nople des évêques catholiques pour les besoins des fidèles
qui habitent cette capitale. L'un de ces évêques a le titre de
vicaire-patriarchal-^postoUque; c'est aujourd'hui Mv/Vin-
cent Coressi qui a été transféré de Naxie et qui est arche-
vêque in part, de Sarde. L'autre évêque est vicaire pour
les Arméniens unis au saint Siège ; c'est depuis 1026 ,
M. George Papas, évêque de Titopolis in part. Enfin, ré-
cemment, un journal a dit qu'outre le chef spirituel que
les Arméniens catholiques auroient, la Porte nommeroit
un nazir ou commissaire pour leur servir d'intermédiaire
avec le gouvernement , et qu'il avoit été reconnu en prin-
cipe que ceux dont on avoit confisqué les propriétés avoient
droit à une indemnité.
NOUYBLIiES POLITIQUES.
Paiis. Let écrivaips politiques qui ont envie de se signaler à la guerre ,
•ont vraiintAt bien maladroits de s'en aller choisir lenrs p«iAt# d'attaque
( i55 )
da c6té de$ idées da «ècle , des libertés publUnies et de Foidie légid* Qn*
ne s'en tîennent-ils à la religion et à la royauté , qui sont toujours là pour
receTO.ir et endurer patiemment les coups au'on peut ayoir à leur porter ?
N*ont->ils pas les Jésuites et la congrégation r.N*ont-il& pas les missîonnûre»
et le pérH-prétre? N'cnt-ils pas les Mandemens des éyéques à corriger, la
discipline die l^lise à rétablir, les refus de sépulture à constater, les appels
comme d'abus à poursuivre? Enfin, n'ont-ils pas leurs mouions enmffés^
leurs changemens de dynastie, leur bistoire des Stuarts à dédier aux Bour-
bons? De tous ces côtés-là, donnez-vous carrière tant que tous voudrez^
La liberté de la presse et la jurisprudence de Tordre légal yont aussi loin
que vous ppuvez le désirer. Mais gardez -vous bien aapprocher. de^la.
Charte et ae dire que vous y trouves quelque cbos&qui cloche. N'allez
pas faire comme M. Azaïs, comme M. Cottu , comme M. MadroUe, qui s'a-
Tisent d'examiner f'il n'y auroit pas moyen d'ajouter encore quelque de-
gré de perfection à toutes les perfections de la liberté de la presse et de la
K>i des élections ; vous seriez des gens perdus. Un afireux haro vous signa •
leroit comme des monstres et des ogres. Non seulement le comité-directeur
lâchcroit après vous toutes les meutes dont il dispose d'un bout du royaume
à Feutre, mais vos meilleurs amis se croiroient forcés de vous renier. Si
donc vous voulez faire la guerre- avec avantage , tenezrvous. en à la reli-
gion et à la royauté, qui sont peu vindicatives, que tirailleurs personne
ne songe à venger , et qu'on vous abandonne de bien bon cœur.
— ^Yous rencontrerez encore des gens qui ne veulent pas croire que notee
langue soit la plus riche qu'on ait jamab connue. £h bien , pour leur proii-
Ter qu'ils ont tort , voici ce qne vous pouvez leur dire : Tous les journaux
de la révolution ont trouvé, moyen, de vivre et de nourrir copieusement
leurs lecteurs, pendant huit mois consécutifs ^ en tonrrant et retournant
de mille raaDières un petit thème ainsi conçu : a Le ministère du 8 août a
effrayé le pa^s par sou apparition. Il ne peut soutenir la présence des
chambres; s'il ose parollare devant elles, il est mort. La puissance qui l'a
créé ne sauroit le soutenir, et les associations bretonnes suffisent pour faire
son affaire. » Oui, quand ou songe que les ouvriers du comité-directeur
ont su tirer delà, au bas mot, la valeur de cinquante bons volumes in-
folio , il est impossible de ne pas admirer la richesse de notre langue. De-
puis bien long-temps on n'avoit rien connu de plus merveilleux que cette
multipllcalion de phrases. Et puis, vous viendrez dire que la littérature
s'en va !
. — A l'occasion de l'anniversaire du la mars , une dtputation bordelaise a
été admise à présenter ses hommaees au Roi vendredi dernier. M. le comte
de Linrh , maire honoraire de Boraeaux , a adressé à S. M. un discours an-
qual le Roi a répondu avec beaucoup d'émotion. On reniarquoit , dans cette
néputation, MM. de Marcellus, dePeyronnet,deMaitigoac, Laine, Du-
hamel, de Saluces, de Curzny, de Grammont, de Tournon, de Damas-
Crux , Gautier et Both deTausia. Ces personna|;e&ont été ensuite présentés
à LL. AA. RR. Il a été célébré, à Saint-Germain-l'Auxerrois , une messe à
laquelle la députation a assisté.
— Par ordonnance du 14 de ce mois, le Roi a accordé amnistie pleine et
entière pour tous les délits de coupe ou d'enlèvement de bois commis dans
les forêts , pendant les mots de décembre, Janvier el février derniers.
— M. le marquis de Civrac, pair de France, est nommé président du
( i56 )-,
roUègedépârtenieatal d&Mainé-ek-Iioikv /^nVoquÀ à Àngeri pour le I2 <È^
-»MM. VtLuïta d*^w€j et de VpufrabiMl, maltret /des reanéUs, eone
charqéi de aootecir, k la cDan&re deâ paka » la diMiMBKm de« aeoK projeter
de loi aur le duel.
— M- César Moreaa , ancien ▼iceHnnstil à Londres, eut nommé yice*
consul à Trébiiende.
- — M. Latreille est nommé professeur d'histoire naturella à la 'chaire des
cuistacées et desaracliiiides; et M. de BlaînTÎUe à celle des mollusque»,
des Ters et des zoophites. Ces deux chaires aroieiit été créées au muséum
par ordonnance du 7 férrier dernier.
>'— On remarque qu'il est sans exemple go'iin discours ait été prononcé
à la chambre des pairs sans qu'une seule voix en ait demandé rimpression.
Cest cependant co qui est arrwvé pour le discours de M. de Chateaubriand
sur l'adresse.
•M. Un journal de département s'e^t amusé à compter comme il autt la
situation extérieure des membres de la chambre des dépotés ; députés fixés
ou habitués à Paris, i43 ; propriétaires de terres, 132; foncUonnaires ré>
vocables, 65; magistrats inamovibles, 38 ; maires de villes, 26 ; militairea,
36 ; négocians, 53 -, avocats et hommes de loi , oo j savans et littérAteiim, 1 1 •
protestans, 36) députés externes, élus conforménMHit à l'article 42 de la
Charte, 32; fils de pairs héritiers de pairies, frères -de pairs et parens de
leurs noms, 137; frères etparensdq même noBi, i4*
->- L'appel de |d. Félix Durand , imprimeur à Chartres, du jugement du
tribunal de cette ville qui l'a condamné à imprimer le Glaneur d'Bw^et-
Loir^ a été porté , samedi dernier, à la cour royale. M. Hennequin a sou-
tenu , par les plus solides arguraens , qu'un imprimeur ne sauroit être tenu
d'imprimer un journal nolitique. Il s'est même appuyé sur des opinions
émises par MM. Royer^Collard , Cuvîer et de Serres. La cause a été remise
à huitaine pour entendre- M. ilarthe, avodit du sienr Sellègre , éditeur du
journal.
. — Le sieur Vorrier, directeur* gérant du journal intitulé VEffrontè^ est
cité en notice con^ectionnelle , à la requête cle M. Martainvitte, rédacteur
en chef du Drapeau hlane, comme prévenu de difiamation.
-^ Dans la nuit du la au i3 , des voleurs n'ont pas craint de s introduire
dans les bureaux du parquet de M. le procureur du Roi. Us y ont brisé une
petite caisse, et ont enlevé une somme de 3oo fr. qu'elle renferrooit.
— Samedi dernier, }H, le préfet depotico a visité dans le plus grand dé-
tail la{>rison de Saint-Lazare ; il a accueilli avec bienveillance les femmes
détenues qui lui ont été présentées, et a promis de recommander à la clé-
mence royale celles qui rnootreut du repentir et se font remarquer par leur
^vàîl et leur bonne conduite. M. Mangin , en se retirant , a remis à M. l'au-
mouier une somme de 200 fr. de ses propres deniers, pour secourir les ma-
lades et infirmes de la prison. Il est dans l'intention de visiter les autres pri-
sons du département.
^ — M. le lieutenant-général baron d'Arnaud, ancien commandant de
rhôtel royal des Invalides , est mort le 4 de ce mois^
^ — M. CsûUié, qui a fait un voyage àTombructou et dans l'intérieur de
l'Afrique, a été présenté au Boi, qui a agréé son ouvrage et lui il adressé
différentes questions. . , v
( ï57 )
— Conformément à la iuriflpnidence récente de la cour royale de Paris, le
tribunal d^Arras vient de décider que le mariajge célébré a l'étranger par
deux Français , sans publication en France, étoit frappé de nullité, et que
la tutelle légale, prérogative spéciale de la paternité légitime, n'appar-
tenoit pas même au père sur les enfans du mariage déclaré nul.
— Le tribunal correctionnel de Bordeaux a condamné le gérant du Mé-
morial bordeluis à quinze mois de prison et 200 fr. d'amende, pour ou-
trages envers M. de Gurzay, préfet 'de la Gironde, à Toccaslon de ses
fonctions.
— Le 3 de ce mois , la diligence des messageries royales , revenant d'An-
gers à Paris , a vfcrsé sur la levée de la Loire , près de Chouzé , et a été pré*
cipitée dans une vallée profonde, ^près avoir fait plusieurs tours sur elle-
même. Tous les voyageurs ont été olessés. Cet affreux événement est dû à
l'imprudence du postillon , qui vouloit dcpB&$er la voiture des messageries
générales.
— Un incendie a (Jévoré , dans Iq soirée du 7 de ce mois , sept maisons de
la commune de Saint-Martin d'Auxigny.
— "Un tronc portatif, renfermé dans la sacristie de l'église Saint-Jean, fi
Lyon , et contenant 600 fr. , qui provenoient principalement des dispensas
du carême, a -été emporté sans qu'on s'en aperçût. Les voleurs, après en
avoir prie le contenu , ont eu l'audaçé de rapporter ce tronc au inâme
endroit..
— Dans la chambre des communes d'Angleterre , un comité a été tenu,
le 12, mars, pour faire une en(|tiéte sur l'état des classes indigente^ en Ir-
lande. D'après 1% discussion oui a e» lieu, il parottroit que ni le ministère
ni l'opposition ne verroient.q'un mauvais œil l'introduction en Irlande de
Ja taxé'des pauvi'es, sans les abus auxquels elle donne lieu en Angleterre^
mais on y parviendra difficilement. . .
— Ia -population du rov^meides.Pays-Baé ét»it, au i*"^ JanVi/îr 1829 ,
de 6,286,169 habitans j elle n'étoit, au i*"" janvier i8ao, que de 5,642,55i
habitaiis. La province la plus peuplée est la Flandre orientale, qui compte
7 17,8^ aines ^ laimoins neuplee est Dreuthë , qui n'eu a aaé 61,1 19. •
— Un déorel du roi d Espagne fK>rte que le p^iem^nf des« intérêts. de. la
dette intérieure consolidée aura lieu à l'avenir tous les 6 mois*, lé 1^^ avril
jet le 1*^^ octobre de chaque année.!
— Un fait remarquable, et qui peut donner une idée du patriotistne de%
Grecs, c'est que plus de 5o<!y"marins d'Hydra viennent de prendre du ser-
vice à bord des bàtimens de la' flotté turque.
— De» nouvelles de la frontière de rillyrie, du 10 février, ànnonbent
qu'une troupe de Monténégrins ont attaquié et pris d'assaut la ville fortl*
fiée de ÇattSiro et au'ils y ont massacré toute la gartiison autrichienne. On
<:roit que les aisaillans ont été à la soldé de la Porte et qu'ils font pariiedd
€Ort>s du pacha de Scutari. ■ . ^ [
— Un tremblement fie terré , presqu'aussî violent qiie celui qu'on avoH
ressenti en 1822, a désolé la ville de Valparaiso (Chili), dans la journée
du 26 octobre. Une grande quantité de maisons ont été' renversées; A Sanî-
Yaeo, où la secousse a été tr&-violente,'i>lusieur8 habit^ins ont été tués. Lé
vil&ge de Casa-Biafica , qui se trouve à 3ô milles plus loin , a é\é près*
. qu'entièrement renversé.
( î58)
CHAMBRE DES DÉPUTÉS*
Le i5, la chambre 8*est réunie en comité tiecret pour diacatêr 1« popt
d'adresse au Roi préparé par la commîssieo. On assure qu'il y avoit 4o5^
pûtes, chose qui ne s'étoit jamais vue, et que tous les ministres étoîent
préH!ns , à l'exception de M. Courvoiner, qui est indisposé depuis quelques
jours, n paroU que cette adresse a pour principal oDJet de provoquer le
renvoi de l'administration actuelle.
On dit qu'aussitôt après k lecture de l'adresse M. de l'Epine a pronoocé
; proteste, en terminant, de rattachement qu il avoit d ailleurs pour
la Charte ainsi crue ses honorables amis. M. Agier, qui lui auroit succédé,
auroit aussitôt aîéclaré qu'il n'y avoît aucune révolution à craindre, qae
c'étoient les journaux rayalistes et les ministres qui conspiroieiit contre la
Charte et semoient des inquiétudes.
M. de Conny a , dit-ou , ensuite plaidé les intérêts de la monarchie et
justifié les intentions des ministres*
M. Faure auroit cherché à montrer que la défiance que, selon lui , toute
la France a pour la nouvelle administration n'est que trop fondée.
M. le ministre de l'intérieur auroit alors demandé' comment ou pou voit
soutenir que la France est menacée dans sel libertés , et où sont les actes
que Ton peut reprocher aux amseillers de la couronne, et auroît rappelé
que , dans ce moment même , le Drapeau blanc et le Mémoire au R/>i sont
1 objet de poursuites.
M. B. Constant a prétendu, ajouté-t-on, oue ce n'élcÀt pointAUaqoer
la prérogative royale que de lui signaler 1» défiance qu'inspirent ses mi-
nistres.
chambre. S. Exe. se seroit élevée contre les doctrines insolentes des journaux
du parti.
L'énergie avec laquelle M. Guemon de Banville s'est exprimé a excité k
caucbe de vires n'clamations. On dit même que M. B. Constant, en vou-
lant se précipiter à la tribune pour motiver le rappel à l'ordre, est tombé
rudement dans le milieu de la salle.
11 parott qu'on a encore entendu MM. Dupin.ainé et Lepelietier d'Â.uI-
nay soutenir les expressions de l'adresse, et M. de Cbantelauze (léfendre la
Ï prérogative royale. La discussion générale a, dit-^n , ensuite été fenïiée, et
es trois premiers paragraphes ont /été adoptés sans discussion.
M. Hyde de Neuville , a propos de l'article relatif au Portugal , auroit fait
une sortie contre don Miguel , et demandé que l'on reconnût la légitimité
de dona Maria. M. le prince de Polignac auroit répondu que c'étoit une af-
faire de famille qu'il n'appartenoit point à la France déjuger. «
Le paragraphe auroit aussi passé, et la suite de la discussion auroit été
remise au lendemain.
( »59t
De Ut Nécessité d'ime.Dieiature,pat M. Cottu , conseiller à la cour royale
de Paris.
M.^ Cottu se compare lui-même aux saurages da Canada, qui prennent
' plaisir à irriter leurs ennemis par le récit des cruautés qu'ils ont exercées
contre eux, à la guerre, et par tout ce qui peut exciter leurs ressentimens.
A la vérité , il n^ pas à raconter comme eux combien ses exploits ont fait
de veuves et d'orphelins, ni combien il a rapporté de chevelures de seseJLr-
Ï (éditions. Mais à cela près, il se fait aussi une barbare joie de rappeler aux
ibéraux combien il leur a causé de tourmens et d'insomnies , combien il
leur a lancé de brochures et de javelots, combien de ifois il les a meurtris
on percés de ses coups.
Cependant, M. Cottu n'est pas aussi barbare qu'il se plaît à le dire. Sa
dictature n'est point, comme vous pourriez l'imaginer, une de ces ma-
chines destinées à broyer le monde , un de ces terribles béliers devant les-
quels tout tombe et se démdlit. Il s'agit simplement de remédier à la loi
des élections, et d'armer la royauté de l'article i4 de la Charte, espèce de
sourd-muet qui n'a rien dit encore, et dont beaucoup de gens ne veulent
, pas que la langue se dénoue.
Ce que M. Cottu demande, les Chateaubriand, les Rover- Collard, les
'Guizot et toute l'école des doctrinaires l'ont demandé mille fols avant lui.
Ils ont posé en principe qu'aucun gouvernement n'est oblieé de périr pour
faire plaisir à ses ennemis, et que la royauté n'est pas exclue du bénéfice
de la loi : Salus populi. L'auteur de l'écrit sur la Nécessité d'une dictature
jne dit pas autre chose. Il prétend que la monarchie est en péril , et qu'il
ne tient qu'à elle de se sauver par les moyens légitimes qu'elle s'est réser-
ves dans la Charte, et du'elle a dÀ nécessairement se réserver, parce que
le droit de vivre ne s aliâie pas. Dans ce sens , y a - 1 - il rien do si dérai-
. sonnable dans la dtctcUure de M «Cottu? Celle que les libéraux ont tirée
pour eux de la loi des élections et de là liberté de la presse est bien autre^
.ment dure, bien autrement menaçante et funeste ; et cependant, la néces-
sité de perdre l'Etat n'est pas aussi clairement établie par les ouvriers du
comité-directeur, que celle de le sauver est démontrée par le dernier écrit
' e. Mais aussi , l'on est obligé de convenir qu'ils sont infi-
de leur adversaire. Mais aussi , l'on est obligé de convenir qu'i
niment plus adroits à manier les mauvai.3 ar^umens de la révolution , que
nous à soutenir la bonne cause de la royauté.
En effet, mett<«-4es un peu à votre place, pour voir, et dqimez-leur a
. inteqtréttr l'article l4 ^^ 1^ Chaile dans l'intérêt de leur dictature *Aut\ieu.
des mots : ce Le Roi foit des ordonnances pour la sûreté de l'Etat, » faites
dire à ce même article : oc M. de La Fayette fait des ordonnances pour la
sûreté de la république» » Puis avisez-vous ensuite de venir leur annoncer
de la part des associatioilit bretonnes qu'ils n'auront p«is de budget. ' ^
Vous figurez- vous lesMminantes ordonnances qu'ils verroienl à tirer
pour eux de cet article? Qtioîl v^iierieroient-ils, la liste civile de M. de
lia Fayette est votée pour tout le temps de sa présidence , et vous osez pix)-
poser de lui faire banqueroute! Quoi: la Charte a pris la dette de l'Etat
sous sa sauve-garde , et vous vcuez parler de fermer le grand-livrfî , d'ôter
le pain aux braves défenseurs de la republique, qui sont nos pensionnaires»
( i6o)
et d'envoyer encore une fois les malheureux rentiers à Thôpital! Quoi! il
vous en a coûté i milliards pour recevoir les Gosaaoes ; quoi ! vous avez
vu le pont d'Iéua prêt à sauter par l'explosion des foutisses prussiennes ,
et vous voulez que tout notre établissement militaire soit mis à bas , faute
de solde ! vous voulez que nous restions abandonnés sans défense aux in>
suites et à la conquête ! Non , non « il y a Heu à faire des ordonnances pour
la sûreté de la république , et M. ne La Fayette va faire voir à vos associa-
tions bretonnes que l'article 14 de la Charte n'a pas été créé pour dormir
toiijours.
Jîe suis persuadé que les libéraux raisonneroient ainsi ; mais ils ne recon^
noissent pas à M. Cottu le droit de proposer, pour le salut de la monar-
chie , l'exécution d'un article de loi qui leur paroUroit clair comme le jour
s'il s'agissoit de l'appliquer à un besom révolutionnaire. Son projet de dic-
tature les fait bondir ; ils ne parlent pour lui que de destitution et de mise
en jugement. Les plus modérés se bornent à l'envoyer aux petites-maisons,
en ({éclarant que cW tout ce qu'ils peuvent faire de moins.
Cependant , encore une fois , sa dictature n'aui oit rien de bien effrayant ,
surtout entre les mains de Charles X ; ce n'est méme,^ à vrai dire, qu'une
nouvelle forme sous laquelle il a cru pouvoir reproduire l'ensemble de ses
autres écrits. Riais le titre qu'il a donné à celui-ci est une bonne fortune
d'antant plus précieuse pour les journaux révolutionnaires, que l'idée
d'une dictature royale forme, dans ce moment, un fort singulier contraste
avec la marotte de souveraineté nationale qui est venue nous reprendre, et
avec Vhisioire des Stuarts qui fait fureur depuis deu:9^ mois.
B.
MaHe au pied dé la crow, ou Prières à Notre-Diane des Sept-^Dùuieurs)
par le Père M. J. de Géramb, religieux Trapiste (1).
L*auteur remarque que la dévotion à Notre-Dame des Sept-Doulenra est
très-autorisée dans l'Eglise ; il s'appuie à cet égard sur la pratique de grands
saints et sur celle de W^ Clotilae de France , reine de Sardaigne.
Cet écrit paroH inspiré par une tendre dévotion à la sainte Vierge. L'au-
teur parcourt les différentes douleurs de la Mère du Sauveur, et lui adresse
des prières qui montrent sa piété, son regret de ses fautes et eon désir de
les expier par la pénitence. Puissent ces sentimens •'passer dans -le coeur de
ses lecteurs, et les rendre dignes de là protection de ceBe qu'on n'implore
pas en vain !
Ce rohime,: imprinté avec le plus grand soin, est accompagné d'une
levure représentant la Mère de douleurs, et orné d'un titre et cTune cou-
=verture gravés et imprimés en taille-douce.
(a) Un vol. iu - 18, sur grand raisin vélin satiné, prix, 1 £r, 5o cent, et
et i fr. 70 c. franc de port. A Paris, chez Adr. Le Clere et compagnie,
au bureau de ce jounial.
J^ g*«utb, 2lh*îcn Ce €lm*
Samedi ao mars i83o. (N» 162
Ou Recours au conseil ^ État dans les ces éCabus en potière
ecclésiastique, par M. Jauffret , 1829, in-S*», a« édition.
La première édition de cet écrit avoit para en 1825, à
roccainotx de quelques affaires qui avoient fait alors du
bruit; nous en rendîmes compte dans ce journat, n*^ 1104*
I^ seconde édition a été provoquée éga]|;ment par des écrits
^t des discours où on attaque la jurisprudence actuelle sur
les appels comme d'abus. M. Jauffret rappel)^ quelle étoit,
à cet égards la jurispjrudence des parlemens, et pai* quels
empiétemens successifs ils en vinrent à s'attribuer un pou-
T(nr exorbitant et à resserrer de plus en pl)is la juridiction
ecclésiastique. Depuis le concordat dç 1802 , la connoissance
des appels comme d'abus a été attribuée au conseil d'Etat,
ce qui^ a évité des éclats fâcheux et dont les ennemis de la
religion auroient profité. L'auteur répond aux objections
€^otk a faites récemment contre cet ordre de choses. ïl
yottdroit; que, pour les cas d'abus qui pourroient avoir lieu
«nvers les ecc^siastiques du second ordre , on s'adressât
d'abord à l'autorité spirituelle. Il parle avec sagesse des li-
bertés gallicanes et de la manière dont il faut les entendre.
Il convi^i^que, pour les interdits des ecclésiastiques, l'au-
torité civile ne peut qu'en référer aux évêques. Il discute la
question examinée dernièrement dans la conférence des
avocats, sur les refus de sépulture, et prouve qu'ils ont mal
entendu le décret de i8o4 9 que la police de l'église appar-
tient aux curés, et que c'est une profanation et un excès
de vouloir introduire de vive force dans une église un
mort que le pasteur n'a pas cru devoir admettre.
L'auteur parcourt les divers cas d^abus qui peuvent se
présenter et expose la marche à suivre, selon lui , dans ces
sortes d'afl^res. On s'est plaint dernièrement, dit -il, de
ce qu'elles étoient soumises à la décision d'un conseil corn*
posé de membres amwihles, dévoués au pout^oir et dépouivus de,s
Tome LXIIL €Ami de la Religion et du Roi, L
( i6a )
connoisstmces nécessaires. Il prend , à cette occasion , le parti
du conseil dTtat, et cite pour le justi6er quelques-unes de
ses décisions les plus récentes. Ainsi , il approuve ce qui fut
fait en 1820 relativement à un Bref adressé à M. l'évêque
de Poitiers, et en 1824 , relativement à la Lettre pastorale
de M. l'archevêque de Toulouse. M. Jauffret pi«étend que,
dans ces circonstances, le conseil d'Etat fit preuve d'autant
de zèle que d'indépendance. Nous n'entamerons point une
nouvelle discussion sur cet objet, et nous renverrons à ce
que nous en avons dit dahs le temps, .
Nous serons plus de l'avis de l'auteur sur quelques autres
affaires portées dans ce dernier tem]^s au conseil d'Etat, et
sur lesquelles il est intervenu d«s décisions dont M. Jauffret
donne les motifs. Le desservant de Saulzet-le-Froid , dîo^
cèse de Glermont, avoit béni un mariage avant la célébra-
tion de l'acte civil , on déclara , par ordonnance du 3 dé-
cembre 1828, qu'il y avoit abus dans sa conduite, mais on
ne le renvoya pas devant les tribunaux , parce qui! avoit
agi avec bonne foi, et sur l'invitation même du maire.
L auteur montre que le conseil d'Etat eut de justes raisons
de rejeter les requêtes de MM. Hamel, Simil,' Cbasles et
Leblanc ; nous en avons rendu compte aussi dans le tempâ.
Le conseil d'Etat fut également fondé à rejeter les requêtes
en 1818 et en 1827, pour traduire en justice les curés de
Thorigny et de l^ignac; mais il accueillit la requête
contre le curé de Dammartin (Vosges), qui avoit refusé les
enfans présentés au baptême par une sage«-femme. Une
ordonnance du 11 janvier 1829 déclara qiril y avoit abus
dans sa conduite , et lui enjoignit de s'£d)stenir de pareils
refus. Enfin l'auteur rend compte de deux autres affaires,
dont nous parlerons une autre fois, parce que l'avis du
conseil d'Etat nous paroit susceptible de qudque discus-
sion, et ici M. Jauffret fait preuve d'impartialité; car, mal-
Sré saqualité de maître de requêtes, il trouve que le conseil
'Etat est allé trop loin dans ces deux circonstances.
Cette seconde édition , qui est fort augmentée , arrive très
à propos dans un temps où on a tranché témérairement les
questions les plus graves. L'auteur y montre généralement
une sagesse et une, circonspection qui |bnt honneur à sa
droiture ainsi qu'à ses connoissances.
( '65)
NOUVELL,T3S BCCLÉSI ASTIQUES.
Paris. Par ordonnance du Roi du i6 mars , M. d'Astroi,
évêque de Bayonne, est nommé à l'archevêché de Toulouse,
en remplacement de M. le cardinal de Clermont-Tonnerre,
et M. d'Arbou , ancien évêque de Verdun , est nommé à
Tévêché de Bayonne. M. dAstros est assez connu par sa
conduite ferme et courageuse sous Buonaparte et par la
longue disgrâce qu'elle lui attira. Depuis son, épiscopat , sa
piété , sa sagesse , son application constante à tous ses de-
voirs lui ont concilié l'estime et l'attachement de son dio-
cèse. Nous avons rendu compte de plusieurs écrits égale-
ment sage& et solides du respectable prélat. En i8i4, il en
publia un sur les administrations capitulaires , sous ce titre :
De l'àhus de cette maxime, que Vusage abroge la loi. Depuis,
il a fait paroi tre deux Lettres aux kahitans d'Ortkès, un
Examen de l'ordonnance de i^nS sur V instruction primaire, etc.
La nomination d'un prélat si capable et zélé ne peut qu'être
agréable à un clergé digne de l'avoir pour chef. M. d Arbou
avoit été obligé de donner , il y a quelques années , sa dé-
mission de révêché.de)Yerdun, On a lieu d'espérer que sa
santé s'accommodeiia l»ieux d*un climat- pl^is doux , et qu'un
frélat de ce mérite ne sera pas perdu pour l'église de Fi-ance,
laquelle il peut rendre tant de services par ses lumières,
par ses exemples et par son dévouement.
— ^ M. le cardinal d'Isoard , archevêque d'Ausch , est ar-
rivé à Paris , pour assister à la session de la chambre des
paiiti^. Avant de quitter son diocèse, S. £ui. a fait une or-
dination, où il y a eu i5 prêtres, 9 diacres et soudiacres.
Vers le même temps , elle a donné des lettres de grand-
vicaire à Mi l'abbé Gasanelli d'Istria , son auditeur et son
conclaviste à Rome, lors de l'élection de Pie VII, et à
M. l'abbé de Morlhon , ar^^hidiacre et chanoine d'Ausch et
neveu du dernier archevêque. Depuis, M. l'abbé Gasanelli
a été nommé chanoine • titulaire , en remplacement de
M. Duplan, décédé. Son Em. est partie le 2 mars d'Ausch
pour Paris , elle a pris la route d'Agen et s'est arrêtée à
Miradoux , pour y donner la confirmation. C'es't à tort que
La
( '64 •)
les journaux de la Haute -Garonne ont fait arriver M. 1&
caraiual à Toulouse le 27 février; Son Ein. n'avoit point
pris cette route.
— Nous donnons la plus grande partie du beau Mande-
ment publie par M. l'arche vêquc de Paris (1) , poui* la trans-«
lation des reliques de saint Vincent de Paul :
ce Parmi fes homnus de mitéricordê qme hur» eeuvres mU rendus èjttmaiê
célèbres, il en est un , N. T. G. F. , dont le souyenir rappelle à la £6U toug
les bienfaits de la céleste charité descendue siir la terre, et dont le nom seul
est capable de renouveler dans toutes les âmes cet amour du prochain ten-
dre et actif, qui , selon la parole du Sauveur lui-même, doit eti-e hinutr^tte
U plus aulheatique et la plus. glorieuse des discales de Jéi^ie^CkrisC,
comme elle sera , dans tous les à^ , la preuve la plus solide et la plus tou-
chante de la divinité de sa religion.
» Vous nous prévenez , N. T. C. F. , et votre pensée s'est déjà portée
sur ce ministre ndèle , suscité de Dieu dans notre patrie pour la gloire dtt
sacerdoce et pour le soulagement des pauvres. Déjà vous raves Mconâu ce
^Qt prêtre qui nous appartient à tant de titres, «t pot sa. naistanoe, qa'il
a reçue dans une de nos contrées , et par ses études , qu'il a faites dans nos
universités , et par les emplois qu'il a remplis dans nos campagnes et dans
DOS villes, et par les établissemens dont il a couvert la France, et par la
carrière laborieuse qu'il a ifoumie au milieu de n^us , et par la mort pré-
cieuse qui a termine, sa longue vie dans cet immeasa «apitak , où Vùa reor
contre à chaque pas des traces de son zèle et de sa ch^té.
i».Quel est, en effet, le lieu où sa mémoire ne soit en bénédiclloB ? quel
est lenameau où sa bienfaisance chrétienne n'ait pénétré? quel est l'adfe
dû l'infortune qui ne retentisse de ses louanges ? quel est le roalheureu): qui
IIA lui tlft'^'^ ^m^^^wm^ ^X^m^^nt» Îa>im 0A»« «uin^a rkU aan meaetAmnn^it^I T .*A«*fia*>jk^
délaissée
cours
tigué , _ . , ^ . ^ ,,
dans la détresse, le crime lui-même dans son repentir ou ses remords, rien
n'a pu échapper à ses regavd» pc^vans , non plus qu'à sa générosité mira-
culeuse ( juÀ|ue-là que , dans l'Eglise de Dieu , on ne peut plus, annoncer
aux fidèles l'Evangile de paix, sans rappeler à chaque instant le nom de
Tincent de Paul : comme, dans le monde,. on ne peut parler des exploits
militaires , sans associer le nom du héros que l'on veut célébrer, à cénd de
ce conquérant fameux devant lequel l'univers se tut d'effiroi , dit l'Ecrî-
ture; siluitietrainoenefteciuefuê*
y> Ce n'est pas trop dire, N. T. G. F., et cette <omparaiso|i ne nous
semble pas exagérée ; car ce n'est pas seulement la France entière qui de-
meure saisie d^tonneroeut à la vue des merveilles sans nombre opérées
dans son sein par ce nouveau missionnaire de la charité; ce sont à la fois
des royaumes étrangers , des peuples lointains , des nations sauvages et bar-
bares qui se tabeut d'admiration devant les paisible cooqutfitcs du bon pré*
(1) Inr-40, prijt, 40 co^' et 5ocenl«. franc de port. A Paiâs, aa hunsm
de ce journal.
( ^65)
tre, mirefoU simple bcrgcfr, devenu |wndafnt ta rk, par son infatigabk
mWénooidb, et spjtè» sa mort, par ses exemfdes, par ses discîfples . par ses
instUolîoos , le Dicnfiiiteur, le père et comme Wt providence du genre hu*
main : siiuitturra.
» Ce n'est pas assez ^ il a réduit au silence les emieoiis les plus implaca-
bles et les plus anjens persécuteurs ; l-im{Mété s'est abaissée au pied de ses
imafses ; un siècle invpitoyablc et cruel lui a pardonné sa vertu ; rorsrueil-
leuse rivak de la rcii^on , une philosophie aussi dédaigneuse qu'efie est
atérUe en bonnes œuvres , déconcertée en sa présence , désespérée de ne pou*
voir ni se passer de ses ouvrages , ni s*en approprier la gloire , tomba pro»>
tsrnée devatit un prêtre auquel elle se vit lorcée d'ériger une statue. Qui
sait si, dans son déliTe, elle n'auroit pas eu la pensée délai décorner les
bonneurs de son Panthéon? Dieu ne l'a pas permis, N. T. C. F Tandis
que les restes impurs des plus coupables conupteurs de la société, que les
honteux cadavres d'hommes de sang étoient insolemment portés en triom-
phe et placés dans le temple du Trèfr-Haut; tandis. jfUtf ks nssêmens despou'
Ufes et dêê rois, tirés dv leurs sépttkres, deveneieni le jouet de brutales fu"
reursi tandis que, pour éprouver notre foi, le Seigneur souffroit que les
reliques de ses saints fussent dispersées, détruites ou livrées à la dérision
des;|mpies, il défendoit de toute atteinte le corps., de Vincent de Paul, et
sa divine bonté réservoit à notre épiscopat la consolation de le replacer
avec pompe sur les autels, dans une église nouvellement bâtie sous son in-
vocation.
» Ce corps vénérable^ vou3 le savez, N. T. C. F., étoit autrefois reH-
giçuseroent conservé dans l'église de cette vaste maison de Saint'>Laz<ire ,
que l'on pou voit appeler ajuste titre la maison des prêtres et des pauvres;
narce que les uns venoiént perpétuellement s'jr renouveler dans l'esprit de
leur vocation, et que les autres n'en réclamoient jamais en vain du se-
cours danaleurs nombreuses nécessités. Il n'est pas un ancien du sanctuaire,
pas un vieillard indigent qui n^ait prié devant cette châsse riche , mais mo-
deste, ou semblolt dormir d'un sommeil tranquille, au milieu de tant
d'heureux qu'il a voit, faits, le véritable ami de Dieu et des borom'es. Une
philanthropie ingrate et spoliatrice troubla w repos; elle envia qudquns
parcelles de ce métal ^u'il avoit varsé à pleines mams , et dont la piété fifiaie
avoit embelli la dernière couche d'un père et si vertueux et si charitabîn ;
mais l'or le plus pur valoit-il pour ses enfans la moindre portion de ses
restes précieux? Laissant à la cupidité ce qu'elle rcrherchoit avec une in-
satiable ardeur , chassés de leur asile et dépouillés de leurs biens , les prê-
tres de la congrégation de la Mission crurent n'avoir rien perdu , lorsqu'ils
eurent sauvé de la dévastation et du pillage ce qu'ils regardoient comme
leur plus cher trésor. Heureux de l'avoir soustrait aux regards profanes , ils
l'enfermèrent avec précaution , et ils en confièrent la garde à ces Filles de
Saint-Vincent de Paul , dont le nom seul est son plus beau panégyrique.
» Humblement vénéré dans le silence de la retraite , dans ce séminaire ou
la^ charité permanente de Vincent multiplie encore chaque jour les institu-
triees fidèles de l'enfance abandonnée, et les héroïqurs servantes des pau-
vres malades; ce sacré dépôt attcndoit que la munificence royale et la re-
conhoissanCe publique, dé concert avec la rdigioii, lui préparassent un
nouveau sanctuaire , et lui décernassent de sol^^nnels hommages. Par l'inc*
puisable charité de nos rois , U|ie chaf^le en l'honneur et. sons l'invocation
( «66)
du saint piètre a été construite non loin et en regard d'un de ces hospices
où la relioon a confié aux plus tendres soins les malades que les secours
humains désespèrent de suénr : là , N. T. C. F. , se réunissent cha^ jour,
dans un esprit de recueillemenl et de prière , les généreux enfans de Vincent
de Paul ; la , sous les jeux de ses pieux successeurs , une famille nombreuse
de lérites viennent encore , comme autrefois , au pied des saints autels pui-
ser dans la ferveur de Toraison les lumières de la science, la fermeté du zèle,
Tonction de la charité, l'abné^tion du désintéressement',- la force et la
douceur de toutes les vertus qui donnent au ministère évangélique une si
puissante autorité , et dont ils ont le bonheur de pouvoir contempler de si
Srès un des plus parfaits modèles ; là encore , les fidèles viennent apprendre
'un seul coup>a'œil tout ce qu'ils doivent de respect au culte divin , et les
malheureux tout ce qu'ils peuvent espérer de prêtres aussi fervens ; là aussi ,
N. T. C. F. , sous les yeux du clergé et du peuple chrétien , nous avons le
projet de reporter en triomphe , accompagnées de mille et mille bénédic-
tions , les dépouilles mortelles de l'homme de Dieu, qui, passant sur la
terre en faisant du bien, a rassasié' tant de pauvres dans Sion et instruit
tant dti prêtres à se revêtir de la justice, »
Nous soinmes forcé de renvoyer à un autre numéro le
dispositif du I^Iandenient.
— Le lundi 22 mars , il y aura ^ à deux heures précises ,
dans l'église de Saint-Thomas d'Aquin , une assemblée de
charité en faveur de l'œuvre des Filles repenties. Cette œuvre
comprend deux établissemens également dignes d'intérêt,
la maison r^u Bon-Pasteur et celle de Sainte-Marie Egyp-
tienne ; la première pour les filles qui avoient vécu dans le
* désordre , et la seconde pour celles qui étoient sorties de
prison. On les y çxerçe a dçs travaux d'aiguille , ei^u>êmç,
temps qu'on leur inculque des principes de religion et des
sentimens de vertu. M. l'abbé Demerson , premier vicaire
de Saint-Eustache , prononcera dans l'assemblée du 22 un
discours en faveur de ces deux œuvres, qui ont pour tréso-
ri^res M"*« la vicomtesse d^ Yaudreuil et M"* Bonnet. Les
quêteuses seront M"?*®" les comtesses de Lussac et du Parc,
auxquelles on peut aussi envoyer les offrandes.
— r Le nxardi 28, il y aura^^à St-^Thomas d'Aquin, une
autre réunion pour l'œuvre des Orphelines ou Enfans de la
croix, rue Notre-*Dame-des-Gh?.mps. Le sermon sera pro-
noncé à une heure et demie , par M. l'abbé Layet , aumô-
nier de& dames de la Visitation , et la bénédiction donnée
par M. l'archevêque de Paris. Les quêteusea seront M"« la
comtesse Alfred de La Suze et M*"* la marquisede Dentilhac*.
On pourra leur adresser son offrande.
( .67 )
Le chapitre métropolitain de Toulouse a donné, le
i^mars, un mandement pour annoncer la mort de M. le
cardinal -archevêque et l'administiation du diocèse. Ce
Mandement fait un juste et touchant éloge du vénérable
prélat ; nous en citerons du moins un court passage :
a II Tivra dans votre souyenir, illustres prélats de la chrétienté, par 1q
zèle ardent et le courage intrépide avec lesquels il soutint l'orthodoxie des,
principes religieux et ceux d'une saine morale.
» 11 -viyra dans votre souvenir, vétérans généreux du 8acerck>ce , dont
plusieurs parmi vous ont également partagé la gloire deTexil et de la per-t
sécution.
» Il sera sans cesse au milieu de vous, jeunes lévites, vous qui, loin du
souffle empesté du monde, à l'ombre des autels, avez si souvent éprouvé
ses largesses, suivi les conseils d'une sage expérience.
' » Il vivra dans votre souvenir, N. T. C. F. , vous surtout, habitans de
cette cité qu'il a ai souvent édifiés par l'austérité de ses mœurs, la régularité
de sa conduite ; par ce respect , ce recueillement que vous ne cessiez d'ad**
mirer.
» Il vivra surtout dans votre mémoire , malheureux dont il fuit l'appui ,
veuves au'il protégea , or})he]ins dont il fut le pèi^ , familles honteùsed dans
le sein desquelles il versoit en secret le baume.de ]i(, cousolatloni et de l'es-i
pérance. »
Le chapitre ordonne quM soit célébré ainsi dans toutes
les églises des services pour le prélat , et il nomme pour
vicaires-généraux capitulaires MM. Ortric , Berger, et Lan-
néluc> grands-vicaires de M. le cardinal; dcGestas, cha-
noine ;.Paean etDouarre, curés de la ville ; Lar roque ^ doyen
de la faculté de théologie , et Ducray, supérieur du grand
séminaire. Le Mandement est signé dé M, Prepaud , doyen ^
et Jamme , secrétaire. Chaque jour fait connoître de nou::
veaux traits de la charité du prélat. Il donhoit beaucoup
dans son diocèse et hors de son diocèse, il assistoit des
familles pauvres, des émigrés ruinés, des malheureux de
toutes les classes de la société. Son testament est un monu>
ment de sa foi et de son humilité. Il demande pardon à
Dieu de tous ses péchés , et demande aussi pardon à tous
ceax qu'il auroit pu offenser ou scandaliser. Il se recom-
mande aux prières de son clergé et de sa famille, et désire
que son cœur soit transporté dans la chapelle du château
de Grisolles. Il engage ses neveux et nièces à imiter le.s
vertus de leurs parens. Tout ce testament est plein de té-»
moignages de sensibilité.
( »^8 )
-^ Sir^rtiiar-^niîli^pe P«rceTal9 dbufielaiii diljraLd44a-
gleterre , vient de pi]l>u«r un écrit inditailé : I^ropo^itionJ/unc
paix-ehrétiêmie, ou Essai fwir aplanir\U9 difficuàésqm ^*t)ppo^
sent aune réunion des églises ctuholiques de Rome et d^ Angleterre^
.L'auteur enpère qu'une réanion des deux ^liseâ seroit le
moyen le plus sûr d'arrêler les progrès d\me foule de sec-
tes , entr'àutres de rùnitarianisme. Cet étrit rappelle celui
de M. Wix, autre ministre anglican , qui proposoit un
concile de TEgUs^ romaine et dfs Tefilise luiglipane y pour
accommoder les différ^ds sur la religion. €et écrit, <|ai
parut en 1818^ étoit jBidressé au prince régent et aux étéqnes
anglicans. M. Wix étoit un homme sage et modéré. Voyez
ce que nous avons dit de son livre dans ce journal ^n^ 4^9^^
4&8 et 6fl<^ Si cet esprit préisaloit daRS le clergé avgliçan y
on pourrôit se iatter de voir cesser un sebisme déploc-able,
Malbeureuâement il règne encore des préventions bien en-
racinées chez beaucoup de protestans. Une Ax^glaise vie^t
de publier, sous le titre de reUléeis protestantes, up voyage
,en Italie, ou elle afficlie, dit-*OB, la plus révoltante tntolé*
rance. On cite entr'autres un passage où , parlant dkuae ce-»
rémonie où elle se trouvoit, dans réglise Saint-Pierre, et
décrivant le moment de Télévation pendant la messe , elle
ajoute : Le Pape ^ les prùres, le peuple se prosternèrent ^ oui^
de loin et dk près', les riches et les paui^res, le soldai etV esclave,
le pèlerin arrivant des Ahruzzes et Vambajsadeur des rois, tous
adorent. Certes V enfer doit se réfouir à i^n tel spectacle , fendant
que les anges pleurent. Telle est la tendresse de cette damé
voyageuse pour les catholiques, q^e, dans PeXcès de son
zèle , elle regarde encore comme des idolâtres.
NOUVEIiLES POLITIQUES.
Paus. Le 18 , à midi» la ipraade dépatatÎQO de la chambre des députa a
été introduite chez le Roi, par M. le marqairdç Brézé, grand -Diaitre
des cérémonies. S. M. éfoit entourée de ses grands-officiers et des'ministres.
M. Royer-CoUard a lu l'adresse ainsi conçue :
a Sire, c'est avec une vive reeonnoissançe que vos fidèles si^ts les àér
pûtes des départemens, réunis autour Je votre trône, ont entendu de votre
( »69)
bevtehfe Mgttstè Ip témbi^ttage flaMeur de )a «kNiûâncè qae tous leur ac^
cordez. fiecire«x dé -votit HM|>ircr ce BeBtim<aM, Sire,' ils le jtistîéem par
Finvioleble délité dont Ht Tienaent tocm renomrelèr le reipectueux iiom*
iiMige;,fk sauvent le justifier encore par le loyid accwïyK asciii e u t de leur!
» Nous nous félicitons arec tous /Sire » dee ëy^eniens qui ont consolidé
la paix de TEuropc, affermi Taccord établi entre tous et tos alliés , et foit
eesser en Otient le âéan d6 'la guerre.
» Puisse le peuple infortuné que -tos généreux secours ont arraché à «ne
deatruction qm paroissoit inévitable, tyouver dans l'avenir que la protec-^
tîon de V. M. k» prépare , son indépendance , sa loree et sa liieité !
. » Nous faisons des voeux , Sire , pour le succès des soins que vous «onsa-^
<*«, de coneiert avec vos alXés, à k réconciliatlen des princes de la mal*'
son de Bragance. Cest un digne obfet de soilSdtude deV. M. que de
mettre un tettne aux maux ^nt afUgent le Portugal , sans porter atteinte
au principe 'sacré de la légitimité, inviokèie pour lis rc^s non moins que
pour les peuples.
» V. M. avoit suspendu les effets de son ressentiment contre «ne pai»->
aance lMiriS>iareMiuè; ntais elle juee ne pas pouvoir diUférer f^s long-temps
dé poursuivre la réparation éclatante d^une insulte faite k son pavillon.
Nous attendrcËis avec respect les commnmeatlons que V. M. croira sans
doute nécessaire de nous adresser sur un snjet qui toucAie à de si grands
intérêts. Sire, tjMites les fois qu'il s'agira de défendre la dignité de votre
ccuronneet de protéeer le commerce fnneais, vous powvex compter sur
l'appui de votre peuple autant que sur son courage.
'» La diandsre s'associera avec reconnoissance anx mesures que tous lui
fnoposerez pour fixer, en l'amâiorant , le sort des militaires en retraite ; les
lois qui lui seront .présentées snr l'ordre judiciaire et sur l'adninistratioik
auront droit aussi à un examen attentif.
» La réduction que Y. M. nous annonce dans le revenu public est un
svmpt^rae dont la gravité nous attire : nous mettions tons nos soins à re^
€3ieFcber les causes du «Mlaise qu'il tndiqoe.^ . ..f-.
» y. M. a ordonné dé nous présenter une loi relative à r«mortitsement
et à la dette publique. L'impOrtanoe des questions qu^ renferment ces
inrojets , et Vobtigatioiri dé tenir «ne balance exncte entre les é»fen intéi^
qui s'y rapportent , exciteront au pkisiimit degré notra aoUIcttude} une
organisation éqttYtabte et hd^i1ement><ombinée dn «redit public sera ponr
la France un poissant moyen de prospérité, et pour Y. M. on nonveaii
titre à la gratitude de ses peuples.
» Mais n est une condition nécessaire à raeeomplisseDKnt de ce bienUsit)
et sans laquelle il demenreroit stérile : c'est la sécurité de l'avenir, fonde-
ment le plus solide do crédit et premier besoin de rin4nstrif •
» Accourus à votre voix de tous les points de votre royaume, nous vous
apportons de toutes parts , Sire , l'hommage d'un peuple iidèle , encore ému
de vous avoir vu le plus bienfaisant de tous au milieu, de la bienfaisance
universelle, et qui révère en vous le modèle accompli des plus touchant/s^
vertus. Sire , ce peuple chérit et respecte votre autorité. Quinze ans do
paix et de liberté qu il doit à votre auguste frère et à vous , ont profonde-^
ment enraciné dans son cœur, la reconnoissance oui l'attache a votre royale
famille; sa raison mûrie par l'expérience et par la liberté des discussions,
{ »7« )
lui dit que c'est surtout en matiire d'autorité que Tantiqùité de la i
•ion est le plus saint de tons les titres, et que c'est pour son bonheur au-
tant que pour votre gloire que les siècles ont placé Votre tr6ne dans une
région inaccessible aux orages. Sa conviction s'accorde donc avec son devoir
pour lui présenter les droits sacrés de votre couronne comme la plus sûre
furantie de ses libertés, et l'intégrité de vos prérogatives comme nécessaire
la conservation de ces droits.
» Cependant y Sire , au milieu des sentimens unanimes de respect et d'af>
Hection dont votre peuple vous entoure , il se manifeste dans les esprits une
vive inquiétude qui trouble la sécurité dont la France avoit commencé à
jouir, altère les sources de sa prospérité, et pourroit , si elle se projongeoit,
devenir funeste a son repos. Notre conscience , notre honneur, la fidélité
que nous avons jurée . et aoe nous voo^garderons toujours , noua imposent
le devoir.de vous en oévoiier la cause.
» Sire, la Charte qne nous devons à la sagesse de votre auguste prédé-
cesseur, et dont y. M. a la ferme volonté de consolider le bienfait , con-
sacre comme un droit l'intervention du pays dans la délibération des in-
térêts publics. Cette intervention devoit être, elle est en effet indirecte,
sagement mesurée, circonscrite dans des limites ez^ct-ement tracées, et
et que noua ne souffrirons pas que l'on o e tenter de franchir; mais elle
est positive dans son résultat , car elle fait du concours permanent des
vues (>olitiques de votre gouvernement avec les vœux de votre peuple, la
condition indispensable de la marche régulière des afiaires publiques. Sire,
notre loyauté, notie dévouement, nous condamnent à vous dire que ce
concours n'existe plus.
» Une défiance injuste des sentimens et de la raison de la Fïance est au-
jourd'hui la pensée fondamentale de l'administralion. Votre peuple s'^
afflige, parce qu'elle est injurieuse pour lui , et s'en inquiète parce qu'elle
est menaçante pour ses libertés.
» Cette défiance ne sauroit approcher de votre noble coeur. Non, Sire,
la France ne veut pas plus de l'anarchie que vous ne voulez du despotisme;
elle est digne que vmis ayes foi dans sa loyauté ocffHiie elle a fin dans vos
promesses.
. » Entre ceux qui méconnoiisent une nation si calme , si fidèle , et nous
oui, avec une conviction profonde, venons déposer dans votre sein les
douleurs de tout un peuple.jaloux de l'estime et oe la confiance de son Boi ,
r\ la haute sagesse de V. M. prononce ! Ses royales prérogatives ont placé
s ses mains les moyens d'assurer, entre les (wuvoirs de Ixut , cette har-
monie constitutionnelle, première et nécessaire condition de. la force du
tr6ne et de la grandeur de la France. » '
Le Boi a répondu :
a Monsieur, j'ai entendu l'adresse que vous me présentez au nom de la
chambre des députés. J'avois dioit de compter sur le concours des deux
chambres pour accomplir tout le bien que je méditois. Mon cœur s'afflige
de voir les députés des départemens déclarer que, de leur part , ce concours
n'existe pas.
, » Messie urs , j'ai annoncé mes résolutions dans mon discours d'ouverture
( Î70
de la session ; ces résolutions sont îmniaables ; l'intérêt de mon peuple me
défend -de m'en écarter.
» Mes ministres vous feront connottre mes intentions. »
— L'ombre de Henri IV et celle de Louis. XIV ont applaudi sans doute
à ce noble langage et au ton de majesté qu\ Taccompagnoit. Non , la mo-
narchie ne reculera pas devant d'insolens journalistes; non , comme Ta dit
un député , la France ne vêtttpas que le Roi rendfi se» épée. En même temps
les deux chambrés ont été. convoquées pour le vendredi à une heure , afin
de recevoir une communication du gotivernement. (Voyez plus bas à la
chambre).
— Il faut croire que les libéraux eux-mêmes commencent à s'ennuyer
de la chambre des députés, car tous leurs journaux annoncent qu'il arrive
des quatre coins de la France des pétitions par lesquelles on demande l'a-
bolition de la septennalité. Est-ce que ces pétilionnaires-ià estiment qu'il
seroit par trop dur d'avoir sept années à passer avec une chambre pareille ?
' -<-^Les anciennes scènes de la chaise à porteurs de M. le marquis de Chau-
velin se sont renouvelées mardi dernier, à l'occasion du vote de l'adresse.
On a vu trois malades insurgés contre leurs médecins (i), quitter le lit
pour se faire transporter sur le champ de bataille , et partager la gloire de
cette grande journée. A les voir'lancer leurs boules homicides contre M. de
Polignac, on n'eût jamais dit qu'ils avoient la fièvre et qu'ils avoient passé
une si mauvaise nuit. Ah ! les électeurs libéraux connoisscnt bien leurs
gens ; ils n'envoient à la chambre que des hommes d'élite , dévoués à la
bonne cause, et capables d'en moiyrir à la peiue. Pends-toi, brave Chau-
Telin,^n a tu des députés aller voter en chaise à porteurs; et tu n'y étois
pas!
— Il parott que de grands changemens vont s'opérer dans le personnel
de l'administration. Plus de moitié des directeurs - généraux , moitié des
préfets et des sous-préfets seront appelés à d'autres fonctions.
-r- Le.Rcâ a accordé 4oo fr. aux (tauv^es de la ville fie Poissy (Seiae-et-
Oise) , et 3oo fr. à l'hospice de la même ville.
— M. le dnc de Bordeaux , accompagné de son gouverneur, a visité , le
16 , la maison royale de Saint-Denis. S. A. R. y a oéjeuné, et a assisté aux
diiférens exercices des élèves. M. le maréchal duc deTarentc a reçu le
jeune prince.
— La réponse du Boi a été connue dans tout Paris peu de momens après
qu'elle a été prononcée. Elle a produit le meilleur effet. A la Bouise, les
rentes qui avoient baissé par suite de la discussion de l'adresse ont éprouvé
une' hausse notable.
— On remarque que la majorité des Ao députés qui s'est prononcée pour
l'adresse de la charaore élective , répond précisément au nombre des mem-
bres de l'opposition nommés sous le précèdent ministère.
— Le sieur de Saint-Clair^ auteur du Mémoire sur l'assassinat du duc
de Berri , a été mis en liberté moyennant une caution de 3o,ooo fr.
(1) MM. Aug. Perrier, Gaétan de La Rochefoucauld et Bérenger.
( .72 )
^ Le procès du IVtUMnal, qui deroit 4lre plaid^ auer/^mU aa tribunal
correctionnel , a été remis à huitaine, attendu rindisposilioo de M. Mau-^
guin , avocal de ce joumal«
^ Le nommé Blaque, qm avoit assassiné sa bienfaitrice « Victoire Lannes,
domesttaue de M. Tabbé Baudouin , du clergjé de .Notre-Dame, a été con-
damné, le 1 5 de ce mois, aux Uayaux forcés a perpétuité.
•— La chambre d'accusation de la cour royale d'Orléans a déclaré qa'il
n'y avoit pas lien de suirre contre l'éponso de Paul -Louis Courrier, et a
onlonné la mise en liberté de cette dame.
— Le eérant de la Gazeile constUuiionnelle de l'AlUer est de nouveau
cité au tntNinal correctionnel de Moalins , pour injures envers ce tribunal.
— Nous ayons rendu compte du jugement dans l'affaire de M. l'abbé de
Zinzerling, royaume des Pays-Bas. Le ministère public en «voit appelé;
mais la cour supérieure a confirmé le jugement du tribunal corr<*ctionnel,
et M. l'abbé de ^nzerlinc , rendu à la liberté après trois mois de détention ,
a repris ses fonctions à l'Hospice de Kuiders ^ a Gand. Son arrivée a <^é on
jour de fête pour les élèves, qui lui avoient préparé la réception la plus
flatteuse pour lui après tant de tracasseries.
— Ce n'est qu'à quinze jours , et non à quinze mois de'prison , que le gé-
rant du JUémorwl bordelais a été condamné pour injures envers M. de
Curzay.
— M. le comte de La Ferroniiays, ambassadeur à Borne, est arrivé le
2 mars dans cette capitale.
— Les Journaux du i8 publient le protocole de la conférence tcnnc à
Londres le 4 janvier dernier, entre les plénipotenHaires des trois piiis-<
sances. D'après cet acte, la Grèce formera un Etat entièrement indépen-
dant; son gouvernement sera monarchique et héréditaire, par ordre de
f>rimo&éniturc. Les limites de la Grèce seront le fleuve Aspropotamos, les
acs d'Angbelo , de Vrachori et de Saurovitza ; les monts Axos et Olta , d'où
la ligne de démarcation aboutira k l'emboucbure du Sperchios ; les lies de
Négrepont , Cyclades , du Diable et Skiro appartiendront à la Grèce. Des
actes d'amnistie de la part de la Porte ottomane et du gouvernement grec
suivront la publication du protocole; les sujets des dbux nations auront un
an pour vendre leurs biens et quitter le pays ; leurs troupes évacueront les
lieux qui seront hors des limites ci-dessus.
— Le gouvernement a reçu de M. le capitaine Gourbeyre , commandant
lexpéditioa de Madagascar^* des rapports qui font connoUre la suite des
opérations depuis le i6 octobre 1829. Le 26 de «e mois, les bàtimens fran-
çais mouillèrent devant Foiilpointe, où les Ovas avoieqt élevé, des fortifi-
catiuns. Le lendemain , nos troupes débarquèrent, et l'ennemi fut culbuté
à la suite d'un combat où il eut 76 morts et 5o blessés. Dans cet engage*
ment, 11 Français furent tués et i5 blessés. Le 3 novembre, l'expéaition
se transporta par mer à la Pointe--à-Larrée. Les marins et soldats y débar-
quèrent aux cris de viveic Rai! et en jurant qu'ils célébreroient dignement
la fête de S. M. Les Ovas se défendirent courageusement; cepenuaMt nos
troupes parvinrent à s'emparer de leur fort et a les mettre dans U plus
grande déroute ) après avoir bissé 119 hommes sur le c^anip de bataille,
2.5 prisonniers, 8 canons et 25o bœuls. Le lieutenant Daudson et le sous*
( 175 )
lieutenant Laremncbère a^étoîent précipités sar l'ennemi aYec une impétnch*
^é remarquable. Le pavillon de France fut arboté ensuite sur le fort,
^ombé au pouvoir de l'expédirion. Par suite de ces défaites y des envoyés
Oyas sont yenus demander la paix , et il a été conclu une convention dont
la ratification par la reine a été ûxét au 3i décembre. Les hostilités ont
cessé, et les bâtiroens français sont maintenant admis- dans tous les ports
des Ovas.
— Un incendie assez violent a éclaté, k i*' janvier, dans, le pins riche
Quartier de la Havane. Les marins des deux coryettes françaises la CMs et
Aêoar ont rendu les plus grands services dans cette circcmstance. Guidés
par M. Fauré, capitaine de firégaite et par les autres officiers français , \h
sont aocoaras sur les Kenx dès le commencement du désastre. On cite sur-
tout le oonni^ da qnartier-mattre Magnan et des matelots Decreuze et
Hatel , qui , à travers les flammes , sont allés chercher un coffre-fort qui
lûaoit tonte la fortune d'un négociant. L'amiral espagnol Laborde a té-
moigné toqte 9% reconnoissanee à M. le capiteine Faoïïé.
— L'expédition anglaise au p61e arctique est parvenue heureusement au
67' degré de ktilude septentricnale. Le bateau à vapeor, après avoir par-
conrn des mers dangereuses, « été assailli, sur la côte de Spitzbers, par
un violent coup de vent oui lui a brisé son grand mâv. Par vn hasard bieh
favorable, il s'est trouve qu'un bâtiment anglais pris par les glaces avoit
été abandonné sur ce point par son é^ipage, et l'on en retira le grand
ùÂt, les provisions et tout le combustible nécessaiffee pour continuer le
▼oyage au pôle.
CHAMBRE DBS DÉPUTÉS.
Le 16, la <ihambre se réunit d'abord en séance publique, pour entendre
le rapport de M. Mercier sur l'élection de M. Dudon. Quoique le bnrean
ait été unanime pour l'admission , M. Mercier fait obeerver que M. Dudon
n'a produit qu'un bordereau de contribution qui ne pronye pas la posscè^
non,annale.
M. Duvergier de Hauranne prétend que la liberté des soffrages a été violée,
parce que l'on a diéstitué M. Donatien de Sesmaisons. De vives réclamations
éclatent à droite.
M. le piincedePolignac rappelle que ce fait est étranger à la validité de
l'élection , et annonce qu'il oennera , s'il le faut, plus tard des explications
sur celte destitution.
MM. Pardessus , de La Boulaye et Dudon. soutiennent que les pièce» ^m-
duites sont suffisantes, et citent des aiitécédens à cet égard. MM* Duveijgier
de Hauranne , Kératry et PataiUe répliquent. Ce dernier ayant eqoure parié
de M. de Sesmaisons , M. le ministre de l'intérieur déclare que le gouvemer-
ment a usé de son droit; qu'il est résolu à ne pas se dessaisir de l'inâuenc»)
qu'il doit exercer dans les élections. M. Méclûn répond avec vivacité. Enj^n,
M. Mercier, rapporteur, avoue que le certificat produit par M. Dudon étalait
( »74)
ttb^il pMiède thpmis pUuiêurs années, et son admUsioo «tt prononcée. On
«e plaint alors , à droite , de ce qu'on ait tu d'abprd cette circonstance pour
faire du scandale.
La chambre se forme ensuite en comité secret , pour continuer la discus-
aîon du projet d'adresse au Boi.
MM. Al. de Laborde et Demarçav ont , dit-op , pai:|é d*abord de Tcxpédi-
tion d'Alger, dont M. le ministre ae la marine a fait sentir la nécessité. Le
paragraphe qui la concerne et les suiyans ont passé, à ce qn^l parott , sans
difficulté,
Arrivé aux deux derniers actides, qui ayoient pour but de peh)4ce le
mécontentenient et les craintes qu'inspirent le ministère, M. de Sainte-
Marie a soutenu que l'inquiétude et la défiance que Ton veut attribuer i
toute la France est imaginaire; qu'on ne les trouve que dans les journaux
entretenus par des réT<3utionnaires , qui exprimoient ces.senUmens d^ te
premier jour de la nomination du. min»tere actuel. M. de Ste-Marieauroit
montré rl'adleurs que le rpytfumeétoit dans un état de prospérité satis?
faisant.
H. deCordoue auroit , dit- on, répondu aue rien ne doit empêcher les
députés de parler avec franchise au Roi , et M. de La Boula je auroit déclaré
qu il valoit mieux mettre en accusation les. ministres , si on peut valable^
ment leur reprocher quelque acte. Enfin , M. Dupin aîné auroit. encore
cherché à justifier toutes les ex (Pressions des derniers paragraphes.
Il parott qu'alors M. de Loraeril a proposé un amendement qui atténuoit
les pensées , en exprimant seulement que des inquiétudes avoient été occa-
sionnées par les changemens survenus depuis la <lemière session et laissant à
la sagesse de S. M. de les apprécier et d'y porter remMe , puisque les préro-
gatives de la couronne lui donnent les moyens d'assurer rharraonie consti-
tutionnel!^ et la force de son trône.
On assure que MM. Guizot et Sébastiani ont combattu cet amendement,
que M. de Bcrbis 1,'a appuyé, et ensuite M. Pas de Beaulteu, quiaiiroit
avoué que la licence de la presse est à sou comble , et pensé qu'il faut ap-
puyer la prérogative royale et soutenir le ministère , s'il pcésente des lois
raisonnables.
M. Berryer auroit ensuite prononcé un discours ti^èa-énergique sur les
circonstances actuelles.:
Enfin, la discussion se seroit terminée par quelques observations de
M. Bourdeau pour justifier le dernier ministère.
On ajoute que cet amendement a été reicté, ainsi qu'un autre que pré-
sentoit M. Sosthènes de La Rochefoucauld j que l'on a été au scrutin sur
l'ensemble de l'adresse telle que la proposoit la commission , et qu'elle a
passé à la majorité de asi contre 181, à 7 heures et demie du 8oir.
Enfin , au milieu de l'agitation que produisoit ce résultat, on auroit tiré
au sort la députation qui doit présenter cette adresse au Roi.
Le vendredi 19, à une heure et demie, MM. les ministres de l'intérieur
et de la maiine sont arrivés à la chambre. Les députés éloient au crand
complet. M. Je ministre de l'intérieur a remis au président, et celui-ci a lu
une proclamation du Roi qui proroge la session des chambres au 1^^ sep-
tembre. Le côté droit y a répondu par des cris de vive le Roi! le côté gau-
che a gardé un profond silence , et la chambre s'est séparée.
( IJS. )
M. le marquis de Lally - Tolendal est mort, le ii mars, à Tâge de
79 ans^ après une yie marquée par de beaux traits et par de nombreux
écrits. Tropbime- Gérard de Lally - Toleodal j étoit né a Paris le 5 mars
1761 ; il étoit le fils du général Lally, qui nvoit Commandé pour les Fran-
çais dans rindc et qui tut décapité en 1766. Le jeune Lally sollicita avec
beaucoup de zèle et obtînt ennn la réhabilitation de la mémoire de son
père. Nommé dépuité aux étits-généraux , il y parut avec éclat y mais il 90
retira après les évènemens des 5 et 6 octobre. Il passa depuis en Ande-
terre , s offîit pour défendre Louis XYI et fit imprimer son plaidoyer amsi
au'uue Défense des émigrés. De -retour en France après le 18 brumaire,
vécut dans la retraite, fut fait' pair en i8i5 et parla souvent dans la
chambre.. Ses principaux écrits sont un Essai sur la vie du comte de Strafr-
ferd, des Lettres à Burke , des Mémoires et autres écrits politiques. II a
fourni plusieurs articles à la Biographie umver$eUe. Dans ces derniers
temps, il s'élolt élevé à la chambre des pairs contre la licence de la presse.
M. de Lally étoit encore plus reconuuandable par son beau ciU'actère que
par son talent.
avoient ]
• sente ch( , ,
Doint été reçu, le malade ayant dit qu'il ne Tavoit point tait appeler.
r(ous n'avons pas besoin de faire remarquer combien il étoit peu vraisem-
blable que le noble pair eût agi si impoliment avec un prélat avec lequel
il étoit fort lié, et qui lui donnoit dans ce moment même un témoignage
d'intérêt et d' amitié. La démarche de M. l'archevêque étoit toute natu-
Klle de la part d'un mélat si distingué par son zèle et sa pieté, et le jour-
nal qui a dit que M. Varchevéque poiwoit avoir eu de bonnes intentions et
S*on ne voUioit pas fêter du bldms sur sa coriduite, a ihontrc encore par là
s de sottise que de méchanceté. M. l'abbé Marchesi a répondu à tous ces
ita et à ces allégations par la lettre suivante adressée aux journaux :
Paris, i3 mars i83o.
<i( Monsieur, qaelqnes journaux ont avancé des faits erronés sur-les der'^
"nieirs momens oe M. le marquis de Lally-Tolendal. Honoré de son amitié
particulière, je crois devoir letabUr ici la vérité.
D M. le marqui^de Lally-Tolendal a reçu tous les sacremens, a demandé
la bénédiction épiscopale a M. l'archevêque de Paris ^ et a ensuite donné la
sienne à ses enfans , en présence de ses amis désolés et entouré de toute sa
maisQn.
»• J'ose espérer, Monsicnr, que vous voudrez lûen insérer ma lettre dans
votre journal.
» J'ai l'honneur d'être , etc. , Tabbé Màxghesi. »
Les obsèques de M. de LaUy ont eu lieu, le i3, dans l'église de Saint*
Philippe -du -Roule. Des députations de la chambre et de l'Académie y
assistoient, et H. le comte Daux, cendre du défunt, conduisoit le deuil.
Le corps a été porté au cimetière ou Père la Chaise.
( »76)
Le Journal du Hâvrê doonoit dernièrement des détails assez carieux sur
les auteurs de quelques feuilles libérales de la capitale ; on sait que ce jour-
nal eit rédigé par M. Edmond Corbière , qui parolt fort au fait âtn secrets du
parti.
Le Glûbe a pour principal rédacteur M. Dubob; ses colbbôvateurs sont
MM. Vitet, Duvergier de Hauraune, fils du député; Charles de Rémazat ,
Ducbàtel , Leroux , Cavée , Dîltmer (ces deux derniers sous le nom dn
FoDtgeray), enfin M. Guizot. Le Journal du Havre se moque un pea
du Globe, des prétentions etdn ton doctorat de M. Guizot, du style aflbeté
des autres , de leur obscurité. Il doute que le Globe, avec ses i ,5oo abonnés ^
puisse se soutenir.
M. Royer-CoUard protège le JVafùmai, dont M. Laffite est un des çrin^
cipaux actionnaires. On ne connott pas encore tout le personnel , mais on
peut compter parmi ses rédacteurs mai* Passy, fils atné; Ampère, fils du
physicien, Mérimès, etc.
Le Temps est l'organe dn centre gauche. Le principal rédacteur est
M. Philarèthe Chastes, disciple de M. Jouy. Après lut Tiennent MM. Ma-
hul , Fun des parleurs de la morale chrétienne, janséniste à l'eau de rose,
écrivainfroid mais conscieneieusi Artaud, gui parait être le teinturier ad^
minisirattfde M, Coste; Fetis , Barberons , fils du oonventioanel , ATenel »
Bnikère, Chalas, Hansman, Bertrand, Senty, Imbert, Dugasmonhel,
Beyle bairon Stendal , enfin MM. Fiérée et Pasquier.
Le Courrier ffunçais deseend de feu l'Indépendant, d'abord ministériel,
puis libéral, devenu depuis la Renommée. De la Renomma et dn Censeur
est né le Courrier, à la tête duquel se mirent MM. Jouy, Kéntry et Ben-
jamin Constant. M. Laffite leur prêta 100,000 fr. l!es rédacteurs sont
MM. Talentin de La Pelouze, Châtelain , rédacteur en chef-, Guyet , puis
MM. Alex, de Jussieu , de Pradt , Benjamin Constant , Isambert , Kératry,
Edmond Blanc «et Artaud. 11 en est d'autjres que le Journal. du Hàmrs ne
nomme pas. ■ 4 -
Les Libraires associés pour les Usages de Paris viennent
de publier les pASSions notées, avec les signes pour les chanUr
à trois. On y a joint la Bénédiction du cierge paschal, revue
sur les meilleures éditions du chant tiré des livrés romains,
;et adopté par presque toutes les églises. Le tout forme un
j volume petit in-folio de 66 paees, très- correctement et
élégamment imprimé sur papier un des Vosges, et caractères
'neufs fondus exprès pour l'édition du Missel qui s'exécute
en ce moment. Prix , 3 fr. br. et 4 fr* franc de dot t. A Parie,
chez Adr. Le Clere et compagnie y au bureau ae ce journal.
J^ Qiumht "Xiftmtt €Utt.
Mercredi 24 mars i83o.
(N» i63o )
Sur l'église catlwlique d'Ecosse (*)« '
Après la mort de Jacques V, en i54a, l'Ecosse étoit
venue le théMre de ces dissensions intestines qui caracté
sept d'ordinaire les longues minorités. Marie Stuart n'étant
encore qu'au berceau lorsque son père mourut , les chefs de
la noblesse se disputoient à l'cnvi l'honneur de la régence*
Ces divisions ctoient d'ailleurs alimentées sous main par
les intrigues de l'Angleterre, qui espéroit en tirer parti pour
réunir les deux couronnes sur la tête de son roi. €é fut à
la faveur de ces troubles politiques , que ce que l'on nomme
la réforme s'introduisit eu Ecosse, ou tout sembloit s'être
réuni pour lui assurer dès sa naissance les plus lapides ac-<
croissemens. Elle y trouva bientôt dans le comte de Murray
un protecteur habile et entreprenant, et d'autant plus dé-n
voué à' 6a cause , qu'il comptoit s'en servir comme d'un ap*
pui pour s'élever lui-même à la souveraine puissance. Les
biens dont Jacques Y avoit enrichi le clergé présentoient eu
outre à l'esprit de rapine un appât séduisant, et l'on ne
manqua pas de trouver dans les désordres vrais ou suppo-
sés de ce clergé un prétexte spécieux pour se saisir de ses
dépouilles.
' Déjà le cardinal Beaton avoit succombé à la haine des
réformés en 1646; mais ce ne fut .guère qu'en i557 que
les pailisans des nouvelles doctrines commencèrent à
Ï>rendr€ en Ecosse un aspect formidable. Alarmés par
a bonne intelligence qui régnoit entre Marie de Guise,
alors régente , et Hamilton , archevêque de Saint-^André,
prélat d'une ' grande influence parmi les catholiques , les
coryphées du parti signèrent cette année un pacte solennel,
(*) Cette notice nous a été communiquée par M. Gillies, missionnaire
lécossois, actuellement en France. Nous la publions sur sa demande pour
exciter l'intérêt des catholiques do France envers leurs frères d*Ecosse , et
pour compléter ce que nous avons dit de la situation de la religion dans
pays, dans nos n*' o34 , 1541 et 1675.
Ton^e LXfll. L'Am\ dt la Religion et du Roi. M
( '7» )
par lifuel ils se dét\eLioïeni eongrégatien indépendamte, et se'
paras êftilàmmênt de Ja eongrégaiion de Satan et de Hautes ses
ahpqûnaûons. Bientôt après, ils publièrent un plan de ré-
îorm*' contenant les principaux abus qu'on se proposoit de
f oÛrot?f li*ir, et Ton commença l'œuvre à Edimbourg l'année
«ihV;l(ik-> en attaquant ouvertement une procession reli-
gieustf <iu» se faifiOit en cQtle TîUe le jour df I4 fête f^tq-
nalt^. L» «statue du saint 9 patr^w d'£dimtM>urg , lut SHfi^f^
sivciiiciU noyée, brisée et brdUe par U^ r^fpriaajteupi) , qui
eussent peut-rétre traité de utème le^ prêu*«« qui Ja ppr^eiU^
si cetiK^ci n'eussent cherché leur salut dans la fuiti?,
T^a fut en Ecosse le début des nouv.^u:^ >apôtf e^ ; ils en
Tinrent bientôt iusqu'« insulter publiqueii^ept à l'antarité dis
la reine-mère. Marie de Guise résplut alo^si de le^.dépWsv
rebelles «i les poursuivit comme tels* Ce fnt mx^ ces ^atren-
faites que Jean Knox , patriarche de» téfoi'm^ e^ £<i>^^«,
arriva de Genève. A peine débarqué y il so rendit ^ Pe;irih)
où il pcècha un sermon si violent contre Tidcd^trie des/»^
jHsics, qii'emporté soudain p^r uo mouvement d^ fsmaiismef
li^ populace ae jeta sur tout ce qu'il y ayQÎt de décQr^T
tious dans l'église, et Wuant les craix et W imaçea et dé-
molissant les autels, ne laina rien debout qvip lies v^vm*
Gfit exemple fut suivi ^ur-p le «champ daosi l<eis ^u^rea ^uar^
ti«rs de la ville, et devint le signal d'un ^oulèvein^ntgé*
BÂral^^ontre loul c^ <|iie l'ou ««trou vf^^ jÇP . £c^^e. dç con-^
structions religieuses. Knox, qui se connoissoit en l'art de
9^nfte#^ avdit ci)i«Ltuiue de. dire % JMtmisfiz, Us n^df, le^ o^-
sUc^s'etLi^ùUronty et dociles i la voix d« ùiir ipaitre, l^
nouveaux religionnaires n'dpargnèi:ant rien pour lui témoi-
gner leur pcompie obéiô^aace. On. YJt crouler, .«n peu d«
mou lV)ttvrage de plusieurs 8fièçlesj.ctApellfiSs,JWQnwt^res,
églises ,- oathédralea ,, tout toniM sous ks coup^ d'uue po-
pulace aveugle,. et l'Ecosse^, peu auparavant teinte courQu-
fuîe de monumonst ne fut plus couverte, q«e 4a iruiui9^# .
La guerre civile étoit désormais ouvertement allutnée,
c4* chaque ^our et dit luanqué pour les catholiques par de
nouveaux outrages. L'ambitieuse Elisabeth continuoit de
souffler en Ecosse Iq feu de la dijcoi^e, et y envoya même
aux factieux des secours considérjj^bles d'^pmm^^S et d*ar-
gent. De son côté , François II, jaloux de maintenir la reli-
gion dans ce pays et d'y affermir le pouvoir de la régente,
C 179 )
«Toit fait défc^rqacf à L«kk, poirt Toisiu d^tiîmbourg , .
une aurihée ^iifâise , atec étàre à son ambastodeur'dé'fijLlifè
garofr a« pAiti qa'H ^pnis^roit toutes les rcniàvirtes de ^
couronvie plutôt que de Icfut pertftetire de triompher. Tottt
dépéfidoit à teue épôfpÊé de Tisfae dtt siège de Leith.
Attaquée pâfr les AtiglAi»^ cette ville fut long-temps vigou-*
reuMineut d4éfe&due pav les troupes françaises, et le sUccèi
de r#iitreprise étoit encore incertain , lorsqu'un dvènemétit
îfiattttnda détermina ces derniets à abandonner laplaée;
ce fat la mopftde la reiné-mère. C'est à proprement parler,
àû cett4(f aonét iS6o , qit'on peut duter la chat» de Ist religion
eathotique en Ecosse ; car la paix né fut pas plutôt conclue
notre les trot» puissances, que l'on convoqua à Edimbourg
utt parlement 5 dont les Hâtes dévoient faire loi , indépen^
datmmenii de Tautoritë de la nouvelle reine , et qui prosert-
voit par tout le royaume l'èxercieé du culte catholique,
ëtablisêant des peines contre tout réfraetaire , et punissant
de mort la troisième récidive.
Il A« restoit plûd aut (*ath<^ques d'espoir que dan^ Far-
fj^ée prochaine de Marie Stuart; mais cette iiïfortunée
priiMeise veuoil do voir commencer ses malheurs par la,
iiMMt revente da roi de France, son époux, et elle ne de-
voit n^ounier en Ecosse que pour y être trahie , calonmiét^'
et abreuvée d'outvages; ' La religion catholique continua
dtMM? de dépérir de jottr en jour, et bientôt elle s'éteignit
jtttrstjyf'entièreméal en ce pa^. Oa ir^a guère de détails sur
Véêàt de» catholiques- en Ecosse depuis la mort de Maigre
Stuart }fissquVn 166 r, année oà Vincent de Paul fit passeir
àei^ de «es missionnaires dans les îles Wes4emès. La ré-
foirme avoit pénétré dans ces îles, puisque le* clergé Catha-
ItqfUié en avoft ér^ chassé ; mai:» rebutés probablement par
le» privation^ continuelles auxquelles il fâiloit ^'assujétir,
las^prédkans à leur tour avoicnt abandonné ces pauvreir in-^
salaires , qui étoient tombés dans l'oubli de toute espèce de
religion, ign<^ant jusqu'à la nécessité du baptême. Tel
étoît Fétat de l'Ecosse réformée â ï'époque où Vincent de
Paul y envoya de ses prêtres. Pour y pénétrer alor^y il fal-*
loit autant de précautions que pour pénétrer au Jap«m ;
au«iiice3 pri»mMr$uiiasionnaires firent voÂle, de la ilollaudey
tfanDtttif ewpuirehaiids. Affi^ven £e<o^e^ ilsTtravaitlèrimc
pendant plusieurs années avec un zèle infatlgamè, et au m^
( i8o >
lieu de périls sana cesse renaissais , à rappeler .à Timité
ceux qui s'en éioient séparés, et partout les succès les plus
bhllans couronnèrent leurs efforts. Cependant Dieu a voit
fouryu à la continuation de son œuvre , en ménageant en
'rance des asiles assurés aux Jeunes élèves du sanctuaire ,
qu'il destinoit à ces missions^ Marie Stuart , captive depuis
douze ans dans les prisons d'Angleterre , n'avoit pu oublier,
les maux que souffroient pour.leur foi et pour elle ses sujets
catholiques. En 1579, elle avoit chargé l'archevêque de
Glasgow, son ambassadeur en France , de fonder â Paris ^
où elle-même avoit coulé de si heureuses années, un col--
lège pour les enfans des catholiques écossais qu'une pei^së-»
cuiion cruelle forçoit de fuir leur patrie C). Ce fut dans, ce^
collège , et dans un autre fondé plus tard à Paris par le même,
archevêque, que furent ensuite élevés, sous la protection,
spéciale des rois très-chrétiens , la plupart des missionuai*
res qui travaillèrent depuis à ranimer et à étendre la vraie,
foi en Ecosse (**).
La haine publique contre ceux qui professoient cette foi
s'accrut sensiblement en Ecosse vers le milieu du siècle
passé, à l'occasion de la tentative du dernier des Stuaits.
Tout étoit permis alors contre les amis du prétendant, sans
Sue les plus indignes outrages excitassent même l'attention,
es magistrats. En i 7'jq , on mit le feu à la chapelle d'Ëdim-.
bourg et à la maison de l'évêque, et l'on réduisit en cen-
dres ces deux bâtimens. L'évêque, contiaiat pour un temps
de s'éloigner de ses ouailles, ne revint au milieu d'elles,
que pour officier à un cinquième , dans une salle qui servit,
de retraite aux catholiques jusqu'en 181 3. Ce fut là que
Dieu daigna consoler dans leur humiliation les fidèles
d'Edimbourg , en conduisan'i. au pied de leur autel le mo-
narque qui règne aujourd'hui sur la France, et ses augus-
tes enfans. Ceux qui se rappeloient encore l'infortuné
fut chassé de France avec toas ses élèves.
. {**) Pendant plus de cent ans après la véforme, on 11e vit pas en Ecosse
un sevd évéque catholique. De dix vieaires apostoliques qu'on y compte
depuis y six ont reçu en France leur édacation ecdesiastique , y compris
M. réyéquc actuel d'Edimbourg^
( i8i )
Charles-Edouard aii^oicnt à se persuaderljU'jfls le revoyoîen't
de noureau dans la personne de ces princes, comnie lui
exilés de leur sol natal. Cependant le moment approclioit
où paroi tre professer la religion catholique ne devoit plus
en ËGoëse être un crime irrémissible. Au* spectacle des ver-
tus douces et aimables V»[u'on voyoit briller dans les Bour-
bons , on pardonna à la religion qui les avoit inspirées , on
eut bonté désormais de maltraiter ouvertement un catho-
lique.
JDeux autres circonstances ne contribuèrent pas peu, à
celte époque , à augmenter en Ecosse le nombre des fidèles.
Le soulèvement populaire qui eut lieu en Irlande en 1798,
et les atrocités exercées de toutes parts sur les catholiques
sous prétexte d'apaiser la révolte , en forcèrent une multi-
tude à déserter leur pays. Plusieurs milliers d'cntr^eux se
réfugièrent dans l'ouest de l'Ecosse, où s'établissoit alors
un nombre considérable de manufactures. Les pauvres
^Irlande, endurcis à la fatigue et faits à l'infortune, fu-
rent employés en foule dans ces nouvelles fabriques. Chaque
année, il arrivoit en Ecosse des colonies d'Irlandais, dont
la plupart se fixaient dans les environs de Glasgow. Plusieurs
milliers ont pénétré depuis jusqu'à Edimbourg, mais n'y
trouvant pas les ressources d'une ville manufacturière , ils
y languissent pour la plupart dans la dernière indigence.
Pour donner quelque idé^ des progrès de la religion en
£cosse depuis la fin du siècle dernier, il suffira de dire
qu'on y a bâti, depuis cette époque, plus de ti*ente églises
ou chapelles, et pour le moins autant d'écoles; c'est quelque
chose là où tout avoit été détruit. Dans beaucoup d'endroits,
on est réduit encore à la tnste nécessité de louor des salles
de francs-maçons pour y assembler les fidèles les jours de
dimanche. Le district d'Edimbourg , entr'autres , ne compte
€n tout que huit chapelles , quoiqu'ony ait à desservir plus
de 20 stations différentes C^). Depuis la fin du siècle dernier,
on possédoit en Ecosse deux petits collèges , dont l'un ap-
partenoit au district des Montagnes , et l'autre à celui des
Plaines ; mais l'augmentation rapide des catholiques en ce
(*) Ou nomme stations, en Ecosse , ce qu'on appelleroit en "France pa-
roisses, le nom et les droits de paroisse étant exclusiTement réservés aux
Ueux desservis par les ministres de h religion dominante*
( »83 )
£ayi&, et d'mtret raiaens graves, ayani p6rt« Se StdmAêié
éoKk XII à y eublir trot0 disiiicU au heu de denx , on a
réuni depuis eu une maison commune les deux collèges
qui existoient autrefois sepitrémeot» Cette maison est située
à ^ix miUea.d'Abcrdeen, et dépend pour la juridiction spi*
jituelle de Tévéqu^ d'Edimbourg, lin des motifs qui asug^
g^i'é ce nouvel arrangement a été la pénurie extrême de
sujets et de ressources , n'y aymt dans lonie TEcosee qae
5d ou 60 missionnaires, y compris les évéques, ni d'autre
provision pour le clergé que les aumônes des fidèles. Il se-
roit difficile de fixer d'une manière précise le nombre ae*
tuel des catholiques en Ecosse , mais on peut le porter sans
crainte d'exagération à 1 10,000 ou environ. Ces catholiques,
pour la plupart extrêmement pauvres , ne peuvent subvenir
au soutien des nombreux établissemens qu'il a été néces*
saire de fonder depuis quelques années, et qu'on n'a pa
entreprendi'e qu'à lorce d'emprunts. Plusieurs de ces ét»^
blissemens sont en conséquence écrasés de dettes» qui pa^
ralisent les efforts d'un clergé d'ailleurs sans i-evenus. A
Edimbourg surtout i €6 mal se fait sentir d'une manière
presque désespérante. Une dette de près de a3o,aoo francs
pèf$e actuellement sor la chapelle de cette ville et sur k
n^aison occupée par l'évêque et ses missiotinairea (^). A
l'exception drune seule éc'>le, qui renferme tout au plus
qi^atre ou cinq cenu eufans , on ne voit à l&àïaàionrg au-
cune institution religieuse, ni pour le soulagement des in-
digens, ni pour le soin des malades, ni pour l'instruction
des jeunes catholiques^ qui y languissent par milliers dans
le danger continuel de perdre leur foi.
C'est dans l'espérance de pouvoir apporter quelque rc*
inède à des maux si afiligeans pour son cœur, que M. U
vicaire apostolique d'Edimbourg vient de députer un de
ses missionnaires vers les catholiques de France, pour ias^
Slqrer d'eui^ u|ie légère partdauii les abondantes effusions
e Içur charité. Puissent les Français d'aujourd'hui ne pas
méconnoître comme supplians ceux qui, dans des temps
plus prospères , leur furent unis par les liens d'une si dbuce
fraternité, et qu'une heureuse conformité dç mceurs et
d'int^çls filment, sui^nommer autrefois les FrançaLt du Notd!
(*) La chapelle d'EUlmboarg ue tauroit contenir pki« li^ i,5oo {»er«onii«3,
et les fidèles dans celle ville sont, au nombre de iij,ooo.
( i«5 )
MUUVËIJUE8 KCCL.F«SI ASTIQUEE*
pÀHis. De|)ùis long^ temps il n^y atolt ^ôltit eu à P&Hl
9e c6n$écrati6h Solennelle d'église. Celte eéi*e'fnonie , tinfé
des plas longues dû pontifical^ aura Kett jeiidl pnochain,
potrf la hoavellc église de Bônhe-NbuVëlle. Elle tômmeti-^
ceiTà à sept heures du ihalin; M. rarchevêtiue d^fteierë. Léé
fidèles de la paroisse ont été invités à s'unîf au^t pnèi^es tfM
$e ferôht. Les plus grands préparatifs se fofitt dans t'éjglise
pour cette cérémonie.
, — > Les conférences de Saint-Etienne ont continué tous
les dimanches de carême. Celte du premier dimanche avoit
pour sujet la religion considérée comme le fondement né-
cessaire de la morale ; ce su^et a été divisé en deux parties.
Sans la |iremière , on a montré que , sans religion , nous
îl'âtiétis aucune règle pour diseerner le TÎce de la vertu, et
danjs la seconde , ^ue sans religion nous n'avions aucun mo-»
uf suffisant pour éviter le vice et pratiquer, la vertu. Là
«ojilérence du second dimanche étoit une instruction mp^
yale pour préparer au devoir pascal. Nous nous arrêterons
^_ _^ . , ., prouve
âe l»loi naturelle, d'abord par la raison, ensuite parThi»-
4oiré< Dans* le premier point, après avoir défini la loi na-
turelle et en avoir établi l'existence contre quelques écri«>
Vains tnoderues qui la relèguent au rang des chimères ^
il en a montré l'insuffisance par six. raisons principales. Là
4)remière est tirée des difficultés que jprésentent les ques-
rtioij^ élémentaires de la religion, difficultés qui ne pour-
voient être vaincues pdr la raison du déiste au'apfès de Ion-
guejf réchétthes^ qui r^ndrdiefit le déisnte la plus inaccet^
sible et la olus impraticable de toutes les religions. La se-
conde est tirée delà foiblessé de la raison, qui rendroit'Ie
déifliné la plus obscure et la plus ii;icertaine de toutes les
vdillgiefiis. La troisième, des obstacles que présenteroient
aux reckerches du déiste ses préjugés et *es pasiions et titf es
( '84 )
des hommes dont il est entouré. La quatrième , de Timpos-
sîbilité où seroit la multitude de faire les recherches; d'où
il résulte qu'il lui faut une religion de faits , une religion
révélée , ou il ne s'agisse iwur elle cfue de savoir si Dieu a
Sarlé et quelle est sa parole. La cinquième raison est dé-
uitc de la nature de certaines vérités religieuses qui dé-
^^^ , pénitence, ___
site et de l'opposition des doctrines oui ne sont fondées que
sur lit raison humaine; si la religion n avoit pas d'autre base,
les mêmes croyances seroient adoptées et rejetées, respec*
lées et méprisées, et dès que, parmi les hommes, les un&
auroient le droit d'insulter à l'objet de la vénération des
autres , il n'y auroit plus rien de sacré sur la terre , il n'y
auroit plus de religion 2
a Qwe le philosophe de Genève prétende qu'»7 08i MrtoMfe qttiifaUXa urne
autre religion que ta reHgwmnatnrelleetquyUn'en sauroitvairlanécestHéi^
cette nécetsUé vésult» de la nécessité même d'une religion qai , au moins
pour le plus grand nombre, ne peut exister sans révélation. Quei estj,
ajoute- t-ïï, le dogme utile à l'homme ou Honorable à son auteur, que Poii tire
d'une relioion positive, et que je ne puisse tirer sans elle du bon usage de me»
guels docmes? tous ceux que le christianisme a ajoutés à la philosophie de
>crate,dcPlaloB, dcCicéronetdeMntd*aatre«. • ' '•
^ » Demandez-nous encore, éloquent apàtre du naturalisme, quelle vertu
Ton fera naître d'un cv'te rérilê, qui ne soit la conséquence du vitre» Quelle
vertu ? tontes celles qui ont renouvelé la face du monde depois rapparitioB
dn Messie. Les vertus, dites -vous, sont la conséquence de vos- principe»;
comment se fait-il qu'il ait fallu tant de siècles pour les y apercevoir et les
en faire sortir? Au moins faudra- t~il avouer que la révélation étoit néces-
saire pour nous faire comprendre la loi naturelle.
» Dieu n'a-i-ilpas tout dit à nos yeux, à notre conscience, à notre juge^
ment? Non , il u^a pas tout dit, et sans doute il doit rester encore dans ses
inépuisables trésors des vérités que l'oeil de l'homme n'a point vues, que
son oreille n'a point entendues , et dont le sentiment ne sauioit s'élever dam
son coeur. Non , il n'a |)as tout dit ; nous n'aurions pu porter à la fois toutes
,les merveilles divines , il ne pou voit renfermer Tinonî dans un esprit borné.
Non , il n'a pas tout dit , et dans sa sagesse profonde , il a dicté ses préceptes
avec mesure à divers intervalles , les assortissaot aux t>e8(Hns BUCces8iTemen>t
développes du genre humain, et distribuant* ainsi dans u|p ordre temporel
•.pes éternels desseins. Non , il n'a pas tout dit, et môme ce qu'il avoit dit à
notre premier père, pour être transmis à ses cnfans, le péché ori|^inet Ta-
( i85 )
Toit effiKïé ou obscurci , et ce mattiieur, qtil n'accQse pas la sagesse divioe ;
ttiais l^abas de ses dons , exigcoit la révélation coimne une seconde création ?
. » Qu'est - ce que les hommes nous diront de plvca , ajquiCK-Tous enfin ?
Bien • sans doute -y aussi ne sont-ce pas les hommes que nous voulons inter-
roger sur Dieu , c'est de Dieu même que nous implorons des lumières. Je
suis d^accord avec vous quand vous dites que les rêvé fatums des hommes nf
font ^ve dégrader Dieu en lui prêtant lettre passions j que loin d'éclairaiti les
notions du grand itre, leurs dogmes pariiqutiers les embrouillent; que loiude
les anoblir, ifs les avilissent; qu'auo: mystères inconcevables qui l'environ-
nent, ils ajoutent des contradictions absurdes. J'admets tout cela, et c'est
parce que les révélations humaines sont si défectueuses e*. si dàngereuies ,
qu'une révélation divine étoit nécessaire. Vos objectiohë se tournent pour
moi en preuve»..* 3>
. * , i •
: Bans le seconil points Torateur a prouvé l'insuf&sance de
la loi naturelle par l'htstoire. Il y a toujours eu une reli-
gion révélée 9 la religion des patriarches, étoit une religion
révélée. Il y a plus, il n'y a eu que des religions révélées',
c'est-à-dire , appuyées sur des révélations vraies ou fausses.
Lé naturalisme n'a- été professé nulle part. On peut juger
de l'insuffisance de la lumière naturelle pour régler la reli-
gion, par l'état des peuples qui avoient oid)lié la révélat3K»'n
primitive. Ici l'orateur a tracé le tableau *des superstitions
ridicules ou honteuses du paganisme. La philosophie étoit
impuissante pour réformer le genre humain ; les philoâo-
. phes n'avôient ni assez dé zèle , ni as&ez d'autorité. Aussi ,
désespérant de la vérité, ils se contentoient de rire en paiw
ticulier de ce qu'ils respeetoient en public; ils alloient jus-
qu'à dire qu'en religion il étoit utile de tromper les peu-
ples. Enfin Socrate émettoit le vœu qu'il arrivât du ciel
quelc^tt'un qui apprît aux hommes leurs devoirs envers, la
diviiiité et envers leurs semblables.
•. _ M. l'abbé de Maccarthy prêche la station du carême à
Toulouse. Il ne devoit d'abord donner que trois sermons
par semaine; mais il a annoncé qu'il feroit un eflort pour
se rendre plus utile à une ville qui lui est chère à tant de
titres. Il prêche donc quatre fois par semaine. Le vendredi
est consacré à dés instructions familières , où l'orateur se
propose de répondre aux principales objections de l'incré-
aulité. Il a invité particulièrement les hommes à y assister.
L'affluence qui s'est portée aux premiers discours montre
que cette invitation n étoit pas nécessaire ; beaucoup d'hdn%-
mes et même de jeunes gen^ entouroient 4a chaire. Tous
( I«0 )
ccUKqtti ont le a«iiiiuii?iit du L««u ci du bau veul^at en-^
tendre des difcours si solides, ^ persnasifs, si fort^ltiént
écrits. M. le cardinal dé Cleriiiofit^Toiinerre ^ prèsf de des-
cendre dans la tombe, se fëlîcitoit de ce qne l'ofatear lé
plus éloquent de son siècle seroit encore entendu dans la
cathédrale de Toulouse, et |»terroit y fortifier la foi des
uns et y dissiper les prétentions des «utreSi Le mercredi
des cendres , m. Tabbé de Maccartby fit , en commençant
soi^ discours , un magnifique éloge de ^illustre archevêque ;
nous regrettons Tivement de ne pouvoir reproduire ici ce
beau morceau , où Ton retrouve Tame encore pins que le
talent de ce grand orateur. Les commencemens de sa star»
tion ont été marqués par un Mcident qui à fait une grande
sensation k Toulouse. Dans son sermoa du 31 mars , il an«»
WKùnc^ à la fin qu'il avoit reçu une letti*e an^tayme remplie
d'injures; on lui reprochoit des Vues intéressées, tandis
qu'il eét notoire que le vertueux orateur est au-^ dessus de
tout soupçon à Cet égard* Un murmure qui se fit entendre
^ns tbvt l'auditoire montra combien on étoît Sensible à
Finsulte faite à un homme si vertueux* Heureusement que
cette insulte a été suivie d'une prompte réparation. Avant
de commencer son discours du vendredi 5 ^ M. de Maoear-^
tby annonça qu'il atoit en le matin même denx cousol»*-
tions. Un grand nombre de jeunes gens de l'école de droit
Aê Toulouse lui avoient adressé une lettre rempUe des
meineurs sentimcns, et où ils protestofent contre la sup*
position qu'aucun d'eux pût être l'auteur de la lettrb ahcH>
nynie. Le modeste orateur n'a point lu la lettre , mais le
Mémorial dé Toulouse l'a publiée, et elle fait honneur an
bon esprit et à la loyauté des jeunes gens. Mais ce qui émut
surtout l'anditoirè, c'est que M. l'abbé de Maccartby. an-
npuçia que l'anonynae lui-même lui avoit écrit pour avouer
sa faute, exprimer son repentir et se nommer. S'il mefaà
la grâee de tfénir chez moi, ajouta l'orateur, j'éproiwerai le
Îlaisir de lui proui^er en l'eftibrassant que foi tout ouJflié,
«'auditoire manifesta sa joie d'une si heureuse conclusion
d'un événement qui avoit affligé tous les bons esprits.
L'orateur commeuça ensuite son discours, qui étoît sur là
folie de l'incrédulité. Un immense auditoire étoit réuni dans
^.métropole. Les principales autorités de la ville, des per-
sonnes de distinction, un. grand nombre de jeunes gens et
( i«7 )
ûtB Mililàires étoient pf ésens à ce discoUrH , ddstilië seulé-
metii aux'^liommes.
-— M. l'évêque de Fréjus ayant à annoncer pour la pre-t
jmière fois à son diocèse le jeûne du carême, monlre la
nécessité de la pénitence et la sagesse de TEgUse dans la
loi qu'elle nous impose. Il invite les fidèles à joindre au
jeûne la prière et l'aumône , afin de s'élever de plus eu
plus au-dessus des choses de la terre et de se former aux
vertus- chrétiennes :
<x Cai atanlaigqs ne 4ont pas aans doute ceux ne le inonde préconiae. Il
fie Txinte que $es araoseinens et ses plaisirs , et peu occupé de l'avenir sur
lequel îl aime à s'étourdîr, il Dépense et n'engage a penser qu'au présent.
MaU esl~ce lemoiideque nous devons écouter, ou Jésus- Chnsi qui a ana^
ihétnatisé le monde? Est -cfe le monde que notts devons imiter, ou Jésn9^
Christ qui nons donne.des exemples si contrairf» à ceux dont nOul somme»
les témoins dans le monde 7 Ah \a* T. C. F. , si vous ne vous sentez pas le
courage de porter toujours, comme le crand apôtre, la mortification de J.-C,
dans vos corp^/ portez - la du moins dans le temps oii FEglise vous en fait
OU devoir tigoureuz , pour vous fkire acquérir quoique ressemblance unit
im. .
. s Kicore moins troUTerez-vous le langage que nods vous tenoits dnu ces
livftt aiisat antisoeiauz qu'antiehrétiens, qn*oti se plaît à répandre arec tant
de profusion ^ jusque dans le» campaf^oes les plus reculées , |H>ur y porter \b^
corruption. Leurs auteurs pourroient-ils vous prêcher le jevine, la pénir
tencc, la destruction de vos vices, la résistance à vos passions, Foljéissanfe
à VE^lwi, Vîmitalion de Jésus-Christ , eux qui , au contraire*, ne trouvent
se souvent rien que de juste et i^ légitime dans les passions qui lious agt-
tenf ,, rien que de naturel dansMes vices auxquels nous sommes sujets, nés
que de superstitieux dans les pratiques de l^lise , et <^Mi, peu coolens de
s^élever contre cette tendre mère, comme contre une marâtre qui ne veut que
domi n6r fiâr ses enfans ,. refusent à Jésus - Christ ist divinité , à Diéii même
plus qued'une fois son existence?
D Mais est-ce à ces sources empoisonnées que les souverains pontifes , vos
pires connue les n6tveB , vous renvoient pour y pniser les connois&ihCes qui
vous sont nécessaires et les sentimens qui doivent vous distinguer? Est-ce à
elles que vous invitent vos premiers pasteurs, que l'esprit saint a établis
pour vous gouverner et vous faire distinguer ce qui peot vous être utile
d'avec ce qui peot vons nuire ? Est-ce auprès d'elles que vous font désaltérer
lespasleurs et tes prêtres qu*îls envoient pour diriger vos pas? Ah ! N.T. CF.,
ou ne ponvoit croire encore jusqu'où nous conJiiiroit la fausse doctriiiè de
la pUifusophie du jour^ et d^à l'immortel Pie VI la signaloit comme «fi#
gangrène quigdtoit toujours plus ce qui étoii sain, et comme pouvant pro-
duire les effets les plus pernicieux , et aujourd'hui son digne successeur nous
recommande de vous détourner avec le plus grand soin de tous les ouvrages
qui k renfermeutr Les premiers pasteui's, fidèles à ces avis si importam
pour la religion et pour u société , élircnl tous leurs vokx pour vous les
( ««8 )
foiHB oonnvllre et vou« «n éloigner. Tous ceux ciu*ils envoîent vers vous ré-
pètent ce qu'Us ont appris d'eux , et ils ne né{;iigcnt rien pour vous cnga-
{;tfr à les suivre. Les honimes même qui , iifdiiTérens pour la religion , ne
e sont pas cependant pour leurs propres iHtéréts , et pour ceux du pays
qu'ils habitent, vous diront comme nousu-si vous les consultez, qae les
miuîmes dont ces ouvrages sont remplU-$i amené tous les! malheurs , et
que les mêmes causes devant produire lés -mêmes effets, elles ne sont pro~
près qu'à attirer de noureuujL fléaux sur nos têtes coupables , et à nous faire
répandre encore des larmes plus amères peut-être que celles que nous avons
répandues. »
-~* Le jubilé de 1826 avoif été pour la paroisse catholiaue
de Genève une époque d'édification publique. Les bénéaic-
tions que le ciel répandit alors sur cette église furent le
fruit du zèle et de la charité de M. Tabbé de Maçcarthy,
qui prêcha toute la station du mois de décembre. Le der-
nier jubilé accordé par le Pape régnant n*a pas produit des
impressions moins salutaires; il ne fut ouvert que le di-
manche 24 janvier. Les moyens d'instruction et de sancti-
fication ont été prodigués aux fidèles. ]VL le curé avoit ap-
pelé trois missionnaires d'une société respectable, les Pères
Ferrand, Witsz et Philippon, les deux premiers de k
maison d'Avignon , et le dernier de celle de Fribourg. Il y
«voit chaque jour trois discours , à six heures du matin , à
onze heures et à six heures du soir. Le premier étoit parti-
culièrement destiné à la classe ouvrière et aux domestiques,
le second aux enfans qui n'avoient pas encore fait leur pre-
mière communion, et le troisième au reste des fidèles.
Malgré la rigueur du froid , les instructions ont été suivies
avec empressement. La prédication du soir, précédée d'un
examen de conscience , attiroit une telle afiluence , qu'on
regrettoit que l'église fiit si petite. Elle peut à peine con-
tenir i,3oo personnes, et la population catholique excède
5,000 âmes. Sept prêtres entencioient les confessions , et le
nombre des fidèles qui se pressoient autour des tribunaux
$acrés prouvôit que la parole de Dieu n'étoit point tombée
sur une terre stérile. Le zèle et la charité des missionnaires
ont laissé d'honorables souvenirs à Genève. M. le curé,
Ïour préparer ses paroissiens à recueillir les fruits du ju-
ilé, avoit fait imprimer des Instructions et prières; cet
opuscule, adapté aux besoins spirituels des catholiques de
Genève, rcpondoit parfaitement à son titre. On y avoit
foiiit des Exercices sur les sacremens de pénitence et d'eitcha-'
( »89)
ristie, avec des textes de rEcriture et des passages des Pères
siir l^institution divine de ces deUx sacireihens. Les exerci-
ces qui avoient eu 'lieu pendant les quinze jours du jubil^
ont été continués la semaine suivante et terminés le di^
manche i4 février par une première coinniunion, qui sera
suivie d'une seconde y fixée au dimanche de Queufimodo, Les
fidèles des autres pays verront peut-être avec intérêt ces
preuves de la miséricorde divine, en faveur d'une é{{lise
Î pauvre et naissante qui a tant de titres à leur bienveiU
ance.
NOUVELLES POLITIQUES.
»,
' Pahis. Le comité ^directeur se propose, dit-on , de consacrer pair une
niQdaille la gloire des 220 députes ani ont voté la respectueuse adresse.
Tant mieux , vraiment , pour ceux qui ne l'ont pas votée , puisque la mé-
daille nous les fera connoitre indirectement, en leur refusant sa mention
honorable. Do reste, nous aurons encore un autre moyen de savoir leurs
noms : de tous côtés on ouvre déjà des souscriptions pour régaler les 220 hé-
ros qui viennent de sauver la patrie ; nous verrons Lien qui sera et ne sera
pas convié à ces banquets patriotiques; qui portera des toasts , dans les ca-
barets, aux libertés publiques et aux associations bretonnes; enfin, qui
sera recherché , suivi et fêté par les forçats libérés. Ainsi , nous.autxuis la
médaille et les banquets pour nous révéler le ^ecret des votes qui ont pro^
tégé ou repoussé Vadresse ; ce que nous ne trouvons pas du tout malheu-
reux pour les députés royalistes.
' -*- Il faut qu'il y ait bien de la différence , aux yeux de nos écrivains ren-
voi ulîonnairea, entre la royauté constitutionnelle et la. royauté proprement
dite; car si, en parlant d'elle, vous oubliez malheureusement 1 inséparable
épithète qu'ils ont attachée à son nom, vous les ferez entrer en fureur; ils
tprront là une nrrière^pensée de gouvernement absolu , un langage renou-
velé des serfs du treizième siècle. Avi$ez-vous , pour voir, de mettre le Rot
très-chrétien à la place du roi constitutionnel , vous entendrez un beau
tapage , vraiment , et ils vous apprendront à parler : entre ces deux roîs-là,
il y a ponr eux la différence du jour à fa nuit , de la liberté a l'esclavage,
du budget au refus de l'impôt. Kemarqucz avec quel soin et quelle ponc-
tualité ils von5 rappellent à Tordre quiconque néglige leur root sacra-
mentel. Demandez au côté droit de la chambre des députés comment son
cri de vive le RM! tout court a été accueilli ces jours passés.
. «— Le Roi a donné une somme de 5oo fr. pour les pauvres de la commune
de Saint-Projet (Charente). ' • '
• i— Leiftoi a envoyé à M. le maire de la ville de Graçay (Cher) j la
somme de 400 fr. pour le soulagement des pauvres de la commune.
— S. M. a donné, pour les pauvres de laviHe de Mayenne, un secourt
de 6po fr. Avec cette somme, quatre mille livres de pain leur ont été dis^
tribués. *'
( igo )
— Sur U (lenuMMfe de M. André, dvputé de la Loière, le Bol a datîgn*
accorder aux pauvres de ce département un aecours de 5oofr.,, M. le Dau-
phin 1 ,000 fr. et M. le ducd*Orlcans 300 fr. S. M. avoit déjà fait remettre
.1,000 fr. à M. le préfet de la Lozère poor la daaae indigente de la TiUe de
Mende.
— On n*avoit pas tu ilepuis loog-tempe aux Tuileries mie féammi •mnk
nombreuse que cale i|i/on y remarquoit dimanche matin : lesdousemairesy
les membres du conseil municipal et les divers états-majors ê^j étoient rciv-
dus comme aux jours de grandes solennités ; une foule mimense se pre^soit
dans lei salons du château , iSodépatés de la droite et «ki centre diroît aeni^
bbieola'y être donné wméurywm. On a icnxirqué «fin te Roi adreasolt dm
paroles de bonté aux députés qui ont parlé contre Tadrefise, et notammaM
a MM. de TEpine, de Connj et Berryer.
— M. le comte de Bourmont, miniiitre de la guerre , est nommé par le
Roi commandant en chef de l'expéditiun d'Alger. On dit toujours que M. le
vice-amiral Duperré commandera les forces de mer, et que M. le contre- -
amiral Mallet en sera le major- général.
—Deux bâtons de marécbal de France sont Tacan* pw U nMvt de MM; le
Prince de Hobenlobe et le marquis de Gouvion^Saint-Cf r. On croit que
un sera donné nu commandant en chef de reapédition a Alger, et Vmin
k Tamiral chargé du corainandement maritime.
. — Le cabinet français a fait coooottre aux gouvememeuni étrangers non^
seulement que le blocus d* Alger continuoit , mais qu'il éloit étendu mu.
ports d'Oran t Booe et Bugie.
-- MM. les barons Charrette de La Contrîe , Dufbure d'Anlitï , de Cala-
ina^virade et de l'Etang, ticiUenanv* colonels ^ sont nommés colonels des
quatiriéroe, cinquième et sixième région^n^de quirassiefs et du sixième ré-
giment do chasse\irs.
. -^ Lefi ren t e» 91a haussé chaque ym depiiie celui ctè le Roi répondit «vee
tant de dignité à ra<lresso de la majorité de la chambra de§dép|Utés.
^. --:.Ou assure que la lettre d'adieiMi de M* Dooiitieti de j^maisest ,. qa'on
n-'a lue qu'è la d^nière aMeaciblée de la chambre des dépuiés , j était parr^^
iMieauloze jours aupaxavant. C'est encorelÀune petite mMKSttvrequiairait
ICO bpt,
. --^M.UibbeydePommère»de¥vitpffmoiKorcfrUindieceiifs««qinHMit
le ÊmtcuiU Ifi c^té gau«.be, qui ecaignok 9U>i)9,qu'oa eaprimàl ln>pnaïve>*
fnemt se^ intentions , a fait ce ^u'il ;» p» pour aeipécher ce discou«a, el c'est
même* dU-^on ,. ce qui a portQ M, itover-CoUaKl è remetUe au lendenain
son installation. M* LailwY deFoinpieces , qui teiioit taiit àceque ses peu*
sées Aisseni connues , vû^iu de meiUe ce discours, VBaimeftt leowiqiiahlê,
dans le dmàtiMiotmel du ^S, c'est-à-dire, le temAenain de la rteMeeda
PaÎ eu le jour que les chambces ont coimu la résolutiou de S. M.
— M . Koyer^CoUurd , qui demeure pràiideiit de It^ chambre de»dép«tés,
Ya^ s'installer, cette semaine , au neuve) hètel de la Peésâdence, obeeVen-
clAme.
— X^liouwwl intitelé Ar T9mp$ s'eit plM à wiiv>iieersi sas letteitrsque
M . Paj^ de BeaoUen ,. donit le» sentimens actuels fiffliuml beencou» las lih^
»aiux r avoit oh cnu l'emplei^^'on a retiré à M. I^nation de SMmeisons.
Qt honorable di'puté a écrit an gérant de cette fi^niUe vévoliitiofimwpi^ui
démentir cette assertion.
' ' — te senrice solennel que la chaïubré des pAts a , sar la propuHîon de
M. le comte de Marcellus , arrêté de faire' câébrer pour le repos de Tamë
de feu M. le chancelier d'Ambray, aura lieu aujourd'hui ^4» a Saint- SuU
pice. M. l'archevêque de Paris omciera pontîficalement.
— Feu M. le comte Curinl jouissoit , à la chambre des pairs , d'nne peu-*
sion de i5,ooo fr. ; son fils, qui lui succède à la pairie, ayant établi qu'il
ne possédoit qu'une fortune dont le revenu ne s élève pas à 3o>ooo fr. dé
rente,, vient d'obtenir qu'une pension de 10,000 fr. lui seroit continuée.
— 'Nous avions» annoncé, d'après quelques journaux , que rartillerle du
dey d'Alger étoit commandée par un ofEcier qui avoit suivi Bnonaparte à
riie d'Slbe , ci qui avoit été condamné par contumace dans un procès poli-
tique. M. Rabul, chef cFescadron au 7^ régiment de dragons, a écrit que
l'officier qu'on a voulu désigner et qui est son frère, est en ce moment A
Cruàtimafa , et qu'il n'a jamais donné Keu à aucune poursuite.
— L'académie des inscriptions et bel les- lettres a nommé à la place va-
cante dans son sebi , par le décès de M. Gosselin , M. Van Praët, conaerva-
ieur et administrateur de la bibliothèque du Roi.
— Dans son audience de jeudi dernier, la cour royale a confirmé le ju-
gement de première instance qui a condamné l'iir primeur Guiraudet à
2,000 fr. d'amende, pour avoir imprimé une pièce de vers intitulée Etren"
nês tfua wtemlmMt è if. Mangin, eldonl routeur a été condamné à on nïois
de piiaop et 100 fr. d amendf , comipe coopable d'sNJlrAji^es envers M. ié
préfet de polioG dans ses fonctions. Le prévenu, qui étoit. défendu par It
sieUT Cb^ Liieas , prés«ntoil auvtout r4»cusc de bonne foi. M. Seguier lui a
dit que pe prétei^tc n'étd*t pns rec8?able , altea4fu qiril ki^st aucun impri-
meur qmi n'pit asseft de sens et d'instruotion pour juger la portée d'un tel
écrit. L'avocat Duplan, qui vouloit déposer dans cette affaire y s'est fait
rappeler à Tordre pas M. Je ptcsident , en insistant pour se placer sur le
banc des i^vecata, r^oiqo'il ne fat point en robe et qu^il ne «a présentai que
tomme tcnioin.
, ^ I^esicnr Doboîs, ^rantdu Qhbe^ » comparu, fendredi dernier, d^
vant lo Irîbuttal oorrectipnœl , pour son avtidc |>rovoquant au ekan^meqt
de dyiiastie. M. l'aveoat dU Hoi Levava^emr a prononcé son requiâitoiro |
le sioixr Duboia a la ensuite quelques «jbscrvjitions poor se jastificr. La
eatipe » été remise à biniaine» pour eittàndro le plaidoyer dp sieur RcnouarcI,
aoft usuiHevr*
<- L'affaire de M. Durand, imprimewr, i Chartres, qui réclame contre
la sentence ^ui l'oblige à imprimer 4? ÙlamÊmr^é^Eurë*«t*^ijoér, a ététeprise
samnli deroier^ la cour royale^ U. Raetlie, avocat «le ce joaniai, a sott^
tenu que toute industrie privilé^it^e devoit élre à ki disposition dé eclisi qui
le requiert. M« Uennequ<n a répliqué pour M'. Dufemd, ^ae dès lors que la
loi n a dit^iiullc part que les imprimeurs étoient tenus depréter 'leurs pres-
ses , ils étoient libres de les vefi^v^ La cause a été» reteise à kotteine pour
e^leiidk« M. ravooat^aén^ri^ Bfiyeex.
— Le comité libéral de Marseille, qui £ût lui-«rilme partie de 1» société
Aide-toi le ciel t'aidera, avcit donné mille ccus pour payer l'amende et les
frais du procès correctionnel du Nouveau Phocéen, ijes mille écus ont été
emMvtétpoiif le» fr»H de VMyagc de l'éditeur, qui est en fuite, et Timpri -
méur, abandonne par le comité', qui n^i plus besoiiT de lui, est obligé
comme solidaire de payer Vamemle.
( »9a )
*— Lm armeiDCiu lODt pouiséa avec la plut grande activité dans les porta
niilifaîres. A Brest teulement , on prépare pour Alger 5 vaisieaux , 5 mgft»
les , 3 brickf et plusieurs autres Làtimens.
— Quatre incendies ont eu lieu le 17, à Bordeaux , pendant la même nuit.
Us ont eu les plus fâcheux résultats , et trois personnes ont été brùiéea.
— Des débats assez animés ont eu lieu , la semaine dernière , daus les
deux chambrea d'Angleterre, au sujet ii*s l'état de détresse du pays et de la
misère de la classe populaire. La motion présentée à cet effet dans la cham-
bre des lords par le que de Richeroont a été combattue par le miniatère,
et rejet ée par une majorité de 141 contre 81.
— M. O'Connel a fait une motion pour que les votes eussent lieu désoiv
mais, aux chambres d'Andeterre, par scrutm secret, cOmme em France. A
la première lecture , son bul a passé à la chambre des communes.
— Le roi de Bavière est parti de Munich le i5 mars , pour faire un nou-
veau voyage dans lltalie.
AU EÉDACTEUB.
Momteur, J*ai lu dans votre numéro du 3 février, une notice sur M*"* la
duchesse de Bourbon, C|ù vous dites que, d'après dos témoignages qui méri-
tent toute confiance , les jugemens et les dispositions de cette princesse n'a-
voient pas chance dans les derniers lumps de sa vie. J'aime à me persuader
cependant qu'elle n'avoit pas conservé jusqu'à la fin les opinions qu'on loi
reproche. Voici ce qu'une personne d'une grande piété, et qui tenoit de
très-près à la princesse , m'ecrivoit le lendemain de sa mort. Après m'avoir
raconté les circonstances de l'événement , elle ajouloit :
' a Je voua demande, Monsieur, et avec instance j, vos prières pour elle,
quoique j'aie confiance que Dieu loi a fait miséricorde. Je dois vous dire
que. depuis du temps, ses idées répréheiuibles s'étoient fort affaiblies,
qu'elle liaoit et prioit dans les meilfeurs livres, qu'elle étoit assidue à sa
paroisse et qu'elle faisoit beaucoup d'aumônes. Elfe est morte dans un mo-
ment où elle édifioit 3 à 4>ooo pci^nnes présentes k Sainte -Geneviève.
J'aime è croire que cette grande sainte lui aura obtenu la faveur de pa-
rottre au jugement de Dieu dans un moment où peut-être sa foi étoit plut
vive. Ckii , je lé crois , et j'en bénis le Seigneur, v
Peut- être trouverez -vous bon de publier ce document qui laisse des
idées plus consolantes sur les dernières dispositions d'une princesse <lont le
cœur étoit d'ailleurs excellent.
Votre très-humble serviteur, p. T. D. D,
B. , i3 février.
Nous insérons cette lettre qui nous vient d'une autorité fort respectable,
nous laissons au lecteur à décider si les motife présentés ici infirment ce que
nous avons dit dans notre article.
J^y Qi^ib, 3î>rtrn Ce Clerc-
Samedi 27 mars i83o. (JN' i63i,)
Cotîectio selecta SS. Ecclesiœ Patrum, Tom. XIV à XVII (ij. ^/[ ' ' . ; ^^
'. ■ .. ' ■ • >
Le tome XIV de cette Collection est consacre' à sa|nlf 'h
Cypiien , un des plus illustres Pères de l'Eglise. Tiuisciil^'i^ ^ ,'
Cecilius-Cypriauus étoit né à Carthage et professa la rhe't3^.. . , ^y^^
rique dans sa patrie ; il étoit déjà avancé en âge lorsqu'il " * '^
abandonna les superstitions du paganisme. On croit qu'il
fut baptisé vers l an 246. Sa vie fut si digne de la grâce
qu'il avoit reçue, et sa réputation de vertu si bien établie,'
que quoiqu'il ne fût encore que néophyte , le peuple de-
manda qu'on l'élevât au sacerdoce. Au bout d'un an , l'é-
véque de Gaithâge étant mort , il fut élu pour le remplacer
vers 24^. Il se cacha pendant la persécution de Dèce, mais
il n'oublia point le soin de son troupeau et lui écrivit pour
le diriger et le soutenir. Avrêté pendant la persécution de
Valérien, il souffrit la mort avec courage le i4 septembre
^58. Son savoir, son zèle et son éloquence lui ont donné
une grande autorité dans l'Ëglise. Ses éérits sont nombreux ,
surtout relativement à l'intervalle de temps où il les com-
posa. Les éditions les plus estimées sont celles de Fell,
évêque anglican d'Oxford , et de dom Maran , Bénédictin
de Saînt-Maur; celle-ci parut à Paris en 1726, Plusieurs
ouvrages du saint docteur ont été traduits en français;
Lombert les à traduits tous en un seul volume in-4''-
La nouvelle . édition renferme les lettres du saint, au ^
nombre de 83 ou même 86, en y ajoutant trois qui se
trouvent dans quelques anciens livres; onze opuscules,
savoir, le Livre ae kt Conduite des vierges y de ceux qui sont
tombés {de lapsisjy de V Unité de V Eglise, de T Oraison domini'
cale, le Livre à Démétrien, de la p^anité des idoles, de la Mor^-
talité, de V Aumône et des bonnes œupres, du Bien de la par'
tience, de la Jalousie et de r Envie, l'Exhortation au martyre;
(i)Iii-8°, pi'îX) 7 ^* le 'volume. A Piivris, cliez Méquignon-Havard ,
et au bureaude cejoumaL .
Tome LXIIL L'Ami de la Religion et. du Roi. N
( 194)
enfin le livre des Témoignages, aui est un recueil de pas-
sages de Vàneien Tesiémtnt retaliu à J.-C. età sOo l^i»e>
sauf le troisième Livre , qui est un recueil de préceptes de
morales Les éditeurs ont ajouté le Livre des Sfecttxécles et
celui de l'Eloge du martyre, quoiqu'on ne les croie pas de
saint Gyprien. Le volume est terminé par des notes criti-
«ues et par uae table des matièresi. u notice aiur i^nt
Gyprîen au co«Mneacenfie9t di^ iiotume esc a^ez ^«arte )
ceux qui voudront eoonohre davantage sa vie pourioAl li^re
son article dans le toine Yill des Fks dea Pères ^ par AJUban
Btulei-» ou uiieum encore la Vie qui 9e trouve dan« ré4itioR
de dom Maran. EUe offre des choses intéiressan^es sur I09
vertus du samt éveque et s«r les conAroveraes où il fu^ eo-
Le tome XY embrasse les écrits de plufieuira dainta d^or
leurs et écrivains du temps , de saint Denis d'Ale^ndnQ ,
de aaini Otégoire Thaumaturge , de saiai Archelaas, d'Aw-^
nobe y de saint Pampbile. Saint Denis , évêque d'AlfQxaniibric,
qui mourut l'an de J«-G. a64 on 266, avoit Composé plu-
sieurs écrits qui ne sont point parvenus jusqu'à np«s;.ilii#
nous eu reste que des fca^pœens qui ont été cmiservés par
Etisèbe , par saint Athanase et saint Basile , et dçs lettres
qui se ti*ouvent dan9 Y Histoire eeclésiastique d'£u9èbe. 11 y
en à ici quatorze , qui roulent principalenieot sur I4 pet^
cution de Dèce et su^ les bérésies du tcmp». A)^rès les W^
très, on trouve quelques fragmeos d'un traijté cj^s Promesses
centre les erreurs d'un évêque égyptien , nommé Nepos. Il
n'y a point d'édition des ceuvies ^«aintDenis d'Alei^andri^.
Grégoire , surnommé TbaumAtur&e , à icause de ses mira-
elesy étoit né à Néocesarée, daoïs 1^ Pont, et fut u4 des
disciples d*Oriaonç, qu'il célébra par un beau discours. Il
devint évèque de ^éoeésaréè, et y convertit un grand nom-^
bre d'infidèles. Il mourut , à ce qu'on croit , Vers :27o< G<
qui reste de loi eat son Expo^ittorCde h fài ^Ur la Trinité ,
qu'on dit lui avoir été révélée par saint Jean; son Bptt^
^tmanique, qui tient un rang distinguo parun les c^noi^^
péiiitentiaux de la- primitive Eglise; sa Paraphrase surl'Ec-
dàmoHe^t $op disûours.iiuf Qrigène*i qui est r^ardé qomnnc
un beau monument de l'antiquité. Ces «uvrages ont été
traduits du crée par Vossius.
Saint Archelaus, évêque de Gascar, en Mésopotamie,
( 195 )
n',f^i coniiM qu^ ft^v sa dispute avec Maaè^, ^ont il a la^sç^
Iç^ rec'U en sjri^aquje. Ce i:écit à été tr^luit en flreç , puis du.
frec èÀ, ^tiii, Qi^ cro.i^ qu'Aixhelaus yivoi^ ^0|U3 Temp^rçur
*rppus[, çt quç.sa 4i3pute eut lieu vçrs 1^57, Les actes de.
cette dispute sont açcpmpagués de quelques Içttre^,
Arno.be,9 pé à Sicc^, en Afrique;, et professeur 4e rhéto-
rique eu Nui^iidie^, se converti^ au christianisme, et cpm-'
pps^ jDÔÙr prouver s^ conversion Sej^t Liyras. çofitre les Gen--
tiis. il y répond ^ux r^proclijes çles idolâtres et réfute avec
force 1 idolâtrie. On croit qu'il écrivpit au cpuune^ceinefit
du 4* siècle; du reste ^ on ne çait presque rien de lui. Lés
éditeurs de la Ùoltectio ont fuivi l'édition de Pfi^eur en
Saint PainpbilQ, i>e à Beryte, en Pbf nicie, fut ordonné
prêtre à Cesarée, se livra à l'étude d^s lettres^, et iforina à
ses frais une riche bibliothèque, don( il fit pré^cnV ^ l'^r
gifse de Césarée. 11 estiinpit beauço.up les çuyragcs d'Ori-
gène et il en copia plusieurs de sa piain. Arrêté commQ
çhrët^^n pe^da^t la pe^'sécution , il resta deux ans en pri-
§Q«, et soulfiit le uiartyre le 16 février 3pci. Il cpïnpos|\,
daus sa prison une.apolpgie d'O^-igène, tloçt il n^ reste que
le; premier livre traduit en latin par Rufit^ Lçs nouveau^
éditeurs ont ^uivi l'édition d'Ôrigèue par j^s Bénédictins ,
q^i^i y ont insér^ cette apologie. On est suf pris. qu*^ïs iii'y
ai^^ pa^ joint une courte ÉîfpGcatian d,e^ aqtes ^^'ajbô^res
ifis^Hép^r sain( P^mphi^Ut qui avoit beaucoup trav4iUé siiv
rÉcritiire sainte; cette Explication a été publiée par do^n
de ftJjBntfaucpn, dans son Catalogue de la biUi(jtthèqufi Coùlin,
i-jl^^ iprfpUo. Cet écrit a^urpit-il écha^ppé f^ux recherches.
des saviàus éditeurs.^ 014 des raisons que npu^jue connoîsson^
p4^ie Içur auîroient-îls lait supprimer?
j^i toipe XTI contient les écrits de s^int B^éthodé et de
I^acLancé* Le premier çtpit evêque d'pîimpe, pti^s dé Tyr,
n verss^ son sang pou^' la foi à Chalçide, en Grèce ; pn croit
que ce fut ver? 01 1, Il ^voit campojsé plusieurs ouvrages
Oont il re»tê des fragineps danjs Phptius , saint Epiphanc ,
siE|\nt Jcrôinê et Thiéodoret. Ceux 4p»t 11 en reste le plus
sqntle \i\\x^.iil, libre arbitre, cpatre les ValeuLtinienâi, et celui^
de la RésurreçtiQff, des carps, contre Origènç. On a en*entiev,
son Banquet de^ vierges, ou de la chftsteté, qui est àa^wy
lege^re cjw di^logi^ÇjQt. qui a été traduit eu fvftnçais. par
N2
fi'oncliay, chanoine <]e Laval. Les nouveaux 'éditeurs ont
suivi la Bibliothèque des Pères, Lyou , 1697, qui avoit pris
la traduction de Couibefis. Ils ont donne , d'après le même,
des f ragmens des Livres de saint Méthode , sur la Résurrec-^
rcction, sur les Créatures et sur le libre arbitre.
Lactance , né en Afriquje selon les uns, et en Italie selon
les autres, étudia sous Arnobe et enseigna la rhétorique à
Nicomédie ; c'est là qu'il embrassa le christianisme. Cou»
stantin le nomma précepteur de son fils Crispe. Lactance
s'attacha à ce jeune prince dont il eut bientôt a déplorer la
mort tragique. Il habita long-temps dans les Gaules , et on
croit qu'il mourut à Trêves. Il est regardé comme le plus
élégant des auteurs chrétiens qui ont écrit en latin , et on Fa
même appelé le Cicéron chrétien. Saint Jérôme fait le plus
grand élof^e de son savoir et de son s^le. Il y a eu de nom-
breuses éditions des ouvrages de Lacrabce , nous ne citerous
Ïue celles de Lenglet-Dufrcsnoy, en 174^, et du Père
rancescliini . à Rome , en 1 754. Celle-ci , qui est en 10 vol.
in-8'' , est accompagnée de dissertations critiques ; les nou-
veaux éditeurs n eu font pas mention , non plus que dé œlle
d'Oberthuer, qui parut à Wurzbourg en 1788. C'est appa-
remment par une erreur d'impression qu'ils disent que le
Traité de la Mort des persécuteurs fut publié en 1610 par Le
Wourry ; ce Traité ne fut, découvert iue bien long -temps
après , dans l'abbaye de Mofssac , en Quercy, par Foucault ,
intendant de Montauban. La première édition en fut donnée
par Baluzé en 167p.
• Les ouvrages de Lactance, qui se trouvent dans le t. XVI,
sont ceux de V Ouvrage de Dieu ou de la formation de P homme,
adressé à Démétrius; de la Colère de DieUy adressé à Donat,
et de la Mort des persécuteurs, qui est adressé au même. On
a suivi pour ces ouvrages l'édition de Lenglet - Dufresnov.
Les sept Livres des Institutions divines forment en grande
partie le t. XVII de la Collection nouvelle ; c'est la prin-
cipale production de Lactance. On croit qu'elle fut compo-
sée vers l'an Sao. Les sept Livres ont pour titre : De la faussé
Religion des dieux, de l'Origine de l'erreur, de la/eusse Sagesse
des phiiosophes, de la Sagesse véritable et de la reUgion , de là
Justice, du Culte véritable, de là Vie heureuse, k la suite des'
Institutions est un Abrégé de cet ouvragé, qiii est adresse
par Lactance à son frère Pentade, et qui fut imprimé par lés
:( '97 )
soins dePfaff et nonPsaff, comme il est dit par erreiu dans
la notice sur Lactanee. .
A. la fin du tome XVII est le Livre <fc V Erreur des religions
'profanes^ par luUus Firniicus Maternas , païen converti ,
et qui n'est connu que par cet écrit adressé aux fils de Con-
stantin, Cet écrit parolt avoir été con^posé vers Tan 34q ; le
cominencenieat manque. Les éditeurs préviennent qu'il
faut lire cet écrit avec précaution:, et qu'il y a des choses
.peu ex^te&.
!Naus en resterons là aujourd'hui sur cette Collection , qui
se continue avec rajpidité ; il en a encore paru plusieurs vo-
ulûmes 9 qui seront 1 objet d'un, autre article. iHous ne pou*
vous qU engager le laborieux éditeur à redoubler de soins
pour rendre sa Collection digne de l'importance du sujet.
La correction des. épreuves demande une attention sévère.
.Nous avions d'abord songé à noua plaindre de la petitesse
du tome XYI , mais l'épaisseur des tomes qui précèdent et
qui suivent nous en a ôté l'envie. Il pa^oit que Vexiguité de
ce volume a été déterminée par la distribution des matières.
La git>sseur des autres volmnes en est un ample dédomma-
jgement.
JHOirVKLLJBS ECCLÉSIASTIQUES.
. RoME« M. le comte de La Ferronays , ambassadeur de
S. M. T. C. , a eu le 8 mars son audience de S. S. , à la-
i|uelle il a présenté ses letttes de créance. 11 est allé en-
suite complimenter M. le cardinal secrétaire d'Etat.
. --- Le vendredi 5 et le vendredi j.a y le saint Père qui ,
depuis quelque temps , avoit été retenu dans ses apparte-^
mens, a assisté avec les cardinaux à la prédication du carême.
— La congrégation des Clers réguliers dits Théatins,
avoit perdu l'année dernière, à quelques jours de distance,
son supérieur-général et son procureur-général. Celui-ci ,
le Père Joseph Bonavia, mourut le 27 octobre, à l'âge de
83 ans, et ses obsèques eurent lieu le jour même où ou
porta le saint viatique au Père Gaétan Donaudi , supérieur-
général , qui mourut le 3i octobre dans de vifs sentimens
de piété. Le Père Donaudi étoit |iç à Turin, avoit exercé
. ( 1^)
lonç-t^mps 1è kninîstère avec succès, et àtèU ^të diriecieur
de Ya conscience des souverains actuels dé Sardaigne. Les
révolutions dlùiliie Tavoient force' dé sortir de sofa couvent^
il y rentt-a dès aull le put et fût créé géne'ral èii 1827. Le
chapitre général des Théatins s'est assemblé pour lé rem-
placer, tet a élu le Père Joachim Ventura, consulteur des
lits et exainihateur du clergé Vomaln^ M. le cardinal Alb^ni ,
préstdôit à l'électicm , qui a eu lieu le iS féVrîer dans l'éçlise
de Saint-André délia Kalle. Le Père Ventura est toé à Pà»-
lerme le 8 octobre 179^. La circulaire écrite aux maisons
des Théatins à Ce sujet fait Téloge de ses talens , de ses bû-
vrhgefs et dte son «èle , qui ne pourront, dit -elle , que faire
bonnèur à ^on X)rdre et être utiles à rÉglisé*
Pàb'is. Oh apprend de Rome que le consistoire Vi éè^
tenu le lundi i5; les trois cardinaux que noua avons ae'si-
gnés précédemment y àvoient été déclarés, on dit que plu-
sieurs autres ont été réservés in petto,
' — Il tient de païôltnp deux ouvi-agè's Intétessàns pbur
l'histoire ecclésiastique de ces derniers tenîps, l'ùn est sûr
le ministère de M. le cardinal Pâcca, prosecrétàire d'Etat,
du 18 juin 1808 au 6 juillet 1809, in-8*», Givita Vecchia^
i8oq; l'autre est une Relation de deux voyages du même
cardinal en France, en 1809 ^^ ^" i8i3, et de son empri-
sonnement à Fenestrelle ,, depuis le 6^oiit 1809 jusqu'au
5 février 181 3, 2 vol. in-8'>, publiée également à Givita
Vecchia en 1829. Ges deux ouvrages ne peuvent manquer
de donner dès renseigncmens précieux ëui* lia dernière per-
sécution de l'Eglise.
— ' Le mercredi 24^)^1*^9 "h service Solennel à eu lieu à
Saint-Sulpicc, pour le rèpois de l'aine de M. le chancelier
d'Aambray^ Service célébré en vertu d'une demande et d*une
délibération expresse de là chambre deS pairs. L'église
étoit toute tendue de noir, et \\n grand cataïalque s'élevoit
au milieu. M. l-archevêquè de Paris a célébré la messe,
qui a été suivie de l'absoute. Un grand nombre de psûrs as-
sistoit à la céréthoniè ; on vôyoit cntr'autres, dans le Sanc-
tuaire, les prélats membi^s de la chambré haute, M. le
cardinal archevêque de Reims, MM. les archevêques d*A-
vigtion let de Bom-ges , MM les évêques.d'Hcnnopolis et de
Beauvtiiil. Tbiltèla matinée, il a été célébvé des messes à là
ménfé ihténtion dàbs la chapelle dû Luxembourg;
< «99)
*«- Mous avons donné k commenceme&i du Mandement
de Af. l'archevêque de Paris sur la translation des reliques
de suint Vincent de Paul ; vers la fin le prélat parle de la
châsse def^cinée à recevoir les reliques du saint ; il relève
lo mérite du travail et indique une quête pour en payer le
prix :
<t lie Boi , en non3 faisant ivuiéttra nne somme considérable , a bien voulu
pérmeifre que son nom fôt inscrit eh tête de la liste que nons couvrons au«
jourd'httt , afin de tous aider à compléter lé paiement d'un ouVraeedoQjL lé
prix , qtielgiije éleré qu*il soit , demeutvra cependant toujoufs auHoesaous dn
jpQiévsto et Je h valeur. Les^ prîuces et princesses de la famiUe royale se sont
vanpiQssés d'ajouter leurs dons à celui du Boi; nous nous sommes fait tin
devoir d'y joindre le nôtre, et nous attendions que Vépoque fût venue où
il nous seroit possible d'oitlonner une trauslatioA. solennelle , pour foire
lin appel moméiHané à U piété du cfer^^é ef de» idoles de notre abeèse, et
à leur dévotion envers un saint auquel la religion et rhiifaanité sont si rede-
v;ibies. Plus les offrandes qae nous demandons à chacun selon ses moyenk
seront partagées entre tous, moins le sacrifice pour chacun sera sensible, /st
plus universellement aussi la foi sera manifestée.
» Mais f ce que nous réclamons surtout de vous, N. T. G. P. , c'tat ^*à
roocstaiûit de la cérémonie qui se prépare, et de la neavoine de suppKcsitioiie
ei de prières qui éoii la fiu&vre, en laveur de laquelle le Souverain pontife a
daigné ouvrir les trésers de l'Eglise, vous ranimiez votre zèle pour les bonnes
œuvres ; c'est que votre amour pour les pauvres s'étende de pins en plus ;
que vous preniez la résolutioti tic vous appliquer avec ardeur, avec généro-
Mé , «vec persévérMice à la pratique de la miséricorde : c'est que le culte des
reliques de saint Vincent de Paul , renouvelé on quelque sorte dans ceUe
{garnie villa, devienne comme un ressi>rt puissant qui dibite tous les coeurs,
3ui les tienne sans cesse attentifs au± besoins des malheureux , et les en-
jjn'tne d'une sainte jalousie pour cet excellent don de la charité, sans le*
quel toutes les autres vertus seroient insuffisantes pour le saint j csmnàimM
tkarismata meiiara. »
La tiansKtion auia doue Ueu le dimanche 2a avril, de
Notre-Dame à la rue de Sèvres ; le cérémonial sera publié
le jour de Pâque. Une uenvaine de prières commencera le
25 £^vrily en 1 honneur de saint Vincent de Paul, dans les
^Usea , chapelles et conitnunautés ^ pour obtenir , par $on
inleroéssîon la pk*otection divine sur le Roi et la famille
iVïyàl^ , sut la vilte «t (e diocèse , s«ir les personnes qui se
Vhiiiiettt aux bon'^^è^ œuvres. €haque^ jour de ïà neuraine , le
dei^é des paroisses et congrégations se rendra a la chapelle
de MM. de Saint- Lazare pour faire les prières qui seront
prescrites. MM. les curés enfgagei'ont leurê paixnd»ien$ à
s'y rendre; Il sera fait une quête dans tout le diocèse pour
( aoo )
payer le prix de la châsse. Cette châsse , sortie tl^ ate-
liers de In. Odiot , et qu'on a vue à la dernière cxpositiofi ,
est en argent et a sept pieds de long; elle lest termin<5e
en cintre par le haut et enrichie d'ornemens, elle est cou-
ronnée par un groupç représentant saint Vinrent de Paul
dans la gloire. LHntérieur de la châsse est richement ^arni.
MM. les curés feront cette quête de la manière qui leur
{laroîtra la plus convenable. £*exccdant de la quête ^ après
e paiement de la châsse et des frais de la translatioa, sera
remis aux Sœurs de la charité , pour être employé au so4k-
lageuiont des pauvres honteux (i). Un compte de Temploi
des sommes sera rendu devant une commission compo«ce
des grands-vicaues , de deux chanoines , deux curés et du
supérieur des Lazaristes ; les préfets du département et de
police seront invités à y assister.
— Le Joumed' politique de la CSte^^Or, copié depuis par le
Constitutionnel, annonça dans son numéro du 7 mars un re-
fus de sépulture qui avoit eu lieu à Mirebeau, bourg à
quatre lieues de Dijon. Le curé refusa d'enterrer un noture»
qu'il croyoit d'autant moins appartenir à son troupeau, que
cet homme , transplanté dans le pays , n'avoit point dissi-
mulé ses seutimens sur la reIig,ion. Cependant tout en re-
fusant son ministère, il crut pouvoir indiquer à la famille
tin prêtre qui peut-être seroit plus facile, et en effet ,
M. le curé de Bèze fit l'enterrement, fte Jduroaliste a tLté
parti de ce fait pour servir ses passions. Il prétend que
M. Perenct étoit mort d'une apoplexie foudroyante, tandis
3u'il avoit succombé k une maladie de langueur qui duroit
epuis six semaines. Il déplore l'intolérance du curé, tan-
dis que celui-ci avoit au contraire donné une preuve de
modération en indiquant un curé voisin. Le maire de Mire-
beau réclame contre l'article dans ^ une lettre que nous
(1) On voit par-là avec quelle bonne foi la Gasette des cuites a prétendu
que M. l'archçvéque avoit annoncé qiie Texcédant de la recette seroit en*
ccre appliqué aux petits séroinoires. J^a même Gaaetie dit qu'il auroitété
bon dû faire connoltre Je prix de la châsse , le don du Jj^oi et ce qui Ksle
dû. Ceite, publicité , ajouta -t-eile, seroit de nature à écarter les soupçons
de certaines personnes qui pottrroient craindre que les fonds ne fussent at-
tribués à une autre destination. Les lecteurs apprcciorout Ce quil y a ds
poli et d'aimable dans ces léflexions d'autant plus déplaoces que M. Tar^
chevéque, dans son Mandement même, annonce la formation d'une com.-
mission pour recevoir le comf te des fonils peicus.
( 30I )
doi|nerons plus l^s ; le.ré(}acleur ^oi, par .parenthèse, est
vOi pi'étre, réfute ^vec son impartialité Qrdinaire dlusérer
la lettre. On conçoit à toute force ce procédé, d'un homme
qui fait métier de recueillir les accusations contre les prê-
tcesy et de flétrir un^ classe à laquelle il a appartenu. Mais
l'autre journal de Dijon , qui passe pour royaliste , refuse
aussi t'inserljon, sanài doute pour ne pas se. compromettre
avec un confrère qa'il craint. Ainsi toute voie de justifica-
tion est fermée an ^êtrét, on ne veut pas que la calomnie
qui les {>oursuit sott rénarée. M. le curé de Mirebeau au-
voit désiré laisser tomoer l'accusation, mais M. le maire
du lieuy dont la lettre a été refusée par les deux journalistes,
avoit droite <ètf^«fttendu, et. nous nous faisons un devoir
d'insérer sa réclaiMiion :
Mirebeau , le 9 mars i83o.
A M, le rédàcUw du Journal de la Céle-d'Or.
« Montiéhr , îl est fîleheux que tous ne M^ez fias pins heoreos dans la
ekohi àfi Yos cotrespoiMians ; car, par une fatalité que Ton ne sauroit défi-
nir, il leur arrive presque toujours de tous induire en erreur, lorsqu'il
s'agit de quelque fait imputé à un prêtre ; ce qui ne laisse pas que de taire
tort à Yotre réputatioit d Wpartialité.
- V Vous avez avancé , dans votre numéro du 7 mars , présent mois , que
\t cuvé de Mirebeau avoit refusé la sépulture à M. Perenet , ei-notaire , quf
étoit mort d^une attaque d'apopliîxie foudroyante. Cette dernière circon^
«tance est fausse. Tout h monde dan» te pays sait quMl est mort d'une ma-
ladie de poitrine après avoir langui près de six semaines.
0» n esr donc faux que M. Perenet ait été dans Timpossibilité de recevoir
•es sâcremens, car il avoit dicté ses dernières volontés la veille, et n'est dé-
cédé que le lendemain a six heures du matin.
» Il est faux que M. le curé soit un prêtre intolérant ; il a autorisé la fa-
mille du défunt à faire tout ce qu'elle jngeroit à propos pour bonorer s;t
mémoire.
y> Il est également faux qu'il manque de charité comme ^rpus l'insinue^
malignement $ il sait prévenir la plainte du malheureux et ne l'a jamais
repoussé. D'ailleurs, M. le curé est trop prudent pour agir sans prendre-
avis de ses supérieurs , et (rop au-dessus de vos reproches pour qu'ils puis-
sent jamais l'atteindre. Il méritoit toute l'estime du pavs avant votre atta-
que, peut-être lui est-elle encore mieux acquise depms.
j» J ai l'honneur d'être avec une considéra iKon dbtinguée ,
* Le maire de Mir^têa»^
Signé CvunoT. »
— On a eu tout le loisir de se détromper à Casti^es dès
déclamations des joiiruaux contre les missionftiairs ; on y a
( ^M )
Ta d6 urës cet hommes de paix , et oi^ tk'a irouvé en émit
que Bèie, déSHit^ressètneni et charité. La tâiisloii sWvtif
le 3 janYier; la rigueur du Troid et left bruitâ setaiës par
l'homme ennemi sembloient àeroïr ôter toute e^përaftce
de succès, maïs dès le quatrième exercice , la nef de Van-*
eietme cifliiiiédrale ne pouvoit contenir la foule empreMëe
d'entendue. M. l'abbé Guyon. L'église de la paroisses de
Yillegondon , évangéliftée à la méme^heure par M. l'abbé
Petit, ôffroit le même spectacle d'édification. Les bommes
surtout Oïit montré un grand empressement, et à leur téta
toutes les autorités , la magistrature et les personnes les
§1us notables. On admiroit dans les cérémonies la piété
'anciens • militaires décorés, aui brainoienc le respect hu-
main et donnoient le plus touchant exemple. Uti assee bon
nombre de protestant ont suivi les exercices, et ont pu ju-
ger par eux-mêmes la doctrine et les- pratiques de rÉçlise
catholique. Le calme le pluâ parfait a réçné dans les deux
églises, et personne n'a tenté de troubler Tordre. Cinq
commuYitonis j^nérales ont offert le spectacle le plu6 conso^
lant. Le dimanche 28 février, on a fait la plantation de la
croix par le temps le plus favorable. La cérémonie a été
imposante pai* l'affluence des fidèles, par la décoration des
rues , par la présence d'un nombreux cleqgé et surtout par
Celle du Vénérable archevêq^^e qui avo|t voulu présider i
cette fêle. M. l'abbé Guyon y. a prononcé son dernier dis-i
cours , av milieu d'un immense auditoire , qui n'avoit qu'uni
regret) c'étoit de voir finir sitôt ces jours de salut et de
bénédiction.
— Le t5 ctoùt dernier, on s^àperçut qu'on avoit forcç
trois troncs de l'église de Saint-Caprais de Lerm , diocèse
, ^ , ' 9^^^ s'enfuit pré-
cipilamttient pour Bordeaux, où il fut «^rreté. Traduit aux
pssises, il étoit accusé de vol d^ms une église et avec effrac-
tion des troncs. Son avocat, discutant la circonstance ag-
gravante empi*untéc à la loi sur le sacrilège, n'a pas manqué
d'invoquer 1 omnipotence du jury, qui devient aujourd'hui
le refuge général pour toutes les mauvaises causes. Le pré-
sident Va réfuté dfans son résumé; mais les jurés n'en ont
pa$ moins :Mcaeilli un système qui ftatte les vaoi«és. Les
(305)
qu^e^otis dUr left^ircobstaticed «ggrarant^B ont été rësolu^tf
né^ativfemtnt, éHDBucaroti, déclare coupable de roi tilmpfe^
n'a été condamné qâ'à trois atis de prison «t lci6q ans de
surVî^illance. Ainsi ces jurés 'eckisciencieux nWt point Voulu
recetiàoître qu'il y avoit effraction , tandis qu'il y aroii no-
toirement efiraction, ttt ih n'ont pas estimé qu'on fût pliié
coupable p6ur avoir rolé dans bne église que pour àvoif
volé dans une giFàilge. Cette décision est ausiii morale que
religieuse^
'^ M Yenni , évêoue de Lausanne et de Genève , a donné
à Fribourg , où il réside ^ son Mandement pour le carême dé
cette année. Le prélat rappelle à ses diocésains la nécessité
dé la pénitence, et leur adi^esse une instruction sur les
principales vertus qui conviennent au chrétien, sur l'hu-
milité, qui est le fondement de l'édifice du salut; sur le
détachement du monde et de ses faux biens , qui nous ac-
coutume à élever nos regards vers le ciel ; sur l'esprit de
b\ïrétë et de mbrtificatibh , qui est lé caractère dés dis^èlples
dé Jésùs-Clinsl; sur la mortification intérieure^ qui réglé
Iç^ pensées de notre esprit et les inouvemens de notre cœur.
M. révèqûe développe les heUreux résultats de ces vertus «
et y èptttose les funeîètes effets des vices contraires. Il énjgaâ^e
lès fidèles à démander à Dieu ces vehus par les liiérites du
Sauveur, et à s^adiesser à son cœur sacré, source inépuisable
de /orce et de grâces. Il espère qii'alors les vaines^ joies du
càmavai) déjà èanme* de ia pmjpart des paroisses, disparais
tront partout, et que lé carême sera vraiirieiit un temps dé
jeune , de prières et de bonnes œuvres.
— Une lettre de la Nouvelle-Orléans*, en date du i8 jan-
vier dernier, annonce que l'on a reçu en Amérique un Bref
du Pape ^ en date àvi. 4 août 1829, qui nomme M. de Neor
kère â l'évéché de la Nottvclîfc- Orléans. Le prélat devoit
être sacré dans sa cathédrale le 5* dimanche après Pàquej
le consécrateur sera M. Rosatii évêque de la Louisiane, et
jusqu^ici administrateur de la Nouvelle-Orléans. Les assis-
tans iseront M. Englarid , évêque de Charleston - et M. Por*
tî'êir, évêque de Mobile. M: Léon-Ray thond de Néckère est
né à Wevélgèm, dans la Flandre occidentale > il finît son
cours d'humanités au collège de Roulers^ et entra au sénii-^
naire de Gand en 1816. S étant associé avec M. Dobourg,
il p^iirtit èto 1818 potir l'Amérique , et travailla dans leis mi^
«ion». Les.médecim lui ayaot conseillé Tair naul pour ré-
^abliiisa àanté , altérée par ledTatigue», il Vcvint en Flandre
en i8«8, tt passa quelque temps à Wevelgem, cuis il se
rendit A Amiens, ou il fut atuché au grand séminaire. Il
fit, l'année dernière, le voyage de Rome, et repartit pour
l'Amérique le 1 5 juin. Sa promotion va faire cesser le pro-
visoire pendant lequel M, Rosati étoit chargé de Tadmim-
stratidn de la Nouvelle -Orléans. Il y «t aujoui-d'hui dix
sièges épiscopaux aux Etats-Unis , Baltimore , Boston , New-
Yorck , Philadelphie , Charleston , Cincinnati , Bardstovirn ,
Saint-Louis , Mobile et la Nouvelle-Orléans.
NOUVELLES POLITIQUES.
Paus. La réponse du Boî k Tadresse de la chambre de« députéacontinae
«le ptodaîre les meilleurs effcls. On ne sait si Tesprit des libéraux n'en est
pas encore plus frappé que celui des royalistes. Il est certain du moins que
les premiers n'ont point repris contenance', et que la voir ne leur revient
pas vite. On a parlé d'un député de la gauche qui avoit assisté à la présen-
tation de l'adresse, et qui en rendant compte de l'impression qu'il ayoit
reçue dans cette cireonsUnce, s'en alloit disant à ses amis : Je n auroia ja-
mais cru que les paroles d'un Roi pwisent avoir ce degré de force et de «wr
aie. Quoique ce député y mette peut-être çhis dé franchise que ses coUè^
eues, il n'est pas le seul que le langage de la couronne ait fait rentrer en
fui 'même et rendu soucieux. Mab le point principal, et sur lequel tout le
monde parott d'accord , c*est que le jour de la présentation de radresse , le
Boi s'est montré gra^e et majestueux au-delà de toute expression. La force
de caractère qu'il a déployée, il l'avoit puisée le matin même aux pieds des
autels , en s'unissant an souverain dispensateur de toute grâce.
— Si Von s'en rapportpit aux douleurs et aux soucis des journaux
révolutionnaiKs , on seroit tenté de croire que la liberté se meurt d'ato-
nie ,-.et qu'elle ne trouve plus en France uti pauvre petit coin pour respi-
rer. Mais pour vous rassurer là -dessus, il vous su6iroit d'assister à un
procès tel que celui qui a conduit , la semaine dernière , devant la police
correctionnelle , le gérant responsable du Globe, Il avoit à s'expliquer sur
une question de changement de dynastie , qu'il avoit traitée avec une rare
lémérité , et. dont la publication avoit produit un étonnement universel
dans la r^pitaJe, quoiqu'on y ait perdu l'habitude de s'étpnner de rien.
Vous imaginez peut-être que c'est le soin de sa défense qui l'a occupé, et
qu'il est venu jouer là le timide rôle d*un accusé? Point du tout; il a pris
partie et le ministère public et le gouvernement du Roi , qu'il a semon-
ces tout du long de sa plaidoirie, en leur en disant. des plus crues et des
plus vertes. D'accusé, il s'e>t fait accusateur. Vous l'eussiez pris pour ui)
( ^o5 )
practircur dit flôî cliargé dé poorsuiyré d*offieè un criine de trifanonoa
de concussion contre le» conseillers de la couronne. Il les a épluth'és cti-^
semble et séparéinent^-aTec Une H^eur et une inipadénce dont -rien né
peut TOUS donner Fidée. C'est à peine s'il a fait mention de la cause qui'
i'amenoit devant la police correctionnelle. Etonnés et troublés apparem-
inent de son -verbiage, ses juges Font laissé dire, sans lui rappeler (jue ce
ji/étoit pas pour -adîuseT les ministres da Hoi qu\U l'avôient fiiit venir.
Ah! si les rédacteurs du Qiobe ont de la conscience, ils doivent Inen se
reprocher leurs torts envers la dynastie des Bourbons! A coup sâ^r, celle
de Buonaparte ne les traileroit pas si bien.
— Sur la demande de M. Colomb , député' des Hantes-Alpes , M. le Dau-
phin vient encore d'accorder un secours de 1,000 fr. aux pauvres de ce dé-
partement. V ' . .)
' — La commune deChâtillon, arrondissement de Lons-le-Saulnier (Jura),^
ayant été dernièrement le théâtre d'un violent incendie, M. le Dauphin a
(tonné 1,000 fr. et M"** la Danphine 3oo ir. pour les victimes de cet ac-
cident. ' ' •
•^ M. le dnc de Bourbon a fait remettre, au bureau de bienfaisance de
Saint- Maur, près Paris , une somme de 200 fr. , à l'occasion d'un service
annuel qui a été célébré , le 23 , dans la paroisse de cette commune , pour
le repos de Famé de M. le duc d'Ehghien. Ce service a été célébré constam-
Inent depuis 1814* pour perpétuer, dans le souvenir des habffans, la mé^
moire d'un prince qui fut long-temps élevé dans le château de Saint-Maur,
èièçe d'une baronnie dans la famille de Condé.
' — m; le duc de Bourbon vient d'adresser à M. le maire d'Hirson (Aisne)
une somme de 5oo fr. , pour être distribuée aux pauvres de cette coihr*
innne.
^ — > Le BtUletin de» lois publie deux ordonnances du Roi , qui accoi'dent ,
sur le fonds permanent de 120,000 fr. ouvert par la loi de la dotation dé la
pairie, une pension de 12,000 fr. à M^^Feutrier, évéqne de'Bdauvais, et un
supplément cle 2,000 fr. a la pension de 10,000 dont jouit M. de BraUlti
archevêque d'AJby.
' — Au premier tour de scrutin , le collège départemental de Maflie-et^
Loire a élu dépoté M. Guernon de Banville , ministre des ai&ires eeclésiaiH
tiques et de l'imtrnction publique. S. Exe. a obtenu i85 suffrages , ef M. dé
Vatisménil, candidat des libéraux, 122. Le bureau provisoire avoit été
maintenu à une grande majorité.
- — M. Benoist, fils de M. le comte Benof st , ministre d'Etat, ancien di-«
recteur des contributions indirectes, est appelé à la direction du grand-
livre. >' i
— M. le maréchal-de-camp baron Clouet , désigné pour commander une
brigade à l'armée expéditionnaire d'Afiriqne,-a été remplacé povisoire^
ment , comme directeur de l'administration de la guerre , par M. Tinten-
dant militaire secrétaire-général du ministère'. • • ^ >
— M. Roussel, lieutenant- colonel du prertiier régiment d infanterie lén
tf^re, est nommé colonel du troisième régiment de ligne; en remplacement
de M. d' Aultane y qui a été atsassiué âToulon par le sergent Bifterling. •
— MN. les lieutenans-colonels de Louvencourt et Bureau de Pusy aont
également promus au crade de colonel. ' '
— M. le comte de Villèle est arrivé à Paris.
{m6)
P'i^ Alo«lric« dit Boic , fwr It wkomfVB^vw 4a <Unw^im«pt 4pii% il a.
fmt^fNnmve danslw infieii4i« qui a écUto àla CoiHNrte » an:on4^&pmeaiit
4« Saiii^AArîqye,eii r^tiratt des flaaini«B u^e î^mum <u\i alîoit Pévir.
^ VAcadéôiie frarK^aÎM a élu M» le géoér»! CQmte I^liilipp^ 4q ^^ur»
m navplacemenA 4e M. le duc de lAv'u , décéda .
— M. te Dauphin e<t ^Hé, aoconipn^p^ 4e M. Ui Y^omte Hér^ci^rt \lj|
Thury, Yiiitcir c?i jpura 4€rnîer9 les fontaines jaiUisMntaa po^t^ à Sai^t;*
Pepî». .
— M. le cointe de Kergoray , pour de France « est moU )o ^\ à Paris^
. -^M* IWMcat*^énév»i BayeuK a, marcU d«niîer» donoé^es conclusions
dans Vataire du Gl^epr 4'Sur0''9t^l^ir. U a soutenu qMe M' Pm?^
devoit être déchargé de Tobligatlon d'imprimer ce journal, e( a. 9UV?tr^
que la loi n'ayoit lamaie contraint les îniprijHMnrfl à prêter kur miuisièré
comme elle y a obllgié les notairea, hiiUsiers, otc^ )l a trov^yé étrange qve
ce soienije» amis 4e la liber^ de la pr«a^ i|Mi prétendant qm'iio imprinieqç
doit déférer à toutes requisitiom , et il a rappelé que, s'il talloil intra^uirc^
des référés toutea If i fois qu'il y anroit discuhf ion aur k dangec 4*41» urtlde ,
un invçsliroit » contrairement à la loi , le triUiipal d'uMa censure pré-
yentiva..
•— Le prpc^ en calomnie intenté contre, le soirdisant l^rop de Sai^t-
Clajr, auteor 4es Mfélati^ns surl'MsasMtatifiAduc df fierri,^ été appelé
an tribmial conrecti^nnel mardi dernier, à la rcqoète de MM. lef ducs du
Maillé , Docazes , d'Escars , et des généraux Panltre , de I>a Motte et Lion.
lA\m avocata font MM* Hf nnequin , Duptn je/me et Itomiet . On a r^onna
qna le yéritable nom 4u. prévenu étoit Mafc.Léiui, qn'il étoit Ecossais > et
qu'il n*avoit servi que dans les armées anglaises et portugaises. Après le ri;-
qnisitoire de 1^ l^evavas^euv et uu ioterrogatoiie assez détaillé* 1« tribunal
a e«tw4u plusieuvi téiooina» et enu'iivtres M* le comte 4e Nof^, pair de
iTrance* M. Lay'*l«bor4e , avocat du prévenu, a présenté c^ueJlqyes pre.
mi^ee obMîrTatioas en «a faveuv, et la fau«e a été lerpise à huu^ne*
^-Mercredi dernier, M. Mauguin, .ivocat et députp, a. pvoj^oi^ fofk
plaidoyer pour la I>f<uiwmf, prêteoM'd>voir provoqué ao cfcpgeineat de
dy naftie^ 1) a été interrompu pa.r |ç préiniiefi t ponr avoi r <Ut que U m'mist ^VQ
public powr^'oit bieiït u» jour être t>aUuU à la barre d'w* autrç povvoirn
yalTaire a été renMee à bmtainie. . .
î tribnnaUorreclionne) s'est occupé, jeudi dernier, 4e la plaintq e^
di4&mat»0D portée par M, Méoblsi, 4é*uté, contre M. 4e Grande, pro-
priétairct4ela Om^tt^d^iFr^nos. M. tuciqo Méicliin, avocat, a p^^to la
parole pour son père; M. Hcnnequin a défendu la Gazette, La cause a âlé
i«mi«e a biHt^ne.
rr X/affaire 4m d^rri^r frçw^m et du Journal 4ii çifmmerce^ relative à
L| pMblication 4e l'asisociatm kreton^^ ^ de |iQ«iv«au été poylée à la çp^r
royale, jeudi dernier, Tarrét coi|firniatifn>yantété renàu q^e. par défaut.
Irils tmtfn Beniaf4 (4e Beooe^) » »YOVs|t du /çw^iql dt^ ofn^mfirç^^ e\, Mérii-
hou, avooat du Cuurrkr, oot attaqué le« njotift 4e la co^(5Unanatioft,
M. Bérard Desjglageu» , avocai-rgénéipi »a «witeou Vb Um j««é- 1/arrêi sera
pwoooncé à 1a nuitaine.
— Les journaux libéraux avoient aiu^tlicé qm U tçibmiftl 4e tM4i»ie piu-
nicipale de Paris, présidé parMt le juge de paixdq ^eftviw^ aiToptliase-
( ^^ )
llc«^ii%a«Mi4ill9n lî^iir Oufé» MAlr9jeMrdftt^pî^,d'«pr4iilMiègl«fxiens.
sur )m 4l^U99Ciotii« i«ic9i«piqc|9ft, d'«*ew«i: iOf).ii94««triq U^ni VuiUcieun
<|«Plim» l<c fait, e«( que ^ trUxinal «^'«H seiiUww^ décUr^ Wc«Rupéteot ,
eomsm n% |>ouTai>i; coanoltre d^ âcte«i adioiointrati^,
.^ÂvDQtdequUUrNaiitQ», M. le baion Dudon a Uim i^s^oQfr, |>oHii
Aim e«iploy4< à retifer de^ fSets engagé», au mpDtrde^iuyété pv d^ famU^
indîgepleet
^ Plusieurs )ii<eiidie9 wt éclaté eo peu de >9ui,« dans diflBUenles .qqw-'
«wiMf de l'amNadîMemeol; de\ire. Le» habitaos, qui aturiliiueul; ce» évè^
ti^iiien* à, la inalVeiUapçd , fout aeD^î^elle j^ur «t ^^it qutouir de leurf
«oaifWMi, '
■^ ^ioiurn«t beloB aimoïKe aue VeK-opnventionnel MaUarmé e^ toml^
4fm« uiP état «onsq^t 4'ali4«aAiAD mentale , et YÎ^iït d'âtre eafermc dana
l'bâpi^aldv KMia, «.Ikl9lm^>
— Le soi et la 'reine d'Espagne ne doivent quitter Madrid qu'apris Pàquei
M,. liB due 4^ 9Imm p^Ura vw h tn d'avril poux aller leai reciBTflir à la
firotnkièow!.
, -^ Paos la wt du 3^ a» a;» Càyrier dimier» raml>a9«adQur dai»Qλ auprèi
d^la cour de OJdem^uxg» Hf. lei^hao^MeUau: d^ Qualen, a été a^a?iaé à
^lUi» Oa «QMPj^noe-se* d«i««|iiciue» 4* cet a^^tat*
«^ Ia manfoU de Palmolla quA n'a pu iaice aiicune pjiie auj» réfugiées
portugais depuis huit inpi^ , a. prif 1<) p^rti de. fujére afilcbeic une vente pun
clique de toua les meubles et ornemcins de la chapelle de la légation por-
tugaise à Londres. On est révolté ea Angletene de ce que ce chef de parti
•oae se procurer encore quelques ressources en livrant a des Juifs des do-
nnes <raotel , dee chasubles et des vase» sacrés.
-rrr
Le sainedi 3o , H y 9 eu chez IVP^ h duchesse de Berri une îiombreuse
ràunion pour une œuvre de charité ; il s^açnsoit d*unè qué(:e pour les vic-
times de la révolution. ^'^ ht Daiiphine et Madàmk v nàsistoteht. M. Tar^
bourg a prononcé un discours également digne et de son talent et d'un tel
auditoire.' ' ^
Le prélat a commencé par payer un juste tribut d*homma^es à cette
royale famille qui , dans tous les temps, a su rehausser Téclat de son rang
par les plus belies vertus du christianisme , et qui, dans ce jour, faisant dé
son Valais comme un temple consané par la charité, vient elfe ^ même
plaîcrer par sa présence la cause du malhenV: Il ne s'agit pas ici de soulapr
des infortunes' ordinaires, mats de terribles calamités. M.-réréque énir-
mère les nombreuses victimes de la cauSe royale, et les émigrés qui sui-
virent nos princes sur la terre d'exil , et ces braves Vendéens qui , après
âvQÎcébn^né VEMrope^pftr leurs briUans faits d'armes , en sont réduits a ne
pliis oser'po'rter sot* Icdr livsées de'Vindig^ce les insignes de la bravoure , et
toutes Ica familles qui ont hérité de b ^oirc et des malheurs de la fidélité.
•( ao6)
Opendnnt \t tirAne des BourlMms est ddiotti, mftk leur fortane est tiibin«
grande que leur coeur, et ils ont la douleur deitenser que plusieurs de leurs
aucieii» serviteurs ont inutliemeat réclamé^fe prix d'un san)^^néreuz.
En les secourant , nous soulagerons une indigente d'autant plus pénible ^*
que ces preux ne la connurent pas dans leurs premières années. Ne serions-'
nous pas profondément affligés d'apprendre que auelques-uns do ces ûdèles
serviteurs de la monarchie , vaincus par le malueur, sont, allés chercher
dans des rangs difiërensdes nôtres le pain qu'ils auroient inutilement. at-»
tendu de nous? Sans doute ils sont incapables de cette déloyauté. Jamais
lis ne souilleront la gloire de tant de dévouement. Mais parce qu'ils seront
fidèlesJusqn'àl'héroYsme, faut-il qu'ils soient malheureux 'jusau'andés-
espoir? Ecoutons donc la voix de la religion , celle de In patrie, 1 amour de
nos princes, qui plaident auprès de nous une si belle cause, et encoura-
geons par nos autnônes ces gàiéreux chrétiens a soutenir jusqu'à la 6n ce
beau martyre de la fidélité, que Dieu «cul peut récompenser dans une
vie meilleure.
Ce discours , pensé avec force , écrit avec goût , et prononcé avec noblesse
et arec grâce, a vivement intéréué l'illustre auditoire; on dit que les prin*^
cesses enr ont téjnoignè hautement leur satisfaction^ M. le duc de Bordeaux
n'est arrivé qu'à la fin , au retour de sa promenade. Après qu'on a eu'exé-*
cuté quelques morceaux de musique religieuse, quatre dames ont fait la
3oére , qu^on a lieu de croire avoir été fort abondante. On peut adresMr les
ons à M"^ la marquise de Raigeoourt, trésorière.
Nous avons annoncé l'ann ^ dernière YHiatoire de» asstmkUes àetiiSramÉès,
in -8®. Pour juger de quel intérêt peut être cet ouvrage, il ne faudroit
' presque que consulter la table des matières. L'autour y traite les plus
graves questions lelatives aux assemblées délibérantes; il s'occtipe de leur
nature, du mélange des conditions dans ces assemblées, de la nature
d*une loi électorale en général, des électeurs et des candidats o^odemes,
de nos chambres modernes, du siège de l'assemblée, de la parole, de la
logique et de la publicité, du droit de pétition, de la publication quoti-
dienne des séances, des résolutions à la majorité des voix , de la durée des
pouvoirs des députés , du mode de réélection, de la fréquence et de la du-
rée des sessions, etc.
L'ouvrage comprend en tout 36 chapitres, sans compter des prélimi-
naires qui s'y rattachent plus ou moins directement. L'auteur cite beau-
coup et montre l'esprit des assemblées délibérantes par des extraits, soit
des journaux, soit des discours prononcés à la tribune. Il conclut que la
marche naturelle des collèges électoraux et des chambres tend à lenvetser
les rois constitutionnels et à élever à leur place des gouvememens tyran*»
niques. Les provocations récentes de (juelques journaux pourraient servir
à taire voir si l'auteur a été trop loin dans ses prévisions alarmantes.
\f-
tr
MsAcnfiDi 3i Mifts i83o« (N* i632 )
*$'Mr une' noui^eUe Lettre relatwc à la croix de Migné.
' On se rappelle que M. Tabbé de La Neufville, prêtre
anticoneordatatre , a beaucoup e'crit contre rapparitioo de
la croix de Mtgne'« Il a publié, sur ce sujet, tantôt des vo-
lumes, tantôt des brocliures. Nous avons rendu compte,
n°' 14^4 ®' i4^j ^6 ses Nouvelles preuves contre le miracle de
Migné.Yers ce même temps, M. de Gurzon , maire de Migné ,
un des témoins de l'apparition, lui écrivit jiour attester
}e fait«t pour répondre à quelques-unes de ses difficultés;
nous avons inséré sa Lettre, n® i49^) ainsi que celle de
M. Tabbé Lambert, grand-vicaire de Poitiers , sur le même
sujei. Nous n'avons point vu la réponse de l'ancien grand -
vicaire de Dax, mais il paroi t qu'il a écnt une première
Lettre à M. de Gurzon. Il a fait encore imprimer, au Mans,
une Réponse à quatre lettres insérées dans VEck^ de la
Sarthe, ou peut-être la première Lettre à M, de Cnrzou
n'est -elle autre chose que cette Réponse où M. de La
Neuf viUe prëtendoit réfuter aussi le témoignage de M. de
Gurzon. Quoi qu'il en soit , le prêtre anticoncordataire a
publié, l'année dernière , une Seconde Lettre à M, de Curzon,
et M. de Onrzpn vient de lui adresser, à ce sujet, une-Let-
tre datée du 26 décembre, M. le maire de Migné s'étonne
d'aboiti de ne point trouver dans la Seconde Lettre de l'abbé
un seul mot sur la Lettre qu'il lui avoit écrite l'année pré-
cédente. Il l'avoit engagé à essayer l'expérience de son cerf-
volant et à produire, s il le pouvoit, une apparition de la
croix avec un tel moyen. Il le presse de nouveau de réaliser
«on hypothèse, ne fût-ce que pour détromper* ceux qui ont
jeté témoins de l'apparition et qui la régardent comme un
ini racle. Après cela, il répond à différentes chicanes de son
adversaire , sur l'heure à 'laquelle la croix a '|>aru , sur sa
dimension, etc. Il relève un^mensonge imaginé par le
Constitutionnel, et nue nous avions déjà signalé, n* 1499?
savoir, que Léon Xll avoit dit avec un mouvement d'iiidi-
. Tmne LXIIL VAmi dé la Religion et du , Roi. O
( 210 )
giiAtion : Tant que je serai sur le saint Siège, il n'en sortira pas
une hgne en/at^eurde la jonglerie de Migné; tneasonge qiie 1»
Gazette des cultes a reproduit rëceiument encore comme iui«
choBe avérée. Il est bon d'entendre là-dcs6us M. de Curzon :
« Il ii*etr pas adroit de votre part , M. Vabbé, de voua réunir au Consti-
iuHomMl, wnar cliorcber à faire croire que le souverain pontife a regardé la
croix de Migné comme une jongteric, tandis que nous possédons an mor-
eeeu de k vraie croix , enchnssé dans un très-beau* reliquàif« e» or> cC scéié
du acem pontifical » ({ne Sa Sainteté a envoyé à Tégliae do Migné., comme
un bommage de sa foi au miracle. Ce qu*il y a eneore de plus remarqua-*
ble » c'est que notre saint Père le Pape a accordé une indulgence de cent
jours à toua ceux qui iroient prier au pied de la croix plantée à Migné le
jour de Févènement; et une indulgence plénière à tous ceux nui, ayaaft
ivmpli les conditions d'usage, visitcroat ré|lise4le Migné le tr«Msîènedi<-
SMDche de TA veut (jour de l'anniversaire). Enfin , dan» son Bref du 18 no*
vembre 1827, le souverain pontife déclare guê, personneUcment et d'upres
son jugement particulier, il est persuadé de la vérité du miracle» NoBlSQiDl
tua, niVATo jumcio nostxo, ita srr msoksom. Tont cela, M. l'abfoé, n'an-~
nonce pas que S? Sainteté ail traité de jonglerie Tapp^irition qui a eu- Ikti k
Migné. »
M. le maire de Migné expUqne ensuite le& principales
flippante d'un des commissaires, dans l'es^éte
•rdonnée par M. l'évêque de Poètiers. Ce commissaire est
Bi* Boisgii-afnd, protestant et professeur de vkkjsiquef à
Poitiers y qni n*a pu trouver de raisons natareUes pour ex-^
pliqocr ce phénomène. Enfin M. k maire de Migné Anit
en deniaudanl à M, de La Neufville, s'il seroit tenté d'at«*
tribner au hasard les circonstances si reusarquables qiû ont
accompagné l'apparition :
« Ce seroit donc par hasard qu'qn pliciioniène jusqu!ici incxplicabie st
l^cùt montré , ]e 17 décejiabre ib'^é , précisément le jour où il y aurolt eu
a Migné une cérémnnïe religieuse qui devoit attirer un nombreux concours
de peuple. Ce seroit donc par basiuxl que le phénomène auroit pris la
fermé u'one croix parfaitement régulière, tandis qu*». ectte céréinenifr rdt-
giease ayoit pou» objet «ne plantation: de croix. Ce siroit donc par h»*
«trd que le phénomène se ^roit niontré. U)nt a coup, au in^Dlent n)éme
o^kM pi»dicate«r parloît de la croix apparue à Constantin. Ce 3croit donc
JfMff hasard que le phénomène, en forme de croix parfaite, seroit venu se
placer horizontalement dans la direction du comble de Féglîse, ayant son
pied comme attaché à une perpendiculaire qu'on auroit élevée au soniinet
du pi|;non. Ce serok donc* pat hasard encore qoe, contre toatee le» lois
( 311 )
de U oMwre , c^tt croix auruit conservé m iném« posil km pendanl eptifOA
une devirheatQ, (Quoique suspendue dans Tair^ tandis au*il est reconnu
^ pbysîque c[ue Tair est toujours en mouvemuit , et entraîne avec loi tous
les oijets qui spnt abandonnés à son action. Ce serott donc par hasard,
enfin , que le pkénom^ne auroît disparu au moment du dernier acAe, bien
rçnarquable, de la cérémonie, la bénédiction du saint Sacrement. Que de
lKiaards!i>
Cette nouvelle Lettre de M. de Cui-zou mcVite d'être
jointe aux pièces déjà publiées sur cette affaire ; elle a été
impriidée k Poitiers, cnez fiarbier, in*8'* de i5 pages.
IHOUVEUEiF^ EGCIiésiASTIQUËS.
Rome. Le lundi i5 mars, le souverain pontife tint^ ait
Vatican, un consistoire secret, où il proposa aux églises
vacantes :
Au patriarchat de Jéruf'alem in part,, M. Daulo-Auguste
Foscolo , ancien archevêque de Corfou ; à rarcbevêché d^
Gorjou, M. Pierre-Antoine Nostrano, grand - vicaire , curé
transféré de l'évêcLé de Leuca aussi {/ij?ar/., nommé nonce
apostolique en Suisse; à rarchevêché de Nazianze in part.,
M. Jacques-Louis de Brignole,, Génois , nomm^ nonce eu
Toscane;
A Tévêché de Goiia, M. Raimond Montero, tmnsféré de
l'archevêché d'Hiérapolis in part,; à Tévêché d'Acciuapen-^
dente, M. Nicolas Belleti, cuanoine curé de la catnédralè
de Gésèné ; à Tévêché de Ripatransone , M. Philippe Appi-
giianesi , recteur du séminaire de Gingoli et cure de la ca-
thédrale; à Tévêché de Sarsine et Bertinoro, M. Jean-
Baptiste Guerra, chanoine pénitencier de Ravenne; à l'é-*
vêché de Ghiozza. M. Antoine Savorin , prêtre de Padoue;
à Vévêché de Spalatro, M. Paul Mios^ilu, prêtre de Màcars-
ka; àTëvêçhé d(ç Zagra^b,!M. Alexandre Alagovich, prévôt
de cette cathédrale; à l'évôphé de Gsanad, M* Antoine Torok,.
Oa
( 212 )
flbbc de Sle-Mai'ie àe Butia et prévôt de la cathe'drale de
Gsanad ; à rëvèchc' de Panipelune , M. Xavier Andrîani ,
clianoine d'Huesca ; à révêclié de Ceuta, M. Jean-fiaraf;an ,
chanoine de Tolède; à révécbé de Syra, M. Louis-Marie
Biancis, transféré de Gkonat in pari.j à l'évécké deScio,
M. Ignace Giustiniani, transféré d'Eno in part,; à l'évêché
d*Eno , M. Ignace Ga6si , prêtre d'Agrigente , et à celui de
Ghrysopolis aussi in. part,, M. Andre-BenoU Ktoiigiewicz ,
chanoine de Yilna et nommé suffragant de cette église.
Dans le même consistoire , le saint Père, après une courte
allocution , créa et déclara cardinaux dé la sainte Eglise
Romaine, de l'ordre des Prêtres, M. Thomas Weld, ne à
Londres le 22 janvier 1773, évêque d'Amycles et coadju-
teur de l'évêque de Kiiigston dans le Haut-Ganada, et
M. Raphaël Mazio, né à Home le 24 octobre 1765 , asses-
seur de rinquisition; etde Tordre des Diacres, M. Dominique
de Simone, né à Bénévent le 29 novembre 1768, maître de
la chambre de S. S. Le Pape réserva huit cardinaux in
petto.
Paris, La dédicace et la consécration de l'église de Bonne-
Nouvelle ont ejj lieu le jeudi 25, ainsi qu on l'avoit an-
noncé. Gêtte cérémonie , une des plus belles'de l'Eglise, se
compose de.tjrop de détqtils pour q^ue nous puissions la sui-
vre aans toutes ses parties; nous nous bornerons aux cir-
constances principales. M. l'archevêque est arrivé un peu
après sept heures du matin. Les reliques qui dévoient être
mises sou£ l'autel avoient été déposées dans la maison des
Filles de la Gharité, vis-à-vis réglise; là, on a récité les
Ssaumes de la pénitence. Le prélat étant retourné ensuite
evant l'église, a fait trois fois les aspersions en dehors;
après chaque fois, il fràppoit à la porte, en disant comme
le jour des Rameaux : uittolUte portas.,. Un diacre resté seul
dans l'église lui répondoit. A la troisième fois, M. l'arcbe-
yêque^est entré avec le clergé. Il a fait des aspersions dans
tout l'intcrieur, à consacré l'autel, y a déposé lés reliques
qu'on étoit allé chercher processionnellement et a fermé le
sépulcre; le tout étoit accompagné de prières analogues
aUx différentes cérémonies. Les bénédictions , les encense-
mens, les onctions sur les murs,' les portes et les piliers,
étoient entremêlés de prières. M. l'archevêque a fait de
l'autel une pieuse exhortation, pour engager les fidèles à
(ai3).
enti'efrdim& l'esprit de l'Eglise et à venir .souvent dans ce
lieu prier pour les besoins de la religion et pour ceux* de
l!£tat La cérémonie n'a fini que vers raidi; M. l'archevê-
que s'est retiré pour se. reposer, ayant toujours été en ac*
tioh pendant près de cinq heures , et perpétuellement oc-
cupé à parcourir l'église et à en bénir et consacrer les
diverses' parties. Il étoit monte douze fois à l'échelle pour
faire aux- piliers les onctions prescrites.- Le prélat s'est ao»
quitté de toutes ces fonctions avec autant d'aisance que de
Ï>iété^ prononçant les prières de manière à en faire sentir
a beauté. La. consécration de l'Eglise terminée, M. Tévê-
que de Samosate a célébré la grand'messe , qui n'a fini qufà
plus de deux heures. M. l'archevêque de Bourges, M. Vé-
véoue d'Evreux, M. l'ancien évêquc de Tulle, M. l'évêque
de Tempe ont assisté à la cérémonie , ainsi que MM. les pré-
fets de la Seine et de police, et M. le maire de l'arrondis-
sèment. (Jn grand nombre de fidèles suivoient avec intérêt
les détails de cette longue cérémonie ; les lecteurs qui vou-
dront en avoir une idée pourront consulter le Catéchisme de
Montpellier^ III* partie, sect. IP, ch. VIII; non -•seulement
on y donne l'ordre et la suite des diverses cérémonies, mais
on en indique la raison, le sens et le but. Nous n'avons pas
besoin de. dire combien cette consécration étoit un événe-
ment heureux pour les bons fidèles de cette paroisse. Privés
d'église depuis long-rtemps, et resserrés dans un local étroit
où. les cérémonies ne pouvoient se faire a'^c dignité, ilb
auront sinon une église telle qu'ils auroient pu le désiirer
relativement à la population, du moins un édifice décent.
L'église se compose d'une nef assez large et de deux bas-
côté^ ; seulement la nef est un peu courte. Il étoit impossi-
ble 4e l'allonger, puisque l'église se trouve entre deux rues.
On dit qu'il est question d'ajouter à gauche une aile où sera
la chapelle de la sainte Yierge ; il est à souliaiter qu'on
Yéalise bientôt ce projet.
— Le lundi saint, à une heure, il y aura à St-Sulpice
l'assemblée de charité qui s'y tient annuellement ce jour-
là , poui» l'œuvre fondée en faveur des enfans délaissés , par
feu M"*^ de Garcado. M. l'abbé de Guerry fera le discours ,
qui sera suivi de la bénédiction donnée par M. l'ancien
évêque de Strasbourg. M"** la princesse d'Hénin et M™* la
comtesse. d'Aramont ont été nommées par Madame, du»-
( ^14)
chetM àt Berrî ^ pont faire la qaéte. On peut leur adi^âser
les dom f on à M** la cotnleiee de Sabseval , tréeonère de
Tieavre, roeN.-D. detCbamps, n* 17. LespauTret enfanas
d^aiisët ne tabsîstent pendant Fêté qae do la quête du
lundi MÛnt; une telle cauvre doil intéresser les ame» pieu*-
ras et d^aritables.
«*^ Yoilà que Ton recommence à cricfi* contre la congre^
gation. On aroit consenti A l'oublier un peu pendant le
ministère Martignac, ou du moins on en parloit moins. Mais
aujourd'hui elle a repris tout son crédit; cela est sûr. C'est
peut-être elle qui a soufflé le discours du troue» et elle a «a
une influence incontestable sur les dernières élections. Déjà
ou nous rend compte de ses réunions les plus secrète*.
NouspMiPoni assurer, dit la Gazette des cuites du 212 et s3
mars, nous pouvons assurer que MM, de Frénilfy et Dudokont
été reçus meméres de la congrégation le dimanche i4 mars
eoufmnt.. . Yoilà qui est bien positif; on tous assigne le
jour, le lieu; eh bien! par malheur, il se trouve qu'il n'y a
pas eu de congrégation ce jour-là. Le rédacteur a même eu
le secret d'accumuler deux ou trois faussetés en deux ou
trois lignes ; il dit que le Père Ronsin a prêché eu CetVe
occasion, et il va même jusqu'à citer le texte du discours*,
tant il est sur de son fait. Or, il est à la connoissance de
tout le. monde que l'homme respectable qu'il indique n'a
point paru à la congrégation depuis plus de deux ans. Nous
pouPons donc assurer -que l'anecdolie certifiée par la Gazette
est une double et une triple imposture, dont mM. de Fré-
nilly et Dudon seront sans doute plus étonnés que personne.
— Un ecclésiastique estimable vient de mourir dans un
4çe avancé, c'est M. Armand-Louis Le Juge de Bouzon-*»
ville. Il avoit embrassé d'abord la carrière militaire , et y
servit avec honneur. II fut même marié , mat^ ayant perdu
sa femme, il entra quelques années avant la révouitidn
dans 1 état ecclésiastique , et s'y distingua par sa piété. Il
«e servoit de sa fortune pour favoriser- de bonnes ceuvres et
pour soutenir des communautés pauvres. Ce fut lui qui
K>urnit les fonds pour rétablissement des jeunes clercs de
Saint-^Sulpice en 1786; il acheta une maison rue Cassette,
et fut, avec MM. Nagot et de Tersac, un des fondateurs
de cette institution que la révolution devoit bientôt ren-»
verser comme tant d'autres. Il émtgra, et accompagna
( 3*5 )
aiicl<|iie temps ^n Alj«ttiwi« ia.fnrînceMe Louise AeComèéf
ddnt il ^toit le directeur. Il s^ntéressa à k Bociélé eattsastc
du Sacré-Cœur, dont nous avons parlé, n° 1268, et lut
Srocura d^onorables appuis. Depuis, étant rentré en FrancCi,
y continua à se livrer aux bonnes œuvre»» Le Koi le nom*-
•nia , il y a quelques années , à un canonical de Saint-Dems ,
«nais le séjour de cette vtUe ne lui convenoit pas ^ ii dofiM
Sâ démission et ne conserva que le titre de chanoine liotio^
raire* Il étoit supérieurdesCarnaélitesdePoxitoise^etpré-f
^a en cette qualité, le 7 mai 1822^ à la trav station des
reliques de Marie de Tlncarnation dans cette vîUe. M. Vé*
vêqaé de Nanci lui avoit donné des lettres de grand-vixr^re.
M. t'a^bé de Bouzonville est mort à Paris le 25 février
4erniar, dans sa 84^ animée; il^t^it cUevalier de St-Lbuis,
et avok émigré peadant la re' vol ulion.
— Nous avions exprimé le i^ret de ne pouvoir ckef
&ns ce journal le beau morceau que BI. rabbé de Maccar-^
tby a consacré dans un de ses discours à la mémoire ip
Mu le cardinal de Giermont-Tonnerre. L<^sque nous nédi-
çeâmes notre article, dont l'insertion fwt retardéepar q.nel*
qiles cirefonstances , la session venoit de s'ouvrir, et tout
nous senibloit présager des del)ata très-vifs et un surcroît
de matériaux sur la politique, qui nous forcerpient à nous
jresserrer sur les autres parties ; mais depuis , r<Hi'donnance
de prorogation nous laissant un peu plus d'espace , et pluf^
sieurs personnes nous ayant exprinté le regret de ne poii^t
trouver dans nos numéros l'éloquent morceau don t i l b ém t ,
XkOtts l'oiFrons Aujourd'hui à nos lecteurs. C'est dans le ais-
eours du mercredi des eendres^ dans la cathédrale de Tou^-
liouse , que M. l'abbé de Maccarthy amena , de la manière
la plus heureuse , l'éloge du cardinal mort trois jours aupa-
ravant et qui n'étoit pas encore enterré. Le texte de son
«ennon étoit les paroles même de la cérémonie du jour ;
Mémento, homo L'orateur, développant cette terrible
pensée , l'appliqua ii la perte que venoit de faire l'église de
Toulouse : ,
(( TvadÎB «fne mn voix proclame ici ces sévères jugeiuens de UîieOj les
rO0p».<{tte la mort frappe au milictt de nons en parlent plus haut que BMfs
distonr». Que ne ftoos disent pas, mes Frères ^ ce deuil de nos temples, re
•vide <k% 8ânct«imrc , ce palais enveloppé de crêpes funèiares , ce son itjgubre
de 'rainiifi, q«i d'heure en heuM tonne autoiu' de nouS| ceUc tristesse
( âi6 )
peintt «ar tous let TÎMgCfl? Hélas! où eat celui qui pr«kMtêft.€e lieu à
Tov religieuMi âasemblée», dont la piélé raiâmint Totre foi tt hopoEoit la
pourpre romaine , dont la présence et la bénédiction dévoient soutenir et
encourager notre ministère. O puissKnce inévitable de la moM. I nue peu-
vent contre elfe la naissance ta plus illustre, un nom célèbre dans rtiistoiie,
les tiVres, le^ honneurs, les dignitéi luéme les plus saintes, accumuléws sur
une Cèle vénérable , le rong le plus élevé dane l'Elise et dans TEtat? Que
peuvent contres ses atteintes les vertus, les talens, les long» travaux, um
vigueur et uDe incroyable activité dVsprit conservée toute entière jusque
dans l*àgè le plus avance , une intrépidité de courage qu'aucun péril iré^
tonna jamais , le poids de h charge pastorale soutenu avec un zèle inlâti*
gable jusuu'à ^extrémité de la plus longue carrière , une fermeié d'anie sa-
périeure a tous les obstacles, à tous les accideos, à toutes lee donkeuni ; la
vieillesse, l'infirmité, la nature même vaincues; de grands et nouveaux
services rendus au milieu dus plus cruelles souffrances à ce vaste diocèse»,
objet , depu's dix ans , de tant de sollicitudes et de taiit d'amour ? Que ser-
vent la vénération des peuples, l'affection et le dévouement du clergé, let
tendres soins d'un frère que les nobles et touchantti qualités de mn eeeuv
•t une parfaite conformité de sentûnens et de pensées refldent plot dm en-
core que les liens du sang et de la nature ? Que servent nos pleurs , uoe sup-
plications et nos vœux? O mort ! ton heure est venue , et cette illustre vic-
time eèt marquée pour le sacrifice. »
» La voict , mes frères , ^nié heure futaie , où 11 ne riste plus d*aufve vé-
ritable graiideur que cello du chréyen , où toutes les choses humaines ê^i-
vanouissent, où le monarque comme le sujet, le pontife commelesinole
I que J
momens npprorkent ; venez , chrétiens , contemples votrt pasteur i
et ciondoisMt*le tout entier! Quelle sérénité et qutrU&pi^v^ ! quelle vdigiou
4kicèrol aod ptdCbnd rMuetHeofent et qiMl i^e^ec^ ei^ pt^t^ence des adqra-
blés mystères ! £ntendcz-]c confesser hautement sa foi , épancher son ^fBOOr,
exprimer nvec transport sa vive et humble confiance en la divine misérr-
cordc. Entendez-le surtout s'écrier (paroles touchaitfes jpiôur vousyqtt*il
n'emporte qu'un regret eii quittant la terre, celui de s'arracher à unira»-
peau chéri fui^dotmé, dit-il , immtde consolation àmoi» ippcomt,yi^xtL le
bénir tout ce qui environne le lit de son infirmité, serépanore eu* témoi-
gnage d'estime cl de tendresse pour ees prêtres, pour ïe vénérable clergé de
la métropole, et par une dernière instruction, comme son divin mtfltre,
recommander l'union des cceurs , et cette chaiîté cpû eut le i^ Um lU impm^
fscHon et ta plénitude de toute la loi.
» Enfin , api^ qu'il a cessé de parler aux hommes» et pcndaiit. qarsp»
ame , recueillie en L)ieu , s'unit aux prières de l'Eglise que ron récite autour
de lui , il expire paisiblement a^us agonie et sans effiirt, et semble s'étfe
endormi d'un doux sommeil.
» Ainsi vient de finir au milieu de vous, comblé de di^Hlé et plein.de
jours, un augus^3prince do TEglise romaine, duui la viefut a^léft.de grands
orages, qui eut de grandes occasions de déployer un oonragc nag^iianime,
qui sut braver la mort, soufiirir l'exil, les privations, les pcnécotions Itt
plus cruelles , pour la cause sacrée de la foi. Pai ont d'un souverain i
( 311 )
il eut rhoAnenir' de concourir à l'élection de deux .antres, et il fut victime
du dévoneniênt qui le conduisit une seconde fois k Boiiie pour remplir cet
tpén
fous les.intérêlsde la religion, d une fidélité inTioia]>|e à son Koi, (f'une
folllcitude sans bornes pour les soins du troupeau que la Proyidence lui
«Toit confié. •
» Avec lui disparott le dernier reste de cet antioue épiscopat' français»
dont la gloire sera immortelle dans les.annalesde l'Église; (£ui compta tant
de généreux confesseurs de la foi et tant de martyrs; qui se dévoua tout
entier, sous le poignard , pour la défense de la rérité catnolique'ét pour le
saint de l'Etat, et qui , préférant -tous les maux à Tapostasie et au parjure \,
a'enievelit glorieusement sous les ruines de Tancienne monarchie, dont il
ovoit été le plus ferme soutien. .,
9 Falloit-d , mes frères , que reparoissant après une longue absence parmi
TOUS, je dusse commencer mon ministère par un si doulohréux hommage
rendu a la mémoire de celui qui m'avott appelé pour vous rompre le pain
de la parole , et dont j'avois espéré que la présence animeroit ,* que les con-
seils cbrigeroient mestrayaux. G'éLuit donçlui qui devoit fournir à nos^iisr
cours une si triste confirmation du terrible oracle que l'Eglise publie au-
jourd'hui dans tous ses temples, et grave pour ainsi dire avec la cendre sur
tous nos fronts; que nous sommes chargés, nous prédicateurs évangéliques,
de graver à noire tour dans les esprits et dans les cœurs : a Qui que tu sôisj
». 6. homme l. quelque rang que tu occopesdans la société humaine, quelqiies
» dons que tu aies reçus de la nature ou de. la grâce , sonvienft7toi que tu
» es poussière,- et que tôt ou tard tu rentreras dans la poussière dont, tu es
»tortu Mememo, homo.Ti
— ^ On a fait, dans ces derniers temps-, en France et àilr
leurÉ^ des tentative en làvcar dn'^titarîage àxM{ prêtres'.^ «c
la révolution , qui «uroititu de'gouterifan^ats dun tel svs.
tètne , âeinble.au contraire avoir enharai ses'partisain^. Il y
a plus de vingt ans, il. nous vint d'Allemagne un écrit dah<i
ce sens, sous le titre de Correspondance de deux eàclésiastî"
ques sur cet$e question : Est~il temps d'abroger ta loi du. céUbaX
des prêtres? în^i 2, Cet écrit fut attribué à l^bbé'Henry, curé
à léna; nous en rendîmes compte dans les Mélanges dt pki-
iosophie, tome lU^ mge 361. Plus récemment, on a essayé
sur les bords du Rliin de provoquer l'abolition du célibat;
Des professeurs à l'université de Fribourg, en Brisgan, ont
rédigé un Mémoire pour la même fin. L'université de Fri-
bourg DC passe pas pour être trop rigide dans ses principes.
Elle se montra , il y a cmarante ans^, assez favorable aux
innovations de Josepn II. £n 1 798 , elle donna , ou du moins
plusieurs de ses membres donnèrent une consultation en
(ai8)
fav4;ur de IVgli^ ccinsûiiilioiuielle de FxjmtiSf EnQn il.| i^
4eiu aqa* <Us firoCeMtari luuuiMel» se sont joiais 4Wferai
habitait de Fribourg, ont ^éteolié tnnt petHuNM )io«-
fUbolîtion du célibst; l'an^ éteât adrenëe «lu gV«tid dttc de
Bade, soitvefmia du pays , Vautre à la chambre des Et^u
du |a^and duché, et la mcnière à t'ardievêque de Friboui^
Un Mémoire parut à l'appui de ces pétitions. Il faïkt dtn
d'abord ifue les pëtîtiomMHres n^ëtoient pa iat eeclémisti-
ques. Us prétendent ({i»e leur principal motif est de ituiimei^
le zèle et la piété dans le cler|{é du pays de Bade; mais U
moyen qu'ils proposer ne (a&t pas opnneur à lewrdiscMv
aement et à leur prévoyance. On lear a répondu dans phi<*
sieurs écrits , entr'autres dans deux artkles du CatkffUftie,
journal qui s'impriuie à Spire , et daAs une 'brochure qui a
paru à IleidelIiMrg. Les deux articlies et la brochure e;iamî^
lient le Ménoire des professeurs, diseateni les textes de
rScrittire ailégnés par eux «t les argumens qu'ils ayoient
invoqués à Tappui. Ainsi ils avoient prétendu faire venir la
discipline du célibat ecclésiastique de quelr^ues Institutions
palteanes et judaïques etdfis idéed philosophiques répandues
cbek ««rtaÎRS peuî>le8 de l'Orient. Mais , s'il fallott «ondan^
ner tontes les institutions dont on retrouve quelmies traces
dans te paganisme , il faudroit proscrire aussi Te marfa^^e
des prêtres, qui étoit en usage dans toutes les religions
païennes 9 et r^ui avoit du être adopta' là surtout, où. les
fn^êtres forooesent des eastes héréditaires. Si , daus tous les
siècles et chez tous les peuples , on trouve le respect pour la
coatinenee, cjette idée seule , au milieu de tant aégaremens
et de corruption , ne pouvoit venir qcuî d'un sentiment na-r
turel d'admiration pour le courage qui faisoit triempher du
penchant le plus impérieux. Il étoit digne du chrisUanisinc
de s emparer de œ sentiment, en établissant le célibat ec-
clésiastique, de rendre ainsi le sacerdoce plus pur et plus
honorable, et en le dégageant des soins du siècle, de k
rendre plus propre à ses augustes fonctions.
NOlJVKLTiRS POLrnQUÉS.
Và9»* On a tu beau piélciidic que M. .le Villcîc n'étoil Tenu à Parii que
( 3i§ )
jppuK f tonir ou en^Mit tar Iibs SomU de bsptéaMi. pefftfoniie n'a rtahâ c
sentir à ne voir en lui qu*UD Mrrain. U parott, tu dftt, «niedcpiutg
arrivée on sW oocnpéde qiid<|ue cennbinaiaoïi Mir mMfter le ma
qoes Yieilles préventioas qui ont fait craindre qu'ils ne tombassent à ieyr
tCM&r dans ia dispute, au sujet d'une prérofotSye saoéb qui doit Mre peur
tout le monde incontestable et sans controle. Le lait est que, malgré le
départ prochain du ministre de la guerte, malgré les justes mèotàh que la
Muté de M. le garde-des-cceaux. le force d'alléguer pour ta retraite , on
semblé avoir trouvé plus d'inconvénient que d'avantage à introduira dâna
le iniaislère la modiucation «u peu large dont on avoit parié d'abord* Il
poMrroit donc se faire qu'on se bornât à prendie en- considératîea l'état db
ta aanté de M. de Courvoisîer, qui est réellement très précaire»
— Le Courrier français se plaint douloureusement dtt ce que les députés
du côté droit de la chambre obtiennent tout ce qu'ils veulent de la liste ci^
vile, en faveur des arroadiasemeos électoraux qu'ils #epféaeotent, tandis
' aue les autres ne remportent pas à leurs malheureux cummeitans le mmn*
dr^ ^etit présent. Que rondure de là , Mnon que MM; les commettansent
tort; de ne pas mieux choisir leurt nlandataires? Ils doivent bien sentir
qo'en se donnant des députés 6ers et boudeurs, qui ne veulent approeher
ni du ministère ni de la cour, ils n'auront nos en eux les •;fens les plus pro«
pru* à Caire leurs commissions. £n bonne legle, le gouvernement n'est pas
obligé de courir après eux pour ^ur demander ce qui peut leur faire pkiî^
air {c'est à eux à le dire. Que les .commettons ne viennent donô pas 'gémir
et se lamenter de ce que leurs députés ne sont pas heureux et se leur por«*
tent rien de la part de la liste civile. S'ils tiennent à ce aue leurs-oommis-
aiona soient bien faites, qu'ils commencent par mieux cnoisir leurs cOm«*
niissionnaires» Si , au contraire , ils n'ont be»oiii de rien ^ qu'ils ne se tour-
ineBtfnl.pas pour en chercher d'aialres aux psocbaines deeUnae^ iU ont
leut- juste ee qu'il leur fiiut. « ■ k
— Depuis ^ue M* l'abbé de Pradt a choisi le Courtier français pour sa
chaire de vérité , ses travaux apostoliques ne sont pas toujours des plus
cdifians , comme bien vous pensez ; et nous connoissons «a Ptiit*-€urémê
qui vai]tf mi^ux, à coup sûr, que celui qu'il nous prêche cette «nnét. Dans
ce jQOOient , il est fort occupé à nous faire peur. Il nous raconte que dtt
temps de Charles \^ la vil!e de Londres décidoit dqà du sort des trois
rOtjatRnés, quoiqu'elle no comptât alors que cent dnquanre inille habitans;
puis il nous prie de conclure nous-mêmes ce qu'elle seroit en état de faire
maintenant avec ses treize cents mille ames.^ « Si ce colosse, dit-*>il^ se met«
toit aujohird'hiii en mouvement, il écraseroir, il broieroit tout. » Jkisqtie-là,
Dieu merci, c'est une affaire qui ne itegarde que MM. Icj Anglais; tant pis
pour eux si leur colosse se met en mouvement. Oui , mais attendes : vous
ne savez pas où le rusé piélat vent en venir. Vous sentez bien qu'il n'est
pas homme à dépenser ainsi de la statistique pour rien : Son but est de
vous faire observer nue nous avons aussi un colosse , «t de vous prier d'y
r^ischir» Il n'est , a la vérité , que de neuf cents mille âmes , comme
M. l'abbé de Pradt le remarque très- bien ; mais quel motif de sécurité
peut'-on tirer de là , sinon que nous serions. un peu moins briséâ et broyés
( 2^6 )
^iM Ict Ahg)«ft? C'est bien aatei , ma' foi , do l'être six foi» plus que iifpi
niÂeareus voisins ne le ftirent du tenips de Ghiirles l^ ; et certes , l'aTer^
f îs sera c nt est toffjoitrs bon à nous donlier. De son côté, 'la jeunesse pen-
aenM, qui lit trés-attcntivement le Courrier frànpair, y réfléchira dana sa
aagesse ; et si elle vient à ineitre le colosse de M, Tâbbé de Pradt en mou-
vement-, elle le remerciera, sans doute, de lui en avOir donné Fbeorense
iàé».
— Sur la demande de M. le^sous-préfet de Sistéron , le Roi a accordé one
somme de âoo fr. aux dames de charité de cette ville , pour le soulagement
de la classe indigente. En reconn'oissance de ce bienfait, une messe solen-
nelle â été eêlébrée pour S. M. , le dimanche 31 mirs , dans l'église parois-
siale de Sistéron.
•-- Sur la demande de M. le vicomte de Conny, député de l'AllieT, le
Boï a' accordé une somme de 600 fr. pour les indigens de ce département.
— <- S. M. a donné aussi , sur la tlemandedu hVême député , une somme de
3oo fr. ,'pQur la réparation de Téglise de Yerntisse, arrondissement de
Gannat.
— Masavb, duchesse de Berri, a donné aoo fr.'pour les pauvres de la
commune de Varion (IsèreV
— Samedi dernier, M. le Dauphin a passé, a^nx Champs-Elysées, la
revue de départ des deux bataillons du a8* régiment de ligne, forts de 1714
hommes /qui vont se rendre à Toulon. S. À. R. est passée dans tous les
ran^ , et a parlé à un grand nombre d'bffiriers , de soas-officiers et de 'sol-
fMurfie
comte 4
distribuer un demi-litre de vin à chaque homme.
— Une ordonnance du Roi, du aô mars^ porte qu'on sous -secrétaire
d'Etat sera'attaché au ministre de la guerre , et qu'il sera chargé du person-
nel et de toutes les parties du service qui lui seront déléguées par le minis-
trei Une «utieordoMBanoe'du même j^ur nomme à ce poste M. de Nom-
père, vicomte de Champa^hy; maréchaP-de-camp, aide^e*camp de M. lé
bauphin, qui et oit directeur dvL personnel de la guerre.
— MM. Foruier et de Noailles, cooteillerd à b cour royale de Grenoble;
aont nommés présidens de chambre à la même cour; M. Brenet , sabsliîot
de M. le procureur-général près la cour royale d'Amiens, devient conseil^
1er à bdite cour, et est remplacé par M. le vicomte de Sésur d'Aguesseau ,
substitut à Rambouillet.
— Une pension de 6,000 fr. vient d'être accordée par le Roi , sur les fonds
votés nar la loi de la dotatiou de la pairie , à la veuve de M. le comte Vimar,
poi%de France et ancien sénateur.
— Ce n'est que par intérim que M. Benoist , fils , est chargé de la direc-
tion de la dette publique , M. Housel , directeur, ayant été obligé d'inter-
rompre ses fonctions pour rétablir sa santé.
— M. l'abbé de Champeatix, chevalier do Saint- I»ouis; ancien recteur
de l'acadéihie d'Orléans , est décédé le 34 de ce mois.
— M. le comte Pacthod , lieutenant-^éral , o»t mort le 24 de ce mois.
— Un homme distingué par ses sentimens de religion , M. le marquis
de La Londe, est mort le 4 niar9 dernier à Versailles, dont il étoit maire.
Uww-lfwl Le Cordier de Bigors, marquis dol^a Londe, ^toit né à Rooea
^ ( 221 )
•n 17JS9, el.«n1tO;ao.i}arlQ|i)eBt.>deBQW<ai, doBjtil étoîi.uadai prëÉifkfif
au. inomeni de la réTpJvtion. Il émigraet ne. rentra, en France: que lorM|iie
Tordre y: fut .un peu r^bli. Il n'accepta aucun emploi souaBuonaparfe,
t. fut nommé maire de Versailles par le Roi en 1816. Son administrat4on
a été pleine de sagease et de prévoyance ;.la villeJui doit beaucoup d*cm-
beljisaenieiia et particulièrement l'achèvement d'un des bâtiniena cle rkoi-
ptce et la construction de la chapelle de rétablissements Ses acûns pour les
pauvTOs, dont il avoit toujours été le père, redoublèrent cet hiver;. il. fit
un ap|>el en leur faveur, et eut à se féliciter des secours qu'il avoit oble^
nus. Sincèrement attaché à la religion , il étoit , à cet égard , l'enempledtt
reste des 6dèles. Sa fin a été chrétienne comme sa vie, et ses vertus laisse-
ront de précieux souvenirs parmi tous ceux, qui l'ont connu.
— On a exposé, dans l'église Saint- Germaiih-des-Prés , un grand taUeau
de M. Desoriâ , repiésentant le martyre de sainte Foi $ ce tableau est destiné
par M. le ministre de l'intérieur à la ville de Rodez, où cette jeune TÎesge
estTcnérée.
^ — La cour de cassation , présidée par M. le comte Bastard de l'Etang, a
rejeté le pourvoi du sieur Bertrand Coudert , gérant de l'ImUcmieurdeBar^
deaujp, condamné à un mois de prison et ioo.tr. d'amende , pour avoir .pu-
blié et recommandé l'association bretonne. La cour a jugé, 1? que les mots
gouvememeat du.Itoi, dont se sert la loi du 25 mars 1822 , doivent s'en-
tendre du pouvoir royal agissant par ses ministres, et s'appliquent anx mi-
nistres pris collectivement ; 3° que si aucune loi n'interuit aux Français jde
se rciunir etde «'associer pour veiller au maintien de leurs droits, ils ne peu-
vent user de cette faculté sans être soumis à une haute surveillance, etqucf
c'est aux cours royales à apprécier si , d'après les circonstances et les inten-
tions , ces associations peuvent constituer un délit.
.. — .Une ordonnance de la chambre du conseil' du tribunal da:première in-
stance de la Seine a déclaré qu'il n-^f avoit pas lien ^Suivre cottUe M. Otli^
lialigérapt du Drapeau blanc, et contre Mi Henvion, aveeilt,'à l'océan
sion d'un article ayant pour titre : JnMtahIe di»soluti9niie.iaxhambrtbd9é
députés, où l'on^représeutoit cette dissolution comme incomplète, si «Ue
n'étoit accompagnée d'une modification de la loi électorale par ordonnance.
M. le procureur. du Roi a formé opposition à cette décision , et l'aifiûre va
être soumise è la chambre d'accusation de la cour royale.
— L'instruction sur le Mémoire au conseil du Roi est aussi, terminée. La
dUambredu conseil a renvoyé M. Madralle devant le tribnnal correctionnel,
et a déclaré qu'il n'y avoit pas lieu à suivre contre les autres signataires du
9fémoire. M. le procureur du Roi a aussi formé opposition à cette seconde
partie de l'ordonnance.
— Le gérant du National est cité au tribunal correctionnel pour avoir
annoncé que le 23 mars , jour de la prorogation des chambres , le deuxième
régiment de la garde royale , caserne à la Pépinière , avoit reçu à midi l'ordre
de charger ses aripes, et que. les deux régimens suisses de Ta garde royale,
auxquels on se fioit davantage, alloicnt renforcer (a ganùson.de Paris. Le
yattonal n'avoit pas craint, de commencer aon article par ces niots : /Vbu»
pouvons garantir les faits suwans.
— Vendredi dernier, le. sieur Benoverd , avocat du QMe, qui est miaen
cause pour avoir parlé de.changeroent de dynastie, a présenté la défense de
ce journal. La cause a été remise à hoi<aine.
( îia3( )
• «;. 9m «Monniiiot ém (wfict Mi ti m toM o^iAieiCdd vcAtat*^ de pÀaée r
fci)Mllfe tm penomifi ^ai nMtttmt dnu leof* toiMrdt eue è^e indi-
quant le miiiMio , te nom «t r«di«iie dv propriétaire die la T^itare;
< «^ La oour royate a fmiiioiieé, samedi dernier) sud arvêl dans PalFaîre
dt M. Duaand, imprîmeurde Chaifres, appela»! da jotteroent du tôbuBal
de cette vilte, qui l'a ooodamué à imprimer le journal Kbéral intitula Ir
QkmmÊré'Sm^^P'JUêr. La ooar a déchargé M. Darabd d^ celle obligation
et condamné Téditeiir Sellocque aux dépeoa , attendu qu'aucune dtapoei-
tien de la loi n'astreint les imprimeurs à prêter leur ministère , et que , dièj
tem que le» lois leur imposent une reaponsabilité personnelle , cela suppose
la frculté d'aooordcv om de refoser une coopération qui peut mener à un
délit. Ces motib sont conforme» à la doctrine présentée par M. Hemiequin.
On se rappelé que U cour royale de Poitiers n déià ju^ dans ce sens.
•p- La mému question sera soumise le i arril à la cour royaW de HcHieii ,
s«r rappel d'un in^^ent do tribunal de Beraay, qui a coiidamné l'impri-
meur de cette ville à prêter ses yreabcs \youT la publication d'un joumar.
r«* Le trîiMinal correnionnel de Limogés a coodiaimné le sîeur Albin,
ùnprimenr d'un journal intitulé le Contribuable, à 1,000 £r. d'amende
poi|r n'avoir pas Êiit la déckiration de publication de ce journal.
•^ La ooqr royale d'Âix a confirmé le jugement du tribunal correction-
neède Tarascon , qui aroit condamné le sieur Mercurin à un an de priscm ,
pour «voir affiché an placard séditieux dans la nuit du 19 an ao septembre
démîer*
•« La cour royale de Caen » conArroé le jugement du tribunal correc-
tionnel de cett» ville qui a condamné le gérant du Pihtft du Caimadoê pour
outniaes envers M., de 6uornon-de-Rau ville, en sa qualité de ministre.
— La cour royale de Bonrees vient de décider} pour la troisième fois^
qu'on ne peut adopter son enfent naturel reconnu. Elle a réformé dans ce
sens un jugement du tribunal de Saitit*Amand.
• •'**M. ramiralDupcsTé, commoiSdant dci l'expédition d'Alger, est parti
le s6 iHwr Toulon , où sa présenca devient indispensable.
' ^^^ Le colonel Knbaïbi , qui commandoit les Mamelu^^ks de l'^-garde
impériate, a été chargé par le ministre de la guerre du recrutement de
quarante drogmans destinés à faire partie de Texpédition d'Afriqiu. Ces
drogmans seront pris parmi les officiers, sou»H)fEciei« et soldat» «tu corps
des Mamelucks.
^Lcs j^mmaiiK allemands annoncent que les rieurs Siiplùr et CEttlngei*,
widacteurs du Bazar et du Spectre noù>, qui s'étoient permis de mauvaises
pbieamenes sur quelque» actes du rot de Bavière, ont été condamoéa à
passer huit jours en prison , et à faire amende honorable devant le buate
de ce prince.
•^ Le roi de Bavière est passé k Inspruck , le 1 6 m«rs , il se rend en Halie,
sona le nom de comte d'Augsbourg.
•«-.Le marquis de Chaves est moH en Portugal frappé d une attaque
d'àpeplexie foudrovanl^.
»* On a signifié le ai mars , à MM. de Potter, Tieleman» , Bartb^ , Co-
ché-Mommens , Vanderstraeten et de Nève , publicistes belges , l'acte d*»*-
eusatiim qui |rs renvoie devant la cour dassises , à raison d'articles excitant
» un complot qui tendroit à m^vensslr le gonvernement des Peye^B^.
— H y a eu le 24 mars, à 1» chambre des pairs d'Angleterre , une nnu^
( 2J3 >
vcdlia ditcuMiûii sur raffaire deTerrère, pnrsuhv d'une motkm dili
quis Je Cianricarde , tendant à faire adopTer certaines résolutions cttiitn
la conduite du ministère dans cette circonstance. La motion a été lepMt-
sée pat une majorité de 126 contre 3i . Lord Wellington a déclaré, posttiye-
riaenl quéf An^eterre ne pouvoit souilVir qud don Pedro se mtt en posset-
Aon d'une partie acielconque de Tancien territoire de Portugal et surtout
deTercère, qui est regardé comme une position iniportante'pourlé corn-
nf«rce britaTïniquc.
-* Le même jour, en a repris, à la chambre âet communes , la disni»«
sriott sur la détresse do pays. Cette discussion , qui ayoît duré c^uatre nuits»
8*est tarmictée par le rntetde la proposition de confier à un comité Texamen'
cîe f état du pays. 11 n^ a eu pour la motion que 87 voix contie ai5.
— L'empereur de Russie a fait élever à VarsoTic , dans réglise iks Ca-
fMMTRnr, un magnifique mona!)ieut au roi Jean fil (te Pologne , Tainqueur'
des Turcs. -
— D*aprè» des lettres de M. Paiiset» du ^h j[au\^icp, ce médecin, conîi-
Duoit à pàrjCowTir les villages du Delta , rençius accessibles^ par la. rentrée di^
ISiîl dans son lit ^ et observoitpaflopt avec soin lesmafaibes auÂq^elles ri*
nopds^tion donne naissance.
— Au moi« de janvier dernier, U roi d'Esp^gpe a fait réclamer au gou«,
▼e^nement d'Haïti la partie orientitç d^ Saint- Çopiin^ie qui lui apparte-,
^oît iivaiit la révolutiqu dç cette tle. Plusieurs conférences aircc le prési-*
debi; Bpyer furen,t inMtilc$, et t'o^cier e^pagpol retourna à Cu|>9. Pea
»prba Boyer a publié ime proclamation dans laq^uelle i) pi'Oteste de son in,-.
tention de maintenir rindépendancc de tout ce pays.
Le maréchal Couvion - Saint- Cyr est mort, le 17 âc ce mois, aux îles'
d'flières où il Ctoit allé poiu- rtUablir sa santé. Ne à Toul en 17^, il s'étuit
d^abord destînc a la peinture; mais il prit les armes en 1792, nu moment
cfe Finvasion de k France. De volontaire il devint bientôt offi/ier, puis
f' énéi;al en 1793. Il commandoit à Home en 1798, ordonna, la vente des
liens mobiliers de la nouvelle république, et régla Tadministration des.
immeubles. Il divisa le fcriitoirc rcmaiit en deux parties, dont Bomc et'
Ancône étoient les chefs -lieux; sou {<ouverncnieut ne déplut pas seule-
Bo^Oi ^ux Bomains, le diret^toiri; le destitua en 1790. Jiuonaparte remploya
de jiouvaiu et. lui confia des plape» importantes. Gouvion servit àNaples;,
^n AUei4agQç> çn ^Ispagne, ca.Bu^ie. 11 fut obligé d^ capituler à Dreadet
à la Qn v^ iSi3. Rentré en France, il fut fait pair par le Koi.en 1.814 > ^
inc>ntia d^ dévouement p^ndan^i 1^ c^ot jours. Ministre ^e la guerre «a
iJ8i5., pu^ de la marine et ensuite de U guerre en 1818, s<m. administrai
tion a donne lieu à de grandes plaintes. C'est à. lui qu'on doit Urloi du
recrutement. Il fut remplacé, en 1819, par M. de Latour-Maubourg. Il
se retira dans sa campagne de Villiers, où il s'occupa de rédiger des mé-
moires. Une goutte remontée l'a enlevé en peu de jours. Un journal nous
appid^d qu'il est moKt avec covraue. en mtinifrslant des sentmens religieux
dignes de Socraie, Voilà un singulier éloge pour un homme qui apparem-
ment étoit chrétien y ' et qui comme tel avoit d'antres modèles à suivre
que Socrate.
(m4)
. 11 parott à RruxeUes » une fois par leDiaine , un journal aoua le tilre du
Som Génie, Ce journal , destirié a la jeunesse , donne des notions sur les
sciences naturelles , Mir'la géographie, sur la grammaire, sur les usaggeidu
monde, etc. Il y a , dans ces notions, des choses intéressantes et curieuses.
L'auteur parott un homme d'etprit et d*un bon espiit. Il parle rarement
de religion j mais, quand il parle, c'est toujours d'une manière convenable.
J'ai remarqué un article sur le jeune du carême, nue «uecdote sur ce mot
M commun , je ne croie pae parce aueje ne -comprefÊtU pae , Cfuel^ee let-
tres d'un jeune homme séduit par cies philosophes, une oonversatjon entre
deux jui£i, dont l'un s'étoit converti au christianisme, etc. Ces moroeaax
font regretter qu'il n'y en ait pas davantage dans le même genre.
Au surplus , tout le journal est moral et rédigé avec goût ; 11 y règne une
variété propre à intéresser les jeunes gens. Il y a une notice sur Amsterdam
qui est bien faite. L'auteur dit que le vecenscment tie la population de
celte ville , en 1827, a donné pour résultat 200,784 hahitans , dont 100,899
«"alvinistes, 43)2iâ catholiques, 22,363 luthériens évangélistes , 9,845 lu-
thériens réformes , 777 remontrans , 1 ,045 anabaptistes , 287 jansénistes,
18,978 israélites allemande, 2,620 israélites portugais, et. 107 de difierens
autres cultes. On ne peut s'empêcher de remarquer quelle figure font, dans
ce tableau , ces pauvres 287 jansénistes.
L'auteur s'attache souvent à donner des le^ns et des exemples pour
éviter des locutions vicieuses : c'est un service à rendre aux jeunes gens.
Ses conseils sont généralement judicieux et ses explications précises. Cepen-
dant je le trouve en faute en un endioit : ainsi, dans son n** 21 , il ne veut
pas qu'on dise : // y avait sept à hvU hommes dans cette assemb/éof car
cela signifierait stpt honunes et une fraction d'homme. Il faut dire sept oh
huit hommes. L'auteur se f lompe ; cette locution qu'il blâme est non-seu-
lement usitée, mais correcte : à signiBe là environ, et le Dictionnaire de
r Académie cite 1 exemple même que l'auteur prétend être vicieux. Il est
ridicule de supposer que 7 à 8 hommes indique une fraction d'homme ; '
c'est ce que personne n'a jamais imaginé.
Bruxelles, chez Vanderborght , libraire. Le prix est de 9 fr. pour 6 mois et
de 17 fr. pour Tannée. C'est un recueil qu'on peut recommander k la jeu-
nesse. L'auteur propose à ses souscripteurs diverses questions qu'il lésout
dans un numéro suivant.
4Jc^ Qïuw>, "Xittivx te €ittt.
Samedi 3 avril i83o. CN« i633.)
Nûtke sur M. Vabbé JûIIy.^ ' {
■ ■ l' c
M. Toussaint - Félix Jolïyy dpHt uoas avons anndnl^^^^
brièvement la mort, étoit né le:3o mai i^Sg» àMoiyre,;^
diocèse deXhalous, et fut. baptisé le même joui*. Dès sa.
jeunesse) il montra beaucoup de goul; pour: l'étude^ Ses
parenSy qui ét;vient d'honnêtes laboureurs ^ l'envoyèrent au.
collège y à Ghalons. Son application, son intelligence et sur»,
tcmt une mémoire extrêmement heureuse durent favoriser,
ses progrès. IVlais M« JoUy ne se laissa point éblouir par ces,
avantages, et résolut de se consacrer à Dieu dans la vie rq-'
Hgieuse. Il enti'a chez les. chanoines réguliers de la congré-
Sation de France, dite de Sainte-Geneviève, et prit l'habit,
e novice le 4 j^^^7799 dans l'abbaye de. Saint^Quentin,)
de Beauiitais. II. y fit profession le i5 février 1781,. et f ut-
ordonné prêtre le 14 juin 1783, après avoir achevé seji,
études de théologie sous M. Martinet , aujourd'hui curé de
St->Laurent, à Paris, etiiprès avoir soutenu 4es thèses aveC)
un brillant succèsw Sa piété et son bon jugement le préser<-
vèreht également et de la dissipation et de l'esprit de.
n^mveaiité, qui^ malgré d'honorables exemples, sétoie^ijt:
insinués dans.sa congr^ation^ Personne ne fut jamais plus
attache à l'Ëgliçe que M. JoUy, et persbpne ne fut plus,
soumis à sels dédsionà.
Chargé d'enseigner la théologie , soit à Beauvais , soit au-
Yalnle&rËcoUars, autre aUbaye de son ordre, dans le dio-r
cèsc de Langres, il se fit aimer de ses élevés par sa douceur
et par son zèle pour leur instruction. Aussi, quand il fut;
nommé, en 1708, prieur de Gbàtillon-sur^Seine,, l'abbé,
régulier du Yal et les religieux lui témoiguèrent leur re-
gret de le perdre. M. JoUy, qui n'avoit rien demandé.,
écrivit à ses supérieurs pour essayer de faire révoqMr lay
nomination ; mais tout en admirant sa modestie et son desr
intéressement, ils lui ordonnèrent d'accepter.. Il se rendit
donc à;Ghâtillon> et da|is ce nouyeau p.oâte , il se fit. xen
Ihmc LXÏIL V^m de la RcUgiQii el du Rai,- , P .
'%
^-^ c.
( 326 )
iimrquet' pat sa pi'udencc; par un esprit conciliant et par
une sage Termeté. Les aftaires de la imuson étant un peu
tlérangëes, on le pria de se charger aussi de la procure, et
il s'acquitta de cette fonction ayec beaucoup d'ordre et
d'économie. Sa conduite lui attira la considération générale
au dehoi*Sy et lors de la fédération du i4 juillet 17Q0,
M. JolW fat pifié de dire la lae^se et de prononcer le <{i&-
oours. Nous a^ons sous les yeuK c<f discours, <|ui fut Un-^
primé et mi traite de la sainteté du; serment et des obli-^
gâtions qu il impose. Ce discours, tout grave et religieux ,
étoit propre à ramener la cérémonie & son '^éthèk^-ùbjety^
et à calmer pav de «agesa^is l'agitation qtii commençiQfic «>
se manifester dans^ les esprits. Si on s'éionnoit que M. îùihj
eût pris part à utae t^lle eérémonie, il faut sé rappeler q«ie
la constitution cirile du clergé n'étoit pas encore, en tî«^
gueur. On se flattoit toujours^que les innovations proposéa»
ne seroient pas mises à exécution, et beaueoup de bo»s^
ecclésiastiques prêtèrent alors le bâfraient de fidélité à Wi>
nation, 'à la loi et au rùï ; serment qqe M. JoUy coinmente
dans son discours.
' Mais les nieneurs de la révolution snivoient leurs pro^c^»
de destruction ; ils arrachèrent au Roi ^ le 24 ^^^^ ^19^ f}'^
saiicti(Hl de la oonsiitution civile dfi clergé.- La suppressiau
des abbayes et des inonastères fut résolue. On eoît qutlaùe
temps l'espérance de conserver l'abbaye 'd e G^atillon; If»'
veliâieux ayoient- déclaré être dans riatèMimi du conmtùmr
la rifi commune, ils 4evoie|it s^y réunir au nombre de ^o ,.
et on y auroit ouvert un cours de philosophie* La ville de
€bÂtilion<-suiv.Seine fit ton^. ses efforts pour consqrver la
maison. Le conseil-général d^ la commune prît à ce snjeî,'
lo ^ févrieir i<;;9i , la délibération la plus hoaora^'lc pour lea
relideux; 01^ yparloit^é^ sémces imfértiHU qufïliont iomours
rendus à la mile; iU étaient les pères despaw^res, ils sacrifiêiemi
ane partie de leurs rei^enus^ pour le soulagement des paut^res,
ils ne se eententoient pas de fes nourrir, ils leur /ourntssoiens^
dés nfétemens. On fatsoit valoir ausisi la néceasité de conser-
ver une église do«t la ville avoit besoin, et on prioit en
éonsé^uence le 4épartea%ont de la Çôte-d'Or de conserver
lamaisondeObâ^lloii, qui éCoit la seule de chanoines ré*
gttljers dans le département , çonfp^rmémeut au décret, qui
avott d'abord laissé cette espérance. Une pétition fut dres.
'{ 227 )
née dans le même but «t signée unanimement par les auto-
rité* et par \és habitans le 3 avril i79i. Elle fut envoyée à
rassemblée nationale; mais Camus, membre dn comité
eccWsiastique, répondit qu'il ne pou voit y avoir d'excep-^
tiou pour ïea Génovéfains de Ghâtillbn.
. C'est alors .^uè M, Jolly rédigea une Déelaralion datée de
jwn. 1 791 et signée de lui , de quatre autres religieux et de
cinq étudians en théologie. Ils y exprimoient leur regret de
ne pouvoir suivre leurs engagemens, et gémissoient de
rinatilité des démarches faites pour la conservation de la
maî^on^ Cette Déclaration, tfai fut imprimée, est suivie
d'oiUfiUJc et de renureiemens faits à la ville et à tons les habin»
taifS/par M. Jblly, au nom de ses confrères. Il y témoignoil
sa doulem* d'être obligé de quitter la maison et sa recen-»'
noissance pour la bienveillance qu^on lenr avoit témoignée*.
Cette pièce ,. pleine des regrets les plus touchans , fait bon-
near au bon cœur comme à la pieté de M. Jolly* Il nV
à pas.de doute que c'est à l'estime qu^il avoît iiispii*ée ique
furent dus en grande partie les témoignages d'intérêt que*
les babitans de Cbâtilimi donnèrent aux reiigieuK. Dans un*
temps de disette, il avoit fait vendre tout le blé de l'ab^
baye à uh prix modique pour soulager les paavres, et en*
quittant la maison, il avoit eu soin de réc(]^pénser l^rge-><»
ment les domeHicpies , «ans s'occuper de ses besoins pev^;
«annebi'... • •- ''^' '■- ■
• Ën.adrtant de Cbâtillen, ilfnt reoueilli paErunel fanviUe
rioW et hosorable dont il était oooau et estiiyié^ la faimllov
de.Aftesgrigny. Il y passa plusieurs années, se rendant atile
pour L'éducation des en&n9,'et faisant aimer la rdiman'
rr seA exemples plus encore i^ue par ses.léçons» Pendant:
terreur, il fut obligé de qiiiiter cet asile; il se çaeba
dans le bais de Boulosne et se i>éfiigioit'la nuit à?Passy. Il
revint à Paris' après la chute de nobespierre, et rentra/
chez M. de Mesgrigny, où il vivait dans la retraite ^ connu-
seulement de que^ues amis, qui apprécioient son ^excel-
lent esiirit et ^es lieureuses ^^a&tés;
Après le concordat, il ne crut pas pouvoir. rester oisif,
n avoit toujours redouté les fonctions du.ms'aisAèreet son
goût le p(»toi|t 'vers l'enseianement/ILse' rendit k Troyes,
et profeisa la théologie etllBcii|nré:9aîi«tc< au séminaire,
mais sans vétiloir accepter aucune rétMbution* Vne raote
P2
( 228 )
dont il atoit hérité et dont ilavo^t obtenu àa saint Siège la
permission de jouii*, quoique religieux, suffisoit à la modé-
ration de ses désirsv II voulût métne payer sa pension au
séminaire. Son zèle pour l'instruction aes jeunes ecclésias-
tiques étoit infini , et il u'omettoit rien pour' leur inspirer
le goût de l'étude et surtout de l'étude de l'Ëcriture sainte ,
à laquelle il s'étoit appliqué lui- ménie jusqu'à se Tétre
rendue familière dans toutes ses parties. IL aiormé dans le
diocèse de Troyes beaucoup d'elèyes^ qui se rappellent
avec reconnoissance ses soins, sa bonté et ses exemples de
verttts. M. de Latour^-du^-Pin^ évequede Troyes , rfeono^
lOLt de sa confiance, et le nomma chanoine honoraire en
i8o3; et lui-^même ne parloit de ce prélat qu'avec l'accent
d'une profonde vénération. On a trouté dans ses papiers
une petite notice sur le pieux archevêque»
- Pendant les troubles du diocèse de Troves, lors de la
persécution suscitée k M. de Boulogne^ la conduite de
M. l'abbé Jolly fut constamment pleme de sagesse et de>
fermeté. Il resu toujours attaché- à l'autorité de son évê-
que, et «dit fianchexnent son avis sur ce qui y étoit con-
tmre. Le sâninaire ayant été fermé par. suite de la perse-
cntion , M. Jolly revint à Pans , ou il resta jusqu'après les
cent jours. A cette épckiue , l'intérêt qu'il ponoit au séwû*^
n«ire de Troyes l'eu^gea à y reiaurner et à y reprendre
ses fonctions ; mais déjà sa santé déclinant ue lui permettoit
5 lus de les remplir avec la mén^e assiduité , et au bout de
eux ans, il quitta. de xiouveau le séminaire, avec l'agré-
ment de son évéque, et se retira au séminaire des Missions-
Etrangères, à Paris* Bientôt ses infirmités augmentant, il
fut condamné à ne plus sortir. Il essuya , ^n 1820 ,. une ma»,
ladie grave, et se prépara à la mort avec une parfaite rési-
gnation, mais Dieu lui accorda encore «quelques années de
vie. L'abbé Jolly ne s'en, servit que pour travailler à sa
sanctification et pour l'utilitéde 1 £ghse.
• On a de lui deux ouvrages qui supposci^ beaucoup de
lecture, le Mémorial sur ia réf^olution franfaise, 1824, in-12,
dont il y a eu en 1828 une. seconde édition en & vol. , et le
Mémorial de l'Ecriture sainte,' qui est en deux parties ; la
Îremièiie parut en .1825 j en deux vol. in-12 pour Ûéditioa
itinc^avec la traduction, et en un. yolunie' pour l'édition
française; la seconidc; partie vit le jour en 1826, elle est
aussi en deux vol. dans i'ëdition latine et en un vol. pour
le fraiiçaifr Seulement. L'auteur lit beaucoup de sacrifices
pou r/^ cet «.ouvrage, qu'il regardoit comme, fort utile an
.cl^rg/é. Il en envoya gratuitement des exemplaires dans les
séminaires j Peut-être l'auroit- il. rendu d'une utilité plus
l^if^ade en. embrassant moins d'objets ;, mais on ne peut
qu'admirer son zèle et «on dësintëresse«nent , soit dans le
pcbL trèsrinodique qu'il fixa pour de très-ogros volumes,
.sôit dans son empressement à les. donner même souvent
pour rien «.y oyez ce que nous avons dit de ces ouvrages,
-nS*.|oo4f u33, 1317 et 149S. En 189.8, M. Jolly permit à
M. d'£]|auvillez de publier un Abvégé de son Mémorial sur
Ifi réifobétioin, et il autorisa un libraire à réimprimer l'ou^
;vra(ge entier, sans rien réclamer pour, lui «
- L'auieur se proposoit de donner dans lé même genre un
MémoritU sur l'éducation^ et il avoit rassemblé beaucoup de
matériaux pour ce travail, qui n'étoitpas entièrement tei^
'Uûné« On a dû trouver dans ses papiers une foule de
-notes et d'extraits, car il en faisoit sur toutes ses lectures.
)l nous avoit communiqué ses observations sur des ouvrages
noHuveaux , entr-auti-es sur VEssm sur l'indifférence, dé M, de
La Mennais, sur la Bible, de M. Genoude, et sur la Biblio^
ihéque choisie des Pères; par M. . GuiUon. Scm esprit judi-
cieux' et solide UQ ifut^int ébloui dtx Style e^ de taxéputa-
..tion.du premier de cçs écrivains, et il discutoit plusieurs
de ses assertions avec la précision et l'exactitude d'un vé^
{VitàUe théologien. Il trouvoit aussi à réprendre dans la
traduction de la Bible, fit M. Gkhoude, et dans celle des
,|nor<^eaux des Pères, par M. l'abbé Cruillon. Nous ne fîmes
point' usage de' ses observations, par d^s motifs qu'il. ap«
4>rouva.
,, C'est ainsi que M. l'abbé Jolly aavoit utiliser ses loisirs.
Infirngt^ et souffrant, il étoit toujours occupé, ou priant
Dieu,: ou lisant ou écrivant. A moins que d'être plus inr-
conxmodé qu'à Tordinaire, il se levoit à quatre heures du
.matin, en hiver comme en été ; il alloit tous les jours à la
.tribune de l'église adorer le saint saci^emcnt, et y-passoit
quelquefois plusieurs heures à genoux , malgré l'enllurede
.ses jan4)es. Il récitoit toujours le Brétiaire debout. Il eé*-
lébroit la messe quand il le pou voit ^ et c'étoit avec des
"sentimens do foi et de piété qui se uianifestoient par toMi
( ;25o )
ion eUéricurf et suiioat par ses larmes. On ne pottroit
melire plat de sobriété dant M 'n<>urntttre. Toute rAnnét
il ne prenoit le matin qu'un peu de pain, et de l'eau rougie ,
à dîner de la soupe, du Doutln mèlë avec quelques Wgunnes,
et le soir des pruneaux. Malgré la plu» nianvaîse santé ^ il
faisoit uiaigre tout le carême; sans manger jamais ni CHils,
ni poisson ; il leAnoit tous les vendredis.
Au milieu de ses touffranees, jamais ou ne hii voyoit
d'humeur; toujours le visage serem, toujours doux et aifo»
l>le. On ne pouvoit lui parler des besoins des malheureux
sans exciter sa sensibilité , et aialfi|i*é h modicité de son re-
Tehu, il trouvolt encore moyen a'assister les pauvres. Un
domestique pieux et incelligeivt étoH le confidem et ledia^
tributeur de ses aumônes^ Témoin chaque jour des act&iMis
de son maître , il ne pouvoit s'empêcher d'admirer son es-
prit de pauvreté > d'humilité » de sagesse > d'union avec
Dieu. L'abbé Jolly le tràttoit avec une afl^ction particu^
lière, et l'encouragemt à' bien servir Dieu. Telle étôit la vie
de cet excellent prêtre , lorsqtte Dieu Tappekl presque su-
bitement à lui. Il avoît encore cé^bré la messe le vendredi
Q octobre , jour de la fête de saint Donis^niMis il ne put la
dire le dimanche. Le lundi et* le mardi, il sentit de vives
douleurs dans les jambes, on ne s'en effraya point, perce
que c'éto(t à peu près sou état haMtoelf ttiaiy-lnfiéfnmdi
matin, il tomba sans connoissancé , reçut l'extrême^ onc-
tion, et expira à une heure et demie, le i4 -octobre tlhg.
Ses obsèoues furent célébrées le i6, au knilieudW grand
concours d^anciens confrères, d'ecclésiastiques , d'amis et
d'anciens disciples. Tous regrettoient la douceur de son
commerce et la sagesee de ses conseilst MM. du séminaire
des Mts^ons-Etrangères perdoîent en lui un hôte qui s'in-*
t;^essi>it particulièrement à leur ceuvre, et qui se faisoit un
phisir d'encourager leurs jeunes gen^. Le dimanche sui-
vant^ M. le curé des Missions fit son éloge au prône de la
paroisse; Uof^ii perdu son jénaniê, dit-il. Nous pourrions
3oindTe à ce témoignage d'estime les marques de confiance
et d'intérêt aue plusieurs évêques et des ecclésiastiques dis^
tinguéi ont donnés. souvent à l'abbé Jolly, soit dans leurs
lettres, soit dans leurs entretiens. Nous avons vu de ces
lettres, qui sont exti'émenHint honorables pour ce vertueux
prêtre, et qui pi\>ttvent l'idée que l'on atolt de lui. M, le
{ 35* ,.)
cardinal de Glerinoat^Tonnm'e^ aui:aYoit été évèaut de
CbâlonSy lui aygît fait proineitre de \û suivre à Ghalons,
s'il y étbit retourné , comme c'étoit le projet en 1817. M. de
Priliy, aujourd'hui évêque de Ghâlons, le pomma en i8a3
chanoine lionoraire de sa calbédralç. M. de Salamon , évê-
que de Saint^Flour, lui envoya en 1820 des lettres de grand-
vicaire , que M. JoUy ne crut pas devoir accepter. M. de
Beaulieu y archevêque d'Arles, qui demeuroit aux Missions
■dans ses dernières années , étoit très -lié avec son ancien
confrère , et lui a donné dans son testameiit des preuves
d'attachement et d'estime. Enfm M. ïolly étoit souvent
consulté 9 soit sur les études ecclésiastiques, soit sur des
inKàîves <jai îatéressoîent la religion et le cleréé , et aes aris
tàntionçoient toujours auuat de droiture et de sagesse que
îde «èk^t de piété. ;
Son testament est rempli de legs pieux ; il donne 600 fr.
à chacune, des églises de Moivre.-et de. Ly$se , diocèse de
tHhâlons;; i^yooo fr. au séminaire de cette yiilç, ses omeméns
d'église et la moitié de ^on lîjdge à l'h^p'^t^ ié Châtillôn;
: 3!,6oo St4 ^aor une fondation . pieuse dans le dioicese. de
Tro7«s; au séminaire; de Dtton les deux tiers, et a)a. sémi-
naire des Missions le tiers de ce qui pourra revenir sur la
vente de ses ouvrages; ses livreç^en partie au séminaire
;'de Bijo»^ en pairtie à cdlui de Ghâkms ; ses manuscrits à, un
eeciëfiastk|«e- qui 9^t été son ^lève au séminaire de
Trdycs , ctc* Il règle les frais de son enten^ment, pour Ic*-
quei il réclame la ptws grande SI mpCjcilé.
On nous pardapnera de noas être un peu étendu 3ur la
vie d« cedignia prèiney^iue nous aidons eu l'avantaga de
'««nnotttfe ti^ès- particulièrement , et qui nous accqrdoit
c^uelque amitié. 11 s^téressoit vivement à nos travaux^ et
cite M^nwent notre journal dan^ sts ouvrages.
Nous a« pouv^nn mieux: ^nir cet article qu^en rappQrUnt
«l'iitsoriplMm gravée sur èa tomhe «
Hic ûeet . . . . ;,
Tussi^iMj»->Felix Jolly,
Canonicus tejgularis congregationis Gallkanse-,
Sacerdossine mncùlâ, ) ■ ■ '.
Sim|rfex se «înfens Deutti ,
Enutrilu» Teii>it fidei ,; .
Zclmn hubenslcçis^ , ,
( i52 )
DiolinW'iifllIlilab inuitlAi *
Obiîi în ^edibiu seminarii
MiasioDum ad ezteros
Die XIV octobris , anno Oomini' 1829 ,
Annos natus LXX.
' PAHiê. Da«ii le «oRsiatoire du i SiBav^ » où Je Pape a déclaré
trois cardioattx, le saint Père a- fait .leur éloge. et. a rappelé'
leurs principaux titres à cette dignité ;. yoici un extrait de
cette allocution ;
« Xbpnia& Weld, éyéa«us d'Amjcle^ tX coadjtiteur Je Tév^ue du Ha«V-
Canada, est d'uni famille alliée aux premières familles d'Angleterre. Son
père, entre ses autres qualités, étoit recommandaUe par une générosité
telle qa*îl accueillkdes religieuic expulsés de leur/ pays par le nuubeor ^im.
■ tflups, qu'il pQurrut à leur aubsistauoe et qu'il leur fit dpn d^un yaate b^
(tlment, où la plus graade partie de la jeunjesse catholique d'AngklQrre est
formée, aujourd'hui a la pratique dé la religion , aux bonnes mœurs et à k
culture des sciences et des lettres. La charité de cet excellent homme ne se
borna M^nt là. Il fit constraire un monastère pour ks' Tramgle8:fimiçài&
réfugies en Angleterre, et un couvent pou? le«jîeligîeiMes.do la \mttâiûB.t
couvent ou deux dé ses filles vivent encore dans les jpratiques de b piété.
11 fournit avec libéralité a plusieurs églises tout ce q^urétoit nécessaire pot|r
leur décoration et pour la décence du culte divin.
» Emule d'une si rare et si louablo générosité^ Y^rêqat d'Anvdes n'a
rien épargné pou r l'accroissement , l'utilité et i'hoimeur de la relig^ ; c'est
^ là le prewier objet de ses soins. Il s'eçt montré ég^ement toujours piet ^
soulager les pauvres et a consoler les malheureux. Poux ces services, et
d'autres du méine genre , nous nous sommes détermini^ à l'associer au saore
G>llèçe, afin de fournir un nouveau siijet de joie à toua les catholiques de
Fempire tH^tanniq«|e,'qui sa féKeit«Dt de la piomulgatlMi ràcentt de lois
plus favorables pour eux ; évèmeraent dont nous jrendpDs gr^oe à l'autear
île tout bien^ »
Le saint Père expose ensuite les titres de M. Dominique
de Simone, qui, adinis dès sa jeunesse parmi les prélats ,
fut successivement référendaire de là signature ^ Ukembre
de la consulte, gouverneur dé plusieurs villes de TEtat de
l'Eglise, chargé à Rome des atralre9 militaires, préfet de
V^nnone et enfin maître de la clianibie; tant de chargçss
( ^353 )
t«iiB»lîes'avec saooè» peiidaiit trente- huit fths ont paru à
S.iS. luimériter les licmiiéurs du cardinalat. Le-«aint Père
rappelle' aussi les< titres de M. Raphaël Mazio ; son esprit
fet ses connoissances le firent choisir pour accompagner en
^France le cardinal Gaprara^ légat.: Il s appKqùa sans relâche
,aux affaires qui lui étoient confiées. Il en agit de même
quand, ayant été adjoint au cardinal Gonsalvi, qui avoit
des missions importantes à remplir auprès des souverains,
il alla successivement à Paris, à Londres et à Vienne. De
retour à 'Rome, il fut secrétaire des lettres latines. Gotnme
pn connoissoit son talent pour les négociations , il fut asso-
^clé au cardinal Spina, qui se rendoit en Allemagne par
.ordre de Pie TU, pour assister au congrès de Laybach.
Depuis^ il fut ' secrétaire de la congrégation consistdriale
et ensuite du consistoire où Léon Xll tut élu. Enfin asses-^
seur de llnquisition > il s'est rendu digne , par ses travaux
ppur le saint Siège, de la récompense qu'il reçoit. Le saint
iPère a terminé son allocution en disant qu'outre les trois
cardinaux, il en créoit huit autres, distingués aussi par
leur mérite , et qu*il feroît connoitre successivement, quand
U le jugeroit convenable* , .
,. ' — r Le samedi de la quatrième semaine de carême, il y
a eu une ordination dans la chapelle du séminaire Saint*-
Sulpiee. M. Tarchevèque de Rourgev a ordonne 8 prêtres ,
^diacres, 7 soudiacre^; huit jeunes gens ont reçu les or-
dres mineurs. :
.. !-r- Quatre prêtres du séminaire des Missions^ Etrangères
sont partis depuis peu pour les missions d'Orient. MM. Goust
et Ponsot, des diocèses de Luçon et dé Besançon, s'embar-
quèrent au Havre le 2^8 janvier, pour passer à Pondichéry^
où. le premier doit rester, tandis que le second se rendra Je
là dans la mission de Siam. M Mialon, du diocèse du Puy,
et M. Vialle , du diocèse d'Aix, se sont embarqués le 20 de
mars , aussi au Havre , pour aller à Macao , et de là dans
la Gochinchine ou le Tongking.
— Le diocèse de Quimper a perdu, l'année dernière,
deux de ses ecclésiastiques les plus distingués; l'un est
.M. l'abbé Le Dal de Tromelin, grand-vicaire du diocèse,
et avant la révolution, grand- vicaire et officuLdu diocèse
de Saint-Pol de Léon , qui est compris aujouflRiui dans le
diocèse de Quimper ; M« Honoré Le Dal cte Tromeliu éloi^
{^54
«docteur ée Sorbonae et avoh ëté.0eç« en i'fjo ; il est niort
k !k5 janvier .183^ L'auCi^e ecclësîà^tiqae Mt Mi Mkbd
•Hency, aufsi lecteur de SoiiMMine ^ cbamnne et rhf<»hpal
4k Saini'-Pol de héoa aTànt la véroltiliont depaîs cucé de
Khûmfterlé^ et em dennièr lieu /ohaoqine et gra»d<-vBcam.
m* TéTêque a fait ibn ék|^ daaa unecîrciilaîre à set curés,
jlu 3i décçuibre deraîer; dou» ne.ponwus mkaK faire cpe
de ciiev Vboaorable témoignage qne In rend k. {is«ke s
« VtUDikê devoil donc n tanainert dîl-«l , aîa« qii'ell* «mit <
r la perte la plus douloureiue poar notre cœor. La mort 'vient <Je immu-ca-
nar la perte la plus douloureiue poar notre cœur. Lf mort 'vaen <je iio«a.ca-
lever, a Tàge ae 77 ans , un conaboratcur et un amû*.
)» À Véppqud de la plus cruelle persécution , plusiears pasteurt fiilèles
i^rutent «levo&r se «endsmaer à l'exil dans là erainfe que le i^rand ncmhre
•des TÎcénMiti'ôtàt jusqu'à Feaftoir de réparer «1 joar leftp£rt«Miu eanc-
.tiiaire. Ce fut dam cette einjonstaw» que M. FabM Heai^r «e^t 4^ «m
éveque rhonorable et si périlleuse mUsion de gouverner un dîoeèse menacé
par le s(:l|isihe ; avec quel zèle il répoiidit à ce fémoignage d'une confiance
«ans hàràesl Ici , ramenant par «ne douce pcmtasioR les ftères égarés -, là ,
«oBârioant dâna U foi les é^jKsei nbftodbniiée , p<Mtaiit pMfoat le» a^ooun
en les. consolations d^ U religion , on le vit se mokiplier en ipralqtte soste
lui-même, et si le diocèse de Saint-Pol de Léon eut le bonheur de conser-
ver plus intact le dépôt précieux de la saine doctrine, il en fui redevable à
la .courageuse activité de ce confesseur de la fbî. Bien îié fut capable de
Tarrétéraiffi.4rexercice de ce nilnistère toujours assiégé dépéris, et plus
•df oae ibi» lés visais fidèleb , ies diacipfes oaobés , fréonisnt à» mayauam
jwi «aggéroittunc indusineusa cbaoté pUir péuétMr jus(|ae danssK» villes
les plus populeuses. - » -^
v DieoV qui veltlolf sur ses jours , lé déroba sans doute an glaive des per-
sécuteurs , pour être le guide et le modèle des jeunes pasteurs mii de votent
• remplir plus tant lei Vides dbi MnoMUMSi Gombiciii, M* T. C. C.> noua
iiious «>yBni« .esisBiés fa(Buveu]i d'arar apMlé oaprès de »0Ma Ifl mwvxs
bemens
I qn*il appartient de publier
^onilnen îl éhiit bon et aiiiiiitit...., Gèttè liontéd'ame, qui ee pôgooit si
^eii dam ses tmits , rdevoit dans sa personne Téclat de tontos las vertus aa-
cu'dondfls. 9
£«DUV£IiLB8 POLITIQUES-
qlrdéplorç, dans ramertume du cceuf , les succès toujour
eroissans du collège niiafe d'Auxerre, dirigé par des eeclêsi.isYiques, et la
i 235 )
jéécatabe non moini ni|fide d»^<iollége ra^aldv la miare vtti«, ittfîg»
«omine imi9 «aTeal. €ep«adaht, neo ne ntrane I c« derbîor pour
JMtlfe rinflofence 4e k moniii^aiae étoile qoi le fait dépérir. Bdoritt onn-
-tiikes/j'Ênncoié et encotmipaieiii de tonte espèce | ttoe peotectîo» spéoiale
auurée; l'éternité universitaire promise à «es destins;. tonte l'aitillerîe de
rènive légal enàplorée à iqjQttBser les Jésuites et antris concurkoa Khné-
sraites) tons les tibetauiL en. prieras poo? obtenir du «îel qull rfoande suf
lui ses prédilections et ses rosées... Assurément, voilà de quoi âpre tiieai<^
flier le coltège rojral de la timide rivafiti du oollëoe mixte, liais que vou-
Ie&*vous ! rien n*y lait* Ue fifunilles s'obstineàt a Vouloir que l|i monde
^igîense préside à rédocntion de lents enfans^il n'y i pas moyfn de les
•faire sortir de cette vieille omiète. Partout oii elles voient rensei(|nement
chrétien entuenvrir nno' porte » elles s'y pvéâpitent pou^ ^dieroher les ga-
ranties dont elles ont besoin. Le Journal de l^^mmê m beau les «ssneer, de
)b part dVn pmcien ministre de l'intérieur, que ia rmiBtm fuAèiq%iê méirii et
■*'éelkw&; il a beau signaler oes esprits rétrogrades à la pitié du grand
cièdley et ebeicher.à leur liire honte des sontanes 4u coUège mixte | le
maudit collée mixte se remplit contre vent et marée, et l'autre se vïHiè
éan^ la même proporttcm ^ le maudit collage mizto a cOnqnis deux cen|s
^lè^es «n peo de t^mps^et en peu de temps ausn Mm royal frère e^ei|
trouvé réduit à une trentaine par la désertion. Si donc ia liberté veiYt bie^
rester neutre 4lans cette afiaire, c'est fait dn protégé de l'ordre légal; ces
•cntôtéi de purens ehréliens achcrvevont de plonger la ville d'Auxerre dans
les ténèbres.
«^ Yoici ^piobeblement le phrase la plus i:urieiise qui se soit voe dans le
iCensiiéwtiêwiiêi depuis qu'il est au moade ; vrne phrase de désespmr, pbfase
^coaire nature s*il eu fut jamais > et qu'il nous à fiillu relire plus de quatre
Jisssfnvnnt'd'y croire : « Les ctafciKpsemeM des Jésuites, dit-il, sont des moh
(âèles de perfection en comparaison du collège royal de Bordeaux. y> Comme
•nous mvMM à quoi -nous- tn «etolr sur les deux formps de go«iyertienient
4lenl il «agit, ee n'est nas r^Msertion en elle-même qui nous étonne; ifmft
l'efibrt de courige qu'elle a du coûter an ConsHiuiionnel. Mais enÛn , puie^
qu'il -on est venu là , Dien soit louéi Profitohsdece bon moment, qui n'est
fias près de refvenir, pour loi faire une petite remontrance d'amitiév Qn'esiHro
qui nous a vatu de votre part , Messieurs , «e louable monrement de viva-
cité? Une scène de révolte et de sédition, dites-vous, oci tout a été' mie
aens dessus dessous d«ns le c<dlège royal de Bordeaux ; où la jemiesse pen-
-sente n voulu dotiner tmt bonne Icoon è ses maîtres, et exercer, par voie
d'insurrection, nti peu d'autorité? Voue ajoutes que la sédition aété «i
violente qu'il n fello quinze gendarmes pour rétablir l'équilibre ^ntre la
force physique^ k force morale. Eh bien, mes amis, que tmuve«-v^o^
d'étonnsnt a cela? Noos vivons dans un temps de souveraineté nationale
mh les -esprits sont toi^nés à fémancipatton ^ et ce temps, cNost vous qui
l'avez fait. lies enfans du collège de Bordeaux ont jugé que letirs msttres
-ne les gouveittoient pas bien , et ils ont voulu en avoir d'autres : or, met-
tes 4a main sur la consdence; n'éphichee-vous pas de même là «ondnitè
tdu Bol? ne trouvex-vous pas aussi qu'il vous gouverne ibal? ne lui de-
mat)dcli<^vous pas d*autves ministres à cor et à cris? OseU^Hire la vérité : s'il
n^ott pas mienx gardé que lên profi^sstnirs et ies Snpérietirs des collèges
royaux^ vous feriez comme tes écoliers, dont l'espm d'rnsuiiordinfit&n
(.236)
ncodeà vcms abmer. Vcms ne ponces pae vous co défendre'; c'cit
qui «¥CK donné à la jamoMe pcnniita le goôt .4e la soaTcraineté na-
.___ ^ , „jpcnniita legoôt^elasoaTcraineténa-
liooale. llab.TiMia avck en grand tmt de ne pat fixer l'âge de majorité da
pcnple «Nirenin; car tcms le ▼Ofci, ceU^ofuneiice dès l'écolej'et tiu^
ment c'eit taop tAl.
— Sar la demande de M. le maire de Boamj ( Mancbe) , le Boi a Aoooidé
•ne «Mnme de: 600 fr. pour ooucoarir aux réparalJeos de Tégliae de cette
-^11. le Danphin a TMBté, le 3o ma»; Técole aoyale ipoljrtechnknie ,
dont îlot le protodeiir. Le prince a -été reçu par M*, le généhii Bouido-
aouUe , .gODvemeuir, et M. le ▼Momte Pailheo', aoot-gMiycriiear, aocompa-
gnc de M.' Biuet , întpectear de$ éludet , «tdcs autres fonctionnaires de fé-
tabUatement. S. A^ B. a passé en rerue les élèfes, et leur aadressé à chacun
des papules de bienyetUance.
— Sur la demande de MM. de.Ghâleaudoiible et Baion , dépalésdu Var,
M"** la Danphine a donné une somme de Soo fr« pour contribuer à la re^
4x»Rstraction de Téglise de h commune de Figanîeres , arrondissanent de
Dnguignan.
--- M. le duc et Mademoiselle d'Otléans, propriétaires du domaine de
CbâteauTillain , ont fait remettre par leur receveur la somme de Soo fr. ,
pour .être distribuée aux pauvres de cette commune. i • ' ■ • ■
. -~ M. Fraidefond , doyen des conseiUers-aoftiteurs « est nommé conseiller
k la cour royale de Paris, en remplacement de M. Débonnaire dc'Gif, dé-
cédé.
— M. Gauthier Laferrière, substitut à Saïut-FJour, est nommé procu-
reur du Boi à Brioode , en remplacement de M. Lapoizide Freninvâle, qui
▼a remplir les mêmes fonctions à Sain^Floor. M. Galemaid du GÔiestoux -,
procureur du Boi à Saint-Flour, devient président du tribunal de première
instance d'Ambert (Puy-de-Dôme).
. r— ^ M. dieDedolle , inspecteor de TacadéBiie de Gaen , est nommé inspeo
teor-générsl de FUniversité de France, en remplacement de M. rabbéThi-
Jjault , décédé. .
* .—; L'Académie frariçaise a tenu, jeudi dernier, que .séance pour la ré-
ception de M. de Lamartine; ce nouveau membre a prononctiNFélo&'e de
M. Daru , son prédécessenr. M. Cuvier, qui remplit les fonctions de direc-
teur de lAcademic, lui a répondu.
■ — La cour royale a confirmé le jugement qui a condamné les géransdn
Vmr^ldu commerce et du Courrier français, pour avoir publiéet recom-
mandé / assocuilwn bretonne. Les consîdérans sont : 1° que l'article 4 de la
Joi du 21 mars 1822, parlant du gouvernement du Hoi , ne peut s'entendre
^ue des ministres, pris collectivement et administrant au nom du «Boi-
2" que supposer ad& minisires intention de modifier ou de remplacer la
Cl^axte et les lois par des ordonnances , c'est évidemment exciter à la haine
^t au.mepns du gouvernement do Roi , délit prévu parles lois.
- —Le piocès en calomnie intenté au sieur Mac-Léan, auteur des ilfs-
mo^ssur Vageassinai du duc de BerHya été repris, mardi, au tribunal
i^roctioimel. On a entendu pluiiieurs nouveaux témoins cités à la reouéte
des plaignans et du libelliste, cntr'autres le véritable cobnel de Saint-Clair,
1 auMral anglais Sidney-Smilh , et M. Clausson. ancien directeur de la po-
licea LiUe, qui a déposé qu'avant l'évcuemefit fatal du t3 février 1B20, un,
(a57 )
imlivltlu éfoît venu hV\ dire qa^nn eotiiplot m tramoit contre Ui duc- dé
Berri ; mais que le préfet*, ù qui il xreit rapporté cette dénonciHtion , n'en
arort'fait aucun eas. MM. Dupinji^une, 'Bonnet etHenneauin ont pdrlé'
ensuite pour MM. les duc« Decazefi , d'Escars^ et k général raultre de La
Motte , parties civiles.
— La cour royale, ttatnant sur Tappel interjeté par M» le vicomte
Paullre de La Motte de la décision du tribunal. corriïctionBel , qui aroit ac-
cordé au aîcur Ma&>Léan sa liberté provîsoim moyennant 3o,ooo fr. , a fixé
ce cautionnement à 100,000 fr.
— A Taudience du tribunal correclîomiel de mercredi dernier, M. I.«Ta-
vasseur; substitut du procureur du Boi, a répliqué aux plaidoyers- da
lilM. ^uguin et Renouard , avocats .du NaiionattX du Globe, CJes deux
Affaires ont été renvoyées à la fin de la semaine pour le proncmcé du yat^
geroent. >
^^^M. Fbiirnerat, substitut de M. le procureur du Roi, a prononcé,
j«udi dernier, son réquisitoire sur la plainte en diffamation portée par
M. Mécbin, député, contre M. de Genoude, propriétaire de la GateiU dw
Franeei U a conclu à ce que' le tribunal déclarât diffamatoire Tarticlc de
ce journal, qui a imputé a M* Méchin d'avoir, lorsciu'it étoit préfet da
Calvados , lîait tirer des coups de ftisil sur le peuple , qai demandoît du pain
pendant la famine de i8i3« M. Lucien;Méclitn a ajouté de nOttveUcvobder-
vations en foveur de son père,^ auxquelles -M. Hennequin, avocat de laf
Ckuseite, a répliqué. Le tribunal correctionnel , attendu qoe le fait imputa
n'est pas prévu , et qu'il a pour but d'outrager M. Mécbin. en sa qualité de
«lémité) a condamnéM. de Genoode à 1 5 jours de prison^ ôoo ff. (raulende,
à raffichedn jugement au nombre de ôoo exemplatres et à son insertion?
«lana deux journaux an choix au plaignant» On dit que M. de Genoudé doit
appeler de cetleeentencQ.
— M. Desrosiers, imprimeur, a Moulins , obligé par lé tribunal de cette'
Tille à imprimer /o Gatettêioniuituiionneth éê CàUter, vient de'Vefuser-en^
core un article philoiiophique signé d'un sieur Bodin. lie journaliste a as-'
signé de nouyeaii en référé cet imprimeur, pour statuer sur ce différend.*
11 venoît d'être débouté d'une semblable demande, le tribunal ayant reH
connu ^ue les craintes de l'imprimeur étoient fondées.
-^ Le^rlobê avoit annoncé que M. le vicomte d'Aibenas> lieutenant-colo-^
nel du 3o* de ligne caserne à Grenoble , en annonçant à ses soldats cm'ils'
alloient taire partie de l'expédition d'Alger, aveit exprimé le regret dene^
pas être appelé à combattre les ennemis intérieurs du Roi, Cet officier su-
périeur à écrit à ce journal qu'il n'avoil ptis prononcé cette phrase, mais
qu'il af^it seulement dit à ses soldats que partout où le Roi avoil des en-
nemis à combattre, sa fidèli^ armée devoit y^cmirir avec empressement.
M. d'Albenas ajoute, au surplus, aue, s'il s'agissoit de marcher contre des
ennemis intérieurs da S. M. , il n^y conduiroit pas ses soldats avec moins
de dévouement j persuadé que l'armée doit au prince une obéissance aveu-
file et sans bornes, et que, puisqu'il est le chef de l'Etat, les dangers qui
Je incBacent doivent attirer snr ses otqemis, quels qu'ils soient, toot le
ressentiment de l'armée.
^Ii.e S mars,; nn'attfonperaeni d'environ trente femmes se forma à La
Clayette (SaAne-el*Loire], et.se fMStasnr la route de Chdssigny, par !»•
qu«>Ue arrivoient deux voitures de blé. Les conducteurs^ effrayés , prijrent
f îi58 ^
la r«îl« , le Mé ivfc ilâob»rgè, Ak pMiiilt «'éUnl alUoiipé, on annonça le
tJébit dtt l>!é à 6 fr. la nMMwa , loiaqu'ebe valoit alora ô ir. 20 cent. X^a gen-
danaerie, intarvanMa, parvinl àdiasiper ka %xiM conta aantuis qiiî a'â^
loieni réunîa aur ce point , fit vechaifàr la blé , et le dilaoïdre ae tonnuia
par rarreatation des troif femmes qui l'ayoîent fomenté.
— La frégata h Mh GahtitiU, di 6q caMMM, tnt parik la s4 maraUe
Cherbourg ponr Toulon,
— Mgr Oatini, nonce du saint Père* s'aai cmbainoé à Maneine pour le
Brénl.
. •*- On a essayé » àTonlon » la portée4*uoe des nouvellea fusées de la coo-
uève. Le |)«int de dépoit éloit k font Saint-Lotiîs; la projection se termina
a la presqu'île de Qien , ce qui indique une portée estraorainaire» Il parott
que ces projectiles sont tellement incendiaires, aue ce ne serait qu'avec k
plus grande peine qu'on parriendroit à les éteinare.
— ' M* le capitaine Frevcinet, membre de VlnAitut» ya doit ûire-iin
nouveau voyage antonr dn.mmadf » dèa.qn'U aura temuné la pnbfication
de son Toyage sur ^Uranie,
-^ X^e roi et k reine de SavdaigUQi naotis» le %A mars , de Niœ pour 64^
nés» sur uqe frégate sarde, y sont arrivés k kndemaîn 19.
— ^ Le dimancbe 7 mars , ckua missionnaires méthodistes oni préehé dana
ka rues de Bumea, vUlage calJbolique du canton de.Genàve. Le |>ehpk
9'est d'abord attroupé pour ks entendre, puis les a hués el adécinrè las
livim qu'ik distribuoient en abondance*
--* Le second pakment. de rindcmnité an oommerce nisse a été acquitté
csact«Nnent.pav la^oete au mois de févrkr. Le mkan a d)lcnu,.àeetto
occasion t nna remue de quelques centainea demillkrs de piastres» gtécei
an^ efforts d'HâlU*Pacb|ky son ;imbas»adenr cfttntoidinairei Pétessbuii^*
Les troupes russes se disposent à repasser' le BulLan. La meilleure inteUi-
toaçe rëgnoil d'ailkurs entire elles et le» aUtovités tuisques.
...T-Le 3i^ févrieir dernier, u)i incendie, fiivorhé par un grand vent, à
causé les nlua grands désastres à Bergheu , en NorWétfe* BeuE centamai'-
spns ont été k prok des flammes, et un certain nombre de personnes ont
pér^
— M. de Ribeaupierre a eu , le m février, son audience de k Porte olto-.
mane. Le sultan lu» a exprimé, à plusieurs reprises, k désir de consolider
de plus en plus ks liens d'amitié avec k cour de Ruasie, et a témoigné sa
satisfactiott ilu retour de cet ambasiadeuf.
• ' ' < I i ■ ' )
AD WÉDACTEUK.
Styafboiurg, 43e 25 mara ]83o.
. Monsieur, permetlft»*moi d'ewpkyer U /voie de votinestinuibk journal
pour repondre à plusieurs questions que M. le rédftcleuii de k ^mm.êt^
$hêUouê a poféea uani un artick dé son dernier numéro. Apiés«ne ditique
du Mandoroent de M. Tévéque de Strasbonrg.,>cHtiquaqiie je m^absliendrai
de qnalifkr^ le rédacteur demanda :
( 2% )
<K Scroir>'1t nai oiie b nMison'desliitfutM éiudtt «eclëiiijtttt<)iitt , ^ /V^
OéB-rStif^omtêBi q«e> Mopâeîffltear a fondée (tans sbti diooète , mX; four bwf'
pvindfël Je combditre et de rainer danà Tesprit det jecme» ^rétrei les doe»
trioef nMaaîiies?»
Non r Mobsienr , cda n'est pas vmî » et en Tolci les pranres : C'est que*
quand celle maison a été étaolie. Monseigneur j a va» oomme directeur*
un iks professeurs du séminaire , le pk» eounn par son attactieraent hua •
dêoêHntfê rmnaines. C'est que tout récemment , Monseigneur a plaei à la<
tête de cetlie maison un ancien supérieur du s^imire de Mayence , qui |>
par. SB ^coopération active au Caikêlifw de Spire, est asscx connu co^nme
t^és-^vmain; et c'est pour cet ecclésiastique, qui lelffiérite à. tous égards,*
que Monseieneuv a demandé et obtenu le eauooicair de> snn. serment dé'
ndélité. Enwi, nous défions qui que ce soit de citer ^ je ne dirai pas de»
leçons, mais mémv des paroles prononcées dans- -la liaison de Motriielm»
qp\ ieideatà rumer tes (hctrinef romai$MSr
« Seroit^îl vrai qu'un juif réceiunent converti est <i»rgé d'un^ cours sur
TiÛstoire. ecclésiastique dans lequel ,[ ^tc.»
Non, Monsieur, il i^çst pas vrai que la personite dont yoQ9 parles soi^
un jpf xépemuient converti, à moi^s que vous n'appeliez récent^ lyie coo-.
version qui dale de pli|s de quatrp ai^nées. U n'est pas vrai non plus que
cette pe^sopiie ait été chargée ^e donni^r ui^ cour^ sur Th^stoire ecclésiasti-.
q^e. Mais te qu^ est vrai t c'est que, toutes les semaines^ Ifsjeunes tliéolo-,
giens de celte niai$ou dpive^it rendre compte ae leurs lectures en confé^
i^ce , et que celui dont vous parlez , diacre aussi rcoiarquable par tt^
t^iens que par sa piété, a été chargé spécialement ^l'exposer les réiukats do
^ études sur les premier^ siècles de F^Hse ; et ce|; exposé est si peu un en-,
seliguement, que. le directeur, qui j ossiste toujours, ?J9Mte ses observa-,
tion« et ses ooaseila toutes les Jpis qu'il le juge à propos. D'après cela, je.
ci»ii»iputi^ de repousser b^ parole^ ^uronvei^antcs que, vous lui aittrîbuez,,
^ qut,, quand elles eussent été prononcées, ce qui u'est pas, r/auforcnt,
point l'autorité que vous leur supposez. Ces imputations prouven| ^ler.
ment que vous avez accueilli di^s ra|)ports fort inexacts.
Que M. )e rédacteur de la Revu£ se rassure donc. Non , il n^est pias vrai
que de scandaleuses extravagances fassent patiie de ce qt^on ap^eUe à
Strasbourg dé hautes études pccfésiasHques^ et y soient auiofisées, proté-'
gécs par le premier pasteur. Quant à sa crainte ^ue Monseigneur ait eu
en vue telle personne, et ait voulu la désigner dans son Mandement, nous'
6'avons tien à dire à cet égard, sinon qu'il nous semble bien peu conve-
nable d'Sntcriiréter de cette manière tes pstitoics d'un évéque. -
' Agréez, Monsieur, la considération, etc. • N:
Beautés des études et des harmonies de la nature, de Bemardit^ de St-Pierre,
ou Extraits do ce que cet aute^r a de plus retnarquakte sous le rapport
maral et religieuse , par M. Qui bel ; in- 12.
' . ' f / } i . .' . . . '
Jacques-Henri^Bernardin de Saint-Pieime , ingénieur et homme de let-
4fes, Ké au Hérre eu 1737 et mort le 'si janvier 1B14, est connu pv ses
(M» )
Voya^ , par sa via aTentureuaa cl par des ouvraget qxû rf nfermeni âcs
idées oriçnales et Ai» tableaux pleins d'intérêt, et q«û ont excité qudque
lemps une sorte d'enthonsiasme. Le roman de Paul et Virginie eut un
);raiid succès. Les Rtudêt de la nature offrent des sonhismes , des paradoxes
ot des rêveries, maïs mêlés de choses vraies et touclïanles sur Dieu , sur Ja
Proviilence, la vertu , les doureun de solitude, etc. L'auteur a do la grâce , •
du naturel et de l'abandon. Malheareusement , quoiqu'il parle souvent de
la reli|;ion en général dans les termes les plus honorables, on voit trop.
qo*U ne lai (ait reposer que sur des fondemens purement faumaiBs. 11 ii'é-»
toit pas exempt de préventions contre le clergé. Son symbole^ n'étoit pas
chargé de dogmes, et- toute sa religion parolt se homer à une aorte de
déisme assez semblable à celui de Bousseau , avec lequel il avoît été lié. •
On prétend même qu*il figura dans les cérémonies théopbilantropiques^'
et Grégoire le lui repitx^ie dans son Histoire des sectes reUgieuses.
Toutefois, une imagination brillante, un fondi de morale, un appareil
séduisant de sensibilité, des idées heureuses sur le prix de la vertu et sur
le bonheur au'ellc procure , donnent aux Etudes de la nature un caractère
tout particulier. J'avoue qne dans ma jeunesse j'ai %té épris de ce livre, et
si Tsige et l'elpérience y ont vu ensuite beaucoup de vague et d'iUusÎDQS,
je ne doute pas néanmoins ou'on n'en put extraire bien des choses judi-
cieuses et utiles. C'est ce qu'a exécuté M. Quibél, et en cela il a rendu à
la -fois service a la méàioire de Bernardin de Saint-Pierre et à ses lecteurs,
h présente, sons environ quatre-vingts titres diffërens, une série de ré-
flexions oui nous montrent Dieu dans les beautés de la nature , qui nous
font admurer sa providence, non -seulement dans l'ordonnance générale de
cet univers, mais dans les plus pefits détails , qui répondent aux objections
des incrédules sur les maux physiqdes. L'auteUr revient souvent sur la sa-
gesse divine, sur riramortalito de l'ame, sur la vie future; il rend hom-
mage à la sainteté et aux bienfaits du christianisme, il a des choses tou-
chantes sar les avantages de la vertu et sur le bonheur de faire du bien à
SCS semblables. .
Ce sout de tels morceaux que M. Quibel a recueillis. Son choix paroit
fait, non-seulement avec goût, mais dans un très-bon esprit. Il prend
même soin , en quelques endroits , d'ajouter des nottrs pour expliquer des
pensées un peu vagues ou pour les rapiener à un sens plus franchement
chrétien. Il a pensé, dit-il, que ce travail serait utile à la jeunesse, et en
effet, ces morceaux réunis ici et dégagés d'un alliacé fâcheux et de choses
hasardées , systématiques ou même tout-à-fait réprehensibles, se piêteroot
un nouvel aj^pui. et apprendront aux jeunes ^ens à s'élever vers Dieu par
la considération des œuvres de la nature et à mieux apprécier les merveilles
de la création , qu'on ne le fait aujourd'hui dans beaucoup de livres et dans
la plupart des écoles de sciences.
J^ g«Mii^, 2lirrten Ce €\ttu
MCRCAEDI 7 IVRIL i83o. / (N
Les Leçons de la nature, ou l'histoire natiirelk, la
et la chimie présentées à V esprit il au ra^ur, y'\\
Despréaux (i).
Louis Cousin -Desptëau)c^ torresfpondant de Tacadëiilie
des inscriptions et belles "-lettres, étoit né à Dieppe le
^ août 1743, et y mourut au comniencemeut d'octobre
181 8. Nous n'avons point de renseignemens sut sa rie,
Inàis à en juger par ses Lepons de la naittre, ce dut être liu
bemme de principes soUd«s et attaché à la r^ïHgion. On
lui doit encore une Histoire générale et particulière de la
Grèce, qui parut de 1780 à 1789, t;n 16 vol. in-12, et dont
l'abbé Siabathier fait l'éloge. Cousin publia une Adresse au
îtoi en 18149 mais il est surtout connu par ses Leçons de la
nature, qui virent le jour en 1802, et qui parurent d'abord
sous le nom de Louis D***; ce ne fut qu'en 1806 gue l'au-
teur mit son nom à une nouvelle édition. On dit qu^il fut
aidé dans cet ouvrage par l'abbé Gnérard, «auteur du Comte
de Valmont, avec lequel il étoit lié , et auquel Ces Leçons
sont dédiées. ïl avoue, dans sa préface, les obligations
qu'il a à Sturm, dont son ouvrage ne diffère, en eifet, que
par la méthode. Christophe-Chrétien Sturm , ministre lu-
thérien , né à Augsbourg en 154^7 et mort à Naumbourg le
"26 août 1786, publia entr'autres des Méditations sur lesxieu^
vres de Dieu dans V ordre de la nature et de la Providence, pour
chaque jour de l'année. Halle, 1776, 2 vol. Il s'est fait beau-
x;oup d éditions de ce livre , et il a été traduit dans presque
toutes les langues. Il y en a une traduction en français par
la reine Christine de Prusse. M. Cousin-Despréaux , en
tendant justice au mérite du travail de Sturm, a jugé que
son livre manquoit d'ordre et de métl^ode. « En mécntant ,
(1) Qu«tra vol. in -12, prix, y fr. et 11 fr. franc de port. A Lyon,
chez Périsse , et à Paris , place Siunt-.ADrlré-des-Arts , et au bureau de ce
joui-nal.
Tome LXin. UAmi de la Religion et du RoL Q '
(^42 )
I , sur h.'S objcls de la nature tels qu'ils se présentent à
|b ijoifficliaqiit; jour, oo ne la saisit que d'une manière dé-
cousue fi jjcu propre à faire des impressions utiles et du-
I ahle^ï^ (lui; peut-il rester d'une lecture où L'on m'entretient
aujourJjuii des feux 30uterrains, demain de la comète,
Ïni'is de la formation de la neige , de la fragilité de la vie
iUtiiahic j du givre, de l'utilité du pain , de nos deroirs à
IVfjai'l du sommeil, etc.? »
L'autcn i fiançais a donc cherché k classer et à lier les ma-
tières de manière à ce qu'elles se prêtent, un support et un
inlërét mutuel. Il a méjé constamment les considérations
morales «ux notions physiques, afin d'accoutumer les es^
prit« à s'élevttr vers le créateur, et à tirer de l'étude des
icience3 naturelles le fruit qu'elle devroit naturellement
produire sur les esprits qui aiment à réfléchir. Le plan de
son livre montiera tout ce qu'il renferme d'instructif et
d'utile.
Sans une introduction, l'auteur invite à chercher Dieu
dan9 les œuvres de la nature;^ il s'étonne de l'indiâercncç
de ta plupart des lK>mmes pour ces œuvres, qui sont une
école et une source de plaisirs purs. L'ouvrage est divisé eu
n^uf livres* Le premier traite de la nature et de ses lois
K'fiérale&i l'auteur y parle de la création, il montre par
li^toirOy par len traditions des peuples, j^ar la nouveauté
des science!; et des arts , que le monde u^est pas plus anciei^
que ne le suppose la Genèse. |1 distingue les divers élémens,
«t là, il parle suivant le langage commun ; car, plus tard ,
il rjeo)f^rqM6va d'après les décoiivertes de la chimie que ce?
^'iiiens SQVki «iix^ménie3 décomposahles , fct il inàquera
les substauceii dput ils sont composés. Le second livre est
^ons^cré à la terre et aux trois règnes, minéral, végétal
f^ ai^malî U , l'auteur considère "ordonnance du globe,
j'origiue des montagnes, les révolutions arrivées sur la
tarre, etq. Le tableau des trois règnes offçe une foule de
.xi^ti<XBs cuHeuses, où l'auteur a fait entrer les nouvelles
découvertes, et où il a mêlé, suivant son usage, les ré-
flexions morales et religieuses. Le troisième livre est rem-
plv tout entier par l'homme ; l'auteur décrit les piarûes les
plus intéressantes du corps hiimaili , et finit par des consi-
dérations d'un autre ordre sur la vie future , sur la résur-
rection , sur 1a spiritualité et l'iiiimioçtalité de l'ame , sur
( 243 )
Tunidu de l'ame et du corps, etc. Les livres quatre , cinq et
six traitent de Teau, de 1 ékr et du feu , de leur nature, de
leur utilité, de leur phénomène ; c'est là que l'auteur men-
tionne les uQi^vfiljes d^co^v^ri^s , qvii i|0|is ont appris de
quoi étoient composés ces anciens élémens. L'eau est com-
fnflttence, du soleil; du moMvement de la terre ^ des sai-
sons, de9 variations de la teinpératiirç , des ëtolLes, deé
éclipses, etc. ; ce livre offre augsi une grande Variété d'ob-
servations cuiiienses. Après ces détails physiques, l*âuteur
considèi^e dans le huitième livre les œuvres de la nature en
général, le«r perfection, leur ordre, leur régularité, les
rapports entre les êtres, les harmonies et les contrastes de
la nature, les merveilles qu'elle nous présente, etc. Le
neuvièqie livre nous ramène à Dieu, Tauteur de la nature ,
etttaite iç son exi^tK^nce, de sa grandeur, dt? sa sagesse,
de la magnificence de ses dons, des soins de sa provi-
dence^ etc. ; c'est coiqpie le résultat et le résumé de tout
l'oUvrage.
il est jiisé de voir par \k tout? ce qu'embrassent ces Z^-
çons. L'auteur a emprunté aux' plus célèbre? naturalistes ,'
il a ajouté à 3turm le tableau de^ nouvelles découvertes
d^n« les. sciences naturelles , il a même feit usa^e eii ce
genre d*écfita assez récens. Enfin tout ce que nous avons
vu de SQn ti'ayail nops a paru exact 'et judicieux. Ce n'est
pôiiit nojis qui blâmerons ses fréquentes élévations vers
Ijîei:^ et «es réflexion^ morales sur les phénomènes ,de la
nature; elles nous paroisse?rt, au contraire, l'application
là plus sage et la plus utile des connoissauces précédentes.
I^es scie^/ces naturelles ne seroient plus qu'un amusement
frlivple, si on les détachoit de ces considérations morales ,
dont elles sont la source féconde pour tout esprit droit. *
Ces Leçons, curieuses pour un grdnd nombre de lecteurs ,'
seront sù^out utiles pour la jeunesse, k laquelle il est si
n/éccssaire de jie présenter que des potions sûres et des ré-
flexions solides sur les diverses parties de nos connoissan^
ces , pour la préserver des égak'emehs ci communs aujour-
d'hui parmi cegi^c qui cultivent les sciences naturelles.
( ^44 )
NOUVELLES KCCLÉSIASTIQUES.
Rome. Le i8 mars, au matins le saint Père a tenu, au
Vatican , un consistoire public , pour donner le chape&u aux
cardinaux Weld, Mazio et de Simone, nommés trois jours
auparavant. Cette cérémonie s'est faite avec les formes usi-
tées. M. le cardinal Weld a adressé un discours de remer-
ciement au saint Pète , qui lui a ré^ndu avec bonté. Dans
l'après-midi , les trois cardinaux visitèi^ent ^église Saint*
Pierre, et le soir, M. Àltierï, camérier secret, leur porta
le cbapeau.
— Le vendredi 19 mars, S. S. assista à la quatrième
prédication du carême. Le même jour commencèrent , sui-
vant Tusage , les catécbismes publics qui se font dans les
'églises désignées > pour préparer les fidèles à la Pâque. Des
indulgences sont accordées par le saint Père pour ces exer-
cices , qui dévoient durer jusc^u'au 28.
' — Le 22 mars, M. le cardmal délia Soma^lia a rendu,
en grande cérémonie , la visite qu'il avoit reçue de iVm-
bassadeur de France.
— Le 23 , le roi de Bavière est arrivé à Koine , sous le
ivom de comte d*Augsbourg ; ce prince ^e propose de ganUr
îe plus strict incognito^
Paris. M. rarcnèvêque a terminé, le vendredi de la se-
maine de la Passion , ses instructions du carême. Le prélat
s'est moins attaché cette année à suivre Tbistoire de la
Passion ; cependant les considérations pieuses qu'il a déve-
loppées se rattacboieut plus ou moins à ce sujet fécond et
douloureux. M. Tarcbevêque a montré combien l'exemple
du Sauveur est propre à humilier notre orgueil, à confon-
dre notre mollesse et à nous inspirer la charité, la patience
et toutes les vertus chrétiennes. Dans son dernier discours
prononcé le jour de la Compassion de la sainte Vierge , le
prélat a traité principalement des douleurs de Marie et de
la dévotion envers elle. Ces discours , nourris de pensées
pieuses et pleins d'onction, ont constamment attiré un
très-nombreux auditoire ; la nef dé Notre-Dame étoit rem-
plie bien avant l'heure où cominençoit le discours.
( 345 )
'^ Un journal a donné un relevé des doiiaiions et legs
en faveur du clereé et des étabUssemens ecclésiastiques^
pendant l'année i02q; ce relevé se monte à 49268,927 fr.
02 cent. Ces dons et legs, sont distribués par départemens ^^
les dqpartemens où ils se sont élevés le plus haut sont la
Tienne et la Marne, Dans laVienne, ils montent à 3 1 1 ,465 S. ,
et dans la Marne à 3o5,543 fr. 76 cent. Dans onze autres
départemens, ils s'élèrent pour chacun à un peu plus de
100,000 fr. Dans tous les autres, ils sont au-dessous de
cette somme. Il y en a qui n'ont de dons que pour 3 ou
4oo fr. Il y en a deux , la Gorrèze et la Corse ^ ou les dons
sont nuls. La Gazette des cultes, qui a publié ce tableau ,
cite comme une chose fort remarquable que, pendant. les
six premiers mois de 1829, il nV a eu de dons au clergé
que pour i o,44o ^r. , et que , pendant les six derniers mois
de 1629, c'est-à-dire pendant le ministère Polignac, il y
en a eu pour plus de quatre millions. La Gazette se trompe,
car nous ne voulons pas supposer pis encore. Il est très-
vrai qu'on voit très-peu de dons et legs dans le premier
semestre du Bulletin des lois de 1829; nous en fîmes nous-
tnême l'observation dans ce journal, n^ i56o, qui parut le
22 juillet. Trois jours après, le Messager des chambres inséra
une note officielle pour répondre à notre article. Il annon-
çoit que, depuis le i*' j[anvier, il y avoit eu 74 ordonnances
pour autoriser des dons faits à des communautés religieu-
ses, dons évQilués à 660,4^2' fr.; , ^t qu'il y àvoit eu 383 aur
très ordonnances pour autoriser des dons aux fabriques,
cathédrales , séminaires , çtc. ; dons évalués ensemble à
<^f 0,683 fr. Il faut remarquer que c'est le 25 juillet que le
Messager des chambres publia cette note; par conséquent
toutes ces ordonnances sont antérieures au ministère Poli-'
gnac. Il paroît que, si on ne les avoit pas publiées plus tôt
dans le Bulletin des lois, c^ est qu'on craignoit que ces dons
n'excitassent quelques clameurs pendant la discussion du
budjet. Du reste , comme le disoit la note du Messager, le
retard de publication n'arrêtait pas l'exécution, et les ampliations
des ordonnances apoient été suceessiçement adressées aux per^
sonnes intéressées, La conclusion que la Gazette des cultes
veut donc tirer est tout-à-fait fausse. Ce journal se seroit
épargné cette erreur, s'il eût fait attention à la note offi-
cielle du Messager, reproduite dans notre n° i564; nous
(446)
n^éiïàhi point hésité à insérer cette nbte , p6tfr iléti^Uiretes
Hidttctîons tide TAta ânrdk pu tîfer de rtôtle ôhsetvûûàh
antérïeare. Si U Gazette des cultei aime la vérité, elle ré-
tiitctera dé même ce qu'elle a dit dans sôh numéro tib }$
aà f6 fnars. Elle a l'air d'être épotivahtée des doh^ fàiU hû
clergé eh 18:29, et y oppose la modicité des doAs faite aUl
établissèmens protitstahs. Ceux* ci , en effet, n'ont eu que
sept donations, montant à 55,4oi ft. ; mais cela prc^tire
seulement qu'il y n moins de 2èTe chez les prote^tàns que
ebez les catholiqtieâ pour soutenir leurs églises. Pendant le
mémo intervalle , leâ legs faits aux hospices se sont élevés
à iK $663,376 fr. 82 cent. , les ddn$ AUx èotumunes à 585,639 îr.
5o cettt. , ïea dons à l'instruction publique à ioS,Wo tK ,
•t ttXkX «ut inonts-dé-piété à 2,600 f r.
. ^^Vjélmanach du chrgé compte dix pi^lats occupant des
sièges morts dans le Courant d^çs deux- années i8a8 et 1829;
sa voir I çn i8a8« M> de Morlhon, archevêque d'Auscb>
M. de Yillef rancoH , archevêque de Besançou, et M. de
Granville, évêqiie de Cahors, et «a i&ol^s M. le cardinal
de La Fare, archevêque de Sens» M* de Bausset, arcbevê-*
que d'Aix , et MM. Millaux , de. Vichy , de BoisViUe , Sala-
mon et df h^ Myre» évêqne deNevers, d'AutUn, de Dijon,
de Saint'FloUr et du M^ns. Qn remarque, k ce sujet, que
la mort a fait depuis la restauration de grands . ravage»
dans l'épiscopot Avançais* Il ne rqsie plus qufi onze iam
prélats institués avant ceUe époque; :C« sont M. TarcheFé^
que d'Albi , précédemment évêque de Bayeux , M. l'&rche-
vêcme d'Avignon, précédemment évoque de Meude, et
MM. les évéques d'Angers, de Cambrai, d'Agen, de Gkt»-
uiont, d'Arras, d'Ajaccio, da Digne.^ de Montpellier et de
Coutances. M. l'archevêque d'Albi^ alors évêqUe de Bayeux,
et MM. les évêques d'Angers, de Cambial, d'Ageii,'dè
Glermont, d'Arras et d'Ajaccio i>estent aeuls dea prélats. in-
stitues au moment même du concoi^dat de i8o2« M. l'ar-
chevêque d'Avignon^ alors évêque de Mende, fttt institué
en i8o5; MM. les évéques de Digne let de Montpellier eu
aoofi, et M. J'évêque de Çoutanct^ en 1808. Tous les autres
évêquea , ftu nombre de 68, ne iont en place que depuis la
restauration.
— » Là ville et le diocèse de Tulle Viennent de perdre un
ëe«lëâiàstii|ue fort respecuble ditâs la'per^ôm^ de M. l'abbe
Biivâl, grand -vicaire du diocèse et doyen du chapitre^
Pierre-Joseph Brival étoit né à Tulle même , d*une famille
reoomaïAiïdftble ; il se sentit appelé de koi^ne heure à l'^lat
etcl^îaslique , el bien avant ia révolution, il étoit déjà
Cmd- vicaire, officiai et chanoine de la cathédrale de Tulle,
rsque la tempête éclata , non-seulemenl sa conduite fut
ferme, mais il contribua par ses discours et par ses écriu
à rafiermir ceux qui chancelaient sur le parti qu'ils avoieat
à ptendre. Après le concordat, on le nomma eu r^ de Notre-
Dame à Tulle, avec les pouvoirs de grand- vicaire pour
M. révêijue de Limoges, août le département de laCortèze
dëpendoit alors. Eion , affable , généreux , il savoit se Faire
tout à tous pour gagner les âmes à Dieu, tl acbevoii de
triompher par la douceur de ceux que ses discours avoient
touchés. Hors dé sa paroisse , tout le clergé de la Corrèze Itii
témoignoit une confiance dont sa sagesse le reudoit bieq
digne. £n t8i4f il fut choisi député de la ville de Tulle,
pour complimenter le Roi: Un autre grand sujet de joie
Four lui, ce fut le rétablissement du siège de Tulle; il eut
lionneur de complimenter M. deSagey, le iB juillet 1828,
quand ce prélat vint prendre possession. Il quitta alors la
cure de Notre-Dame, et fut nommé grand-vicaire, archi-
diacre et doyen du chapitre. Cependant il conserva la
même affection à sou troupeau, et put encore lui rendre
d'importans services. Une infirmité douloureuse Taurdit
rendu incapable de se livrer au travail, si son zèle , sa pa-
tience et son courage ne lui eussent donné de nouvelles
forces. Après de longues souffrances , que la piété seule
rmvoit adoucir, il est mort plus que septuagénaire, le
février i83o,laissaotde vifs regrets et la réputation d'un
prêtre sajge, plein de foi, «tdont la vie avoit été entière**
ment consacrée à Dieu et à ses frères.
— Un prélat qui appartient encore à la France par son
affection cotnme par les souvenirs qu'ont laissés en beaii-
£oup de diocèses ses travaux et ses serviees , M* Rey^ évè-
que de Pignerol ^ a donné à son diocèse , pour le carême ^
une Lettre pastorale , qui est une sorte de commentaire de
1 endyclique de Pie VllL II transmet aux fidèles les in-
structions et les avis que le souverain pontife destinoit en-
core plus aux troupeaux qu'aux pasteurs :
(^48)
c Le yénénhU Foatife exprinM d'aboid lefeuâmeat ptoîùod d^ tristass^
dont il est pénétré en voyant qu'au sein même de la paix TEglisc de lésua^
ChrUt soit constamment en butte ai|x. altaq^ues réitérées et plus aadacien.--
•es que jamais d'une philosophie corrompue et perfide quirépand la calom-
nie et le mensonge contre ce qu'il y a de plus sacré. Contempteurs impies
de la religion , les sectateurs de celle fausse philosophie ch(erctient à inspi-
rer la haine et le mépria contre les préceptes do. Seigneur, contre son culte „
contre ses ministres, etsiirtout contre l'autorité divine de son Eglise et cdle
do chef qu*H lui a donné sur la terre. Ils s'effprcent de propager le venin
de leur détectable doctrine snr h f)rétendue soffisance de toutes tes religions
pour le salut , et établissent ainsi une indifférence monstrueuse y ou une
sacrilège égalité entre la vérité et l'erreur, entre le vice et la vertu. I]^ en,
viennent à réduire toute prpfession de foi à la crovance oisive d'un seul ar-
ticle, l'existence d'un Etre suprême qui ne se mêle plus des hommes, après
les avoir formés ; Divinité stupide qui se contenteroil de tout , que les mé-
chans ne doivent point redouter, et qui ne demande d'antre culte que celui
qn'une raidou aveugle ou des pencivins corrompus voudront bien lui ac-i
OQrder.
» Qu'ils sont; condaninables de tels insensés ! A N. T. C. F. , et la sodété.
aussi Dîen que la religion pourroievt-ellf (.avoir des ennemis plus dangereux!
Leur doctrme aappe par les Ibndemcns tout ce qui fait ici bas la sécurité des
hommes e^ l'espérance des chrétiens. Avec de tels principes , ou plutôt avec
un système qu» est l'absence de tous principes, 1 autorité reste sans ba^e,
la justice sans force et la conscience sans appuv* S'il efQ.lt possible que de
pareilles idées vinssent a prévaloir contre les vérités tutelaircs de la foi
catholique, le monde rentreroit forcément dans l'asservissement et lu
barbarie ; car la force alors succéderoit au bon droit , et les passions seules
s'empareroienc de l'empire que la religion viendroil à perdre. Quelcahm!
grand Dieu ! quel désordre effiayant l'indifférence en matière de religiou
produiroit parmi les enfans de^ liommes ! Ah ! sans doute que de tels en-
iiepai» de la sociérû sont plus rares dans nos religieuses contrées que par^^
tout ai]]<;ur8, mais, si Timpiélc ne trouve point l'apôtre parmi neor, ses
blasphèmes n'y rencontient-ils point d'échos ?£8t*il si rare d'eutendre ré-
péter les insidieuses insinuations contre le droit divin, contre les lois de
l'Eglise et l'autorité de son Pontife? Est- il si rare d'eutendre raconter les
anecdotes inventées par la calomnie contre les chefâ ou les membres de la
hiérarchie sainte, d'accueillir les malicieux ou imprudens colporteurs d'é-
vènemens supposes et de nouvellt^s mensongères qui entretiennent l'agita^'
tion dansL les esprits , et font naître la devance et le n^écont«ntement contre
l'ordre étibli par l'autorité légitime? »
M. l'ëvêque de Pignerol insiste sur le danger des mau-»
vais Kvres et sur Tobligaiion d'éviter ces fatales lectures,
sur le danger des sociétés secrètes , sur la sainteté du ma-
riage et sur les tristes résultats des abus en cette matière.
Le prélat ne manque point, dans ses Pastorales, de s*adre8«
ser aux proteçtans dé son diocèse, objet pei^pétuel de sa
sollicitude; à la fin de cette lettre, il les presse de nouveau
Ue réfléchir sérieusement «ur la voîçtKi ils sont engagés %
(^49) '
« Toot^ c«è graiides leçons feront cIodc perdues. pour vous, nos ckers
Yandoîs! Vouf mécoonoUwz malheuTeusement et injusteineot Tautorité
du Pontife <|ai les a tracées. Vous aimez mieux vivre à Tabandon et vous
damner, la Bible à la main , plutôt que d'écouter la voix de celui à qui
Jésti»-Chri8t a donné Vordre et la mission 'd'enseigner tous les peuples et de
pattre les a^eaux ot les brel3is. Il n'est pas besoin d'autres preuves pour
montrer que vous êtes hors de ^son bercail , puisque vous ne reconnoissez^
pas la voix de celui qu'il a placé pour le conduire. C'est une vérité si claire ,*
une démoDstrfttion si palpable , que Ton ne sauroit expHqMer autrement
votre obstination dans les voies de perdition que vous suivez, qu'en la
comparant à l'aveuglement des Juifs, qui, depuis dix-huit cents ans por-
tent .comme vous la Bible dans leur poche, et ne savent pas j voir leur
condamnation. Elle s'y trouve pourtant d'une manière bien évidente, vous
le recoiinoissez vous-mêmes, et comment ne. voyez- vous pas la vôtre dans
le Nouveau Testament, où les passages qui prouvent votre schisme et vos
erreurs sont et bien plus clairs et bien plus nombreux.!
~ y> Ne vous faites plus illusion , nos chers et malheureux enftins , nous
sommes arrivés à une époque où le protestantisme, en fait de principes re>
lijgieux , se précipite vers son terme, c'est-à-dire vers son néant avec rapi-
dité. Il a tellement élagué le peu de vérités qui restoient encore dans ses
anciennes professions de foi, que, malgré les sectes multipliées qui Tont
successivement divisé depuis son origine , il s'en forme sous nos jeux de
nouvelles dans son sein , par l'eiffiroi qu'éprouvent ceux qui tenoient aux
anciens articles qu'il a alâudonnés.
^ » Tels sont les motifs , nous le disons avec assurance , parce que nous le
disons avec connoissance de cause , tels sont les motifs qui ont engagé un
grand nombre des vôtres dans nos vallées à se séparer de vos assemblées
prétendues religieuses. Nous le savons, malgré vos grandes maximes de to^
férance, et surtout malgré le principe fondamentaide votre secte, qui est
Vs9f¥U particulier ^9X lequel ciracun est le maître d'interpréter l'Ecriture,
vous n'avez pas cru devoir souffrir ces jnterprétaf ions particulières . et pour
retenir ceux de vos frères qui vous abandonnent, vous ne vous êtes pas
contentés de leur opposer l'autorité de la Bible , mais vous avez employa,
la puissance publique, et vous avez cherché dans la violence ce que vous
ne pouviez obtenir par leTaisonnemènt ; tant il est vrai que , d'après votre
propre conduite , la Bible ne êvffiipas. x>
NOUMXTiES POLITIQUES.
Pauis. On a quelques raisons de croire que le ciel se déclarera cette an-
née coi'tre les binquets patriolîques. Expliquez autrement, si vous pou-
vez, l'espèce Je phénomène qui est venu tout à coup, jeudi dernier, dé-
ranger letat de l'atmosphère, au moment mémo où nous avions besoin
if une belle soirée pour épaiicher noire .ireconnoissance nationale d.-ins le
( i»5o )
été fUferbc jii«|«mhIa1 1« Havomètre , oendmit troU wnniiiGi , Wa^tlà, <mé
d'appit>diM> du beau <lt«. ToM leè Miiu de piintcmbi é^ktiit dtho^ , et
d^à l'en M mettoîl à cherdier l'onde comme dans Ict arfcura de ki «a»
inctAêi il n'y «toK pw kiMflt'tt TéifiliHnL^ c]«i ne fôt «M tetaid de dMnè
Man , et noya céniMiieiont 4 «êpërer qi/il nous avoît oiiUîéa; eofiti , tooi
Mi cakuit de la pvév'oyftiwe bumaîne paroSsMÛeiit ai raiaooiinbleHieift fon^
déa là-deianê , qws les ordofmateuirs du tfonqnêt de l^^twêê n'aToltiit cm
Atftkr pmoiArt de pré cao tio u» <îiie conue ta dwileor. ^ot dtt ta«ii ; l«i
joj«ox coBMMinnifwirtdii pi^«eHali|Cie narional ne forent paa pfoa tAt^éhn
bm, tfi'ane freîde «t oopieo'e «i^rae vint |>énétf«r cette toile lé^èiti^i
ftWfdkX été tendue an^leasM Je leurs fv^icienaes têtes que peur le» abrtH»
confie le ioleiK Iivutik de vo«n dire que It dtmr dea honorablea «otrv&v^ea
a'«si ttoora fort abrégé : vntAi , pour comble de malheur, il n'en fot pa» de
méine dea dîacinita de MM. OkkKm-Ban^t et Mathien Dumai, it MltH
les boire jusqu'à la lie j et drague pour dregne , les 'vraie cotmotneora fi»^
féroieni eooire U riu au oabarei. Toniefoiat comme lea gletieax ne aepUi-
foeai jamaia d'avoir ùU batlna, kea dé|Hitéa «pii ont été pria «u ban4|wat dea
^endanges de Bcur^^o^^ noua fiuoi dire par leurs ionmauft qu'ils se sont
fort amuséa , et qu'on a lort de «e moquer d'eux. A la bonite tieure { nais
n<Hia connoiaions des {(cns encore plus iieureui. que ceux. q«i «e Xclicitent
d'y Avoir naaistéf ce août ocmL qui n'y étoient pa».
*^ Il \nAi^i que9«s «ssœiéa bretons ne sotit pas aussi diables qu'ib en
ont la mine , et qu'au besoin , on auroit asset bon mai\:hé de leurs {^ands
ceaurs» A tes 4»t«idre^ voua les prendrîfix pour des ograa dont aucun per-
oeptour de contributiona n'oiera bientôt plus approdMr sans craindre de se
voir avaler tout Vif avec ses ^rus re|^istrea. Ek iaen \ tous ne v«oiidrez peui-
4tre paa le <foire., omis ce sont kes ^fiM Jea idus doun du monde et ki
moins entélÂs dans b aédtiiou. Un rien les •c&roiicbe-«t lei>r fdit Jâcber
pied. Témoin , le bmu succès qu'on substitut du (>rocureur du Boi vient
d'oliteoir contre l'aMoctalinn bretonne de ChâteÛerault. Elle étoii de feu
pour l'aaivnB patriotique du comité-directeur. Les joumans révolution*
•i&u«!««^l* SlaMo Im AOAiAnf m^infA I* i m *i >.. ^1... l.^..» J^^.^ ^^^*.a 1^ bud—
mar*
, lurprise de M» le
procureur du Boi , quand elle est devenue tout à coup invisible et unpal-
jKible au point de ne laisser découvrir aucune trace de ses eiploits , aucune
signature rebelle, aucun témoignage direct ni indirect qui pût servir seu-
lement a constater qu'elle fàt née viable! Quelques jours auparivanl, il
n'étoit bruit que de son heureuse rtudace et ae ses triomphes ; elle enrôloit
de porte en porte des signataires déterminés qui ne parloicnt que de mar-
cher à la conquête du milliard; tout le monde vouloit être de la partie, à
rcxception du percepteur, qui n'y voyoit pas son compte et trembloit pour
ses centimes. En Bien , un souffle a suffi pour glacer ces intrépides courages.
I^e bruit s'étant subitement répandu qu^un iugp d instruction s'étoit mis à
froncer le sourcil , et à demander communication des cnrèleroens du co-
mité-directeur, toute l'assotûation bretonne de Châlellcrault a disparu
comme par un IrOu de souris. Elle s'est reniée en i;ros et en détail , sans
qu'on ait pu racKic la main sur |Krso«nc, ni découvrir une ombre de
signataire.
(a5t )
' ^ Mi U coi»l« ifliflutfoal i martchat 4ff <!anip , esc nOMMé difeèliùf 4e
Fikiteitii«tr^U>ti de la guerre, eo femf>1acetnedtil« Mu le banm Glooèt>
qui Mifa nd commandenieiit dans rarmée d'Âfrkfve.
~ M. té vicôitttô de Stkteao, préfet dé '^ Moselle, est nommé ditectèur-
fj^étàl de râdmitiisiratiofi de ren^gistrement et des domâlhea, en rem-
plâceméAt de M. de Calmon , conseiller d'Etat et député.
. -i— Une oidonnauce royale du a avril a nommé préfets, satotr, MM. de
Vaiida9uvre, à U Moselle $ de Foresta, au Loliet; dcViUeneuTe, à It
Vendée ; de Caunao , à la Corrèze ) de Calvières-, au Doubs ; deVernliettes,
aux, Hautes - ï^yréuéea ) de Malartk, aux. Vosces; de Talleyrand, a la
Dr^e; Séeuier, à la Nièvre; de Watera, à la Meuse $ Angelier, an Varj
Bauoie « au Lpt-et- Garonne ; de St-Ioïc, k la Mayenne j de SaintiFélU!! «
la Vienne ; de Freslon » à la Haute-Loire $ de Lantivy , au Lot j du Feugray^
aux Laudes; de Frotté, à la Creuse; de Choieeuly à la Corsé; de Kersaint».
à rOrne.
. — Ou reaiai<|uera que y parmi ces 20 préfets, les i3 premiers passent
dans d'autres départ emecs< Quant aux 7 aei niera, MM. de Saiot-Fôlix , de
Freslon et de Lantivy sont d'anciens préfets, MM. de Feugray et de Frott6
etoient sous-préfets a Toulon et à Clierbourg, M. de Cboiseul quitte le
poste de secrétaire- général du 6is-Bhin , et M. de Kersaint est maUfe des
requêtes. Les 7 préfets sorlans sont MM. Feulrler, de Lézardières , de
Sèauraont et d Arros , qui sont digracic^ , M. de Riccé , (}ui est mis à la re-
traite, et MM. de Suleau et Funaeron d'Anlenil , qui sont appelés à d*aotrei
fonctions. ^
•^ M. de Lanartihe est nommé, dit-on , ministre plénipotenliaire auprèa
du «oaveau souverain delà Grèce»
•^ M. die Cheuvty est nommé som-dlt«<:lenr de radminîstration de la
guerre et chef du bureau de la volde.
— . M. le côlotiel Bory de Saint-Vincent, qui revient de l'expiédittoo
sdemifiqne de Moi*éé, vient d'étr«j, «iir sa demande, employé par M. le
itoîitisYM de la goeVre , comme officier d'OKktniMnee dans l'armée dTAfriqtie.
— Une ordonnance royale du 21 mars accorde une pension de 6,000 fr.
àk teiiVe du maréchal Dufoc , duc de Ftionlv
— tjne ordonnance royale porte qu'il sera fait , à Tbôtel des monnaies,
dé Paris, des essais de monnayage par le procédé de la virole biaisée et de
la virole cannelée. Les espèces provenant de céis essais seront mises en cir-
culation après avoir été préalablement jugées par la commission des mon-
naies, Suivant lès règles établies.
— Une autre ordonnance royr.le prescrit de nouvelles mesures de pré*
QBUtion à observer pour les chaudières à vapeur de toutes sortes d'établie-
semens*
^ M. le préfet de police a rendu une ordonnancé concernant les bah
pobotii^es , oui Se m«iItîplioient depuis quelque temps à Paris , et ponr la
police des bats de la bafniieiite.
— François Barthélémy, pair de France, est mort le 3 avril , à Tàge de.
quatre-vingts ans. Il étoil neveu de Tabbé Barthélémy, auteur <les Voyages
(f Anacharsis , et entra de bonne heure dans b carrière de la diplomatie.
( 35a )
t%Diltfii k révokitioli, il foi mnbataadeiir frâoctiseà' Suisse, et'sîgba en
cette qualité les premiers traités de paix avec la Prusse , FEspasae et la
Hesse. Nommé membre du directoire en 1797, il fut proscrit au tb fructi-
dor et déporté à la Guyane , d'où il parvint à s'échapper. Rentré en France
après le 18 brumaire , il fut fait sénateur. En 1814» il présida les séances
du sénat où les Bourbons furent rappelés, fut fait pair par le Roi et nomnsé
ensuite vice- président honoraire de la chambre. Ce fut M. Barthélémy aui
fit, le 20 février 1813, i la chambre une proposition pourmodrfier la loi
d'élections ; proposition combattue par le ministère de ce iemps-là, et adop-
tée par la cnambre le a mars, à une très-grande majorité^ ce qui décida
M. Dccazes & conseiller au Roi une nombreuse création de pairs pour recon-
quérir la majorité. On peut dire que , dans cette occasion , M. Barthélémy
montra autant de courage que de pt-évoyance. Il jouissoit d'une grande ré-
putation de sagesse et de modéi ation. Iln'avoit point été marié. Une atta-
que d'apoplexie l'a enlevé , dit-on , en peu d'heures.
— Sur le rapport du ministre de la guerre, 'considérant que M. le maré-
chal Gouvion de Saint-Cyr n'avoit point d'hôtel à Paris, le Roi a autorisé
la présentation du corps a l'hMel royal des Invalides.
— Six statuaires avoient été choisis pour présenter chacun un modèle
de bw-rclief du fronton de la nouvelle église delà Madeleine. L'exposition
de leurs modèles aura lieu à l'école des lieaux- arts, du 9 au 3o de ce
mois. Il s'agit du morceau de sculpture le plus vaste qu'on ait encore exé^
cuté en France.
— Un banquet a été donné, le 1"' avril, aux députés du département:
de la Seine et à leurs collègues de l'extrême gauche qui se trou voient en-
core à Paris. Il y avoit 700 couverts. Plusieurs toasts libéraux ont été por-
tés j on a bien voulu boire aussi à la santé du Roi c&nstUutiotmêL MM. Ma-
thieu Dumas et Odilon-Barrot ont prononcé des discours cpi'out accueilli
des cris de vive la Charte , honneur ans écrivains patriotes,
— La cour de cassation a cassé , pour défaut de formes , l'arrêt de fo cour
royale de TouhMise , qaira condamné le sieur Hesnaùlt ,' pour avoir imptimé-
le prospectus d'une association de refus de l'impôt. L^ffaire est renvoyée
devant la cour royale d'Agen.
.— La cour royale a confirmé' le jugement qui a condamné le sieur Mas^
e^j de Tyrone pour diffamation envers le sieur Pellet , à nropos d'une con-
trefaçon d'ou^Tage sur les classiques et les romanfciqiies. Le tribunal a icn-r
Toyé au ministère public son action disciplinaire contre le sîeur Massey^de
Tyrone, qui est avocat. .
— Le tribunal correctionnel a prononcé , samedi dernier , son jugement
dans les affaires réunies du National et du Globe. Le sieur Sautelet, gérant
du National, a été condamné à trois mois de prison et 1,000 fr. d'amende
pour attaque envers l'autorité constitutionnelle du Roi, dans des articles-
sur la concession de la Charte, et excitation à la haine et au mépris du-
gouvernement, en annonçant que le jour de l'ordonnance de prorogation
des chambres, la garde royale avoit reçu l'ordre de chaîner ses armes. Le
sieur Dubois, gérant du Globe, a été condamné à quatre mois d'emprison-^
nement et 2>ooo fr. d'amende pour attaque contre l'ordre de successibilité
au tiône et excitation à la haine et au mépris du gonvcrncraent du Hoi^.
Les clicfs de prévention plus graves çnt été écartés.
( 255 )
— Lé second numéro dû second volume de la Silhouette, ou jourdat dei
caricatures, qui contenoit une vignette représentant un Jésuite, vient
d'être saisi à la requête de M^. léptocurenr ciu Boi. '
— Le tribunal correctionnel de Moulins a condamnât le a avril , le sieur
Adolphe Michel, propriétaire gétant de la Gazette constitutionnetle de
t* Allier, à 3 moisdepnson et i,5oo fr. d'amende, pour outrages envers les
magistrats de ce tribunal.
— Ou se rappelle que le ttibtinal de Bernaj avoit condamné M. Montii-
reux, imprimeur de cette Ville, à prêter son ministère au sieur Petvey-
Desnos, éditeur d'une feuille libérale. Sur Tappelde M. Montureux, la
- cour royale de ÏRouen Vient d'infirmer ce jugement , et par de sages consi-
dérons, déjuger comme les cours de Poitiers et de Paris, qu'un imprimeur
n'est pas tenu, dans la législation existante, de prêter son ministère.
— M. Victor Desèse , recteur de ^académie de Bordeaux et membre de
plusieurs sociétés savantes , est mort dans cette ville à la suite d\ine longue
maladie. C'étoit le frère du défenseur de Louis XVI.
— Le pont suspendu qui se contruisoit sur lal^vière d'Islc, à Gùitres,
arrondissement de Libourne, a été livré à la circulation le %b mars. Au
moyen de ce pont et de celui de Libourne , sur la Dordogue , un peut aller
directement de Paris à Bordeaux, sans être forcé, comme à Cubzac, de se
servir d'un bac , dont le service entraîne des retards, et qui ne pouvoit être
employé dans les grands froids.
— On va commencer dés travaux de dessèchement générât dans le d^
partement des Laudes. Si cette entreprise réussit , on aura rendu à Tagrir
culture environ 40*000 hectares de terrain.
-— W^^ la duchesse Matthieu de Montmorenci a fait don à la ville 4e
Bonnétablc d'un bâtiment pour établir un hospice , et d'un autre bâtiment
destiné à augmenter les dépendances de la maison de la Providence.
— Il est déjà passé â Lyon i4»9oo jiommes de troupes se rendait à Tou-
lon pour l'expéailion d'Afrique.
— Le Précurseur de lAfon, le Constitutionnel et d'autres feuilles^ révolu-
tionnaires, ont annoncé (|ue le régiment suisse de Bleuler, usant de la ^*
culte que lui laisse les capitulations , avoit refusé de marcher contre Alger.
Ce fait est d'autant plus faux que ce ré^ment comme les autres troupes
suisses a manifesté le plus vif désir de faire partie de l'expédition.
-^Dans la soirée du 12 mars, un individu mal vêtu remit a M. le curé
d'Etival (Vosges) une fausse lettre du maire de Bouxières-sous-Froidmont ,
annonçant que M. Branaux , curé de Bouxières , avoit légué 6,000 fr. aux
pauvres d'Ltival, et l'invitant à se rendre dans cette commune pour as-
sister aux scellés et toucher cette somme. M. le curé d'Etival , ne voulant
point 1
Juheo, . . . . ^ ,
cela, et que le prétendu messaeer étoit probablement un vagabond , qui se
proposoit de l'éloigner de chez lui soit pour l'attaquer en chemin , soit pour
tenter un coup de main sut le presbytère. Oh assure que de semblables ten-
tatives ont eu lieu en difierens endroits.
( 254 ) •
— Un afifeux incoudic « d^orê t dans la joufiiée du 36 mars , le TÎllage
fje Senuadcs , au çantoi* d« Ff UxHirft*, 4i "Miyon» «t 44 gi'Wg^ ont été tè-
duites en cendres, et on n'a pM prjscrTer <pw l'^ui^ et les ftU t^âtim^s
placés au-dessus du point où le feu a éclaté. I>c vent étoit tellement valent ,
qu'en moins d*un% heure tout le village a été embrasé, et qu'un village
Toisin a couru de grands dangers, peuï cept six personnes se trouvent sans
asile et sans ressources .
— lx>uis-Auguste-QuiU.uin2e, grand-duc de Bade ^ est mort le 29 mars.
Ce prince éloit né le 9 février 1763, et reçoit depuis 1818. Il ne laisse
peint d'enfans> et a pour successeur CharlesTLéopold-Frédério , qui avo(t
le tlti-e de prince grand-ducal j et qui eat Gis du grand-duc Charles-Fré-
déric, mais d'un autre Ht. Charte^^t^pold est né en 1790, et a épousé; en
1819 , une princesse de Suéde.
— Le roi de Naples a demandé, 4it-i>n, la main de la princesse Ma-
thilde, flib a)née du rui de J^aviérc, pour le prince royai > duc de Ca-
labre.
A 6,492. La marine est beaucoup tombée. Les dépenses annuelles de l'armée
et qe la marine montent à 17 millions de piastres, ce qui dépasse les reve-
nus de ce malheureux pays,
— Les joriimatix libéraux avoient dit quej^i^énpral HarradaSn qui fipm-
mandoit re^pédition espagnole du Mexique, n'osoit pas retourner en Es-
pagne, et qu'il étoit devenu libéral. M* Barradas a écrit à ces journaux
que jamais il ne parfageruit leurs opinions , et que loin de se défier de là
loyauté de son Roi . il étoit prêt à se rendre à Madrid à sa première som-
natloM , peipsaadé q'aillcQrs q«e m conduite ii^a pas éléfépréhensible.
M* de (4ino«ai} père , ancien directe«ir du pensionnât de Saint^Barbe ,
est mort h Paris le 3o n^a. On a if^is dana toutes les feuilles libérales un
article w wn hwnwir j U y q^t dit qu^ k perte de c^ homme honorable,
que reçoimvHtnd»t\t Uii\t de ^t^^^et utÙe^ services, sera vivernent sentie par
tous ceu^ ^m (*Qtti pyk çmnçitrç* Il çst prpbi\b|e que cps journaux ne sfi
borneront pas fà; et qu ils oublieront une notice sûr le défunt. Ils en
trouveront les matériaux dtips U^^obilîaire universel de Prancç, premier
Tolun^e, f)ubné peu après la restauration. La famille de Lanneau j a une
place, et 'on v apprertd, entr'auires, que M. de Lanneau qui vîeiit de
mourir a été élève de l'école militaire, en 1767, et qu'il çtoit en dentier
lieu docteur ès-lettrcs et officier de f Académie de Paris. Maïs il y a évS-
denunent quelque lacune dans c^ «irtide où oh se tait sur un infervale de
quarante ans. Dans cet intervalle, il a pu se passer bien des choses. Se^
.♦.li «I ^-.s ^ A^ T j^x A^^^.t^J _^.„ professeur au col-
\ procnreur-syntfic
t-cc !e même dont
ïl est parlé dhiis les Procés-verbavx de la Contfentitm , oh on rapporte une
( «55 )
leiVce qu'il ocrivit foar aowwc^r au'il «roit quitté k sacerdooç Je^iis
i4tM d'uD an po,ur. se «fi^Hef et quil.avoit brute. «es lettre de itféiriae?
* MfoU-oe le méiiie qui , oueUfties jours aprèa, envoya U croix dm fanatique
9i ûMcUie lùms''U^Sa%nt {ta^ti Procés-^poriaus , t. XXVII, p« iq)2
Ou pourrait / à Autiin , «tonnet* d'autres remeigneroeiks ^nv la eontluite
qu*y a tenue, pendaïUt la révolution, cet homme honorable que reoev^
mandent tant Je Imys et vtiles services^ et qui s'éloJi dévoué générçuse7
weqt à tenir un pensionnat qui lui e^yoit procuré une asse^ jolie fQrtune.
On dîl one ses obsèques ont éié marquées par un nombreiu^ ooocoum de
nm élèvQi. un député, M. Lewercier, «ncien élève de M. deJUnneau , •
prononcé un disooiirs sur la tombe. Mon m»iife, s'etl^il éerié dans un beau
naouveraent de patiiotisroe,,/? n'^mbUertiijimiaù te» leçima, W s^Jm tvmbe
Je renùuveile le serment de défendre S9?ts relâche I99 lilerté^ de la Pranfie ;
et h'U faUoitf peur rester h^e, sacrifier ma fortune, je saurais imi
l*€a;efnple oue iu nous as donné» C'est ainsi au'on fait de Topposition ii
tm\ter
us-
cfimm^ Vpnt fait et comme le feroient encore ceui^ qui parlent ^^jourd'hui
le plus baut de leur zélé pour la liberté.
Vu retour probable des libéraux au cuHe thét^hifanthropifue»
Vous avez tort de dire que les iibémux n'ont point de religion , et que,
non contenu d'en être débarrassés pour )enr propre compte^ il» ne peuvent
la sovffri* dans les autres. Pardonnez^moi ; ils trouvent béo que tous en
.c«ifrltiviea fMM«ore une certaine partie q«i a le bonheur de ne point leur dé«-
plaire ,* cWt celle qui se rattacneaua pmriqueide ip pbilaiitnvopte.
A la vérité , lis n*en sont pas loul-à-faît revenus de ce côté-là au point
ou M. LareveUlére-Lépcaui*le8 «voit laissés en Tan 8 de la république:
car voU;j savez que ce bon ami de^ bommes méloit encore un peu de divi-
nité à son culte , comme vous l'hidiquent les deux premières syllabes du
nom de ses théupbilanthropes ; mais a cela près les libéraux 80ut presque
aussi vétés qne lui pour te sinpHss. Les bonnes eeiivies «le la veiHcion les eii-
dÉiantent, pourvu que vous leur ôlîea leur vilaine apparence 4e piété, et
qne vons les ap^liez philanlbropiquet .
Ainsi , ne craignez rien ; vous pouvez hardiment leur parler de ces saintes
filles qui se dévouent , par un sublime effort de charité , au service des |)au-
Très, 'des orphelins , des malades et des pestiférés. Ceis messieurs ont la
bonté de ne s'en point scandaliser ; ils tolèrent ces choses-là de bonne
grâce, sauf quelques petites chicanes sur les pratiques de dévotion dont
elles ont l'inconvénient d'être entachées.
Voule^i-yous encore les trouver cootens et raisonnables sur d'autres
points? montrez-leur un hospice élaUi an milieu des neiges et des mon-
tagnes , pour la sûreté des voyageurs. Ils admireront l'héroïque charité de
( 256 )
CifiùoL qui le detienrent; seulement iU re^tterout que ce soieat da reit-»
gieux plutôt que des philanthropes. £h ! mon Dieu , oui , ce sont des reli-
Sieux! Toilè le désagrément; mais que Tonles-Toos, on n'en trouve pas
'aatres; c'est i prendre ou k laisser. Quand il s'agit de payer ainsi de sa
personne, vos philanthropes ne «ont jamais prêts.
Citez ensuite un pauvre curé de village qui, en courant là ndit au secoori
de quelque malade , se sera fait dévorer par les loups ; dtez-en un autre qui
te sera précipité dans la rivière au milieu des glaçons , pour en retirer un
tnalheareo& aui pérîssoit ; puis citez-en un troisième qkii aura coorageuse-
ment alDonte les ravages d un incendie pour sauver les enfans d'une veuve
ou le grahat d'un pauvre ; les libéraux seront les premiers à vous dire que
cette partie de la religion des prêtres est une fort bonne chose.
Il n'y a pat jusqu'aux Jésuites qui ne trouvent ^râce devant eux , si vous
vous bornez i les montrer dahs des i-é|^ons inhospitalières, bravant les fa-
tigues et les périls , luttant contre les privatiotis et les embûches , sacri-
fiant repos etjjours pour arracher des peuplades sauvages à la barbarie ; mais
gardez-vous bien de parler du but spirituel de leurs travaux : dites tant xfue
vous Voudrez qu'ils sont allés porter la civilisatiort et la lumière chez des
peuples grossiers et féroces ; mais ne Vous avisez oas d'avouer que le but
véritable étoit d'allumer pour eux le flambeau de la religion et d'en fûre
des chrétiens , car autant nous aimons les conquêtes de la civilisation, au-
tant nous détestons celles du christianisme.
Cependant , messieurs les philanthropes , il faut nous entendre là-dessus,
si nous pouvons : ce que vous admirez est le produit d'une semence dont le
fruit ne vient pas tout seul. Vous avez beau être aimables , les autres ne
sont pas obligés d'avoir des vertus tout exprès pour vous servir; ces vertus
ont leur source dans la religion, dans les croyances de la foi, dans ces mêmes
pratiques que vous appelez superstitieuses , et surtout dans la pensée d'une
récompense qu'on n attend point de vous. Si donc vous voulez le fruit, il
faut aoeolumeni supporter l'arbre ; car, encore une fois, ce n'est point votre
théophiianthnmie qui produit les dévouemens dont vous êtes temoina; ce
n'est pas pour le plaisir de recevoir vos injures que l'on se consacre au ser-
vice ues pauvres et des malades, ni qu'on «'enterre vivant dans les neiges
du tuont Saint-Bernard , ni (ju'on s'affuble du manteau de missionnaire
pour aller Coucher à la belle étoile , sur les sables brùlans de l'Amérique et
des grandes Indes.
Si donc vous voulez avoir le bénéfice des actions religieuses, résignez-
vous À supporter la religion $ «ans quoi chargez- vous de guder vous-mêmes
vos malades et vos orphelins, de secourir vos pauvres , de pourvoir à la sû-
reté de vos personnes et de vos biens , et de civiliser les milUers de sauvages
que riropiété révolutionnaire menace d'entretenir à votre charge , jusqu'à
ce que vous ayez reconnu la supériorité de la religion sur voire code pénal >
et des vertus chrétiennes sur les vertus philantmopiques.
B.
J^ QixiM^, Jiiftknte €itvt.
Samedi lo avril i83o. (N* i63
Discours pour les mctimes de la cause royale , pendant ia
révolution»
Depuis treize ans , une association de dames pieuses et
charitables a été formée pour secourir les victimes de la
cause royale; Madame, duchesse de Berri, l'honore de sa
protection. Tous les ans , il se tient une assemblée où Ton
Srononce un discoqrs analogue au but de Tassociation. Le
iscours est suivi d'une quête dont le produit sert à distri-^
buer des remèdes, des secours, des pensions aux émigrés,
aux Vendéens et autres victim^es de la xanse royale que la
loi de l'indemnité n'a pas tirés de la misère , qui ne jouis-
sent d'aucune pension sur la liste civile , ou qui n'en reçoi-
vent qu'une insuffisante pour leurs besoins et ceux de leur
famille. €ette année , M°^ la Dàuphine , Madame et Made-
moiselle assistoient à la réunion qui a eu li«u, comme
nous l'avons annoncé , le samedi 20 mars.^ O'-est dans cette
sissemblée que M. l'ancien évêque de Strasbourg a prononcé
le discours dont nous n'avons donné qu'une très-courte
Inualyse. Quelques passages recueillis de ce discours feront
encore mieux connoître tout ce qui s'y trouve de nobles et
généreux sentimens. Après avoir rappelé quelle fut de tout
temps la pieuse munificence des princes de la maison de
Bourbon , et combien de belles fondations et d'institutions
bienfaisantes sont dues à leur prévoyance et à la charité,
le prélat a montré les princesses présentes à rassemblée,
<:omme continuant ce beau ministère et venant plaider
elles-mêmes la cause du malheur, et exciter par leur pré-
sence l'intérêt et la générosité des chrétiens et des Fran-
çais> ïl à ensuite exposé son sujet :
ce Non y il ne s'agit pas de consoler Aea douleurs communes , mais des
M>uffrances inouïes dans les fastes de notre histoire. Ce ne sont pas des
pauvres accoutumés dès Veniance aux privations de la misère , que Ton
nous montre froissés par le malheUr; ce sont des hommes nés dans une
condition honorable , et qui , dès le jeune âge , coûtèrent les douceurs d'une
vie opulente ou aisée. Or, voyez quel cruel cnangement s*est opéré dans
Tome LXIII, L*Ami de la Religion et du Roi, ■ R
( a58 )
leur existence! Autrefois, leur table étoit abondararoent serrie de mets
délicats , et maintenant ila mangent en pleurant , en frémissant de donlènry
le pain noir et amer du pauvre. Autrefois , ils habitoient de riches demeu^
rci où brilloient les précieux objets des arts et du Iuxq.^ et maii\tcnaQ^ ils
vont cacTier leur misère dans des lieux obscunt ; ils se traînent péniblement
vers de tristes réduits ouverts à toaVn lei rigueurs de la saison , pour j
chercher un repos , hélas ! trop rouvent malsain , et quelquefois meurtrier.
X^, ils couchent sur un lit our, ils se servent eux-mêmes, n'ayant plus
aucun de leurs anciens serviteurs ; ]k , its se voient perpétaeElenïeDt entou-
tfét de toutes les hideuses livrées (4 Hndi^nce, n*ajatit rîsn , ou prag^e
fian , pour séchar les laroiios d'une époose inflrim» ,. poKnr adounir Taxifi^iMe
d'une in&re qui snceombi; soua le poids des anoé^, pour rassasier df^ eo-
fans qui demandent du pain, en poussant des cris de douleur arrachés par
le besoin.. Accablés aous Ténortne fardeau d'une vie si malheureuse, ils
jettent un regard inquiet Vers l'atenir; espôrarit y lire tfne antre deatittéè;
mh, hélas ! ils u'y aperçoivent qu'uiM loogue et terrible chaîna 4e pnra*
tions et da louffrances qu^ils «ont condavioés à traiter jiisga'^u tombes^. ^
L'orateur a fait valoir habilement toutes le» raisous qui
plaident en faveur de ces nobles victiufieâ, leur dévoue^
nwni^ leur fidélité, leur af$acice passée» leur situation
Sréaente, leur courage dans les combats» leur courage
ans l'infortune. On s'intéresse à des héros fabuleux et
à des infortunes imaginaires «çQnmient ne s'intéresseroit-
on pas à des guerriers braves et fidèles et à des malheurs
trop réels et qui durent depuis si loug-temps? Enfin le
prélat a réuni les raisons les plus pressantes dans sa pé-
roraison s
-a £h qMoi ! ne Àcrions^nous pas désolés d'apprendre que, vaincus par la
continuité des souflrance^», plusieurs de ces vieux serviteurs de la inonar^
chie, furent sur le point de regretter d'avoir été fidèles et dévoués? Vou-
drions-nous qu'ils allassent chercher dans des rangs diffôrenàdee nôtres le
pain «t Vassîstauee qu'ils réclameroient itiutilemeilt de nous? Ils aoiit, ie
U vaux , incapables d'une telle bassesse. Jamais, non, iomaîs ils ne sa «ib-
soudr0nt à perdre en un moment le mérite et la gloire die leurs anciens ser-
vices j ils «périront de misère plutôt que de souiller par une lâche défection
un nom pur et honorable. Mais, parce que leur vertu demeure également
iuaccnssible aux piègos de la séduction , et inébranlable sous les coups de
TadVersité, faut-H qu'ils languissent dans une affreuse iridîgence? Mais,
p^^B dit que le sol patenter I
pour vous une terre inhospitalière qui dévore ses habitans! Non , vous n'y
serez point délaissés comme ces êtres sans honneur et sans vertu , que ni
justice voue à l'opprobre, et que la société voudioit rejeter de son sein. Un
tort biea différent vous est réservé. *
C 259 )
* »£n C9 i^oment la celigioD, la royauté, la pairie, mékntdei latslès
ifattendrisseiiient à celles aue le malhieur yoos arrache ; elles plaident en-
«etùble votre cause devant les âmes les plus généreuses ; et , si vous pouviez
lire 'sur le front et dans le cœur des membres de cette assemblée les senti-
■|cns diveraqui ks ammeat, vous verriez queHe profonde estime est accor*
dee à v«â vertus , et combien e^t ardent ledésk de vons «oulajier ! Ayez donc
confiance, et biçot^tdcs oi&andes inattendues tempéreront l'amerttime do
calice que vous buvez jusqu'à la lie. Bientôt des dames pieuses et charita-
l»les, qui ambitionnent le bonheur de vous secourir, appareitront comme
des anges eonsolateiirsdans vos obscure^i habital'tous , pour verser sur vos
plaies un baume salutaire; et , s'il n« lenr est pas d»naé de vons élever du
s^n de la miaèce à un état d'aisance et do prospérité, da moins elles voua
prpcurerotit et uu relâche dans vos douleurs ; et quelques jouissances passa-
gèi^es ; dn moins elles vous inspireront un courage nouveau , peur achever
avec résignation ee beau martvre de la fidélité a vos rois , que Dieu seul
saura dignement récompenser ilans un tuqnde meilleur, d
Ce noble langage, ee juste hommage renda k un déiroue<-
œent paye' de tant de sacrifices, n'ont pas frappé yaineinent
des oreilles dignes de l'entendre ; la quête a répondu au
talent de l'érateur et à la générosité de Tauditoire.
NOUVEIiliKS ECGLésiASTIQUBS
PAais. Le m^r^rcdi saint , à huit (i^i^riea et df^mie , )e Roi ,
apçonipagné de M. le Dauphin et des deux prilocesses , s'est
Tex^ à St-GeriMain-l'Auxerrois , {lour y Caire ses Pâques.
S. M. etjLL. AA. KR. étoient suivies des grands -officiers
de leurs maisons. Le Roi a été reçu par 4t. le cmré, à la
tète de son clergé, et par le maire du 4* anrondissement.
M* l'abb^ de Rouhaut de Gaivaçhe^ aumônier ordinaire, a
célébré la messe, à laquelle le Roi et ]a famille royale ont
qommunié. M. Fabbé Lefèvre de Palme, chapelain, a dit
la nies^e dVçjûons de grâces. Uq grand nombre de fidèles
sa. prévoient pour élre témoins de cet acte de piété. Puisse
ce.gvfînd exemple n'être pas ^érile pour eux: Le Roi est
retourné ensuite aux Tuileries.
-— La eérémonie de la Gène a eu lieu le jeudi saint aux
Tuileries dans la galerie de Diane , c^ue l'on avoit disposée
à cet effet. Après le discours, le noi a lavé les pieds à
Ra
( a58 ^
leur existence! Autrefois , leur tab)^
(félicats, et maintenant ilumangei*' jacun une bourbe contenant
le pain noir et amer du pauvr*» ^„ pain et un vase rempli de
rrs où brilloient les précieux .'rPifP nrrAsînn «ar M li» TIau-
vont caclier leur mîÂre da» Xî ^^"! occasion par OT. le liau-
vers de tristes réduits ou >cjers. Les princesses et beaucoup
chercher un repos, bel" jiictioïk assistoient à la cërëmonie,
X^ y ils couchent sur ^f la famille royale se ront rendus à
fàî^det^ttS'ks'^h?*' '^^^ ^^'^ ^°**^* ^ quatre heures, le Roi et
fi«n pour sécher ' .'M ^^^^sté au.x téuèbies, et sont retournés
d'une iik&reqqr , j^//e pour adorer la croix,
fans (fui dema ;j^qu<?> à l^ ûi' ^^ ^^ messe solennelle qu'il
je besoin. A , yjjjaur de Pâque dans Teglise métropolitaine,
wîSr^hé" :^*^nédiction papale, à laquelle est attachée une
lîonset ;>/|)iénièrc,
.<^^rdi saint , 31. l'arche vêque a fait la reconnois-
J /< ^/'ouverture de la caisse qui contenoit les reliques
p» y<'^i Vincent de Paul. Précédemment le prélat avoit
y^^' une commission .pour constater l'authenticité des
/!^es- Cette commission , composée d'un grand- vicaire
^ deux chanoines , a pris les informations les plus exac-^
^, soit auprès des Filles de la Charité, chez lesquelles
//relique étoit en dépôt, soit auprès des persoajMs.qm
^^oient eu connoissance de ce qu'elle étoit devenue pendant
ja révolution. On a su que la relique avoit été soustraite
aux profanations par un pieux Lazariste, qu'elle avoit été
déposée pendant ta terreur chez le notaire de la congréga-
tion, transportée ensuite che* les Sœurs de la Charité, rue
du Tieux-Colombier, puis rue du Bac. Nous espérons pou-
voir publier le procè^verbal de l'enquête faite à ce sujet
par les commissaires de M. l'archevêque , et qui ne laisse
aucun doute sur l'authenticité des reliques. Nous nous
bernerons à rendre compte de ce qui s'est passé mardi
<iernier à l'archevêché. M. l'archevêque avoit convoqué les
membres de son chapitre , le supérieur^général et qiielques
membres de la congrégation de Saint- Lazare et plusieurs
Sœurs de la Charité. MM. les préfets de la Seine et de po-
lice, plusieurs pairs et magistrats^ des médecins et chirur-
giens et d'autres fidèles avoient été invités à cette réunion ,
et s'y sont rendus avec empressement. Quand tout le monde
a été rassemblé dans la grande salle de l'archevêché,
M. l'archevêque a fait la prière, et a ordonné d'apporter
la caisse qui contenoit les reliques. Cette caisse en bois ,
( 201 )
\>uyerte eu toile , ctoit entourée d'u» vuban de fil , et
se des sceaux de M. rarchevêque et du supérieur»
l de la congrégaùoB de Saint - Lazare. M. l'abbe
1, chanoine et promoteur du diocèse , a (ait son
ur rauthenticite' de la relique^ et M. l'abbé
<x, aussi chanoine et secrétaire de la commission
^uête, a lu les prpcès-rverbaiix où sonx rapportées jour
. jour les diverses informations prises sur- le sort de La
.elique pendant la révolution... A près cette lecture et après
avoir pris l'avis des membres de son chapitre , M. l'arche*^
yêque a porté son jugement s.ur l'authenticité de la relique.
On a procédé à l'ouverture de la caisse, dont les sceaux
ont été rompns pa^* M. l'archevêque , en présence de toute
l'assemblée*. On a trouvé d'ahnrd beaucoup de linges qui ^
à ce qu'il paroît, avoieut servi, au saint dans sa dernière
maladie. Le corps étoit renfermé dans d'autres linges et
S osé sur un coussin. Ce n'est pas sans un profond seulimeiit
e respect qu'on a yu à découvert les redites précieux d'un
si grand homme et d'un si grand saint. Le corps n'est plus
entier aujourd'hui ; plusieurs parties en ont été distr,aites
successivement, pour être données à des églises ou à dei»
pirélats. On en a envoyé à Rome , et en 1B17, on adonné lin
os à M. Bubour^^ alors évêque de la Lopisianc, et aujo^iw
dMmi*de Montai^ban. Qe qui reste se compose de la tête,
de l'épine du dos , des os principaux des bras et dés jambes.
La tête a absolument la forme que nous voyons dans les
portraits du saint. Avec la relique, on a trouvé uA acte eu
parchemin , dressé sous M. de Yintisnille , archevêque de
Paris, lors de l'ouverture qu'on lit alors du tombeau; cet
acte, qui indique l'état où étoit alors, le. corps, est une
nouvelle preuve à joindre à celles qui constatent l'authen-
ticité de la relique. Les ecclésiastiques et les fidèles se près*
soient pour voir ces restes vénérables d'un homme si cher
à la religion et à riiumanité, M. l'archevêque a fait appro-
cher les Filles de la Charité , qui se sont prosternées devant
leur fondateur et leur père , ont prié avec ferveur et ont
baisé avec respect ses précieux ossemeus. MM. du chapitre ,
MM. de St-Lazare , quelques autres ecclésiastiques présens
et les fidèles se sont aussi mis à genoux et ont vénéré la
relique. Il n'étoit personne qui ne se rappelât avec admi-
ration les grandes œuvres de ce saint et généreux prêtre^
(flôa )
Le» uns iMiHoicnt avec émoiion eette tête rëBérable , qui
arott conçu Umt àe projets ë((aletneiit glorieux à Keu et
utiles à rfaumanité ; les autres y faisoient toucher des cbà-*
pelets et autres objets de piété. M. TarclieTéque a tenniné
M sëaoce ea ordonnant qu'il fût dressé procès^ y«-baljâé
tout ce qui s'étoit passé, et en chargeant les médecins et
cfarrurgiens de constater Tétat du corps et de le disposer
pour le placer dans la châsse destinée à le reeevôir.
— ^ M. Pierre-Lonis Bossu , chanoine de la métropole et
ancien curé de Saint -^Eustathe, est mort le 29 mars, â
Gfaaillot, on il étoit retiré M. l'abbé Bossu étoit le doyen
du clergé de Paris. Il fut d'abord ficaire à St-Panl, puiâ
nommé à cette cure en 177*7. Cette paroisse étoit alors une
des plus considérables de la capiule, et comprénoit nne
grande partie du Marais. La cure étoit à la collation de
M. l'arcnevéque , et on dit qne le choix de M. Bossa , alors
assea jeune , fut di\ aux recommandations de M. de Nico^
lai , premier président de la mambre des comptes. Le non-.
Teau curé est assez maltraité dans les Nôtipeiies ecclénasti*-
quel, qui lui reprochent le goût du faste et de la dépense ;
mais on sait qu'il faut toujours rabattre un pea des plaintes
d'une gazette de parti fort attentive à décrier Tes prétrel
opposés à sa cause. M. Bossu prêcha la Gène à la cqur e.ti
infiS; son discours fut imprimé avec luxe diei ÏMdbti
20 pages in-8^ Ayant refusé le serment en 1791 , il Sortit
de France l'année suivante ; il résida ouelque temps à
Blankenbourg et à Mittau, et y servit d aumônier à
Louis XVIII. De retour en France , il trouva i^on église
détruite^ et fut nommé, lors du concordat, à la cure de
Saint-Eustache. On a, depuis ce temps, deux écrite de
M. Bossu ; l'un est un discours prononcé ïe \S mars i8q3,
à St*Roch , dans un seivice pour les curés d^ Paris mort«
def»uis la révolution ; discours qui fut imprimé , et qui est
rapporté avec ttne préface assez maligne dans les Annales
des constitiAtiônnels , t. XTl^ p. 498. L'aittre écrit est un
in^'ilqne nous àvùns vu dans le tempf^, mais dont nous
ne nous mppelons pas précisément le titre; le sujet étoit
tout t» qu'opère la religion par la charité. M. Bossu étoit
tombé depuis j^usieurs années dans un état d'infirmités
fort pénible. Il ne nouvoit plus faire aucune fonction de
son niinistère, ^t il descendoit même difficilemetit dans
( 363 )
<ioii'«glise. Il 5e décida enfin à domner sa démission , et
M. Tarchevéque le nomma chanoine de la métropole , ^fiki[
de lui assurer un traitement. M. Bossu ne put d'ailleurs a^r
sister aux offices de la métropole; il se retira à ChaiÙoti^
ou il est mort à l'âge de 83 ans. Son corps a été porté ^
ffotre-*I>amey et un service funèbre y a été célébré. M. Tar-
cbevêque a nommé au canoniçat vacant M. l'alsbé d^Âligre ^
grand-vicaire de Bourges^ qui étoit depuis long-tempsi
cbanoine honoraire de Pi^ris et qui l^étojt aussi dé Metz.
*— Les provinces s^empressent de Suivre l'exemple qutî
leur ont donné quelques neaux-esprits de la capitale;. Nou4
avons vu, depuis peu d'années , cinq pu six comédiens,
littérateurs^ médeiiins et révolutionnaires, se faire gloire
de refuser les secours de la religion et dédaigner les prières
de rEelise ; et nous avons ru leurs amis leur décerner une
sorte de triomphe pour cet acte de courage « et relever leur
incrédulité par un plmi grand appareil dans leur convoi fu-
nèbre et par une proJTusion de discours et d'éloges. C'est
aussi ce qu'o|i vient de faire à Cahors. M. Martin , avocat
et ancien administrateur du Lot , est mort dans cette ville
le 2^ mars, a l'âge de 9^ ans. Il i^ypït refusé les secours de
la religion pendant une longîie .maladie , qui lui avoit laiss4
l'usai^ de toutes ses facultés. Le curé de la paroisse a cré*
sans doute se ccmformer à ses intentions , eh lui refusant
après sa mort les prières de l'Eglise. (Grande rumeur parmi
les libéraux. Quelle injustice de refuser les prières de l'Ë^
glise à un sï brave homme ! On s'est arrangé pour l'en dé-
donunmger. Les avocats, les amis, les parehs lui ont pré-
paré -ane belle pompe funèbre; cela avbitle triple avantage
d'honorer la mémoire du défunt, de mortifier le clergé ^
d'insulter même à la religion. Dans le cortège, on exaltoi^
les vertus "du défunt et on censuroit la conduite de^ prêtres,
ï)n passant devant la cathédrale, an s'est arrêté^ et quel-;<
Îaes^unsee «ont mis à genoux comme ppur faire une prière.
rriYé au champ du rep9s, un avocat a prononcé un discours^
où il a présenté M. j^artin comme un lùodèle de probité ^
de courage etdç vertu. Ç^est là, a-t-il dit , (x>ut ce que ta
société nous demflnde; car les crc^auces religieuses, toutes r^tf-
pectakltif, ne sont pas de cfi monde, et sont uA secret entré , la
conscience de Vhomine et la Diçinité» C'est dire qu'il importe
peu que TOUS croyez en Dieu ou non, que vous soyez chrc*
( 264 )
tien ou mahométan. Prétendre que les crojrattces ne sont par
de ce monde est ieh outr0 une absurdité' et une sottise; la
religion n'est plus rien , si on est dispensé de la suivre en
ce Das monde. Tout le discours a étd un mélange de pa-
thos , d'exagératioKi et de niaiserie. On a affecté de combler
d'éloges le vieiUajrd vénérable, nui avoit donné le généreux
exemple de refuser les secours d;e la religion ; et le discoors
et toute la cérémonie avoient pour but de faire sentir qu'on
pouToit très-bien se passer des prières de l'Ëglise , et qu'un
enterrement Mas prêtre éloit bien plus touchant et pluai
beau. Les journaux ont raconté la chose dans le même sens ;■
ils nous ont peint le recueUtement du peuple, le bon ordre, la
sensation profonde qu'a produite le discours. Ils espèrent
bien que, peu à peu, le jpeuple s'accoutumera à ces pom-«
pes païennes et à cette absence de tout signe de religion.
Une prière partie du coeur, dit l'un , et s'életHint dans, les airs,
n'est pas moins agréable à la Dii^inité que ceUe qui est pranonr
eée dans les templesj d'où il suit que lés églises sont inutiles^
que tout cuhe est une superfétation , et qu'il suffit d'une
prière partie du coeur pour être un homme juste et pour
aller dans te ciel; et en effet, un autre journal rapporte
3u'on disoit partout à Cahors que l'ame dé M. Martin ^toit
ans les cieux. Ainsi , ceux qui se moquent d»s «anmaisa-
tions canonisent san$ fkçon leurs amis. L'esprit de parti ,
le ridicule et l'impiété éclatent dans toute cette affaire et
dans les relations des journaux^
— Le clergé catholique d'Angleterre a perdu, dans le
courant de rannée dernière, un de ses prélats, M. Bernar-
din-Pierre Collingridge , évêque de Thespic et TÎcairc
apostoliaue du district de l'Ouest. Ce prélat appartenoit à
1 ordre des • religieux Franciscains, dits Récollets. Il fat
nommé coadjuteur de M. Sharroek, évêque de Telmesse,
et sacré le 1 1 octobre 1807, sous le titre a*évêque de Thes-
pie. Il succéda dans le vicariat de l'Ouest à M, Sharroek,
mort à Bath le 17 octobre i8og. Bans ces dernières an-
née.!, il étoit devenu infirme, et on lui avoit donné pour
coadjuteur M. Pierre -Augustin Baines, évcque de SigS^-
M. Collingridge mourut le 4 mars 1829; ^'®®*^ ^* l'evêquc
de Siga qui gouverne JWjourd'hui le district de l'Ouest,
Iflcpelse compose de huit comtés et du pays de Galles. Le
çlergc anglais a perdu ep ôutrç, dé novembre 1828 â sepr
( =»65 )
tembre 1829, treize prêtres , cinq du clergé séèulier et huit
du clei^é régulier. Douze religieuses de diverses congréga-
tions sont mortes dans le même espace de temps. Enfin
neuf ecclésiastiques français , qui étoient restés en Angle-
terre , sont morts aussi dans cet intervalle ; nous croyons
devoir faire connoître leurs noms , dans l'intérêt de lenrs
familles. Ce s'CHit MM. Jean -Baptiste du Goudray, du dio-
cèse du Mans, mort à Londres le 7 décembre 1828, à l'âge
de 68 ans ; Charles Lefebvre , du diocèse de Rouen , mort
à Londres le 9 décembre suivant, à Tâge de 79 ans; Pierre
Molié, du diocèse de Rennes, mort Icf 1 4 janvier 1829, à
74 ai^s; Charles-François Letellier, du diocèse de Lisieux,
mort à Reading le même jour, à 77 ans ; Jean-Félix Carlu,
du diocèse de Rouen, mort à Somerstown le 11 mai, à
70 ans ; l'abbé Herbot , du diocèse de Rouen , mort le 3 juin ,
à 70 ans ; Pien-e-Rpbert Vergy, du diocèse de Baveux, mort
à Mawley le 2 août, à 66 ans; Jean-Baptiste Aubert, du
diocèse de Coutanees , mort à Thorndon Hall le 16 septem-
bre, à 60 ans, et Guy- Simon Bertrand, de Saint-Brieuc ,
pastenr à Louth , mort le i3 octobre , à l'âge de 71 ans.
— Les catholiques des Etats»Unis montrent un grand zèle
pour construire des églises ou pour payer les dettes con-
. ^.tsfbe^es par ces constructions. La cathédrale de Charleston ,
qui est dédiée à saint Finbarr, et qui a été bâtie il y a
quelques années par les soins de l'évêque, M. England,
étoit grevée d'une' dette considérable. Le 3o août de l'an-
Biée dernière, à une r^n ion des catbcdiques, on proposa une
souscription pour éteindre cette dette. Il y eut sur-rle-
champ de nombreuses souscriptions; le dimanche suiyant,
H s*ea fit encore de nouvelles. Le tout se monte à environ
4,5oo dollars (environ 22iQoo fr,), qui mirent en ét|it de
liquider la dette; quelques protesUns s'étoient empressés
d'y contribuer. Il y a maintenant à Charleston deux égli-
ses, et on espère en avoir une troisième. En 1818, le nom-
bre des communians dans cette ville étoit de 122; en 1829,
il fut de plus de 4oo. A New-Yorck , on a réparé et agrandi
Tannée cfernière l'église de Sain te -Marie; la population
catholique de cette ville est, dit-on, de 3o,ooo âmes. On
construisoit une église à Greenwich , près la même ville.
A Buffalo, même diocèse» un terrain pour bâtir une église
{ivoic été oSert par un particulier, et bénit par l'évêque ,,
(a66)
M. Diihm. Le jour dU Noël denûer, oa av^it-^^Cveri 'tuft^
nouvelle églbe k Pawtucket , dans Rhode-bland , e4 ce qm
est remarquable » c'et t que c'est ua protesiaat d^ Pawiiiick«t|
M. Wilkinaon, çiui $ifoit donné le terrain pour Miir ré-
gUse, terrain qui est de laS piedâ carrés, te i3 jaavier d^
cette année, une DoaveUe église av<>it été a«ssi ouvert^ 4
Mocapin , dans le Itew«Jersey; M, f^fcencU, mUsiontiairei
bénit régliie^ célébra la messe et prêcha» On a dû bénir
éaalemeni uue nouvelle église à JNew-Bedford; mais la
pïushellede ces nouvel les.^Uses sera iirobabkmenti ^uand
elle sera achevée, celle de Pittsbargh en Pensylvanie. La
premiène pierre en fut posée le ai juin par M. Ms^pûr^^xuré
de St^Patriee du lieu. L'édifice doit avoir |57 pieds A long
et 65 de larges i il y aura une tour de 106 pied# de haut,
surmontée d'une flèche de 60 piedh. L'égliie aiuta une ^
principale et deux ailes, et sera entourée d'une gjalerie i un
presbytère doit y être joint. Les kabitans des différentes
communions à Pittabni^h ont contribué généreusement à
la dépense» A ces détails sur les éçlises ouvertes Tannée
dernière aui! Etat^Unis, nous joindrona un fait semblable
pour la Nouvelle-Ecosse; une nouvelle église catholique a
été ouverte i Hallifax le 3o novembre dernier^
NOUVEiiliEâ POI/ITIQUBH.
Pabm. Vou» n'avez ^
la liberté des Tojrageurs
pas ouï dirc^'tl aoit rîen survenu d'alarmamt po«r
M uuvii^» »w .y^»^w„rs, nî qu*on ait découvert tout à coup , dans nos rè-
glemens de police sur les passenorts, quelqu'un de ces aî>us criSos <Mi exi-
gent les plus prompts romMes? Pour xioas, no» dédan>n8 qiill n'est rien
▼cnii de pareil à notfe counliîsèance, et qiie n 1» narchfe du .monde ae trouve
arrêtée quelque part ^ c'est bien à notre insu : mais le Constitutiotmel, qui
voit tout et songe à tout, est loin de partager U-dcssus notre ignorance el:
notre ftécuvitéj la suppression des passeports est une dés mesure» d'urgence
qui le préoccupent dans ce moment, pour compléter notré^systèrae de Ù'-
bertés publiques. Il voit approcher uno certaine époque ou le cnoûèér
directeur aura beaucoup de monde a faire circuler en France : cela l'inj
quiète; il craint que tout ce monde-là no soit suivi de Toeil, noté sur les
registres de la ponce et gêné dans ses opérations ; aussi (îemande-t-il que
notre vilain régime de passeports soit aboli sur-l<s-champ. Sur-le-champ?
«'est bien prott^t. Ce n'est pai {x>tir faiK de b poinc au ùmsiUwHêmufl^
(267)
ittu» «oos «^rtdha aiM!Kd*ii¥is cfM ë» profîoiiftiaii M lot tXBMànubé ijptsfii^
les {Moctisines éjections.
— Enfis , le cawchemar des libéraux va un peu se ealmer ; M. de Vilîile
Icaf fait llanitié de s'en aller lundi procluiîii 1 sans f^ de re«ard. Sa place
est retenue à la malle-poste de Touloase; et il ne tient qu'à eux de le voiv
par*.ir pour en être plus sûrs. Il est vrai que leur joie ne sera pas tout-à-
fiiit pùrtly ^rcft quMl kisse M"** tie Vlllèie à ?ans, «t que eelte tkam-
atanee est à|Mèle-He leov mettre encore Pesprit aot diamps. Hkim tou^
dfions pootoir lés guérir dé ee riesle de peur ; mais cela ne* dépend point de
noiis : c'est à M. Lablx^ de Pompières a examiner te qw$ notre lecMatioii
criminoUe peut kû aei^attre de tirer de là pour son» grand a«te (f aocosa-
Uon y et à voir s'il n 7 auroit pas mojren d'y impliquer M*"* doYillèle.:
— Ôuand on a Thortneur <1ë s'appeler Bavoux , il semble qu'oi^ tae pvnssé,
ni parler ni écrire comme les autfes, et qu'on soit obligé de faire nonne
metirt^. Voilà pôevqnoi) sans doute , Th^iiorable député dfe ce bola ile^sait
pas vota» faire la propositioh la plus nmple, et ne pourra bi<nt6t pluayoutf
aotihattef le bonjour sans j dépenser trais colonnes et demie de journal.»
Telle est du moins la mesure d un article dont ii a enrichi , ces joues der^
niers, la France nouvelle, pour nous dire exactement ce que nous allona
tùùi réitéter ici de éa part : a Voulex^vons ^ae tout le mottde sx^t content
cK tftte Id ghêtre mit iSnie?Preue9 pour ministres MM. Laffilte, Cssimi^
Petrler, Jonrdan^ Signon et Ihxçùhi de J*Ettr<^. Après cela dorme» tran-
Quilles, et ne vous inquiétez plus de rien. » A la vérité, les Jésuite bnt
maintenant obligés clé se retourner vers la camariUa
•* Tona les îeurnaux ont Mpporié un extrait du plaidoyer de M. Dupin
jaunes avocat de M« le duc Uecazes dans l'affiûre du prétendu bacon de
SttBt-Ckir. Daris ce plaidoyer, M. Glausel de Coiissergues étmt injurid
d^ne aanière aussi tioteiite%[H'inattendB!er Le magistraf a écrit aoxjom^
BMn pour repousser «otte attaipe ; mais le Journal des débaie et le Contfi-
imHonnel, qiu avoient inséré l'iosnlte, ont refusé d'insérer la défense : ils
B'«Dit pas voulu, dfsent-iie, perpétuer la querelle et revenir sur d'affligeam
dét^ls^ L.'hj|)ocnsie de cette défaite sautera à toits Us yeux ; oa a de la
place .pour mjtirier, on n'eh a pas pour préparer Tinjure. Nous regrettons
que l'étendue de la lettre de M. Clausel de Coosscrgues ne nous permette
pas de la faire entrer dans notre journal , où d'ailleurs nous n'avons eu
^avde d'adQiettre fcs sorties violentes de l'avocat. Cette lettre se ttouve
dans la Gaxette de France, dans la Quotidiemne et dans quelques entrai
joumaoi%
>— Vous B'iniaj^aeriei jamais le nouveau genre de chagrin qui est sor-*
venu à nos éerifvntts révolutionnaires : ils ont en Basse «^Normandie ui»
ooafrère qui s'est fait condamner à l'emprisonnement pour avoir difl^nié
M. Guern«^n de Banville, ministre de 1 instruction publique. Jusque-là
tout étoit bien , et ils paroissoient contens ; mais il a eu le malheur d'obte«
nir du Ëoi la remise de sa peine , et c'est là le grand siyet (Fainictiôn , iiqu^
( ^ )
MulegMni pour eux , mais poiir le coodanoé lai-m^me , qui se plainl au
ciel à hauts cris de ce que cette grâce lui est venue. Il u'en roulait point i.
c'est un mauvais tpur que ses ennemis lui ont joué. Il déclare que son cœur
n'entend demeurer chargé de re^^onnoissnnce enVers personne à ce sujet,
et ses confrèn« lui aident tant qu'ils peuvent k protester de son ingrati-
tude.
-<» Lundi prochain , 12 avril , anniverMÎre de son en#ée à Paris en i8i4 ,
le Boi passera en revue, au Champ -de -Mars, les quatre compagnies des
g»rde»-du-corps et les réj^mens de la garde royale qui se trouvent en gav^
nison à Paris et aux environs.
•«- Le Boi a fait remise au sieur LepoUier, gérant du Journal eu Calvad»»,
de la peine prononcée contre lui |)our outrages envers M. de Guernon-
Banville; c'est a la prière du minbtre lui-même que le jounialiste doit
cette grdce.
— Le Boi de France a daigné faire au prince Sontzo , ancien ho«podar de
Moldavie, l'offre honorable de se charger de l'éducation de ses diux fils ca*>
dets. Le prince a accepté avec reconnoissance ce témoignage do bienveil-
lance de S. M.
— Le Boi avoit accordé 600 fr. pour concourir ai|^ céparations urgentea
de l'église de Dourev (Manche^ , M. Je 4u«: sK'OtXédJtà a donné 260 fr. pour
le même objet , M. le duc de Çourbou loo fr. , et M. de G-uemoD-BanvUliB^
600 iîr. /
«— M. le Dauphin ayant appris qu'un incemlie avoit, le mois de janvier
dernier, consumé quatre maisons de Vitry-le-Croisé (Aube) a envoyé 5oo f.
pour être distribués aux victimes de ce désastre. Masaxk, duchesse de Berri,
leur a fait passer aussi 120 fr.
-^ Une ordonnance royale du \^ avril porte que des pcnûons de retraite
pourront être accordées aux veuves des membres de l'Université mariés
depuis ciiiq ans au moins , et dont les maris viendront à décéder postérieur
rement au 1*'^ juillet i83o. Ces |>ensions ne pourront excéder le tiers de
celles auxquelles les décédés aurotent eu droit. Lorsque les veuves se rema-
rieront, eAes cesseront de recevoir leur pension. Jusqu'à l'époque où la
situation des fonds affectes au paiement clés pensions de retraite de VUni-
▼ersité le permettra, il ne sera accordé des pensions; aux veuves qu'en pro-
portion de lenrs besoins, et lorsqu'elles auront justifié qu'elles n'unt pas
des moyens suffisans d'existence.
— - Une ordonnance royale du 28 mars organise un corps royal du génie
maritime. Ce corps sera formé des ingénieurs chargés de diriger la con&truc-
tieoLdcs vaisseaux et les travaux relatifs à ce service ; les officiers qui en fe-
ront partie jouirent des ptéix>gatîves et des avantagi>» Mtwh^t à ce titre. Le
corps royal du génie maritime sera composé d'un inspecteur-général , de
cinq directeurs de constructions navales , de dix ingénieurs de premièrer
classe, de douze ingénieurs de seconde classe, et (ie vingt -neuf sous-
ÎDgéiïtcurs.
— M. Borné de Fresquienne, baron du Bec , est nommé maire de Vet-^
failles, en remplacement de M. le marquis de Lalotide, décédé.
U6^)
' — tJn projet de loi sur les commisttires-piisêiirs, depuis li[ij| Érw[iil
sollicité par de nombreuse réclamations et par la dissidence dejMBapru^
deiice des tribunaux , fient d'être communiqué aux cours rojaiéi*
-^ La loi du 3 juin dernier, l'elative au senrice des postes , est en vigueur
depuis le f de ce moi?. On fait transporter, distribuer à domidle, et re-
cueillir au moins tous les deux jours, dans les communes où il n'«aiiste pas
d'établissemens de poste, toutes les lettres , journaux et ouvrafjes périodt*
ques. Le port des lettres seulement sera, dans ce cas, angmentéide i sous.
Ji sera loisible d'ailleurs do faire prendre et porter les lettres au bureau de
poste circon voisin. Cette loi n'est pas applicable au département do la
^ Seine.
' -*- Le» associations pour le refus de l'impôt ont eu déjà pour effet de
mettre dans la tête de quelques contribuables de faire toutes sortes de diffi-
cultés sur les formes dans lesquelles les impositions étoient réclamées. Un
demancRé.
— M. le ministre de l'inténciv a, aur ia «leroande de M. le préfet des
Hantes- Alpes , accordé une mëdaîHe d'argent au nommé Jean Mazenecq,
de la commune de Pelletier , qui , dans un incendié , a sauvé la vie à cinq
personnes avec le plus grand courage.
. — Le général Franceschetti , ancien aide-de-camp«de Jôachira Mofat,
s'ëtolt pourvu en cassation contre l'arrêt de la cour royale de Paris , qui a
rejeté la demande qu'il avuit formée contre la veuye et les béritiérs délita-
rat , en condamnation d'une somme de 80,000 fr. pour avances faites à ce
dernier dans le temps de son exil en Corse. La chambre des requêtes s'est
occupée, le 5, de cette affaire; le pourvoi a été admis par la cour de cas-
sation.
— M. Claveau, avocat, a été nommé d'office par M. le président du
tribunal correctionnel, pour défendre le soi-disant baron de Saint- Clair,
dont l'affaire est continuée au 14 de ce mois. M. Lay de Laborde, qui s'é«
toit primitivement chargé de cette défense, y a, dit -on, renoncé pour
eause de maladie.
— M. Michaud , auteur de VHisioire des croisades, membre de l'Acadé-
mie française, et l'un des propriétaires de la Quotidienne, est parti la se-*
maine dernière pour voyager clans TOrient , et notamment pour visiter ley
lieux saints.
• —M. le comte de Durât, maréchal-dercamp, ancien gouverneur de
l'Ile de Grenade , est mort à l'âge de 94 ans.
— Le prince Léopold de Saxe-Cobourg est arrivé le 7 à Paris.
— On a célébré le 25 mars , à Anglefort (Ain) , une grand^messe solen-
nelle, pour remercier Dieu de la cessatio4i de la maladie qui résnoit dans
cette commune , et prier en même temps pour les personne charitables qui
sont tenues au secours des habitans. Les Sœurs d<9 Saint -Joieph, qui ré*
toient dévouées au soulagement des malades d'Anglelbrt , sont retournées è
Bourg.
( ^7*)
gui déwloMnt Im covîioiu ^ Vin, a nu^toé U técntité daps ce pay». U
Ik BouDmiis , (ioAt U loèie at r*ock ootété Tktîiq^iftdeaiiia^^
anvicc*
^Unvoldavaipiaaoéi a été €«mb«bU dans opie éc^iae da L'ano^liltfi^
mani da Libonma. Le Tolaur, apHs f'ètit MrodQÎt dUoa TéglUe, a «m-
pocté le wÎDt ciMra at deu» livra* qai ae Uoovoiept «oiu sa main.
— Lcfniaétéiuitaa pontd'AorâlIaia, nir la l i iiaw e w . Lrnctadwe
été bîeiit^éteiiic, et a à peine emiMiinMEé TéoMMii placé an «aieada
pont. Le 80119-pféfet de Bayonne s*eM rendu sur Ica lieux.
- MM. Ici amiraux Duperré et Mallet sont arriTés à Toulou, aprèe aréir .
é par Marseille, où ils ool mspecté las tmit Davine <|nW soiiié dans
ce pofta
~ M. le général Desprez , ctief de rétat-major généi^ pour PexpédRtiafi
d'Alger, et M. le gCnéral deTholosé, sous-chef de t'ètat-major, peûcijlait
M, le comte de Bourroont à Toulon.
— Dd journal a annoncé que le dey d'Aller avoît été assasaÎDé ; no aatn^
a dit que le dey a offerte, entr'autres oropositions* a6 millions pour empé^
cher la guerre. Ces Douyelles sont dénuées de fondement.
--^ M*-Berva» marquis d'Almenara, miuistie des finances d^Sspagii^
sous Joseph Buonaparte , rient de partir pouf l'Sspagpe ,- rappelé par son
Spuremement.
-^ La GuMêUê d*JmsfiQ^§ contient une éoomération d^ trîbut^pajré^
ftt» \m divers gpuvervuQDeo# au dey 4' Alger- Les Beox-Siciles et le Fortu-;
gel lui pttent un tribut aupuel de o^t^^^x^ piastres fortes, et lui font en outre
pour 10,000 piwties fortes de présens. Ls Suède et le Daoemarck lui don*
ocnt epouellernent pour eoTÎroo 4|000 piastres de munitions de mer et de;
matériaux. L'Angleterre , malgré les conditions dictées par lord Szmouthi^
la France , rEspagne , la Sardaigne , les Etats-Unis , la Hanovre et Bi:éme ne
paieut plus de trioutj mais ils font des présens à chaque renouvellement
de consul. L'Eut de l'Eglise doit a la protection du Roi de France (f être a(^
fran'^hi de tout tribut ou présent consulaire. L'Autriche en a été affranchie
par la médiation de la Porte ottomane. La Hollande , depuis le bombarde->
ment de 1816 , auquel elle a coopéré , ne veut pas donner aucun tribut ni
aucun prient , nossi le der cfamhe^^l rocoarioa de roospre avec cette
poîssanoe. Outre cela , ces Etats ^ient à la rénovation des Irailés^ c'cst*4«
tike de dix ans en dix ans, un présent de 10,000 piastres iqrles.
— M. de Lesseps, consul de France à Tunis, jouit toujours de hi plus
Iprande faveur auprès dn, bef . A f occasion dn retour de son ipoinse-, le
gouvernement a donné des rates brillantes. Rien n'anaonoe donc, atteinte
rupture avec cette f égf^uce»
•«^Le mercredi 2^ mars , on a découvert, à Florence, le monument élevé
au Dante dans l'élise Sainte*€>oix, et qui est Touviage du sculpteur Bicd.
Le oérémouie a été a la fois nelionale et religieuse, M.Taschçvfgquede Flo-
rence a céléàNré daus Tég^ise une roespe des morts pour le poète j la noblewe
de ia ville a pris part k eeite loleimiité.
— Le roi de Naples quittera Madrid , le 14 avril, pour se rendre k Paris.
( n» )
des tfofif^ du -rei 4e îffaples , en Sicile , est ikiert à Pblerme )e l5'iiiafs.
— M.' Gluant a* présenté , Ib 5 de ce -naoîs^ à la chambre (les communes >
d*An^letei;re| la molion <|i)'il ayoit annoncée depuis lon^-temps en faveur
de l^émancipation politique des Juifs. A. Ta suite d'une discussion assez ani-
mée, la motion a passé a la majorité de 1 15 contre ^7. La seconde lecture
^oit àyoïr lieu sôus peu de jours. .
• r*^ Is wld' Angleterre est' rétaUi d'a»e indî^pftûtiou asse^ gr^ve,
^ 41 s'eM formé y à liUftemboorf^ , une a^soeiat idn d'écdésiaistl^es qui né
Imposent de répandt« dans tes écoles 'A*s Kvrespi'Opres à iwsul^er aux en-
bns'le» prineipes et les sentiment de religion. Le bremi^de'Ce» livres qui
àitpqfiiWieu dllemaud , et a jnùUr Xktre'f âssMatiée dam iibêsôin' ou Id
Ct'ûùi.dB'b&is, Cest'Pouyragede M. Smith , «hanoine d'Augsbearg. Ces
èetits liyreë %erotit Tvndcis au prix coûtant ) ou en traduira en fnnieais pont
la partie wallonne du grand-duché.
— !La clôture de ta diète de Suède a éU lieu le ,19 mars. Le roi a prononcé
à cette occasion un discours dans lequel il a fait ressortir la prospérité 6Jt
se trouve la Scandinavie isous diAerens rapports. 11 a rappelé que, sur lei^
5'S tf\ii\\om dé dettes de FEtat , 44 luillîops étoient déjà éteints.
-^Oo « Cak le »'T févmr, è ï^nieroum, la hévédiçtion solennelle d^
eaux de l'Ëuphrate. Il y avoit neqf A^ècle^ que «ettfi cérénionia P-avoit ea
lieu.
•^ La flcRte tarqvie'sé eoniMMe à présent de 9 wAéaeavm, de lieue, dont
2 & trota'ppnts {U MahTO&ud de i^o eanona et le Sef^de i3o] ,8 frégates
tltftocepvcAtes'difts^ à 26canone. ••
Màrq$ chrétieftnef; -combien leur zèle ett nécessaire au succès de l'éducation i
' parîÉl.'MéraiiU(i).' '
La première éducation au moral comme au physique appartient auX
mères; c'est à elles qu'il est donné de jeter dans de jeunes cœurs les pre-
mières semences de religion , d'accoutumer les enfans à élever leurs pen-
sée» y«!cs Dieu , à lui adreisser teuk-s - prières , à le Mmeroier de ses dees. -La
ProVideuceû réservé, aux mères un mtirislè)na si touchont : c'est donc aiijt
mères iqoe Ma Tabbé HférauH a cru danr«fr adresser des réflexittis et dés
conseils sttr ce «ppe lavelîg^on attend d'elles, relatiiTeaient à I»pi1bmièi«
instruction des enfans. Il expose les soins qu'elles doiveoè prendre suivant
les différens âges. Dans les premières années, elles agissent seules; dans
les préparations éloignées à la première communion , elles sont encore les
(1) In-ia. A Paris, chez Méquignon-Junior, rue des Graods-Augustins,
et a» bureau de ce journal.
( 272 )
prînc&fMltt imtttttliket; et, pour la piéparation plu nkochain« , le paé^
tcur eit lieureux de les avoir pour coopératrices. Eoun , Tinflaeiice Âes
nièrej est encore nécenaîre pour la fin de l'éducation et pour préparer let
jeunes gens à entrer dans le monde.
L'ouvragé est donc diyisé naturellemcht en quatre livres. Dans le pre-^
inîer , qui a pour objet les premières années , rauteur rappelle ce que là
religion a de plus important dans son enseignement et expose les moyena
de réussir dans Téducation. Il en compte trois, la prière, Texemple et lé
soin de combattre les manyais pencbans. Dans le second line , il commence
Te^plication du catéchisme , et déyeloppe les grandes ▼éiités sur Dieu , sur
Jésus-Christ, sur la vie éternelle, sur le décaloçue, sur les sacremens. Le-
troisième livre a rapport entièrement à la première communion. Le qiii^-
trième indique ce qu'il faut faire, suit pour corriger ce qu'il peut y avoir
eu de défectueux dans une première éducation, soit pour préparer le jeune
homme à entrer dans le monde j U, on le prémunit. «oit contre le respect
humain , soit contre Tincrédulité.
Cet ouvrage est dans le même genre que quelques-uns du même auteur
dont nous avons déjà rendu compte. Il entremêle les exemples et les pré^
ceptes; Jl raconte des histoires ingénieuses oè il met en scène tentât des
ineres dignes de sehrir de modèles, tantôt des enfans pleins d'esprit. La
conclusion surtout mérite d'être lue ; elle renferme des réflexions judi-
cieuses et appropriées i l'état actuel de la religion. Il y aMentr'autres, un
bel élogedes rrèresdes écoles chrétiennes.
On ne peut que féliciter l'estimable auteur, qui , à plus de quatre-vingts
ans, sait employer ainsi ses loisirs, et conserve la même fraîcheur d'imagi-
nation que dans la force de l'âge. Son dernier ouvrage nous le montre tel
que ses amis le connoissent, spirituel, bon, aimant la jeunesse, lui cou-
vrant de flanrs le chemin de la vertu , et lui peignant la religion sous les
traits les plus propres à gagner les cœurs.
^ île minirtre de Vintérieur vient de faite souscrire, à la librairie de Mi^
quignon -Havard, pour cinquante exemplaires des CanitUeê iocréeê de
M. le comte de Marcellus, que nous avons annoncées dana ce journal ,
LUntendant^énéral de la maison du Roi a ^ait souscrire , chez le même
libraire , à dix nouveaux exemplaires de la CoUecHo seiecta Paimm, Il vient
de paroltre quatre nouveaux volumes de cette collection, ce qui en porte
actuellemnt le nombre k vingt-4{oatre. Nous parleioos prochatoement des
dernières livraisons.
^€^ Çix^b, mMtn tt tUtu
Merckedi i4 A.VRÏL iB3o. , CN° i636^
Sur Une seete nma^elk qui s'est fornfée à Pems^
L'égarement â«8 opinions et la mania de$ «lysLèiacs n^è^
toient pas eateore pousiséd asisex loin chex uous; voUà que
l'on nous gratifie d'une secte nouvelle , qui tient des réib-
nions et qui développe ses rêveries avec un sérieux, et une
assnranoe dont on est confondit^ Getie secte s'appelle la
secte Saint-^imon^ du nom de sqb aateur; avan^ de la faire
connoltre, il est bon de montrer oe qu'ctoit cejui doqt elh
tire son origine. On jugera si le fonda|;ear inspire beaucoup
de confiance par son caractère, par. son. bon sens et par -la
sagesse de sa conduite, et si ses systètnes Iqi méritoient
l'honneur de l»re école.
Claode-ELenn comte de Saini-Simon^ né à Paris en qo«^
tohre 1760 , étoit de la famille du duc de Saint-Simon, h
connu pai* ses mémoires. Il s^vU dans la guerre d'Améri-
aue, si funeste à tant de jeunes militaires, qui prirent là
des idées es^agérées de liberté et d'indépendance. De retour
en France en i783>, Saint-- Simon fut colonel du régiment
d'Aquitaine jusqu'en 1789 qu'il renonça au service. Il se
jetA dans des opérations financières , acheta des biens na*
tionaux , fit un établissement de diligences et puis des spé-
culations de libnairie. Il étudia tour à tour, le commerce ,
les sciences , la physiologie , voya^gea dans les diverses par*
lies de l'^irope ; et consuma sa fortune moins encore par
ses spéculations et ses voyages qUse par le défaut d'ordre et
de conduite. Il passa ses dernières années dans un jétat de
tlétresse qui influa sur son moral. Dans son désespoir il se
tira un coup de pistolet qui lui emporta un œil.
« OlMenroas ici, dit aa écrivain aui n'est ^2^ suspect, observons cette
terrible Icqoo adressée par ja Providence à 1 orga^ de l'esprit humain.
C'est donc eu vain qu'il 8*épuise à chercbor la vérité par les seules lunouères
de la raison. Ce âambeau est trop foible pour le conduire jusau'au soleil
de justice , et m sauroit le préserver des angoisses n^ortelles du aoute et des
tNtagiQB de la miaavaise conscience , qui le précipitent dans les asiles trom-
peurs du néant. C'est qu'il ne nous a été donné d*atteindre à la vérité que
paor la conscience jet par la foi. ( Amm. nécrol. de 1826 , par Mahul. ) »
Tome LXITL UAmi de la Religion et du Roi. S
( 274 )
toutefois Saint -Simon ne réussit point k %*6ter la vie
dans cette circonstance; il mourut le ig mai iSi^S d'une
gastro-ente'rite. Son corps ne fut point présenté à l'église,
et fut porté directement au cimetière Ç^), On suivit sans
doute en cela ses intentions. Ainsi Saint-Simon mérita
de servir de modèle aux incrédules des derniers temps,
qui n'ont voulu paroi tre à l'église, ni de leur vivant, ni
après leur mort; et on peut joindre son nom à ceux de
Taltna, de Barras, de Manuel, de Gatt, de Cbaussier, de
Laignelot, etc. Des discours furent prononcëj sur la tombe
de St^Simon par le dodeur Beilly^ de Blots ; ^ar M. Léon
Halevy, un des collaborateurs du défunt, etc. .
Les À:rits de Saint-Simon ne 1« montrent pas sous un
jour plus favorable que sa vie et sa conduite; Il publia, en
1807, une Introduction aux travaux scientifiques duiçf. siècle,
2 vol. in-4°> ^^ y professoit une grande admiration pour
Duonaparte, qui ne paroi t avoir rien fait pour récompenser
l'auteur de ses flatteries. £n i S 10, il fit paroître le Pros-
pectus d'une NouueUe Encyclopédie} cet écrit est curieux,
et donne lieu de soupçonner que l*aateur n'étoit pas exempt
de folie. Il avoue que sa fierté est sans tome; sous le rapport
de la fierté scientifique, dit- il , je crois que la dédicace de mon
ouf^rage ne laisse rien à désirer l/étude de l'histoire w)us
■apprendra que ee qui a été fait, que ce qui a été dit de plus
-grand, a été fait, a été dit par des. gemêOshommes^. Non» re*
commandons eette- assertion à l'admiration des libéraux
qui se sont fait les disciples enthousiastes de Saint-'Simon.
Il emploie une partie de Tépître dédicatoire à prouver qu'il
-descend de Charlemagne , et cite à œ sujet l'ouvrage du
(^ « Se$ am» et tesdisctples, car il semble qnMI n'eât plus de famille,
n'ont point été demander à une Eglise qu'il avoit abandonnée des pompes
et des prières auxquelles il ne croyoit pas. On ne les a point yus provoquer
par des sollicitations hypocrites un refus légitimé, et actmser ensuite ce re-
lus comme un attentat, quand soi-même on s'en rend coupable les pre-
miers , en voulant forcer on prêtre calholic(ue. à violer les lois de son coite,
les prêtres ne sont point des enterreurs, mais les ministres d'une veligîoir,
mais les juges de quicoïKjue suit leur Eglise; ni le pouvoir, ni les citoyens
n'ont à appeler de leur jugement , quand il n'est que relif^ieox. La sépul-
ture civile, voHà notre seul droit , quand penu mourons sahiprofessi^m de
foi ou rebelles ans lois de l'Eglise que nous avions adoptée. C'est aux rmb
de la liberté qu'il convient surtout de professer ceUe salutaire doctrine,
c'est leur premier devoir. {Le Globe du 4 juin 182 5.) »
( ^75 )
Pè^e Ausielme ; mais il a un témoignage bien plus direct et
plus fort} il faut rentendre lui-même : >
(c J'ai une prèuTe d'un autre genre, qui a plus de force sur moi qu'au-
cune autre, dont faii gardé jusqu'à présent le secret, et qiïe je vais vous
fîtiré GôHnoUrë. A l'époque la plus cruelle de la-révolution , et pendant une -
nuit de ma détention au Luxembourg , Charlemagne m'est apparu et in'a
dit : Depuis que le mondq existe , aucune famille n'a jpui de rnonneur de
produire un néros et un philosophe de première ligne. Cet honneur étoit
réservé à ma maison. Mon fils, tes succès comme philosophé égaleront
ceux que j'ai obtenus comme militaire et comme politique, et il disparut. »
Quelle ide'e une telle anecdote doit- elle nous donner de
la tête de Saint-Simon? Que penser du jugement d'un
homnie qUi ne veut point croire à la révélation et qui ra-
conte une vision ridicule? Mais la Nout^elte Encyclopédie
n*est pas moins curieuse que TépHre dédicatoire :
. «( Les.prfuniersi hommes ont été pe« ^upérieara en intcUîgence aux autres
animaux. Ils n*avoient comme eux que des sensations directes ; c'est par de
longjs et pénibles travaux qu'ils sont parvenus à former des signes de con-
vention, au moyen desquels ils ont agrandi d'une manière illimitée le
champ dé le»r intelligence. L'homme, quand il eut formé un assez grand
nombre, de signes de convention pour se composer une langue, se trouva
nos8éd«sr une supériorité d'intelligience décidée sur les autres-animaux
L'i'kOmme a créé les arts et métiers , et il a rallié tontes les idées particulières
c(ui lui ont servi de base dans les différentes directions d'arts et métiers^
à la conceprîon générale à laquelle nous avons donné le nom d'idolâtrie...
J'entreprends l'organisation philosophique-, do système dos connoissances
luim^neis. J'ose ne considérer Bacon que comme mon précurseur, n'envi-
sager ses idées que comme des aperçus, et donner le nom d'ébauche à sa
conception encyclopédique. »'
Je passe sur ce dernier trait de inodestie, qui ne doit
plus étonner. Mais que veut dire l'auteur par sa conception
générale à laquelle nous aifona donné le nom d'idolâtrie? Il
m'est impossible de comprendre quel rapport il y a entre
les arts et métiers et l'idolâtrie. Quant à 1 explication qui
précède , que Phomme, quand il eut composé une langue, se
trouf^a posséder une supériorité d'intelligence décidée, cela seul
montre l'absence de tout, jugeinent et de toute logique. Se
troui^a est vraiment admirable;, e'eatr^ à -dire que, quand
rhomme eut acquis ce qu'il n'aùroit pu obtenir que par le
plus grand effort d'intelligence, il se frow^a avoir cette in-
telligence^ Puissante ncianière de rai&onner!
S2
( 276 )
J'arrîre à la profes^imi de loi tte Sarnt-^Simôn ; il croit en
DieUj à la création, à la graPièation. Mais tië nous hâtons
pas de nous eu réjouir; car il ajoute de suite : La philoso-
phie interdit là croyance eh Dieu à Chomme qui se Uvre à de
hautes recherches scientifiques, comine il appert par rexemple
de Bacon ^ de Descartes « de Pascal , de Newton , >de Leib-
niiï, etc. Plus bas, nouvelle contradictîbn : Uiinivers, qui
est le phénomène général, possède exclusipeïrienl toutes les pro-
priétés générales, telles que l'immensité, l'éterr^ité, etc» Gomment
concilier cela avec la création? Un écrivain si peu d'accord
avec lui-même avoit sans doate le cerveau malade* €'est
le jugement qu'en a porté, dans le G/o^e du 4 juin i8â5,
un critique aussi peu religieux que Saint-Simon : On n'éb-
if oit vu en lui quune espèce def^u biuirre, ne sachant comment
tourmenter son argent et sa vie. M., Mahul ayou^ aossi la
bizarrerie de son caractère et les écarts de son imagination^ il
dit que Sain t-^ Simon ignora totahment les lois primordiales
du inonde moraL
Nous parcourrons rapidement les autres écrits de Saint-
îjimon. Il en composa quelques-uns avec M. Thierry, son
disciple , entr'autres un plan de réorganisation de la société
européenne. Il publia, en 1817, un recueil intitulé l'Indus^
th'e; nous en avonis donné une idée dans ce journal, n? 336,
tome XIII. Saint-Simon y décîaroit la guerre, à la monar-
chie comme à la religion ; aussi des banquiers et des né-
gocia ns qu'il a voit voulu intéresser à son entreprise 2a dés^
avouèrent par dés déclarations pubUquies que nous ayons
citées dans ce même volume. Il fut poursuivi'deux ans après
pour son Organisateur, où il ne parloit de la supposition
de voir s'éteindre en un seul jour toute la famille royale,
qtie comnie d'un accident qui chagrineroit tous les Français
seulement soUs le rapport sentimental, sans qu'il eh résultât
aucun mal politique. Aiiisi l*borineur;de cette audacieuse
supposition , (|ue quelques journaux ont reproduite récem-
ment , appartient à St-Simou. Condamné d'abord par défaut
à 3 mois dé prison et 5oo f r. d'amende , il fut acquitté le
20 mars 1821 , grâce à l'indulg^ence des jurés. Il fut pour-
suivi encore pour une Lettre àuxjuréi, à la même époque.
Eu 1825 , parut le commencement d'un nouvel ouvrage que
Saint-Simon n'eut pas le ttempj d'achever, et dont le titre
étoit 2 Nout^eau christianisme, dialogue entre un consen^ateur
( ?77 )
et un noffateur. Sait^tr/Situon y dïsi^if' oej^Lem^n^ que le4 sa--
t^ans et.le4 indii^triels d^voi^ni être çpnstUf^éfi lef divecUurs-^
généraux de Vesp^e humaine^ c^est là ce qu'U appe^oH Is
noiweau chrisli finis me, ^iiatérialisauit aipsi toute la Religion.
Il attaquoit dans ce dialogue U^^fP» les cotaoïuuiQQ^ cliré-*
lienues. Ou assure q^'il dicta cet écrit sur sou lit de mort.
Sain^-Simou a donne des ai ticlq&4^ns le Censeur eur^péer^,
djB .Comte et Dunoyer; le premier étQÎt un de ses disciples» et
de ses cooperateurs^ Le Producteur^ journal philosopkiqi^,
appartient à la inèpie école ; on y trouve , tojne III , des
analyses et des lextraits c^^s écy\ts 4« Saint-Siipou.
U;i tel fondateur ne jette-^t-U pas un grand eçlat ^ur
la àecte qui le reconnoît pour son .cuef ? ISous parlerons de
celle-K;! luae autre fois^
fLQUVEpLES GCC}:<É$IA,STIQUEiS.
PàuiS. m. Charles- André- Toussaint-Bruno de Ramond-
Ijalande , évêque de Rodez , nommé à rarchevêché de Sens ,
est inort à Paris le samedi saint, la avril , à quatre heures
et demie du soir. Le prélat étoit né à Montauban le i**" no-
vembre 1761 , et occupa la cure de Saint-Thômas-d'Aq^in,
à Paiîs^ depuis 1802 jusqu'en 1823 > qu'il fut nommé à
Vévêché de Rodez. Cet hiver,^ le Roi )e nomma à l'arche-
vêché de Sens; mais en quelques mois, il se fit en lui un
changement çrodigieux, et qiiand il arriva dernièrement à
Paris, ses amis furent étonnes de raltération de ses traits
et de la diminution de ses forces. Cet état fit de jour en
Jour des progrès inquiétans. Cependant le prélat voulut
encore célébrer la messe le jeudi «aint, mais au retour de
l'église , il fut obligé de se mettre au lit, perdit peu à peu
connoissance, et ne l'a point recouvrée. Il avoit fait, il y a
quelque temps , ses informations pour Sens , mais il ne sera
probablement pas préconisé, et la nouvelle de sa mort
parviendra, on le croit, avant le prochain consistoire.
Tous ceux qui ont connu le zèle et l'activité de M. de La-
Jande, lorsqu'il dirigeoit la paroisse de St-Thomas-d'Àquio,
(378)
reerelteront que des infinnitet prématurées ruent enlevé
h rEglise à un âee où on pouvoit encore espérer qu'il lui
seroit utile. Ses obsèques ont eu lieu le i3 à Saînt-l^omas-
d'Aquin, son ancienne paroisse, où il habitoit encore et où
il avoit conservé de nombreux amis.
— On avoit répandu le bruit que M. Tévêque de Bayenne
avoit refusé i'arciievêché de Toulouse, et il^paroit en effet
que ce prélat, qui avoit refusé précédemment Tarchevêché
de Besançon , a eu de la peine à consentir à quitter son
hiège ; mais il n*a pu résister aux instances pressantes qui
lui ont été adressées et aux justes motifs qu'on lui a fait
valoir. On assure aujourd'hui que M. d'Astros a décidé-
ment accepté le siège de Toulouse, ou le clergé et les
fidèles se féliciteront également de cette résolution.
— Le mercredi i4 avril, il y aura, à deux heures^ dans
l'église Saint-Sulpice , une assemblée de cbarité pour la
société des v4mis de l'enfance. Le sermon sera fait par
M. l'abbé Caire, aumônier de Juilly. Après le discours,
M. l'abbé Des jardins, vicaire-général, donnera la bénédic-
tion du saint sacrement. La quête sera faite par M*"^ la
comtesse Henri d'Harcourt et M*"* la marquise de Léris.
On peut leur adresser les dons, ou à M. Boblét, directeur.
Nous avons pailé, l'année dernière, de cette œuvre inté-
ressante, qui a pour but de donner une éducation cbré-
tienne à de jeunes garçons de familles pauvres , (le leur
faire apprenilre uti métier et de leur continuer des soins,
jusqu'à ce qR'ils puissent se suffire à eux-mêmes.
— Nous n'avions point nommé l'ecclésiastique qui avoit
prêché la Cène à la cour le jeudi saint; cet ecclésiastique
est 31. l'abbé Sibour, chanc^ne de Nîmes. On swt que ce
sermon ne fait point partie de la station du carême; le pré-
dicateur du carême étoit M. Vabbé Comballot.
— Deux journaux avoient annoncé qu'une jeune per-
sonne, de Saint-Denis s'étant jetée dans le canal par déses-
poir et s'étant noyée, le curé de la paroisse avoit d'abord
refusé la sépulture ecclésiastique , mais que , vaincu ainsi
par l'offre d'un bel enterrement, il avoit consenti à rece-
voir le corps pour la Bagatelle de f] à Soo/r. Là-dessus on -
se récrioit sur le poui^oir merf^eilleux de Vargent, qui aplanit
toutes hs difficultés, et l'on plaisan toit swv l'argument irrésis-
tible qui af^oit dompté les scrupules du curé. M, le curé de
( ^79 )
Saittt-Benis a donné uix dénienti à ce petit conte,. dans \eL
lettre suivante adressée k la Quotidienne, .et qae la Gazette
des cultes n'a pu encore se décider à insérer, tant elle a
d'empressement à réparer ses erreurs et à rétracter ses ac*^
cusations :
Saint-Denis, le 7 ayril i83o.
» Monsieur, seriez- vous assez bon pour insérer dans le -numéro Ici plus
prochain de votre estimable journal , ta lettre que je Tiens d'adresser aux
rédacteurs de la France Nouvetleetàw Journal des. cultes? Vos nombreux
abonnés apprendront , par ce seul fait , quelle fui ils doivent sjputer à tout
ce que ces journaux se plaisent à débiter sur le compte dea ecclésiastiques
qu'ils accusent de toutes parts :
3) M. le rédacteur, je tous iovite, et au besoin je tous requiers, .aux
•» termes de la loi , d'insérer dans k plus procUaîfi numéro de Votre journal
» la réponse suiTaute à Totre article, au sujet de Venierrement d'une jeune
». personne qui s'est jetée dans le canal.
» Tous les faits relatifs à la prétendue négociation que vous dites avoir
» .eu .lien avec moi, à Toccasion de cet enlerrenxent, sont £aux et calom-r
».nieux. . , ^
» n en est de même à l'égard de M. le TÎcaire chaîné des convois.
' x> C'est aTdc regret que je donne ce démenti formel à vos assertiotis , mats-
» mon honneur le commande.
■ -9 Bec&i'ez, je vous prie. Monsieur, l'expression des- sentimens av€C
» lesqoeU j'ai l'honneur, etc. ,
L'abbé Bajidx, curé de St-Denis. »
^— Nous savions d'une manière très-positive qu^ Rome
d'éminens personnages lisoient notre journal et n en étoient
i)bint inécontens ; lious avions appris que les principes et
e ton qui y régnent avoient obtenu, dans cette capitale, le
suffrage d'hommes sages et éclairés. Dernièrement il nous
étoit parvenu en ce genre un témoignage non équivoque.
Un jeune homme d*une famille distinguée . qui se trouve
en ce moment à Rome dans un des séminaires les plus im-
portans , et qui se dispose à prendre les ordres , écrivoit
cet hiver à sa famille , qui habite Paris , que ï'^mi de là
religion étoit le seul journal admis dans cette maison. Nous
nous félicitions d'une distinction qui a quelque chose de
flatteur, quand il nous est arrivé de plus haut un gage d^in«
térêt et de satisfaction dont nous avons du être fort tou-*
cbé. L'auteur du journal avant fait hommage au souverain
Pontife de ses ouvrages , S. S. a daigné lui envoyer, avec
des témoignages de bienveillance , les médailles frappées
^VLÈ soh pontificat. Cet médaineS's^^t au nbtnbre dé ^iiatre^
fléux en br et dcUx en argettt; tootM offrent la fijgtite très-
Vetsemblanté du saint Père. Beiix de ces of^édàineà sont re-
latives à l*élcctioû dti Pape et ien% à lapri^ie de possession.
Au revers des premières , on voit la statue de la rcdigion
debout , tenant d'uiw maÂ* la croix , et de Tautre élevant
im calice » et à ses côtés deux apges , qui portent l'un la tiare
9t l'autre les «lés de saint Pierre, avec cette inscription ;
Laorroi€B pétris lœtiêia fiUarum. MDCCCXXIX^ Au revers
dés deux autres médailles eist une înBeripfioii dans \é cimnip
hiême y entourée d*une couronna de laurier et de chêne :
S. SediêLateranen. Posses^ioIX.KaL Jun. MDVCCXXTX^
€es inédailles , de belle diîtienaioii et Inien frafmées^ sont
dans une boîte de maroquin doublée eu soîè. il nous est
permis sa9£ doute de nous répuîr d'une marque de bien-
Tetlla»€ie qui nous vient d\tne si haute autorité. Déjà
Léon XII nous avtMt honoré' d'un présent uftaguifique, ma
chapelet en cornaline avec une médaille en camée. Le même
Pontife avoU daigné nous adresser deuX Brefs flatteurs, en
date du 6 juillet 1824 et du 18 juillet iSa*?. C'est pour
vous un gr«Bd bonheur de voir que Pie YIII a hérité à
notre é^ard des sentimens de son auguste et saint ptiédc^
cesseur^ et que S^ S«, veut bieii nous tenir compte dç notre
bonne volonté et de nos travaux. Un si précieux en/çoura-*
gemenif est bieiji propre à nous soutenir dans la tâche que
nous avons entreprise ^ U i^ous console abondamment du
blâme dé quelques coteries qui, dans ces deruiers temps,
nous ont honoré tantôt de Jeiirs plaisanteries, tantôt de
leur^ injures. Il vous est permis de jie pas nous cvoire hé-i
rétique et excommunie, puisque le chef dç ITEglise jette
sûr nous un reg^ard de bonté , et qu'il daigné agréer et ré-
cou^pefl^er nos travaux. Que nous importe après cela les^
épigranunes de ceux-ci , les brutalités et les plattes injures
de eeux*là? H y à lopg- temps que nous eu avons pris
notre parti, mais aujourd'hui surtout nous nous sentons eu
. I M I I I . " ' ■ ■ ■ ■ ' " ■ ■■ ■ .1 . ■ « I t I. «I».
* Nous oppr«noQs que de semblables wédaUles put été réoemoieot en-
vojées avec un "Bref iion^rable a M. l'abbé B.îraldi, de Mûdènè', ïuteuB
deis Mémoires de retlgûtn qui s'iiuptimeiit â«trs cdttetillc.'Nûus nous ré^
JDutssoiis de cette marque de satisfaction €tile4t>iai«6i)taiicej4oniiéei un
pÎMDL et sayant cccléiifstiquc., auquel pons woiis^ eui]pri»v^é qihQlquefiH^
^eo^ articles intéressans^
( 96t }
fottà pMO' «lëpviMv U jii||[em«iit^ 1^9 ftttti^tteii de tek ikA^
v>«tiâtrqs. On a pu remarquer que wm^ nood abstenions
de i«iir:rëpo«idre< Nous noua en- rapportioBê à la sadaeit^
de nos lecteurs pour apprécier des BmîsanteMg et des^gros^
féèMt^ qui Boat encore plus ridkines qu'offensantes.
-r^-Lq i6 mars dernier^ dix-jieuf lipmmes du a' rë^ment
é'infantene légère, de l'âge de 221 à 36 ans, ont fait leur
Ciière cenimumon dans l'églisi? de Saint -Marc et de
vJean-Raptiste » à Strasbourg. Jls avoient-été préparés
par lei «sins de ^I, l'abbé Godefrin , aumônier de ce régi-*
ment ef; préoédemment curé de Morange , diocèse de Meta.
Le lendetnain » plusieurs filles d'of^iers et de soldats ont
rempli le même acte de religic» dans la même église et
a>ipec la mime édification. I,<e id, il y a en aussi à l'-église
catkëJlvale une nombreuse première communion de mili-
taires de la ^^ bvifade d^attillerie^ mstruits et disposés par
M. Tabbé 4e Seebaefa ^ 4|ncieo erand^Ticair^ d'Uzès. Le
dépavt de jdusieurs batteries et die corps de troupes pour
Is mfîdi avoit obligé à bâter ces cérémonies, qui se sont
passées néfinmotns d'une manière fort édifiante. Sii gêné*
rai) «loos ajo«te-^B, il y a lieu ^e se féliciter du^èle dos
auoitoien de régimeos et des soins qu'ils donnent, en-*
tr^afftres , aux enfaiie de troupes. Les garçons font cham^^
hvée à part , eous la survoillance d'on caporal ou sergent
Tertuoux et d'vn ége mur, qtt4 les acoompacme à Tégiise Qt
à la promenade et maintien^ parmi eux laf bonnes mcsÉirs.
Les 'fiHes restent «o«s la ccmJuvle de^inère.y «nais oh veille
à ce ijaWlcB fréquentent les écoles tenues par dès reU«»
Çiêuses^
— - Le im fevrier' dernier, wn feune boidnié d'une aiin-
«îenne et noble launiHe d'Soosse, M.^ Tliomas Stewart,
distingué par ses talens et par ses oonnmecanees , a fait pu*»
bliquemeat abj^uratidn dp protestaatis»e à M<Hiréâl^ en
Sicile , entre les mains 4e M. Dotmnique-^'Beiioit fialsamo ,
ai^Jieirê^oedc cette vilk. Il a pris ensuite Titabit de
3énédlcun dans le monastère de cet ordre, à Moiiréal ^
M« i3al6amo lui-même appartient à la congrégation du,
Moiit*<Caesîfli. ^
-iH-'Dâns ia conférence diplomatique tenue là Londcjes le
4 jani^ier dernier, etqui 'avoft ponr>objet de régler 'Findé*^
Midance et les limites duterntoke de la Grèce, et de fair<
( 384 ) .
«n hmAus 4« dosx «m; Bi MtoototiAOs iMlflUncs préltt à i^Uer k ays-
iïo^dwapiivywfmum &>mii> «irftyM; diyfkpti^f ««ï^Uanft^ uaeriftànf-
)ve <l^ U#pu]i# C!(tréniemcnt hMle k faire des adrefites éneryiques çt r$s-
V€ctu0US9ê, Si le roi des Grecs résiste à ces raisons , c'est qu'il ne s'y con-
nottpas.
- — T A ]*oceasîen' de l'aniiivirsa^re de «m retour tn France , le Roi a réço
le la dbee BMie lea fâîcitatîfiit ém psÎQcipafli» ODipa de l^admkiietr^oB îst
de la magistrature. Il a répondu à tous les homnaages par des expressions
Ï pleine d'effusion. La réponse qu'il a faite aux membres du conseil royal de
llnÎTersité, présentés par M. de O ue roon r Banville, se termine par ces
roots : « Je vous recommande surtout de fonder sur la religion et la morale
rinstniction de met sujets. »
— Lundi 12 avril, à k'oocaaion de ranniversaire de ton entrée à ParÎA ,
le Roi a reçu les hommages et les félicitations des princes du sane, du corps
diplomatique, des maréchaux , d'un grand nombre de pairs et de députés,
iles iCQura ejt t/ih|iiviU3^ , du conseil royal de rinstmction puUicjue, du.
oprps municipal t de l'Académie française et des différeus états- majora.
M. Je duc, M"^* la duchesse et HUc d'brléans, M. le duc de Chartres et
M. le prince de Saxe-G>bour|;, ont diné avec le Roi et la famille royale.
— Le mauvais temj^s a fai( contremander la grande revue que le Boi
devoit no^r le 12 avril au Champ -de -Mars. Elle est remise au 20 de ce
vm^ ^
-<• M* le Dauphin , à son dernier passage à Maisons , à fait remettre au
.;fi{|iKe de cette cummune la somme de 100 tr. pour les pauvres.
— M* de richard , seqrétaîre particulier de M. le maire de Bordeaux, est
iXQmmé aecrôtaire-général de I9 préfecture de la Gironde, eu remplacement
de M» de Graneau qui passe aux mêmes fonctions à Rouen.
r- Jtf. de Neuilly , colonel de la ^sMégion de gendarroeiie royale, est
jDo^mé ^and-prévot de l'armée d'Afrique.
•^ M^ Af ahb de YiHeneuve , ancien magistrat, est nommé lieutenant du
juge l^py?! AM tribunal de première >nHapce de la Pointe-à-Pilre (Guade-
loupe).
-r- pur Iç rapport de M- de GnenionrRanvIHe, une ordonnance royale a
piUonsé I9 société charitable que M. Querbd se propose d'étal)lirà Vourles,
ptour fournir des inslil^teui;^ piianaires au;i. communes dans le ressort aça^
d^pi^que de Lyon,
-r Etienne l^ejiodey, Homme de lettre*, né en 1764 à Sault- Chevreuil
en Basse-Wcjfrmaiidie, ,e5^ mort à Paris le 4 avril dernier. Il fit paroitre, au
.commçnceinent de la révolution, Je^Jgumal des états ^ généraux , dit de-
puis de Rassemblée natiomle, puis le Logographe, C'est dans sa loge qae
«e réing/ia .Louis ^Vl après le 10 aoûj;. Son journal fut supprimé au mois
4e s(^]tQm])rjS suivant sue la motion de Thuriqt , et lui-même fut dénoncé
plusieurs fois à la barre de la Convention. La Biographie des vivans dit
préfecture eîi Belgique; mais il rentra ensuite en France où iïparoit s'élre
occupé de l'enseignement. Il professa la rhétorique dans rinstitution
Labbé. A l'époque de la restauration , il devint un des rédacteurs de la.
Quotidienpe , et û y travailloit encore dans ces deiTiiers temps, quoiqu'af^
4')bli p{ir Vage et par le9 infirmités.
( i85 )
•^ Un profcMeur Un collè^ti nJval dû BoorboD , M. I;iai|;é~Vui<}efit9 csi
itomné inspecteur de racMléniie ue Ckmont.
— Pea (l'iiistaos après son arrivée à Paris , le prince Léopoïd de Saxe-Co«
bourg a reçu uùe viftite de M. le duc d'Orléana. Le nouveau souverain de la
Grèce a auprès de lui.an secrétaire anglais et un secrétaire grec. On dit qu'il
retourrierà en Aqgleteiïe pour régler ses préparatifs de départ» et a'eaibar-
quer à bord d'une escadre qu'on loi prépare.
-^ L'adAiinlstratioh a compris , celte année, l'încohvefiaM^e qu'il y avoît
de laisser les maisons de jeux, ouvertes lorsque les spectacles étoient intei^
dits. La fermeture de ces funestes lieux a été ordonnée pendant les troU
derniers jours de la semaine sainte.
^ Le produit d'une fête donnée Je 1 5 février dernier; au profit des pau-^
vi-és de la capitale, s'est élevé à 1 1 6,645 fr. La Té}^aTtition cie cette somme
aux douté arrondiséemens a doUbé, pour le dixième, 9,63 1 fr. , qui ont été
distribués par le bureau de cbarité dans le coûts du mois de mars ; ânvoir,
8,3B4 pains blanc^ dé 4 livres à 76 cent. (6,35o fu 60 centt ){ secoars en
èffeis ou eh argent» répartis entre 35 1 individui, ddnt lad dhefà d& mé^
nage(5,38ifr.).
«— Un seul journal a peru l«leiiden>«ndn joiur de Pâques » e'eit U France
youvelle (Nouveau Journal de Paris), Ce numér9 contient un article
dontre lia teligion , signé de Mi'BaVoua » jug« à Paria , professeur à l'école de
droit et député*
— Le rédacteur de la Gazette des écoles j M. Guillard , professeur de OM^
(héniatiques au collè|9e de Louts»le>-Grand , cité pour le 7 iiVrH devtint le
conseil académique de Paris, n'y a point compatn. U s'est hùHsà à wâHéim^
à MM. les membres 4u conacil 4|no série de c|u«sti<»i» basées sur des coDsul-
lations die plusieurs avocats de Paris. Les feuilles libérales obt pris M. Gui(t
lard sous leur protection.
— Le Figurojàt asûgaé à comparoUre , le 6 mai , devant le tribunal coi^
rectionnel d'Avignon, pour un article intitulé tes Chamffoirs et là* Jé^mâ^
iT Avignon,
— •^Lès sieurs Boux, fils du président du tribunal de Mofitâubonf Con-
stant, ex-profcureur du Bot, et Acbé, avocat, ont été traduitâ devant lé
tribunal correctionnel de Toulouse, avec l'imprimeur Henault, cûintt#
prévenus d'avoir esUité à la haitae et au mépris du gouvernement da Boi,
par la publication d'un .écrit intitulé Cemmiasion de PaeeotûUimi ce^stiémi-
tionnelle de MonteLuban, et eu l'on treitoit les ministres actuels d'holmnes
impopulaires. Le tribunal , « coUsidérAnt que les exprésûens de cet éctit^
toutes inconvenantes qu'elles sont, ne sont pas suffisantes pour qu'on puisse
en induire qu'elles excitent à la haine et au mépris du gouvernement du
ïloi , puisque rhistoirc prouve que plusieurs ministres, quoique peu popu-
laires, ont été grands ministres, et ont bien mérité de leur Bol et de leuf
pays , V a retivoyé les préveniis de la plainte.
— La cOur royale de Colmar vient encore^de eonsidérer les blesswi«i iMte^
en duel comme des blessures ordinaires. Appliquant donc a ïtm «teschâmr
pions les articles 809, 3io et 3ii du Code pénal) elle l'a condamné à on
mois de prison à une amende et aux frais.
— On a saisi) a Moulins, une brochure lythograpfaiéeisunletMaiidemeiAl
de M. I*év4q*e de cette ville pour île càréme t83o.
( afW )
«— pAr ofÀrt de l'aatorîlé supérieure , je directeur er les principaux em-
picgrés du Mont-de-Piété de Lyon ont éié «uspendus de leur» fonctions. La
police a saisi ou mis sous les Mell^s leurs registres et leurs papiers. De nou-
veaux administrateurs ont été mis inopinément ^ la tête de cet établisse-
ment.
— Cinq incendies ont eu lieu successivement , à la fin du mois dernier,
dans le département du Cher.
— A son arrivée à Toulon , M. le vice-amiral Duperré a fait une circu-
laire et publié un ordre du jour pour faire accélérer les préparatifs de Vez-
pédition.
— Jjn lieu du débarquemenr des troupes de Texpédition d'Alger n'est pas
encore fixé* M. le vioe-amiral Duperré s'est <iéterniiné a aller lui-mâme sur
les lieux , accompagne du corsiiire Bdvastro , pour examiner les côtes. 1\ est
parti à bord du brick tÀlerU, commandé par M. de Nerciat. Il doit passer
la revue dés bâtimcnsqui forment le blocus d'Alger.
. — D'après l'invitation de l'ambassadeur anglais, la Porte ottomane va
envoyer à Alger , Tahir-Pacha , pour représenter au dey à quel danger il
s'expose dans le cas où le débarquement d'une expédition française au-
roit lieu. Il a même les pouvoirs de se porter médiateur entre les deux
parties.
— Les oonférences des commissaires fédéraux , concernant le Code pénal
applicable aux régimens suisses capitules, ont commencé k Berne avec l'am-
r de France.
i^.
•— Le Rot de Bavière est arrivé le a5 mars à Naples et en est reparti le
lendemain pour lei bains d'Ischia.
— On assure que le roi d'Espazne, dans le but d'assurer la couronne au
ftuit de son union actuelle, quel que smtson sexe, vient d'abolir la loi
saliqne. Cette loi n'existoit en Espagne que depuis Philippe V. Les joni-
naux libéraux ont d'autiint plus de tort de critiquer cette mesure, à laquelle
ÏU n'attribuent l'intention que de déshériter don Carlos , que les cortès
avoicnt rétabli & cet égard l'ancien ordre de choses.
— Le ducdeNorthumberland a renoncé à son traitement de7,oool. steil.
Ij5,ooo fr.), comme vice-roi dlrlande, pour allier les charges da
— La population de Londres se trouvoit, en 1828, de 1,277,986 habi-
tans. Le dénombrement de 18a 1 n'en comptoit quA8i8, 129.
— L'amiral andais Cochrane , qu'on disoit prêt éprendre du service pour
le Brésil, vient de louep une superbe villa hors la porte do Rome, à Flo-
rence*
—r
plusieurs 1
Européens, . . - * r-
fcctuée. Les mariages entre les hommes de couleur et les famiUà eun>-
pé^nessont permis; un granrl nombre de ceux-là exercent, avec les mêmes
droits que les Européens, différens métiers, et font le commerce. '
— Bolivar a adressé , le 20 janvier dernier , un message au congrès de la
Colombie. Il se démet du gouvernement en proclamant que tous les pitnets
ambitieux au'on lui a supposés u'oiit aucune espèce de fondement. Il s at-
tend , sans doute ^ à voir le congrès le supplier de reprendre le pouvoir.
(287)
Nous ignoricns , quand nous avons donné une petite notice sur le maré-
chal Gouvion Saint-Cjr, dans quels sentiinens il étoit mort. La Gaxoite
des euUêê du S avril a publié à ce sujet l'article qui suit :
<K Le maréchal Gouvion Saint-Cyr a montré sur son lit de mort autant
. de courage d'esprit qu'il avoit déployé de courage de cœur sur les champs
de bataiUe. Les sentimens religieux (jui ne Tavoient jamais abandonné
pendant sa vie ont, pour ainsi dire, vivifié hsl dernière heure. La pensée
dTun Dieu rénumérateur des belles actions étoit comme empreinte dans ses
yeux expirans. Conséquent dans sa conduite, il s^est abstenu à son mo>
ment suprême des cérémonies d'un culte dont il n'avoit point usé de son
vivant, il a pensé qu'aucun intermédiaire mortel ne devoit se placer entre
lui et'5on créateur, il lui a rendu son ame dans toute sa puretç native, et
il est allé recevoir la récompense réservée au citoyen qui pratiqua toutes
les vertus sociales, à l'homme d'Etat qui n'ambitionna que l'honneur et
la prospérité de son pays, et au guerrier qui fut sans peur et sans re-
proche. »
Ainsi , nous voyons que la Gazefie admire une telle fin ; elle s'extasie
sur les sentimens reUgieusp d'un homme qui ne fait à sa mort aucun acte
de religion , sur la pureté native de celui qui refuse le ministère des pictres
et qui ne veut point d^ intermédiaire entre Dieu et lui. Cela nous montre à
la rois quelle étoit la religion du maréchal et quelle est celle du rédacteur
dé la Galette, Ainsi, dans leur idée sans Joute, un mourant souille sa j^u-
reté native en appelant un prêtre ; quelle absurde impiété !
M. Tabbé Thibault, inspecteur-général deTUniversité, est mort à Paris
le dimanche 28 mars ^ à la suite d'une longue maladie, qui depuis quelque
temps ne laissoit plus d'espérance. Il étoit né à Châlons- sur -Marne ou
dans les environs , d'une famille obscure , et fut ordonné prêtre au commen-
cement de la révolution par l'évéque constitutionnel du département. Sa
vocation n'étoit probablement pas bien ferme, car peu après, il entra dans
les armées, et fit plusieurs campagnes. Il reçut même une blessure, pour
laquelle il obtint une pension. Ayant quitté le service, il prit la carrière
de l'enseignement, et y fit rapidement son chemin. De l'esprit, de l'ama-
bilité, un caractère liant, des connoissances classiques lui prociircrcnt des
amis et des protecteurs. 11 devint proviseur du collège de Matici , puis du
collège Saint- Louis, ^u'on venoit d'oavrir à Paris Des plaintes portées
contre lui le firent destituer sous le ministère de M. d Hermopolis. En der-
nier lieu,. il avoit été nommé in^iccteur- général de l'Université. Après
avoir oublié long-temps les fonctions de son état , l'abbé Thibault en avoit
repris le costume et disoit la messe; nous ignorons s'il s'étoit mis en refile
pour son ordination par un évéque intrus et pour ses services militaires. Ses
iDbsèques ont eu lieu à St-£tienne-du-Mout le mercredi 3i mars ; un dis-
cours a été prononcé sur sa tombe par M. Alexandre, professeur de rhéto-
rique à Saint- Louis. I^ous ne voulons point contester les éloges qu'il a
donnés "À son maître et à son ami ; l'abbé Thibault avoit i\t» qualités esti-
mables. Seulement on peut douter qu'il fût propre pour l'état ecclésiasti-
que, dans lequel il étoit entré par une mauvaise porte.
(a86)
Souvenirs des leçons de fon/ûnoe, ou RecuêU do fMss ot d^awfrm
do poési» à la pcrtéo du§frem»or 4$; par C L* M* (i).
1/autear a cherché à étttêr dans ce recueil les défauts qu'on trouve dans
traulres livres de ce genre \ il a travaillé pour les enfans , n'a voulu rien
mettre qui ne fôt à leur portée, et a rejeté les fables qui ne seroîent pas
ovouêes par le goût , et a plus forte raison celles qui offriroient quelque
cho6e de répréhcnsible ; il a choisi, au contraire, celles pu il règne uni^
simplicité et une cliirté élégantes, et d'où il résulte une leçon utile. 11 com-
menée p^r une espèce d'avertissement sur la manière d'expliquer les hhlto
aux ciifans et de les leur faire réciter, et y a joint l'explication d'une fab^
pour servir d'exemple. Ce petit travail peut être utile aux mères, qui sont
les premiers précepteurs de l'enfance.
Les fables sont tirées des auteurs les plus accrédités, de La Fontaine,
de Florian , de l'abbé A^ubert , de l'abbé Beyre, etc. Elles sont eotremélées
de morceaux de poésies de Racine, de J. B. Rousseau , de Liefranc dePom»
pignan et d'autres auteurs plus modernes , de manière à présenter une
agréable variété. Quelques-uns de ces morceaux sont sur la puissance et la
grandeur de Dieu , sur la beauté de ses œuvres , et sur d'autres sujets reU-
uicux et moraux. IjC volume est terminé par les poèmes de Buth et deTo-
bic, par Florian.
Ce recueil , destiné à l'usage des familles et des maisons d'éducation , pa-
ToU rédfcé dans les vues les plus pures , et par un homme qui connolt les
besoins oe l'enfance et qtA sait le langage qui lui convient. Nous croyons
qu'on peut le mettre avec confiance dans les mains des en&ns, et qu'il
peut contribuer à leur bonne éducation.
A cette occasion, nous indiquerons le prix d'nn auU« livre anDoocédans
un de nos précédens numéros (l63^) , et qui se trouva cImh^ la raénie V^
braire ; c'est les Bfiwtés des oUidoê ot des hannomios de la maitins. Le priiL
est 3 fr. et a Ir. 7^ cent, franc de port. ▲ Lyon , cbe» Buaeiië , et i Paris»
chez le même , et au bureau de ce joarnal.
( I.) In-12 , prix , 1 fr. 6o cent, et a fr. aS cent, haac de port. ▲ Ly«»,
clHiz Rusand , et à Paris > ciras le même , «t «u b«neu de oejoainuil.
4^c^ QWik, 2l2ntrn tt 9Ua.
Samedi 17 avril i83o. (N» 1637.)
Conférences et sermons de M. Rthler^ sitins (tat^îs ci
retraite pour la première commanlon^ et (tmi plan
traite pour des religieuses, (j).
Ce Tolume comprejxd deux conférences, Tune sur la mi-
séricorde, l'autre sur l'accord de la miséricorde avec la
justice ; cinq serinons , sur la crainte de la mort , sur le sa^
cerdoce, sur la sainteté de TEgiise, sur le cœur de Jésus ^
sur la dévotion envers Marie ; des avis , exhortations et
discours pour la première communion y le plan d^une re«^
traite de trois jours nour la même circonstance, le plan
d'une retraite pour des religieuses , etc. Ces divers mor-
teaux ont été trouvés dans les papiers de Fauteur, pieux
ecclésiastique mort il 7 a quelques années. On dit que
M. Ribier prêchoit pre8f[ne sans préparation et d'abon-
dance; cependant il écrivoit ses sermons dans certaines
circonstances. Les deux conférences et les cinq sermons
que l'on trou^ ici ne sont point im|>rovisés. Ces discours
nous ont paru solides , toucnans et bien écrits.
Dans la première conférence sur la miséricorde, l'auteur
montre par l'Ecriture et par l'expérience quelle est l'abon-
dance des misél*icordes divines. Dans la seconde eonfé>-
rence , il répond principalement aux objections contre l'é-
ternité des peines. Le sermon sur la crainte de la mort est
Sartagé en deux considérations principales , qu'il est pru-*
ent et utile de craindre les surprises de la mort. Le ser-
mon sur le sacerdoce fut pi-êché le i~ septembre iSaa, à
la retraite ecclésiastique ae Lyon ; l'orateur considère le
prêtre sur la terre et dans le ciel. Son discours annonce un
nomme accoutumé k n^éditer sur les devoirs de son état.
Le sermon sur la sainteté de l'Elise , prêché à St^Mizier
en i8og le jour de la fête patronale, a pour but de rappe-*
(1) In-ia. A I^n , chez Bolteod , et à Paris , ao bureau de ce joumal.
Tonte LXin. L'Ami de la Religion et du Roi, T
(^90)
1er ravantage que nous avons d'appartenir à TEgUse ro-
iVaine, et lea devoirs que nous avons à l'emplir pour être
fidèles à notre vocation ; l'auteur montre dans ce discours
le plus honorable attachement pour le saint Siège. Dans le
discours sur le sacré cœur, il prouve la sainteté et la né-
cessité de ce culte ; c'est à peu près le même plan dans le
sermon sur la dévotion envers Marie. Ces deux discours
intéresseront la piété. Quant aux avis et aux exhortations
pour la communion , ces" sortes de sujets offrent plus de
«implicite peut-être e( n en seront pas moins utiles. Les
méditations et les plana de retraite ne sont guère que des
canevas, . «
Dans la préface du volume^ on parle d'un autre oavrage
de M« Ribier, publié. peu auparavant, sous le titre du
Paradis sur la terre ^ nous n'avons point reçu cet ouvrage,
maisà juçer de l'un par l'autre, il méritoit raccueil qu*il
a reçu, dit-on , du public. Nous regrettions de n'avoir pas
trouvé en tête du volume des sermons une. petite notice
sur un vertueux et zélii ecclésiastique ; on a Lien voulu y
suppléer, en nous communiquant une notice imprimée à
part, peu après la mort de M. Ribier. Nous croyons qu'on
nous saura gré d'eu donner un extrait; les vertus de Vau-
teur seront une recommandation pour son livre.
César Ribier, curé de Larajasse , diocèse de Lyon f étoit
né à Lvon sur la paroisse SaintrNiûer, et fut élevé par les
soins fl*un de ses oncles, négociant à Saint-Chsimona., l}ès
ses premières années, la douceur de son caractère fit pres-
sentir ce c[u'il seroit un jour. S'étant déterminé pour l'état
. ecclésiastique, après de sérieuses réflexions, il entra au
séminaire St-Irenée, où il se distingua par son application
comme par sa piété; Ayant été élevé au sacerdoce, il fut
chargé du soin de la paroisse de Faraay, annexe de Saint-
Paul en JaiTest. Il y eagna la confiance de tous les fidèles
par sa sagesse, son zèle et sa charité. Ayant refusé le ser-
ment en 1^91 , il fut arrêté et mis en prison; il montra en
cette occasion le calme et le courage d un intrépide confes-
seur de la foi , et remercia ceux qui l'avoient arrêté. On le
mit en liberté peu après, mais il fallut quitter sa paroisse.
Il se retira à Lyon, et passa, ensuite -en pays étraiiger;
son zèle le ramena bientôt dans sa patrie, il rentra dès
ï795> et fut nommé secrétaire du conseil archiépiscopal.
(29« >
Sft pviidènce parai daos cette fonction délicate et dans un
randnombve d'affaires ci démissions dont il fût chargé.'
joignoît les travaux du ministère aux détails de l'admi-
nistration y et continua à occuper la même . place sous
M. l'abbé de Yerdolin, nommé administrateur apostolique.
Mais en iBoa, l'organisation du diocèse de Lyon changea ,
et M, Ribier devint vicaire de Saint- Nizier, une des plus
importantes paroisses de Lyon. Là, son zèle et son activité
rendirent de grands services, non -seulement dans cette
paroisse, mais dans toute la ville', jusou'à ce qu'en 1807 il
lut envoyé à Larajasse, petite paroisse dans les montagnes,
canton de Saint-Sympliorieu-ie-Ghâteau. Cette nomination
parut une disgrâce , à laquelle toute la paroisse de Saint-
riizicr fut plus sensible que M. Ribier. Il se hâta d'obéir à
la voix de ses supérieurs et se donna tout entier au trou-
peau qui lui étoit confié. Il succédoit à M. d'OEuvre, qui
afvoit administré pendant douze ans cette paroisse comme
missionnaire , et y avoit laissé une mémoire honorée. Ses
premierj soins se portèrent sur la jeunesse, qu'il instrui-
soit, dirigeoit et soutenoit avec une rare bonté. Chaque
année ^ il visitoit tous ses paroissiens, leur donnant les
plus sages conseils , apaisait les querelles, consolant, en-
courageant suivant les circonstances. Il agrandit son église^
la^dëcora: de trois autels %n maVbre, pourvut la sacristie
d'ornemens et de vases sacrés, ouvrit un nouveau cime-
tière et y construisît une chapelle. Il établit une école, où
il formoit les jeunes gens à la piété et au goût des cérémo-
nies de l'Ëglise, en même temps qu'il les faisoit étudier
pour l'état ecclésiastique; plusieurs de ses élèves sont de-;
puis parvenus au sacerdoce. Il forma une maison< de reli-
gieuaes du Sacré-Cœur, nour llnstruction des jeunes filles,
leur acheta un local et le fit réparer. Il étoit l'arbitre de
ses paroissiens et de ceux des environs. M. l'évêque actuel
de ielley l'estîmoitf et voulut l'avoir pour grand-vicaire ;
mais M. Ribier crut devoir rester au milieu de son trou-
peau. Peu à peu sa santé s'affoiblit, son bras gauche se pa-
ralysa; enfin une.maladie.de. 6q jours se termina par sa
mort, arrivée le i4 mai 1826. ïl étoit dans sa 64" année;
Pendant ses longues douleurs , on ne l'entendit pas profé-
rer une seule, plainte. Il bénit ses paroissiens avant de
mourir. Ses^obsèques , célébrées le mardi 16 mai,. prouvé-.
Ta
( 39^ )
reiil à qnel poînl il éloit aimé; on p«ttl dire que c'ëioit un
deuil général. Peu de prêtres, en efifet, mëritoîent plu» le
respect et les regrets, par fta charité , son zële, scm humi-
lité profohde , et par toutes les vertus les pius dignes d'un
bon pasteur.
ISrouVBIiT^ES SXXJLÈSlASmQXIE»
Rome. Le 3i mars, on a célébré l'annÎTcrsaire de Téleo-
tion du Pape régnant, qui commençolt eu ce jour lase-
coude année de son pontificat. Les salvos d'artillerie du
château Saint -Ange ont annoncé la fête et une chapelle
papale a été tenue au Vatican ; yingt^ciaq cardinaux y oiH
assisté.
.— Le sacré collège a perdu. son doyen, M. le cardinal
Jules -Marie délia Somaglia, évéque d'Ostie et Yelletri^
vice-chancelier et bibliothécaire de la sainte l^glise» ar-
chiprêtre de Saint-Jean-de-Latran, secrétaire de la con-
grégation du Saiut-Office et préfet de la congrégation des
Rits. Il étolt né à Plaisance, W 29 juillet 17449 ^ -f^t
Ïtrpiuû au cardinalat dans le consistoire du i«' juin 1795.
l est mort le it> avril dernier; c'étoit le dernier cardinal
survivant de la création de Pie TI.
Pàhis». m. rai-chevêqiie a donné un second Mandement
sur la truislation des reliques de saint Yincent de Paul$ ce
Mandement, daté du 6 avril, 'règle le cérémonial relatif à
la translatioii et à la neuvaine de prières. Le prélat presjMs
vivement les fidèles d'assister au triomphe de Fapôti^ de
la charité. La fête de la translation des relique» sera eélé-
brée à Notre^^Dame suivant le rit annuel, et l'office sera en
entier de saint Vincent de Paul; dans les autres églises, on
dira à la messe les oraisons du skaint. La neuvaine commen-
cera le 2& avril et finira le 3 mai ; il y aura chaque jour, à
la chapelle de MM. de Saii\t-Lazâre , grand'messe et vêpres
du rit solenneL. Chaque jour, il sera célébré dans tobtéëieâ
paroisses unemesae votive de saint Vincent de Paul. Leclergé
des paroisses et des séminaires se rendmsuècessiveiifteËit,
( 393 )
^pendant la peuvain^, ^ la chapelle de Sqini^Viucent de
^auU l«s cures ^horteroQt leurs paroit^i^D» à les y acconb-
pagi^r».Oa chantera devaot Iie( châfse le répoos des pre^
juives vêpres d« Toffice , avec.les verset et oraison du saint,
l'Exaudiai et le) versets et oraisons Pro re^e^ et ejus/amiUd,
Pr0 dviiate et cwibus et jid postulanikmi cantatem. Les mêmes
prières seront faites chaque jour de la neuvaine, après la
messe , dans les chapelles des communautés^ hôpitaux , etc
Le clergé et les fidèles des campagnes sont invités à joindre
leurs prières à celles qui se feront en ville.. A la suite du
Mandement est un rescrlt de la congrégation des indulgen-
ces, du i3 juin 1827, annonçant une concession d'inaul-
gences plénières accordées par le Pape Léon XII à ceux
qui visiteront la chapelle de MM,, de Saint- Lazare V les
19 juillet et 27 septemore ^ jour de la fête et de la mort du
saint ^ et à ceux c^ui suivront la procession le jour de la
translation des reliques ;, de plus , S. S«.. accordoit une in-
dulgence de 3oo jours à ceux*qui viendront visiter la cha-
pellc^pendant la neuvaine, et y prier suivant les intentions
de l'Eelise. Ces indulgences pourrout être appliquées aux
anies au purgatoire: M. Tarchevêque en a autorisé la pu-
blication dans son diocèse. Le cérémonial , imprime après
le Mandement, règle tout ce. qui concerne l'office du
q5 atril , la translation et la tieuvaine. Le 24 *vril , à ihîdi ,
le corps de saint Vincent de Paul sei-a transféré à Notre-
Dame, pour y être exposé à la vénération des fidèles ; ce
jour, il y aura les premières vêpres.. Le lendemain , à neuf
lieures, M. Tarchevêque célébrera une messe basse au
chœur, et à 10 heures, M* lé nonce officiera pontificale-
ment. A une heure, MM. les curés et vicaires se rendront
à l'archevêché pour la procession. Les évêques qui se
trouvent à Paris et les aumôniers du Koi y seront invités.
La procession sera formée des Frères des écoles chrétiennes,
des associationa de Sainte -Geneviève et de Saint -Joseph ,
des séminaires, des ecclésiastiques, des curés , de MM. de
Saint-Lazare , du clergé de Notre - Dame , du chapitre , des
aumôniers du Roi, des évêques et de M. Tarchevêque
officiant. La châsse sera portée an milieu de MM. de Saint-
Lazare, et les cordons tenus par MM. le curé de St-Jloçh ,
lie supérieur du séminaire et les curés dé Saint-Tincent de
¥aal et deCUchy. La procession gagnera le Petit-Pont ,
(294 )
suivra les auait jusqu'à la me des Saints^Përés « prendra
cette rue, la rue Taranne, la rue du Dragon^ la Croix*-
RoufiN! et la rue de Serres. Il y aura 3 stations , à l'Institut ,
à la Charité et à l'Hospice des Ménages. Pour le surplus,
on peut consulter le cérémonial; un tableau indique les
jours où chaque paroisse se rendra à là chapelle du Saint ,
rue de Sèvres.
— Le lundi ig avril, à deux heures précises, il y aura
dans l'église des Missions-Etrangères un discours de cha-
rité en faveur de Véçlhe catholique d'Edimbourg, en
Ecosse. M. l'abbé Gilhs , missionnaire écossais et grand-
vicaire à Edimbourg, exposera lui-même l'état de détresse
extrême où se trouve cette église. M. le nonce apostolique
donnera le salut. La quête sera faite par M""® la baronuè
de Charrette et M""* la comtesse de Macnamara. On peut
leur adresser les dons , ou bien à MM. les curés de la Ma-
delaine, de Saint-Roch , dé Saint-Germain-rAuxerrois ou
des Missions-Etrangères. Nous ne pouvons que renvoyer à
ce que nous avons dit déjà plusieurs fois de cette mission
si pauvre et si intéressante; voyez entr'autres la notice
communiquée par le même M. Gillis , et insérée dans notre
n» i63o.
—Une affaire fui portée l'année 4ernière au conseil d'Etat;
nous empruntons les faits au dernier écrit de M. Jauffret,
du Recours au conseil d'Etat (i). Le curé de La Fouillade,
diocèse de Rodez, étoit prévenu d'avoir menacé un prêtre
constitutionnel, qui étoit malade, de ne pas entendre sa
confession, à moins qu'il ne rcftractât son sciment. Il au-
roit ensuite publié en chaire et commenté la rétractation
souscrite pwar ce prêtre. Celui-ci étoit mort, mais les pa-
rens vouloient poursuivre le curé pour les avoir diffamés
eux et le prêtre. Nous avouons que nous ne voyons rien de
répréhensible dans la conduite du curé envers le prêtre
constitutionnel. Il n'a fait que son devoir en l'engageant à
se rétracter et en publiant la rétractation. Après cela si,
dans le commentaire, il y a eu quelque chose d'injurieux
pour le prétre et pour sa famille, le curé auroit eu tort;
( i ) In-8°, prix , a fr. et 2 fr. 5o c. franc de port. A Paris , chez Oelaunay,
au Palais -Royal, Bricon, rue du Vieux- Colombier, et au bureau de ce
journal.
mais M, Jauffret nele dit {Mis. Il pense que la requête 4es
parena aaroît été rejetée sous juonaparte, parée qu'on,
ayoit pour principe alors aue rien de ce qui aroit rapport
à la confession ne pouyoit aevenir la matière d'une pour- -
suite ou d'un recours^ Le. conseil d'Etat n'en a pas jugé
ainsi sous le J^o^. |1 a prétendu que la piienaçe du curé étoit
abusive , qu'on ne ppuYoit refuser à un paroissien de le
confesser, et qu'on n'avoit pu. exiger upe rétractation d'ua
prêtre qui avoit déjà adhéré aux mgemens du saint Siège
sur les affaires ecclésiastiques de JPranoe. Le conseil a vu
en outre ^ dans la lecture de la rétracution faite en chaire
le 1 6 septembre 1827 et dans les réflexions qui l'accompa-
nèrent, une contravention aux art. 52 et 53 de la loi or-
ganique. Malgré l'autorité du conseil d'Etat, nous croyons
qu'il n'y avoit point abus dans tout cela , etrque le curé n'a
fait que se conformer aux règles prescrites pour les prêtres
qui avoient donné dans le schisme. Il a rendu service au
malade en exigeant de lui une rétractation , et il a réparé
le scandale en publiant la rétractation. Mille prêtres ont -
tenu la même conduite aux différentes époques de la révo-
lution , et personne ne s'étoit avisé de leur en faire un sujet
de. reproche. £n6n l'ordonnance du 19 mars 1829 porte
encore qu'il y a eu abus et contravention de la part <iu curé
datis son protie^ 7 ocWbre ^827, en ce qu'il avoit entre-*
tenu ses paroissiens de griefs à lui personnels ; c'est ce prône
2ui avoit été spécialement Tobjet d'une plainte judiciaire,
e conseil d'Etat déclara donc la conduite du curé abusive ,
et renvoya les parties devant les tribunaux , pour qu'il fut
décidé SI le fait abusif constituoit un délit. M. Jauffret
pense qu'en cela le conseil d'Etat a été au-delà de ce que
prescrit la loi; en efiet, l'art. 8 de la loi organique du con-
cordat porte que les affaires dont il s'agit seront suivies et
d^nitwement terminées dans la forme administrative ou ren-
voyées , suivant les cas , aux autorités compétentes. Si l'af-
faire est administrative , elle doit donc être terminée défini-
tit'ement au conseil. Estime-t-on , au contraire , qu'elle est
judiciaire? elle doit être envoyée entière aux tribunaux , et
on ne devroit pas se permettre de punir administrative-
ment un fait dont on abandonne la connoissance aux juges.
Déclarer au'il y a eu abus.au moment même où on se des-
saisit de 1 affaire, n'est-ce pas admettre comme certain le
( *9^ )
liift i0ipaM, prtfî«g«r la e^lpabiUlë^ gêner lu IttHMé 4fi
iuge et altérer ton indépendance? Ce sont lee réfleakoMi
de M. Jtnffret sur rordonnaoee^ et eUes nom paroissem
jndkienteg et fondées (i).
«^ M. rév^qac de Troyes Tient d^adresser à son t\tr^
nne cirenlaire , à l'oceasion de la translation des reliques
de êaint Yincent de Paal ; le prélat excite le zèle de aon
' elergé ponr contribuer aux frais de la eliftsse :
€ Voiw «Tes Mw doqte appris > avte la joie oue doîivtDè épMw var tona
In amif de la religion, que le^orps de saint Vincent de Paul, échap^
par une protection de Dieu toute particulière , à ta profanation et destruc-
tion presque générale de tout ce qu*il y a de respectable et de ssjcré, alloit
être enfin eaposé de nonyeau à la Ténératîott nanfique , dtf ns la chspelTe 4e
lOI. les ptllrsi de Saint-lAiare,^ me è& Sàwirn^ à Paria. Leiû mnû.^
dîmanche du Bon-9«steuf , il y sera transporté procassionueUenent } cftei
M. rarchevéque, accompagné dfi tout le clergé de la capitale, qui fem
cette imposante cérémonie. Quel bonheur ce seroit pour les uns et pour lea
autres , s'il nous étoit donné d'y assister ! Unissons-nous du moins d'esprit
et de coftur à ceux ^ai seront plus heureux qtte nous, el c'est à ccMe fin
q«e nous vous invitons tons A réciter, à la messe, pendant neuf jours, à
partir di^ 26 avril prochain,^ les collecte , sacrète et post-oomnuipion de U
messe qui se dit le 19 iuillet, fête de saint Vincent de Paul. I^a dépouille
mortelle de Thomme ae Dieu sera déposée dans une châsse d'argent de la
plus grande beauté , et pins remarquable encore parla p^fection du travûl
4iae par la richesse de la matière* On a ompté sur les oftaudea volontairas
ues fidèles, pour p^yer 4a ^al^C da^ee paiçieux reliquaira^ déîà.]«vBciiel
les princes et princesses du sang, qui donnent toujours reaem^lç lorsqu'il
■ ' ■■ ■■ ■ !»■ ..I f l ■ • «>»■ • ..-II. .1 „ , ..,
(i) Une entre décision dans le même sens intei«rint i^iie|[}oes mois api^.
Deux piètres appelé» auprès d*«n malade^ qui passoit pour ao livrer habit
tueliemeat à Tusure, exigèrent la promesse de lestiUier } on.prétend même
qu'ils s'emparèrent de titres de créances souscrites à son profit et qu'ils lui
firent Signer deux obiications. Le conseil d'Etat' déclara qull y avoit abua
et tcnvoya les fiarties devant les tribunaux, miiis à fins civiles senlenfent,
sttr la contestation relative à la quotité et à la remise des obligations ou
valeurs dont ces ecclésiastiques auroient été dépositaire) sur quoi M. Jaiif-
fipet fiiit les réflexions qui suivent :
ce La déclaration préalable d'abus, dit-il, ne paroU pas sans inconvé^
nient, même lorsqu^l y a seulement renvoi à Bm civiles. R>or prononcer
en pleine connoissance de cause , un tribunal ne doit-il pa^, quand il s'a-
git d'up (ait imputé à des eccK'siastiques dans l'exereicB de leurs fonctiesiay
1 examiner dans ses rapports avec la rçliglon ? Ne le doit-il pas surtout
lorsqu'il s^agit d'obligations qu'ils déclarent leur avoir été omises par le
malÂdepour restituer à des personnes qu'il a indiquées? Dans 'ce cas, iW
liberté du juge n'cst-elle pas g^ée quand l'autorité administrative a dé^
ç\ué d'avance le fait abusif?» i
( ^97 )
s'^i^^d'pfli» boDM oenvte » ont envoyé des «pqiroeff coDsidératdca poor çqt
cbjét! SI <|Utï)(|a'ui[l Je vous, Miessleurs, bu des personnes à qu) vous don.-
<fef ics i^Ddissance éte celte lettte, désîioit con<îoârtr à cette dépeii^e «î
^mîMMDent rsKutese, je m Arrait a» pliiiir «t un devoir de feire pâsset
a« eeeréUrâat de Tarohcvâc^o àé Pari» ks oflV andes qui me seroîeQt en«-
Tonnées $ quelques niodiques qii'elles soient, elles seront reçues avec retoa-
iioissance^ et nous serons glorieux de prouver à M. l'ar^'hevâque que, dan^
iicfCre diocèse couime dsns le sien , la mémoire de saint Yincebl de Paul est
«Aiéréè «t obère à tous les coeurs. » '
Da^s la auite de sa circulaire , le prélat annonce le projet;
de former une caisse de aecours i|j|our les vieux prêtres, et
eugê^elûê cures à lui eoittinuniquer leurs vues sur les
moyens d'exécution.
-p^Nous nous proposons de r^nîr Ici, dans un mêine
açiicle» différens faiu relatifs à.réçlise d'Irlande dans le
com's de l'année dernière* Cette éolise a perdu trots de ses
etéques, le docteur Forgal O'Reilly, évéque de Kilmone^
mort À Bailliebore le 3o avril, dans sa 85" année; Jacques
Magauran, évéque d'Ardagb,. qui avoit été successivement
chargé des paroisses de Killasbes et Badlinamore^ et le
docteur Patrice Kelly, evéque de Waterford et Lismo^e f
uiort le 8 octobre. Le premier gouvernoit son diocèse de«*
puis 22 ans , et étoit un modèle ae douceur et de diai*ité ; le
tnMsième , zélé et laborieux , rempUssoit à la fois les ionc<K
tions^d'un évêaue et cclle&rd'un simple ppétre. Le sfcS mai^
M. Guillaume Clowry, curé catholique de Tullow, y mou-
rut dans sa 3i* année; c'étoit un prédicateur distingue* qui
avoit prêché à Dublin 9 à Liverppol et dans d'autres villes ;
il avoitpublié des écrits de controverse et soutenu une dis-»
pote avec les partisans des sociétés bibliques. On a bénit
une nouvelle cliapelle calholirjue à Newry, daas le nord do
l'Irlande^ la cérémonie fut faite: par le docteur Guitis, ar-
chevêque d'Annagh; l'archevêque de Dublin et les évé*^
ques de la province y assistoient, le docteur Doyle, évéque
de Kildare, prêcha. Il s'y trouvoit un bon nombre de pro-<
testans, lord Rossmore, les colonels Westenra et Ogle, et
autres personna[;;es de distinction , qui.se chargèrent avec
les catholiques de faire la collecte pour les frais de la cha^
pelle; cette collecte se monta à environ 3,4oo francs. Lo
9 juillet, 6n posa à Cork la première pierre d'une chapelle
piour les Franciscains. Au mois de novembre^ le docteui^
Crolly, évéque de Down et Connor, bénit une. chapelle reV
( 39» )
cevitnent centtruite à Hdywood , et à laquelk des piote»-
Uuis et des presbytériens ayoient contribué* Au mois de
juillet y le docteur Laffiui, arcbeYéiiue de Gashel, posa Jbt
Îiremière pierre d'un coUèce à Thurles ; son prédécesseur,
e docteur Everard « ayoît laissé des fonds pour cet établis-
sement. L'Irish CatKoiic Magazine ia mois de juillet annonce
qu'il s'étoit tenu , à Waterford , un chapitre général des
Frères anglais et irlandais des écoles chr^'tiennes ; ce cha-
pitre étoit composé de trente membres , suivant leur règle ,
il dui-a Ttogt-deux jours, et fit des règlemens utiles ; deux
assistans furent nommés pour aider le supérieur^ M. E« Rice,
dans le gouvernement de Tordre. On continue la conshrnc-
tion de la nouvelle cathédrale de Tuam; le marquis de Sligo
y a contribué pour i ,200 f r. , et a en outre procuré des
souscriptions en Angleterre de la part du duc de Sussex ;
du marquis de Clanncarde, de Tévêque de Norwich, de
M. Dawson , etc. Cet exemple de génét'osité a vivement
touché le clergé et les cathouques de Tuam. Il s'est passé
dans la paroisse de Glogheray^ au mois .d'octobre , un fait
qui niénte d'être remarqué. Les protesUns de cette paroisse
ont signé une déclaration où ils proclanieat la liberté de
conscience comme un droit naturel, et où ils témoignent le
désir de voir cesser l'opposition et la haine entre les habi-
tans d'un même pavs , et invitent toutes les classes à se
l' oindre à eux pour calmer l'irritation des esprits et ramener
a paix et la confiance en Irlande. Les catholiques, touchés
de cette déclaration , en ont donné une non moins conci-
liante, dans laquelle ils manifestent la résolution de vivre
en bon accord avec tous leurs frères. Ces déclarations ont
été signées de 96 anglicans, de 332 protestans de diverses
sectes dissidentes et de 714 catholiques; en tout 1,1 4^^ in-
dividus. Onze habitans seulement ont refusé.
NOinrELLES POLITIQUES,
Paeu. Aux yeux d'un boranic d'état qui Tut un des habiles de la révolu-
tion , le grand inconvénient des méfaits politîquos n'étoit pas que ce fussent
dps crùnei, mais que ce fussent des fautes. Voilà pourquoi l'assassinat du
duc d'Engbien lui parut inûniment plus blâmable soQs ce dernier rapport '
( ^»99 )
qneMMM lepraniier. Eh bien , ks 8age»^^dii parti ilbéràl wi y toigil Wctioséi
406 la même manière. QuaiMLle sîeur Fotttan se fit condamner demièremeiii
à cMiq années de prison , ponr son histoire du Mouitm enragé, ils le bUteir
rent hautement, non pas à cause de son crime, mais à cause de la. faute
qn'il aVoit commise. Peu s'en fallut qu'ils ne le reniassent comme un sot
qoî n'étoit bon qu'à gâter les affaires par sa précipitation et son étonrdeiie.
Dans ce moment, la mime désapprobation de leur part est prononcée
contre l'auteur d'une gravure gne M. le procureur du Roi a fait saisir la
semaine dernière, et qui, à raison de l'outrage qu'on y trouve contre la
ifau
le voudroient. Mais ce qui vous étonnera bbeii;dayantage,' c'est que tes Toilà
fâchés au dernier point contre M. Bavoux , à cause d'un article prodigieu-
sement impie et reyoluttonnaire qu'il a 'fait insérer dans son journal , pour
clore la semaine que beaucoup' de gens,' âit-'il y appellent encore Mainte,
Les meilleurs amis de rhonoraole dépuf é trouvent également que c'est une
faute' de sa part , et qu'il n'auroit pas dû aller si loin. Vous ne les entende!
point dire que son cynisme d'irféiigion soit on crime, ni qu'il ait tort de
dénigrer, dans le langage d'un mauvais bpu|6c>n , les pratiques de piété de .
la semaine sainte et en particulier les actes Aé dévotion de la famille royale.
Ifon , ce n'est point là où ils voient le mal ; à Dieu ne plaise ! mais c'est que
M. Bavoux compromet tout par son étourderie et son impatience. Ils disent
comme Fouché : Ce n'est pas le crime qui est ici la chose ftcheuse; c'est la
foMte,
-^ Les journaux du comité -directeur ont publié séparément, en deux
listes , les noms des députés qui ont voté pour ou contre la belliqueuse
adresse. Malgré tout le soin avec lequel cette espèce de livre de vie et de
mort a été composé , il a donné liepi a dés variantes qu'on ne peut venir à
bout d'éclaircir. C'est ainsi , par exemple , qu'on a vu figurer à la fois sur
les deux listes la plupart des membres du précédent ministère, sans qu'on
puisse savoir au juste de quelle côté il faut les maintenir. Le CnnsiiitUi&nnel
avoit d'abord rebuté le nom de M. de Martignac, c'est-à-dire, qu'il Tavoit
rayé du livre de vie de la révolution , en le repoussant de la bonne liste des
321 ; mais le Journal des débats, qui a la prétention de bien connottre la
statistique personnelle du département de la défection, s'est empressé de
réhabiliter l'ancien ministre de l'intérieur. Ainsi de M. de Belleyme ,
ainsi de M. Hyde de Neuville, ainsi de M. de Caux. D'un autre côte, les
députés de la* droite sont persuadés que pas un des membres de l'adminis-
tration précédente ne leur a fait Thonueur de voter avec eux. C'est toujours
une position singulière que de se trouver ainsi placé sur les confins de la
défection , entre le libéralisme et h royauté, de manière à passer au besoin
pour avoir voté avec les deux partis.
— Jeudi dernier, le Roi a passé , an Champ-dc-Mars, la grande revue qui
devoit avoir lieu le lundi 12. S. M. , qui étoit accompagnée de M. le Dau-
phin , de MM. les ducs d'Orléans et de Chartres et de M. le prince de Saxe-
Cobourg, est montée à cheval sous le pavillon de l'^lcole mditairc. M™' la
Dauphine, Madami , duchesse de Bem, et les cnfans de France, ont suivi
le Roi dans une calèche découverte. Les cris de vive le Roil se sont fait en-
tendre partout sur le passage de S. M.
( 5oo )
^ ti1>it4lteiiUt Ali vfùimi été onU «uc U llile 4et v^iws «ente» IV
OraiM aiit Téchfl»é liMoneur <l'y âtrfiinêcriU ; ce «mi MM. de Trésociiâiii ,
c^Hité d'Ille-at-Vilaioe» 4e Munit, préfet à Aouen ek député du fiord , «t
Urvoy de Saint- Bédao, député de la Iàmm* Inférieure.
— Jd*. Je DaupliUi doit partir, le s5, pour aa rendre àTouloo. S. ▲. R. ar-
rivem dans cette ville k 4 niai , aaaiatera , fo 5 , au départ de k flotte ^ im,
le 6 , a Maneille » et iera de retour a Paris ver» k i3 nai.
— M. k ministre de k niariu« est parti, k l3 , pour Qieiixmrg.
-* M. le comte de ViUèk est reparti , k la i DourToolouse.
— M. d'Auderic est nommé préfet de k Vendée , en rempkcement de
M. k marcjuiadeVillenrave, qui reste àTulk* M* de Omcs, sous-piéfet
d^ Corbeil , reinpla<M) M. d'ÀUMttric à k préfecture dei Baaac*-Alpea.
-«*M. Furoeron d'Ardcuil* qm vkni d*étre rempkcé comme préfet du
Yar, est nommé maître des requêtes en service ordinaire au conseil d*£tat ,
«n rentpkceroeiit de M . k comté de Kcraaînt , qui devient préfet.
— Le Jîonit9ur du i4 publie k relevé des produits indirects p«:ttdaot k
i^' trimestre de cette année. 11 présenté une augmentation de 1^6,000 ft.
sur k même trimestre do i8aq, et une diminution de 5,Si6,ooo fr. sur
celui de 18318, qui a servi de base au budget. Cette dinûnutîou 8*est kit
sentir en janvier et février, par suite tle k rigueur de k saison ; mais le
mois de mars a donné une activité progressive aux affaires. Quant aux con-
tributions directes , aux prorluits des bois, des domaines, etc. , ik ne suit
pas soumis à des chances de varktion.
, — > Desiouriuiui libéraux avaient annoncé oue M. le duc de Chartres éloit
destiné à régner sur Alger, Tunis et Tripoli. Cette nouvelle est aussi finisse
qu'absurde*
— Il B*j a en France qu'un seul préfet nui ait été maintenu dans le
même poste depuis Vépoque de la création nos préfets, il y {v trente ans;
c'est M. k comte nkmrgeois de JcsSaiiit> préfet de ^a Marne.
«-> Les jeunes pris^nnieiii placés dans la maison de Befuge , où, smis la di-
rection de quelques pieux pcrncnnages, ils sont ramenés à k religion et à la
yerfu, avoietit adressé dernièrement, à M. k préfet de police, une récla-
mation ppur <^enir une auj^nentKtiou du prix dés journées de leur travail.
Jkl. Mang^n ne pouvant salisfaire.à cette demande , qu auroit lésé les entre-
preneurs, avec lesquels des traités sont passes , fit distribuer aussit^ à ces
jeunes condamnés une somme de 5oo fr. de ses propres deniers.
— M. Barrey çk Saint -Leu , contre- amiral en letraite, est mort à Pafis
âgé de 74 ans.
— On fait des prép^iratifs au palais de TElysée , pour j recevoir k roi et
k reine de tapies, qui sont attendus à Paris pour k milieu de mai. M. k
prince de Salerne ariivcia en même temps de Vknne à Paris.
— r Un robinet à gaz, <{u'on n'avoit point fermé, le soir, cbez un mar-
chand de nouveautés , rue de Bu&sy, a laissé échapper pendant la nuit une
^^sez (jrepde quantité de gaz pour indisposer fortement cinq* jeunes gens
coucliés dans les magasins. L'un d'eux est mort le kudeinain dés suites de
cette asphyxie.
***Le tribunal correctionnel a terminé, mercredi dernkr, l'affaire du
nonuné Mac-*I<ean , se disant baron de Saint-Clair, auteur des prétendues
jr^vélatious mr l'assassinat du duc de Bcrti. M» l'avocat du Koi Levdvasseur
a conclu contre lui à l'application des peines prononcées par k kij en anm-^
( 5oî )
trant qne le prévenu, écossais dWi^ne, et rayé des conirâles de l'armée
anglaise par suite de désertion , n'étoit qu'un intrigant et un imposteur*
M. ClaTeao , défenseur de Mac-Lean , a soutenu que ]h faits poMÎés par
lui lui avoient été communifpiés, et qu'il et oit a regretter qne quelquéi
perwnna^^cs aient eu la lâcheté de Tabandoutier. Le prévenu a été con^*
damné à un an de prison, 5oo h, d'amende, i ,000 f. de doiamages-intéréta
«nvers ehacun des quatre plaignans, aux frais du procès « de r affiche du
jugement au nombre de 5(x> exemplaires, et de son tfisertion dans trois
journatix. L'imprimeur Barbier a été renvoyé de la plainte, comme n'ayaof
paa afçi sciemment.
— Le tribunal correctionnel s'est occupé, jeudi dernier, de la plainte de
M. Martainville , rédacteur du Drapeau hla^c, en diffamation contre les
eériaiis de PBffrotaètX du Volnw, qui ont publié une épigfamtne, en forme
de dialogue en verA, imputant à cet homme qe lettres le vol d'une montre.
M« Martainville, assisté de M. Henrion, avocat, s^êst défendu Ini-^éme.
M* Fottvuerat^ «vocal ^ Roi, a conclu contre le^ prévenus à l'application
des. peine» pvononoéjBs par la loi» Les sicun Verrier et Audibert, gerans dev
deux journaux en question , ont été condamnés à deux mois de prison ,
aoafr. d'^unenck, et à TaHicliedtt jugement au nombre de eiAq cents
«nmpiai^es.
•p-Le tribunal oorreciiomiel de Saint-Qmer a condamné, par défaut , à
un mois de priaon et aoo fr* d'amende le gérant du Mémirial atiétiien,
pour excursions dans la politique.
-M La diète de Wurtemberg a été close le 9 avril.
—M. Rousseau , consul-général de France à Tripoli , est e» ce moment
k Marseille. On croit que sa présence se rattadie à l'expédition d'Alger;
> "^ Presque ton» les Mtlmens de guerre qui étoient à Brest , à Cherbourg ,
et dans les autres poH» militaires, sont partis pourToufon. UbarDttque
l'armée navale se composera de 1 19 voiles , dont 1 1 VAisseaux , 20 frégates ,
39 brick» , etc.
-«- L'armée «ipéditiomiaive d^AArique se compose de 3 divisions ; chaque
division de 3 brigades , et chaque brigade de 3 régimens. Le quartier-céné^
rai de la première division est i Toulon , celui de la seconde à MarseilM , et
celui de la troisième à Aix. Il j^ a en outre 3 escadrons de cavalerie , 8^ coili-
paenies du génie, 18 compagnies d'artillerie, 6 compagnies du train d'artil-
lene , 100 gendarmes, dont 3o à cheval ; 18 employés des vivres, 70'officiers
de santé, 2 compagnies d'ouvriers. Il râielt i{ne reffectif de l'armifC de dé-
barquement sera de 33^725 hommes. M. le lieùfenant- général Despret est
le cb<f d'état-major-généval.
— Des lettres de Madrid confirment la nouvelle de la grossesse de lik reine
d'Espagne. La reine deNaples , sa mère , est écalcment enceinte.
— La Gazette officielle êê Madrid, du 6 Se ce moi», publie la pracmfH-
tique sanction aérant force de loi, décrétée, en 1789, par Charlrâ lY, et
réloUie par le roi actuel le 29 mars dernier, qui porte <|ue les successeurs
à la couronne seront pris à perpétuité, par ordre de primogéniture, dons
la ligne directe, et que les princoftta monteront sur le trône à défaut d'hé-^
ritîer mâle. Ce décret a été publié partout avec tout le cérémenial cotive««
nable*.
— Le général' SainC-Màrtin , qui a joué un grand rélo dans la guerre de
^indépendance de l'Ai^iérique méridionale, est anivé de Bruxelles àr Paris.
( 5èa V
te MmUeut a piibtié la note MÛTanta que nous rrnjroii fiowoii, reot»*
^Uiîre , pavce qu'elle répeiiU à uo des pritMa^Miax re|n-oclies que Foit ÊoTa»
mîmstère et à un des prinGipiiœL mofeoê dont se aenrcnt les footÛfis Ùbé-
isales ponr échaiiffer les esprits^ Elles se plaisent a attribuer au nnnislèie
les idées ou les projeto qu'elles troayent dans des journaux royalistes bien
intentionnés; et comme cei idées et ces projets sont souvent contradic-
loires , elles en prennent Occasion d'accuser la politique du ministère. La
note du Moniteur devroit , à noire avis, rendre tous ces journAiiz pliis ié>
servéi dans leors coojectui^s : .
« Les feuilles qui attaquentjle j^ouvemement se. servent d'une tactique
commode; elles supposent aiUministére des journaux, et lui attribnentles
pensées, les volontés, la polémique de ces journaux. Demandez -leur qui
les a inatruites de ce prétend» fait, elles vous répondront qu'elles ont
trouvé à leur convenance de l'imaginer : c'est un moyen d'oppositien à
bon marché.
» Quand il platt k ces feuilles d'employer les expressions suivantes :
Les mùnsires font dire, les ministres font écrire, le ministère suppose, on
Ut dans lesjouryaus miim$iénMe„ la France peut hardiment leur répondre
qu'il n'en est rien, et qu'ils meCtentsur le compte des ministres leurs pro-
pres inventions. ^
» Personne, dans la vie privée, n'oseroit accuser son advei^îre d'après
des suppositions gratuites et admettre ces faussetés comme si elles éfoient
{>rouvées. Mais tie qui n'est pas permis dans la vie privée, devient- il plus
égttime dans la vie publique? L'opposition aux personnes des ministres
donne-elle le droit de les combattre par des impostures?
n^ Il e#t peu probable que les ministres révèlent journellement ee qu'ils
pensent , font et disent, à chacun des éct^rains que les feuilles aatimimslô-
rieUea leur donnent gratuitemenipourconfidens. Un gouvernement indis-
cret n'est pas un gouvernement. Ceux qu'âme auguste confiante a appelés
à la tête des afiaires n'ont donné à personne le droit de parler en leur nom
et personne , que nous sachions , n'a agi de la sorte. Ils n'avouent ni ne dés-
avouent aucun journal } ils laissent è chacun sa liberté.
» P?»»" avoir respecté les lois, le ministère ne réclame aucune approba-
UOD. 11 a abandonné la presse à son mouvement . sauf répression léeale des
desordres qu eïh pourroit eniratnerr. Le gouvernemeutne se com^se pas
d hommes pnvés, d hommes à affeclions particuUères, mais d'hommes nu-
l»bcs que le sentiment de leur devoir élève assez haut pour ne pas s'immis-
cer, avec pqériUté , dans les débats des opinions. C'est au bon sens national
qn il confie le jugement h porter sur les écrivains.
» En général, les journalistes ne sont pas asses pénétrés de l'obligation
jraincroansie cercle des passiops, l'user en récriminations. A leurs yeux
V 7 *,r^ gouvernement que celui qui rend compte sur la place p«J>fique!
•". \" *1î*?®**^®" censeurs tle ses actions. Mais le gouvernement du Koi
ait les atraires de la France^ et ne monte pas sur les tréteaux.
iln']
où i
fiait Iw aiiaires ae la rrance^ et ne monte pas &«. .«, ^.^wa««..
» Loin d'insulter à la presse^ le pouvoir l'estime quand elle se tient dan»
( 5o5 )
la Iigae de h Bi«|totSm.ct^ htmmmp'i II <ie >bi»<*»^"mnywt lyiVa feda ^
avîs ne puisse ve&îr de 1» part d*iBi ecrivflàn /smt^wCj'il ^ u t Mé nneautqh
rite de talent et d'expérience. Dan« k penaée du eoofmiienieQl , la pretae
doit édairer TopyiloD par des dbciMSMHia éterées, qol embrassent tontes
les branches de nos intérêts; mais elle n'a pas été créée pour échauffer et
alimenter les passions. Si, par de faosses présomptions, elle manque à sa
destinée, è^ eUe la faute ; le gouvernement ne se fera jamais un instrument
entre les mains des rhéteurs et des démagogues.
» Le gouvernement ne se montre donc jamais, ni dans ses volontés, ni
dois ses actes, conduit par un injnste dédain de la presse, non plas qu'as*
si^jéti i ses caprices. 11 croîroit manquer à sa dignité s'il prenoit quelque
part aux querelles d'amour -propre blessé ou d'ambition dé^ue, dont la
plupart des feuille? qui l'attaquent sont aàJDurd'hui remplies. C'est une
supposition qu'il repousse et que sa marche démentira. )>
AI] hédAgteua.
Monsieur, presque tous les journaux de la capitale ont rapporté, ces
jours-ci, un éyipement atroce dont la joaitie romantique est pcut-é(re
conforme aux règles du nouvel art qui rétablit en France, mais doni la
partie morale a. quelque chose d'efirayant pour la sûreté des familles vhsé-
ftiennes. U s'agit d'un frère sensible qui, en voyant sa sœur condaninée
par les médeoins, comme atteinte d'une maladie de poitrine, prend ij^ié-
solution d'abréçer ses douleurs d'un ooup de pistolet, «t de se débarmsse»
dfi sou propre cnsgriju de la même manière.Tout cela s'exécute froideni^nt ,
et pour compléter ce qui manque à la beauté de ces deux scènes romtntw
ques, ift frke sensible laisse une lettve d'adieux, très* touchante,- pur la-
quelle il règle lui-même l'ordre drses funérailles et demande à partager le
tombeau de sa sœur, comme pour faire mieux ressortir le sentiment de ten-
dresse qui l'a porté à lui casser la tête.
Les journaux qui rapportent cette double catastrophe se contentent de
nous apprendre que cet intéressant jeune homme étoit professeur dans une'
des premières pensions de l'Université; du reste, aucun commentaire, ni
aucune râiexion de leur part sur cette dernière circonstance, et en vérité
pourtant, oe* n'est- pas celle aHejettouve la moins propre à faire frémir.
Vous égurex-voHS, en met, Monsiecur,. quelle bâte et solide école ce
doit être que ceHe où un pareil homme c^l chargé de donner des leçons a la
jeunesse , de lui former le cœur et l'esprit i de lui choisir les principes et les
règles de conduite qui doivent servir de fondement à ses: moeurs ! A moins
?ue l'irréligion et la folie ne soient nées subitement dans la tête et dans
ame de ce professeur, quelle trbte idée n'est-on pas autorisé à ^ faire de
la qualité du grain qu'il a semé ! £t personne ne s'est aperçu de rien dans
cette première pension de l'Université, où il étoit admis à cultiver la jeune
vigne! et ses travaux j étoient jugés assez bons! et l'on trouvoit que le
petit gouvernement qui lui étoit conM alloit assez bien !...
Qu^l y autôit de choses désolantes à dire sur un mode d'enseignement
public qtii comporte 'tant d'indifférence et d'aband&nl Qu'il prépara de
regrets et douleurs aux malheureuses familles qni se trouvenl foiçées de
( 5o4 )
<ronfier ce qaVIlttoiit de ptuf cfaer i des conmettans A peu 4S|irw dé repré-
senter leurs intérêts moraax, leurs sollicitudes et leurs oesoim reKsîeox !
II n'jr a pas lon{;'temps, Monsieur, que tous aTezpatlé de respèoe.
d^nstinct qui les potte à préférer pour leurs enfans les maîtres en soutane
aui mattres en frac j l'événement tragicf ue qui me suggère cette lettre n'est
pas fait pour aflbibllr en elles une aussi salutaire inspiration. Si les Jour-
naux révolutionnaires n'y ont pas vu matière i réflexion » eRcs j réÉèàû^
ront pour eux , et en leur laissant considérer la chose sous son point de vue
romantique, elle? sauront la considérer sous son nolnt de vue moral.
^ Cependant il ne suffit pas que les particuliers s alarment à la vue des pé-^
rîls , il faut encore que le gouvernement leur aide à s'en préserver,* il fast
3u'il arrive i sentir, comme toutes les familles chrétiennes, qu'il est tenp»
e remédier au mal et d'appder l'éducation religieuse au secours de la jeu-
nesse $ car, dans un pays cm Ton ne s'étonne plus de voir des profeaseort
quitter brusquement leurs chaires pour aller commettre coup sur coup un
meurtre et un suicide , on est certainement très^rès de devenir capable de
tout.
J'ai rhonneur, etc. B.
A Jésus ersicifié, par le Ffere de Gératnb (i).
lione auxquelles le Fil» de Dieu fe réiigne pour boos. L'écrit est tnm la
ferme de prières, et esl accompagné d*iiDe gravure représentant Jéaue*
Cbrkt attaché à la croix. 11 peut se joindre aux autrea oavfa|^ est mtea
genre do piem antcar.
Akrigé é^ksHBdm mmts, avas «mysa stpHins*.
Noos avoua «Iqà maoncé plurieuis édittona de œt abnge. Cettt-^ a èlé
fiiite sur l'édition de i Sua. Il y a en toist trente feuUfcn d'inspreaic» » 4om»
|x>ur chaaoe mois* Chaque feuille ooatie«t seize images avec l'onÔMM 4a
saint , l'abrégé de ea vie, doa réOexiona et des pratiques. On aait qu'il est
d^isage dana b e au c oup de comnuuiantca de distribuer cea petites vies au
eommencseaBieDt do moia, couime un modèle de vertu» à îmiteK at de ptiéne
àfaira. Le paix du cahier est de5 fr. , chex Dieu, me Saint-DoMs, n"» io6b
(i)TJn vol. in- 18, grand raisin vélin, avec dessin, titre et couverture
gravés, prix^ 1 ft, 20 cent, et 1 fr. 3ô cent, franc de port. A Paris « an
Bureau de ce journal.
^ (^kornk, Stdrîett tt CUrr.
MbRGREDI 21 ATRIL l83o. (N« l638 )
Mémoire ,mr quelques artkics de la Biùliothcque rhoisir. «/r<f j
Pères ^ âc M. Guiltoa (*).
Le savant aiiicu*" de la Bthîmikèquc choisie ne s'etoitpoi
propose sans doute de faire nne histoire ecclésiastique , il a
voulu plutôt donnei" un ouvrage de littérature sacrée. Alors
U lui suffisoit de faire connoître brièvement les personnages
dont il citoit des fragniens. Dans son but, il devoit éviter
tout ce qui étoit susceptible de discussion. Il faut lui rendre
justice, il l'a fait assez souvent ; et dans l'article de saint
Cyprien, par exemple, je crois qu'il ne' parle point de là
célèbre contestation du saint docteur avec le Pape saint
Etienne. Par quelle fatalité a-t-il été moins réservé à l'é-
gard de saint Jérôme? Il le juge d'après quelques écrivains
des derniers temps. K'auroit-il pas du laisser un peu de côté
des autorités assez suspectes , l abbé Racine , Bupin , Bail-
let, Gervaise , les uns jansénistes , les autres critiques har-
dis? Parmi les anciens, devoit-il accorder beaucoup de
confiance à Gennade, suspect de semipélagianisme , et à
Pallade, homme prévenu et fort enclin à l'origénismc? Il
étoit' digne de la sagesse de M. Guillou de se mettre en
farde contre des critiques téméraires. S'il s'étoit borné à
ien examiner les ouvrages de saint Jérôme, il y auroit
trouvé uûe réponse naturelle aux attaques de ses détrac-
teurs; il y auroit vu qu'au fond la plupart de ses adversai-
res méritoient son animadversion par leur ignorance , par
leur ton., par leurs menées et par le mal qu'ils auroient
fait sans lui. Le vénérable docteur a donné en mille circon-
f*) Ce Bîémoire nous a été transmis il y a déjà quelque temps par un
prélat éclaire qui en a cru rinseriion utile. Outre que nous devions dé-
nrer à une telle recommandation , nous avons considéré que Vauteur da
Mémoire reodoit justice au s&voir comme aux vues de M. l abbé Gkiillon,
^t qu'il ne rdevoit que des imperfections ou des méprises inévitables peut-
être dans un si long travail. Seulement, nous avons ^té forcé d'abréger le
Mémoire, surtout dans le récit des démêlés de Ruffin avec saint Jérôme.
TùmeLXIIL l/Ami de ïa Religion et du Jioi. V
I
F-
( 5o6 ).
•lances, comme dit Bossuet, des preuves d'une gr&nde sa*
Sesse ; s'il a paru emporté, c'est qu'on ne lui a pas pcrmi»
'être patient.» On découvre chez lui tant de sainteté , qu'où
est forcé d'attribuer à son zèle ce qui choque nos idées dans
un siècle de mollesse et d'indifférence. Martianay et Tille—
inofit lui-même en ont jugé de la sorte. Il faut avouer que
les citations de Racine , de Dupin , de Baillet , rapportées
par M. Guillon, citations qui chez eux sont peut-être
adoucies par ce qui précède et ce qui suit, mais qui chez
lui sont accumulées et sans correctifs , il faut avouer, dis—
je , que ces citations donnent à saint Jérôme un aspect si
étrange , qu'il fait peur en quelque sorte. Un mot ou deux
sur ses vertus ne sauroient dissiper cette fâcheuse impres->
sion , et ce qui résulte de la notice, c'est que les vertus du
saint sont une espèce d'énigme et que ses défauts étonnent
et effraient.
L'article de Ruffin paroit hardi et injuste ; hardi en ce
qu'il justifie Ruffin, qui ne peut être justifié qu'au détri-
ment de saint Jérôme, et en ce qu'il manque au respect
dû au saint docteur. Il ranime les expressions les plus viyes
échappées à uiie longue douleur, il les rend plus saillantes
en les rassemblant, il les sépare de tout ce qui pourroit les
excuser. Saint Jérôme n'eut-il aucune excuse , talloit-il re-
présenter sous de si sombres couleurs un si grand person-
nage? Falloit-il l'écraser en faveur de celui dont la foi parut
suspecte à Erasme même? Si saint Jérôme étoit excusable,
r>urquoi l'accuser si vivement? S'il ne Tétoitpas, étoit-ce
M. fcuillon à lui jeter la pierre dans une collection plus
littéraire que critique, et à mettre sous les yeux des jeunes
gens des passages qui peuvent être pour eux un sujet de
scandale et des expressions qui sentent l'invective?
L'article de Ruffin est de plus injuste, en ce qu'il justifie
Ruffin contre toute vérité. Saint Jérôme, dit-on, lui a pro^
tîigué les épithètes les plus Jlétrif santés^ les homm&s du plus
grand mérite ont pleinement vengé sa mémoire. Personne jus-
qu'ici, je pense, n'étoit allé si loin. Comment peut-on
venger pleinement la mémoire d'un homme que les faits ac-
cusent: La note 3 de M. Guillon, page 26 de son t. XX,
est fort singulière. Palîàde, ennemi de saint Jéiôme, s'y
trouve à la tête des giands hommes dont le témoignage est
décisif en faveur de Ruffin^ On y assure que le Pape Ânas-
( 3o7 )
tase s'est montré favorable à Ruffiii, et ou noua renvoie,
cntr'autres, à Tillemont et à Martianay, Personne pour-.
tSLiit ne nie la lettre du Pape Ànastase à Jean de Jérusaiem ,
dans laquelle le pontife déclare K^viU tient loin de lui V auteur
de la préface du Periarchon, qu'i/ ne veut savoir ni où, il est, ni
ce qu'il jaii, que c'est à lui à chercher un éu^ue qui veuille
résoudre. Tillemont et Martianay en ont parlé dans un
sens tout contraire à ce que leur prête AI. Giiillon.
Le récit des faits qui se passèrent entre saint Jérôme et
Ruffin suffiroit pour montrer de quel côté étoient les mau-
yais procédés. Ils avoient été lon^-temps étroitement unis ,
on les accusa tous deux d'être origénistes; saint Jérôme
s'en disculpa publiquement , Ruffin n'imita pas cet exem-
Ele; de là quelques refroidissemens dans leur amitié. Au
out de quelques années, ils se réconcilièrent de la ma-
nière la plus éclatante. Après cette réconciliation , Ruffin
traduit l'apologie d'Origène, à laquelle il ajoute plusieurs
chapitres, et pour sanctionner la paix jurée, il fait de son
ami Jérôme le panégyrique suivant :
(cSed quoque anctores obtroctatorum cjus ii suntqui vcl ia Eoclcsià dis-
putare latiùs soient vel etiam libros scrib^re qui toiom de Origene yqI lo-
quuntur vel scribunt, ne ergo pluri eorum farta cognoscantuc} qui utique,'
SI ingrat! in raagistrtim non esscnt. nequac[uam simpUciores quosque ab
ejus lecirione déterrèrent , neque criminosi viderentur.
» Deniquc quidam ex Jpâis qui se v^élut cvangeli/andi necessibxtem per
omnes Jentes et per omues linguas haberc putant,de Origeni^ malè loquens,
sex millia librprum ejus selegisse, quàm manimâ fratrurn mullitudine au-
diénte, Confessus est. »
Gervaisc a passé ce trait sous silence, et M. Guillon l'a-
vbit sans doute perdu de vue, quand il a dit que Ruffin"
étoit pleinement vengé. Saint Jéiônie ne répondit rien à-
cette première attaque. L'apologie d'Origène fut suivie de
la traduction duPeriarchon, livre rempli d'erreurs , et qu'on
n'avoit osé traduire jusque-là. Ruffin y ajouta une prélace,
où il s'autorisoit de l'exemple de saint Jérôme, et le citoit
avec uiie malicieuse affectation comme partisan d'Origène.
Les amis du saint le pressèrent de s'expliquer ; nous avons
sa/réponse, c'est la lettre 65 adressée à Pammaque et à
Océ^m. Quelques-uns la trouvent dure , mais Gervaisé lui
même assure que les amis de saint Jérôme la trouvèrent
Va
( 5o8 )
trop modérée , qu'ils accusèrent le saint d'épargner Ruffin ,
de Vcntendre avec lui. Au reste, une seconde lettre adres-
sée à Ruffin lui-même devoit adoncii 1 effet de la première;
malheureusement les amis de Vun et de Tautre ne la remi-
rent point. Ruffin mit au jour deux livres d mvectiyes con^
tre saint Jérôme; celui-ci n'a voit-il pas droit de repondre.'
Ruffin adressa un troisième écrit à saint Jérôme , pour le
menacer des tribunaux, ce qui provoqua une dernière ré-
ponse du saint docteur. Voilà les faits ; M. GuiUon est trop
éclairé et trop impartial pour les nier.
C'est dore Ruffin qui a commencé la dispute par la pré-
face, qui l'a continuée par les invectives, qui la rendue
éternelle par son deniier écrit plein de menaces. Sisamt
Jérôme se fût tu , on l'eût cru hérétique et coupable. Rufiin
a manqué également à l'Eglise , à l'amitié , à la prudence ,
à la foi jurée. Il réveille des contestations assoupies, il ne
craint pas de porter le trouble daits l'Eglise. H savoit com-
bien saint Jérôme redoutoit de passer pour oneéniste , et il
l'en accuse. Comment qualifier de tels procédés? Quant à
saint Jérôme , certain qu'il avoit plein droit pour le fond , je
ne me scandaliserois pas si , obligé de prendre sa massue, il
avoit quelquefois dans le feu de l'action frappé uU peu trop
fort. Je dirois de lui ce que Bossuet a d\i du style de saint
Augustin : Jprès cela, qi^il ait ses défauts comme le soleil a ses
taches, je ne daignerois ni les m^ouef, ni les nier, ni les excuser^
ni les 'défendre, . i .*
C'est maWré moi que j ai rappelé le souvenir de cette
triste querelle; je n'aurois jamais songé à montrer les torts
de Rumn, si on n'eût entrepris de le justifier aux dépens
d'un grand homme. Le prêtre d'Aquilée étoit estimable à
beaucoup d'égards, et je soahjaite qu'il se soit repenti de
ses fautes. Je remarquerai encore que M. GuiUon cite,
tome XX, page 27, un célèbre passage de saint Augustin,
sur la dispute de saint Jérôme, passage où le saint évcque
d'Hippone déploroit cette dispute; et puis on trouvera,
pag. 333 et 334 ^^ même voluuïe, une excellente explica-
tion de ce même pa;ssage. M. Guillon y cite et y approuve
des réflexions très -judicieuses du Père La Rue sur cette
querelle, et lui-même finit par dire que TEeUse a décidé la
question en mettant saint Jérôme au nombre des saints,
tandis que Ruffin n'est compté que parmi les savans. Reste
( 5P9 )
à, «avoir con^ment on peiit concilier cela avec ee qi^'ayoit
dit ]1ï. Guillon pins liavit que Kuffîn ètoit pleinement vengé,
A cette occasion, me se ra-t-il permis d'exprimer le vœu
que les éditeurs dé la nouvelle GollectioA latine des Père^t
apportent beaucoup de soin et de circonspection à la re*
oaction des notices qu'ils donnent sur chaque Père? La vie
de saint Jérôme surtout demande une étude particulier^;
à la première vue , on peut être tenté de le trouver trop
ardent et même injuste , mais en l'examinant avec réflexion
et calmé, on le juge autrement. Après tout, l'Eglise a se»
Elles comme la synagogue; puisqu'on se permet d^appré-
cier les saints avee sévérité, que l'on consulte du moins
toutes les pièces du procès et que l'on observe bien toutes
les circonstances, que l'on pèse leurs vertus et que l'on
craigne de manquer au respect du à ces héros du christia-
nisme , nos maîtres et nos modèles.
C'est peut-être aussi le cas de réclamer contre une cita-
tion que je crois fausse , et que le Journal des débats a rap-^
pelée il y a quelque temps (le 29 juillet iS^xg). On fait dire
a saint Jérôme : Multàm per iram peccaç^i quia dalmatajui\
Le cardinal Maury est , je crois, le premier qui ait cité cette
phrase dans une note de son Panégyrique de saint Augustin ,
où il payle de saint Jérôme avec la légèreté qui lui étoit fa-
milière. Le cardinal Maury est fort suspect pour les cita-
tions; il indique pour celte -ci la lettre 27®. Il y a dix ans
que je cherclie dans saint Jérôme la phrase qu'on lui attri-
bue, je ne l'ai trouvée nulle part. J'ai lu la lettre 27% la 17%
la 37% la 72*, la 127®; j'ai cherché à la table et ailleurs tout
ce qui pouvoit me mettre sur la voie , j'ai engagé des hom-
mes instruits à faire les mêmes recherches , ils ont suivi la
table de l'édition des Bénédictins , ils viennent de me ré-
pondre qu'ils n'ont pas été plus heureux que moi. Je crois
la citation fausse, et le cardinal Maury est capable de l'a-
voir imaginée.
Je reviens à M. Guillon , auquel j'aurois bien encore quel-
ques petits reproches à faire. Je trouve, par exemple, qu'il
excuse trop Origène , et qu'il manque par là aux égards dus
aux Pères, qui ont combattu ce docte personna\ge. Les au*-
teurs que cite M. Guillon ne sont pas aussi favorables à
Origène qu'il veut le faire entendre. Il n'y a pas jusqu'à sa
table des matières où il montre sa partialité pour Origène.
(5io)
Soù article de saint Pierre Chrysologue, tome XXîIT,
n'est ni grave , ni équitable. Ce saint archevêque n'a pas
mërité à tous égards le sermon d'éloquent; on ne le nie pas,
on trouve dans ses discours beaucoup de inétaphcres ou-
trées et de pointes de mauvais goiit. Inais ce n'étoit pas une
raison pour chercher dans ses ouvrages ce qu'il y a de plus
foiblc et de plus singulier. Pourquoi ne pas lui faire hom-
mage de quelques morceaux admirables dans ses discours
sur l'enfant prodigue , sur le paralytique et dans quelques
autres? Du nroins devoit-on s'abstenir de ce qui pou voit
ressentit: la raillerie ou le mépris. Or, beaucoup de ré-
flexions de M. Guillon sur les passages qu'il cite semblent
porter ce caractère , et quand il annonce qu'il va se livrer
au plaisir de louer, il se trouve qu'il se livre encore à la
censure. On seroit eh droit de lui appliquer la réÛexioh
qu'il.fait lui-même sur le saint archevêque de Ravénne; il
s'égaie sur les discours de saint Pierre Chrysologue, étoît-^e là
le cas?
Dans le même volume, les articles de Boëce et de Casslo-
dore laissent quelque chose à désirer. On auroit pu trouver
à citer davantage du premier, et il eût été à propos de re-
marquer que le style du second étoit bien inférieur à celui
de Boëce. Il auroit peut-être fallu indiquer plus nettement
le siècle où Cassioaore vécut; il n'y a pas une date dans
l'article. , , .
J'espère quef le savant au\eur éicusei'â ces oLser^'atlons
d'un admirateur des Pères et d'un homme justement jaloux
de leur gloire. Le savoir de M. Guillon, et encore plus la
droiture de son esprit et la pureté de ses intentions, iné
sont garans qu'il prendra en tionne part ce que m'ont dicté
l'honneur de l'Eglise et l'amour de la vérité.
NOUVELLES ECCLÉSIASTIQUES.
RoMB. Le sacré Collège vient de faire une nouvelle perle;
M. le cardinal François Bertazzoli, évêque de Palestine et
ÏU'éfet de la congrégation des Etudes, est mort subitement
e mercredi saiijt 7 avril ; il étoit né à Lugo le i®' mai i n54 ,
et avoit été fait cardinal par Pie Vtlle 18 mars iSaS.
( 5ii )
— Le saint Père a distribué les piaceà et titres vacàns
par la mort du cardinal dellâ Somaglia. M. le cardinal
Pacca^ nouveau doyen du sacré Collège, a été nommé se-
crétaire de rinqùisition , préfet des cérémonies et arclii-
prêtre de Saint-Jean de Latran, M. le cardinal Albanie se-
crétaire d^Etat, est bibliothécaire de la sainte Eglise.
— Le samedi 3 avril , M. Soglia , archevêque d'Ephèse
et aumônier du saint Père, a distribué à des pauvres de
tout âge l'aumône d'usage pour l'anniversaire au couron-
nement. • ' .
« «^ Le dimanche des Kameau!:^ , M. le cardinal Barberini
a officié dans la chapelle Sixtine; c'est S. Elm. qui a béni
et distribué les palmes. Dans l'après-midi , M. le cardinal
de Gregorio , grand pénitencier, s'est rendu à Saint- Jean
die Latran pour entendre les confessions.
• Paris. Le corps de saint Yincent de Paul doit être un de
ces jours renfermé dans la châsse qui lui est destinée. Il
éfet déposé en ce moment dans un oratoire eontigu à l'ap-
partement de M. l'archevêque, où plusieurs personnes ont
été admises à vénérer cette sainte relique. Le saint e&i tout
habillé comme il le sera dans la châsse ; il est étendu sur
un coussin , ïe» mains jointes,, revêtu d'une soutane et d'un
surplis. Il porte une étole magnifique, qui a été donnée
f>ar M. l'archevêque. Sur sa poitrine est un crucifix, qui
ui servit lorsqu'il exhorta Louis XIII à la mort* Un procès-
verbal , qui constate l'iauthenticité de la relique , sera dé-
posé dans la châsse. On fait en ce moment tous les prépara*^
tifs pour la cérémonie de la translation ; elle aura toute la
pompe que mérite la mémoire d'un saint qui doi t être si cher
à la capitale par ses vertus, par ses bieniaits et par tant de
belles institutions dont nous recueillons encore les fruits.
Qu
cetî
phelî
vêque avoit invité les évêques voisins à asfïister à la trans^
lation; déjà plusieurs sont arrivés. Quelques-uns même
viennent d'assez loin pour se trouver à une cérémonie qui
offre tant d'attraits à la piété ; on annonce M. l'évêque de
La Rochelle , ancien curé dé St-Vincent dé Paul, M. l'évê-
que de Belley, M., l'évêque de Montauban, etc. On sait que
la solennité commencera le samedi 24 avril; on descendra
C 5.i:r)
à midi la ckàsae dans i*<^Ue Notre -D^vo^e, l«s, pcenières
yèpres seront chantées le soir, et il y aura un panégyrique
de saint Vincent de Paul. Par une coïncidence singulière ,
le a4 avril se trouve être précise'ment le ^our de la nais^
sance du saint. A l'occasion de cette fête , nous rappellerons
la f^e de saint Foncent de Paul, par M. Keboul-Berville ^
(pie nous ayons annoncée dans ce journal} c'est un ouvrage
estimable, et qui donne une idée des vertus et des travaus^
du saint prêtre.
— - Nous avons reçu une réclamation relativement à l'ar^
ticle inséré dans notre n** i636| sur M. Tabbé Thibault,
inspecteur général de l^niversité y mort le a8 mars dernier.
Il est vrai qu'il avoit été ordonné par Fevêque intrus du
département de la Marne, Diot, qui lui conféra tous le&
ordres en trois mois, sans observer les interstices et aan&
dbpcnse d'âge; M. Thibault n'ayant que :»2 ans et 5 mois
quand il fut ordonné prêtre. Mais il est vrai aussi que
M. Thibault avoit depuis long* tenais cherché à réparer
cette faute. On nous a communiqué un acte dressé pau: un
prêtre respectable, M. Bicheron^ curé de Saint- Kemi,
d'Amiens , délégué à cet effet nar M. Tévéque. Cet acte re-
leyoit M. Nicolas Thibault des irrégularités et censures
qu'il avait encourues, tant pour son ordination par un in-
trus, sans interstices et sans dispense d'âge, que pour la
profession militaire. Il y est dit que M, Thibault avoit déjà
été absous des censure^ quatre ans auparavant, par un
chanoine d'Amiens muni de pouvoirs à cet effet, et qu'il
avoit été mis à la communion laïque. Cet acte est daté du
a8 septembre i8i4, signé de M. l'abbé fiicÉeron et visé
par M. Demandolx , évêque d'Amiens, le 6 octobre suivant;
Ainsi cette pièce répond aux doutes que nous avions émis
. sur le retour de M. l'abbé Thibault à l'unité. De plus , nous
savons quUl est mort dans les sentimeus de la piété la plus
vive. Atteint d'une maladie douloureuse , il en a supporté
les souffrances pendant trois mois avec une parfaite rési-
gnation. On ne l'a point entendu se plaindre. Il ne se dis—
simuloit point son état, et il s'est préparé à la mort par
les sentlmens les plus chrétiens , offrant ses mai^x à Dieu
et s'excitant à la patience par la vue du crucifix, par des
passages de l'Ecriture et par de courtes prières. Aussi nous
savons que plusieurs cîe ses confrères de rUniversité, te—
C 5^*5 )
é\4 €Ofife98é plir un pieux ^clesîayûqift» ^ qili lui a-dqnoé
des .$oilis )>^»cl«Hit 8|L iwladie « ei>q«i «aétéloViliéiHe toncliié
^e.'çafoi et.^W $a {^tience* Nous jD«Mfl.plat«ons.à Tendre ce
téoifHgpagé àH>i. bommé qni àVoit .été jilgé u» peu.sévère'-^
m^t dans L'i^vliele- cUe\ M; Tlnhanli étoit d^illeurs un
Iw^mmefiiuiable , spirituel « instruit* Occupant ^depius longer
%e9Qpi» de» places, dans rUniTeNké, ilétoh fortaOaâbé.à^e
corps ^t y aToit un grand nombre d'ami». Littérateur plein
de; gout^ il Avoit la xnémolre pleine- de la lecture des. au-
teurs «la«8iquie$. Il avoit soft . logement en Sorbonuey et
AI. l'arcbei^écpie ra^oitnonioié un des chaf^elaios pauc
di^s$lïryir'Cette église. De plus, M. le cardinal dé GlermoDt-»
l!l>nue7re;,'dont il avoit été le dloocéain à Châlons ^ llavoît
£aii chanoine hpBoi!aire de Toulouse,, et M/l'érêquede
$ainit*Diié, dont il paroU avoir, été. autrefois l'élève, loi
avoit .donné le ipême titre à Saîpt-Dié.
— T Qn vient de construire à Monuréal, en Canada, une
nouvelle église, qui a été consacrée avec beaucoup do
pompe le ip juillet de Tanuée dernière* C'est M. révéc[ue
de Teltnes^e , qui fit la cérémonie ; le prélat étoit asststo
d!un nombreux clergé et officia pontificaleliuent. M* Qui-*
blier, supérieur du petit séminaire , prêcba après l'éva«M
gile. M. Koux, supérieur du sémÎDaire de Montréal, atu^i
que beaucoup d'ecclésiastiques de la ville et du pays.. On
a compté 64 prêtres à U procession. Le gouverneur, des
membres du conseil légijslatif, l'orateur de la chambre, le
chef de la justice, des ju[j;es, des avocats , des officiers occu-
poient d^s .places de. distinGtioB* Beaucoup de personnes
étoient venues de Fort-Lo«»is^ et même des Etats-Unis pour
être témoins de la cérémonie , et on n'avoit pary ru au Ca-a
iiada de réunion aus^i nombreuse; on suppose qu'elle n'iç-
toit pas moins de 1 0,000 personnes. Tout s'est passé cepen^
dantsans confusion. La quête a produit près ae S,ooo fr. ,
<fai seront employés aux frais de la construction. A la lin
de la cérémonie, il y eut, par ordre du goiivcrneur un sa-
lut de la batterie de l'île Sainte-Hélène, et les.bàtiiviens a
l'ancre dans l.a rivière y re')x>udirent. I^ous ne pouvons
donner ici qu'une foible idéedc Féciiftcc, dont la preinièi'e
pîferrô avoit été posée le 3 septembre 1824. Il est dans lé
style gothique, et est situé sur la rue St-Josepli et la place
(5i4)
d^Anseft. Sa longwar de Test à l'ouest est de a55 pieds ,
et ta lareeiir du nord au midi de i34 pieds. Il y a 6 tours,
dont ceUes de la façade principale auront 220 pieds d.e haut
. quand elles seront finies. Il doit y avoir 5 g^ndes porties
pour entrer dans le bas de Téff lise , et 3 moindres ^ et de
plus, 4 entrées pour les 2 galeries ; le tout a e'të calculé
rur contenir 1 0,000 personnes. Il y a 7 chapelles, dont
sont finies. Le maiti-e-^utel, A rextrémité de la nef /est
entouré des stalles du clergé. Les piliers sont en bois et
peints en marbre. Les galeries sont soutenues par 7 colon-
galeries. L'orgue est place dans la galerie super
rédifice doit être entouré d'un large trottoir, où on mon-
tera par 5 degrés ; de là on arrivera par 7 marches au por-
tail , qui est K>rmé par une arcade surmontée d*une autre.
Au-dessus et entre les tours on aura une vue magnifique.
On se propose d'orner l'église de ubleaux et de peintures ,
et de la chauffer en -dessous. Mais le défaut de fonds a
obligé d'ajourner bien des choses. On espéroit que la fa-:
çade seit>it terminée dans l'année et la tour élevée jusqu'à
cette hauteur. Les journaux du Canada présentent cet édi-
fice comme un des plus beaux de rAinérique du nord.
NOUVlîXIiES POLITIQUES.
Pabu. Tout est joie dans ce tempt-ci pour les libérsux. On cenyoqiie la
chambre des députés , ib sont contens ; on la renvoie y ils soûl contens ; on
parle de la dissoudre , ils sont contens ; on leur annonce de noureUes élec-
tions et une nouvelle chambre, ils sont contens. Maïs ce qui les rend sur-
tout heureux dans ce moment , c'est le lx)n accueil que leurs députés re-
çoivent partout, tandis que les vôtres retournent chez eux sans rencontrer
nulle part ni sérénades, ni banquets patriotiques, ni accolades fraternelles.
Voyez , disent-ils , ceux qui ont voté Vadresse ! ils rentrent dans leurs foyers
avec une conscience pure; on ne sait qu'imaginer pour leur témoignerla
reconnoissance nationale; ils sont reçus au bruit des fanfares et des clai-
rons, le meilleur vin des cabarets est pour eux, il n'y a de cavalcades que
pour eux, la lyre des poètes n'est montée que pour eux. Comparez à leur
son celui des députés qui ont eu le malheur de voter contre l'adresse : ils
rentrent chez eux , pour ainsi dire, à travers le deuil et le silence. Pas un
orateur pour les saluer eu prose ni en vers ! pas un forçat libéré pour les
escorter! pas un fifre pour les précéder! personne pour leur offnr un verre
( 3i5 )
de vin! Q faut conrenir que tout cela est un peu vrai j depuis le commen-
cement de la réyolutîon nous n'a-^obs jamais vu autre chose. Ceci prouve
seulement que le royalisme a conservé ses mœurs , et la démagogie les
siennes : cette dernière a toujours été bruyante, chantante et surtout bu-
vante. Ajoutons qu'il n'est pas difficile de se procurer un nombre d'acteurs
suffisant pour jouer des comédies pareilles à celles des libéraux. De leur
aveu , le dépaitement qui leur a fourni cette année le plus d'opinion na-
tionale est celui Vie là Seine-Inférieure; et la raison qu'ils en donnent eux-
mêmes c'est que tous ses députés ont voté la supbrbe adresse. Eh bien , ib
ont réuni ensemble cent vingt applaudisseurs qui sont venus représenter
l'enthousiasme de la Seine -Inférieure r or, il est à croire que'si les roya-
listes avoient bien cherché, ils n'auroient^eut-étte pas été plus mal-
heureux.
— Le bon exemple de la chambre des députés n'a point été perdu pour
la jeunesse pensante. Les étudians du collège de Béziers viennent aussi de
faire leur adresse. Nous ne pensons pas qu^clle ait été plus respectueuse
que celle de nos sages du palais Bourbon ; cela paroit difficile j mais elle a
été encore plus énergique. Après avoir dûment protesté contre leurs
maîtres et le régime de leur collège, ils sont montés au nombre de cent
cinquante sur les toits de la maison. De là, ils se sont mis en devoir de
chasser leur gouvernement à coups de tuiles. Heureusement pour celui-ci
il y avoit de la force armée dans la ville, et il a eu recours à elle. Mais
toujours est-il que ce n'est pas la bonne voîi^nté qui a manqué au collège
de Béziers pour faire passer son adresse et changer de constitution. Autre-
fois , le ConstituHontiel n'éloit pas embarrassé pour justifier des scènes de
ce genre j il faifoit venir, par sa correspondance, des insurrections pa-
reilles de Saint -Acheul , de Dôle ou de BiUoniî et quand il avoit verse ce
baume sur les plaies de l'Université, ^out étoit iihi. Maintt^nant qu'il n'a
plus (le Jésuites à sa proximité , nous voilà obligés d'attendre un temps in-
fini ce qu'on pourra lui mander, déFribourg ou de Saint-Sébastien, pour
notre consolation.
— Nous n'avons point donné les listes des dépistes qui ont voté pour et
contre l'adresse , parce qu'elles auroient tenu trop de place dans notre jour-
nal ; mais nous croyons devoir faire mention des réclamations des députés
inscrits à tort sur la liste des volan? pour l'adresse. Nous avons déjà nommé
MM. deTrégomain, de Murât et Ijrvoy de Saint- Bédan, comme ayant
déclaré qu'ils avoient été portés à tort sur cette liste et qu'il avoient voté
contre. MM. de Boulach, du Bas-Rhin, et Raudot, de l'Yonne, ont fait
récemment une semblable réclamation ; l'un et l'autre déclarent avoir' voté
le rejet de l'adresse La Gazette de France annonce qu'elle est autorisée à
déclarer que M. Gazan , de TEure , a aussi voté contre l'adresse. Enfin der-
nièrement MM. de La Briffe , de l'Aube , et de Vallon , de la Corrèze , ont
fait insérer dans les journaux des lettres portant qu'il n'ont pas volé pour
l'adresse.
— Le Roi , à son dernier passage à Maisons, a fait remettre au maire la
somme de 5oofr. pour les pauvres de' celte commune.
— A la revue du Cliaiîip-de-Mars, une dame s'est jetée aux pieds du Roi
en lui présentant une pétition. S. M. a daigné témoigner beaucoup d'inté-
rêt à cette dame. On a su que c'éloît l'épouse d'un juge frappé d'une dis-
grâce; - . . •
{ 5iê
)
— Dans la revue anï a eu \mi le i^, M- le maréçl^l duc de Be^g^ a voit
je coni9i{iiufeiDcnt^ en chef ; ilavolt $ous se9 ordres MM! lesiieuteiians--
fénéraux Coiitard et Hlcard pour riofantene, et'Dî^eou jpoiir la cavalerie,
/artillerie élpit commandée ppr.Mf le général Lafonu. Les gffirdes-du-
cpr|i8, la gendarmerie de Pnris et les sapeurs -pompiers, faisoient partie des
troupes de la levue» avec la garde royale et les régimen:» de ligue de la
^rnison*
— Masahs, duphe^se de Berri, a donné 3oo fr. pour les habitans des
compiunes inondées par la Soarpe qui .ont le, plus souffert.
— M» le cbevalier de jQaunan est nommé préfet de la Meuse , en rempla-
cement de M. de Water9 , adipis sur sa demande à faire valoir ses droits a la
retraite. M. de Villeneuve, qvi îleToit passer à la Vendée, conservera la
préfecture de la Corrèze à laquelle M. de Caunan avoit été nommé.
— M. Charles de Moutlîvault, secrétaire- général de la p)réfecture du
Calvados, est nommé sous-préfet à Corbeil.
^ — M. le prince de Polignac a commencé, lundi dernier, VitUerùn du
.ministère de la guerre.
— Une ordonnance royale du 6 avril, porte qu'à toute pairie, dont la
succession aura éventuellement été accordée autrement qu'à titre hérédi-
taire de. mâle en mâle et par ordre de primo^éniture, devra être insépara-
blement attacfic un mtyorat dont Finstitution précédera nécessairement
Vadmisûon du successeur éventuel dans la chambre. Les majorats devront
toujours être fondés en immeubles.
— Un arrêté du conseil royal de Tinstruction publique vient de modifier
les réglemens concernant les études dans les colièj^es royaux. Il règle prin-
cipalement la division des études dans les différentes classes , et les examens
préalables aux distributions de prix. Les vacances commenceront désor-
mais le i*' septembre, et la rentrée de^ classes aura lieu le premier lundi
après le i5 octobre.
— Pendant le dernier trimestre., la caisse d'amortissement a racHeté
685,53'z fr. de rentes 3 |K)ur loo, qui ont été annulées conformément à la
loi, et qui ont coûté i9,i53,og6fr. , ce qui établit un prix commun de
83 fr, 84 cent.
— La cour royale, chambre des mises en accusation , présidée par M. de
Sèzc, a statué, le lô, iur ronposilion formée par M. le procureur du Roi
contre deux décisions de la chambre du conseil dw tribunal de première
instance , qui ont déclaré qu'il o'y avoit pas lieu à suivre Tune contre le
gérant du Drapeau blunc, et M. Hcnrion, rédacteur d'un article provo-
bunaux.
— La cour royale a confirmé le jugement du tribunal correctionnel qui
a condamne le nommé iTrossart à uii jour de prison et i5 fr. d'amende,
uuur avou- exercé le métier d'afficbeur malgré que la permission lui en eût
^.U nl?T' "". l^^f^"^^""-' y^vocat Cil. Lutas, a été interrompu plusieurs
lois par le pr.'^iJrnt, parce qu il attaquoit avec violence les mesures prise*
( 5i7 )
F>ar M. le préfet Je police contré les^aflîcliciirs. La conr a (Jcclaré qu*îl ne
ui appartencil pis de (Usciiler les actes administratifs; que t-'étoii à l'au-
lorile «unérienrc à les redresser, si elle le juge convetiable.
— M. le préfet de police a défendu «le crier dans les rues aucun papiec
public. Un nommé Ducaiisne, qui d'ailleurs n'avoit point de permission ni
de médaille, fut arrêté le 19 mars dernier, en criant de toutes ses forces '■!
Voilà la svperhe adresse du peuple français et des députés à Sa Majesté* Lq
tribunal correctionnel a cond'iiiim». cet individu à 6 Jours de prison.
— Les sieurs Sautelet et Dubois, gérans du National et au Globe, ont
laissé passer le délai de dix jours sans se pourvoir en appel contre le juge-
ment du inbuiial correctionnel qui a condamné le premier à trois mois de
prison tï 1 ,000 fr. d'amende , et le second à quatre mois de prison et
2,000 fr. d'amende.
— ' La cour d*aissises, présidée par M. Gossin , en procédant, samedi (Tcr7
nier, ù Texainen des excuses alléguées par divers membres du jury,* a dé-
claré que les devoirs du juré dévoient être r*jinplis dans le département du^
domicile réel, et non dans celui où s'exercent les droits politiques.
— On annonce que des désordres gtaves viennent d'avoir lieu au collège
de Sorrèze. Plusieurs élèves, ennuyés de ce qu'on les obligieoit de faire lj\
prière le malin et le soir, se sont révoltés contre un professeur^ et se sont
portés contre lui à des violences coupables , d'àut res , excités par l'exemple ,
sont montés au nombre de i5o sur les toits j afin de s'échapper. Après avoir
brisé les tuiles, ils les ont lancées contre ceux qui ont tenté de les arrêter.
Douze élèves ont été chassés du collège.
— M. de Rancogne , l'un des administrateurs des postes , est parti pour
Vienne, afin de conclure un traité que notre gouvernement doit fitire avec,
FAutriche, relativement à la taxe à percevoir sur les lettres. Déjà un pareil
traité existe avec l'Anglelerve , l'Espagne , etc.
— Le tribunal de Hicsl vient de rendre, sur un objet assez peu impor-
ti^it d'ailleurs, un jugement dont se félicitent beaucoup les feuilles libé-
rales r il s'agîssoît d^un droit dédouane perçu sur des blés importés de /;a^^
de 2>roduction. Ce droit a été établi par une loi de 1820 ; mais une ordon-
nance royale a expliqué ensuite ce qu'il falloit entendre par ji/ay« de pro-
duction. Le tribunal a déclaré qu^une ordonnance ne pouvoit modifier une
loi, et qu'ainsi celle qui a interprété la loi de 1820 sur les grains devoil|
être considérée comme nulle. 11 a condamné, par suite, le directeur de^j
douanes à restituer les droits perçus en exécution de celte ordonnance.
— Les journaux révolutionnaires nous apprennent que la société Aide-,
toi, le ctel faidera (comité-directeur) a adressé à ses co respondaiis uiie
circulaire pressante^ au sujet des réélections probables, et qui renferme'
toutes sortes d^ihstructions et d'instances à faire aux électeurs.
— Une ordonnance royale vient d'autoriser la maison ,Saniud Bluni et
fils à rétablissement d'un chemin de fer, qui partira des mines de houille
d'Epinac (Saône-et-Loire), et aboutira au canal de Bourgogne, au pont
d'Ouche, sur un développement de sept lieues de poste (18 kilomètres].
— Quelques journaux ont annoncé qu'il est question d'appoiler quel-
ques moilifications h. l'institution des notaires, dont le nombre seroit aug-
menté dans quelques grandes villes où il ii^est point en rapport avec le nom-,
bre delà population. Cette nouvelle est démentie formellement.
— La' foudre est tombée, le 9 de ce nkois, sur le château de la commune
( 5i8 )
deTocquc%iU6| arrondUêcineni de Dicope. Uo incendie se manifesta aussi-
Ï6{ avec tant de violence*, que, maigre le secours de cinq cents personnes,
cet édifice a été détruit.
— Par suite dé nouvelles fouilles, on vient de découvrir, au pi èâ de Tou-
louse, une ville antique. Déjà dos statues et des bas -reliefs très-remar-
quables en ont été extraits.
— I.e Constitutionnel avoit avancé que M. Marrigues.,. commissaire de
police, venoil dVlre envoyé à MarseiUc pour y remplir une mission, et
^u'il cumuloit en même temps son traitement de 7,000 fr. M. MançiiLa
sommé '" ' ' ''' ~^ — * "' **~ "*' — ' '*
cong
mil
que CB fonctionnaire réclamoit.
-^ M. Alexandre Deval, consul <le F.rance à Bonne (Afrique) , est parti
pourToulon où il doit s'embarquer à bord du vaisseau que montera le vice-
amiral Duperré. M. Dcval est neveu de l'ancien con&ul-eénéral et chargé
d'affaire de France à Alger, qui est mort il y a un an , à Paris, d*an coup
d'apoplexie.
— Une Jivision de réseiTC pour Texpédition d'Alger va être organisée
dans le Midi. £lle se composera de six régimens de ligne, sous 1^ ordres
de M. le vicomte de Fezensac.
— Le personnel des troupes de mer, employées à Tcxpédition d'Aller,
sera de 3a,Q3o hommes, montés sur 124 bâtimens. L'effectif de l'armée de
terre sera cfe 33,770 hommes. Total général , 69,900 hommes.
^ — On assure que les consuls européens à Alger ont demandé au dey h
liberté des prisonniers français, que l'on évalue à une 30*^, et que celui-ci
s'y est refusé. Il parott résolu à tenir tête à l'expédition française. Les con-
suls se sont embarqués dans une corvette qui est dans le port , et voul pai^
tir prochainement.
— On a construit, àToulon , un nombre suffisant de bateaux plats pro-
pres à faciliter en peu de temps,, et sans dangers, le débarquement des
troupes auprès d'Alger.
— Le fils du prince Poniatowski a obtenu du service dans Taimée d'A-
frique , comme sous-officier de chasseurs à cheval.
-^Dûux bâtimens, la Madona di Montenero et fa Carolina, l'un toscm
et Vautre sarde, qui avoient essayé de forcer le blocus d'Alger, où ils vou-
loient introduire des approvisionnemens, ont été déclarés de bonne prise.
-^ M. le duc de Blacas , premier gentilhomme de la chambre du Roi , est
parti pour aller complimenter le roi et la reine de Naplcs à leur arrivée en
France.
— LL. MM. siciliennes ont dû partir de Madrid le i4 avril , et sont at-
tendues le 27 à Bayonne.
— Une expétfition pour la Kavané , forte de 1 ,673 hommes , non compris
les officiers, est parti de Cadix le 2 de ce mois, sous les ordres du général
Bdlîdo. Ces troupes sont embarquées sur 3 frégate^^ américaines et 2 bricîs,
^'escorte le vaisseau espagnol le Héros, Le lendemain, une autre expédi-
tion est partie du même port pour les Philippines.
— C'est le 16 mai que le roi et la reine de IVaples , voyageant sous le nom
de comte et de comtesse de Castellamare, arriveront à Paris avec le prince
François de Paule , leur fils.
( 5i9 )
— Un emprunt k ^ pour cent montant à ao millions de florins, destiné
à remboarser les rentiers de l'Etat qui ne voudroient pas subir de baisse
d'intérêts, a été contracté le i^' avril, par le getuvernement autri<;hien ,
ayec les banquiers ttostcbild et autres.
— Le roi a' Angleterre a été atteint , le i5 avril , d'une nouvdle indispo-
sition assec grave. Il paroi t qu'il est mieux.
. -p t/és journaux anglais , en aonon^nt que deux navires anglais ont été
capturés au moment où ih ckercboicnt à introduire des munitions dans
^ger, déclarent que la conduite de Tescadrc française est généralement *
approuvée à Londres.
— Le procès de MM. de Potter , Tielemans et des journ^illstes qui ont
publié le projet de souscription nationale, a commencé à Bruxelles le
16 mars.
. — Une flépiitation du sénat grec s'est rendue, il y a deux mois, auprès
de M. de Ribeanpsene, â NaupEe, pour le prier de recommander à l'em-
pereur de Russie Vemprant dont le gouvernement grec ayoit besoin , l'ou-*
verture de la mer Moire au paviU^ grec , et la garantie des droits de la
Grèce.
. — Oli a découvert récemment , dans les montagnes du Caucase , les restes
de deux églises chrétiennes très^anciennes, dont Tune se trouve sur uneliau*
leur presque inaccessible, et'étoit encore ornée de quelques peintures à
fresque assez bien conservée^. On a trouvé , dans le voisinage de ces ruines ,
des lieux de sépultures ornés de croi> et de pierréis tumulaires portant des
inscriptions. On ne sait pas dans quel siècle ces églises ont été éngées ; mais
tout dénote qu'elles appartiennent aux temps les plus reculés.
— Le recensement qui a été fait dernièrement a Odessa porte la popula-
tion de cette ville à 4i)552 habilans , dont 33,646 chrétiens et 7)906 juifii.
Elle est même de 60,000 individus, en comprenant les villages voisins , qui
sont coneidérés comme des faubourgs.
— Par un décret du i5 juin dernier, don Pedro avoit nommé poijir gou-
verner rfle deXercère, au nom de s^rfille doua Maria, une régence com~^
posée du marquis de Paimclla , président; du comte deVillaflor et du con-
seiller Guerrero. Ces trois membres sont arrivés à Tercère lei5 mars> et ont
publié, le 20, une proclamation adressée aux Portugais. .
— Un ouragan terrible qui s'est manifesté, le i5 janvier dernier , a l'Ile
Bourbon , a fait périr quatre ou cinq navires français.
— La chambre des représentans de la république de la Plata a nommé
gouverneur le capitaine-général de la provicce deBo«nos>Ayres,'le gé-
néral BftanUel Bosas. Elle Ta revêtu en même temps d'une autorité dicta^
tonale.
— Le cdagrès de la Colombie a été constitué à Bogota le 20 ianvier. Qua-»
rante-sèpt d^tés étoient présens. Le général Sucre ayant réuni la majo-
rité des suffrages) e été nommé président $ Estève vice-président , et Burgos
secrétaire.
— Une conspiration qui avoit pour but d'insurger l'tle de Cuba a été
déjouée à temps dans les-demiers jours de février, vingt-deux des conju-
rai , dont la l^upar t étoient 4as liliraux des nouvelles lénubliqucs , ont été
arrêtés. Le général Vives , capitiriiie-gcnéral de l'Ile, a adressé à cette occa^
M0& nne proclamation aux nabitàlfah, pour les engager à demeurer fidèles
au roi d'Espagne.
( Sao )
PêlênM§ê th ém» fitevm^aHw ûu couvent dé la trappe de la
Sainie-Bautàe [t).
Deux amis firent, en 1825 et en 1826, det pélerinsi^es au couvent det
tnipi«tec de la Saîntè^Daume. Ce lieu cit fort révéré en Provence^ Les I>o-
mintcain* eii'occnpoient antrefois le couvent et r^égiise, et receroient le^
pèlerins qui afflaoïentoorticdlièrenient le lundi de la Pentecôte et le jour
de Saintc^Madeleine. La révolution a chassé les Dominicains qui ont été
remplacés « il J a pou d'années , par des traf)istes. Nous avons rendu compte
dans ce jonmal du rétablissement du pèlerinage.
Deux amis partirent d'Aix, à la fin de juillet 1825, pour visirer la
Sainte- Baume. Ils furent reçus par les trapistes avec cette cordialité et
cette simplicité qu'ils montrent pour tous les voyaceui-s. Ils prirent part
awk prières et aux exercices de la communauté , et turent frappés du re-»
ctieiftcnent , du calme et de la pMx qu'on remarque parmi ces hommes
qui ne tiennent plus , en quelque sorte , à la terre et dont toute la conver-
sation est dans le ciel. L'auteur de la brochure admire avec raison cette vie
toute de sacrifices. 11 décrit aussi les lieux et f^ bien connottre leur sîtoa-^
tion présente et l'histoire de ce pieux établissement.
En i8îi6, les deux voyageurs visitèrent encore la Sainte -Baume. Leur
voyage n'èloit pas , à ce qu'il parott , de simple curiosité ; ils voiiloient s'é-
difier par la vue de grands exemples* de pénitence et de piété , et ils n'en
parlent qu'avec l'accent d'imc profonde vénération.
Cet écrit , qo^ est accompagné de notes historiques , ofirc une lecture in-
téressante/ et fait honneur aux sentiment religieux et aux pnncipes do
flQne auteur. Cet éérit se vend au profit des Trapistes.
C»rtê de fa Palestine, pour servir à ^'intelligence des saintes Écritures j et
particuhérement à (r histoire de Jesus-Christ; par Dufour, géographe.
Cette carte, trèsr-bien gravée et adoptée par k conseil d'instruction pu>
bUqoe , rcfréeente la marche des Israélites dans le désert, la division de la
Judée, le territoire des divtffses tribus, et indiqt^ 8pécialement<les lieux
iiiaK|iic8 danil TËvakiçile. A côté est un précis historique du nouveau Tes-
tament, où '\\ est lait mention d'un gmnd nombre de ces lieux. La carte
et le texte serviront également à graver les : faits dans la mémoire des en>
fans. Dans un coin est un plan bien exécuté de Jérusalem ,' tel qu'elle éfoit
du ttmps de Notre-Seigneur . Cette carte a été grwée par Blondeau. Le prix
en- est de 2 fr. 5o cent, papier ordinaire, et de < 3 fn papier «vétin. A Paris ,
chexBieB, rue Saint'Denis-, n** 106.
(1) In-8*. A Paris , rue Saint-Thomas-d'Enfer, ji« 5, et ad bureau de cç
journal.
Samedi 24 avril i83o.
(N« 1639.)
4^ééêH*UUU1tUH*UéUMt4^êUUê§êU**^
Sur une déelàratijn publiée à Francfort, relatii^ement aux
chaires ecclésiastiques des catholiques.
Nous fîmes connoître il y a bientôt 7 ans dans ce journal ,
n^ 94<i f toinç XXXYUy une praf^matique pour la province
ecclésiastique du Haui^ Rhin , érigée récemment pour les
catholiques des Etats de Wurtembei^, de Bade, des Deux-
Hesses, de Nassau et de Francfort. I^ons remarquâmes que
cette pragmatique paroissoit rédigée dans le but d'asservir
entièreinent le clergé, et nous notâmes quelques articles
qui annoQçoient un esprit de défiance et tm plan de despo^
tisme aussi contraires aux droits de l'épiscopat qu'aux m^r-
terêts de la religion. Nous savons que le saint Siège avoit
réclamé fortement contre la pragmatique 9 et les nouveaux
sièges ayant été remplis depuis , nous avions lieu de croire
que les gonverncmens protestans avoient déféré aux justes
représentations du chef de l'Eglise. Mais voilà que l'on
Tient de publier à Francfort cette même pragmatique y ou
du moina avec des changemens «i légers , qu'ils en laissent
subsister tout le venin et tout le danger. Nous la eitons
dans ce journal, afin qu'on puisse comparer la version
nouvelle avec celle que nous avons donnée en 1823, et
nous y joindrons quelqMsa réflexions sur ce monument de
la tolérance protestante :
«c Noas bourgmestre et conseil de la ville libre de Francfort. , tioud avons,
conformément à notre résolution du 16 octobre 1827, adopté et approuve
les deux bulles pontificales Provida solersqne, du 16 août 1821, et Ad do-
minici gregis cusiodiam, du 11 avril 1827, ®" *^"* qu'elles ont pour ob-
jet la formation de la province ecclésiastique du Haut-Khin , la délimita-
tion , la dotation et l'organisation des cinq évêehés dui la composent avec
leurs chapitres , ainsi que la nomination à rarcUevécné , aux évechés et aux
prébendes des chapitres.
Afin de régler plus particulièrement et d'une manière unifurme les rap-
ports de cette province ecclésiastique et des évéchés , tous les gonvememeris
qui partagent la souveraineté de ces pays ont arrêté , de concert , les dispô-
itions suivantes , et ont résolu d'en maintenir exactement l'exécution. jEh
Tome LXIIL L'Ami de la Relipon et du Roi. X"
hç^ y., y
( 333 )
ronséqucnce, nous faîaont connottre et noos réglons, d'apris les résolo''
tiona conatitutionnellea do corpa lé^alatîf do 1 3 et du 17 février de l'amiée
courante de i83o, ce ^uî suit :
^ 1. L'EgHae catholique a la liberté de professer sa croyance et d'ezevcer
pimliquemcntson culte , et elle jouit à cet ég^rd des mêmes droite que les
aàtres communions chfétieones reconnues publiquement ^r TEtat.
3. Toutes les communes et les individus catholiques qui n'ont dépendu
jusqu'ici d'aucun autre diocèse , ont la pleine jouissance de ces droits. Au-
cune espèce d'exemption ecclésiastique ne peut avoir lieu i l'a^tenir dans
aucun ies évéchés cî-kIcssus.
3. Chaaue létat exerce dans toute kor étendue , en vertu de sa aouverai-
ncté , ses droiti inaliénables de if>rotectMi» et de surveillance sur. l'JEjgliae.
4* Tous les rèaiemens géoérau& et kacirculaires adressés au clergé et aux
diocésains par 1 archevêque, l'évéque et les autres ecclésiastiques, pour
leur imposer quelqu'ôbligation , ainn que les autres dispositions partica-
Itères de qudqu'importaoce, sont soumis & l'acoepitation de l'Etat et ne
pauvent-étfe publiés ou é»isiipi'<» y josgpont la déclaration expresse de
oetle aoeaptatiott par la formule i»<«tf^.
Les règlemens généraux et publicaliona ecclésiastiques qui concernent
des objets purement spiritueb doivent être également soumis à llnspectioÂ
des autorités de l'Etat, et leurpnbficatiQn ne peut avohr Keu que lorsqu'il
y a^lTA donné son consentenitiit.
.5. VcntM les bulles de Rome,- tous les brefs et if utres actes semUables
doivent, avant d'être publiés et d'avoir leur exécution , recevoir l'approba-
tion du souverain, et même les bulles ainsi approuvées ne resteit)&t.eti vi-
gueur et ne conserveront force de loi qu'autant que de nouvelles ordon-
lianees de l'Etat n'auront pas réglé des dispositions différentes à cet égard.
L'appioluition de l'Etat n'est pas seulement nécessaire pour toutes leslmUes
pontificales et constitutions nouvellement émises, mais aussi pour tous les
r^lemens rendus antérieurement par le souverain pontife lorsqu'on veut
eu faire usage. . . -i. _ .
6; Les membres ecdériastiques de l'Eglise catlioHque sont , aussi -bien «pie
ies nMmA>res civils, sonoiis en qualité de sujeU aux lois et à la juridiction
de l'Etat.
7. Les évêehés de Fribourg , Ma^ence , Fulde , Rottenbourg et Lirabourg
forment une réunion métropolitaine et composent la province ecclésiasti-
que du Haut-Rhiu. La dignité archiépiscopale étatit attachée au siège de
Fribourg, Tévêque de celte ville est à la tête de la province en qualité d'ar-
chevêque, et avant d'entrer dans l'exercice de ses tbnctions, il doit prêter
serment en cette qualité aux gouvernemens des Etats réunis.
^ 8. La constitution méf ropolitaioe ainsi rétablie èonforraément à sa des-
tination, et l'exercice des droits de niétropoUtain affectés à l'archevêque,
•ont sous la protection commune des Etats réunis.
^11 ne peut, être tenu de conciles proviueiaux que du consentement de
Cfs*JEtats, qui j enverrontdes^rdmmissaires. L'archevêque ainsi que chaque
évêque enverra , du consentement des gouvernemens , des plénipotentiaires
aux conférences synodales.
10. Dans aucun cas, les différends ecclésiastiques des catholiques ne
peuvent être discutés hors de la province et devant des juges étrangers. Les
arrangemens nécessaires seront réglés à cet égard dans la province.
( 3a5 )
II. Couformément Irae qui a été réglé, les cinq évèchés de b proyince
occlésiaatiquo du Haut-Rhin sout disposés de manière que les frontières dés
diocèses s'étendent aux frontières des Etats pour lesquels ces évécliés ont
été établis.
• 12. Chaque diocèse est divisé en arrondissement de doyennés; dônt'l'é^
tendue cadre autant qu'il est possible avec celli^sdesfidrtondissemcns d'ad<-
ninistration. ■ "
i3. Les catholiques qui n'ont jusqu'ici dépendu •d'fitictfffdparditfsë, ou
qui se sont trouvés dans celle d'un pastear d'une autve commtftiion , seront
attachés à l'une des paroisses existante dans le diocèse épiseopàl . .'•' ^
. i4* Il j aura une élection dans la forme prescrite pour nommer aux évé-
chés de la province et aux prébendes des chapitres de cathédrales. '
i5. Ne pourra être nommé évéqne qu'un ecclésiastiqKfe allemî^nd^de
naissance et sujet de l'Etat dans lequel se trouve le siège épiébopal vacant '
oo d'un des Etats qui se sont réunis à ce dîocèfee. Outres les qualités «xigée$
par les canons, il raut qu'il ait le nérlie d'avoir oocppé avec distinction
un emploi ayant charse a'amcBV-«ne jcfaeniQdtHê une univet^té; oUtiiierté
d'autres fonctions publiques analogues,' qu^il ait tmeP-c^nnoi^sanée exacte
des constitutions ecclésiastiques /de- celle de l'Etat ,' des lois et «des 4i^titu-
tions.- ■ "' ■ •"'-••'«'.• •*•' ■ •••»••••>._ '••'■'
16. Aussitôt après son électiosy le nouvel évéquedoili s'adrésîer au chef
de l'Eglise pour qu'il la confirme. Avant d'être sacré, le nouvel évéque
doit praler eu cette qualité , entre les mains du souverain*, serment d'obeis-
saioce et de fidélité.
17. Après son sacre , l'évèque entre en exercice des droits et des devoirs
attachés a l'épiscopat , et les gouvernemens iie permettront pas qu'il éprouvé
aucun obstacle à cet égard; ils lui donneront même tout l'appui dont il
anra besoin.
18. L'évèque pourra, s'il le juge nécessaire, convoquer avecle consente-
ment du souverain des synodes diocésains , qui seront tenus en* présenbe
des commissaires du gouvernement. Les résolutions qu'ils rendront doivent,
d'a|nès les dispositions stipulées § /^etS y être soumbes à l'acceptation de
l'Eut.
19. L'archevêque , l'évèque et l'administrateur du diocèse peuvent seuls
communiquer librement avec le chef de l'Eglise pour tous les objets qui con-
cernent Tadminutration ecclésiastique: néanmoins ib doivent toujours
avoir égard aux rapports qui résultent de la réunion métropolitaine. Tous
les autres ecclésiastiques diocésains ne peuvent s'adresser, pour toutes les
affaires ecclésiastiques , qu'à leur évêque ou archevêque.
20. On ne peut nommer aux prébendes des chapitres que des ecclésiasti-
ques diocésains qui soient prêtres , âgés de 3o ans et d'une conduite irré-
prochable, versés dans les connoissauce^ Uftéologiquesfeteelle'de lft><3ons«-
titution de l'Etat, et qui aient occupé avec 4t8tinetton une plaee^tiyaRt
charge d'ames , une chaire académique ou tout autre empkn pûbUe/ -
. 31. Le chapitre de chaque éftlise càthédraleiflura la même sphère it'^it^
tributions que les anciens presbytère^ (fM^eshyiérûnJ, et ionse i apn^^é-
vêque, la première autorité administrative du dioc^. Le doy^.eù.ala
direction.
J3. Les autorités ecclésiastiques soit du pays, soit étr«ij|(èreff , ne peur
( 5'-l )
veut lever aiicane taxe ou Impositions sous quelque déncunLiMtioa que ce
soit. 1x1 perception des droits J'cxpcdilion diipcod danà chaque élat des
dispositions réglées par le M)uyerain.
23. Ijes autorité» du gouvcrbemcnt et de Tépiscopat se concerteront pour
nommer aux places de doyen de dignes curés, qui entendent aussi les af-
faires de l'administratiou.
z4' Les doyens sont les supérieurs ecclésiastiques immédiats des ecclé-,
siastiques placés dans Tarrondissenient de leur^ doyenné. Ils sont tenus de
faire aux autorités du gouvernement et de Tépiscopat des rapports sur les
objets de leur compétence, et d'exécuter les instructions qu'ils en recevront..
]>es instructions particulières détermineront leur cercJe d'attributions.
25. Chacun des Etats réunis prendra des mesures, si elles n'existent pas
déjà , pour former des candidats catholiques propres à l'état ecclésiastique,
soit eu établissant un institut d'enseignement ecclésiastique qui soit reiioi
comme faculté à Tuniversité du pays , soit en assianant sur les foi^ds du
diocèse les sommes nécessaires pour <|ue les candidats puissent iîréqaen ter
qne université organisée deciBtte manière dans la province.
26. Les candidats de l'état ccclésia!>tique , après avoir fait trots ans d'étu-.
des ihéologiques , passeront un an dans un séminaire de prêtres |)ourse
former à la direction pratique des.ames , et ils y seront gratuitement, pour
autant que les sommes assignées par les titres de. fondations pour lessémi-
naires seront suffisantes à celte 6n. . * .
27. On ne recevra dans le séminaire que les candidats qui auront subi
avec succès un examen qui sera fait en commun par les autorités civiles et
épiscopaies , et qui auront été jugés digpes d'obtenir le titre et la table gra-
tuite qui leur est accordée dans cette supposition par IfS souverain.
28. L'acte de ce titre donne l'assurance que , dans le cas d'une incapacité
de service survenue sans aucun tort de la part de l'individu , rcntreitien.
convenable de l'état ecclésiastique, dont le minimum est fixé de 3 à 400 fl.
par an , sr/a subsidiairement accordé, ainsi qu'une indemnité particulière
pour les frais occasionnés par le traitement e]^ les soins nécessaires en cas
de maladie. On pourra recbmcr du titulaire une indemnité , seulement
lorsque l'état de ses affaires se sera amélioré , ou s'il obtient par la suite une.
prél^ende dont le revenu surpasse la portion congrue.
29. Dans chaque diocèse , une commission nommée en commun par les.
autorités civiles et épiscopaies fera subir tous les ans un examen et un con-
cours aux ecclésiasti(jue3 qui désireront être promus à une cure ou à une
autre prébende ecclésiastique. On n'admettra à ce concours que les ecclé-
siastiques qui auront été employés, au moins pendant deux ans, comme
auxiliairea, dans un bénéfice ayant charge d'aines, et qui auront de bons
certificats de leurs supérieurs sur leur conduite.
30. On aura égara a la classification résultant de ces examens , lorsqu'il
s'agira d'avancer à l'avenir ceux qui les auront subis.
Sï\ On fera égalepicnt une divinon par classes des cures et des autres,
bénéfices ecclésiastiques, id!api:^9 le degré de leur importance et de leur
reveDi) , afin que les patrons qui ne peuvent présenter qiie des ecclésiaati-
ques diocésains règlent leur choix en conséquence. *
3i. Aucun ecclésiastique ne peut posséder en même temps deux béné^
ifices , dont chacun rapporte un revenu égal à la portion coiigrue>
33. Aucun ecclésiastique ne peut accepter, d'un gouvernement étranger, .
( 5x5 )
sans le'coméntemeort du' sien, ni dignités, ni* pensions, ni ordres ou titres
honorifiques.
34. Tout ecclésiastique doii , avant de recevoir Finstltution de TEglise,
prêter serment de fidélité au chef de l'Etat, et promettre l'obéissance cano-
niaue k l'évêque.
iS» L'Etat accorde aux ecclésiastiques la protection légale nécessaire
tiques ainsi que J
plaindre d'abus de r autorité ecclésiastique envers eux , ont leur recours
auprès des autorités du pays.
ij. Gbaque Etat déterminera, d'après sa constitution et les règlemens
existans sur cet objet , le mode d*a(iministration de la dotation assignée
pour la table épiscopale , le chapitre de la cathédrale et le séminaire.
38: Les biens dos prébendes ecclésiastiques ainsi que tous les fonds d'é-
glise, généraux et particuliers, seront conservés, sous ki surveillance de
Pévéqoe , et ils ne pourront en aucune mai^ière être employés à d'auti'^s
buts qu'à ceux qui concernent l'Elise catholique. liorsque la portion con-
grue des cures ne s'élèvera pas à 5oo ou 600 uorins, on la portera peu a
peu à cette somme. On laissera radmiiiistration des prébendes ecclésiasti-
ques inférieures entre les mains de ceux qui en ont l'usufruit , et qui sui-
vront dans cette gesUon les règlemena existans dans chaque État sur cet
objet. •
09. pans chacun des Etats dont est composée la réunion , il sera formé,
s'il n'existe pas encore, aussitôt que possible, un fonds général de bien»
ecclésiastiques catholiques, sur lequel on pourvoira, par manière de se-
cours, aux besoins de cette église , auxquels personne n'est obligé légale-
ment de subvenir, et pour lesquels il n'existe aucune ressource.
Les dispositions de la présente ordonnance, fondées sur les droits de
FEtat et la constitution de l'Eglise catholique, et qui seront maintenu e«
avec fermeté par nous et les g<!mveruemens avec lesquels nous sommes réu-
nis , ajrant pourvu pour l'avenir à l'occupation nou interrompue des sièges
archiépiscopal et épiscopaux de la province ecclésiastique du naut-Rhin , et
l'exercice paisible des droits qui leur sont inhérens , nous sommes convain-
cus d'avoir donné par là aux 'sujets catholiques de ce gouvernement la
preuve la plus évidente des soins que nous avons voués à cette partie de
notre administration.
Besoin en notre grande assemblée du sénat le 3 mars i83o. »
Tout daûs cette pièce porte le caractère d'un système
guivi de tyrannie sur le clergé. On astreint les évêques non-
seulement à demander leplacetàu. gouvernement pour tous
leurs règlemens et circulaires, même ceux qui ne regardent
que le spirituel , mais encore à proclamer eux-mêmes leur
asservissement en insérant ce placH dans tous leurs actes.
Les bulles et les rescrits de Rome sont traités comme le,4
mandement des évêques, et même par un raffinement
d'acbltraire et de despotisme, il est dit que les bulles ap^
( 5îi6 )
prouvées be restei'oni en vigueur qu'autant que le gouver-
nement le voudra bien ; on ajoute encore que leplacet n'est
pas seulement reauis pour les buUes nouvelles , mais pour
les plue anciens règlemens du saint Siège . ce qui offre un
moyen cômn^rodë'dë'se débarrasser des aëcrets les plus an-
ciens et les plus nëce^àires et dej monumens les plus fes-
peéfKbles Aè la ttadîtion. On défend de tenir des conciles
ou des synodes éans le consentement de l'Etat , (jui y en-
verra des Commissaires; et encore après cela, il faudra
que les résototions de ces assemblées soient soumises à
î acceptation de l*Etat. L'article 17 a l'air d'une dérision;
on y ipSLvle des droits de l'épiscopat, on ne souffrira pas qic' ils
éproecvenî aucun obstacle, et on appuiera au besoin les éf^éques,
Nous vo^'ons Tî)ien contre qui ôti Veut les appuyer; mais, si
on ne les* sousik-ait à l'autorité légitime de leur cbef que
Sour les enchaîner sous l'autorité temporelle, nous deman-
erons ce qu'ils y gagneront. Au surplus, en comparant cet
article 17 avec 1 article shk de la pragmatique citée n*^ 941 9
on verra clairement le but de cet article , et on jugera si le
changement de i^dactlon con*ige le vice de cette disposi-
tion.
ËnGn dans la déclaration du 2 mars, c'est le gouverne-
ment qui règle tout; c'est l'autorité civile qui décide quelles
doivent être les qualités des évêques, des chanoines et des
doyens, qui détermine leurs attributions, qui statuQ sur
l'admission dans les séminaires, qui règle les rapports des
éyêc{ues avec Rome et avec leur clergé , etc. Le clergé a été
entièrement étranger à la pragmatique , et les évêques n'ont
T>u même être consultés, puisqu'ils n'existoient pas encore.
Après cela, on promet aux ecclésiastiques /7ro£ec/io/i et consi--
dération; piais quelle est cette protection en vertu de laquelle
le clergé n'est plus qu'un instrumentpassif des volontés du
prince ou *1q magistrat? De quelle considération peuvent
Jouir des prélres ainsi enchainéij et asservis aux pieds de
'autorite civile? Quelle poU^que que celle^ui dégrade la
religion en huDilUant le clergé à la face des peuples ! Il n'est
Sas difficile d<.' piévpir les suites d'un tel système; oii sait
é]ii ce qu'il a proiliiit dans une partie de l Allemagne, où
uoe aveugle et opiniâtre intolérance a miné tous lés fonde-
mens de la religion par des règlemens vexatoires et par
tous les indices de la défiance et du mépris pour le clergé.
( 5.7 )
Ce iieroit une bien mauvaise défaite que d'invoquer en
faveur de la déclaration de Francfort les principes adoptés
dans l'église gallicane. L'église gallicane n'a jamais auto-
risé un asservissement tel que celui que nous venons de
voir. Au contraire y les assemblées di/i^cl^rg^, ont constam*
ment réclamé soit contre les entraves qu'aj^rtoit Jie gou-t
vernement aux droits de l'épiscopat., soi); contre» les enya-
hissemens de la magistrature; et si elles n'ont .pas réussi à
laire cesser tous les abus, du moins leurs réclamations
continuelles témpignoient du zèle des évêques » arrêtoient
quelques empiétemens et empèchoient la prescription pour
les autres. Ce seroit uiïc extiême injustice que de rendras
le clergé de France responsable des faux systèmes de quel-
ques mauvais canonistes.^t dcs,prpt/Qi;i,t,\ons outrées de quel^
ques corps ambitieux , taufdis qu^l a lutté per^iévéramment
contre les uns et les autres* , ,,,., , .;
NOUVEIiliES ECCLÉSIASTIQUES
Rome. Les cérémonies de la semaine sainte ont été célé-v
hrées» comme à l'ordinaire dans la chapelle Sixtiue. Les.
ténèbres y furent chantées le mercredi saint, et M. le car-»
dlual de Gregorio, grand pénitencier, alla entendre les
confessions à Sainte-Marie Majeure. Lç jeudi saint, M. 1q
cardinal Pacca , évêque de Porto et doyen du sacré Collège,
officia et porta le saint sacrement dans la chapelle Pauline^
Après la cérémonie , le souverain Pontife donna la béné*
diction solennelle du haut de la galerie de l'é^Hse Saint-
Pierre. M. le cardinal Pacca lava ensuite les pieds à treize
pauvres prêtres de diverses naLunis, qui furent servis à
t^le par le majordome de S. S. Les cardinaux restèrent A
dîner au Vatican, et le Père Jabalot prononça un disçouri
italien pendant le repas. LL. EEin. assistèrent aux ténèbres
iu soir. Le vendreai., iVI. le cardinal de Grejjorio officia
comme grand pénitencier. Ce jour et la veille, le même
cardinal se renait à Téglise Saint-Pierre pour entendre le^t
confessions. Les cardinaux dinèrent encore le vendredi au
Vatican,
( 52Ô )
' -* Ju1ès*Maiie délia S'oiinagUà, ësèqnt d'Ostlé ètdôVeD
da sacré Collège, qai vient de indurii*, éloit né à Plaisance le
2g tulllet 17449 ^^ ^^ famille Capète Attgliillara des Comtes
délia Somaglia. 11 eut pour ^yirrain le eaixilnal Alberohi,
qui étoit de Plaisatnec , et qui y moUrut quelques années
aj^ès. Envoyé au collège Nazaréen , à Rome, il entra dans
la câiTÎère* ecclésiastique. Clément XIV le nomma camérier
secret en t 769, prélat de sa niàison en 1 773, etrannéemivante,
secrétaire dès indulgences. Pife VI le fît passer en 1784 à îs
place de secrétaire des Rits, et en i'787, à celle de secrétaire
de la congrégation des Evê<[ues et «les Réguliers. En 1788,
ce même pontife lui donna le titre dé patriarche d'Antioche,
et ferifih en 179^, il le créa cardinal prêtre et son vicaire-
^ général à Rome. Quand, en féVrrer 1798, une année étran-
gère mbrchoit sur Rome, le Pap»e éhvoya le cardinal délia
Somaglia avec deux autres députés yers le général , pour
essayer de l'arrêter par des négociations et connoitre ses
projets; mais arrivé à Narni, le cardinal comprit qu'on ne
pouvoit espérer d*empêcher la marche des troupes ; il sut
seulement qu'on en vouloit surtout à deux cardinaux qui,
sur ses avis, s'éloignèrent à temps de Rome. L'orage qui
fondit alors sur cette capitale obligea le cardinal délia So-
maglia à en sortir lui-même. Il assista au conclave de Ve-
nise, et fut chargé par Pie VU de se rendre à Rome avec
les cardinaux Albani et Roverella , pour reprendre le gou-
vernement de cette ville, occupée 'flori par dés étrang^ers.
En 1809, on le fit venir en France, ainsi que ses collègues,
et il fut assez long-temps relégué à Mézières, puis à Char-
léville. De retour à Rome en 1814, il fut fait évêque de
Frascati et arcbiprêtre de Saint-Jean de Latran. En i8i5.
Pie VII le nomma président d'une junte pour gouverner en
son absence. En 1018, le cardinal fut transféré à l'évêché
de Porto, et en 1820, il devint doyen du sacré Collège. Il
rétablit les affaires du scininaîre ae Velletri , qui ëtoient
fort en désordre. Xeon XH, à peiné Pape, le choisit pour
secrétaire d'Etat ; place que le cardinal occupa jusqu'en juin
1828, que son âgé le* força de s'en démettre. Là bibliothè-
que du Vatican lài doit, entr'aiitres objets précieux, un
' Papyrus grec-égyptiea atoartenant au règne de Ptolémée-
Fhiladelphe; il cnargen deux savâns de l'expliquer, et fit
venir pour^cela de Paris les livres nécessaires. Le toi de
( 5q9 )
gardaiçife Itfi conféra j en i%.8 , Vorâte de rAnnonaaée.
Le cardinal àvoit conservé une bonne santé jusqu'à un âge
avancé, quand, le 3o mars dernier, il fat pris d'une forte
fièvre causée J>ar une inflammation des poumons. Il vît
avec calme approcher sa dernière )ieure, reçut les sacre^
mens avec piété , et mourut le ^ avril. Tous cei^x qui l'ont
connu savent qu il montra dans toutes ses places autant dé
zèle que d'intelligence, et que, dans, le commerce de la
vie^ il unissoit l'urbanité à la dignité. Se» obsèques ont eu
lieu dans l'église de Saint-Laurent in Damaso, d on. le corps
a été porté à Ste-Marie de la Mine/vei où. il àvoit marqué
sa sépulture. On trouve dans Coppi , annales d'Ilaite^ 1 798 ,
1800 et i8ï5, des détails sur les missiotis du caidinal.
• Pauis. Par ordonna^x;e rpyal^ <4!^ 19 avril ont été nomméâ
à l'arcLevêché de Sens, en remplacenitint de M. de La-
lande, M. de Gosnac, évçq^i^e de Meaux^ et à l'cyéché de
Meaux , M. l^bé Gallard , grand-vicaire de Paris , et curé
de la Madeleine, en cette capitale. M. de Gosoiac est d'une
famille qui a donné à l'église de France plusieurs évêques^
entr'autres M; Daniel de Cosnac, archevêque d'AtX, mort
en 1 708 doyéil des évêques. Mais M. l'évêque de Meaux a
des titres de recommandation encore plus directs. Le pré-
lat a exercé long-temps le ministère pastoral dans le dio-
cèse de Limoges; il gouverne le diocèse de Meaux depuis
on^e ans , et y a créé des établissemens qui ont dqà contri-
bué à réparer bien des brèches du sanctuaire , et qui don-
nent encore plus d'espérance pour l'avenir. Son zèlej sa
piété, son application aus fonctions épiscopales, trouve-
. ront à s'exercer dans un diocèse rétabli depuis peu dW-
nées, et où il y a beaucoup à faire. Nous aVous parlé de
M. l'àbbé Grallard l'année dernière, à l'occasion de sa no-
mination à l'evêcbé du Mans, qu'il refusa; on assure qu'il
a accepté Tévêclié de Meaux. Cette promotion va laisser un
grand vide dans une paroisse où M. l'abbé Galïard s'étoit
conei lié l'estime par ses tal^ns^, et l'attacheinent par se3
excellentes qualités. *
— Le jour de la fête de l'Annonciation de la sainte
Vierge, M. l'archevêque de Aordeaux est allé célébrer une
messe pontificale à Saint-Panl, ;\ l'occasion de la fêté na-
tronalede l'oeuvre des Bbns- Livres établie en cette ville.
Le prélat a prêché, et le lendemain a préçidé chez lui une
( 53o )
rëunion des MiocMt poar la même «aTve. Il a .témoi^ë y
{vendre un vif iotérct , et youloir la favoriser, ainsi qae
'avoit fait son sage et pieux prédécesseur. Le zèle du pré-
lat suffit k tous les travaux de son ministère ; il a prêché le
carême, dans sa c^^hé^rale , et il visite fréquemment les
parties les plus éloighiées 4e son diocèse , dès €[ue sa présence
y peu^dâtre utUe.- ho filergé lui devra rétablissement d'une
caisse diocésaine I qui offrira une ressource aux prêtres^
wîtnx ou infirmes I qui seront hors d'état de gouverner une
paroisse ou de rempli r'ieui^ fonctions.
-« On se rappelle le procès suscité à M. l'abbé Partie ^
curé de Lalondci au diocèse de Rouen; nous en avons
rendu compte, n** i483, 1493 et i536. Ses ennemis ne se
sojat pas tenus pour battes , et ont. continué à le harceler*
Non consens d'une; pétition présenLe^. aux chambres, ils
ont porté devant le conseil d'£lat.uBe requête en appel
comme d^abtis , poar percep«fôbs illégales de^casuel sur les
inhumations , en contravention au tarif du diocèse. Us de-
mandoient à poursuivre l'ahbé Partie comme concussion-
naire, et avoieut joint à leur requête un exposé des faits
qu'ils lui imputoient et plusieurs pièces relatives à cette
affaire. Un sieur Gancel étoit à la tête de ce petit complot,
et d'autres habitans de Lalonde avoient signé la requête;
tout cela, à ce qu'il jparoit, étoit dirigé.par des moteurs
secrets et actifs. L'affaire a donc été portée aui con^il
d'Etat ; deux questions se présentoient ; i® «and «m parti-
culier a pavé volontairement à un curé des aroits de sépul-
ture au-delà du tarif , peut-il se pourvoir par appel comme
d'abus et solliciter l'autorisation de poursuivre le curé
comme concussionnaire ? 2*» la cession faite par une fabri-
que à un cuié de tous ses droits dans les services funèbres,
peut-elle motiver un appel comme d'abus de la part de
celui que cette cession ne blesse pas? Le conseil d'Eut a
résolu négativement ces deux questions. Après avoir lu la
requête, la plainte et toutea }es pièces y annexées, plus la
lettrede M, l'abbé Libert, graïid«^vicaire de Rouen, l'avis
du préfet, le mémoire justificatif de l'abbé Partie, ses
quittances données au sieur Gancel, les lettres de celui-ci
au curé, en date des 3 mars, 9 et 3o mai 1828, les délibé-
rations du conseil de fabrique de Lalonde dea 19 et 20 mars
1829, enfin le r^^pport du ministre des affaires 'occlésiasti-^
(55i )
quès, le conseil d'Etat a provoqué une ordonnance du
4 mars dernier, qui rejette les requêtes du sieur Gancel et
consorts , en se fondant sur les motifs sniy^ns :
a CoDsidérant qae, d'après les disposiUoDs^du'i*^*^ de rariicleS de
Ift loi du 5 ayril i8oa , le recours en ad^él^dotnaië athdtf ne coinpète
qu'aux parties intéressées^ à moins qu'^ ne »oh<*ex.eMA'ûSàcibJptii les
préfets; -,-.,.
-» Sur les conclusions relatÎTe^ 9, des faits personnels aux sieurs ^a^p^iUn,
Ausbert , Lenol , Cayelîer , Morin et femme Massélin ;
3> Considérant que ces allégatt ions ?ont dénuées de toutes preuves ;
» Sur les conclusions rclatiyeif à des faits persomiek ft<i sieur Gancel ;
y> Considérant que , si des quittancei {Hrodnites par Gaaoel on poayoiti&r
dnire que le sieur Partie a éleyé dan^ quelques articles la ^rception /des
oblations pour Tinhumation et seryicc tunèbre de^ p^ et mère du récla-
mant au-delà du tarif, il rësi/It'e écalement.desdiles'^iiittances, spéciale-
ment des trois lettres du âedr'Ganeél ci^dessiis viiSegy que cette percep-
tion n'a eu lieu que sur 6a .demande 00 tivec soi^approbatiAn, et que de
plus le sieur Partie a lait la i^lifelse éhm^ partie d#« dÉoit^ nvEt^tffés i|ui lui
etoient persounels; d'où il '^uit que G^cel est çans^lroit et sans intérêt
pour s'en plaindre. » \
NOUVELLES POLITIQUE».
PabicNous sommes bien surpris si les pauvres 'de la capitale ne trou*
vent pas une grande dilTcrencc entre l'usage que la charité chrétienne fait
de son argent , et celui que les libéraux font du leur. Il a fallu un hiver
long et rigoureux pour que l'humanité de ces derniers s'éveillât un peu ; et
cttéore Dieu sait comme l Elle n'a pt» aller au-delà d'uo bal public et d'un
concert d'opéra. Si , par malheur, on n'eût pas imaginé de leur offrir de la
danse et de la musique en échange de leurs aumônes, les pauvres ne te-
uoient rien. C'est à peu près de Ta charité comme celle des souscripteurs
pour les banquets patriotiques, lesquels veulent en avoir leur part, et se
rembourser en nature de ce qu'ils ont avancé en argent. Il n'en est point
ainsi des chi^tiens qui font raumône par esprit de religion -, ce qu'ils don-
rembourser en nature de ce qu'ils ont avancé en argent. Il n'en est point
ainsi des chi^tiens qui font raumône par esprit de religion -, ce qu'ils don-
nent, ils le donnent tout-à-fait, et ils recommencent souvent. Quoique
l'hiver ait exercé leur chariti d'une manière admirable , il ne l'a ni épuisée
ni ralentie ; chaque jour les retrouve présens a toutes les bonnes oeuvres
qui se reproduisent sous mille formes et sous mille noms diiférens. Une
singularité que nous ne comprenons pas, c'est que le» libéraux y trouvent
è redire comme si cela leur coûtoH quelque chose : ils ne peuvent entendre
parler d'une quête, d'une souscription pieuse, d'une entreprise charitable
sans en prendre du chagrin cl en témoigner de l'humeur. 11 n'y a pas jus-
qu'à saint Vincent de Paul qui ne se ressente de leur niéconientcment : sa
châsse d'argent massif est une chose qu'ils ne conçoivent pas, surtout par
un temps dur comme celui-ci , où l'on est obligé de recourir aux aasocia-
tions bretonnes pour faire des. économies. Ah! cest une châsse qui lui sera
bien reprochée ! on l'auroit prise de force dans leurs poches qu'ib ne crie-
( 552 )
loîeni pas plui b&ut» A q«oi; bon cette 4épeii$e , ânseni-^ikil N^autint-Upaê
miems valu vendre cfis parfuma et en donner l'argent aux pauvres!,., Etr!
inetHiii*ur« , quî vous u dit que les pauvres sont au»i ÎDgrats et aussi mal
pcnsans que vous? quî vous a dit qu'ils soient fâchés de voir décerner cette
récompease à celui dont toute la vie fut consacrée à leur procurer des se-
coufft, et à leur prépfltcrv'partant de saintes fondations, une suite non in-
terrompue de MubgemoDf et de bienfaits qui dureront autant que sa mé*
noir»? . .« •
— Sur la demande de M. Aeuillon , député du Var, M. le ministre des
aCwree ecclé8iastic}ues a accordé une bènitiie de Soo fr. pour la rcstaoration
de la paroisse da SoUey. Déjà M. AguiUon «voit obtenu i,5oo fr. pour le
même objet.
-«-< Le niMsiAnrr « publié le 20 un long article sur les motifs de l'expédition
d'Alger. Ces motiis sent Ucondaite constante du dey depuis plus de douze
ans , la violation des traites, et une foule d offenses particulières. iJ fit Ibr-*
<er la maison du oonsnl irançais à Bonne , il exigea de nos négocians des
draits att-dcsMM du tarif, et il^rsfusa de rewmiotlf c nos capitulations avec
la Porte. Il demanda impérieusement , malgré d«s armiigemens antérieurs ,
la solde entière d'une somme de 7 iniliioas due par la France à deux juifs
algérientt Mcomue.oti<la ref usoity et porta aU' consul français Deval, dans
wie andieiice, plusieurs coups d'un chasse-mouche qu'il tênoit à la main ,
et Ini ordonna de sortir de sa présoice. Plus tard , il fit tirer toutes ses bat-
teries sur un bâtiment parlementaire envoyé à Alger pour essayer quelque
négociation. Ces insultes, le pillage do plusieurs bâtimens, la destruction
de nos établisseniens en Afrique, entr'autr^ du fort Lecale, qui a été rainé
de fond en comble ; la violation d'un traité conclu en 1826 , et par lequel
le dey, à la recommandation du Boi , s'engageoit à respecter le pavffion
romain , ont iimené la guerre qui va commencer. Le blocus d'Alger, qui se
prolonge depuis trois ans, n'a pas produit l'effet qu'on en attendoit; il a
coûté a la France prés de 20 inillions, et n'a pas causé un très-grand dom-
mage à l'ennemi.
— Dimanche dernier, 'avant la messe , M. le marquis de Rezende , ambas-
sadeur du Brésil, a remis au Boi et à M. le Dauphin , eu audience particu-
lière, de la part de son souverain , la décoration des ordres impériaux de
Pierre l" et de la Croix du sud.
— On es^re que l'expédition française d? Alger pourra mettre à la voilé
le 5 mai. L ardeur est égale parmi nos niarins et nos soldats. En deux mois,
tous les préparatifs de Texpédition ont été achevés. Toute la côte où l'ar-
mée doit débarquer a été sondée. En trente^deux heures, 32,ooo hommes
seront à terre j et douze jouis suffiront pour débarquer tout k matériel de
Tarmée et toutcTartillerie de siège. Le» bannières de France vont repanÂ-
ti.e près de ces rives où mourut le plus saint de nos rois.
-— M. le ministre de la guerre ayant reconnu qu'il étoit indispensable tle
pourvoir, par des allocations spéciales , aux besoins de la population de
toutes les classes d'officiers, ainsi que des troupes de rarin& expédiliou-
naire d'Afrique , pendant la durée de leur rassemblement dans la nuitièm»
division militaire, a arrêté, dès le mois dernier, qu'il seroit accordé à 1004.
i|ne indemnité mensuelle qui sera dv i,5oo fr. pour le chef d'état-majoy
et rinteudant en<:hef, de 1,000 fr. pour les Heateiians-gcuéraux,de 60 fr.,
pour les capitaines et Ucutcnans , et An 1 fr. 5o cent, pnr soldat.
( 555 )
~- Le Sïoniietir du ao contknt \%t\e ordonnânee royale 4)0 ii dé-Cè moîg )
«|iii, S4ir la présentation de M. le Dauphin , nomme M. le iieutenanl^géiié-
ral comte de Bourmonl commandant en chef de l'armée 4'expédit ion d'Aw
friqu«9 et une autre ordonnance qui cbaree M. le princcdePolignac du
poiteCéuiile de la guerre pendant l'absence de Mi de )5ounnont.
-^M. le ministre de ia guerre est parti Je 30 pour^ToutoO , où il ya|»mi«
«ice le commandeinent en chef de l'armée exf>éditioiin8iiie d'Afrique.
-^ M. le ministre de la marine doit partir aujourd'hui pour Toulon. '
— Fendant toute là easipagne , un bateaio à vanctir partira tous les jours
<le Toulon pour Alger , et un autre d'Alger peur Toulon ; et, par le moyen
do télégraphe , on pourra recevoir à Paris, «n trente-six heures, des nou-
velles de l'armée.
— M. le duc et M^^ la duchesse de Damas sont |)artis pour une de leurs
terres dans le Niv^itai», pour recevoir M. le Dauphin à son passage pour
Toulon. ,
— M. le vicomte de Snleau , maître des requêtes a» coRseH «l'Etat:, (tirec^
téur-général de l'cnregistreoient et de». domaines, e«t nommé coitaeiHer
d'état en service extraordinaire^ et autorité à partietpet auit délibérations
du conseil. ' ' .
— M. Anatole Mangiu , lteuteiiaiit<<j»loiicl, est nbmmfé.coloB^ da lâ^ré-
gimcnt de ligne. ; '
-^ Le Roi vient d'accorder à M. de Genoude , propriétaire de la GcM&itè
de France, la permission de porter le titre et la décoration deicomiïiàndbur
de l'ordre royal d'IsaJbelle-la- Catholique, que vient de loi conférer le ro(
d'Espagne.
— M. de Brea, sous-prélet de Mirande, est nommé sbus-préfet de Tou-
lon. Il a pour successeur M. de Laplane.
•^ M. le docteur Thierry est nommé médecin par quartier du Rot.
-^ Un créancier impitoyable venoit de falr^ arracher ua jeune négociant
d'auprès du lit de sa femme en proie aux douleurs de l'enfantement) et dé
le faire conduire en prison. Cette scène s'étoit passée près de rhôtel de
l'ambassade d'Autncfae : inetrtiit par la rumeur publique , M. le comté
d'Appony a domié la somme nécessaire pour la délivrance du débiteari
— Le ministre de l'intérieur vient Je donner à MM. Nauche et Gou-
bault , médecins , une médaille d'argent, en récompense du zèle qu'ils ont
montré pour la propagation de la vaccine à Paris et dans le département* -
— M. l'abbé Sautbier, mattre des cérémonies de la chapelle du Roi , vieut
<le mourir dans un â^e fort avancé. ...
— L'Académie fî'ançai«e s'est réunie , jeudi dernier , pour procéder aii
remplacement de M. le marquis de Lally. Pendant prës de trois hetire»;
quatorze scrutins ont eu lieu. Les suffrages ont été divisés entre MM. An^
celot, Pongerville, Cousin , Casimir-fionjour et Scribe. Les deux premiers
ayant eu le plus de voix, on procédera, à huitaine, à m\ r»onveau scrutin,
(ycst la première fois qne pareille chose est arrivée à l'Académie» ^
— Une réunion d'environ deux cents citoyens des quatre 'dé|>aitemenè
dont se composoit l'ancienne Lorraine- a oalicu, lundi derni^^r, avfA yett-h
danges de Bourijoync , lieu qui aveit servi au l>anquet offert' aux dépCHé^
libéraux par les électeurs révolutionnaires de Paris. Le général Xia Fayette',
MM. Benjamin de Constant et Labbey de Pompières , qui y avoient été
conviés , ont prononcé des di8coi|rs patriotiqties. Il yavoit aus«l,d«âïS'ceMe
( 554 )
léoiiioii, MM. Etienne, ilo Marnûer, de Lobau, lei génénox Merliaet
Thibaut, et le fiU du mil • ■ •" -
préfet Ladoocette, en Vh
Thibaut , et le fiU du maréchal Ney. Le premier toast a^été porté par Tes-
rhoiiiveor des 221 députés qui ont TOt^ Tadréase.
i religion dansle numéro du ftouveau Journal de Parig, qui a paru tout ez-
£rès le JKttir oel^uef. Il pr aeroil cité comme Ta été le conseiller Madié de
[onHao, en y^rtu de TarUcIe ^2 du s^natu^-consulle du 16 thermidor an 10
et dttVarticle 07 de la loi du 20 avril 1^20.
-— L'affaire relative à la contrefaçon du Bréeiair» de Paris devoit être
plaidée lundi à la cour roY.ite, chambre des appels de police correction-
nelle , présidéepnr M. de Hanisy. Du consentement des avocats respcctib ,
MM. Hennequtn et Renouard , la caude est ajoliTiiée au 28 de ce mois.
•^ La cour royale a confirmé , piir défaut , le jugement (lu tribocal cor-
reelkuoelquii teondumné le sieur Léou KUet , gék^ant du Nouveau Journal
dfPariê, à qnfane jours de {jrÎMm et 300' fr.Hl'ame[ide pour outrages cnveca
M. LefaVflMeiir, sufaillitut dil procbt^urdtli Roi, en rendant compte du
procès rdatif aux MénMroê du ton^enH&nfiéi Lèvasseur.
— > La Séot » épronvé depuis qiiel^ei} jduYs line crue si forte et si
prompte , aïk'on n'a^iMi sauver qujavec peiné les marchandises qui étoient
•ur le port. '
— Le 29 man, un incendie a édaté dans le village de Lurat (Pny-dé^
Dùnie, et y a détruit 60 bàiimens dlns l'espace de deux heures, malgré
tous les secours qui étoient venus de la ville de Riom.
— On commence déjà les chicanes pour payer les impôts. Des contri-
buables de Rouen se sont refusés de satisfaire a des avertissemens , parce qoe
ces papiers ne f^isoient pas mention de la loi en vertu de laqodUe ils étoient
décernés. M. le ministre des finances vient de donner des ordres pour que
cette lacune n'ait plus lieu à l'avenir.
— Depuis le commeiicement de ce mois , des incendies so sont mukîpHéé
4e nouveau dao» lesarrondissemehs'de Vine/if Avrànches 6t ^de Mortahi.'
C'est surtout les dimanches, pendant que les habitans sont à l'office, que
les incendies éclatent. M. le procureur du Roi et M. le juge d'ÎDsUuction
d'Avranches se sont fendus sur les lieux, avec U gendarmerie, pour recher-
cher les malfaiteurs.
véque de Turin, le serment annuel de fidélité à ce monarque.
monie religieuse a eu lieu sur la place du château. On avoit élevé un autel
où l'on a célébré la messe avant la prestation du serment.
. — Des lettres de Madrid annoncent que les ambassadeurs de France, de
Naples et de Lacques ont protesté solettneltement contre le décret du roi
Ferdinand, qui prétend abroger la ïoi'éstKque au méptis du pacte de famille
dont S. M. T. <J. est l'auguste chef, ainsi que dos droits réversibles aux
{>rinces des deux branches do Napl c s et-de lÀicques , aenats du roi catbo-
ique et ses héritiers naturels en cas d'extinction des màies dans la branche
espagnole de la maison de France.
r— Un énorme aérolitlie est tombé le 18 février dernier à Lawston , près
Ricester, comté d'Pxford* La chute de la piefK a été précédée d'une expk>-
( 555 )
aton très-TÎoleBte qu'on entendit à plusieurs lieiies de âîstancéw' La pÂerre
s'est enfoncée en terre à un pied de profondeur.
— lai OûMeUe de Madras au 6 décembre annonce d'une manière positive
l'abolition des êuttha ou cérémonies dans lesquelles 1^ yeuves se'déVouent
à la mort sur le bûcher de lears maris. ^^ '
— On avoit d^à annoncé la déKvrance dii "^iliuf ^npland. Le docteur
Francia a consenti enfin à le laisser sortir dd Paraguay. Au coïnmehcement
de novembre, il étcit à Saint -Borja; village des misions litésillëi^éâ/, sur
lllraguay. (m l'attendoit à Buenos-Ayres avec ses cc^kctioàs.
On a lu, dans notre avant-dernier numéro, quelques liéllkxions suroa
«ensible et intéressant jeune horan» qui ^ ayant une $œur malade, la tua
iMdr l'empérber de souffrir et se tua ensuite lui-même pour ne puâ sur-
■yivrfe à sa soeur. L'auteur de q^ réâpxiop^^çjîppoioii , d'après d'autres jour-
nauli, que ce tendre assassin étoit prpfeaseuT> dans unedc^ preiitiÈFËB peu--
«ions de l'Université, mais cette circonstance a été dérfieiili^^ On ^«sure
que le jeune homme u'appartenoit^^ipucun iUr& à l'Uni vers! té ^ Il étoit
seulement maître de dessin eidonnoit, (Qn cette qualité, d«>: Wonâ dans
diffîrentes pensions. Il faut donc modifier ce qui os t dit <J:ins U Ictirc iu-
sérée dans notre journal, relativement aux fcuLiiuiis que Fûh siiippaarit \%
ce misérable. Depuis , on a tenté une autre explication ; on a -prétendu que
-ce n'étoit que par actident que le sieur Cl.... avoit donné la mort à sa
sœur en lui faisant prendre une potion dont il ne prévoyoit pas le fâcheux
'effet; mais le contraire est prouvé par une lettre qu'il écrWit à on de ses
amis, avant de se tuer^ et où il disoit : J^ai tué ma sœur pour la délivrer
We ses mous.
Combien ne faut-il pas déplorer ce profond égarement dhin malbeu*
renx-qni commet deux (^iroes coup sur coup , qui précipite sa sœur et lui«
même dans l'abi^c de l'éte^ité et qui se vante danscsa lettre de n'être pot
ayité? Où auroit-il pris ce calme funeste si ce n'est dans ces doctrines du
«natérialisme que l'on étale dans tant de livres corrupteurs? Que deviendra
Ja jMciété si de telles doctrines se propagent? Quel encouragement pour les
ficélérats qui se i^rsuaderont qu'après la mort n^us n'avons à attendre que
le néant ! N'a-t-'on pas lieu .de s'étonner aussi de la froideur avec laquelle
presque tous les journaux ont raconté cet horrible événement , et de l'air
de bonne foi dont ils sembloient compatir aux douleurs et à la sensibilité
de cet infortuné qui tuoit sa sœur par tendresse, ot se tuoit ensuite pour
ne pas se séparer d'«Ue? Il n'y a pas dans leur récit le moindre petit mot
qui indique l'horreur naturelle que dev,<)it leur causer, ce double crime, do
sorte que quelques têtes romanesques pqurroient çr^xe, .qu'ils approuvent
cet excès de sensibilité, si digne aêtre flétri da^ l'intérêt^ de la «loral^^et
de l'humanité.
En annon^nt la mort du sieur do Lanneau , ancien chef d'in^ittilSon A
Paris , nous avons dit qu'il étoit doctrinaire ; il fsdloit dire qu'il étoit 'Théa-
tin. Nous ajouterons qu'aprèi le concordat il avoit profité de l'indulgence
( 556 )
ilii Pape I et atoU prîieiiU ona iuppltqoe «a cafdîoal légat, |Kiiir fiufe ré^
habiliter son mariage. A dater de celte époque , il conduiacit ou faisoit ooii->-
duîre M8 êlèvei à b roetee le dimanche; car on dit que jusque-là il n'y
•voit dana la maîwn aucun exercice de religion. Depuis, il eut une cha-
pelle dans sa maison même, et un aumônier et oit charcé des catécbiames^
dee ipitructions et de tout ce qui regardoit le spirituel, reii après la restau-
9Uon , M. de Lanneau , craignant que s» «qualité de prêtre marié ne nuisit
4 son établiseenent , le céda à son fils qui le dirige encore aujourd'hui j
mais il >esta dans la maison qu'il aroit achetée et qui étoit autre&ie le
collège Sainte- Barbe. C'est là qu'il est mort. On a de lui quelques oa-
Yrages pour l'enseignement , entr'autres un Cour» de iefons pratiques de
grammaire française.
I/édilion nouTelle des Conférences d'Angers, entreprise par Je* iréne»
Gaume et annoncée n^ ^^i/ s^ poursuit avec assez de célérité. Outre le
Îremier volume qui aToit déjà paru alors» il 7 en a quatre autres ^ savoir,
is tomes III , T, v I et VllI. Les rolumes intermédiaires sont apparemment
restés en arrière pour des raisons qui nous sont inconnues, ht tome III traite
de» commandemens de Dieu. Les tomes V et VI sont oeus sur les états. Le
tome VIII est sur les sactemens et porte le titre de tome II sur cette m»-
jUère. Les tomes II , IV et VII patoUront sans doute plus tard ; le^me VU
doit être le premier sur les sacremens.
L'ouvrage n'étant qu'une réimpression de l'édition donnée il 7 a 7 ans à
Jkumçon, nous lenvojons à ce que nous avons dit» dans le temps, de
celle-ci. Nous ajouterons seulement ici que la partie typographique nous
|>aroU satisfaisante. Les volumes sont forts, les |>ages sont pleines et Tim^
pression est assez nette. Ce sera une édition économique, puisqu'elle ne
.doi^t £ûreque 16 vol. in-8® et a4 in-ia; le prix est de i fr. 00 cent, pour
)'in-8^ et de 1 fr. 76 cent, pour l'io-i^ Il étoit difficile d'étahUr des prix
plus modérés.
prie d'annoncer que, par une lettre du a3 septembre de Pan-
née dernière, M. l'évéque de Saint-Brieuc a autorisé l'usage du catéchisme
On nous prie <
rédigé par M. le curé de Coëtmieox, même diocèse. Seulement, le prélat
ne donne cette autorisation qu'à condition au'on ne fera pas apprendre aux
enfnns le teste de ce catéchisme, avant qu^ls ne sachent le nouveau caté-
chisme approuvé pour le diocèse. M. Tévéque permet d'ailleurs de se ser-
vir, à Coëtmieux et partout où les curés le croiront utile, des expHea-
tiofis très --bonnes que contient ce catéchisme particulier du respectable
pasteur. On trouve ce catéchbme, 1 vol. in-18, à Paris, au bureau de ce
journal , prix, 1 fr. et 1 fr. 40 cent, franc de port.
J^ §>««M^i 3l2>rûn tttXnt.
Mbuchedi 28 AVRIL i83o. (N* 1640.)
Sur une mts.non donnée par M. Vé^'éque de tOftto,
M. Fenwick, ëvèque de CîacJnnati aux Etats-Unis^
voit pu jusqu'ici visiier la partit; du nord de son
diocèse. Les progrès de la leligioa daus L'Etat de VOh
la distance des Heux et le petit nombre d^ouvrier^ qu^il
avoit à sa disposUiou , avoient également contribué à 1 em-
pêcher d'aller dans ces parties reculées. Il disposa enfin
tautefi choses l'année dernière pour faire ce voyage;. Il
partit de.Gincinnati, le lâ mai 1829, avec un de ses mis^
sionnaires, M. Mullon, et arriva la veille de l'Ascension à
Green-Bay. Un des buts de ce voyage étoit de prémunir les
catholiques contre un prétendu missionnaire qui n'es^.méme
pas prêtre, et qui en imposoit à quelques-uns; ç'étoit un
nbramé Fauvel , qui vint en France il y a quelques années ,
et qu'on sait n'être pas dans les ordres sacrés. M. l'évêque
fut reçu avec une grande joie à Green-Bay. Lejour.de l'As-
cension , un grand nombre de canots amenèrent les fidèles
à la chapelle. Le prélat célébra la messe , et ceux qui avoient
pu se préparer reçurent la communion ; M. Fenwick prê^
cha y et après lui M. Millon. De Green-Bay, ils se rendirent
à Micbîlli-Makinac, afin de chercher les moyens de passer
à l'Arbre -Croche, où demeurent environ 3oo catholiques
indiens appartenant à la tribu des Ottawas. Ce lieu est dis-
tant de Makinac d'environ 4^ milles. Un habitant de l'ile^
M. Biddle, non - seulement fournit une de ses barques,
mais voulut accompagner M. l'évêque sur le lac. Les In-
diens vinrent processionnelletxent au-devant du prélat, et
le conduisirent à leur village , avec de grandes démonstra-
tions de joie et de respect; leur chef, nommé Assaganac,
en donnoit l'exemple. Leur chapelle n'est qu'un simple
abri , elle n'a pour décoration que deux ou trois tableaux.
Le prélat entendit les confessions au moyen d'un interprète
que chacun choisissoit. Ce peuple montra beaucoup de
respect pendant le saint sacrifice, et chantoit des hymnes
Tome LXIIL L'Ami de la Religion et du Roi. Y
( 358 )
^* . traduites du français. Après la messe, vingt de ces bons
m* Indiens furent confirmés, doiiKe autres, qui aToienC été
instiiLits par un missionnaire, M. Dejean, reçurent le
0, J?:ip(i fiio ; deux de ceux-ci étoient des. chefs. Trpis maria-
ges lui iPit be'nis. Cette tribu est bien plus civilisée que les
auLi es ; I 20 membres de la tribu s'étoient associés pour
'^4é^ tomber Tusage des liqueurs fortes, «i perniéienses
l\ lLi4lii!ns. Ilsavoient bâti deux maisons en. dois ei; très^
To[^rnhli?^, Tune pour le tiiMsIonnaire , M. Dejeàn^ dotkt
nou.f avons parlé ailleurs ; l'autre pour deux feuimea pieu-
ses qui se sont consacrées à rinstruclion des Indiennes* Ces
respectables personnes sont miss Baille et nûsa Williatns;
la première à traduit le livre de prières en lançne otta'wa.
Toutes deux trataillettt avec constance au salut des ia^
diennes; une foi vive peut seule inspirer ce zèle.
Après avoir exercé leurs fonctions à TArbre-Croclie, l'é-»
tèque ti son Compagnon retournèrent à Makinao; jl y a là
fine petite chapelle que l'on finissoit alors. Les catholiques
qui denoeurtnt dans Itle fuvent d'autant plus cohtena de
1 arritée des missionnaires, qu'il 7 a là un ministre fve$^
bytérten , le sieut Ferry, très^empressé de faire dejB con-»
quêtes; il est parvenu à gafjuer une pauvre Inidienite qn'un
prêtre catholique ^u Canada disfH>soit au baptême, et les
journaux protestanS des Etiits-Unis ont célébré celte écla-*
tante victoire^ Il y adroit des choses curieuses à racooMr
sur le zèie des proteslans pour attirer Itss Ittdiens. Durant
kl èéjour de M. Fenwick à Makinac, beaucoup dlodicns
vinrent de l'Arbre- Crache pour assister aux instructions.
La veille de la Pentecôte, on baptisa neuf Indiennes, C'é-^
toit le temps où ceux qui font le commerce des fourrures
9e rendent là de tous côtés. La plus grande partie d'c»*
tr'eux sont Catholiques, et phisieurs profilèrent do l'occa^
sion pour se confesser^ Les missionnaires restèrent troi»
aemaines dans Itle ; une soixantaine de personnes furent
confirmées, et autant approchèrent d» la ^aînte table^
M. Mullon prêcha trois ou quatre fois par semaine, et in^
Vita les proiestahs à Itd proposer leurs objections; les plus
inodérés d'en tr'eux rendirent hommage à «a modération et
à ses raisonnentei!is. D'un autre côté, il est boi| de faire
saveirque, pei^dant le séjour de nos deux missionnaires,
M. Ferry, qui a été envoyé là par la société des missions
(559)
protetiaiitM aux Etats-Unis, empêcha des enf^ns des ca-
tholiques d'aller à TëglUe le dimahche ; ces enfans lui
avoieiit été confiés pour leur éducatiou, et il ne leur per-
mit pas de voir l'éTéquc. Le i8 juin, M. Fenwick qititta
MacKÎnac pour se risndre au Détroit, où il arriva le troi-
sième jour. La congrégation de Sainte- Anne, en cette ville,
est asses nombreuse, et les missionnaires passèrent une
aemaine à entendre les confessions. Le 28 juin , troisième
dimanche après la Pentecôte , il y eut une confirmation de
iâo personnes, et plus de 5o firent leur première commu-
nion ; M» Mullon prêcha sur la présence réelle.
Du iMtiroity le prélat, accompagné de M. Richard, son
grand-^Ticaire en cette ville, visita la paroisse de St-Paul,
à i5 milles de là, sur le bot*d du lac St-Glair; il y admi-
sistra la confirmation à âo personnes. En même temps il
avoit envoyé M« MuHoii à Tiffin, par Portland et le Bas-
Sandusky. Tiffin est un nouvel établissement df^ns le comté
de Seneca, Etat de i'Ohio. M. Mullon devoit y attendre M. Té-
▼êque , ce qui lui donuoit le temps d'assister les catholiques
et d'eapliqner nos dogmes aux habitaiis de ces quartiers ;
il passa aS jours à prêcher et à remplir les autres fonctions
du ministère entre Portland et Tiffin. M. Tévèque prit une
autre route avec M. Badin ; ils visitèrent la congrégation de
S^Antoine de Padoue, sur la rivière Raisin, près ]Vl<^nroë ;
Us 7 passèrent 6 jours, et ^ personnes furent confii^iées.
A S^int'-Joseph , sur la baie, a 5o milles^ du Détréit, ils
restèrent quatre jours; il y eut !:&3 confirmés. De là , ils fu-
rent obligés de descendre Mud-Greek en canots, pour se
reàdre à la baie Manuel, et ils arrivèrent ainsi au fort
Meiâs , sur la rivière Manuel. De tem]>s en temps , ils des-
eènuoient le lon^ de la baie pour visiter des ramilles in-
diennes et canadien nés établies sur le rivage M. Tévêque
dit la messe cliez une famille canadienne fort res[iectabic ,
où il baptisa et confirma. Au Bas-Sahdusky, il trouva trois
familles catholiques, et y baptisa aussi; M. Badiii prêcha
dans l'école et dans l'Hôtel-de-Ville , n'y ayant point là de
chapelle. Au Port-Clinton, à i5 milles, a l'entrée de la
rivière du Portage, sur le lac Erié, M; Tévêqufc célébra la
messe y son compagnon prêcha, et Ton ouvrit une souscrip-
tion pour la construction d'une église sur un terrain de
too pieds , sur Sioo donné à cet effet par un généreux pres-
( 54o )
bytérien» il y a près de vingt familles catlioUqaea dans le
Toisinage. Le prélat rejoiguit M. Mullon à Tiffin ; la petite
congrégation s'étoit préparée pour son arrivée , 20 turent
admis à la sainte inbie, et 8 furent confirmés .chez un res-
pectable émiçrant du Maryland. Avant de quitter ce lieu;
oh s'assura d'un terrain près de la ville .pour bâtir une
église. En se rendant à Cipcinuati , M. Mullon prêcha à
jUibana. Les missionnaires arrivèrent à Cincinnati après
une absence de près de trois mois. On a des es^'rances
de succès parmi les Indiens ; quelques missionnaires zélés ^
pour seconder M. Dejean que M. Fenwick a placé parmi les
Dttawas , pourroient , avec le secours du ciel , faire fleurir la
religion sur les bords des grands lacs. Puisse la Providence
bénir cette flatteuse perspective! . ..
Au mois de septembre , M. Fenwick entreprit un nouveau
voyage pour se rendre au concile de Baltimore. Il s'étoit
S reposé de visiter, chemin faisant, quelques, parties de son
. iocèse, mais il différa jusqu'à son retour, afin de voyager
avec les évêques de Bardstown et de Saint-Louis. Son re-
tour fut un peu contrarié par la mauvaise saison , qui com-
iuençoit à se faire Eeutir. Le prélat arriva le i3 novembre
à Zancsville , où M. Miles , qui dessert l'église Saint-Jean ,
l'attendoit. Il avoit préparé quelques»- unes de ses ouailles
pour la confirmation. M. l'évêque célébra la messe, donna
la confirmation et prononça un discours. Le 18, il quitta
Zanesville avec M. Miles, et visita le couvent et la chapelle
de Saint-Joseph , dans le comté de Perry ; c'est la résidc^iice
de quelques religieux Dominicains et la première église
catholique érigée dans l'Etat. La situation en est favorable
pour le recueillement ; M. l'évêque y passa quelques jours
au milieu de ses confrères. Le 2a novembre , il visita l'é-
glise de la Trinité, à Somerset; il y célébra la messe et
confirma 55 personnes; M. Mullon prêcha: devant une
nombreuse congrégation. De la Trinité, le prélat retourna
à Saint-Joseph, et y confirma encore. Le 2 décembre, il
quitta St-Joseph pour retourner k Cincinnati, par Whee-
l»ng; il fut accompagné par MM. Young et Miles jusqu'à
Fairview (BeUevueJy où le dernier prit congé de l'évêque ,
( 54i )
nati, où ils'amvèrcntle 7 décembre. M. révêque Vécut les
félicitai ions de son tix>iipeau , et trouva le spirituel de l'é-
glise Sàint-Piehe dans une situation prospère. Il se réjouit
surtout des- succès des Sœurs dé la Charité , qui vont ouvrir
un asile pour les orphelins. Le 8, il visita un asile où, à
son étonnement, il trouva une école de près de 5o enfahsi
L'établissement s'est formé dans l'espace de quelques se-
maines,' et est du à la générosité dû prélat. Los Soeurs
sont mieux connues de jour en jour, çt tout fait espérer
qu'elles réaliseront là le bien qu'elles ont opéré dans d'au-
tres villes des Ëtats-Unis, Pendant l'absence de M. l'évèquc^
il est mort un de ses missionnaires, M. Jean - Baptiste
€licteur, mort à Cincinnati le 18 septembre; c'étoit uu
flamand qui , après avoir fini ses études théologiques , fati<-^
gué des vexations exercées contre les catholiques dans son
paySy^ conçut le* projet d'aller exercer son ministère dans
une contrée où l'autorité civile ne mettroit point obstacle à
son zèle. La mort l'a enlevé presqu'au commencement dé
«es travaux.
NOUVELLMS ECCLÉSIASTIQUES.
Pàkis. Les cérémonies qui ont précédé et accompagné la
translation de la châsse de saint Yincent de Paul ont été
marquées par une grande affluence et par un éclat digne
de leur objet. Le samedi , à midi , la chasse fut descendue
dans l'église Notre-^Dame , et déposée à l'entrée du chœur.
Les i'*" vêpres furent chantées solennellement , et M. l'abbé
Matthieu prononça le panégyrique du saint. Toute l'après-
midi, un grand nombre de fidèles se portèrent à Notre-
Dame pour voir la relique. Le lendemain matin 9 l'affluence
u'étoit pas moindre ; M, l'archevêque célébra, à q heures,
une messe basse au chœur, et M. l'archevêque de Gènes ,
nonce, apostolique , officia pontificalement à la grand!messè,
à laquelle assistoient douze évêques, beaucoup de personnes
de distinction et un grand nombre de fidèles. La proces-
.^iou pour>. la translation de la relique commença à trois
( 542 )
heures^ elle s'ouTroit fàt uae dépuialion des liâbitana de
Clichy, qui étoient venus ftvec leur bannière prendre part
aux honneurs rendus à leur ancien cure'. L^s associations
d'hommes de Sainte^Geneviève et de St*Joseph siÙToient
avec leur bannière et chantoient des cantiques ; parmi eux
étoient des mililaires, des hommes décorés 9 des jeunes
Sens, et leur air recueilli, ces cantiques qu'ils chantoient
e tout leur cœur, le bon ordre qu'ils gardoient, étoit une
espèce de profession d^ foi qui réjouissoit les spectateurs.
Les Frères des écoles chrétiennes, en grand nombre, pré->
cédoient les séminaires, qui étoient aussi fort nombreux;
les deux séminaires de Saint -rSulpice, à Paris et à Issr, le
séminaire de Saint^Nicolas, ceux du St«- Esprit, de Piopus
et des Irlandais, occupoient un grand espace et observo'ient
un bel ordre. Après eux yenoient les ecclésiastiques des
paroisses, des collèges et autres établissemens , les curés
de la banlieue , ceux d^ la ville « qui étoient en étole. M. le
curé de la Madeleine, nommé à l'évâcbéde Meaux, étoît
resté à son rang comme cure. Les prêtres de la congr^a^
tion de la Mission , qui dévoient avoir une place distinguée
dans une pareille cérémonie , escortoient en quelque sorte
la châsse , qui étoit portée au milieu d'eux par des associés
de Sainte - Geneviève , revêtus d'aubes et formant trois
divisions qui se relayoie'nt. Ils avoient brigué cet honneur,
et s'en sont montrés dignes par leur bonne tenue.' Cette
châsse, posée sur un brancard, attiroit .tous l^s regai*ds
par sa magnificence. Au-dessus, le saint est représenté
•'élevant vers le ciel , entouré d'anges. Elle est à jour dans
les cAtés, et laisse voir le corps du saint revêtu de ses ha-
biu sacerdoUux. La efaasse étoit précédée et suivie d'un
groupe nombreux de Filles de la Charité, tant de leur
maison piincipale que de leurs autres maisons et établisse-
mens de Paris et des environs, de aorte que le saint étoit
tout entouré de ses enfans. Quelques Sœurs conduisoient
un certain nombre d'enfans trouvés, nouvel hommage en-
core rendu à celui qui avoit ouvert un asile à une classe
abandonnée jusque -U. Plusieurs chanoines de difFérens
4!hamtres,' vernis à Paris pour la cérémonie, précédoient
MAI. du chapitre métropolitain ; après eux MM. de la cha-
pelle du Roi et MM. les évêques au nombre de 17; ces
prélats étoient dans l'ordre suivant : MM. les évéques de
( 343 )
Versailles, de JU Rochelle, dç Grenoble, de Baveux» de
Soissans , de Chsirtres , de Nanci . de Samosate , de Chàlons ^
deMQuUnSi M. l'ancien evêquedeTuUe^ MM.les evéqqea
jdc Belley, d'Amiens, d'Erreux^ de Luçon, de Montauban,
et M. l'archevêque notuuK^ de Sens* M. l'archevêque de
Pariô , en chappe et en mitre , étoit accompagné de deux
de ses grands-vicaires. Le {>rëlat étoit suivi de plusieurs
fomitionuaires de distinction et d'un très-grand nombre dç
fidètes. Les rues avoient été tendues sur l'invitation de
rautoriié* Quatre reposoirs étoîent dressés; i l'Hôtel-Oieu^
à rjnstitut, 4 l'hospice de la Charité et entrç Tbo^pic^ des
Métiag^ et les Dames de Saint^Thomas de Villeneuve. La
pérémoaie ii*a fini qu'à pl|is de 6 heures , çt a été aussi
édifiante que pompeuse. Le temps, qui avait éié fort plur
vieux toittf la semaine précédente, ^ été beaucoup plus
favorable qu'on ne pouvoit l'espérer. Les rues étoient
pleines de mond^, et toutes les croisées garnies de specta-
teuin. Quelques passans aijBectoient, dit-.oh, dp rester le
xhapeau sur la tète$ mais ^'aéralement le peuple s'efit
mofUrjérespectueux 9 (quoique plusieurs journaux eussent es-
sayé, dépuis quelques jours, d échauffer les esprits en crianc
£onU*e les proeessiops illégales, en contestant l'authenti^
^lé de la relique, et en se permettant d'indigues railleries.
Tout cela a été en pure perte, et cette population, qui
.sembloit s'être ébranlée toute entière ^ ces honneurs publics
xenduv à un héros delà religion, ce grand nombre a'iiçm-
me«qii4 se glorifioient de lui servir de cortège, la présence
de tani de jeunes lévites, de tant de prêtres vénérables e.t
de pontifes venus des diverses parties «du royaume , la vfu;
de ces allés adniirables, qui ont si bien hérité de l'esprit
«t des vertus de leur saint fondateur, et qui, venues ausjsi
de toutes parts pour assister à son triomphe , se trouvoie&t
là au nombre ae pins de 4eo; ce spectacle, religieux et
touchant , étoit une protestation éloquente contre toutes
les menées at les déclamations d'un pai*ti conjuré pou^*
étouffer la religion dorns le cœur des peuples.
r^ Le hmdi 3 mai, à neuf heures, il sera célébré une
gra^d'messe solennelle dans l'église des Missions -Etr^^n-
g^rQs, pour le huitième anniversaire de l'association poujiv
la Propagation de la foi. M. l'évêque de Moniaubdn offi-
ciera pontificalement , le sermon seia prêché par M. l'abbé
( 344 )
Peyrol. Après le seriuou, il y aura une messe basse pour
les mlsslonnaii-es et associés decédës. Pour la commodité
de ceux qui ne pourroient assister à la graud*messe , il sera
dit à la même heure des messes basses, comme les ;.nnces
Srécédentes , dans huit églises différentes. Il n'y aura point
e quête pour l'œuvre.
— Il y a des gens que les pompes de la religion impor-
tunent , et qui trouvent de 1 excès dans tout ce qu'on fait
pour la décoration des églises et pour la magnificence du
culte divin. Dieu, disent-ils, n'a pas besoin de cet éclat
extérieur pour être honoré , une simple offrande lui est plus
agréable que cette profusion d'omemens. Quand ifs rotent
quelque dépense faite pour les églises, ils répètent à Tenvi
le mot des Juifs : Utquid perditw hœc ? Potuit venundari ù^
tud et dari paujpertbus. L'Evangile nous apprend la réponse
^ que fit Notre-^eigneur à cette plainte hypocrite de gens qui
' ne se soucioient guère des pauvres. îren seroit-ii pas de
même de ceux qui se sont recriés ces jours-ci contre la ri-
chesse de la châsse de saint Yincent dé Paul? Utquid perdi-^
tio fiœc, ont-ils dit? Potuit venundarUàtùd et daripaupenBus,
Est-ce une véritable compassion pour les pauvres qui blAine
les honneurs rendus au père des pauvres? Mais cette objec*
tlon, que quelques journaux ont faite contre la châsse, ne
t eut-on pas la iaire avec plus de raison contre le luzedenos
âliraens, contre le faste de nos meublés ^ contre la somp-
tuosité de nos f;ible^? N'a-t-èn ^as souvent, dads de ma-
Utquid perditio hœc? Les écrivains qui se sont plaii
beauté de la châsse, se plaignçnt-ils aussi des prodigalités
d'un luxe tout profane? Non, ils trouvent ce luxe fort
agréable ; ils ne haïssent pas les repas «omptueux , ils se
résignent à toutes les jouissances de l'opulence. Il n'y a que
pour la religion qu'ils veulent de la simplicité. Admirons
même encore une autre espèce de contradiction chez eux.
Ces mêmes journaux qui crient si haut contre la dépense
de la châsse învitoient dernièrement à souscrire pour des
banquets patriotiques, pour des associations révolution-
naires , pour des cens condamnés par les tribunaux. Ils
trouvoient bon qu on sacrifiât son arf^ent pour des intérêts
de parti , ils recommihdoicnt instamment tle lelles œuvres.
(M)
ils dëduisoient les motifs les pliis pièssaiis poi»r eiieagdl*
leurs lecrteurs à y contribuer, sans se soucier si cela reroit
tort aux pauvres. Cette sollicitude ne leur arrive que lors-
Îii'il est question de donner pour les pompes de la- religion,
'est alors que leur charité se réveille , et qu'ils songent
aux nécessités des malheureux. Ainsi ^ piodi gués pour leurs
joaitsanees péronnelles , ils ne sont économes que pour ce
qui tient à l'éclat du culte divin^ et ils ne blâment que
pour r£gltse le même luxe qui leur plaît si fort dans leurs
maisons et dans tous les usages de la vie ; c'est-à-dire qu'ils
prennent précisémentle contrepied des saints , qui , simples
et modestes pour eux-mêmes , réservoient la magnificence
pour le temple du Seigneur. Et à qui en effet est mieux dû
rhommage des richesses dé la terre qu'à l'auteur de toutes
choses et au dispensateur de toutes les richesses?
-^ La maison centrale de correction , à Poissy, a offert
dernièrement un sipectacle intéressant pour la reli|;ton.
Trente détenus, de Tâçe de 25 à 60 ans , ont satisfait au
devoir pascal le dimanche de Quasimodo, 18 avril. Jusque-
là , aucun dès détenus n'avoit eu la force de braver le res-
pect huiiiain pour se réconcilier avec Dieu ; ils redoiitoient
les railleries , les blasphèmes , et même les mauvais traite-
mens des autres prisonniers. Les trente se sont mis au-
dessus dé tout cela , jsans qu'aucun motif humain ait pu les
déterminer. M. l'al^bé Duliamel , curé de^ Poissy- et auiiiô-
fiier de la maison de détention , les a visités depuis Iq com-
mencement du carême; il alloit deux fois par semaine
passer plusieurs heures avec eux. Le dimanche, à la messe,
il leur adressoit une exhortation. Il a été satisfait de leurs
bonnes dispositions, et surtout de leur bonne tenue le jour
de la communion. M. le curé leur fit ce jour-là une exhor-
tation relative à la cérémonie. Il paraphrasa la parabole de
l'enfant prodigue, et leur fit sentir que le moyen d'adoucir
leur captivité étoit de ne pas perdre de vue la grâce que
Dieu leur fâisoit. On s'est assure d'ailleurs auprès des
chefs de l'établissement qu'on n'avoit pas de sujets de
plaintes contre ces détenus , et il y a lieu d'espérer que leur
exemple pourra avoir quelque influence sur leurs cama-
rades.
— Le fait suivant , arrive' Fannée dernière , dans le dio-
cèse de Périgueuxi, montre que les libéraux ne rétississent
( 546 )
WÊê ioujaur* à ^gati^r loog-teiops le peuple de$ campacaes.
La jMuroUse de Soui-zac avoit perdu un ex^llent curé,
M. lllallet , mort victiioe de son zèle » et avoit témoigné un
vît regret de cette perte. Pour la re'parer, M. IVvéqciç d«
Përîgueua nomma à la cure un eccl^siastiaue espagnol, ai^r
lequiel il avoit de très^bons témoignages. Cet ecclésiastique
se rend à Sourzac, s'abouche arec le maire et convient 4n
îour où il Tiendra commencer ses fonctions* iTout le mond^
paroissoit content , mais les libéraux ne Tétoient pas. Ils
parviennent à échauffer les esprits; ils trouvent peut-être
mauvais qu'on leur donne un prétr^ étranger, qui aUoit
|>eut«étre rétablir rinquisitlon. En conséquence, délibéra-
tion du conseil municipal du 8 mai pour refuser le prêtre.
Celui-ci arrive, et ne se doutant de rien, va droit à l'é-
glise , qu'il trouve fermée , et demaude qu'o^ la li4 ouvi'e^
Le sacristain allègue la défense du conseil municipal , qui
étoit alors même assemblé. Le curé s'y rend , et tâche de
faire entendre raison à cj&s pauvres gens , mais il ttt>uve des
tètes eiaJKées, qui déraisonnent à qui mieux mieux* Il se
retire, et instruit du fait M. l'évéq^e , qui le noqdme à une
autre place. Cependant il fut à peine pi^rti, que le3 gens
sensés sentirent probablement qu'on aypit fait une sottise.
Puisqu'on renvoyoit un prêtre nommé par l'autorité ecclé-
siastique, on deyoit s'attendre à n'ep pas avoir d'autre. On
«ut donc honte de cette petite équipée* Le maire de Sour-
zac, (|ui avoit eu la foiblesse de céd^r ^ quelques clameurs^
écrivit le 17 mai et le 6 juin pour réçonuoî ire sa faute. Une
nouvelle délibération du conseil municipal du 3i mai an-
nula celle du 8, et témoigna le repentir du passé et le res.-
pect dû â l'autorité épiscopale. Amsi Tinfluence et la joie
Iles libéraux ont été courtes. M. l'évêquo , touché des re-
grets des bous habitans de Sourzac, leur envoya un autre
curé, M. Libal, qui fut reçu avec de grands témoignages de
satisfaction , et qui trouva des gens disposés à faire oublier
un moment d'erreur, en procurant à leur pasteur toute
sorte de satisfaction. Nous avons emprunté ce fait à un re-
cueil qui paroit à Périgueux, sous le titro de Fragmeiu j^
Ugim^ el lUténdrts, et qui est rédigé d^ns un très -bon es-
prit,^ Nous rendrons compte de ce recueil , dont l'auteuf
M: l'abbé Duelissaud, a bien voulu nous envoyer les pre-
fHÎers numérosw
( 547 )
*^h9 12 «Tril» une protestante t mariée depuis qittl^ef
années à un catholique, a fait abjuration dans l'élise
Noti'e-Dàntç , k Anvers ; elle a été baptisée sous condiuôn ,
et elle a été admise^ à la communion* A Thîelt, dans le
même royaume, un marchand juif y qui se trouvoit en
passant dans cette ville , et qui j est tombé malade, a ma^
nifesté le désir d'embrasser le religion chrétienne; M. le
curé de Thlelt l'a vlsîié, encouragé, instruit, et lui a ad-
ministré le baptême. Le nouvel enfant de TEgUse est mort
peu de jours après.
— « On vient de publier, eu Russie , un nkase du sénat j
qui rappelle et remet en vigueur deux ordonnances rendues
sous Catherine , eti 1^82 et en 1795, et qui défendbient de
répandre dans l'empire « sans la penmssion du souverain 1
'toute Bulle ou Bref émanés de Rome. On ne sait trop à
quoi attiibuer cette espèce d*acte d'hostilité, dans un
temps où le gouvernement pontifical montre le plus grisind
de>ir de maintenir la bonne harmonie avec le$ princes. I)
y en a qui croient qu'on a voulu empêcher le Pape d'intefw
venir dans la nomination d<es évêques arméniens qui, par
les nouvelles conquêtes en Asie, se trouvent aujonrd'iiui
sous la dômiuation russe* Mais, puisque la Russie a un mi-
nistre plénipotentiaire à Rome » n'auroit*-on nas pu s'enten«
dre à cet égard avec la saint Père , suivant les formes rei^^
çues? Seroit-il dijgne d*un enipereur chrétien de se montrer
plus dif6cùltueui( que te gouvernement tui^, ^ui laissoit le
saint Siège exercer paisiblement ses droits dans ses dôniai*
nés, et y envoyer des évêques pour les besoins des catho^
liques des divers rîts?
NOUVELLES POLITIQUES.
PâU9; On voit bien , vrahnent , cpie le pfirli libéra) regorge de capacités
d'être mis au rebut , notis ne dirpns pas poi:r une misère , parce que le cas
est réellement grave , mais enfin pour une faute que ses autres mérites de-
vroient racheter. LMnforlnnc , rf après la teneur de son acte d'accusation ,
(548)
ie Mffôk pertmt d*allér une pauvre petite fofa'à la raeaie pendent la der^
nière quiotaîne dePâque; encore auroit-îl pris la précaution de s'en ca-
cher autant que possible, pour éviter le scandale, puisque ce seroit clans la
cbapcUe de son propre cliâteau qu'il auroit commis ce délit. Eh bien , il
n'en a pas fallu davantage pour le rendre suspect de haute trahison parmi
les siens. On informe là-dessus avec une rigueur excessive , sans lui tenir
eompte de «es plus beaux antéoédens; et pour comble de malheur, c'eft lé-
journal de M. Bavoux que le comité-directeur a chargé de poursuivre Ten-
quéte. A la manière dont il s'en acquitte, vous croiriez que rinquiiîtJoa
et la torture ^ot rétablies. Avez-vous été à la messe, monsieur Dupin , ou
n'y avez-vous pas été? Répondez oui ou non ; votre sort de député en dé-
pend. Si vous y avez été, rien ne peut vous rendre notre oonnance^ nous
publions tout ce qiie vous avez fait et dit contre les Jésuites et les misaton-
naires; nous oublions votre fameuse scène du reposoir^ nous oublions le
nouveau système d'inhumation que voue avez inventé pour tirer des m^
crcuns, après leqr mort, un dernier acte de révolte contre l'Eglise; nous
oublions que vous'étes un des 221 que nous avons promis de rappeler, en
masse dans la chambre élective, pour les récompenser d'avoir nargue h
tr6ne. Répondez donc, monsieur Dupin ; car tout tient à cela, et il s'agit
pour vous de la vie ou de la mort. Or, nous sommes obligés de Varouer
dans notre ame et conscience, M. Dupin s'en défend mal; ses réponses
à l'interrogatoire de M. Bavoux sont entortillées, et ne disent m cm,
ni lion. '
— M, Durand d^Elleoourt , député du Nord v ayant exposé au Bm , dins
une audience particulière , les malheurs des babitans de la reliée inondée
de la Scarpe , â. M. a donné 1 ,000 fr. pour les secourir ; M**' la Dauphine
a envové également 1,000 fr. pour le même objet.
- — M. le Dauphin est parti de Paris pour Toulon dimanche dernier, à
2uatre beures. S. A. R. n est arxompagnée que de M. le duc de Guicfae et
e M. le baron d' Acher de Montgoscon , sou secrétaire de cabinet . Le pnnce
a couché le même jour à Fontainebleau , ei doit arriver le 3 mai àTouloo.
— M. le ministre des affaires 'ecclésiastiques et de l'instraction publique
a donné 6,000 fr. pour les réparations à faire à l'église Saiut- Etienne de
Cien.
^M. le comte de Cliavanat, recteur de l'académie de Cabors, est nommé
recteur de Tacadémic de Bordeaux, eu remplacement de M. Desèze, décédé.
Il a pour successeur M. Grancher, recteur de l'académie de limoges, qui est
remplacé par M. Martineaud , recteur de l'académie de Douai.
— La séance annuelle des quatre académies a eu lieu , le 24 , sous la pré-
sidence 4e M. Girard, de l'Académie des sdences. M. Navier a £iit un
rapport avantageux sur la caisse d'épargne et de prévoyance. On a décerné
à M. Guido^Goerres , de Munich, auteur d'un Mémoire en latin, le prix
fondé par Volney sur cette question : a Quels sont les caractères logiques
ou -grammaticaux qui distinguent le nom verbal et les adjectif verbaux de
l'infinitif et des participes considérés comme modes dti verbe , dans les lan-
gues où ces différentes categ0rie3.de mots existent communément?» Une
mention honorable a été accordée au Mémoire envoyé .par M. Radiguel ,
membre de la société asiatique de Paris.
— M. Duplessis, recteur de l'académie de Lyon, revient, sur sa d&x
mande, exercer les mêmes fondions àDou»i.
( 549 )
— M* Ga-vinet , professeur de rhétorique au collège royal d'Ange» , etit
nommé îospecteur de Facadémie de Cacn , en remplacement <le M. rie Che-
nedollé, qui devient inspecteuT'-généîal des éluder.
. -^ Un aes pins anciens senritcurs du fioi , M. le maïquis Maximilien de
l'Aubespioe^ ancien colonel des dragons avant la révolution , vient de mou-
rir à Tâge de 84 ans. 11 étoit issu en ligne directe de rillustre duc de Sull/,
tainistre de Henri iV.
, — M*^* la comtesse douairière de Faucigny , Lucinge et Goli^nj, néo de
Sassenayt ancienne dame de M™*' Victoire Je France, tante du Boi, est morte
à Paris à la suite d'une longue maladie, et après avoir reçu pieusement tous
les secours de la religion. ^ . ^
— L'agrandissement de l'église de Passy , près Paris , avoît été depuis
long-temps reconnu nécessaire. Les travaux ayant été évalués à 6o,ooo fr. ,
le conseil général de la Seine vota une somme de ao,ooo fr. , et le ministre
de Tintétieur promii. une somme égale. Le restant devoit être à la charge
de la commune, et le conseil municipal avoit voté 10,000 fr. sur ses re-
.cettes courantes, et iû,ooo fr. au moyen d'une augmentation d'octroi sur
les vins; mais ce dernier vote n'ayant point été autorisé, M» le curé de
t^assy a fait un appel aux fidèles de. la paroisse, et déjà une partie de la
somme nécessaire a été fournie.
. — M.-l'évéque de Mcaux et MM. les membres de la fabrique de sa cathé-
drale, ont accédé a la demande qui leur a été faite par M. le ministre des
affaires ecclésiastiques de prêter les tableaux qui décorent cette cathédrale
à la manufacture royale desQobelins. Ces tableaux sont d'admirables copies
des cartons que le pape Jjéon X fit peindre par Baphael pour servir de mo-
dèles aux tapisseries du Vatican. Les sept cartons originaux sont en Angle-
terre , où ils ornent la galerie delà résidence royale d'Hamptoncourt. La di- .
rection générale des beaux-arts va faire restaurer les neuf copies qi»e possède
Féglisede Meaux et les faire traduire en tapisseries. M. Desrotours , diroc^
teur de la mauMf<ïcUire des Gobelins , vic^it de se rendre à Meaux pour les
chercher. * ,: . g ,
— On avoit craint que M. le conseiller Gossin , qui avoit épiouvé une lé-
gère indisposition, ne pût présider la session de la cour d'assises de Paris ^
pour laquelle il a voit été désigné : ce magistrat étant entièrement rétabli , a
ouvert cette session le 16 de ce .mois.
— La cour royale s'est réunie ,. le 24 , pour procéder à l'élection de trois
candidats à présenter au choix de S. M. pour la place de conseiller-audi-
teur vftcante par la nomination de M. Froidefond de Forges à celle de con-
seiller, en remplacement de M. Débonnaire de Gif, décédé. Elle a proposé
MM. de Mallevillc , I^chassier de Mery et Bon tin , juges-auditeun.
— Bne réunion annuelle de Bretons libéraux a eu lieu samedi dernier.
On avoit appelé, bien entendu , au banquet MM. de La Fayette, Keratry,
Daunon , Salverte, Cuelhem , Chardel , dépotés, ainsi que les rieurs Caur-
chois-Lemaire , Las- Cases, Duchafiault , et les gérans du G/itbOy du Cour-
tier et du Journal du commerce. On a porté un toast aux écrivains amsii-
tittionneh.
— Un journal assure que la société Aide^-ioi, le ciel ^aidera vient de jeter
dans le public une nouvelle proclamation , sur laquelle elle paroU conpler
beaufloup pour le succès des élections. Elle est conçue , ajoote-t-on , te ter-
mes tellement révolutionnaires, qulil ^'est formé, dane le comité qui r«
( 55o )
Miflàe, an cAll «Iroit et un c6t4 gsiKhe; mais c'est ^Uui^ci qui- l'a em-^
pnvié.
. — Le princo cib Saxe-Cobourg a fait reftiwr à iob hàHsl iotilM les letf rt»
dont U auseriprîon poitoit au roi dé la Qréct, Elles ont été vcnroyées à la
• — Le «oi^âant baron de Saint ^Ckir, oondamûé à un an de nrieon,
5oo A*, d'amende et ô,ooo fr. dédommages-intérêts, pour dîMimaf lOtt en-
vers MM. les ducs Occaces, de Maillé, d'Escars, et les géhérauiL Paulrre de
Ia Motte et Léon , a laissé espirer les délais sans se pourvoir en appe!.
• -->M. le pretnier oréscdcnt Hocquart, député de b Haute^îaronne , a
aussi réclamé contre 1 omission de son nom dans la liste des députés qui ont
voté contre FadresM. La QM9tiidi»MHê cite M< ChevaKer^Lemo(« comme
ayant fuit une semblable rédamartiou. Cesdeuit noms , joints mzx huit cités
dans nos préeédens numéros , povteroient à dix le noiiM>re des d^mtés ré-
climans.
— Le ConstUmtiôhMêl avoit annoncé que de ft^éqnené conctfiabules se
tenoient à THôleU de -Ville, dans lecaMnet de M. Defrasne, 8«c!rétaire^
réral de la préfecture de la Seine, an sujet des élections prochaines.
Defeesne a démenti cette assertion.
— Le Consiitutûmoêl s'occupe beaucoup des ineendtes qtà ont Hen dan»
•les arrondUsemens de Vire et d'Avrancbes. Il veut ressusciter les atroces
Mcosaiions de 1793 contre les aristocrates, et semble sttHbner ces évène^
mens à des agens des rovalistes qui veulent effrayer les éltecteors. Voila en-
con an des moyens Qu'emploient les libéraux.
-*- Les principaux Mtek de ia ville de Tours sont retenus pour le loge-
ment de LL. MM. siciliennes, qni doivent 7 arriver, le 10 mai, avec une
suite de 65 persusinea. Lfj. MM. ont refusé de descendre au palais de l'ar-
chevâi^é «t à Vhôlel de la préfecture.
•*- M. Dcsfiains , ancien rAdncteur en chef de la GtaseUb éê France , vient
d'étfe nttacfaé à l'année d'Afrique en qualité de secrétaire -înteipiite du
quartier-général.' r .
^ On a «onstruit à Lyon, ponr l'armée d'Afrique, des forts portatifs
en bois de chénè. de 20 pieds carrés sur une hauteur de 12 pieds. Ces
forts> qiN «ont mobdes et se montent à volonté , sont divisés en deux étases
et peuvent contenir 5o hommes. Ces forteresses ambulantes serviront à
élever, en peu d instaus une Ville fortifiée, ou à servir de retranchement
daw des avant-»postes.
— La is>brication prescrite par M. le ministre de la^erre, des 400,000
Insoous à la gélatine destin^ à l'expcdition d'Alger, a été œnduUe avec
tout le soin et la célcnte posMble |>ar M. d ^roet. Chaque soldât içcevra
en iMbarquaRt dix de ces biscuits pour lui servir en çps de besoin. C'est
qne bonne précaution , puisque dix de ces biscuits forment une ration , et
qu ilspresentent une nourritur«s saine et agréable.
—On a fait àToulon de nonveaiix essois de fusées à la congiève, ainsi
que de pots-à-tcn incendiaires , et de ruches-à-feu , d'où s'échappent plu-
sieurs balles. Le résultat de ces essais a été aussi satisfaisant pour l'énorme
A^^oqu atteignent ces projectiles, que pour l'effet très-inoendiairc qu'ils
-^La imiir Doequet , tenant cabinet de lecture à Niort , diee lequel on
9xm eatsi des «xiMnplaiTes d un ouvrage injnrieut pont les ministres du
( 55i )
Boi , (tttiliiféfitt ÙmMui et h'Miè^iére «Ai 8 août, Avutt. étécotid^imié pM
défaut k ttûb itHfis de pvhon et 600 fr. «l'amemie. Le prévenn »ffin\ formé
bpfWsiKôii à ce jogemétit , le tHbunal cortectioiinel de Nion s'est oocapé de
nôuTeatf de cette afiSire. L'avocat Guerineau s'étant permis ûes itiaf ribes
eonntrt M. de Bourmotit, a été plusieurs fois interrompu par M. Brnnet,
èMcufeur du Boi. Une discussion s'est élevée eusoitc entre œ magistrat et
fc tribunal, qui petisoit qu'on tie devoit pas s'occuper de justifier les mi-
nistres. Enfin , le tribunal a accueitli l'excuse de boiukfi kn présenta par le
(>iévenu ,. et Ta renvoyé de la plainte.
— M. Giimbart » astiônotne , à Marseille , Tient de déctftivfir une ct)mète
dans la tête du Petit-Cheval. Cette comète est visible à la simple vue; sa
qoeoé a d^à un demUdegié de longueur.
-»- A. l'occasion d'un mariage, un cbârirari avt^it été donné , avec la pei^
mission du maiie , dans tq commune de Parville , arrondissenieni d*Ev]reux.
Des gendarmes dressèrent procès^verbal de la contravention , et les auteurs
è\i tapAj;e furent traduits en police municipale. Le juge de paix les reiivojra
<lela plainte, attendu le consentement qu'ils aVoient obtenu de Vautonié
locale. Le commistoire de police d'Evrejx s'est pourvu contre ce jugement ^
et la cour de cassation t'a annulé, attendu que l'autorisation du maire né
pouvott dispenser le tribunal de police de faire ranplicati<m dé l'article 479»
n*' 8 , dii Code pénal , et que le nuiire n'atoit d^iilleuft pas le droit'de décla-
rer innocent un fût décbré coiipabié par la loi.
' — Des vnleurs se sont introcMîts , le iB pendant ki grand'messe , <Lins le
presbytère de Bois>Gutlbume (Scine^Ir.férieure). Ils otit enlevé l'atgente-»
rie et une somme de 8 i 900 fr. M. le procureur du Roi s'eât rendu sur les
lieux pour commencer les poursuites.
•>-* On a pubKé & Munich un déciet du Bol de Bavière , qui ordonne une
levée de 94611 conscrits.
-^Le hndgrdve Chrétien de Hesse vient de suivre dsns la tombe ton frère
l6 gràttd-4(lUc de Hesse-Darmstadt.
— L'empereur de Russie Tient de convoquer la diète de Pulojgnefi L*ott^
Terture en aura lieu le 16 mai et la clôture le 16 jvin.
— On vient d'établir des voitures Omnibus à Samt-Pétersbourg.
— Le 1^ janvier dernier, un incendie , favorisé par im grand vent , a dé-
truit en peu de temps, quoiqu'il ne manquât point de secours , la caseroe
du fort^aint- Charles, à la Basse-Terre, en Guadeloupe.
^Letiougrès de Bogota, tout dévoaé a Bolivar, a invitées UUràtem- à
•ei^KiidM IM féiiesd« gouveraenient , en protosUnt qu'il n'y a aocupe at«.
ientiçn à donner aux atteintes qui ont été portées à sa «éputation* On croît
tpie lés amis de Bolivar, d'accord avec hii , vont Ini faire donner le titre de
pt^Mita â^iê, êiiks poovoirt illimités.
Le Guide de ceux qui annoncent la parole de Dieu (1].
L'éliUnr %%st proposé de témiir dans cet ouvrage les avis de plusieurs
(1) In-13. À Lyon , chez Sauvignet.
( 553 )
iAgci H tMt prédicaleiin ; il a chout ceux qui avoieiit été pliu Toitina dc^
notre ftiècle, comme coiwenaDt mieux au remps où nous sommet. Soo.yo-.
lumc est divisé en trois livres. Le premier présente ta doctrine de saint.
FraD<^ de Sales sur la prédication, doctrine tirée de sa vie, do sa lettre
et des autres ouvrages. Le second livre renferme la doctrine des lésuites
sur le même sujet} celle doctrine est tirée des règles de la société, da
conseil donné aux prédicateurs par saint François de Borgia, de ceux du
Père Aqnaviva^ autre vénérai des Jésuites, et des lettres de saint François*
Xavier. Le troisième livre contient la doctrine de Benoit XIV sur la' né-
cessité et les moyens d'instruire les peuples) on y a joint un extrait de
Tapoloeie de Gerson sur le catéchisme.
Ce plan nous a paru rempli avec intelligence et sagesse. Ce que Fauteur,
dit des prédications de saint François de Sales , de son zëlo et de sa mé->^
tbode, les extraits qu'il présente de ses lettres et de ses écrits , le choix des
pensées, tout cela est fait avec goût. De même, dans le second livre, l'au-
teur a réuni les exemples et les leçons les plus utiles qu*ont laissé saint
Ignace , saint François de Borgia , saint Franouis - Xavier, Aquaviva et
Itellarmin. Il joint aux préceptes quelques notices sur les penoiuiagcs, et
indique d'après eux les défauta à éviter dans la prédication , et les moyeua
de la rendre utile aux peuples. La doctrine do Benoît XlV sur le même
siqet est tirée des instructions pastorales qu'il a publiées à Bologne, et de
aes encycliques comme Pape ; les avis du nontife sont dignes de son expé-
rience et de ses lumières. Le volume est nni par la réponse de Gerson k
ceux qui le blàmoient de faire le catéchisme aux énfans. On ne peut que
savoir gré À l'auteur d'avoir rassemblé des documcos épars ou peu connus.
Son livre sera utile aux jeunes ecclésiastiques , dont il dirigera le zèle et
iormera le goût. Il a été approuvé par M. VabbéCboUeton , grand-vicaire
de Lyon, et depuis M. de Bonald, évéque du Puy, en a recommandé U
lecture è son clergé comme pouvant contribuer à rendre le ministère pas-
toral plus efficace. Ce jugement du prélat, qui est imprimé en lète du
Tolomc f est conça dans les termes les plus honorables.
AVIS.
MM. les Souscripteurs dont l'abonnement expire le la mai piochain,
sont priés de le renouveler de suite, pour ne point éprouver un retard qui
les exposeroit à ne pouvoir compléter leur Collection.
^ Us voudront bien joindre à leurs lettres pour réabonnement, réclama-
tions ou changement de domicile, une des dernières adresses. imfrimàot
qu'ils ont reçues avec leur journal.
Le prix de' l'abonnement est de a8 fr. pour l'année, i5 fr. pour 6 mob ,
et 8 Ir. pour 3 mois , franc de port par la poste.
^c/ ^MSMs^, 32>rtf n tt Clrrr.
Samedi i*"^ mai i83o. (N* i64t.>
Sur V enquête ordonnée par M* l' archevêque de Paris p^^^i
Haîer l^ authenticité des reiiqucs d^ saint f^incent de P^gi
M, l^archevéque , dans le désir qu'il avoit de reniî ^
vénéraûoii des Mêles les reliques d'un saint que la France
et TËglise de Paris surtout peuvent regarder comme un de
leurs plus grands protecteurs, a dû prendre dans sa sagcisse
toutes les mesures propres à constater l'authenticité des
reliques. Le prélat a donc nommé une commission chargée
de faire à cet égard une enquête avec le soin que réclaraoit
l'importance de l'objet. Cette commission étoit composée
de. MM. Desjardins, grand- vicaire du diocèse, Mattnieu^
aussi grand-vicaire et chanoine , Quentin et Tresvaux , cha-
noines. Le 3o mars i83o ces MM. se sont transportés dans
la maison chef-lieu des Filles de la Charité > rue du Bac,
où étoient réunis M^ Salhorgne, supérieur^énéral des La^
zaristeS) quatre prêtres de la même congrégation, MM. Bou-
langier, Kichenet, Etienne et Aladel, la sœur Antoinette
Beaucourt, supérieure -générale des Filles de la Charité,
les sœurs Fransquin, Dupin, Jardin, et autres anciennes
de la congrégation.
Tous se sont rendus dans la chapelle de la maison et Vers
Tautei de saint Yincent de Paul , dans l'intérieur duquel
étoit conservée sous clef la relique. M. le supérieur^général
ayant fait l'ouverture de l'autel, on y a trouvé une caisse,
qui a été portée avec respect dans la |)remière salle où les
commissaires s'étoient réunis» Cette caisse étoit recouverte
d'un voile de soie violette, et par-dessous enveloppée d'une
toile grise et liée de rubans de fil écru , enfin scellée des
sceaux du vicaire-général de la congrégation de la Mission ,
lesquels sceaux, en cire rouge, ont été reconnus sains' et
entiers^ La caisse avoit 3i pouces de long, 18 de large et
i3 de haut. .
Cette caisse avoit été transportée le 23 juin 181 5 de la
maison des Filles de la Charité, rue du Yieux-Colombier,
Tome LXIIL L'Ami de la Religion et du Roi, Z
( 554)
dans celle de la rue du Bac, ainsi mie Tout attesté, comme
tënimis ocalaire8, les scsuri Jolly, velay, Ramoiid et Dan.
La caisse fut portée dans une voiture par les sceurs, reçue
par (a.cotninnnauté asseuibléc, etprovisoiremjent déposé«
daa9 une salle où un autel avo'it été dressé, jusqu'au
i5 août , qu'on la transféra dans la nouvelle chapelle sous
l'autifl indique ci-dessus. Les plus anciennes sœurs savent
c^ué catCc caissa avoit été entre las maina de M. Daudet,
ancien procureor^^énéral de la congrégation de la Mission^
qui avoit soustrait la relique à l'époque de la suupreisioit
de la maison de St-Lazare, en septembre 179s. AL BteMidei
mourut en 1809, après s'être déchargé de son dépôt en i8o5
entre les mains de M. firunet, alors vicaire* sénëral de ki
eongvégation* La sœur Savart, supétieure de la inaîsen
d'Ènghien, rue Picpus, à Paris, a déclaré aux commissaiiea
qu'en i8o5, ou au commeneement de i3o6, M. Brunet, ré-
eemment arrivé de Rome, lut montra ki même caisse , ai
lui dit de se mettre à genoux et de prier saint Yinceni de
Paol, dont les restes y éioient conservés. D'autres sœufS
ont eu dans le temps connotssance du même fait. La caisse
est constamment restée dans la maison, rue du Vîeax'«Go«"
lembier, où elle étoit placée dans un autel à gancbed^.la
cbfl^lle où les sœure aUoient souvent pfier coniine autres
des restes de leur père. La sœur Clavelot, supérieure «le la
maison de Charité pour les paroisses saint Gerv^ et saint
Fiul f a déposé ouatant au moment de la suppression de
Saint- Lasare, Mère du séminairà des Filles de la Ctiarité
dans la maison cliefi-lieu, elle ajiprit que la châsse dessina
Yinocnt avoit été brisée et la coi^s du saint tiré par les spo«
liateni's et jeté de côté, qu'on s'étoit procuré une caisse
peur le renfermer et quHl avoit été question de le dépesep
chac le notaire de la congr^ation. Ces sœurs ont attesté
kiir déposition. .
Depuis que la caisse a été transportée vue du Bac, elle
a été ouverte deux fois; la .première en iSijj par M. Ver-r
iMrt» alors Ticaire^|Eénéral^ pour en extraire une porliso
de reliques qui fut donnée à J\î. Dubourgii alors évéqoe d«
In Louisiane et aupurd'ltui de Montautinn. L'oaveriUfe se
fit en pisésénœ de M. Ricbenet , de fdnsieurs de ses con«*
frères et des sœurs Rampnd, Jolly, Dan et autres. Tous
déclafent que la eaisse fut refermée et seeltee du sceau de
( S55 )
M. Teifyerf. La deuxième oaverture fut faite en 1820 pair
M. Boujard , alors vicaire-ge'héral, pour s*assurer si le sé-
jonr de la caisse, dans une chapelle nouvellement con-
firai té, n'y avoit pas occasionné d'humidité. Cette visite
se 'fit en présence de beaucoup de sœurs, notamment des
MSi^s Jody, Raniond, Ban, Ve^ay, Gailliot, q^ui recon-
noiséent l'état présent de ia caisse et des sceaux pour être
lel qu'il fut alors disposé par M. Boujard.
La caisse fut remise ensuite aux commissaires de M. Tar*
ehevêcjue , et un procès-vérbal de tout ce qui précède fut
dressé et signé de toutes les personnes ci-dessus nommées.
La caisse fut donc portée à l'archevêché par MM, Boulan-
gtcr et Etîenne et i^eçue par M: l'archevêque, oui fit sa
prière devant le corps et apposk son sceau sur fa caisse;
C'étoit le 3fo mars au soir, premier jour de l'enquête.
Le 2 avril MM. Besjârdms, Matthieu, Etienne et Quen-
tin, réunià à t'archevêché, reçurent la déposition de M. La- •
fmi, médecin éii chef de l'hospice des Incurables- Femmes ,'
âgé de 6S ans, qui de'clara qu'étant lié d'amitié avec
M. Daudet, procureur-général des Lazaristes, et M. Royer,
procureur de la maison de Saint -Lazare, dont il étoit W
médecin, il apprit d'eux, à l'époque de la suppression de'
la maison , que lé corps de saint Vincent de P^ul 4vqU été
h^tireusemcfnt sauvé et renffsrmé par eux dans uuè caisse,
que cette caisse fut transportée ae suite chez ]Mt.' Clairet/
notaire de la congrégation , rue des Bourdonnais, puis chez
M. Daudet, rue Wenve-Saiht-Etienne. M. Lafôn.n*est pas
bien îaÂt si cette caisse n'a pas été momentanément aux
Dtùâg PiUéers littéraires, rue ûes Mathurihs-Sorbonnc , chez
M. Joubert, neireu de M. Daudet, où ce dernier demeura'
quelque temps. Mais il affirme avoir vu la caisse dont'
M. Daudet- lui avoit souvent parlé, dans due occasion où
celui-ci, changeant d'appartemejit dans une maison, le'
pria de vouloir bien la descendre du troisième étage au
premier; M. Daudet lui fit comprendre alors quel précieux^
lardeaù il portoit. Depuis il oi su de M. Daudet que ses
cidlègues et lui avoient délibéré s'il ne convenoit pas de
déposer la baisse chez les sœurs, rue du Vieux-Cdlombîer.'
La caisée^ apportée à rarcWevêclié , ayant été nîontrée à
M; Lafon , -ira reconnu qû^ellé étoit semblable pour la'di-
nleniioir et le' poids i seulement elle étoit précédemment'
Z2
( 556 )
eBTelojipëe de drap vert. M. Lafon a signé avec les con»-
inissaii-es et a aflSrmé sa dépositioa. t
Le 3 avril les commissaires se sont transportés chez Ma-
rie-Marguerite Dabois , Fille de la Charité , âgée de 7 1 ans,
rue du fiattoir, qui a déclaré au'étant chez M. Daudet , il
lui dit en lui montrant un entoncement muré : Voilà oà
€St votre père et le mien. Il lui dit aussi que ce dépôt avoit
été'ches M. Clairet, son notaire.
Le même jour les commissaires se sont rendus chez
M** veuve Clairet, Vieille rue du Temple, n'» Sa; cette
dame, âgée de 65 ans, a déclaré q&e, lorsque son mari étoit
notaire, demeurant rue des Bourdonnais, M. Daudet fit
transporter chez lui une caisse qu'il avoit sauvée de Sa'int-
Lazare et qui contenoit le corps de saint Vincent de Paul,
qu'elle en a toujours entendu parler dans ce sens à M. Clai-
ret, qui d'ailleurs gardoit le secret sir ce dépôt à cause de
la difficulté des circonstances , que cette caisse fut déposée
d'àbôrd dans le cabinet de M. Clairet, puis descendue par
mesure de prudence dans une salle basse de la maison, jus^
qu'à ce qu'enfin elle fut retirée par M. Daudet. Pendant
cette déposition survint M. Clairet fils, aujourd'hui notaire
et adjoint du maire du 2' arrondissement,, âgé de 43 ans, qui
déclara aussi avoir entendu dire, plusieurs fois à son père
que M. Daudet avoit déposé chez lui une caisse' contenant
le corps de saint Vincent de Paul. M"** et M. Clairet ont
signé avec les commissaires.
Le même jour encore, sur l'indication donnée par
jjm. y^-uve Clairet, les commissaires se sont transportés
chez M"'"' veuve Marie, rue Mazarine, ancienne femme de
chambre dans la maison Clairet, où. elle a demeuré 3o ans.
Cette femme, âgée de 76 ans, a déclaré.se rappeler parfai-
tement qu'une caisse contenant le corps de saint Vincent
de Paul fut déposée chez M. Clairet, que MM. Daudet et
Royer veiioicnt souvent chez ce notaire, que la caisse .fut
mise dans le cabinet de M. Clairet , dans un bas de biblio-
thèque fermant, qu'elle Vy a vue, que les visites domici-
liaires se succédant, M. Clairet vint la trouver, et lui dit
qu'il alloit faire mettre cette cassette dans sa chamlire,
sans lui expliquer ce qu'elle contenoit , que cette cassette
étoit un carré long, d'environ un pied de haut, fermant à
clé et scellé , mais qu^elle n*en a jamais eu la clef. Un jaar.
( 357 )
M*** Clairet lui dit que c'étoit le corps de saint Tincent de
Paul , en lui recommandant d'en garder le secret. La cas—
sette fut déposée assez long-texnps dans sa chambre , et fut
ensuite retirée par M. Clairet, lorsque les temps furent
moins fâcheux. 1! lui déclara alors ce qui y étoit contenu ,
et elle fut flattée de la confiance qu'on avoit eue en elle.
Telle a été sa déposition, qu'elle a affirmée, et elle a dé-
claré y persister.
Le 5 avril a été entendu M. Bacq, ancien notaire, à
Paris, aujourd'hui demeurant rue Cnanoinesse, lequel a
déclaré qu'ayant été principal clerc de M. Clairet pendant
Elus de o ans, il lui a souvent entendu parler du dépôt de
1 caisse contenant le corps de saint Vincent de Paul. Ce
corps, lui disoitM. Clairet, fut sauvé de Saint-Lazare en
1 79a ; étant notaire de la congrégation , on le pria de rece-
voir ce dépôt, ce à quoi il consentit^ non sans inquiétude,
à cause de la difficulté des circonstances , mais il ne crut
pas pouvoir refuser ce service à dés cliéns. Il^prit toutes les
précautions pour sauver ce dépôt. La caisse fut placée dans
une autre caisse, qu'il remplit et couvrit de vieux papier^i
et de parchemins msignifians. Sur le couvercle et autour,
n plaça des boites et cartons à minutes, avec des dossiers
imprimés et des piçces d 'îqv entai re , de sorte que, jnztigrè
la fréquence des visites domiciliaires , on ne parvint jamare
à découvrir dans ce désordre ce que contenoit la caisse. Il
paroît que ce fut vers t J95 ou 1^96 que M. Clairet se à^s^
saisit de la caisse entre lès mains de MM. de Saint- Lazare^
avec lesquels il étoit resté en relation intime, et qui vcr-
lioient souvent chez Ini. M. Bacq tient ce faiC, tant des
confidences réitérées de M. Clairet et de sa famille que de
celles de M. Dubois, Lazariste, mort curé de Sainte-Mar-
guerite, à Paris, dont il étoit alors l'ami , et dont il devint
depuis et resta le notaire jusqu'à son décès. M. Bach a affir-
mé et signé cette déposition.
Tel est le sommaire de l'enquête ordonnée par M. l'ar-
chevêque.; c'est sur ces dépositions et ces renseignemens
que M. le promoteur fit, le 6 avril, le rapport dont nous
avons parlé, et que M. l'archevêque, assisté de son chapi-
tre, porta son jugement. Ce jugement s'est trouvé encprc
confirmé à l'ouverture de la caisse par tout ce qu'elle con-
tènoit^ Il y avçit, eutr'autres, un acte dressé sous M. do
( 558 )
yiniimille^ «rchevéque de Paru , mort en i745^0n y reih-
aoit compte aç TouTeituce faite aiom de la tombe du bi«B»»
hea^eux e| de l'état où le corps s'etoli trouva.
Cet exposé sommaire de Tenquéte doit suffire pour con-
vaincre tout esprit raisonnable sur l'authenticité des reli-
ques de saint Vincent de Paul. Au surplus, on assure que
M. l'archevêque se propose de publier un extrait des pnv-
cès-verbaux, qui prouveront avec quelle sagesse le prélat a
procédé dans toute cette affaire.
NOUVELLES ECÇLËSU8T1Q0KS. ...
Rome. Le jour de Pâque , la chapelle papale se tint dans
FëgHse Saint-Pierre; M. le cardinal Pacca officia et donna
lu communion aux cardinaux diacres. Après la messe , on
niôntra les trois relîcpïes de la croix, de la face et de la
lance du Sauveur; le saint Père , précédé du sacré Collège,
des prélats et autres , se rendit à la grande galerie de 1 jS»
glise et donna la bénédiction solennelle.
— - Le lundi de Pâque , S. S. quitta la résidence du Va-'
ticaii pour aller se fixer kn palais du Quirinal.
PABiSt l<a châsse de saint Yincent dé Paul est exposée
dans la chapelle qui lui est dédiée ; on l'a élevée sur. une
estrade au milieu du choeur, de sorte qu'on la voit très**
bien du bas même de la chapelle^ Cette cnapelle est décorée
pour la circonstance avec beaucoup de goût. La foule uf a
pas cesse de s'y porter depuis le commencement de {la
neuvaine. Dès le grand matm , la nef çst pleine ^ et les ^d^-*-
les se succèdent tout le long du jour. Il sç, célèbre des mes-
ses toute la matinée, et le nqnibre des cpu^m^nipns efiX
considérable, l^es paroisses viennent chacune à leur tour
pour leurs stations. Chaque jour un évêque officie. pontifier»
lenicnt, et chaque jour aussi il y a un panégyrique du saint
ou un dî$coui*s sur un sujet de piété. Quelqu ujri de MM. les
Lazarîstes est perpétuellement occupé à fair^ tou<^r ^ la
châsse des chapelets et autres, objets de dévotion que pré-
sentent incessamment des fidèles. Le .mercredi .m atifti.
( 559 •)
jU*^ la BtaQphîof M ariUée k ln eb«feUe J!-bmi b9are«^
ç^Ue princetifte étoit sans suite , elle a ent^^du la messe et
a prié au pied de la .'relique. Le jeudi 29, le Roi, accQm**
Mgne de JU"^ la Dauphi^e et de Madame, duchesse 4e
Ëerri , est aile faire sa station à la chapelle. Sa Majesté e^t
arrivée à cinq heures précises ; elle a été reçue à la poi:(e
dejia chapelle pai* M. l'archevêque et MM, les prêtres de
lacongrégation de St-Latare , avec le cérémonial d'usage«
M. l'archevêque a eu rhonneur de haranguer le Roi en
ces ternies :
a Sire, les hommages solennels rendus à saint Vincent de Paul , an sein
delà capitale, sont bien capables de réjouir Votre Majesté. Les fidèles et
Bombreux babitaos de sa boiine TÎtlq de Paris se sont montrés encore , datn
oell« circoastaoee, dignes d'obéir au Koi très^brétien. En venimt él^
même se joindre & «po peuple pour véoférer les précieux restes d'un hum-
ble brétre , qui fol rhonneur du sacerdoce et Vsom des pauvres ,V. ^, pous
réveie les hantes pensées de sa foT et les secrets touchans de son ccçur.
V Sans doute, Sire, TCtre religion et votre charité n^avoient pas bésoiÉi
da c« nouveau témoignage. Les (eavres de la piété royale «t de sa muniAw
Cfoce éclatenl de toutes part» ; mais votre présmoe au milieu das iiipc|<«t«i
eofans de Vincent de Paul met le comble à leur bonheur, comme elle «st
la juste récompense de leur dévoûment , de leur reispect et de leur amour. »
Le Roi a répondu :
€ M. l'archevêque, en venant vénérer les reliques d'uu saint prêtre aï
cher k l'humanité ,' j'ai Miftout le désir d'obtf»iir pjir {son intereession le
boahcur de mes,pciipîel. Je lui demanderai ateoconfiwce de présenter 9^
î)\eu ce vœu le plus aillent de mon cceur, et je ne doute pas queues prières
né soient expucéés. » '
' Sa Majesté, conduite devant la ehisse» s'y est arrêtée
pour vénérer les reliques du saint ; pendant ce temps, on a
ehanté les pirières de la station, l'antienne et Toraison de
saint Vincent de Paul« VExaudiat, les oraisons pour le Rot
et sa famille, pour la ville et ses habitans , et pour deman-*
der le don de la charité. Le Roi est venu ensuite se placer
dans le sanctuaire pour recevoir la bénédiction du très**
Saint sacrement, après laquelle il a été reconduit par
M« Tarcfaevêque et le cierge jusqu'à sa voitui^e. Bn sortant
de la chapelle, Sa Majesté s'est entretentie quelques instans
avee le vénérable supérieur-général de Saint-^Ijazare, et lui
a dit en le^quittant : Priez pour le hûnheur de mort peuplé,.
e'eH prier pour le mien, La foule se précipîtoit sur les pas Ue
( 36o )
8a Majesté arec les plus rïreê démonstradons de Joie». Dans
la diapelle, les transports ont éclaté à plusieui^ reprises,
et c'est avec bien de la peine que l'on est parvenu à les
contenir, comme ils dévoient Tétre dans ce lieu saint. On a
pu remarquer sur le visage du Roi combien Sa Majesté
étoit émue et satisfaite.
— On a remarqué que très -peu de no3 journaux ont
parlé de la procession de dimancne. Une cérémonie si re-
ligieuse et si touchante , qui avoit mis eu mouvement la
moitié de la population de la capitale, ne leur a point
paru digne de la moindre mention* Cet hommage solennel
rendu à un bienfaiteur de riiumanlté leur a semblé sans
doute moins intéresisant que quelque banquet patriotique ^
quelque ovation libérale ou quelque sortie contre le mmis-^
tère. D'autres journaux ont rendu un compte assez peu
exact de la cérémonie que nous avons essayé de décrire le
plus fidèlement qu'il nous a été possible. Ils ont cité comme
en faisant partie des prélats qui ne sont point à Ptfris, ou
procession dans la chapelle de MM. de Saint - Lazare. Les
enfans de France ont vu la procession du balcon de la
Monnoie.
— La neuvaine pi^ur la fête de nnT^pt,ion de la croix
commencera au Mont-^Yalérieu te dimanche 2 mai par les
premières vêpres. Le lundi 3, la grand'messe et I office,
sermon et stations par les curés et le clergé de Saint-
Thomas-d'Aquin, du Gros-Caillou et de Sainte-Yalère ; le
mardi , grand'messe , office , sermon et stations par les cYib*
rés et le clergé de St-Germain-des-Prés et de l'Abbaye^
aux-Bois; le mercredi, grand'messe, office et instructions
par le curé et le clergé de la Madeleine ; le jeudi , M. l'an-r
cien évêque de Tulle officiera pontificalement, assisté des
missionnaires; il y aura messe de communion pour les as-
sociations de Sainte -Geneviève, et les instructions seront
faites par les missionnaires. Le vendredi, grand'messe ,
office et instructions par le curé et le clergé de St-£tienne->
du-Mont, et le samedi par les missionnaires. Le dimanche 9,
M- l'évêque de Garyste officiera, assisté des missionnaires^
le prç'lat prêchera et les luissionuaiics feront les stati.ons>^
( 36. )
ce jour, réunion de rassociatiôn de Saint-Joseph. Le lundi ,
jour de l'octave , grand'inesse , office et instructions par le
curé, le clergé et le séminaire des Missions-Etrangères ; le
mardi par le curé et Le clergé de Saint-Vincent de Paul.
Le mercredi 12, service pour le repos des âmes des bien-
faiteurs du Calvaire, M. Tévêque-de Nanci officiera. Nous
n'avons pas besoin dé rappeler les indulgences accordées
pour cette neuvainc , ni les prières qui se font journelle-
ment pour le Roi, ni les souscriptions ou dons pour la
construction et l'église du Calvaire.
— La fête et Foctave de Flnvention de la sainte croix
seront aussi célébrées dans l'église St-Roch. Chaque jour
lin évêque officiera; Iç lundi 3, M. l'évêque de Belley; le
mardi, M. Févèqué de Montauban; le mercredi, M. 1 évê-
que de Troyes; le jeudi, M. l'évêque de Baveux; le ven-
dredi , M. 1 évêque de Luçon ; le samedi , m, l'évêque de
Moulins; le dimanche g, M. l'évêque de Samosate, et le
lundi, jour de l'octave , M. l'évêque de La Rochelle. Le^
paroisses c(ui visiteront l'église dans l'octave sont celles de
Saint-Louis d'Antin , de Bonne-Nouvelle , de St-Ambroise ,
de St-Antoine , de Saint-Nicolas du Chardonnet , de Saint-
François, de St-Gervais, de Notre-Dame des Yictoiros et
de Saint-Germain-rAuxerrois. Le clergé de ces paroisses
fera les sermons et stations. -
* ^-^ 'Nous aviods kloiiné j^ sttr la' foi 4'autres journaux , dçs
détatls sur un projet d'agrandissement de l'église de Passy,
depuis nous avonaf reçu directement des renseignemens
exacts et authentiques. Cette paroisse n'a qu'une église pe-
tite et insuffisante pour sa population. M. le curé, qui sën-
toit la nécessité de quelque agrandissement, mit tout en
cèuvre pour réaliser ce projet. M. le préfet de la Seine fut
convaincu que la chose étoit indispensable , des devis esti-
matifs de la dépense furent dressés et discutés, ils s'éle-
voient à 5o,ooo fr. , M. le préfet proposa au conseil-général
une allocation de secours qui fut fixée à !%o,ooo fr. Le mi-
nistre de l'intérieur en promit autant, à condition que la
conimune feroitle reste. Mais le conseil municipal ayant
déclaré que ce sacriBce élott au-dessus de ses ressources ,
le. projet se trouvoit par' là paralysé. M. le curé n'a point
désespéré de la bonne volonté de ses paroissiens, et Je jour
de Pàque, au moment où ji'àfilueoce des fidèles pr«>tivoit
( 36» )
d*ui)a. manière péremptoire l'mtaffiainice de l'église , il %
fait Gonnoiire que Ifn Buccès de toutes les naesures qu'il
Avoit pu prendre alloit échouer, si on. ne sappléoit par des
dons volontaires au vote du conseil municipal. Lui-^méme
donnant l'exemple des sacrifices a offert 2,000 fr. Son zèle
f été récompensé ,. car le denier du pauvre est venu se melei
à l'or du riche , et tout promet le succès d'une souscription
qui sera un témoignage du bon esprit des habitans.
.» Un prêtre, marié 9 nomiûé Buat, qui demeuroit dani
un village auprès d'Authon, diocèse de Chartres, avoif
formé plusieurs fois le projet de se réconciliei; avef L'Eglise,
mais difféi^nsobstacles,ravoient fait différer, lorsqu'étant
venu demeurer à Autfaon mémef il v a plus d'un an, il y
est touibé en paralysie. M. le curé l a visité pbisieurs foi^
dans sa maladie, et l'a engagé à mettre ordre aux affaires
de sa consâence. Le inalade a'est confessé , et a dressé la
rétractation suivante, que nous donnons textaellemant :
r Je toamgné , Jacaiies TovMaînt Buat , prèîte et ancien curé de Saint-
Ajgtt^ âu di<MM de Alote, et-mainteniint kablunt la comninDe d'ÀvÀhmi j
diocèift 4e Chaftrei) arr^dittement de :No(^t-l»-BotnNi , dipvttamH
a'£are»et*Loir, réiracte volontaireraent, formeîleiDeDt, par conviclioivet
par obéîasance an scÛTerain pontîfe, le sermenl; qae j'ai prêté dans ma
leùnesse à la tîonâtîttttîon civile du clergé, en vertu des décréta de l'assero-
niée nationak du 37 novembi« 1790. J'en dèmamle pardon à Dieu et jr
l'Egliie notre sainte Mère, comme aussi d'avoir acandamé tons les fidètet,
SI contractant un mariage féprouTé par l'Eglise « ftt ^t.àparottiedevwii.
ieu mon souverain juge , je rétracte de la même manière rooq adhésion
et ma soumission à toutes les lois qui attaquent , soit directement , soit în«
directement, le dogme ou la morale au'enseigne l'Eglise cathoHque, apos-
tolique et romaine. Je oondamue de là mime manière que le soateram
pontife les a condamnées toutes les erreurs renfermées d«is oeUe oonstitif*
tiop Je me soumets aux Brefe des souverains pontifes Pie VI et Pie ¥11 «k»
les affaires ecclésiastiques de France, et notamment sur la constitution dite
civile dn clergé; îe promets et jure obéissance, qftant au spirituel, an
souverain pontife Pie VIII , et à Monseîgnevr Clande^Hippolyte Clause!»
de Montais , évéque do Chartres , dans le.diocèse< duquel je demeure.
Fait à Authon le 32 février i83o, en présence de M. le curé d'Autbon
et de MM. Jean-François-Antoine Anqoetil , greffier de la justice de pniz
dttdii Authon, et Louis- Charles Ménager, étaminier, mes voisins, sous-
signés avec moi.
BvAT, AvQUBTiL, L. Msiràon , MiKTiK ^ curé d' Authon.
Pour copie conforme , à Authon cç 16 avril :i83o.
Mâktir, curé d'AïUhon.
Deux jours après avoir signé cette pièce , M. Buat a ëtc
administré, il a consenré sa connoissance jusqu'à la veille
(565) ,
de 9^ mort. S» déclaration a été putAkée ilaiis ié v'Mafgt '6ik
il dem^urcMt 9 et a réjoui les gens de bien. Blie a été eônsù-
lante surtoat pour an frère estimable , cpii exerce lé ininis-
tèi'e dans le diocèse de Tersailles.
^^ A Vépoque de la mort du duc de Berri^» des jHÎères ett«
rent lieu dans tout le royaume, et pour lui et pour le reje*
ton inespéré destiné à perpétuer une tige auguste. Au mi-
lîeu'de'ee concert de vœux et de suppucatîons , M. Beau-
fretôn, curé de La Tessoualle, diocèse d'Angers, fit des
Srières spéciales pour le jeune prince, et osa réclamer
'une princesse auguste un tableau pour son église , en
rhonneur de la sainte Vierge, patron de la paroisse; ta-
bleau qui rappellerôit à jamais au^ pieui^ Vendéens, et la
fiiété de la^amillo royale et l'obligation de prier pour elle.
JVI"''' la ducbesse de âerri a fait droit à sa demande , et lui
a envoyé, au nom de M. le duc de Bordeaux , un beau ta-
bleau représentant la Présentation de la sainte Vierge dans
le temple, dont on célèbre la fête le 2i novembre« La bé*
nédictibp de ce tableau a été fixée au dimanclio ss^noyem**
bre dermer, jour où on célébroit la fête patronale de La^
Tessoualle. Le Père Brenault, missionnaire, s'est rendu
dans cette paroisse pour la cérémonie , qui avoit attiré plu-*
sieurs Tenciée^s ^es, ei^virons. A La Tessoualle seulement,-
il y a 35 braves qui jouissent d'uiïé pension à^raison de
WttTS scrviees. Jie Père Brenault a prêché ; il a plarlé dan^
soii discours des vœux que l'on forme dé toutes pàfts poui:
le jeune prince, et des espérances que sou éducation fait
CQUcevQir, et il. a terminé lui*-même p^r des vœux pour une
famille auffuste. M. le curé de La Tessoualle à fait une
fondation de messe pour vingt ans ; la messe sera célébrée
en l'honneur de la sainte Vierge , et aura pour objet de,
demander sa prptection pour la jeunesse de la paroisse et
même de tout le royaume.
NOUVELLES POLITIQTTES.
P&ut* Tabdîs t{tie tous les Français font des vœux pour lé succès de
l^MLpériitîon d'Alger, et que tous lés militaires rÎTaliseut d'anleur, il y a
des j<yûriiaux qui s'étucUent à amortir leur courage , quj blâment publique-
ment cette* entreprise , qut y voient même un sujet a accusation contre les
ministres. On publie des écrits qui sembleroient être lé manifeste du dey
(364)
^Algar. Um dépoté, M. AlnandrodcLdNmle» m U t^crt nos
loBg, un dépoté â fiiit iocérer dans les joornâux ooe répoose i
du Mpmiiettr, dont noof avons donné un extrait. Dans le syst^
t nommé tout au
ose au manifeste
5 système de l'ho-
norable membre , c'est la France qui a tous les torts ; cette guerre est en-
treprise Bios motîfi, et le ministère a prérarîqué cb ordonnant cette expé-
dition. On admire qu'un Français, un député, qui devroit plus que tout
autre travailler è soutenir la gloire de nos armes et Thonneur de notre
pays, allècte au contraire de pbi<lcr la cause d'un pirate et d'un barbare,
et cherche a refroidir le zèle rie nos soldats , en leur peignant cette cnlre-
Erîse comme une équipée ministérielle digne de toute 1 animadversion de
I chambre. Si c'est là au patriotisme, il est d'tm genre particulier, et nous
rappelle les déclamations Jieê libéraux tors de la dernière guerre d'Espagne ,
et les voeux qu'ils faisoient asses hautement pour le sncoès des armes des
révolutionnaires.
— Il n'y a véritablement que la qualité' de royaliste qui empêche Jb
bienveillance des libéraux d*étre universelle et acquise à toute espèce 4U1
monde. A voir la vif intérêt qolb prennent aux criminels qui ne savent
pas liie; à la manière dont vons les entendez rrier merci pour eux auprès
des cours d'assises, vous imagineriez que toute leur aévénté est réservée à
eeux qui ne pèchent pas par ignorance, et qud le siècle de l'enseignement
mutuel^ a éclairés do ses lumières : point du tout j|^ ils sont encore pliis sen-
sibles ; je crois, pour ceux-ci que pour les autres : témoin ce qui arrive dans
ce moment à un jeune voleur qui ne cesse de ftiire Vèimt dépoli Vàge de
quatorze ans , et qu'une yrave récidive lamène devant la cour d'asiâses de
Paris. Après avoir subi cmq années de correction 4»ns U maiaon de force
de Poissy, il n'est rentré dans la société que pour y reprendre ion métier de
▼oleur. Mais il se trouve heureusement avoir eu des relations de poète et
de prison avec le clUMwtmUr natfiaiui^Béranger , et ses vers ont eu le bon-
heur d'être goûtés par le prince du couplet séditieux : cette circonstance
n'a pas été plus t6i connue de nos moralistes libéraux» qoUls se aont pria
d'affection et de bienvelllàhce pour Ptntéressant vaurien dont hà poésie
ayoit plu è M. Béranger. Quel dommage, ont-ils dit, et quelle perte peur
les muses, si la justice alloit nous priver pour la seconde îo\s d'un versifi-
cateur qui donne tant d'espérances ! Qu'il nous soit permis de le lui recom-
mander à tous risques et périls. Si bien que les vers de ce jeune malfaiteur-
leur ont paru une circonstance atténuante de ses. vols par récidive. D'un,
autre côté, vous savez, puiscju'ils vous le répètent tons les jours, que
l'ignorance et le défaut d^enseignement mutuel sont aussi des circonstances
atténuantes que les cours d'assises doivent prendre en considération : ainsi,
faites des vers ou n'en faites pas, soyez ignare ou érudit, vous voilà surs
d'être absous par les libéraux, pourvu que vous ne soyiez pai royaliste,
et que vous sachiez vous borner à être voleur, surtout vcleur d'église de
préférence , autant que faire se pourra.
— M. de Bastouln , député de la Haute-Garonne , ayant rappelé au Boi
les preuve» de dévouement et de fidélité que donnèrent, dans l'insurrec-
tion de l'an 7, lc$ pommés Broustct .faïencier ; Bon , tisseaand \ Laporleet
Fourtaiiet , domiciliés dans l'arrondissement de Muret , S. M; a accordé au«
premier une pension de 1 20 fr. , au second une pension de 80 fr. ^ et ^n\.
deux autres , un secours provisoire de 80 et 70 fr. , en attendant la liquida,-*,
lion d'une pension.
( 365 )
. -^ M. 1« Draphin , parti 1« 26 de FonUineblMU , est airiTé le wêmé jour
au château de Menou (Nièvre], chez M. le duc de Damas, soa pfemîer
nienin , où il a dîné et couché; le 37, le prioce a continué sa route par Ne-
vers et 8*C8t dirigé sur Moulins, où il a couché. Les pas de S. A.. R. sont
toujours , comme ceujL de nos augustes princes et princesses , marqués par
des hietifaits. Un incendie ayant éclaté dans le village de Pougny , entre
- Cosnc et Bonzy, M. le Dauphin est venu aussitôt au secours des habitans ,
et leur a fait remettre une somme de 5oo fr.
-r- MM. de Lonvigny, Chabrol deTournoël, A1e«is de Gourgucs et de
Baulny, auditeurs de première cbsse au conseil d'Etat, sont nommés maî-
tres des requête en service ordinaire.
. -^ MM. Billot, procureur du Roi près le tribunal de première instance
de la Seine; Ilains, administrateur ues douanes, et Rodier, directeur de la
comptabilité générale au ministère des finances, sont nommés maîtres des
requêtes en service extraordinaire.
— On assnre que M. de Rainneville ftls est rétabli sur le tableau des con-
seillers d*état en service ordinaire. ^ .
— M. Duplessis, ex-secrétaire particulier du cabinet de M. Delavàu gi
chef delà seconde division de la préfecture de police, destitué par M. De-
belleymc, vient d'entrer an ministère de Tintérieur comme secrétaire du
secrétaire-général.
— MM. de Verneilh-Puyraseau et de-Saunàc de Portes ont réclamé
contre ^inscription de leurs noms sur la liste des députés qui ont voté
Fadresse.
— Un journal remarque que dix départ«mens n*ont fourni aucun votant
pour Fadresse : ce spnt rArriège, le Cantal, la Corrèze, les C6tes-dn-
Nord, le Gers, la Moselle, les Hautes-Pyrénées, leVar, laVaucluseet la
ViennCr Huit autre%départem«ns, au cQntraire , n'ont trouvé .aucun oppç-
ssnt àTadrease : Basses-Alpes, Aube^ Indre, Seine, Seine-et-Marue , Seiner
et-Oise, Deux-Sèvres ^ Vosges. Par un triste rapprochement, les conven-
tionnels de ces départcmens avoient voté unanimement la mort du. Roi-
martyr.
— M. de Genbude, propriétaire de la Gazetle de Prance, qui avoit ob-
tenu un brevet d'imprimeur, a cédé son brevet à M. Cuchet. Ce dernier a
prêté serment jeudi dernier.
— L'Académie française a élu, jeudi dernier, M. de Pongerville \ la
place vacante par la mort de M. le marquis de Lally-Tolencial. Il y a eu
trois scrutins; aux deux premiers, M. Ancelot avoit le plus de voix , mais
au dernier tour, les membres qui avoient donné leurs suffrages à M. Cousin
les ont reportés sur M. de Pongerville, qui a obtenu alors 18 voix contre
i5 réunies à M. Ancelot.
— M. le comte Evrard de Chastenay-Lanty, maréchal«de*<amp , ancien
membre de rassemblée constituante et du corps législatif, vient de mourir i
VâgedeSaans.
— La cour royale de Paris , chambre des appels de police correctionnella ,
s'est occupée, le 28, de la plainte en contrefaçon du Bréviaire parisien. Après
avoir entendu M- Renouarcl pour les frères ôauthier, libraires oppelans ,:et
M. Uennequin |M>ur M. Le Çlère, concessionnaire de M. l'arcnevêque de
Paris, elje a continué la cause au la mû, pour les conclusions de M. Cham-
panhet, substitut de M. le procureur-général.
( 566 )
— Lft ouur rovaU , Mtr tet copckislonf de M. B^Ml»''DeÉ^agf m , « , dhns
ion aa4îtiMie 4t jeudi dvmier, conllmié- ^r défaut les ju^anens dt| td-
bttoal correctîoBiMl t\u\ ont cinidiinnié le «leur Gitbert , ancien éditeur de*
Jm mt l ûê du eom m t ra e^ h cinq ens de priion ek 6,000 ft, d^amende , çoàir
outrafBf envert la relipon et la morale, par riusertion dana ce jjoamal
d'une pièce de Ters mtitvlée Saimt ^mignoUt $ et & lix mois de prisonr et
1,900 fr. d'eincnde, pour a^oir traité de matièrei politiques sans aToir
versé de cRutionnemenf. (Geadoux peines sont portées au iiutHmum, ak^
lendii la récidive.) La cour a confirmé également , malgré h plaidoirie du
sieur Bavtbe, Ica jugemena qui oat condamné le sienr Ctiàtelain , gérant
du Courrier françaU , à quinze jours de prisott et Soo fr. d'amende, poiif
oulragiBs envers M. Mangin , préfet de poiiee ; et à quinze jours de prison
f I 3oa fr. d'amende , pour outrages envers les niaglstrats du tribunal cor-
-^Un jeune poète, uoinmé Hippolytc Raynal, a figuré, le 27, sur les
boics de la cour d'assises , sous le poids d'une accusation de Toi av^ elTrac-:
tion chez un restaurateur. Un autre rimcur, le sieur Béranger, a été en-
fendu comme témoin dans cette afTaire. Raynal a été condamné à six, ans dç
travaux forcés et au carcan. II étoit en récidive , et d'au^nt plvis çoupaMe
que, la première fols , il a voit été gracié par S. M.
-^ La GfU9tt9.des Quttêt est citée au tribunalbcorreetioiitYel, comme pré-
venue , \^ d'avoir outragii et ^urué «p dérisioo.U leligiou de TEtat ; jf^ d'a-
voir outragé un ministre de cette religion (M* l'archevêque de Pack) à rai-
son de ses tonction«{ 3** d'avoir oOen^é la peiw)nne du m>i $ ^^ d'avoir cher-
ché a troubler la paix publique, en excisant le mépris et Uhaioedas citoyens
contre une classe de personnes (cel)e de» pspires.)
-^ I^ neur GusUard , agrégé de y Université, réd»etfuf de la OàMêtie des
^ûqUê, fsBk cité pour lundi prochain à la cour Ntyale^ jpwa Mfendre lecture
du jugement de referme contre lui randu par le conseil royal de l'ilistiiic^
tion publique. . , . , . ,
—Le tribunal correctionnel de Toulouse a renvoyé de la plainte le gérant
et l'imprimeur de la France méridionale, dans l'affaire relative à ftn^ertioft
de l'article d4i^/od«.
— Le prince de Gobourg s'occupe de fako construire enbois uua Ivibita-
tion qui doit servir de modèle 4 un« grande quantité d'auberges qu'il se pro«
|iose de iaire établir sur toutes les routée qui trav^sTs^ntla G&e,
*^ Le conseil de guerre, séant è Bourses, a condamné à un mois de prison
et 16 fr. d'amende un militaire qui avoit blessé en duel son adversaire.
— Le prince de Saxe-Cobourg est parti , mercredi matin , pour Londres.
<^M, le comte de Bourroont est arrivé à Lyon le 2a avril. Le général
ooturaan<lant la division étoit allé , avec un détadienieni dé troupes , an-;
devant de S. £xc. Une salve de vingt-un coups de canon a amumee l'entrée
dM général en chef dans la vtUe, et une garde d'honneur' fat placée à sa
norttv Le lendenain , M. de BeurmonI alfa vîsitiir leacasenieaec tous lei
éta|>lisaemenft militaires^ et continuera sa toute pour Toulon , oà il a du
antvuf le a5. .
«^On compte maintenant à Toulon 12Ô navires ide commerce, noVisés,
pour l'expédition d'Afrique. -
( % )
— Le a5 mars, M. Rigadit, capitaine de frégate devant Alger, a été chargé
d*««« aîiaMu ^ufitèê éa d9j de cttt* régence. Il Mt'entré à Âlefit en parle^
mentaire^ et» aprèa avoir eu «&• longue conférence avec le oey) il en est
ressorti aussitôt pour se rendre en toute hâte àTunis. Rien n'a encore trans-
piré sur Tobjet do cette mission.
-*- Quelqnes journaux avoient annonce que le parha dlEgypte envoyoit
tittc armée pour conquérir Tunis et Tripoli, M. le ministre des affaires
étrangères a écrit & la chambre du commerce de Marseille que cette nouvelle'
étoft fausse.
— Le transport kDr&madaire, commandé par M. Briet , est parti pouf
Alexandrie, où il va prendre les deux aiguilles de Cléopâtre, dont le vice-'
roi fiPEsypte fait présent au Roi de France. ^ '
— raTcavia, secrétaire de l'ambassade d'Espagne à Paris, a été nomméi
p9(r son souverain ambassacleor à Stockolm. ^ '
— La cour royale de Cacn, justement affligée des nombreux incendies qui '
désolent l'arrondissement de Vire et une partie du département de la Man-.
cbe, et voulant de tout son pouvoir aiTdtcr ces excède la malveillance et
cafaner les inquiétudes publiques , vient d^évoquer la ccmnoissance des £sits
qui se rattachent à ces incendies. Elle a envoyé une députation sur les lieux,
et a obtenu dti ministre' de la guerre Tenvoi d'un détachement de la garnie
son de Granville.
— Hans la nuit du 20 avril , lé rai d'Espae&e a éjprouvé une attaque de'
goutte assez violente , mais dont les suites ne donnent aucune inquiet ude.
— D'après des relevés authentiques faits eu Prusse en 18:28 , on a compté'
dans ce royarime 8,233 sonrds-tiiuets sur les 12,726,813 habîtàns ,' ce qui
fait un sourd-muet sur 1,548 individus.
— D'après une enquête laite à Manchester, par ordre du ministère an-^
glais, il n'y. a pas moms de 20 sectes religieuses dans cette ville. EHes com-
teiit 6] ,961 prosélytes. Les catholiques y sont avr nombre de i?(l,736, et le
sȏdenbfrffisme y B ot^. tectnlean.
— Dana ia nuit du 3i mars au t** avril , un vol avec effraction'a été cèm-
jnli dans redise deVelm , canton de Saint-Trond (Belgique). Les voleurs^
06 sent introduits dans l'égHsc par une fenêtre et au moyen d'une échelle de
cdtde. Ils ont forcé le tronc , en ont enlevé la valeur d'environ 22 florins elf
Aeifx couronnes d'argent qui décoroient l'image de la sainte Vierge.
— Le navire l'Amérique, parti du Havre pour porter au Guazacualco
(Mexique) des ouvriers qui vont y former une colonie, a édioué auprès de
sa destina^tion. Heureusement on a pi sauver ces passagers.
•^ Au mois de février dernier^ Ici bases d'une WHivelle conititutico ont
été proposées ;mi oongnès di) Bogota, et approuvées. On t reiiian|tte qiie la
religion catholique sera seule permise , et que , de tous les fonctionnaires ,
le président de la république est le seul qin n'est pas responsable. Une
C«Hnn^ipWn ^ Àé nomaoé» po^r se rendre à Venezuela, afin de tâcher di'em-
pécbeir |a ^éparatioi^ de cette province de la fé|puUM|M« de Çolo»b«ie. .
^hm doondâfTH éa intcati à vdpemr Sèim Mêc Ofwféi^ ont^revé tfn*
moment où ce navire passoit devant Memphis , sur le MiiâMipU' SéÎMpt*^
sonnes qui étoient à bord de ce bâtiment ont été tuées, seize ont été blenséet
molf^fiseqt et onp^anlr^ vwm» cn^urtiment : un grand nombre d'autres
passagers ont été jetés à l'eau par l'effet de l'explosion.
( 566 )
•-^141 ouur ro«aU , Mtr tet cooekiilonf de M. Béf^^
ion aa4ttiMie Je jeudi dvn»i«r, cotillniié - par -ff- " jmràimmè aiwe Vhistùim
bttQal correctioBiMl qui ont ouiid«mi« le wtf/ ^le, par Vabbé Dard.
oolrac^i enTcn U tvlipon ^ la mJ^. -""*'* dimcDaion représente
dune eiica de vers kitiuilée Saimt W, ' T ^""l ^^H^^^^^i <'^^
i,30oVr. d'enetide, pour aroirt**»./ .ue branche, on ludiiiuc. les non»
w«é de cautionnemelir(Ccade«- ' ; l^H»* «' le. pnncipaox cvene-
M»du la f^îdive.) La cour a cor ' et Jr««r est une espèce de concordance
•ieur Bartbe, les jugemena ^' ^Ic "*^*'* ' ^ * """^ '"''^
ouâraoet envert M . Mannr* <^^^' deux tableaux représentent la suite des
fl 3oo^. d'ameadie »o? '*» **!** ^^ '■®" ^* France, les écrivains sacrés,
tectiouiêl. • ' /^ béiésiarques, tout cela est rangé suivant roidr»
/ .niiipagué de notes historiques.
-- IJn leone V^^jj^a en est un autre présentant la table chronologique et
IMBCS de la cour a - ^Qq» ecclésiastiques; on indique leur principale qualité,
lion cboz un vef /^^ ^i leurs principaux ouvrages. Au-dessus de h carte est
♦«I " *^w * '^fi^^. *' ***• hérésies rangés par siècle , et an-deasous la suite
nimiiix ron/ ',^omaiiis et des rois de France, disposés aussi par tiècle.
que, iaprr -/g^t méthodique, et ce nW pas un roédiocrc avantage que
— L^ A^)i ainsi sous un coup d*œil les noms et les faits qu'il Importe de
venue, ^i la mémoire. V Arbre saùu convient aux écoles et étabbwemens
voîro /^n-
son r ^ , chez Méquignon-Havard , rue des StS'Pères , n^ lo.
ché 0' ■
co
^nt iTiMCtnt de Paul et Madame Leyrasi deux gravures qui peuvent
JTIc pendant Tune do Tautre. Saint Vincent de Paul est représenté dans
{^e assez avancé , mais sa physionomie a encore beaucoup d'expression.
M reconuott dans ses traits ce roélanf,e de douceur, de zèle et de charité
^0t son nom seul réveille le souvenir. Louise de Marillac, dame Lmas,
fat une des plus zélées coopératrices du saint prêtre ; elle est représentée ici
({ans son costume, et sa fi^re ressemble aux portraits qu*on en a conser-
vés. Ces deux gravures , qui sont dues au burin de M. Fromanger, phnont
aux âmes pieuses ; elles sont de i fr. chacune , et se trouvent à Pans, chez
Ûoblet, quai des AugUslins, n° 19.
Hymne à saint V%ncent de Paul, à de%uù voix, avec accàmpaptemeni d'or-^
eue ou de piano. Les paroles sont de M. Lacombe et la musique de M. Fa-
laudry. Ce morceau de musique gravée est du prix de 1 fr. , et se trouve
chez Leduc , marchand de musique , rue de Richelieu , n** 78.
La personne qui nous a envoyé 90 fr. pour étie distribués en différentes
bonnes œuvres, est avertie que ses intentions ont été remplies et qu'on a
encore en réserve une somme de 25 fr. , dont elle peut disposer comme elle
le jugera convenable.
<■
\
REDi 5 Mil f83o. " ; (N*» 1642.)
^tiùnnaire, ou Lettres à mon fils sur Ica
les effets de îa ré^oliLtion française^ f»ai*
■w. Lj
* ;^ .j««8 , dit rauteur, se suai întroduUe« chez la {^én^rAtîoik
^ iciées «oat que les humilies eréetit tout daiis k formation de»
^ .es idées sont que les homraes oot le droit et le. pouyoit de qhan-
vilonté les îustitutions politiques, et de faire, suivant leurs capri^
, des républiques ou des monarchies; ces idées sont que les hommes'
ooot des léfiiélateurs, et peuvent 'labiiquer des lois €^d«i<»BstitiitioiM,
oomme ils tout des maisons efc des meubles»
V Si un particulier étoit asse? fou pour .vouloir changier les lois de soi|i
Organisation physique; s'il Youloit se couper les artères pour ouvrir une
nouvelle distributiou à sou sang , ou se rompre les membres pour leur don-i
ner une meilleure direction, on s'empresseroit de le lier et de le)<enfer-^
mer 5 mais, comme pour ks^nstions il n'existe pas de P$Ê6ies ->Maisùns^ il
faut chercher d'autres moyens de guérison.
39 L'état (Taveuglemeut où est tombée la génération actuelle provient de'
beaucoup de causes , dont les principales sont les prédications irréfléchies
des philosophes, la cotifusion introduite dans le langage, l'égarement des
intelligences amené par ces prédications et cette contutuon , k folblesse ou
l'ignorance des possesseurs suocessifs d« l'autorité, et l'eiicottragement«
donné aux passions personnelks par les doctrines çiouvellesi. Ces cans^
peuvetit se ramener à un fait qui, plus que toute autre chose, a favorise
son développement : ce fait est lé JétrAnément de Dieu comme maître' de
l^unirers, <t son remplacement par la raison de l'homme. La souveraineté
de k raison humaine, Toilà le dogmequk agite et sodièye les naïkious; e'est
ce dogme que je viens eom^ttre. »
L'auteur a rempli son plan dans une suite de lettres qui
offrent une grande variété' dé sujets. La première, toute
historique, présente en abrégé un tableau de la révolu-
tion depuis 1789 jusqu'au second retour du Roi en i8i5;
M. Taillandier s'y attache moins aux faits , dont il rappelle
cependant les principaux , qu'à Tesprit (|ui animoit les ré-^
volutlonnaires. Il les montre poursuivant rexécutîon fie
leur plan à travers le désordre et le sang, et ne reculant
(1) Deux vol. in-S" , prix, 12 fr. et i5 fr. 6p c- franc de port. A Paris,
chez A.dr. Le Clere et compagnie, au bureau ce ce journal.
Tinne LXill. L,*Amifk ia Reiighn H r/u RffL Aâ
( 570 )
detant aucun crime. Telle fut la politioue des premiers
iiMleors de la rëTolntion , et encore pins oe la GonventioD ,
da Directoire et même de fiuonaparte, qui, en contra-
riant la inarche de la révolution sur quelques points, la
continua sous d'autres.
'Sans les lettres suivantes , Fauteur traite de la nature
deSj corps politiques, du principe de l'association fran-
çaise, de la destruclion des trois ordres, de la nouvelle
distribution des biens, de ro^nnion publique, etc. Les
septième et huitième lettres sont un examen de la consti-
tution de 1791 , examen un peu long peut-être pour une
constitution abolie, et qui a vécu si peu. Mais l'auteur
discute là des questions importantes sur le contrat social
et sur le système représentatif. Il regarde la constitution
de 1791 comme une source d'égai^ïnent et de corroptioù,
par les faux principes qu'elle a mis en avant et par les
doctrines qu'elle a consacrées. Il va jusqu'à dire qu'elle a
détruit la reUgion en France, pavce qu il i-egarde la reli-
gion comine ne pouvant exister avec un clergé dépouillé et
avec le décret de la liberté des religions. Tout en recon-
noissant avec lui que ces deux mesures ont été fatales à la
religion, nous n'en tirerons pas tout-à-fait les mêmes
conséquences. Nous ne pouvons croire qu'il n'y ait plus àé
icUgion en France, comme le dit formellement M. Tail-
fancuer, quand nous voyons tout ce qu'elle y produit en-
core de vertus et de belles œuvres , au milieiv,4^s 6ca(n(\a\çs
et des insultes auxquelles elle est en butte. Il n'est pas
heureusement au pouvoir des gouvernemens de déraciner
entièrement la religion dans le cœur des peuples , et si d^
mauvaises lois peuvent diminuer son influence ou luêine
contrarier son action , elle porte en elle-même un principe
de vie qui la soutient contre les erreurs du pouvoir et con-
fia le déchaînement des passions.
L'auteur a consacré les lettres qui suivent à considérer
la journée dû 10 août 1792 et ses causes, la proclamation
de la république , la Inort du Roi, le règne de la Conven-
tion et les révolutions dites du 9 thermidor, du 18 fructi-
dor, et du 18 brumaire. Il soulève là de hautes questions
politiques et exauiine entr'auties cet axiome , qu'il faut
marcher avec son siècle , et ce qu'on nous dit du progrès des
lumières; té qu'il dit à cet égard nous a paru p^in de sens
( 571 )
et de droiture. Il fait toucher au doigt rabsnrdîté de ces
illusions orgueilleuses et de ces déclamations banales avec
lesquelles on insulte follement à la sagesse et à Texpé-
riençe des siècles.
Le second volume ouvre par la seizième lettre, qui a
pour obiet la liberté de la presse, que l'auteur regarde
comme la principale cause. de la révolution. Là l'auteur
traite de la faculté de penser, du droit des tribunaux sur
la pensée, de la liberté de publier toutes ses opinions, de
la censure , de l'exemple de rAnfi|leterre , etc. On pourra
trouver l'auteur un peu sévère dans les jugemens qu'il
porte sur une nation voisine et sur sou gouvernement,
mais on sera de son avis sur les funestes effets do la liberté
de la presse. Il remarque fort bien que la liberté de la
presse peut exister en Angleterre, et que cependant la li-
berté de la presse peut n'eu être pas moins une institution
fort dangereuse; de ce que les Turcs vivent avec la peste,
dit-il, on n'en a jamais conclu que la peste fut quelque
cbose de désirable et de salutaire pour une nation. Tout
ce que nous voyons nous apprend quels sont les résultats
de la liberté de la presse, et la suite nous fera mieux voir
encore si un gouvernement peut vivre long -temps çivqc
une cause de désordre si active et si féconde. * '
Les dix lettres qui suivent sont employées à un examen
de la Charte , dont Fauteur discute tous les articles l'un
après Tautre. Il commçnce par des réflexions générales sur
cette grande concession et sur les raisons par lesquelles on.
l'a motivée, par exemple, que les temps sont changés, aue
les nations sont éclairées, que les hommes ont besoin d un
nouveau régime , et qu'il n y a de salut que dans le gouver-
nement représentatifs M. Taillandier croit qu'il y a beau-
coup d'illusion dans ces idées , qu'on s'abuse sur ce qu'on
appelle le vœu du peuple, qu'il n'y a point de vœu du
peuple, ou du moins que ce vœu est impossible à bien con«
noitre. La Charte, dit-il, peut être envisagée comme con-
trat, ou comme acte de concession, ou comme ordre de
l'autorité, ou comme œuvre de raisonnement. Sous tous
ces rapports, l'auteur se permet de trouver à y reprendre;
çependaut en exerçant sa critiaue sur des matières sidér-
iicates, il ne veut point que sa aoctrine altère la reconnois-
sance due au feu noi pour les Ubertésqu'il a actordoes k
Aa2
(- 3^2 )
son èéUple ha forme th la donation peut être vicieuse y dit-il,
It hvtnfaxt du donatenf n'est' pas- équivoque; vous reconnottrez
dans la Charte, comme dans tous les actes émanés du Roi,
la bieni^eiUançe et la générosité qui c€iractérisent la race des
Bourbons,
Nous ue poiirriotiB ni ne voulons stiîrre l'auteur dauii
son examen de cbacUn de^ article^ de là Cliatte. Cet exa-
men est fott long, le sujet est fort délicat, et nous n ^ose-
rions assurer que Tanteur n'ait pas qucK^uefois outré ses
doctrines et poussé trop loin la sév^érué de sa critique, tl se
permet même de blâmer les premiers articles sur les droits
publics des Français , et n'approuve que le 4* stir la liberté
individuelle. Son jugement sur les articles 5, 6 et 7 de là
GhaVte rentreroit davantage dans le cei*cle des matières qui
nous occupent. Sans entrer ici dans le fond de la question ,
nbus remarquerons seulement que les ennemis de la reli-
gibn ont abusé de l'art. 5 de la Gnarte pour énerver Tart. 6;
ils ont même imprimé que ce dernier n'étoit qu'une vaine
ft>i*mule, une espèce de complément, tandis que l'autre
étôit fondamental. Ainsi tout en célébrant la Charte , ils
l'interprètent à leur gré, et en suppriment sans façon ce
qiii contrarie leurs j)réventions et leurs systèmes.
Après son examen de la Charte, l'auteur revient à la
itnite des faits historiques; il parlé du 20 mars , de ses cau?-
Éés^ de l'influence des journaux , du second retour du Roi,
de l'ordonnance du 5 septembre 18 16 et de ses effets. Il ii'«
^as de peine à faire voir combien cette ordonnance a été
fatale et combien le système suivi depuis pendant trois oa
duatre ans a contribué à fausser les esprits et à affoiblir
rautortté royale. On vit alors les ministres du Roi renou-
veler la faute commise en 1788, sous le ministère de Nec-
ker, c'est- à- dire, combattre l'influence des amis les plus
dévoués du trône et préconiser les hommes et les maximes
dont la monarchie avoit le plus à craindre.
La trentième et dernière lettre de M. Taillandier est
presque tù\iie entière sur la religion ; elle nous donnent
lieu de faire quelques observations que nous sommes forcé
de renvoyiïr à un autre numéro. Nous y joindrons quelques
citations et un juganent général «ur 1 ouvrage, nous bor-
nant aujôuiTl'hui à lôuér le zèle de l'auteur contre les maxi-*
mes révolutionnaires et contre des systèmes qui ne sont pàf
i ?75 )
moins pernicieux à la spçiç'té qu'j^ l» religipijv La, feçraclié
d'un écrivain qui n'a point sacriàé aux opinions du jour,
et qui, au contraire^ lutte çoiitre elles. av^ç courage, fajj;
autant d'honneur à son çarçictèré qu*à àon jugement.
. . — - -. i m i rH i<B»<Bg||»ii I . * . .». . ..
Paris. Le concours à la chapelle de St-Yîncent de Paul
a été en croissant jusqu'à la fin de la neuvaine. Dès quatre
hçures du matin, des fidèles attendoient qu'on ouvrit les
portes, et l'afiluence duroit depuis ce moment jusqu'à sept
heures du «olr. Sans doute dans ie nombre il pouvoit se
trouver des personnes aue la seule curiosité attiroit, mais
on voyoit bien que la plupart avoicnt un autre motif. Leur
posture recueillie annonçoit assez qu'elles venoient vénérer
la relique, faire les prières de la station et (xagner les in-
dulgences. Dès les premiers jours , la nef ne suffisoit pas à
contenir la foule, et MM. de Saint -Lazare, qui se sont
prêté avec une extrême complaisance à la piété des fidèles^
ont bien voulu permettre qu on entrât dans le chœur, qui
étoît constamment rempli le matin. Des messes Lasses s^
succédoient au maître -autel et dans les chapelles, et on
estime le nombre des communions à 4900^* Chaque jour,
cinq paroisses y alloient pour les stations, qui se ïaisoieut
avant la grand'messe ou avant vêpres; car il y avoit grand
office tous les jours. Le lundi 26, M. l'évèquc de Baycux a
officié; le mardi,- M. l'évêque de Ghâlons; le mercredi,
M. l'évêque de Moulins ; le jeudi , M. l'ancien évêque de
TuUe; le vendredi. M, l*évêque de Nanci ; le samedi ï**,
M. l'évêque de Belley; le dimanche, M. l'évêque de La
Rochelle , et le lundi , dernier jour de la neuyaine , M. l'ar-
chevêque de Paris. Les mêmes prélats officioient aux vé-
Sres, qui étoicnt suivies du sermon et du salut. Les pré-
icateurs, à dater du lundi , ont été M. l'abbé Collin, pre-
mier vicaire de l'Assomption ; M. l'abbé Landrieux , curé
de Saînte-Valère et du Gros- Caillou; M. l'abbé Longiu,
éuré de St-Loùis d'Autin ; M. l'abbé de Monté», aumônier
dx la Conciergerie ; MM. Defargc et du Guerry , M. l'abbé
(M)
TreiraaXy chanoine' de la métropole, et M. Tabbë Olïrier^
curé de St*Etienne. Les discours étoieût presque toujours
le panégyrique du saint, dont en effet la vie a été assez
fleine pour fournir une ample matière à plusieurs orateurs.'
In tout f cette neuvaine a été singulièrement édifiante , et
au milieu de tant de sujets de crainte ou de douleur , c^
se succèdent parmi nous, elle a offert un spectacle bien
consolant pour la piété.
-^ Ls samedi i*' mai , M. l'archevêque de Paris a fait la
consécration de la nouvelle église du Gros -Caillou. Cette
église, si nécessaire pour un quartier dont la population
augmente chaque jour, étoit terminée depuis trois ou quatre
ans, quant aux constructions, mais les décorations inté-
rieures avoi eut été retardées par le manque de fonds. Le
maitre-autcl est en marbre. L'église n'est peut-être oas
aussi grande qu'on pourroit le désirer, mais elle est plus
longue que celle de Bonne-Nouvelle récemment consacrée.
Il est à regretter qu'on n'y ait pas pratiqué des chapelles
mieux disposées. La cérémonie de la consécration a .été
semblable à celle de Bonne -Nouvelle, dont nous avons
rendu compte il y a peu de temps. La nouvelle église est
sous l'invocation de salut Pierre. M. de La Bouillerie,
intendant-général de la maison du Roi, qui demeure sur
la paroisse, et M. le maire de VarroÂdissement , assistoient
à la cérémonie, qui a été terminée par la grand'messe cé-
lébrée par le curé. M, l'abbé Landrieux. On sait que cet
estimable ecclésiastique gouverne les deux paroisses de
Sainte-Val ère et du Gros-Caillou.
— Le jeudi 20 du mois dernier a eu lieu la bénédiction
de la nouvelle chapelle de la maison de Saint-Nicolas, à
Vaugirard. Cet établissement qui , depuis quelques années,
occupoit la maison .n<* 6 , Grande^Bue de Vaugirard , va être
transférée n* 58 , même rue , dans un local vaste , commode
et entouré de jardins. Les réparations nécessaires pour les
distributions intcriieures de la maison demandent encore
deux mois, on s'est décidé à. terminer la chapelle , et M. l'ë-
vêque de Tempe a^ien voulu en faire la bénédiction le
ag avril. Le prélat étoit assisté de M, le curé de Vaugirard,
et un grand nombre d'amis et de bienfaiteurs de la maison
'se sont empressés de prendre part à cette pieuse cérémonie.
On se réjouira de voir un si utile établissement prospérer
( 57Ô )
de plus en plus et prendre nne extensioix nouvelle par les
soins de généreux protecteurs et sous la direction sage des
Frères des écoles chrétiennes.
— Il y a long-temps c^ue l'église paroissiale de Merdri-
gnac, diocèse de Saint-Bneuc , menace ruine; on en démo*
lit la tour en 1808 pour prérenir les malheurs qu*eût pu
causer sa chute. Depuis y elle xi*a point été rebâtie^ Le conr
seil de fabrique demanda il y a quelques mois , à M;, l'évè-
que et au préfet, que l'édifice fût visité par un architecte >
et sur le rapport de celui-ci , Téglise a été interdite. En at-
tendant sa reconstruction ^ les offices se font dans une cba-*
pelle beaucoup trop petite pour la population. La prudence
commandoit ae prendre ce parti, dont l'exécution a essuvé
des difficultés. Les principaux propriétaires veulent que la
nouvelle église soit dans la ville , et la vieiHe en est à un
quart de lieue. Plusieurs paroissiens s'opposent au change-
ment par un attachement naturel pour leur ancienne église
et pour un cimetière où reposent les os de leurs pères^
Gomme la chapelle provisoire est en ville y une. partie des.
habitans de la campagne témoignèrent du mécontentement
lorsqu'il fut question d'y transporteries objets nécessaires.
Il y eut un attroupement , et on s'empara des clefs. Toute-
fois le désordre a été fort, exagéré. IJjiuxiUaire breton, qui.
paroit À Rennes y a parlé de cet événement le 3i mars, maia
^l a eu la bonqe fol d'insérer, le 3 Avril, une réclamation
de M, le curé de Merdrignac. Un journal de la capitale,
qui avoit aussi grossi les faits dans son numéro du 25 mars,,
n'a point voulu admettre la lettre du sage pasteur; ce que
celui-ci regrette d'autant plus , que d'autres journaux de la
capitale , entr'autres le Journal des villes, et des campagnes,.
ont reproduit l'article inexact du Journal des débats. M. lo
curé ae Merdrignac nous prie donc de rétablir les faits ^
pour Thonneur de ses paroissiens :.
A M, le rédacteur du Journal des déhatsi.
« MoiMieiir, vous iiYez été induit en eireur sur les troubles qiû ont affliges
Merdrignac (G6te8-du-Nord) au commencement du carême. Le petit ar-
ticle (jue vous y avez consacré, sous la date du a5 mars, dit que Téglise
est située en dehors de la commune; elle est, au contraire, presque au
centre. On y lit que le maire, conformément aux ordres qu'il avoit reçus,
voulut s*emparec de^clefii, que le curé fiU tnipécbé d» IcanspoUtr les 1
( 576)
«MMsipvr lift t JÀW tffmmt. dt |4u9 4» 909 mdiriàm «i aMi|;é de dMrchét
fMi sajut d4«i la fuiU, aue U geiuJariDCKke £ijt icpipHée, qv^e M^ U JQg(^
d'instraction et M. le substitut du procureur 4u Boi obUnreut avec jbeaa*
coop de peine que les clefs fussent remises an curé.
vld. M ndîre n'a poinl figuré dan» ooltf alEnv«, pour des ra'ij4na que
M. leprcJBt du département a .approuvées. LorsquejevouIuafraDSDurtes
^ans.la chapelle les vases sacrés, jl n'y eut pas trente individus à s )| op«
poser, ftt leur opposition même n'étoit piks bien formelle. Ils me sup-
plioient, ils pleiiroient; ils m'embrasaient. Ils ne me firent anciine meimce;
MMii Je ne clwDcbai point dans la fuite nM>n sahit, qui n*étÀit point en
Ranger. Il ieiir fut facile de s'emparer de» defs après mon diipart;.je k»
a^ois laiesces aux portes, et ils me les apportèrent acuii -mêmes ayant l'ar-
rivée des autorités judiciaires. La gendarmerie ne fut point repoussée ; l'at--
ftt>upcment refusa, seulement de se rendre amt sommations qu'elle lui fit.
» Il faut dire jiiMe : quelqtieâ-ute de mes prcnanens ofrt es des forfa{
iMÎs oe«ix qui Ita ont fKagerés ont bien auMÎ quelque cbèse à se reprocher^
. » Je voua prie » Monsieur, d'insérer ma lettre dans votre prochain vuméio,
a Jlesiiiavetc^,
SovGHVT y chanoine curé.
— Vue mesure; importante a été prise clernièretnent par
tapport à la nomination deH évé(|ues catholiques en Irlande^
On avoit craint long-tetnps que le gouvernement anglaîa
ne voulût exercer une innnence au moins indirecte sur
cette nomination; mais le bill d'e'mancipation indiquant
3 ne le ministère avoit renoncé à ce projet, les évêques
Irlande se $opt occupés d'un mqde de nomination qui
conciliât le plus grandT avantage du clergé avec les droits
du saint Siège. S étant assemblés à Dublin, au mois de
février de Tannée dernière, ils arrêtèrent une lettre au
Pape sur le mode actuel d'élection j et proposèrent un nou-
veau plan , dont voici les principaux articles : A la vacance
d*un siège, le métropolitain écrira au grand-vicaire éluca-
notuquement de convoquer les électeurs, nommément les
Srêtres de paroisse qui De sottt point liés de censure, et
ont la possession n'est pas contestée. Ceux-ci se réuniront
le 2o« jour après la date de la lettre du métropolitain, et
nommeront trois sujets dignes sur lesquels U saint Père eu
choisira un. te vicaire convoquera les électeurs dans les
Dspiit. Chacun des votans déposera son vote dans une
^r^e^ en indiquant d*abord celui qu'il juge le plus digne ^
(577)
dif^jiAr Le» apattiB poocrent vo|er en 'certains cas. L^ BÔà}^
mé dflTra excéder ku inmtié dit' nombre des v^ns. On
dresserà prb€ès«*ir^nbal de la séance ; une copie sera envoyée
à- Home par. le gnuid-rvicaire , et i*aatre par ie métropôii**
tain et ses -suifragans assemblés, c|ar donneront en u;eme
teHKp»;lettr avis moti^vé sur les -sujets; Si ceux-ci' ji^genf
qa'awnin dés 'trois candidats ne smérite d'être promu, ils
eh îhstffutrolit liesaihtPère et le prieiN^nt de solliciter Feii**
voi' de trots aaiti^es noms.' St le& électeurs • persistoient à
proposer. les mêmes personnes, le souverain pontife îiom^^
mevbit alors un évêque. Tons les sujets recommandes act
saint 'Sièce dcÂvent' être nés en Irlande ^ et distingués par
lear ^délité an souverain <, leur conduite^ leur piété et
leurs connoissances. Pour la nomination d'un coadjuteuF
avec' droit: de succession 9- on observera les mêmes fomies;
mais J'étéque auquel il s'a^proât de donner un coadjuteur
remplateroit.le m^mpolitain et auroit les mêmes droits
et privilèges. €e qui acte dit du inétropoiitàin s'applique**
rok au plus ancien suffragant , dans le cas de vacance d une
métropole. Ce projet fut signé le 17 février 1839, paries
archevêques d'Àrmagh , de Dublin et de €asheL II paroii;
qu'un autre plan fut envoyé à Roiiie par l'archevêque do
Tuam, qui proposoit d'assembler les chapitres , si le saint
Siège neiugeoil {>as à propos d'adopter le projet des trois
préktts, Un rescrit du :»o juin annonça que, le premier do
ce mois, la congrégation de la Propagande avoit adopté
le plan des évêques avec les modifications suivantes 1 Là
où il existe un chapitre, ses membres seront convoqués
comme les prêtres de paroisse. En s'adréssant à Rome ^ on
nie prendra* le |M>m qi d'élection , ni de nomination; ni de
postulation » mais de simple recommandation. Dans le do-»
cument envoyN^ à Rome , on ne fera point mention des dé-
tails du scrutin, ni de la dignité relative des sujets, mais
seulement de leur capacité et de leurs autres titres. La
lettre sera dans la forme de pétition , sans que le saint Siège-
soit obligé de choisir aucun des trois sujets. Si les évêques
pensent qu'aucun des trois ne mérite répisoopat ^ alors
ptulôt que de recourir à une nonvellé réunion du clergé ,
le pape nommera l'évêque.
r— IJn petit libelle contre la religion catholique ayan^
( 37« )
paru à Charlescon (Euu-UnU) j tout le titre de Caiéchisme,
M. Engknd , éTéc|ae catholmue de Gharlestop j entreprit de
montrer qa*il étoit plein de tooisetés j et inyita M. Bowen ,
ëréque anglican , à retirer nn écrit crai pouyoit altérer la
paix entre lei deux cominantons. M. JBowen sentit proba-
olement, comme d'autres prbtestans sages, qu'un pareil
pamphlet prësentoit d'une manière fort infidèle les prind-
pes et les sentimcns des catholiques. Le livre fut retiré de
la circulation. Jusque-là tout étoit dans les bornes de la
modération. Mais un écnyain qui prit le titre de protestant
eaihoUque essaya de prouver les allégations du libellé»
M; Englaud voulut repousser une attaque qui relomboit
sur lui comme sur les catholiques. C'est ce qui a donné
lieu à dix -sept lettres du prélat en réponse à cinq essais
flui avoient paru dans le Messager de l Et^angile. Il y con-
firme les raisonnemens qu'il ayoit développés précédem-
ment dans treize lettres au même M. Bowen. m. England
continue avec beaucoup de zèle la publication du CaihoUc
misceUany, où il insère d'excellens articles de controverse.
De nouveaux journaux catholiques viennent de commencer
aux Etats-Unis. Nous avons parlé du Jésuite, qui a paru à
Boston. A Baltimore, un autre journal a commencé au
mois de janvier, sous le titre du Métropolitain, ou Magasin
catholique du mois; l'arcbcvêque .^ncoui*ageoit cette entrt^
Srise. Le premier numéro, en ^o pa^es in-8*, renfermoit
es articles de discussion , des nouvelles , des détails sur le
dernier concile et sur les pieux établissemeus de Baltimore.
Un autre journal, sous le titre de la Presse catholique, pa-
roît à Hartford , dans l'Eut du Connerticnt. On se propô-
soit d'y dissiper les préjugés répandus contre les catholi-
ques et de faire connoître tout ce qui pouvoit intéresser la
religion.
NOUVELLES POLITIQUES.
Paus. Uo journal qui trayaille de son nîeux à afToiblir Taurorité loyak,
inyoaue perpiétuellement les sermeus de Reims. CUarles X , Jit-il , ne sau-
roit être parjure; il respectera cette Charte qu'il a juré do inainteuir, il
repoussera toute idée de coups d'état et de yioleoce. Non , sans doute , un
Bourbon ne jauroit être parjure : Charles X a juré de faire le bonheur de
(579)
son peuplo ; il lé fera. Mais si on tonnioit contre loi ses propres biénfaitoy
laissera-^Hl des ingrats triompher? Ils loi parlent toiqcNirs de ses sermen»;
mais eux ont-ils oublié les leurs? n*ont-i» pas juré Bdélité au Bk>i?Ct -
serment est-il moins sacré pour eux que les serraens de Reims ne dgirepî
l'être pour le Bm? Ce serment leur donne-t-il le droit d'insulter chaque
jour à Tautorité dn Prince, de lui donner d'insolens conseils , de traîner ses
ministres dans la boue, de te forcer à en chëtstr au gré de la (action , dé le
menacer, s'il s'y refuse , d'un refus du budget? De bonn» foi , est-ce ainsi
que Louis XVIII a entendu la Charte? et lorsqu'il a fait cette grande con-
cession, a-t-il compris qu'un parti s'en cmpareroit pour faire la loi a son
successeur et pour nous conduire à «ne révolution? Que ces gens-là tien-
nent leurs sermens , et Charles X gardera les aiehs.
— Ce n'est pas sans raison qu'un oomité^irecteur a été donné aux libé-
raux pour les maintenir dans les bonnes voies* Réunis, ils ne valent déià
pas grand'chose; mais isolés, «e n'est rien du tout. Une fois qu'ils ont peroa
de vue le cabaret des Vendanges de Bourgogne, et que la société j1m(s-<os*
n'est plus Ik pour les aider, ils tombent dans la sottise et commettent des
bévues énormes; témoin ce (fm vient d'arriver à l'honorable M. de Kambu-
teati. Iléfoît parti de Paris bien muni de notes et instructions pour régler
8» conduite et ses discours; quand il n'auroit lu que le Courrier français
ou le Journal du commerce j il devoit savoir combien le comité- directeur
tenoit à ce que ce ne fut pas la chambre des députés , mais bien la France ,
mais bien le pays, comme ils disent , qui fût censé refuser dé concourir avet
le Roi : point du tout ; le voilà qni ouolie , au milieu des fumées d'un bai>«
quèt patriotique , la leçon qu*on a faite aux 221 avant leur départ. En ré*
pondant à je ne sais quel toast des associés bretons de Màcon , il se met
tout à coup sur son bien dire , et leur explique franchement do quoi il étoit
cas dans la malencontreuse adresse de la chambre. 11 n'y cherche point (jle
biais ni de détours ; il ne prétend point , comme le Constitutionnel et le
Journal des débats, que l'adresse n^a fait que constater Topinion et les
douleurs du pays, et parler pour le compte de la nation : non, il y met
plus de conscience, et déclare nettement que c'est bien la chambre qui»
sciemment et de dessein prémédité, a entendu frapper de mort un minis--
iére incorrpatible qu'elle ne pou voit endurer. Or, voilà ce que c'est que
d'être privé des bons conseils et des bonnes directions de la société Jide-tof}
on manque de tactique , et l'on ne fait plus que des sottises :
Intima cùm verax aperit praecordia liber.
— M. le Dauphin est passé le 28 , à trois heures , àTarare , ou il a été ac-
cueilli avec le plus grand enthousiasme par les antoritéa et la population.
S. A. H. s'est entretenue avec beaucoup de bonté avec MM. Mesnet et Gil-
bert , curés de la ville. Le prince est arrivé le soir à Lyon. Une nombreuse
cavalcade déjeunes gens de la ville étoit allée à sa rencontra avec M. le gé-
néral Paul trc de Lamothe. Les ri>esétoient illuminéesct pavoisées, et le
peuple faisoit éclater les plus vives acclamations. M. le Dauphin est des^
ccnqu à rhûtêl de la préfecture, a reçu le lendemain les autorités , a passé
la revue de la garnison , et a continué son voyage.
— A. son départ de Lyon , M. le Dauphin a remis une somme de 1 ,000 fr.
à M. de Lacroix de Laval, maire, pour les pauvres de la ville. .
— Les élèves du petit séminaire de Téglisc primatiale de Lyon , privés
< 38o )
(|t Tpir M. le Dauphin 'le ionr et ton »myK9f s« font rendus ^Hird«li4«
prcEuier relai pour y attendre S. A. H* i «on départ de. la iriUe. A, ta ¥ae,
ces jeunes gens Font salué par de nonibrcujL vivat! ta prinee a daigné &ûc
arrêter sa vciture, et leur a adressé les pluA touchantes paroles. M- le Dau-
phin ayan» ralenti sa marche, les élèycs Vont entouré, et lui ont servi d«
cortège jusqu'à re%îréinité de la montée. Il a paru agréablement surpris de
cette touchante nianifeiitation et du vif enthousiasme de ces enfans.
— Un incendie terrible a consumé , le 5 févriet dernier, la filature de la
vîllc de Guise. M. le duc de Bourbon, qui boaorc de sa protection cette
yille, qui éloit, nvant la révolution, un apanage de sa maison, a donné
u,ooo fr. pour les victimes du désastre, des <}n'il a été informé de révène-
ment. M. le ministre de L'intérieur a accorde un secours de 1,000 £r. pour
le flième o^jet.
-^ Sui' le rapport fait au Boi par M. le ministre des affaires étrangères, et
publié au Moniteur, un règlement a été rendu , le 21 avril , par S. M, , pour
déterminer les conditions d'admission dans la carrière diplomali(|^ue. Un
cou;s de droit public et d'instruction diplomatique sera atabU au ministère
des affaires étrangères. On y recevra vingtrquatrc élèves ; la durée du cours
sera de deu& ans; les élèves diplomatiques seront ensuite candidats à douze
pl'icps qui vont être créées, de secrétaires -surnuméraires d'ambassades.
C'est à ces secrétaires qu'on confiera, au besoin , des missions momeotaoécf
et imprévues.
— M. le ministre de l'intérieur vient d^écrire par circulaire aux. préfets
que, malgré le retard qui aura lieu cette année dans le vole de la loi de
finances pour i83i , et qui portera à un terme encore éloigné ré|)oqae4i(
la session ordinaire des conseils-généraux , ils ne doivent pas moins cepen-
dant s'occuper dès à présent de préparer les nominations nécessaires pour
compléter ces conseils.
., —Urbain-René Pilastre, ancien maire.d^Angers , député de T Anjou ans.
Etuts- généraux* en 1789, puis député à la Convention et au conseil des
Cinq-cens, et enfin député à Ici cnanibre en 1820, e^t mort le 24 avril , à
l'âge de 77 ans , dans sa terre de Soudon , paroisse de Cbeffos. Daus le vote
sur le procès de Louis XVI, il rejeta la ratification do peuple, admit le
sursis, et vota la réclusion et le bauniésemcnt à la paix. M. l'ilastre votott
en derpîer lieu avec les libéraux, et sa mort a été regardée par eux
comme une perte pour le parti. On le cite comme un ardent propagateur
de la vaccine.
— Louis-Maximil^n Rigal , ancien sénateur, est mort à Paris le 22 avril,
a l'âge de 82 ans. Cétoit un protestant, qui s'ctoit enrichi dans le com-
merce. M. Mamoti a prononcée un discours snr sa tombe.
• -—Louis Prudliomme, journaliste et écrivain févolutionnaîre ^ est mort
h Paris vers le 20 avril. Il étoit né à Lyon en 17&2, et publia, au com-
mencement de la révolution , un très^grand nombre de pamphlets. Le jour-
nal des Rivohtiiêns de Pu,rU et VHisUnre générale dûs crimes de (a révolu-
tion, 6 vol. tn>8**, sont ses principaux ouvrages. Il est auteur de beaucoup
d'autres écrits. Depuis^ il se fit libraire. Prudhorome étoit on oomptlateur
infutigable, mais sans discernement et sans goût.
— La cour de cassation a rejeté le pourvoi Su libraire Bally contre Tarrét
de ta cour royale confirmatif éà\ jugement du tribunal correctionnel du.
8 août dernier, qui Pa condamné à un an de prison cl 5oo h. d'amende,.^
)x>n r a voir m is en vente las_ Aventures de Fa uàias .
( 58i )
— M. \ë bal'on de Vîelcastcl , qui a clé sous- préfet sUcccs^ire.'nciit à
Sceatrx , h No^nt-sur-Seine, à Sceaux pour la seconde fois, à Neucbâtel et
à 9ieppc> pub maître des requéles , vient de mourir.
— M. Mazères est nommé lecteur honoraire du Roi.
— La police saisit dernièrement cbcz un rearcliand de' vîn nomitié La-
4:jei1te, = ancien niilitaire, une paire de pistolets qu*il avoit conserviés^ Cëti«
tnesut-e eut lieu en vertu d*u ne ordonnance royale du lS^ juillet 1816, qui
défeiid "d^iavoir des armes de |;uerre française^ et étrangères. Le tribunal
ocrrectionnel déclara ensuite la saisie bonne et valable , et condamna La~
calte à i5 fr. d'amende. Celui-ci en a appelé, et la cour royale viclil de le
renvoyer tte la plainte, en déclarant que l'ordonnance de 1816 ayant été
randue sans le concours du pouvoir législatif, n'a pas le caractère d une loi*
Ia saisie des armes a été toutefois maintenue. Les journaux libéraux se fc-
lictf cnt beaucoup de ce considérant.
— Le sieur Gttil lard, éditeur de la Gazette des écoles, étoît cité pour
hmdi déthier devant la cour royale, afin d^entendrc lecture de rarrêtc du
conseil royal de l'Université, qui a prononcé sa réfonne de membre dô
l'Université. Le sieur Gaillard a formé opposition à celte lecture, et a dé-
claré se pourtotf au conseil d'Elaft, poutAraVise d'inconipérenCe contré l'Ur-
rété du conseil. Ainsi la lecture d'à pas eu lieu , et la séance s'est bornée ^
qnelqtres observations de M. Dupin atné, auxquelles a répondu M. Tavocat-f
général Miller.
— Les articles pour lesquels le sieur Brissaiid , gérant de la Gazette dei
cultes, a reçu deux assignations successives en police correctionnelle, por-
tent les titres suivans : Af&riaffe dès prêtres, mœurs reliyiouses des babi-
tans des tampûgnes , t^Archevégue et le Marchand de reUqu&s , le Jeu dû
Rot dans vn autre hémisphère, la Charte du Kumschatka, Exposition dé
iaint VinceUtt de Paul, Translation solennelle des reliques de saiat Vincent,
te Commerce des reliques en Italie, Montrs religieuses de fVaples , uh pas-
sagie sur M. "Dupin , de tittf/vxnee acquise au cUrgè par la confession. In
jewt9 Mariée récalcitrante.
' -^ Le sieur Dubois, gérant du Globe, est cité, en sa qualité de membre
de l'Université , devant le conseil royal de l'instruction publiée.
— ^ Sur l'opposition formée par le sieur Létendard , éditeur du Mémorial
êriésien, le tnbuual correctionnel de St- Orner a tnaintemi son jugement»
3ui avoit condamné par défaut ce journaliste à un mois^e prison et 200 fr;
'amende , pour avoir traité de matières politiques sans cautionnement.
r^ Le gérant responsable et le rédacteur de V Annotateur boulonnais sont
cités devant la cour royale de Douai, pour le 10 de ce mois, à raison d'un
article 9ur Vassodation boulormaise,
— Sur l'opposition formée pat les steurs Dupin et Hénault, gérant ot
imprimeur dé la France méridionale,^ à l'arrêt par défaut de la cour royale
de Toulouse, qni avoit élefé à 6 mois de prison et 6,000 fr. d'amende leur
condamnation , comme coupables d'excitation à la haine et au mépris dû
gouvernement du Boi, cette cour a maintenu son arrêt à l'égard du sict^
Dupin , et a renvoyé l'imprimeur Hénault de la plainte.
— Le C&neiitutionnel et le Journal des débats avoient annoncé que
M. Bosc, à soii passage à Ancouléme, avoit reçu une sérénade de trente
musiciens, tX que J'énte de Ja population étoit venue témoigner leiif joîe
et leur feconnoissanceà cncouragêuw défsngeur des lihertésptSîiqùes, M. lé
( 5«2 )
baroD de Châituigwt, maite «TAngouldiiie , en rendant hommage aaK
eia étoU inexact,
ira arec san. régi-
bonnet opinions d« tes administrés, a déclaré que tout cela étoît inexact.
— Le VanstitutionHêl annonce qoe le colonel Leydet '
ment à Alger.
— 11 est faux , dit le journal officiel , gue M. le comte de Bourmont ait
reçu en roule , comme 1 ont annoncé les feuilles libérales , des dépêchée qui
l'informent de la conclusion d'une alliance oITensiye et défensiye eaire les
puissances barbaresques, et que Son £&c. ait demandé en conséquence un
renfort de 20,000 hom aies.
— On dit qu'où vient d'embarquer à Toulon une imprimerie complète ,
destinée à la publication d'un journal qui, pendant la campagne d'Alger,
parottra deux fois par semaine sous le titre de F Africain.
— Après avoir reçu l'accueil le plus flatteur à Marseille, M. le comte de
Bourmont est arrivé à Toulon le 28 avril. Toutes les troupes éloient sous
leê armes, et les autorités civiles et militaires étoient allées au-devanLde
Son Exe. Le général en chef est. descendu k l'hôtel-de- ville, où un fixe-
ment lui avoit été préparé.
— Deux Français sont arrivés de Marseille à Constantinople, [lour y
publier un journal en langues turque et française. Le sultan a accueilli fa-
i*orablement leur demande d'autonsatioi».
— La cour d'assises d'Alençon, appelée à juger une première affîiirc des
incendies qui ont inquiété la Basse-rtormandie , a condamné, le 2Ô avril ^
un nommé Chichin , maçon , à la peine de mort, pour tentative d'inceudie.
On croit que ce jugement effraiera les malveillans.
•^ Dans les incendies qui eurent lieu le mois dernier, au département de
la Manche , par suite des effets de la malveillance , on cite avec le plusgrand
élo^e le courage et le zèle que montrèrent M. l'abbé Dollé, curé de Saint-
Porix , et M. rabbé Piel , vicaire de St- Aubin-du-Bois , communes qui ont
eu à souffrir de ces désastres.
. , — Pendant la nuit du 25 avril, un incendie a éclaté au viUâge d'Ecout-
St-Mcin , près de Bapaume (Pas-de-Calail) , et 7 a dévoré plusieurs bâti-
mens. Le curé , M. 1 abbé Leblond , a donné aux travailleurs l'exemple du
sèle et du dévouement. . ...
— Le roi et la reine de Naples sont arrivés à Bayoïme le 27; ils n'y étoient
attendue que le 20. M. le duc de Blacas et les différentes autorités ont reçu
LL. MM. avec les nonneurs qui leur sont dûs.
•-- Un décret du Boi de Bavière du 6 mars ordonne Tôtablissement de
sociétés de bons livres catholiques, destinés à combattre les effets de l'irré^
ligion et de l'athéisme.
— Les trois puissances ayant consenti à garantir l'emprunt des 60 mil-
lions, on croit que le prince de Saxe-Cobourg n'hésitera plus à accepter la
souveraineté delà Grèce.
— L'association dite des Amis d'Irlande, qui 6'étoit formée à Dublin,
vient d'être supprimée par une proclamation du vice -roi, en date du
a6 avril.
— Les journaux anglais contiennent l'ordonnance du gouverneur des
possessions britanniques des Indes orientales, en date do 4 décembre der-
nier, qui abolit l'usage de brûler ou d'enterrer vivantes les veuves des Ip-
dous, et rend désormais cet acte barbare justiciable des tribunaux criminels.
— Des lettres de Buenofr-Ayres annoncent la mort du général Quiroga.
( 585 )
Au Rédacteur de rAmi de la Religion.
Saint-Bnéuc, k 28 avril i83o.
MonaîfOT, Doua aTonftl'liODneur de voua iraMOietlie cî*ioiote la lettre
de MM. les curés en titre du diocèse de Saint-Brieuc à M* le rédacteur de
la Rnuê cathoUque ,.ea rédamation contre on article inséré dans son joar-
nal sous la date du i5 mars dernier, au sujet du Mandement de Monsei-
gneur notre évéque pour le carême de la j^éseute ann^. Nous verrions
aVeC le plus ftrand plaisir que tous fNisnex insérer cette réclamation dans
<70tre estimaole journal , afin de réparer autant que possible le scandale
<|o'a occasionné dans notre paiys, comme partout ailleurs yraiserablj^ble-
ment , Taffligeant article contre lequel notre clergé se récrie»
ReceTez l'expression des sentimens respectueux avec lesquels nous avons
Vbonneur d*étre, monsieur h Rédacteur, vos très- humbles et très-obéis-
sans serviteurs,
Les vicaires-généraux du diocèse ,
Lk MaItax, Y. LsTuusT.
AM» $0 RédacUw de la B^vue catholique.
Saint-Brieuc , le 28 avril i83o.
M. le Rédacteur, ce n'est pas sans une profonde douleur que nous avous
lu dans le troisième numéro de votre journal , sous la date ou i5 mars der-
nier, Tarticle inséré au sujet du Mandement de Monseigneur noire évéque,
Sour le carême de la présente année. Outre les imputations calomnieuses
ont on cherche à noircir le prélat, les injurieux sarcasmes dlrigjés contre
lui, et dont ne peuvent manquer d'être vivement affectés tous les cœurs
honnêtes, nous avons vu avec la plus grande suprise , dans l'article ci-des-
sus désigné, que le clergé de l'uçe des principales églises du diocèse avott
refusé de lire le Mandement eu question , et qu^ le prélat avoit été obligé
de s^y i^ndtts en personne pour en faire la lecture. Nous croyons devoir
protester ici, en notre propre nom et en celui de tous nos confrères pour
DOS cantons respectifs, contre une aussi odieuse assertion. Le clergé de
Saint-Brieuc est trop fortement pénétré de ses devoirs pour qu'aucun de
ses membres ait pu dionner lieu à un pareil scandale. Dans tous les temps',
il s'est distingue par sa docilité et sa soumission envers ses évêques; mais
Monseigneur de La Roma^re a des «hoits particuliers à son amour, à son
estime et à sa vénération. 11 est connu par son attachement à la fol ortho-
doxe , par la fermeté de son caractère dans les temps difficiles , par sa piété
et ses vertus pastorales , par sa charité envers les malheureux , par son zèle
et sa sollicitude pour la sanctification du troupeau qui lui est confié.
Chaque fois qu'il le voudra, sa voix sera entendue., et son clergé, comme
son troupeau , réunis autour de sa houlette , s'empresseront toujours de lui
témoigner la confiance qu'il mérite et la plus entière soumission. Jamais il
ne sera nécessaire d'appeler l'autorité civile ni la maréchaussée pour les y
contraindre. ,
Nous ne disons rien sur le prétendu trav^tissement de Tlnslruction pas-
torale, attendu qu'il est notoire qu'on, parle un idiome particulier uans
la plus grande j>artie du diocèse, lequelvarie encore suivant les différens
cantons. Il étoit donc nécessahre de faire traduire cette Insttuction , con*
( 384 )•
formément aux dilTéreDS dialectal, si Ton vomIoU qu'elle fût entendue, et
le travail en ayant été confié à la religion de MM. les pasteurs; il est à pré-
aumer qu'ils s*en acront acquittés fidèlement. Quant à la manière dont
elle a été lue» nous n'avons pas la prétention de soutenir que tous les indi-
vidus doivent avoir la même flexibilité dansTorgane et la même force dans
ki poumons, à moins qv'on ne nous faatte connottré quelque pncèâé qui
p«tsae obtenir cet heureux résultat*
VeuHlex Insérer oette lettre dans vvutre ioiifiial , ectaiBie on çige aotlien*
tique de notre «ttacheroeat à notre vénérable évêque. Puissent nos senti»
mens dans cette circonstance effacer de son cœur l'impression fâcheuse qu'a
dû y faire nattre vn outrage d'autant plus affligeant qnll est pins déplacé
de la part de ceux qui le lui font subir.
Agréex, M. le Rédacteur, TaMuraiice de nds sentimens respectueux,
St^nés : Nais, curé de la catbédnie; Glen , curé de St-Mich^ ; Bertier,
curé de Saint-Malo ; Oger, curé de Saint-Sauveur; Eiie , caié de Londéao j
£ilès , curé de Lannion ; Le Guyader, curé de GntmgBmp ; Rion , curé de
Tréguier; Le Rouillé, cnré.de LambaKej Meunier, curé de Quintisf
Galcrne, curé de Gouarac ; Le Garrec, curé de Rostrénen; fleurj, curé dn
Broons} Le HarvlV) curé de Matignon; Aribard, curé de Chàlelaudrén ;
Mégret, curé de Jugon; Moiice, curé de Lanvciloii; Bourdonnais, curé
d'Eiables; Moy, curé de Painipol; Uuval, curé de St-Alban; Georâciin,
corû de Plœuc ; Le Clech , cure de Plouba ; de Quélen , curé de Afur; GJon y
curé de Corlay; Durci, curé de Plouguenast; Mcrin', curé du Gouray)
Souchet, curé de Merdrignac; Hervé, curé de l?lémel; Gouëlio, curé
d'Czel ; Quéro , curé de Piancoët ; de Lavillegîrouard , curé dePloubalay |
Sévestre, curé de Plélzn-lc-Pctit ; ïisballard , curé d'Evrau ; Sotinél, curé
de Saint-Jouan-de-l'llc j Mîllet, curé de Perros-Guirec ; Guiliermic, curé
de La Roche- Derrien ; Le Graet, curé dePlestin ; Bara , curé de Pleumeur*
Gautier; Dousset, curé de Plouaret ; Laqier, curé de Poutrieux; Le Jan,
curé de Bégard ; Le Roux , curé de Belle-Ile-en^Terre ; Bouri^euf , curé de
Plouagat ; Kidan , curé de Bourbriac , Guillermic , curé de Callac ; Jegoux ,
curé Je Bothoa ; Pinson , curé de Maël-Carhaix.
Nous certifions <yie la présente réclamation a été souscrite par tous ceux
dont les noms sont mdiqués ci-dessus.
Les vicaires-généraux du diocèse ,
Lb MaItbx , T.. Lk TsxDn.
Mères chrétiennes : comhien leur jséle est nécessaire au succps de HédHca'^
tioti. Par M. Merault, vlcaite-général d'Orléans. Un vol. in-12.
Cet ouvrage, dont nous avons fait l'éloge dans notre n® iC35 , se trouve
h Pari«, chex Ad. Le Clere et compngnie, au bureau de ce journal. Prix,
a fr. 5o c. et 3 fr, 5o c. franc de port.
On trouve aussi , à la même librairie j un ouvraee du même auteur inti-'
itUinsiructieHs pour ia première communion, i yol. in-ia. Prix, 2. D*. 5oc.
et 3 (r. 5o c. franc de port.
Samedi 9 mai i83o. (N* ie>43.)
Sur le procès du sieur de Potier et consorts.
Une affaire qu'on vient de juger à Bruxelles a vivement
excité Vattcntion et l'intérêt du public ; c'est celle de quel-
ques écrivains et imprimeurs accusés de complot contre le
gouvernement des Pays-Bas. Nous avons attendu que cette
affaire fût terminée pour en rendre compte ; il valoit mieux |
ce semble, présenter l'ensemble du procès que d'en faire
âuccessiv«ment des articles détachés qui n'auroient pas eu
la même suite. Toutes les feuilles, et spécialement les
feuilles catholiques de ce pays, ont raconté fort longue^
ment les détails de ces débats, qui les touchoient vivement
eux ou leuri amis. Nous nous bornerons à un extrait aussi
court qu'il nous sera possible ; mais nous n'avons pas. dû
omettre une affaire à laquelle toute la Belgique a pris un si
vif. intérêt, qui apprend à connoître la disposition des es-
prits, et à laquelle de zélés catholiques et même le clergé
n'ont pas été étrangers,
.. Les prévenus étoient au nombre de 6; Louis de Potter,
âgé. de 44 ^i^S} ^^ à: Bruges et demeurant à Bruxelles ;
François Tielemans, employé aux a£Eftires étrangères, âgé
de Zo ans , né à Bruxelles et demeurant à La Ha|è; Ad6lphe
Barthels, homme de 'lettres, âgé de «27 ans« r^Sdacteur du
Catholique, de Gand; et .trois imprimeurs et éditeurs, Goché-
Mommens, du Courrier des PaysSas^ Yanderstraeten , du
Belge, et de Nève,,du CathoUaue et du P^aderlander. Le
premier des prévenus est le plus connu; c'est ce même
<Le Potter qui s'étoit signalé précédemment par des écrits
<u>ntre la religion et le clergé* Ses principaux ouvrages
sont l'Esprit de l'Eglise, ou Considérations pkitosopkiques et
politiques sur l'histoire des cpnciles et des papes, 1821 , o vol.
in-8**; yie et Mémoires de Ricci, iSaS, 4 vol- in-8**; Lettres
de saifU Pie F" sur les (paires religieuses en France» Voye«,
sur les deux premiers de ces écrits nos n"** 1161 , i335 et
f363. Les curés de Gand s'élevèrent en chaire contre la
Tome LXÏIL UAmi de la Religion ft du Roi, B^
( 586 )
yie de Ricci, et clétournèi ent leurs paroissiens de cette lec-
ture. En novembre 1828, le même de Potter fît insérer
dans le Courrier des Pays-Bas deux lettres , pour lesquelles
il fut poursuivi eu jus^ce, et condamné en décembre à
18 mois de prison et 1,000 florins d'amende. Il étoit encore
en prison pour cette condamnation , lorsqu'en janvier der-
nier lés journaux de l'opposition en Bel(;ique proposèrent
on projet de souscription nationale; de Potter avoua ce
projet par une lettre du 3 février. C'est pour cela qu'il a
été de nouveau mis en jugement.
Le 16 avril, le3 débats s'ouvrirent à la cour d'assises de
Bruxelles ; les accusée furent amenés de la prison des Petits*^
Carmes. On lut l'acte d'accusation et on interrogea les
ttrévenus; ce qui remplit les séances du 16 et du r^ avril.
Le lundi ig* 1 avocat-général Spruyt prononça son réqui*
sîtoire, où il signaloit de Potter comme un chef de parti,
et*comme donnant le mouvement à la double oppositioD
3ui s'est manifestée dans les Pays-Bas. Il parla ies précé»
e'ns écrits de Potter, entr'autres de son poème de Saint
Napoléon en paradis et en exil, qui étoit une dérision de la
religion catholique. Il reprocha à Fauteur ses liaisons avec
Buonarotti , auteur de la Conspiration- de Babeuf, et prétendit
voir en lui un ennemi de tous les gouvernemens. Il s'étonna
que \e parti-jésuite ou le parti-prétre, comme il l'appelle, eut
!»rts un tel homme pour son avocat et Son patron. De Potter
aisoit d^$ appels à la liberté, excitoit à signer des pétitions
et entretenoit du fond de sa prison une correspondance
très-active avec l'accusé Tielemans. M. Spruyt a cité un
grand nombre de passages de cette correspondance, en-
tr'autres nd où Tielemans écrivoit à de Potter qu'il f alloit
poussef les catholiques â demander toujours de plus en
{)lus, que plus its'demanderoient, moins on seroit tenté de
es satisfaire, qu'il falloit demander une indépendance
pleine et entière du gouvernement. Tielemans ajoutoit :
Oue la religion se soutienne seulement par les prêtres . et les
fidèles, et demain nous bâtirons un tèMple à la philosophie,
qui aura aussi ses fidèles et ses prêtres. Ainsi ces MM. son-
geoient bien plus aux intérêts de la philosophie qu'à ceux
«u clei|[é.
L'avocat-général a représenté Potter et Tiçlemans comme
exerçant une grande innnencé sur les journaux catholiques ,
eutr 'autres sur le Courrier de la Meusey qui s'imprime à^
on, à s'affilier à la congrégation. M. Madrolle déclare qu'il
n'a pu avoir cette idée ridicule , et que sa lettre n'étoit
qu'une simple lettre de politesse accompagnant l'envoi de
quelques -'Uns de ses ouvrages. L'avocat -général n'a ter-
miné son réquisitoire que lé 21 avril ; il accuse les prévenus
d'avoir excité à la révolte pat leur projet d'association;
Bartbels y a contribué par les publications qu'il a faites
dans le Catholique, ^t les trois imprijueurs en fournissant
leurs presses.
])eux avocats ont plaidé tour à tour pour de Potter,
MM. Gendebien et Van de Weyer. Ils ont expliqué plu-
sieurs faits et plusieurs passages de la correspondance. Ils
ont parlé de l'accusé comme de -leur ami, comme d'un
homme dont les antécédens étoient honorables. De Potter,
a dit M. Van de Weyer, étoit autrefois imbu de quelques
principes àe joséphisme, il croyoit que les gouvernemens dé-
voient asservir ou combattre certaines doctrines religieuses ;
mais, mûri par l'expérienc3 , il est revenu à des idées plus
saines ; il pense que toutes les opinions doivent être libres ,
et qu'aucune n'a le droit d'opprimer l'autre. On a objecté
au prévenu son poème de Saint Napoléon en paradis et en
exil; ce poème , a dit l'avocat , est anticatholique et anti-
chrétien, mais il n'est point obscène , comme l'a prétendu
le ministère public. L'avocat a parlé aussi des rapports de
M. de Potter avec M. Van Bommel, évêque de Liège, et
d'une demande qu'il fit au roi par l'intermédiaire de ce
prélat, dont au reste les prévenus ne paroissent pas très-
contens.
On a entendu ensuite la plaidoirie des autres avocats, de
€ramond pour Tielemans , Éalien et Le Bègue pour Barthels ,
et les avocats des trois imprimeurs. Il y avoit en tout douze
avocats, qui oiit parlé près de 28 heures. Le 27 avril,
M. Spruy t à pris la parole pour la réplique , qui a occupé
toute l'audience; il a insisté sur le complot et sur les indi*^
ces qui , selon lui , l'établissent. Le 28 et le 29 , les avocats
ont répliqué au ministère public ; ce dernier jour, M. de
Potter a prononcé un discours pour se justifier. Il a protesté
Bb2
(.588 )
de la pureté de ses intentions , et a cherché , entr'autres ^ à
explicpier sa conduite relativement au clergé. Nous croyoni^
devoir rapporter cette partie de son discours , qui fera con-
noltre l'esprit qui ranime, et le degré d'intérêt que l'on
peut prendre pour lui :
c On m*a demandé : Poafqnoî pensez -vo«8 aujounTh^ autrement nir
ee qu'on Dominoit jadis les relatioiis entre le sacerdoce et l'empire/ que
vous ne le faisiez il y a (piinze ans, comme il conste de Vos ouvrages im-
pim^ U n'j a même que trois Ans ^ comme nous le voyons par vos lettres
a M. Tielemans?
» Je vab le dire ici :
» Je me suis long- temps combatto moi-même pour me foicer-à croÎK,
(et y quoiqu'avec peine j'y étob enfin parvenu) , qu'il y a des castes et des
sectes st essentiellement antisociales que, pour les mettre hors d'élat de
nuire et de sspêr les fondemens de la société elle-même, celle > a. doit, »r
non les anéantir, du moins les dominer, les enchaîner, les réduire cfe toutes
les manières à l'impuissance, je dirai même k la nullité la plot complète.
3> C'est encore là Je libéralisme de ceux qui , toujours tranquilles sur Ves^
prit d'empiétement et de despotisme de tout ministère gouvernaot, ne
voient à craindre pour U liberté que Jésuites partout , ultramontûns par-
tout , parti -prêtre partout; et dont l'imagination prodigne entoure gén^
reiucment quelques prêtres et quelques nobles belges au i<^ siècle, de la
puissance réelle^ des richesies et surtout de l'influence d'opinion qaeles
€orpê du clergé et de la noblesse avoient en BeIgMue au i;8'.
» Cela me parott maintenant une erreur palpable ; et , depuis que j'û
acquis une conyiction nonrelley qoelqu'opposée qu'elle soit à ma pcemièp* •
conviction , j*ai cru me devoir à moi-mêroe de rexprimer, de la manifester
aVee U même bonne foi que î'aTois exprimé Tautrc.
» D'ailleurs, Messieurs, j étois encore en cette circonstance^ comme je
l'ai toujours été, et comme probablement je le serai pendant toute ma rie,
{ce sont là de ces prediepositions.de caractérequ'onn'arriyejamaisâdompler)
f étois entraîné par l'instinct qui , un peu plus tôt un peu plus tard , m'at-
tache invinciblement aux minorités opprimées , pour résister avec AU» au
pouvoir qui s'appesantit su» elles : singulière ambition , pou» le dire eu
passant, qui refuse toujours de tsiomnher avec le plus fort pour retourner
de nouveau.au combat avec le plus foible ! Je m'étois ainsi hâté de mettre la
dernière main ,. à Borne même et après la restauration du siège pontifical , à
un ouvrage que j'avois refusé de publier quelques années auparavant , lors-
Su'il m'eut paru peu généreux d attaquer un sacerdoce qui n'étoit pas libre
e se défendre. Je redoublai d'efforts contre lui , les années suivantes, parce
que je crus le voir croître en prétentions dangereuses, et que je craigoois
qu'if n'acquit enfin les moyens de les réaliser. Je cessai. entièrement mes
attacpies quand je m'aperçus que, non - seulement ces moyens lui man-
quoient , mais que même , loin de dominer, il auroit peine à se soustraire è
la dépendance. Enfin , je lui tendis sincèrement et loyalement la main ,
aussitôt que, prêtres et fidèles, ne se rappelant plus que d'être avec nous
citoyens. d'un même Etat libre ^ se bornèrent k réclamera nos côtés W
mêmes droits , à émettre les mêmes voeux , à se dévouer de la même mani^
(58^)
nu boniitUT d« la patrie commune. Je reviens aux opinions jA'un aussi
heareax changement de circonstancee m'aroit imposé rolïligatioii de pfo-
9 J'ai donc demandé , au nom de la loi fondamentale, liberté pour tous ,
c^est-à-dîre , respect pour les droits de chacun ; é^Uté , c'est-à-dire , équité
et justice pour tous. Persistant d'ailleurs inranabisment dans mes prin-
cipes phUesophiques, et philosophiques excluâyement ^j'ai demandé dans
l'intérêt de k philosophie eUeH-méme , comme dana celui de tout culte dog-
matique, rémancipaUon, rentière indépendance, du catholicisme, qju'il est
temps enfin de débarrasser des tieilles entraves (fu gallicanisme et du
joaéphisme, contraires aux doctrines vitales de la liberté des opinions -et
des croyances, de h parole et de la presse. Eh ! qui veut encore de nos jours
ivfiorger oesLxhalnes rouill^es du prétendu droit du plus, fort ? »
Le 3o avrils li^ cour & prononcé son arrê^ , oai Condamne
àe Potier à huit années de bannissement^ Tielemans et
Barthels à sept, et de Nève à cinq. Goché-Mommens et
Yanderstraeten sont acquittés. Les quatre premiers reste-
ront , à l'expiration de leur peine , sous la surveillance de
la haute police, aussi long-temps qu'ils auront été bannis.
Gocfaé^oinmens et Yanderstraeten furent sur-le-cbamp mis
en liberté. Quand les autres furent. reconduits en prison,
des groupes nombreux accompagnèrent les voitures, en
criant : rwe de Potier, we 'Helemains, vit^ Barthels, ^{yg
de Nève! La misuréchanssée dispersa les groupes. Les con-»
damnés se sont pourvus en cassation. Nous sommes forcé
d'ajourner nos réflexions sur ce jugement et sur toute
l'aifairc. . ^
NOUVELLES ECCLÉSIASTIQUES.
Pjkais. Le dernier jour de la neuvaine en l'honneur de
saint Yincent ne Paul , la châsse , qui étoit exposée au mi-
lieu du chœur, a été transportée dans la place qui lui étoit
destinée derrière le msdtre-autel ; elle est posée là sûr un
socle élevée, de manière à être vue de toutes les parties
dé la chapelles , et on l'a recouverte d'un voile. On apprend
tous les jo^rs des détails consolans sur ce qui s'est passé
pendant la neuvaine. Le nombre des communions , qu'on
nous avoit dit être de S^yooo , s'est élevé à plus de 6,ooo>
On peut dire cpie tonte l'église de FrancQ a pris part à ce
(Sgo)
nouveau tnompfae d'un mat, iiùiaortel dans nos^anmles.
Nous ayoïM vu que plusieurs évèques wroîent quitté leur
résidence pour contribuer à Téclai de cette. pompe relîgieiise.
A leur exemple, des eccle'siasûques , des fidèles, des Filles
de la Chariié sont venus de toutes les parties du royaume
pour vëuërer les précieuses reliques. C'étoit suriout pour
les Filles de Saint-Vincent de Paul comme une nouvelle
fête qui , au bout de près de cent ans, leur rappeloit celle
de la canonisation de leur admirable fondateur. M. Tarche-
vèque de Paris, à qui on doit l'idée de cette translation
solennelle , n'a rien négligé pour la rendre digne de son
objet. L'exemple du prélat étoit bien propre à ranimer la
dévotion des fidèles pour un si grand sainu Ses soins pour
constater l'authenticité de la relique , pour couvrir les frais
de la châsse, pour orner le précieux corps, pour préparer
tous les détails de la cérémonie , ont été dirigés par une
sage prévoyance autant que par une tendre piété. Le prélat
s'est félicité d'avoir pu garder quinze jours dans son palais
des restes si viénérabies , et on l'a vu pendant la nieùva\ne
visiter presque tous les jours la chapelle où la châsse étoit
déposée y et prier avee ferveur le mpdèle des pasteurs. Les
pièces que le prélat va publier achèveront de montrer le
TÎf intérêt qu'il a mis à tout ce qui pouvoit contribuer à
l'édification comme à l'éclat d'une si belle cérémonie.
— Le ï*' mai, il s'est tenu chez. M. le duc do Bordeaux
une réunion générale des jeunes trésciriers de l'association
de Saint-Joseph. Cette réunion étoit présidée par le jeune
prince. Chacun a apporté sa collecte. M. l'abbé de Bervan-
Ser, directeur de l'association , a fait un rapport sur Vétat
e l'œuvre. Il s'est félicité du zèle des préfets , qui ont in-
diqué dans leurs départemens de jeunes trésoriers pour
s'associer au bien que font ceux de la capitale. Il s'est fé-
licité également du concours de plusieurs cli^ d'insti-
tution et de collèges, qui ont excité^parmi leurs élèves
l'intérêt pour une institution si utile. Cette année, on s'est
plus particulièrement occupé des apprentis, qui avoient
plus Besoin d'instruction et de recours , soit parce qu'ils
sont orphelins , soit parce qu'ils appartiennent â des pa-
Tcns qui leur donnent de mauvais exemples. Près de trois
cents enfans , maintenant placés en apprentissage , doivent
aux maîtres de Saint- Joseph L'avantage de se former à la
( 59< )
vertu , tn même' temps .que celui d'apprendre un état. Après
laséance^le prince a cause' familièrement avec lés jeunes
Ipe'soricrs ^ei a fait avec grâce les honneurs d'un déjeûner,
-r- Le Mémorial de Toulouse annonce cjrue M. d'Astros ,
évéque de Bayonne , nommé à rarchcvcciié de Toulouse ,
est arrivé à Aire le 24 avril, pour faire sa profession de
foi entre les mains de M. l'évéque de cette ville , qui a été
délégué à cet effet par M. le nonce apostolique , et c^ue
cette formalité a été remplie le lendemain. Ainsi M. lé*
vêque de Bayonne ne viendroit point à Paris pour ses in-
formations. Ceux qui connoissent ce prélat ne seront point
étonnés qu'il ait sollicité comme une faveur vde ne point
s'éloigner de son diocèse. *•
NOUViîLrLES POUTIQUES.
Pabi8. On est étonné de voir dans les joarnaux nn si grand nombre d*
dons do Roi et des princes. L'admiration redoubleroit si on connoîssoit tous
les dons et secours secrets qui surpassent peut-être encore les largesses pu-
bliques. Dans une seule commune y celle de JéiaiuviUe , fxk& Pont-à-
Mousson , leBoi envoya, il 7 a deux ans, un secours de Son*, pour Mau-
rice Guorlin , victime d'un incendie j quelque temps après, un autre secours
de 40 fr* à une pauvre veuve , mère de douze enfnns ; l'année dernière, un
don de 100 fr. à un pauvre vieillard , Laurent Fabien , qui , o'étant trouvé
a Paris pendant la révolution , y avoit rendu service à des proscrits j et ré-
cemment 60 fr. à ce même vieillard , qui étoit encore éhns ie besoin. Tous
ces dons étaient restés secrets jusqu'à ce jour, et celui qui nous' les fait con-
nottre ajoute que beaucoup d'autres communes ont été l'objet de semblables
bienfaits.
f M. Fontan, condamné k cinq ans de prison pour un libelle outrageant
4^ntre Ic.Boi» a été transféré dernièrement de Sainte- Pélagie à la maison
de- détention de Poissy. Aussitôt toute ia littérature s'est cmue. Quoi!
tr^ter ainsi un écrivain, un homme d'honneur, qui venoit de présenter
jane pièce i l'Odéonl Quelle cruauté! La commission des. auteurs drama-
tiques s'est vendue en corps; chez M. le préfet de police, pour réclamer
contre un procédé si barbare. M. Casinur Dclavign.e a plaidé éloquem-
Otent U c^use de son jeune confrère. Le Journal des débats vient de la
plaider avec non moins de chaleur dans son numéro du 4 mai. Il a cherché
^'iKuis émouvoir, dans deux grandes colonnes en faveur d'un jeune homme
auquel il veut bien leconnottre quelques torts , mais qui n'en est pns moins
Mn nomme d'honneur, Jua prison étoit déjà trop sévère pour une telle faute ^
mais Poissy., quelle inhumanité ! Le journaliste , qui a été traduit lui-
mêtte en justice pour insulte auUoi, et qui a trouvé le moyen d'échapper
À.la condamnation , seiaisse aisément toucher du sort d'un jeune homme
($9*)
aiMH InUraiMOi qnt M. FonUn. QvVtron à kd i^piocher an loué? 1^
défit politique dent pr§tqMê p e rêùnm n'egt emmipi w^^iarfhÊtL If a otr-^
tngé lodîgncéMnt le Roî^art-ce qoepfr là il a inèlHé d'Itfe fl4tri? C'eaC
WM horreur a« mimitèra rf'arar aîiiiî tiaîlé un litlératear, c'est un oa-
tragp aux lettres et k rimiiMiiité , et ceoz qai ont ordonné cette tnuMtftÎQa
mériteroient d'aller eax-méoiei à Poiity à tt place du jenne et intérenanC
ëcrivain.
— Des joumanx aroicnt annoncé que M. GéMr Baoot , lirèie de M. Baoot
de Bomans , aToit été re^n en audience (Nirticnlière pa^le Bot, et qtt'il ae--
voit le candidat dn miniatére ans prochaines ilectiona, M. César Baeot , qui
ne peut souflnr qu'on porte atteinte i son honneur, se hâte de faire insérer
dans les ioomaux une note portant qu'il n'ajanudê Hé'rejpu en auâUnee
particukêrê, et qu'il est éignê par éei préneipê», dm ekeùr dèa éièetéur»
eonêtiiuiionnêU, Il 7 a donc lieu d'espérer que, puisqu'il s'est laFé-do
soupçon calomnieux qui pesait sur lui, les libéraux. lui donnèrent leurs
suffrages. Qu'est-ce qu'une monarchie où l'on se défend d'avoir sollicité
une audience du prince, comme d'une foiblesse qui rendroit indigne do?
choix des électeurs?
— Un iounial raconte que M. de Chateaubriand, pour augmenter le-
nombre des royalistes de l'Académie française, Touloit y faire entrer. k^
négociateur alla trouver lui-iaome Béranger. et s'efforça de le persuader.
Mais le chansonnier refusa une faveur qui lui paroissoit contraire à sea^
principes.. Sa nomination i l'Académie auroit eu beM>in de l'approbatioa
royale, et il auroit regardé comme on^ honte de se soumettre à une telle
condit ion. Le diplomate échoua donc dans sa négociation , qui fait d'aiUeurt
autant d'honneur à son jugement qu'à ses sentimeiis royalistes.
— Le département de la Meuse est un de ceux qui donnent le m<ûns
d'occupation à la société Aide-ioi. Presque tous ses honorables marchent
seuls d^ns les bonr^és Voies contre la noyauté, sans 1^ le ciel ni personne
ait à les aider. Aussi quelle fête k Bar- Je-Duc lorsqu'ils y ont reparu pour
recevoir leur récompense natumale, autrement ditebaiMiuei patriotique t
il s'est trouvé daos le département jusqu'à gS souscripteurs de bonne vo-
lonlé pour les régahr. Il est vrai que , pour compléter ce nombre heureux
de 93, on a été obligé d'en appeler deux par dessus le marché. Mais ils
portent des noms qui les dispensent de payer autrement qu'en nature :
l'un est M. Sincère, l'autre M. Demimuid. Il va sans dire que c'est M. Sût-
eêre qai a été chargé d'exprimer l'opinion nationale au nom de ses 93 amis.
Quant à M. Demimuid, il s'est trà-bien acquitté aussi de sa fonction , et
a fort contribué a mettre tout le monde en belle humeur.
— On présume que les bannis des Pays-Bas nous reviennent de droit,
et qu'ils ne feront pas aux libéraux de Paris l'injure de chercher des frères
ailhurs. Il parott que déjà on négocie pour les établir comme rédacteurs
de journaux , dans Ivs lanoratoires de la société Aide-iei, Mais voici qu'il
aurvient des difficultés auxquelles on ne songeoît guère : les deux premiers
journaux avec lesquels on s'est abouché pour traiter avec eux refusent,
dit- on , tous deux d'associer les postulans a leurs travaux , par des raisons
qui ne sont pas sans quelque poids. Le CensUhÊHotmel reproche à M. de.-
( 5ô5 )
pQlier d'aYoir dit, devant la cour d'assises de Braselles, que les Jésuites
sont des hommes comme les autres, auxquels on ne doit pas interdire le
foj et l'eau sans rime ni raison , et qu'on ne peut condamner que sur des
£iits à eux personnels. Une pareille doctrine a fait bondir jusqu'aux gar-
çons de bureau du ConatUuHonnel, et il a été déclaré quelle forme une
barrière d'airain entre lui et ceux qui la professant. Ouant au Courrier
français , des liens indissolubles l'attacheat à M. l'abbé de Pradt , et
M. l'abbé de Pradt, à son tour, se tri^uve lié avec le royaume des Pays-
Bas par une penûon, également indbs^luble, de i2,ôoofr., qu'il ne veut
point compromettre par une liaison trop chaude avec les bannis de ce
Kys-là. Ainsi , vous voyez que les libéraux ont comme les autres leurs em-
rras de position et leurs raisons d'Etat} qui passent chez eux avant les
beaux sentimens.
— Lundi 3 mai , le Roi a quitté Paris, ainsvque les princesses et les eu*
fans-de France, pour aller habiter, pendant la pelle saison, le château de
Saint-Cloud. S. M. a été reçue, à la descente de^votture, par M. le baron
Capelle , préfet de Seine-et-Oise , M. le curé , M. IiMnaire de Saint-Cloud ,
et les dames de l'hospice de cette commune.
— M. le Dauphin est arrivé le i^ mai à Âix et à Marseille, et le 3, au
inatin , à Toulon. S. A. R. a rencontré partout un entliot^iasme tel qu'elle
ne cessoit de répéter : a Le Roi sera enchanté. Ceci me rappelle l'enthou-
siasme de i8i5. 1» Le A , le prince a passé en revue l'armée réunie à Toulon.
Il est monté sur tous les vaisseaux , a présidé à toutes les évolutions et à ui^
simulacre de débarquement. M. le Dauphin a été satisfait de la IxHine te-
nue des troupes de terre et de mer et de l'ardeur qui les anime. Le 5, au
soir, S. A. R. est repartie pour Marseille, et elle a du arriver le 6 à
Avignon.
— Les préparatifs de l'embarquement se continuent à Toulon .avec une
merveilleuse activité. Il paroU qu'on pourra partir du 8 au lOf L'armée
est magnifique et animée du meilleur esprit ; la maripeyiyalise d'ardeur et
de zèle avec les t^up^de terre ^gq bâdmens de gueqe et ikx) transporta
vont quitter nos, côtes du Midi. D après les dispositions prisés, on croit
qn'il ne faudra pas plus de deux heures pour débarquer io,ooo hommes^
— TTne ordonnance royale du 5 mai porte que les créances liquidées en
exécution de la convention conclue avec l'Espagne le 3o avril i8aa , à la
somme de 9,88^,944 fr* > seront réduites au marc le franc jusqu'à concur-
rence de la somme de 8,5oo,ooo fr. , à laquelle s'élève seulement l'inscrip-
tion de rente affectée au paiement de ces créances.
^ -I- MM. Lucas , Robert Saint-Vincent , de Vezet et de Bouthilliers , au-
diteurs de seconde classe au conseil d'Elat, sont nommés auditeurs de pre-
mière cbsse. MM. d'Etshegoyen-O^Connell, de Panisse, de Saulty, de
Puységnr, Huteau d'Origny, sont nommés auditeurs de seconde classe.
— M. Décampe, inspecteur de l'académie de Toulouse , est nommé rec-
teur de l'académie de Lyon , en remplacement de M. GraUet du Plessis , qui
passe à l'académie de Douai. -
— Le ministre de Tintérieur a accordé nu nommé Quiniou , batelier au
port de Brest , une médaille d'ov, pour avoir sauvé le 3 février, dernier, au
péril de sa vie, un sergent-major au 52^ régiment de ligne qui étoit tombé^
dans la mer.
f^ La liquidation pour l'indemnité des émigrés sont arrivées, le i**^ mai^
en capital, i 816,753,000 fr. , et en rente, k 24}4^9>2ai fr. On croit que
le fonds commun s'élefera i 60 millions. Ainsi en cinq années sera ter-
minée cette immense opération financière et cette grande réparation poli-
tique.
— M. Jacques LeAvre , député de la Seine, vient d'dtre réâu présideol
de la chambre de commerce de Paris. Cette élection lui confère le droit d»
taire partie de la commission de surveillance de la caisse d'amortissement.
— Le jury char(>é de prononcer sur le concours pour le fronton de la Ma«
deleine, a choisi, au troisième tour de sciulin, M. Leraaire pour F«xécu-
tion de ce grand morceau. Celui-ci a obtenu en dernier lieu neuf suficages^
et M. Praclier, sou principal concurrent , six.
— M. le préfet de police vient de rendre un arrêté concernant les lenoMs.
publiques.- 11 en résulte qu'elles ne pourront plus sortimide jour, ni de
nuit , ni circuler dans Paris. Les maisons de femmes seront diminuées , et il
7 aura une lanterne k la porte de ces maisons.
^— On assure que M. de Solère, sous^préfet de Melle, et M. Minot, re-
ceveur piirticulier de cette ville, ainsi c[ue deux conseillers de préfecture»
qui a voient assisté au banquet que les lit)craux ont donné à M. de Preissac»
un des aai votans de l'adresse, sont destitués. M. Pompéi, sous-préfet de
'Calvi (Corse) , est également remplacé.
— Le sieur Dubots, cérant du Globe, a comparu mardi dernier, en sa
-qualité de membre de TUniversité , devant te conseil royal de l'instrucUon
publique , présidé par le ministre. Il étoit accompagné des avocats Odillon-
Barrot, Renouard et Desclozeaux. Après les premières questions de forme,
il a lu des conclusions pour décliner sa compétence. M. le conseiller Rendu
'a combattu ces conclusions. Le sieur Dubois s'est retiré, et le conseil a rendu,
•au bout d'une heure , un jugement par lequel il se déclare compétent. Le
ministre a ensuite oITert au prévenu une remise pour plaider au fond et d'na
commun accord. La cause a été remise à huitaine.
— La Tribune des dcpartcmens, que l'on croyoit disparue pour toujours,
a recommencé ses pubiièations libérales depuis quelques jours.
— Le prétendu oaron de Saint-Clair (!ilac-Liéan)'a été tranféré à Sainte-
Pélagie pour y subir sa condamnation.
— Le sieur Fabrissy aine, rédacteur-propriétaire du Messager de Mar-
seille, est cité en police correctionnelle pour outrages envers M. le ministre
de la guerre , général en chef de l'armée d'expédition , à raison de ses fonc-
tions , et de provocation à commettre le délit d'outrage envers le même per-
' sonnage.
—^ Les nommés Delhom et Sarda , de Perpignan , sont cités en police cor-
rectionnelle pour avoir, le 19 de ce mois, outragé M. de Lazermc, député
(qui a voté contre l'adresse) , à raison de sa qualité , en faisant un charivari
devant sa porte et en criant à bas Lazerme !
— Les sieurs Harmand , gérant , et Lamort , imprimeur du Courrier de la
MoseUe, sont de nouveau cités au tribunal correctionnel de Metz. Cette fois,
la prévention porte sur neuf chefs de délits.
— Malgré la vigilance de l'autorité, de la gendarmerie, et la garde con-
tinuelle que montent les hab^tans des campagnes, de nouveaux incendies
éclatent en Basse-Normandie. Dans l'arrondissement de Vire, le feu s'est
manifesté encore le 27 avril à la Graverie; le a8, au Tourneur; le 29, à
Vire; et le 3u, à Saint-Germain-de-Tallevandes«
( v )
— Le Iribuiiai correctionnel de Lyon vient de condamner à six mois de
prison et 20 fr. d'amende un individu qui , te jeudi-saint , à la faveur de la
nuit et de Tafiluence des fidèles, s'étoit permis des actes contraires à la pu-
deur;'dans Véglise St-Polycarpe.
— Le même tribunal a condamné à 6 fr. d'amende un marchand d'eatam-
pes, qui colportoit dans les cafés un exemplaire encadré de la gravure des
Adieux de Fonfainebleau, qu'il annonçoit avoir mis en loterie, et dont il
proposoit des billets. La destruction de ce tableau a été ordonnée en mém«
temps.
-^ Deux incendies , qu'on attribue à la malveillance , ont éclaté , le 26 et
le 27 avril, à Hauteville et à Grougîes , dans Tarrondissemnt deVervins.
Le procureur du Boi et le juge d'instruction se sont rendus sur les lieux
fiont iastruire sur cet événement.
— -M. le comte de Montlivault, préfet du Calvados, et M. le maréchal**
de-camp comte d'Hautefeuille, commandant du département , se sont ren-
dus a Vire, pour aviser aux mesures k prendre contre le fléau qui ravage
eet arrondissement.
— Deux bataillons de ligne viennent d'être expédiés de Boueti et de
Dieppe, sur les arronditsemens deVire et de Dieppe^ pour s'opposer aux
dévastations des incendiaires.
— Le roi de Bavière a quitté l'île d'Iachia , le 25 avril, pour revenir dans
ses Etats.
^- Les derniers bulletins sur la santé du roi d'Espagne aanoncont que ce
monarque est sorti pour aller à la promenade.
— La Gazette de Lyon annonce que la princesse Charlotte, fille du duc
de SussGX, vient de rentrer dans le sein de l'Eglise catholique.
— On assure que dts que l'association des amis d'Irlande a été dissoute,
il s'est formé à Dublin une nouvelle société sous le titre d'association anti-
welllngtonienne. Elle doit se composer de personne» de toutes religions» et
son but est de s'opposer aux mesures du ministère actuel.
-«-L'escadre russe, revenant d« la Méditerranée et retournant dana la
Baltique, a côtoyé l'Angleterre le 1^ mai. Elle est ôOroposéc de 4 vaisseaux
ide ligne, 3 fiéf^ates et 5 bricks, sous les ordres du cenfre-amiral Lazareff.
-^ Le présiacnt comte Capo^'Istria a fait connoltrê officiellement, par
une proclamât ion adressée aux Heltènes, l'élévation du prince Léopold de
Saxe-Ci>bourg sur le trône do la Grèce.
— Le consul -général anglais h Alexandrie est parti en tonte hâte pour
le Caire, au commencement du mois de mars. On croit que son voyage
n^avoft pour objet que dés tiégociatious relatives an libre transit des mar-
chandises et des personnel venant par la mer Bouge des possessions anglai-
ses dans l'Inde. •
— La direction de la police de Bavière a communiqué aux Journaux une
résolution royale qui leur interdit l'insertion de tous les articles relatifs à
la famille roj^ale et aux cours souveraines avec lesquelles elle est alliée ,
quelle que soit la source d'où ces articles leur viennent. Ces rédacteurs ne
pourront insérer que des articles de ce genre qui auroient préalablement
paru dans la Gazette d'Awjahourg ou dans la Gazette politique de Munich ,
qaiaeroQJt à ce sujet spécialement autorisées.
— Les consuls des différentes puissances à Alger se sont retirés à la cam-
pagne , et ont envoyé leurs familles à Mahon.
( SgÔ )
AU Rédacteur de VA mi de la Religion,
Aux AllemantB (Arriège) , ce oS avril i83o.
Ifooneur. je vous w^nk bien oUisé de Tooloir donner de la publicité «
par la Toie de Totre estimable jonmal, à la réponse qoe je fois i phnieiH^
articles calomnieux insérés contre moi dans la GoMeitê dêê cuUêi et la Frvmc*
WÊéridimtaiê.
J'ai rhonnear , etc. Voniolli , prêtre desserrant.
AM.tê Rédacteur de la Gaeette des cuUes,
Aux AUemants, ce 25 avril i83o.
Monsieur, vous avez inséré contre mol, cet hiver, un article qui vous
étoît adressé de Pamiers , dans lequel on m'imputoit les choses les plus
absurdes et les plna caloanieuses. Je néglif(eai d*j répondre; votre cor-
iM|Madant n'avoit pu si^é sa lettre, et il avoit ses raisons pour cela.
D'ailleurs les honnêtes gens savent aujourd'hui k quoi s'en tenir sur tout
ce qu'une certaine classe de journaux débite tous les jours contre la religion
d set ministres. Je ne songeois donc nullement à me défendre; mais yoiià
que voire correspondant, enhardi sans doute par m<m silence, ponnait
son système de calomnies contre moi. Il vient de vous adresser un autre
article daté des Allemants , qui rendiérit , s'il est possible , sur le premier.
pans l'un et dans l'autre, il méfait tenir en chaire un langage taut-à-fût
indigne d'un ministre de la religion , me prête la comparaison la plus ékr
goûtante, oui est uniquement de son invention.
Dans le dernier article que vous avez inséré , et que je n'ai connu Wua
peu tard , il me Êdt adroser publiquement des excuses à M. le maire. Vous
serez bien étonné , Monsieur, et ceci denoit vous rendre plus précautionoé
dans le choix de vos correspoodans , d'apprendre que M. le maire , qui avoit
accueilli trop légèrement certains bruits , et en avoit dressé procès-verbal,
mieux instruit, estaUé déckror et signer au parquet de M. le procureur
du fioi, de Pamiei^v ^u'il avoit été induit en errent, et par conséquent,
que les faits qu'il m'imputoit étoient faux et calolanièux. C'est ce que
chacun peut vérifier. On oe peut pas dire que j'ai étouffé FaiTaire; ioinde
le , je n'auroîs pai été fâché qu'on y eût donné suite , pour avoir ['occasion
de dévoiler certaines trames et démasquer certains fabmmes. Je vous prie'et
vous requiers en même temps, Monsieur, d'însàrer ma lettre dana le plw
prochain numéro de votre jonmal. Si votre correspondant persévère dans
son système de dénigrement et de calomnies, qu'il déchire le voile derrière
lequel il se cache. On est bien aise de voir d^DÙ part le trait , pour le re^
pousser avec plus d'avanU{(e. Qu'il ait le courage de signer ses articles,
comme je n'hésite point de signer ma lettre.
Becevez , etc.
Vunoiu, préire desservant.
Fin du soixante^troisième volume»
^ §<«»«S 3l&ricn Ce %\tïî.
ï»^,^?': °'' °'' ^«^°" **ie last date
stamped below.
A fliie of flve cents a day is incurred
by^ rotamiag it beyond the speoifled
Please retura promptly.
I
eojjjôaii-
,^
K :
<
<
^Ct2
«7w
< : ^